Revue de presse
“Ornithologue de formation, cet « écrivain du dehors » ne cherche pas à conquérir des sommets ou à multiplier les exploits, mais à se laisser traverser par la présence du vivant. Avec la parution de Scruter la grâce (Le mot et le reste, 2026), il achève de s’imposer comme l’une des voix les plus pures du nature writing francophone.
La bibliographie de Rémi Huot dessine une géographie de l’intime et du sauvage, une ascension vers un dépouillement toujours plus grand.”
“On peut observer la nature, l’étudier, identifier les animaux et les plantes, et en même temps vivre la nature intensément. Cette dernière expérience est celle que Rémi Huot s’efforce de transmettre à ses lecteurs. L’auteur pratique le « nature writing », littéralement « écriture de la nature », un genre littéraire consacré à la description, l’observation et la réflexion sur la nature. Ce n’est pas seulement parler de paysages: c’est une écriture où l’expérience personnelle, la science, la philosophie et parfois l’écologie se mêlent. Rémi Huot a déjà publié chez la même maison d’édition À fleur d’eau (2022), Dans les forêts de l’ours (2021) et Journal d’une montagne (2023). Dans le premier livre, nous suivons l’auteur le long des 800 km du littoral armoricain. Dans le deuxième, il fait le récit de sa quête de l’ours dans les forêts d’Europe de l’Est et dans le troisième il est en quête de la beauté, en arpentant les Pyrénées, qu’il connaît comme sa poche. Après des études universitaires en biologie, Rémi Huot a délaissé la profession d’ornithologue pour se consacrer principalement à l’écriture. Dans sa quête de la beauté, de la grâce, il préfère voyager en solitaire, effectuant de longues marches pendant lesquelles la pensée finit par se frotter au monde sauvage. Préférant la nature sauvage au monde habité, il a quitté́ son Val-d’Oise natal pour s’installer dans les Pyrénées-Orientales. Dans Scruter la grâce nous retrouvons Rémi Huot au milieu des roseaux. Émerveillé, il observe les oiseaux et se laisse imprégner par leur fragilité, leur chant, les couleurs changeants du ciel, le vent. À la tombée de la nuit, quand les oiseaux cherchent un abri où ils passeront la nuit, l’auteur met de l’ordre dans ses impressions et il constate à nouveau que l’œuvre de la nature est d’abord un saisissement poétique. À la lecture de ce livre, personne ne reste indifférent, mais pour pouvoir partager cette expérience et la vivre encore longtemps, il faut surtout prendre soin de la nature.”
“Une antinomie ? “Tension entre deux choses qui semblent s’opposer mais pourtant vraies simultanément, sans contradiction”… La grâce pourrait donc être scrutée ? Débusquée ? Ne tiendrait-elle qu’à notre regard ? Notre attente ? Si l’on connait plutôt d’elle sa vocation à nous toucher sans que n’en ayons développé de mérite particulier, nous découvrons auprès de Rémi Huot, dans ses marais familiers, qu’elle peut simplement revêtir les atours de la nature dans son plus simple appareil et engendrer un saisissement poétique. L’auteur le voit ainsi, le vit ainsi. Et nous avec lui.”
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