Parution : 20/11/2014
ISBN : 9782360541553
400 pages (14,8 x 21)

23.00 €

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Musiques savantes Tome II

De Ligeti à la fin de Guerre Froide 1963-1989

Un outil d’une rare valeur pour comprendre et mettre en perspective la multitude du XXe siècle.

Franpi Barriaux – Citizen Jazz

Au passage des années 1960, les musiques savantes occidentales ne voient pas se tarir l’extraordinaire profusion stylistique qui les a caractérisées dès le début du siècle. Bien au contraire, les théories extrêmes et les expériences les plus radicales continuent de côtoyer les héritages historiques en un labyrinthe sonore phénoménal : minimalisme, collage, happening, théâtre musical, aléatoire, improvisation… Puis, après l’élan révolutionnaire de 1968, l’histoire va changer la donne. Les métissages, la pop music, le free jazz, la world music et la mondialisation brouillent la lecture d’un paysage musical qui se cherche alors que l’Occident voit sa position considérablement remise en question dans le monde.
Comme dans le premier volume, Guillaume Kosmicki s’attache à décrypter simplement et au travers d’un choix d’œuvres emblématiques du répertoire les tendances les plus représentatives de la musique de notre temps. C’est toujours à la lumière de l’histoire qu’il explique les esthétiques musicales abordées. De Nono à Adams, de Parmegiani à Coltrane, en passant par Boucourechliev, Reich, Xenakis, Pink Floyd, Grisey, Lindberg et tant d’autres…

Revue de presse

- Découvrir la musique du 20e siècle Laurent Mettraux Revue Musicale Suisse-Romande Décembre 2015
- Musiques savantes Tome II Franpi Barriaux Citizen Jazz 7 septembre 2015
- Musiques savantes Tome II Jean-Marc Warszawski musicologie.org 5 septembre 2015
- Invité : Guillaume Kosmicki Thomas Baumgartner France Culture // L'Atelier du son 24 avril 2015
- Musiques savantes Tome II Noé Gaillard Daily Books 10 mars 2015
- L'âge des utopies Franck Mallet Classica Mars 2015
- Trois bouquins pour les fêtes Olivier Pernot Trax Décembre / Janvier 2015
- La saga des musiques savantes : de l'électronique à la pop Maxence Grugier Le Sucre 5 janvier 2015
- Musiques savantes et autres avec Guillaume Kosmicki Michèle Tosi ResMusica 6 janvier 2015
- Interview de Guillaume Kosmicki Dominique Janvrey Radio Campus Orléans // Émission des littératures 5 janvier 2014
- L'Objet sonore Laurent Bergnach Anaclase 05 janvier 2015

- Découvrir la musique du 20e siècle

Faire découvrir la diversité des oeuvres importantes du 20e siècle, tel est le but des deux premiers tomes d’un ouvrage qui en comprendra trois, parus aux éditions Le mot et le reste.

Dans ses présentations, en général sur trois à six pages, de 123 oeuvres emblématiques des années 1882 à 1962 (tome 1) et 1963
à 1989 (tome 2), Guillaume Kosmicki ne se contente pas seulement d;une approche vivante des compositeurs et des oeuvres choisies, il les replace également dans leur époque et en relation tant avec le passé qu’avec le futur. Pensant que “tout artiste est forcément le fruit de son époque et de la société dans laquelle il s’inscrit ou refuse de s’inscrire”, il fait preuve d’ouverture d’esprit face aux différentes esthétiques qui forment la richesse de la musique du 20e siècle. Le but de l’auteur n’est pas l’exhaustivité (on n’y trouvera par exemple ni Sibelius, ni Szymanowski, ni Nancarrow), mais de brosser un vaste panorama (de Liszt à Tavener, de Joplin à Pan, en passant
par Cage, Xenakis, Ligety ou Grisey) d’un siècle où la musique s’est diversifiée à l’extrême. Un équilibre a été recherché dans le premier volume entre les différents genres présentés : opéra, ballet, musique de chambre, musique symphonique, oeuvres pour piano, oeuvres vocales. Le second volume reflète également l’éclatement des genres et l’ouverture progressive des frontières vers d’autres musiques.

Aucune analyse froide ou hermétique, car le but recherché reste de faire découvrir ou redécouvrir des jalons essentiels de la musique savante occidentale, et cela aussi bien aux musiciens ou mélomanes qu’aux néophytes.
Pour ces derniers, un glossaire des principaux termes musicaux utilisés se trouve à la fin de l’ouvrage. Après avoir mis l’eau à la bouche du lecteur, Guillaume Kosmicki propose une version sur disque de chaque pièce analysée ainsi qu’un choix complémentaire d’oeuvres à écouter. Dans de vastes introductions à chaque période, l’auteur fait preuve de talent pour décrire le contexte historique, sociologique et culturel, de même que les grands mouvements sous-jacents qui tissent la trame dans laquelle s’insèrent les compositeurs et leurs oeuvres.

Laurent Mettraux
Revue Musicale Suisse-Romande Décembre 2015

- Musiques savantes Tome II

Auteur en 2012 du premier tome de Musiques savantes, sous-titré De Debussy au Mur de Berlin (1882–1962), Guillaume Kosmicki propose chez son fidèle éditeur Le Mot et le Reste la suite de cette aventure du XXe siècle vue par le prisme des œuvres et des compositeurs. De Ligeti à la fin de la Guerre froide s’intéresse au même rapport intime entre l’œuvre, son auteur et son cadre historique, et reprend le fil de l’histoire là où l’auteur s’était arrêté – dans un monde bipolaire excité par les prémices de la pop culture et guidé par une foi quasi aveugle en une science éclairée et toute puissante, débarrassée de la barbarie. C’est ainsi que dans la première partie du livre, non sans avoir contextualisé à nouveau les enjeux politiques et culturels des années 60, Kosmicki présente des artistes en rupture avec l’ancien monde qui tentent, dans la mondialisation naissante, de s’affranchir des unités de temps et de lieu. Quitte à chercher l’inspiration dans la musique ancienne, à l’autre bout du monde ou même au cœur des machines.

Certains sont à la recherche de nouveaux langages, comme Terry Riley ou Luigi Nono. D’autres se servent de leur assise populaire pour tenter toutes les expérimentations. Les Beatles ou Pink Floyd figurent à leur juste place entre Pierre Henry ou La Monte Young. Quelques-uns enfin se désaffilient du sérialisme ambiant pour aller fouiller au cœur des sons (Gérard Grisey, dont l’auteur de Musiques électroniques, des avant-gardes au dance-floor martèle à juste titre l’importance).

[…]

Un outil d’une rare valeur pour comprendre et mettre en perspective la multitude du XXe siècle.

Lire l’article sans son intégralité sur le site de Citizen Jazz

Franpi Barriaux
Citizen Jazz 7 septembre 2015

- Musiques savantes Tome II

Voici donc la suite d’un premier volume (de Debussy au mur de Berlin : 1882–1962) publié il y deux ans, qui conforte la bonne impression que nous avons de la démarche, mais aussi l’irrésolution des questions, disons épistémologiques, qu’elle soulève.

Une démarche originale, qui à travers la description de 50 œuvres (quelques-unes de jazz et de rock), dresse une chronique en forme de fresque longue de 26 ans ayant comme sujet la musique savante, concept assez flou qui en fin de compte, malgré examen (voir premier volume), marque une ligne de démarcation entre ce qui est admis dans les cercles éclairés des initiés et le peuple païen (au moyen-âge, on disait les « simples »).

C’est une entreprise personnelle qui sort des sentiers battus et dresse un panorama musical pertinent, même si le lecteur à tout coup regrettera de ne pas trouver telle ou telle œuvre, à la place de telle ou telle autre. Dans ce cas, ce livre ne lui sera pas vraiment utile, dans la mesure où la connaissance lui est déjà acquise.

Du côté des problématiques, on relève celle des périodisations qui n’est pas abolie par le choix original qui est fait ici. D’abord, parce que les dates de 1963 et de 1989, ne tiennent pas compte des compositeurs dont l’œuvre créative est développée en amont et aval de ces frontières, mais aussi du fait qu’une œuvre ne vaut pas seulement par son origine, elle vaut par son influence et sa durée de vie des envies des musiciens et des mélomanes. Ainsi, Johann Sebastian Bach, mort en 1750, renaît littéralement en 1827, grâce aux efforts de Fanny et Félix Mendelssohn, et reste de nos jours un compositeur de premier plan, éclatant ainsi sa propre chronologie et les périodisations artificielles des histoires académiques de la musique.

Sans vouloir couper les cheveux en quatre, il manque dans ce panorama, des choses relativement importantes, comme l’engouement pour la musique du moyen-âge, du plain-chant, pour les musiques des XVIIe-XVIIIe siècles. De Solesmes à William Christrie et autres, il faut bien parler ici de création contemporaine (en réaction au romantisme, et interrogation sur le jeu instrumental), et dans le même ordre d’idée pour les musiques des lointains horizons, comme la découverte des musiques de Bali ou des Pygmées (et donc la généralisation du disque microsillon qui est aussi un événement musical de l’époque).

[…]

Nous espérons que ce livre réfléchi, qui n’est pas un amas d’érudition aveugle, fera réfléchir. Au passage, une mention pour Le mot et le reste, une belle et constante maison d’édition.

Retrouvez la chronique dans son intégralité sur le site musicologie.org

Jean-Marc Warszawski
musicologie.org 5 septembre 2015

- Invité : Guillaume Kosmicki

Guillaume Kosmicki est opiniâtre et passionné, soit le bon cocktail pour fabriquer des livres savants et multiples. C’est le cas du 2e tome de Musiques savantes, sous-titré : De Ligeti à la fin de la Guerre froide 1963–1989 (éd. Le mot et le reste). La période traitée nous amène dans un moment de renouveau de l’avant-garde. Le “labyrinthe sonore est phénoménal”, écrit Kosmicki. “Minimalisme, collage, happening, théâtre musical, aléatoire, improvisation…” L’auteur sait raconter et choisir. Il passe en revue certaines pièces fondamentales, et les met en regard de l’histoire sociale et politique. Pas de lien de cause à effet, mais des échos, des résonances. Bernd Alois Zimmermann et Terry Riley ouvrent le bal. John Coltrane n’est pas oublié. Subotnick en papy électro, Zappa en mogul virtuose, Phil Glass bien sûr… Le kaleidoscope donne le tournis, mais l’auteur tient son affaire et nous confie au final une somme qui fera référence. Mais jusqu’où s’arrêtera Kosmicki ? Pas à ce livre, puisque le tome 3 est en préparation avancée.

ÉCOUTER LE PODCAST DE L’ÉMISSION SUR LE SITE DE L’ATELIER DU SON

Thomas Baumgartner
France Culture // L'Atelier du son 24 avril 2015

- Musiques savantes Tome II

La lecture de ce livre m’a fait mesurer à quel point j’avais eu tort de ne pas m’intéresser au premier volume. Sans doute l’expression « musiques savantes » revêt-elle un aspect par trop didactique, précieux qui renvoie à « musique classique ». Je crois surtout que malgré quelques profs de musique ayant tenté de nous initier à Camille Saint Saëns et même Erik Satie, j’ai plus souvent dû supporter Beethoven, Bach et Mozart alors que la radio diffusait André Claveau et Bourvil… En revanche je me suis un peu rattrapé et je connais une bonne partie des musiciens cités dans ce livre pour les avoir écoutés et presque dans le temps donné par l’auteur.

Mais avant de reparler de musique je dois vous signaler la qualité des rappels historiques présentés ici. C’est brillant, à mon humble avis d’une grande justesse et parfois un peu ironique. En matière de musique on parle parfois de « pont » et Edgar Morin voudrait que l’on fasse des ponts entre les matières, les disciplines, les arts etc… l’auteur y réussit fort bien.

Vous connaissez le principe : il s’agit d’une sélection d’albums de musique savante (utilisant les techniques nouvelles) commentés, explicités et mis en perspectives. On notera des choses qui pourraient surprendre : la présence de Sergent Pepper Lonely Heart Club Band, de Love Supreme de John Coltrane, un Pink Floyd et un Franck Zappa Uncle Meat et aussi le fait que l’auteur choisit/glisse dans la liste des albums à écouter souvent des albums de musique classique. Enfin, ne vous inquiétez pas si vous n’avez pas trouvé l’album de votre musicien préféré, regardez bien les listes de « compléments » d’écoute, il m’étonnerait que vous ne le découvriez pas.

Le genre de livre qui vous occupe en plus deux ou trois demi-journées de recherche et d’écoute en médiathèque…

Bonne écoute.

LIRE L’ARTICLE SUR LE SITE DE DAILY BOOKS

Noé Gaillard
Daily Books 10 mars 2015

- L'âge des utopies
Le second volet de cette encyclopédie consacrée aux musiques savantes du XXe siècle aborde les années 1960, période cruciale où, après la césure des années 1950, l’éclatement stylistique bat son plein. Ainsi, l’auteur nous entraîne vers la musique concrète, la pop, le free jazz et la world music, tout en faisant apparaître de nouvelles personnalités, car c’est moins le choc des confrontations que l’art du métissage et des nouvelle tendances, où se détachent à la fois Coltrane et Stockhausen, les Beatles et Ligeti, Pink Floyd et les répétitifs américains, mais aussi les spectraux français, Nono, Kagel, Schnittke, Gorecki, Arvo Pärt…
Franck Mallet
Classica Mars 2015

- Trois bouquins pour les fêtes
Après un premier volume qui couvrait la période 1882 à 1962, le musicologue Guillaume Kosmicki décrypte les musiques savantes dans une seconde partie plus contemporaine (1963 à 1989). La dénomination de musiques savantes, parfois contestée, se définit en opposition aux musiques traditionnelles et populaires. Dans la seconde moitié du XXe siècle, elle embrasse de nouveaux courants : jazz, musique contemporaine, musique expérimentale et certains versants de la musique électronique. Guillaume Kosmicki, par ailleurs auteur du remarquable Free Party chez le même éditeur, analyse ainsi des œuvres et des artistes emblématiques comme John Coltrane, Bernard Parmegiani, Pink Floyd et Steve Reich.
Olivier Pernot
Trax Décembre / Janvier 2015

- La saga des musiques savantes : de l'électronique à la pop

Après Musiques électroniques, des avant-gardes aux dancefloors et Free Party, une histoire, des histoires, le musicologue et conférencier Guillaume Kosmicki a repris du service en décembre pour un deuxième volet qui explore la saga des musiques savantes, de l’avant-garde électronique aux musiques improvisées, en passant par le minimalisme, les musiques aléatoires et autres expériences sonores inouïes.

Si dans Musiques savantes, de Debussy au mur de Berlin, Guillaume Kosmicki s’attachait à décrypter l’évolution des musiques dites “d’avant-garde” du début du XXe siècle, avec ce deuxième volume titré Musiques savantes, de Ligeti a la fin de la guerre froide, le musicologue et essayiste se concentre sur le moment où les musiques savantes occidentales affrontent – ou s’ouvrent – au monde extérieur, font l’expérience du métissage et rencontrent, de manière souvent fructueuse, la pop music, le free jazz et les musiques électroniques (entre autres).

Avec ce second volume, Guillaume Kosmicki étudie minutieusement, point par point – et avec des exemples concrets (œuvres emblématiques a l’appui), les différentes écoles et étapes de l’histoire de musiques qui, pour être « savantes » n’en sont pas moins inscrites dans l’histoire des musiques d’aujourd’hui, pionnières même parfois, de genres désormais assimilés aux musiques populaires : qu’il s’agisse de pop, de rock psychédélique, de jazz, de musique acousmatique, de techno ou d’electronica.

Des premières œuvres minimalistes de Terry Riley et La Monte Young, aux musiques répétitives de Steve Reich (qui tous, de près ou de loin, furent précurseurs de la techno) en passant par les textures granuleuses de Morton Subotnick (compositeur du fameux “Silver Apples Of The Moon” qui propulsa les sons électroniques dans les charts dès 1967) et les constructions électroniques de Karlheinz Stockhausen, ou celle de L’Apocalypse de Jean de Pierre Henry, sans oublier l’iconoclaste et futé Uncle Meat de Frank Zappa (mais aussi le Sgt. Peppers Lonely Heart Club Band des Beatles), c’est tout simplement l’éventail complet de l’héritage des musiques d’aujourd’hui qui transparaît en filigrane dans ce livre clair et synthétique, extrêmement bien écrit et parfaitement documenté.

Au final, en plus d’être un tour de force (thématique ? synthétique ? historique ?) Musiques savantes, de Ligeti à la fin de la guerre froide, s’avère également un vrai trésor et une mine d’infos pour les curieux et les amateurs de musiques actuelles désireux d’en savoir plus sur les évolutions qui précédèrent les musiques que nous écoutons. De fait, il est clair que Guillaume Kosmicki devrait être inscrit d’office au programme de toutes les facs de musicologie, ainsi qu’aux catalogues de tous les centres de documentation de l’hexagone, pas moins !

CONSULTER L’ARTICLE SUR LE SITE DU MAGAZINE LE SUCRE

Maxence Grugier
Le Sucre 5 janvier 2015

- Musiques savantes et autres avec Guillaume Kosmicki

Il y a aujourd’hui pléthore d’ouvrages spécialisés couvrant la création musicale de la seconde moitié du XXème siècle. C’est pourtant cette période que réinvestit Guillaume Kosmicki, pédagogue et conférencier, dans le tome II de Musiques savantes mais en traitant la question autrement.

C’est la seconde étape d’un work in progress qui a débuté en 2012 (Musiques savantes, de Debussy au Mur de Berlin) et qui sera augmenté d’un troisième tome poussant l’investigation jusqu’au XXIème siècle. Dans cette étude des musiques savantes (celle des musiques écrites qui n’exclut ni le jazz ni les musiques électroacoustiques), Guillaume Kosmicki prend le parti de contextualiser la création sonore en procédant à un chassé-croisé pertinent entre recension historico-politique et vie artistique.

La période des vingt-six années couverte ici est scindée en deux : 1963–1973 d’une part, sous-titrée « Les sens d’un labyrinthe »; 1974–1989 d’autre part, qu’il intitule « Le vol des certitudes »: deux étapes au sein desquelles l’auteur brosse un panorama aussi condensé qu’éclairant de l’histoire événementielle du monde. Concernant la création artistique, tous les modes d’expression y sont abordés, de la littérature aux arts plastiques, du cinéma à la photographie, de la musique pop à la chorégraphie, jusqu’aux séries télévisées (celle de Dallas notamment), articulant ainsi un vaste réseau de données qui campent une époque et restituent un climat. L’auteur sélectionne ensuite une petite trentaine de compositeurs pour chacune des parties, pointant autant d’œuvres phares (Les Soldats de Zimmermann, Les espaces acoustiques de Grisey, Einstein on the Beach de Glass/Wilson, les Polytopes de Xenakis…) qui jalonnent ces années et en constituent les pierres d’angle.

La lecture en est toujours aisée et le propos bien argumenté sans jamais verser dans l’analyse technique. Un glossaire à la fin de l’ouvrage permet d’assimiler les notions de base du vocabulaire musical. L’étudiant comme le mélomane y trouveront matière à connaissance autant qu’à réflexion.

RETROUVER L’ARTICLE SUR LE SITE DE RESMUSICA

Michèle Tosi
ResMusica 6 janvier 2015

- Interview de Guillaume Kosmicki

Guillaume Kosmicki était l’invité de Radio Campus Orléans pour parler du second tome de ses Musiques savantes. Une heure d’émission à réécouter.

RÉÉCOUTER L’ÉMISSION DES LITTÉRATURES DU 05/01/15

Dominique Janvrey
Radio Campus Orléans // Émission des littératures 5 janvier 2014

- L'Objet sonore

Convaincu que la musique permet de comprendre le monde – et nous-mêmes, par ricochet –, le musicologue Guillaume Kosmicki (né en 1974) nous fut d’emblée sympathique par son intérêt pour l’histoire des musiques électroniques lire notre critique de l’ouvrage, puis celle des musiques savantes. Il y a un an sortait un premier tome sous-titré De Debussy au mur de Berlin (1882–1962) lire notre critique de l’ouvrage. Comme promis le deuxième tome prolonge avec brio l’analyse de 1963 à 1989, soit De Ligeti à la fin de la guerre froide.

Aujourd’hui encore, l’auteur choisit d’explorer son sujet année par année, en ralentissant l’allure sur celle qui est nettement faste (1964 réunit les noms de Riley, Nono, Jolas, Coltrane et Young). Il fractionne la période auscultée en plusieurs parties introduites par quelques pages d’histoire politico-artistique qui ravivent le contexte social de l’époque. On en comptait cinq dans le premier tome, elles sont deux ici – 1963–1973 : Les sens d’un labyrinthe et 1974–1989 : Le vol des certitudes.

D’une manière générale, alors que les premiers conflits du XXe siècle ont cimenté des interactions internationales, chaque événement trahit la rivalité entre USA et URSS, que soit abattu un étudiant anonyme ou un leader politique. Soutenus par ces géants cyniques, les peuples colonisés revendiquent l’autonomie – donnant lieu, pour le contexte français, aux guerres d’Indochine (1946–1954) et d’Algérie (1954–1962) –, tandis que des dictatures apparaissent sur divers continents – Kosmicki dénombre vingt-huit coups d’État réussis en Afrique, entre 1964 et 1975.

S’affirmant toujours plus face à l’Europe, les Nord-américains cherchent leur inspiration vers le Sahara (Reich, Riley) ou le Gange (Glass, Young), à travers un minimalisme qui combine agitation et philosophie. L’art sonore s’ouvre à l’Autre (étrangers, interprètes, etc.), à la rigueur technologique (Bayle, Chowning, Ferrari, Henry, Parmegiani, Risset) comme à l’improvisation. Pour certains, cela implique de rejeter le sérialisme (Boucourechliev, Dutilleux, Landowski, Ohana, Xenakis) et, plus largement, la tabula rasa ou la chapelle (Berberian, Kagel, Nono, Zappa).

Sans grand risque, nous avions prédit le retour de Berio, Boulez et Ligeti – Sinfonia, Répons, Continuum et Études pour piano sont analysés en quelques pages chacun, selon le principe du livre. Ces maîtres côtoient désormais des confrères tournés vers l’hédonisme (Grisey, Lindberg, Murail) ou la mystique (Górecki, Goubaïdoulina, Harvey, Pärt, Schnittke, Taverner). Alors que Berlin retrouve son intégrité, la notion d’avant-garde est moribonde. Mais d’autres courants apparaissent (saturationniste, extra-occidentaux, etc.), qui feront l’objet d’un troisième et dernier volume. Prenons rendez-vous !

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Laurent Bergnach
Anaclase 05 janvier 2015
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