Parution : 17/10/2019
ISBN : 9782361390884
188 pages (14,8 x 21)

Tu m’avais dit Ouessant

Emportée par la force indicible qui se dégage de cet endroit extrême, avec la mer pour horizon, Gwenaëlle Abolivier nappe son écriture d’un voi­le poétique, suspendu aux aléas de l’histoire, de sa propre histoire aussi.

Dominique Cresson – Ouest France

À l’hiver 2015, Gwenaëlle Abolivier réside trois mois dans le sémaphore de l’île d’Ouessant, au bout de la Bretagne, sa région natale. C’est pendant, et à la suite de ce séjour, qu’elle écrit ce récit. Là, sous le grand phare du Créac’h, se racontent un voyage immobile et une expérience d’immersion au contact des éléments et des îliens. Elle explore les lieux et rencontre les habitants, les derniers marins de commerce, les guetteurs-sémaphoriques et gardiens de phares, et les femmes, gardiennes des lieux, qui occupent une place prépondérante sur cette île du Ponant. On découvre à quel point ce territoire est à part : territoire de l’extrême qui entretient un rapport particulier à la noirceur et à la mort. Face à la mer et sous les faisceaux du grand phare, l’auteure vit cette expérience comme une renaissance dans le passage et l’exil que représente l’écriture.

Le blog de l’auteure

Revue de presse

- Récit poétique, Ouessant Patrick Beguinel Litzic 12 novembre 2019
Interview de Gwenaëlle Abolivier - L'invité découverte Matthieu Vidard France Inter // La terre au carré 4 novembre 2019
- Tu m'avais dit Ouessant Hervé Devallan Bretagne Actuelle 30 octobre 2019
- Gwenaëlle Abolivier répond à l'appel de l'écriture Dominique Cresson Ouest France 18 octobre 2019
- Interview de Gwenaëlle Abolivier Michel Pagès France Bleu Breizh Izel // Breizh O Pluriel 12 octobre 2019

- Récit poétique, Ouessant

Tu m’avais dit Ouessant est un récit aux envolées poétiques et métaphysiques de Gwenaëlle Abolivier. Cette autrice et journaliste (elle est une voix de France Inter) a passé plusieurs semaines sur cette île emblématique, pour ne pas dire mythique, au large du Finistère. Là où finit la Terre commence la découverte de soi et celle des autres…

Un récit superbe de Gwenaëlle Abolivier.

Ouessant, île du bout de la Terre, nourrit bien des fantasmes. L’imaginaire qu’elle abreuve se compose de mort, de tempêtes, de naufrages, de légendes. En passant plusieurs semaines sur place, Gwenaëlle Abolivier, pourtant rompue aux exercices extrêmes, sera confrontée au vent, à la mer, aux îliennes et aux îliens, au passé, à elle-même surtout.

Elle relate cette aventure dans Tu m’avais dit Ouessant. Mais loin de se contenter d’un récit de voyage, elle nous offre une plongée dans un autre monde, chargé d’une poésie au sel de mer. Il ne s’agit pas, dans ce livre, d’une description d’un lieu, des personnes qui y habitent, mais d’une véritable incursion dans la psyché d’une île et dans celle de cette autrice à la plume magistrale.

Une écriture somptueuse.

L’un des faits marquants de ce livre réside dans la patte de Gwenaëlle Abolivier. Son écriture est racée, ne tourne pas en rond tout au long de ces 184 pages. Combien même toute île possède des frontières, l’écriture de cette femme ne se laisse enfermer par aucune règle. Elle mêle habilement le témoignage (celui des lieux et de ses habitants) et la poésie, ainsi que ses pensées intimes (et celles qui s’inscrivent dans une pensée universelle).

Bien qu’une île donne parfois le sentiment d’enfermement, la plume de Gwenaëlle Abolivier, elle, produit exactement l’effet inverse. Là où nous aurions pu voir une succession d’événements similaires, de lieux identiques (mais qui connaît la Bretagne sait qu’une côte révèle toujours des surprises, même à 100 mètres d’intervalle), mais il n’en est rien. Avec ses mots, elle rend l’île d’Ouessant vaste comme les océans et son ciel grand comme l’univers.

Une poésie féerique.

Ses incursions poétiques nourrissent également notre imaginaire, d’une façon très sensuelle et sensitive. Mais si Gwenaëlle Abolivier ne mettait pas tant d’elle-même dans ce carnet de voyage (relativement) immobile, nous ne pourrions pas forcément y adhérer. Mais voilà, elle raconte sa vie dans le sémaphore, sa visite du phare de Créac’h, les relations intimes (et Dieu sait qu’en Bretagne elle se gagne, cette intimité) avec les habitants du lieu, et surtout place tout cela dans un contexte métaphysique jamais abstrait, et cela nous touche en plein cœur.

Toutes ses bribes d’histoires qu’elle nous conte, tous ses fragments de naufrage retranscrit, toutes ces parcelles de visage qu’elle esquisse nous font réagir. Bretons nous-mêmes, nous comprenons ce qu’elle évoque, en creux, en plein, en volutes, mais nous savons que tout étranger qui soit est à même de s’identifier dans ces propos jamais sectaires ou identitaires.

Égalité face aux embruns.

Ce livre se déguste lentement, comme pour mieux s’en imprégner. Il faut comprendre que cette île, comme d’autres à travers le monde, possède une âme à part, un orgueil aussi. La pudeur y est de mise mais le caractère éminemment humain de ce qu’elle renferme ne peut laisser personne insensible. Face à la mer, au vent, à la voûte céleste, c’est finalement face à elle-même que s’est retrouvée Gwenaëlle Abolivier. Et par la lecture de son récit, c’est un peu comme si elle nous laissait une part de cet héritage acquis sur cette terre au bout de la Terre.

Lisez la chronique en ligne sur Litzic

Patrick Beguinel
Litzic 12 novembre 2019

Interview de Gwenaëlle Abolivier - L'invité découverte

“C’est une formidable expérience et un récit extraordinaire.” Matthieu Vidard

Gwénaëlle Abolivier est journaliste et auteure, elle vient de publier « Tu m’avais dit Ouessant » éditions Le Mot et le reste. Elle a passé trois mois à l’hiver 2015 dans le sémaphore de l’île d’Ouessant, l’île du Ponant la plus éloignée du continent. Elle avait pour volonté de vivre une expérience d’immersion au contact des éléments et des habitants pour faire ce récit.

Réécouter l’interview sur le site de France Inter

Matthieu Vidard
France Inter // La terre au carré 4 novembre 2019

- Tu m'avais dit Ouessant

Le dernier livre de notre consœur Gwenaëlle Abolivier vient de sortir aux éditions Le mot et Le Reste. Un ouvrage né de ses 3 mois passés au sémaphore de l’île d’Ouessant à la fin de l’automne 2015.

Entre la grande Histoire et les légendes, de belles rencontres avec les habitants, un inévitable retour sur soi et des éléments parfois déchainés, « Tu m’avais dit Ouessant » est aussi poétique qu’initiatique. Deux approches, mais une seule vérité : celle qu’une île du Ponant veut bien dévoiler dès lors que l’on parle secrets et mystères toujours ancrés dans le quotidien. Si la mort rode autant que le vent, les vrais témoins de l’ile sont toujours et encore les femmes. Les hommes s’accrochant à leurs rêves de long cours et de gardiens de phares.

Gwénaëlle Aboliver s’est donc immergée dans les éléments avec l’envie et l’espoir de se retrouver. Si elle est partie plus apaisée, elle le doit sûrement à ses rencontres. Et ça, la reporter de Radio France sait nous le conter mieux que quiconque. Un art qu’elle déploie dans ces bouts de vie que sont chaque invitation à prendre un café qui ramènent à la surface rires et chagrins.

On se surprend également à aimer les tempêtes qu’elle a affrontées et celles qu’on lui racontées, notamment la terrible déferlante de 1999. Car ici la météo guide les pas. Et le vent reste bien plus pernicieux que la pluie. Il peut rendre fou ! Ses voix sont parfois pénétrables… comme une porte qui s’ouvre vers l’au-delà.

Bref, c’est un récit qui donne envie – à notre tour – de se perdre un temps au bout de ce monde breton. A Enez Eusa comme on dit chez nous.

Découvrez la chronique en ligne

Hervé Devallan
Bretagne Actuelle 30 octobre 2019

- Gwenaëlle Abolivier répond à l'appel de l'écriture

Invitée d’îles 2019, regards croisés des sciences, des cultures et de la société, à Brest,
la journaliste-auteure évoque son récit Tu m’avais dit Ouessant qui vient de paraître en librairie.

Après dix-huit ans passés à France Inter, à parcourir les routes de la Terre, Gwenaëlle Abolivier a « glissé vers l’écriture littéraire » et elle a su que c’était la seule voie possible pour densifier son parcours.
“Je me suis alors attelée à ma table de travail avec mes archives sonores, et j’ai foncé dans ce que je sentais vraiment, dans cette écritu­re personnelle. » Un premier récit est né. Vertige du Transsibérien. Les retours positifs ne se font pas atten­dre. Elle postule pour les résidences d’artistes-auteurs au Sémaphore d’Ouessant. Un moment charnière. “Ouessant que je fréquentais depuis plusieurs étés déjà. Après toutes ces années de grands voya­ges à travers le monde, je cherchais à me poser et à revenir vers la Breta­gne. J’avais compris que c’était une ile qui m’attirait depuis ma jeunesse. J’ai toujours vu Ouessant comme un verrou et que mon retour au pays natal allait se faire par le Finistère.”

Une île en changement

Novembre 2015 pour trois mois. Gwenaëlle Abolivier pose dans le Sémaphore, ses valises et son écriture, « jusqu’à l’épuiser mais tout en puisant ses racines dans l’exercice radiophonique ». Tu m’avais dit Ouessant est une grande adresse qui passe par la découverte de l’ile par les Ouessantins. Elle se balade avec son Nagra et enregistre « des kilomè­tres de bande ”· Elle veut « capter une ile en changement. “Quand je suis arrivée, j’avais l’impression qu’elle sortait de l’éternité. J’ai ren­contré des personnes qui sont tou­tes mortes aujourd’hui. J’ai pu cap­ter une mémoire vivante et vivace d’un monde sur la bascule, en train de disparaitre ”·
Encore aujourd’hui, dans ces hau­tes solitudes, il y a beaucoup de mys­tère et de violences. Il m’arrive de lire, sur les visages et dans les regards, certaines résurgences de ce passé, de ce manque de tendresse quasi insondable, peut-on lire p 101.
Emportée par la force indicible qui se dégage de cet endroit extrême, avec la mer pour horizon, Gwenaëlle Abolivier nappe son écriture d’un voi­le poétique, suspendu aux aléas de l’histoire, de sa propre histoire aussi. Cette résidence d’écriture, ce long séjour est un nouveau voyage initiatique, « un exil qui m’a permis de pro­gresser dans mon chemin d’écriture et de mieux me découvrir”·

« Sonder les ailleurs »

En venant à Ouessant, elle voulait “sonder les ailleurs, c’est-à-dire que de tous ces voyages à travers le monde dont je suis imprégnée, cette ile me parlait de l’ailleurs.” Elle a comblé sa quête. “Quand on finit par rentrer dans une maison ouessanti­ne, on arrive dans une cabine de bateau, comme dans un cabinet de curiosités. Les marins ont rapporté la modernité, une sorte d’ouverture d’esprit, tandis que les femmes tiennent l’ailleurs à distance et tout ce qui peut le leur rappeler. »
Tu m’avais dit Ouessant. On a envie de savoir qui se cache derrière ce Tu. “C’est le lecteur, la lectrice, le Oues­santin, la Ouessantine. Un lecteur universel, dans un sens. Ce sont aussi toutes ces personnes qui nous font confiance.” On ajoute une for­me d’aboutissement. Gwenaëlle Abolivier touche au but.

Dominique Cresson
Ouest France 18 octobre 2019

- Interview de Gwenaëlle Abolivier

Michel Pagès reçoit Gwenaëlle Abolivier pour parler de son dernier livre, de Ouessant, du titre, de l’écriture et de Bretagne.

Réécoutez l’émission en podcast

Michel Pagès
France Bleu Breizh Izel // Breizh O Pluriel 12 octobre 2019
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