Parution : 08/10/2020
ISBN : 9782361396473
348 pages (14,8 x 21 cm)

Aux origines du nature writing

Les origines d’un genre littéraire qui occupe une place désormais incontournable dans nos librairies.
L’expérience de la wilderness – l’espace sauvage américain – est traditionnellement associée à l’écriture de la nature – nature writing – née avec Thoreau, dans la deuxième moitié du xixe siècle. Or, elle est apparue bien avant, dès les écrits de William Bartram, inspirant fortement deux écrivains français de renom – Chateaubriand et Tocqueville – qui ont décrit les splendeurs des grands espaces naturels américains entre 1775 et 1831. Portés par la vogue américaine issue des romans de J. F. Cooper, Chateaubriand et Tocqueville font naître l’écriture littéraire de la nature en s’inspirant in situ des solitudes du Nouveau-Monde. Thoreau viendra parachever ce premier élan en consacrant l’autonomie d’un genre nouveau, promis de nos jours à un essor toujours plus grand.

Revue de presse

- Dissection d'un mythe Camille Gho Maze 27 octobre 2020

- Dissection d'un mythe

Sébastien Baudoin, spécialiste de Chateaubriand et professeur en Khâgne et Hypokhâgne a publié son dernier essai chez Le mot et le reste le 8 octobre dernier. Aux origines du nature writing plonge dans les origines de la littérature américaine, accompagné de William Bartram, François-René de Chateaubriand, Alexis de Tocqueville et Henry D. Thoreau.

“Ce genre particulier de littérature prend la nature – souvent reléguée au statut de simple décor dans un roman ou une fiction – comme son principal objet.” La wilderness, la frontier sont des termes fondateurs de ce mouvement littéraire du nature writing, tout en ayant la particularité de ne pas être traduisibles en français. À travers ces mots, on retrouve l’essence des grands espaces américains à la fin du XVIII et au XIXe siècle. À cette époque, l’Amérique du Nord, et plus particulièrement les États-Unis ne sont encore que de vastes étendues naturelles pas encore explorées : forêts, fleuves et littoraux déchaînés. Au fur et à mesure que ces espaces sont découverts par les pionniers, la frontier avance. Cette « frontière » sépare le monde civilisé du monde sauvage – la wilderness.

Et alors que les pionniers progressent accompagnés de l’idée d’assouvissement de la nature et de ses habitants (Indiens et animaux), les écrivains sont attirés à leur tour, voyageant à travers le prisme de la célébration de cette nature. Sébastien Baudoin en présente quatre, qu’il considère comme les précurseurs et les fondateurs du mouvement du nature writing. Le « naturaliste qui ne laisse rien au hasard », William Bartram, Américain, et ses Voyages (1791), puis les deux aristocrates français Chateaubriand et Tocqueville qui traversent les États-Unis à tour de rôle entre 1775 et 1831 et enfin Henry David Thoreau et son Walden (1864), considéré comme le père du nature writing.

[…]

Le nature writing en héritage

Sébastien Baudoin fait ici une analyse poussée des textes fondateurs – et plus particulièrement, en spécialiste, de ceux de Chateaubriand – et fait le portrait des origines du genre. Depuis le XIXe siècle, le genre s’est installé aux États-Unis, avec des écrits fondateurs comme Walden, évidemment, mais aussi Le dernier des Mohicans (1826) de James Fenimore Cooper qui explore plutôt le côté ethnographique de la découverte des grands espaces, avec l’asservissement des populations natives. Plus tard, on retrouvera Jack London en 1901 avec son Call of the Wild, traduit en français sous plusieurs nom, dont L’Appel de la forêt, L’appel du monde sauvage ou L’appel sauvage, hésitation qui montre bien la difficulté de la langue française à saisir ce concept américain de la wilderness.

Le nature writing est aussi à l’origine de toute une conscience écologique de l’importance de protéger ces espaces naturels. Dès le début du XXe siècle, l’américain John Muir interpelle ses concitoyens sur l’importance de conserver dans le territoire américain des espaces où la nature est protégée : c’est la naissances des grands parcs nationaux américains, comme Yosemite. Des endroits créés pour rappeler à l’homme d’où il vient.

Aujourd’hui, souligne Sébastien Baudoin à la fin de son essai, le nature writing est toujours présent aux États-Unis à travers des récits de retraite dans la nature, pour faire barrage au rythme intense de nos société contemporaines.

Et l’idée de wilderness continuer de bercer depuis des années l’imaginaire américain, dans ses livres (Into the Wild, 1996 Jon Krakauer) et dans ses films (Il était une fois dans l’Ouest, 1968, Sergio Leone ou The Revenant, 2015, Michael Punke).

La chronique intégrale est à retrouver sur le site de Maze

Camille Gho
Maze 27 octobre 2020
Réalisation : William Dodé - www.flibuste.net - Mentions légales