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Parution : 21/01/2016
ISBN : 9782360541904
368 pages (14,8 x 21 cm)

The Byrds

Une fois encore, Steven Jezo Vannier (California Dreamin’, Creedence Clearwater Revival 
) vise juste en livrant ici une Ă©tude fouillĂ©e et pertinente sur un groupe sĂ©minal du rock amĂ©ricain.

CĂ©dric Bru – Les ObsĂ©dĂ©s Textuels

Les Byrds jaillissent de la scĂšne folk au printemps 1965 avec le single « Mr. Tambourine Man », reprise Ă©lectrifiĂ©e du titre de Bob Dylan qui leur offre la tĂȘte des charts. Acquis aux sonoritĂ©s de la British Invasion, Roger McGuinn, David Crosby et Gene Clark, renforcĂ©s par Chris Hillman et Michael Clarke, inventent un son nouveau nĂ© de la fusion du rock anglais et du folk US. Ils imposent leur style rĂ©volutionnaire et prennent la tĂȘte d’un vaste mouvement de rĂ©novation musicale, incarnant « la rĂ©ponse amĂ©ricaine aux Beatles ». MalgrĂ© les heurts violents qui opposent les egos, les ambitions et les orientations des membres, le groupe maintient son statut de pionnier. En neuf ans et douze albums, les Byrds ont marquĂ© profondĂ©ment l’histoire et l’évolution du rock Ă  la charniĂšre des dĂ©cennies soixante et soixante-dix, donnant successivement leur impulsion au folk rock, au psychĂ© et au country rock. Constamment Ă  la recherche d’innovations, ils expĂ©rimentent trĂšs tĂŽt de nouvelles sonoritĂ©s et sont Ă  l’origine de la plus crĂ©ative lignĂ©e artistique de la scĂšne californienne, comptant dans sa descendance des groupes phares comme Crosby, Stills, Nash & Young, les Flying Burrito Brothers, Dillard & Clark et Manassas.

• Lire un extrait

Revue de presse

- Les Byrds, grands innovateurs du rock américain des années 60 Boris Plantier www.yuzu-melodies.fr 22 mai 2017
- The Byrds Philippe Renaud Improjazz Mai 2016
- Interview - Galette aux Byrds salés François Girodineau silence-is-sexy.com 16 février 2016
- The Byrds de Steven Jezo-Vannier Les Obsédés Textuels lesobesedestextuels.com 8 février 2016

- Les Byrds, grands innovateurs du rock américain des années 60

Dans le livre The Byrds, paru aux Ă©ditions Le Mot et le Reste, Steven Jezo-Vannier raconte l’histoire de ce groupe maudit de la scĂšne californienne des annĂ©es 60 qui a constamment innovĂ© sans jamais ou presque su bĂ©nĂ©ficier du succĂšs des courants musicaux qu’il a initiĂ©.

Qu’est ce qui vous a donnĂ© envie de raconter l’histoire des Byrds ?

Plus qu’une envie, raconter l’histoire des Byrds est quelque chose d’indispensable puisque ça fait plusieurs annĂ©e que je m’intĂ©resse Ă  l’histoire du rock, et plus particuliĂšrement du rock de la cote ouest amĂ©ricaine, au contexte de la Californie et Ă  l’effervescence de la pĂ©riode 66-72.

Les Byrds sont un groupe pilier de cette Ă©poque puisqu’ils sont Ă  l’origine de plusieurs rĂ©volutions et courants qui ont traversĂ© et animĂ© le rock californien (le folk/rock, le rock psychĂ©dĂ©lique, le country rock et puis un mĂ©lange qui conduit au space rock, Ă  la musique expĂ©rimentale, et Ă  l’introduction du mook
). Et puis, mĂȘme si c’est assez peu connu du grand public, les Byrds reprĂ©sentent la colonne vertĂ©brale d’une filiation qui a quand mĂȘme vu des groupes comme Crosby, Stills, Nash & Young, Gram Parsons, Buffalo Springfield
 C’est un groupe qui créé une gĂ©nĂ©alogie essentielle et structurante du rock californien.

Cette byrdmania des dĂ©buts semble trĂšs artificielle. C’était vraiment un groupe trĂšs populaire ?

Il y a indĂ©niablement une part d’artifice dans le succĂšs des Byrds. DĂ©jĂ  dans la construction du groupe. On n’a pas du tout affaire Ă  un groupe de potes comme les Rolling Stones et tout un tas d’autre groupes de rock. LĂ , il s’agit d’une association de talents plus que de personnalitĂ©s d’ailleurs, qui sont assemblĂ©s en studio sous l’égide d’un producteur et qui sont pilotĂ©s pour rĂ©ussir. Mais le talent et la rĂ©ussite sont bien lĂ . Ce n’est pas totalement artificiel.

Les Byrds et la Byrdmania vont bĂ©nĂ©ficier d’une grosse campagne publicitaire. On va les prĂ©senter comme les alter ego des Beatles, comme la rĂ©ponse amĂ©ricaine Ă  la British Invasion alors qu’en fait le groupe n’est l’auteur que d’une poignĂ©e de hits mais ils ont tout de mĂȘme une influence considĂ©rable sur la cote ouest amĂ©ricaine. Et ils peuvent aussi se reposer sur une base solide de fans. La Byrdmania Ă  Los Angeles est une rĂ©alitĂ© aux dĂ©buts du groupe. Les Byrds font sensation sur le Sunset Strip qui est l’épicentre de la contre-culture et de la culture de Los Angeles. LĂ -bas, les Byrds suscitent l’adhĂ©sion d’une petite communautĂ© qu’on appelle les freaks (les monstres), qui les adoube le groupe et en fait leur groupe, celui qui les fait danser. Cette communautĂ© trĂšs influente assure un succĂšs durable aux Byrds Ă  Los Angeles.

Ces Byrds des dĂ©buts Ă  qui l’ont ne faisait jouer que des reprises, cela semble assez ironique quand on connaĂźt le talent de compositeurs de ces musiciens. Leur maison de disque et leur producteur n’avaient-ils pas conscience de leur talent ?

Si. Et c’est bien parce que le producteur et la maison de disques avaient conscience de leur talent qu’ils ont tout fait pour faire fonctionner les Byrds malgrĂ© les oppositions entre les individualitĂ©s et les obstacles qui se sont parfois prĂ©sentĂ©s. Mais le talent des Byrds se rĂ©vĂšle essentiellement sous les traits d’un cover band. Le premier hit est la reprise de « Mr Tambourine Man » de Dylan. Les Byrds sont les premiers Ă  porter une chanson de Dylan au sommet des Charts. Les Byrds inventent, les Byrds innovent. Ils ont une crĂ©ativitĂ© gigantesque qui s’exprime de maniĂšre la plus Ă©vidente lorsqu’ils reprennent des chansons. C’est peut-ĂȘtre aussi pour cela que, par la suite, maison de disques et producteurs n’auront de cesse de ramener les Byrds Ă  des reprises de Dylan, ce qui va provoquer quelques heurts puisque les musiciens prĂ©fĂ©reront diversifier leur rĂ©pertoire et lorsqu’il faudra choisir entre diffĂ©rentes reprises ils vont par exemple Ă©viter de reprendre « Time they are a changin’ », une autre chanson de Dylan, au profit de « Turn, Turn, Turn » de Pete Seger, qui va ĂȘtre un de leurs autres grands succĂšs.

Le talent de composition et de jeu du groupe se rĂ©vĂšle avant tout sur les reprises mais chaque individualitĂ© au sein du groupe va lutter pour se dissocier de ça et se rĂ©vĂ©ler en temps qu’artistes et c’est aussi ça qui va faire un peu exploser le groupe et crĂ©er cette arborescence gĂ©nĂ©alogique du rock californien.

Les Byrds ont vu passer un certain nombre de grands musiciens. C’est la personnalitĂ© de Roger McQuinn qui les a empĂȘcher de s’y Ă©panouir ?

C’est vrai que la gĂ©nĂ©alogie des Byrds est la plus riche de l’histoire du rock avec d’immenses artistes comme Gene Clark, David Crosby, Roger McGuinn, Clarence White, Gram Parsons, Skip Battin
 Il y a eu pas moins d’une douzaine d’incarnations des Byrds parce qu’à chaque fois le groupe explose sous les tensions, les luttes d’égo, les affrontements artistiques, les dĂ©saccords profonds.

La personnalitĂ© complexe et parfois conflictuelle de Roger McGuinn y est pour quelque chose. Il cherche constamment Ă  tenir le groupe et aprĂšs tout il a la lĂ©gitimitĂ© puisque c’est lui qui tient la guitare douze cordes qui fait le son caractĂ©ristique des Byrds. C’est lui aussi qui signe les premiers hits folk rock du groupe, notamment la reprise de Dylan « Mr Tambourine Man ». Mais c’est aussi je crois l’un des moteurs de la crĂ©ativitĂ© du groupe. Il n’y a pas de travail collectif mais Ă  chaque fois que le groupe explose, Roger McGuinn sait dĂ©celer les talents ailleurs, sait les greffer au groupe, les rĂ©vĂ©ler, leur donner la place consĂ©quente et juste qu’ils mĂ©ritent. Par exemple pour l’album « Sweetheart of the Rodeo » qui marque le passage du groupe au country rock et l’invention du country rock. A ce moment-lĂ , Roger McGuinn cherche plutĂŽt Ă  aller vers le space rock, l’expĂ©rimental, l’introduction du moog, le jet sound. Et lorsque Chris Hillman amĂšne Gram Parsons, Roger McGuinn sait reconnaĂźtre l’évidence et accorde une place consĂ©quente sa production, ce qui est une rĂ©ussite.

Donc McGuinn est une personnalitĂ© qui Ă  la fois empĂȘche l’épanouissement total de certains artistes comme David Crosby, qui va devoir partir crĂ©er Crosby, Stills & Nash, mais c’est aussi quelqu’un qui sait offrir un tremplin Ă  des artistes de talent. C’est pour ça que certains artistes comme Gram Parsons utilisent les Byrds comme tremplin pour lancer une carriĂšre en solo souvent plus prometteuse ailleurs.

D’un point de vue commercial, la plus grande erreur des Byrds n’a t-elle pas Ă©tĂ© de vouloir innover constamment ?

Est-ce que ça a Ă©tĂ© une erreur ? Artistiquement, c’est sĂ»r que non puisque c’est quand mĂȘme le fait d’avoir Ă©tĂ© Ă  l’origine de plusieurs rĂ©volutions artistiques, de plusieurs courants, et en Ă©tant une source d’influence fondamentale sur la cote ouest que les Byrds ont la longĂ©vitĂ© qu’ils ont, la reconnaissance de la postĂ©ritĂ© et le statut de groupe immense et de pilier de la cote ouest.

D’un point de vue commercial, c’est moins certain puisque finalement ils n’ont jamais retrouvĂ© sous leur diffĂ©rentes incarnations le succĂšs qu’ils ont eu Ă  leurs dĂ©buts avec le folk rock. Mais finalement le folk rock est vite passĂ© de mode et ce sont les Byrds qui ont actĂ© eux mĂȘmes la mort de ce courant musical pour passer Ă  autre chose.

AprĂšs, ils ont peut-ĂȘtre Ă©tĂ© trop souvent Ă  l’avant-garde. Pour le rock psychĂ©dĂ©lique, ils arrivent un petit peu tĂŽt avant d’ĂȘtre trĂšs vite dĂ©passĂ©s par Jefferson Airplane, Grateful Dead
 et puis l’épicentre du rock psychĂ©dĂ©lique se dĂ©place de Los Angeles Ă  San Francisco. Pour le country rock, ils arrivent trĂšs en avance. C’est vraiment dans les annĂ©es 70 que le courant va connaĂźtre le succĂšs. De mĂȘme, le rock expĂ©rimental sera plutĂŽt l’apanage de la scĂšne europĂ©enne. Donc quelque part, dans chacune de leur innovation, ils sont trĂšs influents mais ils n’ont pas la reconnaissance du grand public.

Mais est-ce que le point de vue commercial est tellement important ? Est-ce que le but d’un artiste est de conquĂ©rir le sommet et de s’y maintenir ou de proposer quelque chose de nouveau et de faire parler sa crĂ©ativitĂ©. C’est une des grandes questions du rock.

Avec le recul, quels sont les grands albums des Byrds ?

En toute objectivitĂ©, je crois qu’il faut s’en tenir Ă  ce qui fait la notoriĂ©tĂ© et le succĂšs artistique des Byrds, c’est Ă  dire le caractĂšre innovateur du groupe. Il faut retenir le premier album « Mr Tambourine Man », qui est l’album de l’invention du folk rock. « Fifth Dimension » qui n’est peut-ĂȘtre pas le meilleur d’un point de vue artistique mais qui donne de l’impulsion au mouvement psychĂ©dĂ©lique y compris sur le plan visuel avec le logo des Byrds. « Sweetheart of the Rodeo » avec Gram Parsons qui est l’album du country rock. Et puis je retiendrais quand mĂȘme « Untitled », l’album de 1970, qui a quand mĂȘme montrĂ© que les Byrds n’était pas seulement un groupe de studio et qu’ils Ă©taient aussi capables de donner des lives de haut vol..

Parmi tous les disques réalisés par la progéniture des Byrds, quels sont les albums les plus mémorables ?

ÉnormĂ©ment de choses. Beaucoup de grands albums, beaucoup de grands artistes. D’abord Gene Clark, l’une des plus belles voix des Byrds. Une Ă©motion brute. Deux albums en solo « White Light » et « No Other ». L’album solo de David Crosby, l’autre grande voix des Byrds, « If I could Only Remember my Name » et puis l’album Ă©ponyme de Crosby, Stills & Nash et « DĂ©ja Vu ». Le groupe Manassas de Stephen Stills et Chris Hillman, Gram Parsons avec l’album « GP » puis avec les Flying Burrito Brothers « The Gilded Palace of Sin » et « Burrito DeLuxe ». Pour le guitariste Clarence White, il faut Ă©couter les compilations rĂ©alisĂ©es dans les annĂ©es 2000 ou ce qu’il a fait avec les Kentucky Colonels et Nashville West (avec le batteur Gene Parsons qui a fait lui aussi partie des Byrds). Et puis Ă©videmment Roger McGuinn. MĂȘme si l’on juge souvent que ses albums sont en deçà de ce qu’on fait ses autres partenaires, on peut dĂ©couvrir sur ses albums solo de belles pĂ©pites.

Retrouvez cette interview sur le site de Yuzu Mélodies

Boris Plantier
www.yuzu-melodies.fr 22 mai 2017

- The Byrds

Et pour clore (provisoirement, car les ressources sont inĂ©puisables chez Le mot et le reste) voici le livre consacrĂ© groupe amĂ©ricain disciple de Dylan (du moins dans sa premiĂšre formule) The Byrds. Lorsque j’étais Ă©tudiant Ă  Nancy, j’avais rapidement rencontrĂ© GĂ©rard N’Guyen, alors vendeur au magasin de disques “Le Vent”, qui lui aussi Ă©tĂ© passionnĂ©e par deux courants musicaux trĂšs diffĂ©rents (en apparence
) Le country US et l’école de Canterbury UK. GrĂące Ă  lui, mon colocataire de l’époque pouvait se procurer les disques de ses musiciens favoris, folk singes et autres musiciens farmers, et moi ce qui touchait Ă  la famille Soft Machine, et par extension Ă  ce jeune phĂ©nomĂšne que l’on appellera plus tard le jazz britannique. Mais il y avait dĂ©jĂ  des connections, qui nous prenaient un temps prĂ©cieux sur nos Ă©tudes : par exemple, on arrivait Ă  relier ce fameux groupe des Byrds, ou un de ses satellites (Flying Burritos Brothers, Dillards
) Ă  la scĂšne rock/jazz anglaise par l’interprĂ©tation commune d’un titre (en l’occurrence, “On The Sunny Side Of The Street” par Chris Spedding, alors guitariste de Nucleus
) Bref, ces joutes parfois houleuses (merci Pascal) ont ouvert des horizons insoupçonnĂ©s et toujours agrĂ©ables. Pour en revenir aux Byrds, groupe assimilĂ© Ă  des Beatles amĂ©ricains, ce livre nous dĂ©taille bien sĂ»r chaque formation, avec les allers-retours de certains, de Gram Parsons Ă  David Crosby, avec toujours l’élĂ©ment central et indĂ©boulonnable Roger (Jim) McGuinn, et dĂ©taille chaque album avec minutie, prouvant que ce groupe n’avait pas que ce cĂŽtĂ© dilettante/baba cool, mais qu’il a su aussi faire passer un message sous diffĂ©rentes expressions, que ce soit la protest song, le country ou un certain rock psychĂ©dĂ©lique (cf. l’album “Fifth Dimension” et la version fabuleuse de “Eight Miles High”, hymne Ă  la gloire des psychotropes de tout poil en usage courant Ă  l’époque. L’auteur s’attache Ă  dĂ©crire de maniĂšre psychologique chacun de membres de ce groupe, dĂ©taille les conflits d’égo qui ont Ă©tĂ© prĂ©sents tout au long de la carriĂšre du groupe, jusqu’à mĂȘme vouloir organiser une rĂ©union d’anciens combattants assez stĂ©rile, mais il nous fait aussi dĂ©couvrir la richesse mĂ©lodique de cette douzaine d’albums qui ont servis de rĂ©fĂ©rence Ă  de nombreux groupes des annĂ©es 70’s et qui peuvent encore servir de nos jours, sans aucune nostalgie.

Philippe Renaud
Improjazz Mai 2016

- Interview - Galette aux Byrds salés

Entretien avec Steven Jezo-Vannier Ă  propos de son dernier livre sur le groupe californien The Byrds

Le rock psychĂ© revient Ă  la mode depuis quelques temps dĂ©jĂ , mais sait-on rĂ©ellement d’oĂč il vient ? A-t-on dĂ©jĂ  oubliĂ© que, s’il avait principalement Ă©clos sur la cĂŽtĂ© ouest amĂ©ricaine dans la ville de San Fransisco, il Ă©tait en rĂ©alitĂ© apparu Ă  Babylone, c’est Ă  dire Ă  L.A. ? Et non, ce n’est pas le Jefferson Airplane ni les Grateful Dead qui l’ont promu en premier, mais un groupe d’abord connu pour son tube folk-rock, “Mr. Tambourine Man”. Or, les Byrds, qui ont gagnĂ© leur notoriĂ©tĂ© en reprenant un titre que Dylan n’avait pas encore enregistrĂ© pour son propre compte, n’ont pas seulement eu un rĂŽle majeur dans le dĂ©veloppement des musiques hippies ; ils en eurent un autre pour le folk-rock, donc, mais aussi le country-rock et le space-rock. L’historien normand Steven Rezo-Vannier retrace justement leur parcours point par point dans un pavĂ© sorti en janvier. Il nous en parle dans cette interview au long cours.

Pouvez-vous nous parler de l’effet produit par la British Invasion sur les premiers Byrds ?

La musique des Beatles et le cortĂšge de groupes britanniques qui leur emboĂźtent le pas Ă  partir de fĂ©vrier 1964 bouleversent la conception musicale des premiers Byrds, comme elle le fait pour tous les artistes de leur gĂ©nĂ©ration, gagnant plus largement les faveurs de la jeunesse entiĂšre. Aux Etats-Unis, les Byrds sont les premiers Ă  suivre la voie ainsi ouverte. Pour Roger McGuinn et Gene Clark, la conversion suit immĂ©diatement la rĂ©vĂ©lation. Venus de la folk, ils s’appliquent Ă  rĂ©interprĂ©ter le style traditionnel amĂ©ricain en l’adaptant aux nouveaux codes inspirĂ©s par la British Invasion quitte, dans un premier temps, Ă  affronter les critiques des puristes folkeux. Le succĂšs des Byrds rĂ©side dans cet assemblage inspirĂ© entre folk US et rock anglais.

Pensez-vous que McGuinn s’est retrouvĂ© obsĂ©dĂ© par cette musique comme l’a Ă©tĂ© Brian Wilson des Beach Boys pendant longtemps ?

Comme lui – les troubles psychiatriques en moins -, McGuinn est obsĂ©dĂ© par le souhait de rivaliser avec les Beatles. Cependant, il a Ă  cƓur de produire une musique singuliĂšre, ce Ă  quoi il parvient avec l’aide de Gene Clark et David Crosby, renforcĂ© par Chris Hillman et Michael Clarke. Il faut toutefois rappeler que le statut de “rĂ©ponse amĂ©ricaine Ă  la British Invasion” confĂ©rĂ© aux Byrds par leur label Columbia tient en grande partie Ă  la publicitĂ© qui supporte le groupe. ExtrĂȘmement influents, ils ne sont jamais que les auteurs d’une poignĂ©e de hits.

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DĂ©couvrez l’intĂ©gralitĂ© de cet entretien sur le site de Silence is sexy

François Girodineau
silence-is-sexy.com 16 février 2016

- The Byrds de Steven Jezo-Vannier

Les Byrds (notez l’orthographe !) est un cas unique dans l’histoire du rock. Écouter les Byrds en 1966 c’était cool. Avant le Summer of Love de l’annĂ©e suivante, ils incarnaient la seule rĂ©ponse amĂ©ricaine valable Ă  l’ogre Beatles. ConstituĂ© d’un line up idĂ©alement complĂ©mentaire, le groupe de Los Angeles va enflammer les esprits et les corps le temps de quelques hits (pour la plupart des covers
) avant de poursuivre une carriĂšre chaotique faite de dĂ©parts, d’échecs et d’ambitions déçues, devant davantage leur immense renommĂ©e Ă  leur hĂ©ritage et Ă  leurs descendants qu’à leur propre production.

Une fois encore, Steven Jezo Vannier (California Dreamin’, Creedence Clearwater Revival
) vise juste en livrant ici une Ă©tude fouillĂ©e et pertinente sur un groupe sĂ©minal du rock amĂ©ricain. ConfigurĂ© par la force des choses (il fut le seul Ă  s’acharner et Ă  se projeter dans l’avenir
) autour de Jim (Roger) Mc Guinn, The Byrds supra influencĂ©s par le Dylan Ă©lectrique de Newport 1965 surent crĂ©er une musique rythmĂ©e alliant folk, rock et pop naissante avec brio. DotĂ© d’un leader nĂ©, Mc Guinn, d’un mĂ©lodiste hors pair, Gene Clark et d’un guitariste fantasque mais tout aussi gĂ©nial, Dave Crosby, The Byrds signĂšrent en mars 1966 avec Eight Miles High un tube fracassant qui donnait suite Ă  Mr Tambourine Man (empruntĂ© puis rendu au Zim) DĂšs lors, les Byrds allaient vivre sur une lĂ©gende. Groupe miraculeux, bien nĂ©, il allait donner naissance Ă  une lignĂ©e sans Ă©gale allant de CSN&Y Ă  Jefferson Airplane en passant par Moby Grape ou Hot Tuna. Le turnover fut considĂ©rable comme le dĂ©taille SJV, Mc Guinn prenant vite des allures de dictateurs. Les productions restĂšrent inĂ©gales jusqu’à Untitled (1970) live magique qui en fit des lĂ©gendes.

Découvrez et écoutez ce groupe enchanteur qui méritait largement un aussi brillant hommage.

Retrouvez cette chronique sur le site Les Obsédés Textuels

Les Obsédés Textuels
lesobesedestextuels.com 8 février 2016