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Parution : 16/03/2017
ISBN : 9782360542710
382 pages (14,8 x 21 cm)

24 €

Stones Touring Party - Nouvelle édition

À travers l’AmĂ©rique avec les Rolling Stones

Bruit, fureur, sueur, drogues, orgies, excĂšs en tout genres, music-business survoltĂ©, groupies en furie et fans prĂȘts Ă  tout: ce bouquin fiĂ©vreux fourmillant d’anecdotes sur les coulisses d’une tournĂ©e homĂ©rique des Stones au faĂźte de leur crĂ©ativitĂ© est jubilatoire de bout en bout.
Laure Narlina – France 2

Traduit de l’amĂ©ricain par Philippe Paringaux

Mai 1972, aprĂšs avoir enregistrĂ© leur meilleur album dans des conditions incroyables racontĂ©es dans Exile On Main Street, les Rolling Stones dĂ©butent leur tournĂ©e amĂ©ricaine. La tension est intense : la derniĂšre tournĂ©e s’est finie Ă  Altamont sur le meurtre d’un spectateur. DĂšs la premiĂšre date tout va de travers, les journalistes et les photographes les harcĂšlent, Truman Capote les suit et raconte les foules hors de contrĂŽle, les groupies, les orgies, la police, les Hell’s Angels. Les derniers concerts, fantastiques, dĂ©montrent que 55 jours et nuits de drogues, d’alcool et de dĂ©bauche n’ont pas eu de prise sur le groupe. Le journaliste de Rolling Stone Robert Greenfield raconte la vie sur la route, telle que les Rolling Stones l’ont vĂ©cue : brutale, cinglĂ©e, excitante, fiĂ©vreuse, Ă©norme.

• Lire un extrait

Revue de presse

- La Tournée du Patron... Cédric Bru Les Obsédés Textuels 1er juin 2017
- S.T.P. Damie Chad KR'TNT
- S.T.P. Richard Gaité Radio Nova // Nova Book Box 15 novembre 2011
- Books Romain Decoret Guitarist & Bass magazine octobre 2011
- S.T.P. Jean Dominique Bernard Site Suite 101 mars 2010
- S.T.P. Philippe Lacroix Ventilo
- Un ouvrage vibrant de bruit et de sueur à partager de toute urgence Laure Narlian France 2 décembre 2008
- S.T.P. Thibaud Allemand Magic novembre 2008
- S.T.P. Philippe Azoury Tsugi novembre 2008
- S.T.P. AgnÚs Léglise Rock&Folk novembre 2008
- S.T.P. Frédéric Lecomte Rolling Stone octobre 2008
- S.T.P. BenoĂźt Sabatier Technikart octobre 2008
- S.T.P. Boris Bergman Paris match 30/10/2008
- S.T.P. Jean Philippe Bernard Le matin (Suisse) 24/10/2008
- S.T.P. Eric Serva France Musique // Tapage nocturne 16/10/2008
S.T.P en Enfer avec Jagger François Julien VSD 16/10/2008
- S.T.P. Sophie Rosemont nonfiction.fr

- La Tournée du Patron...

Quand en mai 1972, les Rolling Stones s’apprĂȘtent – aprĂšs 1966 et 1969 – Ă  entamer leur troisiĂšme tournĂ©e amĂ©ricaine, ils apparaissent dĂ©jĂ  comme un “vieux” groupe.
En effet, des groupes de la British Invasion (Beatles, Kinks, Troggs, Pretty Things
), ils sont les derniers représentants authentiques et crédibles à fouler en héros le continent US.
Dix ans d’ñge, dĂšs lors, apparait presque comme une incongruitĂ© dans un temps oĂč les splits interviennent la plupart du temps dans les cinq annĂ©es suivant les Ă©pousailles. Mais pas de ça chez les Stones ! Ils laissent aux Beatles, leurs copains liverpuldiens, les adieux Ă  la scĂšne et les sĂ©parations cruelles. Les Rolling Stones SONT le rock’n’roll et n’ont pas le temps pour les drames intestins mĂȘme si dĂ©sormais ces garçons ne se voient que pour de bonnes raisons – financiĂšres ou musicales.
Et ce Stones Touring Party revĂȘt une importance cruciale. DĂ©cisive tentative de rĂ©demption du prĂ©cĂ©dent raid aprĂšs la conclusion sanglante d’Altamont, ce cru 1972 doit solder les comptes des Stones avec l’Histoire et faire d’eux les plus grandes stars planĂ©taires.
Robert Greenfield de Rolling Stone s’impose vite aprĂšs son formidable tĂ©moignage de l’enregistrement d’Exile on Main Street un an auparavant comme le chroniqueur indispensable de cet incroyable barnum.
Respectant le saint adage qui prĂŽne de ne jamais devenir ami avec les rock stars dont on couvre les hauts faits, Greenfield va pour la premiĂšre fois dans l’histoire du rock rendre compte d’une tournĂ©e rock (qu’aurait Ă©tĂ© la chronique de la tournĂ©e des stades des Beatles en 1965 ?!) Il le fera sans verser dans l’hagiographie ni partager l’intimitĂ© toxique des protagonistes. Grace aussi Ă  une traduction trĂšs “impliquĂ©e” de Philippe Paringaux, le rĂ©sultat est prodigieux et fera date dans la bibliographie de la contre-culture
.
Jamais texte rock ne fut plus littĂ©raire, jamais – et mĂȘme par les meilleurs (Stephen Davis, Nick Kent, Barney Hoskyns, Barry Miles
) – la dimension romanesque d’un tel Ă©vĂ©nement ne fut rendue. Greenfield rĂ©ussit la prouesse de faire de chaque Ă©vĂšnement de la tournĂ©e (il y en avait PLUSIEURS par jour !) et de chaque personnage impliquĂ© (il y en avait plĂ©thore !) les piĂšces maitresse du plus grand rĂ©cit rock’n’rollien Ă©crit Ă  ce jour.
Quand la tournĂ©e se met en marche, elle implique managers, attachĂ©s de presse, comptables, agents de sĂ©curitĂ©, bagagistes, groupies itinĂ©rantes, techniciens divers et mĂ©decin (le fameux Dr Feelgood en charge de la forme des Stones) Son bon dĂ©roulement n’est jamais garanti (Led Zep s’en souviendra lors de ses farouches expĂ©ditions yankees) : Mick Jagger, autour duquel tout s’articule, doit ĂȘtre en tout satisfait autant que Keith Richard et ses abus chroniques. Chaque date donne matiĂšre Ă  scandale. Quand ce ne sont pas les kids – comme c’était la norme en ces temps lĂ  – qui livre combat Ă  la police, ce sont les Stones eux-mĂȘmes qui finissent en prison pour de piĂštres motifs. Les stars anglaises, en plein maelstrom mĂ©diatique, dĂ©couvrent la rugositĂ© de l’AmĂ©rique profonde et de ses pratiques, les salles de concert inacceptables, les ultimatums des autoritĂ©s
 ou des Hell’s Angels venus rĂ©clamer trois ans plus tard justice pour Altamont !
Au-delĂ  des concerts, inĂ©gaux mais le plus souvent faramineux quand on considĂšre l’occupation nĂ©vrosĂ©e des heures les prĂ©cĂ©dant, les morceaux de bravoure du livre restent incontestablement les quatre jours passĂ©s Ă  la RĂ©sidence, le baisodrome de luxe de Hugh Heffner, fondateur de Playboy, oĂč les Stones vont traverser une centaine d’heures dans un nuage mĂ©phitique d’alcool, de drogue et de sexe.
Au final d’une tournĂ©e impensable qui accueillit Truman Capote, nombre de stars du rock, de politiciens et de journalistes de renom, on comprend pourquoi les Stones incarnaient (et incarnent encore) le pur rock’n’roll. Ces garçons – Ă  la diffĂ©rence des Beatles ou de Led Zeppelin – ne sont pas d’immenses compositeurs ni de prodigieux musiciens mais ils incarnent la folie, le danger et toute l’inassouvie rĂ©volte du rock.
Jagger, invraisemblable Janus, reste le plus grand show man de l’histoire du show business quand Macca, Lennon ou Plant font figure de statues de sel. Keith Richard est le rocker le plus jusqu’au-boutiste qui – sans calcul – revisite Ă  chaque accord son pacte faustien quand ses homologues du Zeppelin ou des Fab Fours imposaient essentiellement la diversitĂ© et la virtuositĂ©.
On termine STP lessivĂ© et Ă©bloui. On aurait voulu que cette lecture ne s’achĂšve jamais. Que jamais ne finisse cette Ă©popĂ©e unique, cette saga inoubliable, cette geste sauvage racontĂ©e par un maitre. En 1972, L’OdyssĂ©e avait pour nom Stones Touring Party et Robert Greenfield Ă©tait son HomĂšre.

Retrouvez cette chronique sur le site Les Obsédés Textuels

Cédric Bru
Les Obsédés Textuels 1er juin 2017

- S.T.P.

En reposant le prĂ©cĂ©dent bouquin me suis rappelĂ© que j’en avais un second dans ma bibliothĂšque du mĂȘme Ă©diteur, Le Mot et le Reste. Ai lu la quatriĂšme de couverture. J’en ai appris de belle : une rumeur circulerait selon laquelle la premiĂšre Ă©dition parue chez Speed 17 serait interdite par certains membres des Stones eux-mĂȘmes. Dire que j’avais chez moi un objet-culte quasi-clandestin ! L’ai tout de suite retirĂ© de sa caisse pour le relire. A l’époque en 77, j’avais Ă©tĂ© déçu. M’attendais-je Ă  mieux ? Non Ă  pire.

Cinq ans que l’on parlait de cette fabuleuse tournĂ©e aux States ! Se colportaient les informations les plus dĂ©lirantes. Pas sur les concerts. L’on partait du principe que le plus mauvais concert des Stones Ă©tait supĂ©rieur aux meilleurs concerts de tous les autres groupes de la planĂšte. Ce n’était pas la vĂ©ritĂ©. Un dogme. Non ce qui filtrait c’étaient les parties fines, les orgies secrĂštes et rutilantes qui avaient suivi les prestations. N’importe quel crĂ©tin Ă©tait capable de se payer une place pour voir les Stones, mais se promener backstage et assister aux fins de soirĂ©e, ce n’était pas Ă  la portĂ©e du premier quidam venu.

Inutile de me traiter d’infĂąme voyeur, d’abord parce que je le revendique, deuxiĂšmement parce que Robert Greenfield a bien Ă©tĂ© choisi par les Stones pour raconter l’envers du dĂ©cor. Soyez sĂ»r qu’on lui a laissĂ© l’entiĂšre libertĂ©, avec un cahier de charges trĂšs pointilleux. Ne vous file mĂȘme pas une set-list prĂ©cise pour un seul des cinquante shows. Se contente de quelques lignes plus que rapides du genre, trĂšs bon concert bourrĂ© d’énergie avec un Jagger en pleine forme. Par contre quinze pages sur la nuit d’hĂŽtel qui suit.

OpĂ©ration mains propres. Les draps de lits sont un peu moins clean mais les Stones sont en 1972 Ă  la croisĂ©e des chemins. Ou ça passe, ou ça casse. En 1972, on ne s’en est pas aperçu, mais Ă  lire le bouquin aujourd’hui c’est Ă©vident. Ca me permet mĂȘme de comprendre pourquoi en ces temps anciens je n’avais pas accrochĂ©. Faut le dire, on s’est tous fait manipuler par Jagger. En grande forme le Mick, Greenfield n’en a que pour lui. Richards prend un peu d’importance vers la fin, mais comme caution ombreuse de Mick. On sent qu’il est d’accord sur tout avec le jag. Son silence est un atout tacite qui permet Ă  Jagger de triompher d’une maniĂšre des plus retentissantes dĂšs qu’il abat la carte Richards, l’as qui pique mortellement, qu’il sort de sa manche quand on croit qu’il est aux abois.

C’est que la tournĂ©e est un sacrĂ© enjeu. Trois ans que les Stones n’ont pas visitĂ© les USA, pas qu’ils n’en aient pas eu envie. Mais difficile de revenir la bouche en coeur aprĂšs Atlamont. SacrĂ© point d’orgue de la prĂ©cĂ©dente tournĂ©e. Moi, ça ne m’avait pas choquĂ© Atlamont. Les Hells qui faisaient rĂ©gner la terreur Ă  coups de billes de billards et un malheureux mort en fin de partie, je trouvais cela trĂšs Stone. TrĂšs rock. Mais Ă  part les fans surexcitĂ©s devait pas y avoir grand monde de mon avis. Les Stones en premier. En ont interrompu le concert et se sont enfuis en hĂ©licoptĂšre. J’avoue qu’ils m’ont déçu.

Se sont honteusement repliĂ©s en Angleterre, puis en France. Exile au calme. Sea, sex and sun. Jagger a dĂ» mĂ©chamment mĂ©diter. Suivre la pente Atlamont, c’était devenir un groupe maudit. Cinq cents allumĂ©s Ă  chaque concert. Une lĂ©gende noire jusqu’au bout du rock’n‘roll. Mais le band n’était pas prĂȘt Ă  tout sacrifier au rock’n‘roll. Vont dĂ©cider de laisser Ă  jamais les chemins de traverse. Suivront les autoroutes balisĂ©es. Le S.T.P. sera un quitte ou double. Ou les Stones sont capables de gĂ©rer leur propre bordel, ou ils se laissent dĂ©border et ne font que de gĂ©nĂ©rer le chaos partout oĂč ils passent.

A la clef, un pacson de fric. Plus de 250 000 dollars pour chacun des membres du groupe, pour deux mois de travail. S.T.P. ce n’est pas encore le gigantisme des futures tournĂ©es, l’on tourne dans des stades mais surtout dans de vastes salles. Petit gabarit, en quelque sorte. Jagger fĂȘtera ses trente ans sur le circuit. N’est plus de premiĂšre jeunesse. S’il veut continuer encore longtemps dans le mĂ©tier, faut songer Ă  se mĂ©nager. S. T. P. mise sur deux tableaux, le plaisir, le sexe, la drogue – chaque kid doit se sentir en osmose idĂ©ologique proposĂ© par le combo – mais aussi le professionnalisme, la maĂźtrise, le savoir-faire.

Et les Stones gagneront les deux courses. Les kids sont au rendez-vous et chacun se reconnaĂźt dans le nombrilisme nonchalant de l’attitude stonienne. Les autoritĂ©s les aident beaucoup. Les flics matraquent les fans transis qui n’ont pas de billets, interviennent parfois violemment au milieu de la prestation, ressentent les artistes et les spectateurs comme de dangereux dĂ©pravĂ©s qui seraient mieux Ă  leur place dans un asile psychiatrique
 comble du comble, Jagger et Richards se retrouvent en prison pour une lĂ©gĂšre bousculade avec un photographe, seront vite libĂ©rĂ©s car les quinze mille spectateurs qui les attendent ne goĂ»tent pas la plaisanterie et l’ambiance houleuse risque de dĂ©gĂ©nĂ©rer en Ă©meute


Mais les Stones ont bĂ©tonnĂ© dur. Le staff qui les accompagne est formĂ© de professionnels qui connaissent leur boulot. Nous ne citerons que Marshall Chess l’hĂ©ritier de la maison Chess, Ă©picentre du blues Ă©lectrique chicagoan qui fut un des rouages essentiels. Une organisation qui roule sur des roulettes. Sauront rĂ©cupĂ©rer toutes les situations critiques. L’apparence d’un foutoir dĂ©sopilant mais une discipline de fer. Le paradis de l’orgasme et l’enfer d’une mĂ©canique bien huilĂ©e.

La tournĂ©e elle-mĂȘme est trĂšs bien analysĂ©e. Les apprĂ©hensions et l’inquiĂ©tude du dĂ©part. La fiĂšvre et l’excitation qui montent dĂšs les premiĂšres dates, la fatigue et l’ennui au bout d’un mois, les concerts qui se rĂ©pĂštent, les nuits folles et blanches qui se ressemblent tellement qu’elles en deviennent grises, la lassitude qui envahit les esprits et le soulagement final, le dernier effort lorsque l’on parvient enfin dans la Grosse Pomme.

Robert Greenfield ne dĂ©daigne aucune turpitude, vous renseigne sur les drogues en circulation et vous dĂ©voile les groupies sans culotte. Les habitudes des uns, les vicelardises des autres. Le cirque et le barnum. Mais attention tout cela ne serait rien si la presse n’avait pas relayĂ© l’annonce de la tournĂ©e. En amont, avant qu’elle ne commence. Les plus grands magazines distribuĂ©s Ă  centaines de milliers et Ă  millions d’exemplaires ont tous consacrĂ© leur une aux Rolling Stones. Robert Greenfieid est lui-mĂȘme un des deux rĂ©dacteurs-chefs du Rolling Stone magazine.

Mais l’on a fait mieux. L’on a invitĂ© le tout New York. Les intellos et la couche parasitaire de ceux que bientĂŽt l’on appellera la jet-set. C’est la derniĂšre scĂšne du bouquin, la partie finale, les Stones fĂȘtent leur rĂ©ussite au milieu de gens qui n’ont rien Ă  faire d’eux et encore moins de leur musique. TrĂšs symboliquement Truman Capote n’écrira jamais l’article qu’il devait faire sur la tournĂ©e. Ne pige rien au phĂ©nomĂšne. Selon lui dans trois ans personne ne se souviendra des Stones. Comme il ne perd pas le nord ni ses Ă©moluments, il donnera dix-sept pages d’interview pour expliquer pourquoi les Rolling Stones ne reprĂ©sentent rien. Personne n’écoute Muddy Waters chargĂ© de la musique d’ambiance. Seul Charlie Watts remerciera Count Basie de sa prestation
 Les Stones ont choisi. Les Stones ont trahi. Les fans sont dehors. Attendent qu’ils sortent pour essayer de les voir.

Jagger a gagnĂ© son pari. Le sang d’Atlamont est dĂ©finitivement oubliĂ©. Un incident malheureux. Vous savez, ces annĂ©es soixante Ă©taient tout de mĂȘme porteuses de violence. Heureusement tout cela commence Ă  faire vieux jeu et dĂ©modĂ©. Entre le rock-biz et le rock’n‘roll les Stones ont choisi. Jagger est capable d’endosser tous les costumes. Homme d’affaires et homme-orchestre. Est-ce un reniement ou une mutation obligĂ©e ? Ne peut-on se survivre qu’en oubliant ce que l’on a Ă©tĂ© ? Ce qui est sĂ»r c’est que Robert Greenfield lui reconnaĂźt un immense talent. En tous les domaines. Qui dirait le contraire ?

La longĂ©vitĂ© des Stones est Ă  l’image du demi-siĂšcle de leur carriĂšre. Des sixties prometteuses, gonflĂ©es d’orage et de colĂšre, des seventies gorgĂ©es d’utopies en voie de disparition – mais sur le moment nul ne s’en rend compte – et une lente dĂ©gringolade, dĂšs les mollassonnes et dĂ©sabusĂ©es eighties, sur les lits en porte-feuilles d’actions cotĂ©es en bourse.

S.T.P – KR’TNT

Damie Chad
KR'TNT

- S.T.P.

Mardi 15 novembre, 22h20 : lecture d’un extrait de S.T.P. de Robert Greenfield, dans sa version française Ă©ditĂ©e par le Mot et le Reste, dans l’émission Nova Book Box de Richard Gaitet.

RADIONOVA

Richard Gaité
Radio Nova // Nova Book Box 15 novembre 2011

- Books

Les éditions Le Mot et Le Reste proposent plusieurs rééditions pour la rentrée.

  • Hammer of the Gods – La Saga Led Zeppelin, par Stephen Davis, traduction de Philippe Paringaux, est une vision hallucinante de Led Zep sur la route, en studio et Ă  la ville, basĂ©e sur les mĂ©moires de leur road-manager et homme de main, l’infĂąme Richard Cole. A ne manquer sous aucun prĂ©texte.
  • STP (Stones Touring Party) – A travers l’AmĂ©rique avec les Rolling Stones.
  • Exile on Main Street – Une saison en enfer avec les Rolling Stones. Ces deux livres de Robert Greenfield qui voyageait avec les Stones Ă©voquent la pĂ©riode 1969-1973, sans doute la plus excessive du “meilleur groupe de rock’n‘roll du monde”.
  • Under Their Thumb, de Bill German, est un nouveau livre Ă©crit par un journaliste new-yorkais proche des Stones dans les seventies et eighties. Les dĂ©buts de la dissension entre Mick & Keith

Romain Decoret
Guitarist & Bass magazine octobre 2011

- S.T.P.

Fa-bu-leux. Ce bouquin est tout bonnement gĂ©nial. Un livre culte, un de ceux que tout amateur Ă©clairĂ© de rock’n‘roll se doit d’avoir dans sa bibliothĂšque.

La suite sur

suite101.fr

Jean Dominique Bernard
Site Suite 101 mars 2010

- S.T.P.

C’est un livre trĂšs recherchĂ© que les Ă©ditions Le Mot et le Reste viennent de publier. Un livre originellement sorti en 1977, vite Ă©puisĂ©, qui bĂ©nĂ©ficie d’une nouvelle traduction assurĂ©e par Philippe Paringaux, pilier du Rock’n’Folk de la grande Ă©poque. Et qui dit Rock’n’Folk dit Stones, dont est ici retracĂ©e l’épique tournĂ©e amĂ©ricaine de 1972. Robert Greenfield, alors journaliste pour
 Rolling Stone, infiltre le cirque stonien en prenant soin de garder ses distances : il est de toutes les fĂȘtes oĂč les filles et la dope abondent, mais ne se place jamais dans la position du « gonzo ». Sa force est de dĂ©crire cet instant prĂ©cis oĂč le plus grand groupe du monde vacille, et le rock’n’roll avec, passant de la trashitude Ă  une Ă©tonnante quĂȘte de respectabilitĂ©. De toute façon, les Stones n’enregistrĂšrent plus rien de trĂšs bon aprĂšs Exile on main street : ça tombe bien, ce disque est l’objet du prochain bouquin Ă©ditĂ© par Le Mot et le Reste.

Ventilo

Philippe Lacroix
Ventilo

- Un ouvrage vibrant de bruit et de sueur Ă  partager de toute urgence

Chronique in situ, haletante et souvent drĂŽle, de la tournĂ©e amĂ©ricaine Ă©chevelĂ©e que menĂšrent les Rolling Stones en 1972, ce livre est aussi un formidable tĂ©moignage sur le rock-business et la sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine des seventies. Ouvrage culte Ă©puisĂ© en France depuis 30 ans, il revient dans une traduction revue de fond en comble par son traducteur d’origine, le rock-critic Philippe Paringaux. “AprĂšs dix annĂ©es passĂ©es Ă  jouer ensemble, les Stones Ă©taient enfin devenus l’attraction musicale numĂ©ro un. Ils Ă©taient royautĂ©. Et c’est en AmĂ©rique qu’ils venaient se faire couronner”. Sauf que les Stones avaient quelque chose Ă  se faire pardonner: trois ans plus tĂŽt, leur prĂ©cĂ©dente tournĂ©e US s’était en effet soldĂ©e par un mort Ă  Altamont. Donc, pas question de laisser le chaos rĂ©gner alors que pour les fans et les mĂ©dias, et bientĂŽt pour l’ensemble du commun des mortels gagnĂ© par la hype, approcher les Stones c’était (dĂ©jĂ !) “comme voir Dieu et baiser sa vedette de cinĂ©ma prĂ©fĂ©rĂ©e en mĂȘme temps”. Mot d’ordre du managment, donc: faire une tournĂ©e professionnelle. La premiĂšre sans doute de cette envergure, Ă  la fois absolument folle et Ă  peu prĂšs maĂźtrisĂ©e. L’ancĂȘtre des tournĂ©es des stades et du Grand Barnum rock. Bruit, fureur, sueur, drogues, orgies, excĂšs en tout genres, music-business survoltĂ©, groupies en furie et fans prĂȘts Ă  tout: ce bouquin fiĂ©vreux fourmillant d’anecdotes sur les coulisses d’une tournĂ©e homĂ©rique des Stones au faĂźte de leur crĂ©ativitĂ© est jubilatoire de bout en bout.

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Laure Narlian
France 2 décembre 2008

- S.T.P.

Trente et un ans aprĂšs sa seule et unique Ă©dition française chez Speed 17, l’ouvrage de Robert Greenfield refait surface, avec une traduction mise Ă  jour par le monument Paringaux. Il raconte l’épopĂ©e des Stones Ă  travers les USA en 1972, trois ans aprĂšs la dĂ©bĂącle Altamont. Ce journaliste de Rolling Stone a suivi les cinq Anglais et leur staff mais, Ă  la diffĂ©rence de son confrĂšre Lester Bangs, il se met rarement en scĂšne. Parfois, il apparaĂźt dans un coin de l’image, sorte de Hitchcock binaire. Mais le plus souvent, sa plume discrĂšte manie finement l’humour, dĂ©crit le cirque Ă  distance avec une implacable acuitĂ©. La folie de cette tournĂ©e, mise en images dans le tout aussi culte (bien qu’ennuyeux) Cocksucker Blues (1972) n’est pas l’intĂ©rĂȘt principal de cet ouvrage. Certes, on sourit Ă  voir que les Hell’s Angels n’ont pas digĂ©rĂ© l’épisode de 1969, on admire le stoĂŻcisme lĂ©gendaire du batteur Charlie Watts lors d’épisodes croustillants Ă  la Playboy Mansion de Hugh Hefner. Mais ces excĂšs ne font que reflĂ©ter la dĂ©cennie. Ainsi Greenfield s’intĂ©resse-t-il tout autant au runaways sniffeurs de colle qu’à Mick Jagger, intellectuel perdu et lassĂ© des chambres d’hĂŽtel dĂ©vastĂ©es. En dĂ©peignant tractations d’avocats et paperasses salariales, le narrateur montre l’envers du dĂ©cor, celui qui ne fera pas rĂȘver les fans en quĂȘte de respectabilitĂ© et Ă  la tĂȘte d’un empire brinquebalant, les Stones travaillent. Avec plaisir, certes, mais ils ne font que travailler. ActualitĂ© oblige, on a encore en tĂȘte Mick Jagger, Un DĂ©mocrate 12005) de François BĂ©gaudeau. Pour ce dernier, le chanteur lippu Ă©tait mort en 1969. Étonnamment, Greenfield le disait en d’autres mots, quelques annĂ©es plus tĂŽt «Les Stones se sĂ©pareront quand
 ils en auront les moyens»

Thibaud Allemand
Magic novembre 2008

- S.T.P.

C’est un des livres les plus sauvages de l’histoire du rock, rééditĂ© dans une nouvelle traduction aprĂšs ĂȘtre restĂ© introuvable durant de trop longues annĂ©es. Le document d’une Ă©poque qui semble aujourd’hui presque irrĂ©elle.
Les Grecs ne soupçonnent pas leurs trĂ©sors archĂ©ologiques: il y a huit ans, on pou-vait encore trouver dans l’unique librairie française de Thessalonique deux exemplaires originaux de S.T.P qui prenaient la poussiĂšre depuis leur parution Ă  l’étĂ© 1977. Ce mĂȘme S.T.P, vous pouvez l’acheter dĂ©sormais avec autant de facilitĂ© qu’un pain au chocolat. Les marseillais le mot et le reste, valeureux Ă©diteurs d’une quinzaine de livres savants sur la musique, viennent de rééditer (dans une nouvelle traduction de Philippe Paringaux, un des piliers du premier Rock & Folk) cet ouvrage sauvage qui fut longtemps l’un des plus recherchĂ©s de France.

Littérature Gonzoïdale
Et tout ça pour quoi? Pour quatre cents pages de description de drogues en tout genre, d’orgies emmenĂ©es par une bande d’Attila rock anglais traversant l’AmĂ©rique durant l’étĂ© 1972 – une AmĂ©rique qui s’apprĂȘtait Ă  réélire dans la honte le prĂ©sident Nixon. Pour les Français, S.T. P Ă©tait surtout le premier des douze volumes Ă©ditĂ©s par les HumanoĂŻdes AssociĂ©s dans leur collection Speed 17 (dirigĂ©e par Philippe Manoeuvre), le plus flamboyant symbole d’une littĂ©rature rock Ă©minemment gonzoi-dale. Speed 17 a mis quatre ans (1977-1980) avant de s’autodĂ©truire, non sans avoir fait dĂ©couvrir Ă  la France Ă©berluĂ©e les bitures de Bukowski, les Ă©lucubrations du grand Hunter S. Thompson, les prophĂ©ties technos d’Yves Adrien et les livres terrifiants d’Hubert Selby Jr. S.TP ressort, donc. L’objet 2008, blanc, poli, presque universitaire, n’arrive pas Ă  reproduire la fiĂšvre de l’édition originale: il manque ici cruellement la photo noir et blanc d’un Mick Jagger Ă©cumant, les collages punk bariolĂ©s, la typo grosses lettres
 CĂŽte Ă  cĂŽte, les deux bouquins livrent le mĂȘme semblant de contraste qu’entre un vinyle d’origine et un fichier MP3: l’un est chaud, l’autre pas. Reste le texte. Ah, au fait, S.TP est un livre sur les Rolling Stones.

Apocalypse now
On a retardé les aveux autant que possible pour ne pas taire fuir le fan de Metronomy,
qui verra dans les Rolling Stones un sujet un tantinet moins bouillant en 2008
qu’en 1972, lorsque Robert Greenfield, membre de Rolling Stone (le magazine) rĂ©di-gea son reportage au long cours (en trois mois, Ă  raison d’un chapitre par semaine, dans un bungalow de Californie semi-inondĂ©). Certes, voir Jagger sur scĂšne aujourd’hui, grimacer comme une vieille Cheetah est un spectacle pĂ©nible. Mais S.TP est le rĂ©cit conradien de l’apocalyptique tournĂ©e amĂ©ricaine de 1972 des Rolling Stones. A l’époque, Jagger va sur ses 29 ans, il dit des choses comme «Je ne vois

pas faire ça toute ma vie.» Les Stones n’ont pas foutu les pieds en AmĂ©rique depuis 1969, depuis Altamont, ce chant du cygne hippie (les Hell’s Angels chargĂ©s de la sĂ©curitĂ© avaient tuĂ© un jeune Noir sous les yeux des Stones qui continuĂšrent Ă  jouer, ne comprenant rien Ă  la scĂšne). La tournĂ©e S.T.P (Stones Touring Party) durera de fin mai Ă  dĂ©but juillet 1972, braquant comme une banque une AmĂ©rique speedĂ©e, perdue, qui a remplacĂ© le LSD par le Quaalude (un somnifĂšre dĂ©tournĂ© de son usage). Deux mois durant lesquels les Stones inventent les tournĂ©es Barnum, brĂ»lent les derniers feux d’un rock dangereux et jettent les bases d’un rock aussi professionnel qu’inoffensif et dĂ©sincarnĂ©.

Bienvenue en enfer
Les grands mĂ©dias amĂ©ricains envoient le gratin des pigistes Ă  leurs trousses, telle cette vieille mĂ©chante de Truman Capote, flanquĂ© de Lee Radziwill (la soeur aĂźnĂ©e de Jackie Kennedy, la femme la mieux habillĂ©e de toutes les sixties) et dAndy Warhol. Les Stones, de leur cĂŽtĂ©, confient Ă  Robert Frank en personne le soin de filmer les Ă -cĂŽtĂ©s de la tournĂ©e. Et engagent Greenfield, jeune rock critic de 28 ans pour accompagner le film d’un bouquin. Greenfield restera deux mois sans faire la moindre interview. Il a tout compris des meilleurs reporters: il ne questionne pas, il regarde. Il est une mouche. Qui tourne autour des gosses qui feraient tout pour arracher un billet de concert. Qui se fond parmi les dealers et les parasites en tout genre. Qui tourne autour des road managers quand ils cassent de nerf les tĂ©lĂ©phones des hĂŽtels. Qui tourne autour des groupies prĂȘtes Ă  se faire sauter, mĂȘme par le pire des roadies, du moment qu’il est estampillĂ© S.T.P. et leur permettra d’ĂȘtre de la party d’aprĂšs concert que Keith Richards donnera dans sa chambre. Greenfield est lĂ  quand Hugh Hetner ouvre aux Stones sa demeure Playboy, couvrant les Anglais de Californiennes et d’éclairs au chocolat. Et il est lĂ  encore quand des mecs du staff embarquent trois filles dans le fond d’un cockpit pour une partouze sordide que filment Jagger et Robert Frank. Pour cette scĂšne, Cocksucker Blues, le film de Robert Frank, est aujourd’hui encore interdit de toute diffusion par Jagger en personne – il n’a jamais assumĂ© le dĂ©lire cul-dĂ©fonce de cette tournĂ©e (mais bien sĂ»r, Cocksucker Blues est sur youTube). Ce livre aurait donc dĂ» finir aux Enfers (il a beaucoup Ă©tĂ© dit que Jagger souhaitait qu’il ne soit jamais rééditĂ©), car les Enfers aprĂšs tout mĂ©ritent aussi un bon livre.

Philippe Azoury
Tsugi novembre 2008

- S.T.P.

Alors donc, on l’a compris, la mauvaise nouvelle c’est qu’on a tous ratĂ© le concert du siĂšcle mais, oh, c’est cloche, l’autre nouvelle est Ă©galement mauvaise On en a aussi ratĂ© la tournĂ©e, la fondatrice, l’American Tour des Stones en 1972, la mythique jamais Ă©galĂ©e, Mother Of All Tours, celle qui en gravera les codes, le gigantisme, l’étiquette et les lĂ©gendes tourmentĂ©es. TournĂ©e de tous les dangers pour les Stones qui voulaient oublier la catastrophe d’Altamont (vĂ©ritable Pearl Harbor du rock), s’assurer des ventes alors vitales pour ces exilĂ©s fiscaux et afficher magistralement leur plĂ©nitude musicale, la tournĂ©e triomphale fut, du dĂ©but Ă  la fin, bousculĂ©e par les Ă©vĂšnements et les forts tempĂ©raments du staff. Mythique aussi ce livre STP, A Travers l’AmĂ©rique avec Les Rolling Stones, chronique trĂšs circonstanciĂ©e de la tournĂ©e par un journaliste de Rolling Stone (the magazine), traduit et retraduit par Philippe Paringaux, et enfin rééditĂ© aprĂšs 30 ans de fantasmes et folles rumeurs sur le contenu et ses protagonistes. Groupies, dĂ©fonces vĂ©gĂ©tales, orgies mollasses chez Hugh Hefner, groupies, dĂ©fonces chimiques, menaces d’émeute, groupies, dĂ©fonces psychĂ©dĂ©liques, concerts incandescents, groupies, dĂ©fonces speed ou down, paranoĂŻas sĂ©curitaires, on peut dire que les Stones ont mis la barre higher and higher et Greentield capte avec brio et humour ces derniers moments de folie avant l’irruption des costards cravates et leur mainmise sur le rock business. Fin observateur de ce monde et de ses usages, Greenfield ne se laisse pas Ă©blouir par le seul Ă©clat des deux stars et ne se cantonne pas, loin de lĂ , Ă  la geste et aux anecdotes seulement stoniennes. TruffĂ© d’anecdotes pittoresques, l’intelligent et passionnant bouquin raconte aussi la vraie vie derriĂšre les projos, le fonctionnement quotidien du STP, le Stone Tour Party, l’archĂ©typale team qui fait tourner la lourde machine, oĂč roadies, managers, princesses Ă©garĂ©es, security guards, Ă©crivains officiels, pique—assiettes et dealers attitrĂ©s campent une intemporelle et indispensable odyssĂ©e.

AgnÚs Léglise
Rock&Folk novembre 2008

- S.T.P.

Introuvable en version française depuis 1977, le mythique S.T.P. À travers l’AmĂ©rique avec les Rolling Stones de Robert Greenfield fait aujourd’hui l’objet d’une réédition. Si vous voulez vraiment savoir Ă  quoi ressemblait vraiment le rock’n‘roll


Frédéric Lecomte
Rolling Stone octobre 2008

- S.T.P.

EtĂ© 71: les Stones enregistrent «Exile on Main Street» sur la cĂŽte d’Azur, et c’est l’orgie totale -la french connection n’arrive pas Ă  subvenir aux besoins d’hĂ©roĂŻne de la villa stonnienne. Le plus grand groupe de rock an monde enchaĂźne sur une homĂ©rique tournĂ©e. C’est l’apogĂ©e du mythe. Robert Frank rĂ©alise un film sur ce «greatest rock’n‘roll tour history»: interdit, trop dĂ©cadent Robert Greenfield, du magazine Rolling Stone va, lui, pouvoir tĂ©moigner.
Des livres sur les Stones, il y en a des tonnes, du flippant (Dance With the Devil de Stanley Booth, gĂ©nial) du grotesque (Keith me d’Amanda Sthers, mĂȘme pas drĂŽle), en passant par l’inutile (ceux de Bon et BĂ©gaudeau). STP (Stones Touring Party) de Greenfield cumule quatre atouts: connaissance du sujet, sens de l’enquĂȘte, immersion dans le circus, style. Il prend sa source dans l’aprĂšs-Altamont, quand les Stones, dĂ©finitivement catalo-guĂ©s groupe sulfureux, choisissent de se rĂ©inventer non pas en levant le pied, mais en fonçant dans le dĂ©cor.
Traduit par Philippe Paringaux pour Speed 17, ce collector Ă©puisĂ© ressort aujourd’hui complĂ©tĂ©. En 1974, il marquait la fin d’une Ă©poque: Mick Jagger pourra se consacrer Ă  l’aĂ©robic et Keith Richards, poser pour Vuitton. Et alors? Ils resteront Ă  jamais l’incarnation d’une mythique grandeur (et dĂ©cadence).

BenoĂźt Sabatier
Technikart octobre 2008

- S.T.P.

La derniĂšre tournĂ©e en 69 avait laissĂ© un goĂ»t amer. Mais les Rolling Stones sont les Rolling Stones. En 1972, alors qu’Obama n’avait pas quittĂ© les bancs de l’école et que McCain s’amusait avec ses amis du ViĂȘt-cong, ils reviennent pour une tournĂ©e plus longue, plus folle, avec un public plus grand et des fans plus hystĂ©riques. Comment faire? GĂ©rer deux mois non-stop sur la route? Trouver des avions lĂ  oĂč il n’y en a pas? Calmer un public d’un demi-million d’ĂȘtres humains entassĂ©s dans un stade de base-ball qui vient de se rendre compte que le groupe qu’il attend en est dĂ©jĂ  Ă  sa sixiĂšme heure de retard? Pari difficile. Et c’est lĂ  oĂč Robert Greenfield intervient. Journaliste, spĂ©cialiste de la culture pop: il ne les a pas lĂąchĂ©s. Et ça se voit! Au fil de la lecture, on a l’impression d’ĂȘtre cachĂ© dans le slip de Jagger ou le rail de cocaĂŻne de Richards. Une place de choix, en quelque sorte. Pendant cinquante-cinq jours, c’est le chaos sur les routes du pays de la libertĂ©. MĂȘme si les descriptions d’orgies, de dealers en retard ou de policiers arrivant dans les cinq-Ă©toiles Ă  l’improviste sont amusantes, l’intĂ©rĂȘt du livre est avant tout dans la vision d’une AmĂ©rique violente, embourbĂ©e dans la guerre du Vietnam et dĂ©finitivement sortie de l’euphorie utopique soixante-huitarde. PubliĂ©e en France pour la premiĂšre fois en 1977 dans la mythique maison d’édition Speed 17, cette réédition est essentielle. Car avant les yachts dans le port de Saint-Tropez, les annĂ©es 80, les chĂąteaux en Provence et les bouteilles de Cristal Roederer, les Rolling Stones Ă©taient un groupe de rock’n’roll. On a tendance Ă  l’oublier
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Boris Bergman
Paris match 30/10/2008

- S.T.P.

C’est l’évĂ©nement Ă©ditorial de l’automne 2008 : S.T.P. A travers l’AmĂ©rique avec les Rolling Stones, le livre maudit de Robert Greenfield, est dĂ©sormais disponible en traduction française.
On a tout dit sur cet ouvrage et sa raretĂ© n’a fait qu’alimenter la machine Ă  fantasmes. Ceux qui possĂ©daient un exemplaire de la rare Ă©dition de 1977 Ă©voquaient une suite ininterrompue d’orgies et de faits scandaleux liĂ©s Ă  la drogue et Ă  la violence. Ils ne mentaient pas. S.T.P. est un bouquin d’une puissance inouĂŻe, dotĂ© d’un contenu solide et portĂ© par un style admirable. L’histoire racontĂ©e est celle de la tournĂ©e effectuĂ©e par les Rolling Stones durant l’étĂ© 1972.

Un cirque rock’n‘roll_ – DĂšs qu’il est rendu public, ce pĂ©riple de plus de deux mois dĂ©chaĂźne les passions. Les Rolling Stones n’ont pas visitĂ© le royaume de l’Oncle Sam depuis l’automne 1969 et leur passage s’est soldĂ© par la dĂ©route d’Altamont, festival gratuit durant lequel un spectateur a Ă©tĂ© tuĂ© par le service d’ordre au terme d’une journĂ©e de violence. Cette fois, Mick Jagger et ses camarades entendent prouver Ă  tous qu’ils sont devenus des artistes responsables et professionnels. Au niveau de la logistique, rien n’a donc Ă©tĂ© laissĂ© au hasard pour que ce grand cirque rock’n‘roll fasse le tour du continent nord-amĂ©ricain sans incident.
DĂšs la mise en vente des billets, tout le monde comprend nĂ©anmoins que l’évĂ©nement va dĂ©chaĂźner les passions. Le magazine Rolling Stone dĂ©cide donc d’envoyer sur place Robert Greenfield, l’un de ses journalistes les plus pertinents. Comme les Stones ont dĂ©cidĂ© de se montrer sous un jour avenant, Greenfield se voit offrir par le management un badge «tous accĂšs» qui lui permettra d’ĂȘtre constamment au coeur de l’évĂ©nement. Avec son carnet de notes et son stylo comme uniques bagages, l’auteur prend place au sein de ce qu’il dĂ©crit rapidement comme une bande de dingues dĂ©foncĂ©s.
Bacchanale permanente – MalgrĂ© les efforts de quelques responsables zĂ©lĂ©s, la tournĂ©e des Stones vire rapidement Ă  la bacchanale permanente. PrĂ©sent jusque dans les chambres, oĂč des parasites ingurgitent toutes les drogues imaginables sous les regards blasĂ©s des Stones , Greenfield dĂ©cide bien vite de transformer son article en bouquin.
Il est lĂ  donc lorsque Keith Richard dĂ©cide par ennui de balancer un tĂ©lĂ©viseur depuis le dernier Ă©tage de leur hĂŽtel building. Il est lĂ  encore lorsque le service de sĂ©curitĂ© tabasse le dealer principal du mĂȘme Richard pour le forcer Ă  quitter la tournĂ©e. Il est lĂ  toujours lorsque le groupe est jetĂ© en prison aprĂšs avoir rudoyĂ© un photographe, ou lorsque des people comme Truman Capote ou la princesse Lee Radziwill (soeur de Jacqueline Kennedy) se gavent de caviar et de champagne dans les coulisses. Il est lĂ  enfin lorsque le photographe et cinĂ©aste suisse Robert Frank demande Ă  des jeunes filles paumĂ©es de figurer dans des scĂšnes de sexe non simulĂ©es qui doivent ponctuer le film qu’il est en train de tourner. IntitulĂ© «Cocksucker Blues», l’ouvrage en question sera longtemps interdit, mais on peut dĂ©sormais le visionner sur YouTube

Emeute en ville – Le S.T.P (terme qui dĂ©signe une drogue mais qui signifie ici «Stone Touring Party») de Greenfield sera, lui aussi, modĂ©rĂ©ment apprĂ©ciĂ© par les Stones, mĂȘme si ces derniers ne s’opposeront pas Ă  sa diffusion. Tant mieux. Magnifiquement Ă©crit, judicieusement construit, il cumule les anecdotes Ă©difiantes, fascinantes, enthousiasmantes mais aussi choquantes. Tout en permettant au lecteur de plonger au coeur de la derniĂšre tournĂ©e sauvage des Stones, il immortalise une AmĂ©rique pas si paisible oĂč rĂŽdent des hordes de fils et de filles de bonne famille qui carburent aux amphĂ©tamines pour se donner du courage avant d’aller affronter la police dans une Ă©meute qui se perpĂ©tue de ville en ville.
Sans aucun doute, le livre de rock ultime.

Jean Philippe Bernard
Le matin (Suisse) 24/10/2008

- S.T.P.

Je vous recommande vivement de lire la réédition de l’ouvrage STP, A Travers l’AmĂ©rique avec les Rolling Stones, un ouvrage signĂ© Robert Greenfield, dĂ©jĂ  publiĂ© en France en 1977 mais rapidement Ă©puisĂ© et depuis trĂšs recherchĂ© par les collectionneurs. Sa nouvelle mouture par les Ă©ditions Le Mot Et Le Reste, dans une traduction rĂ©actualisĂ©e par Philippe Paringaux, a Ă©tĂ© l’objet de nombreuses rumeurs et tensions ainsi que de craintes de demandes d’interdiction. Des craintes que l’on comprend dĂšs la lecture des premiĂšres pages puisque ce brulot est trĂšs certainement le livre le plus incroyable sur l’histoire du rock, un livre qui dĂ©crit sans dĂ©tour la dĂ©lirante tournĂ©e des Rolling Stones en 1972 Ă  travers l’AmĂ©rique. Une AmĂ©rique obscure dont la jeunesse n’est plus celle qui accueillait les Beatles au milieu des annĂ©es 60, ni celle qui enchantait le Summer of Love de 67, ni celle du tragique concert d’Altamont en 1969. Une AmĂ©rique sur les dents qui suivra le parcours des Stones comme une trainĂ©e de poudre (dans tous les sens du terme) avec cette incontournable avalanche d’argent, d’alcool, de sexe, de drogues et de violence. Les camions, les avions, les limousines, les rencontres avec les politiques, les hommes d’affaires, les groupies, les Hell’s, les dealers, les forces de l’ordre, les dj 
.le monde entier semble s’offrir sans aucune limite Ă  Mick Jagger qui n’a pas trente ans et aux Stones dont on se demande encore comment ils ont pu survivre Ă  cette aventure. Presque 40 ans plus tard, ce rĂ©cit Ă©lectrique Ă  la James Ellroy est aussi fascinant qu’au premier jour de son initiale sortie et pourrait bien devenir le symbole littĂ©raire de ce que le rock’n‘roll signifie artistiquement, Ă©conomiquement et socialement pour cette derniĂšre partie du XX^e^ siĂšcle”.

Eric Serva
France Musique // Tapage nocturne 16/10/2008

S.T.P en Enfer avec Jagger

[
] S.T.P le carnet de bord de cette tournĂ©e ressort. Groupies culbutĂ©es dans les avions, dĂ©fonce Ă  tous les Ă©tages, passages Ă  tabac, et puis quand mĂȘme, musique car Ă  l’époque, les Stones venaient de sortir Exile on main Street, un chef d’Ɠuvre. Retraduit par Philippe Paringaux, S.T.P s’avĂšre, trente cinq ans plus tard, le livre ultime sur la folie rock’n roll.

François Julien
VSD 16/10/2008

- S.T.P.

Please to meet you, cher Yves Jolivet. En effet, le directeur des Ă©ditions Le Mot et le Reste a eu l’idĂ©e lumineuse de rééditer le rĂ©cit lĂ©gendaire du journaliste amĂ©ricain Robert Greenfield. ÉpuisĂ© pendant plus d’une trentaine d’annĂ©es, S.T.P. À travers l’AmĂ©rique avec les Rolling Stones est un ouvrage pour le moins digne d’une pierre qui roule. Il a Ă©tĂ© initialement publiĂ© en 1977 par les Ă©ditions Les HumanoĂŻdes AssociĂ©s dans l’éphĂ©mĂšre collection “Speed 17“
 dirigĂ©e par le jeune et fougueux Philippe ManƓuvre. Et c’est Philippe Paringaux, ex rĂ©dacteur en chef de Rock & Folk, mais aussi ami de Greenfield, qui s’était fait un plaisir de le traduire – plaisir renouvelĂ© pour cette nouvelle Ă©dition, reprise et corrigĂ©e par ses soins. __Également auteur d’Exile On Main Street. Une saison en enfer avec les Rolling Stones, Robert Greenfield connaĂźt son sujet sur le bout des doigts. Son rĂ©cit dĂ©bute Ă  la fin du mois de mai 1972, alors que le groupe s’apprĂȘte Ă  dĂ©buter une tournĂ©e amĂ©ricaine trĂšs attendue, mais qui est Ă©galement source de polĂ©mique, son dernier concert sur le sol amĂ©ricain ayant eu lieu dans des circonstances dramatiques : le 6 dĂ©cembre 1969, Ă  Altamont (Californie), les Rolling Stones avaient jouĂ© au milieu d’un immense dĂ©sordre apocalyptique, gĂ©nĂ©reusement nourri par les Hells Angels rĂ©munĂ©rĂ©s en biĂšre pour gĂ©rer la sĂ©curitĂ© (!) ; Meredith Hunter, un jeune homme noir de dix-huit ans, avait Ă©tĂ© poignardĂ© Ă  mort au milieu d’une foule de jeunes gens plus droguĂ©s les uns que les autres ; le lendemain matin, les Stones Ă©taient dans l’avion qui les ramenait en Angleterre. Ce Stones Touring Party amĂ©ricain qui dĂ©bute promet donc d’ĂȘtre mĂ©morable. En premiĂšre partie, le groupe a conviĂ© Stevie Wonder. MĂȘme si l’auteur de Superstition possĂšde dĂ©jĂ , Ă  22 ans, une discographie plus qu’honorable, cette invitation reprĂ©sente pour lui un joli cadeau, qui lui permet de se tailler enfin une notoriĂ©tĂ© auprĂšs du public blanc. Quant aux musiciens des Rolling Stones, ils sont eux-mĂȘmes en grande forme, bien que tous un peu absents psychiquement (pour cause de responsabilitĂ©s familiales, de projets personnels ou simplement de lassitude). Enfin, et surtout, leur Ă©quipe est complĂštement surexcitĂ©e. Tant par le show que par la menace qui plane sur celui-ci : les Hells Angels, trĂšs Ă©chauffĂ©s par le scandale d’Altamont, menacent de kidnapper Mick Jagger._

Sophie Rosemont
nonfiction.fr