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Parution : 22/05/2014
ISBN : 9782360541355
456 pages (14,8 x 21 cm)

26 €

ÉpuisĂ©

Version numérique

Rock progressif - Nouvelle édition

En rĂ©sumĂ©, le lecteur semble tenir ici l’ouvrage dĂ©finitif sur le rock progressif.
Thomas Dreneau – Arùs

La noirceur envoĂ»tante de King Crimson, le raffinement symphonique de Genesis, l’exaltation mystique de Yes, les rĂȘveries sonores de Pink Floyd, la virtuositĂ© extravagante d’Emerson Lake & Palmer
 Et tant d’autres, plus obscurs mais non moins valeureux – Van der Graaf Generator, Jethro Tull, Magma, Gentle Giant, Soft Machine
 Autant de groupes qui, Ă  partir de la fin des annĂ©es soixante, ont cherchĂ© – et souvent rĂ©ussi – Ă  inventer une musique au-delĂ  des distinctions de genre et du formatage commercial. Le rock progressif reprĂ©sente un legs artistique d’une variĂ©tĂ© et d’une richesse exceptionnelles. S’il a connu l’apogĂ©e de sa crĂ©ativitĂ© et de son succĂšs dans les annĂ©es soixante-dix, son impact s’est rĂ©vĂ©lĂ© aussi profond que durable, Ă  travers ses nouvelles dĂ©clinaisons (le nĂ©o-prog de Marillion, le prog-mĂ©tal de Dream Theater
) mais aussi son influence avĂ©rĂ©e sur certains des groupes actuels les plus aventureux et novateurs (Radiohead, The Mars Volta
).
Cet ouvrage revient sur le contexte historique et artistique exceptionnel qui a favorisĂ© l’émergence et l’épanouissement du rock progressif, et dĂ©cortique ses Ɠuvres phares, portant sur ce genre musical un regard Ă  la fois Ă©rudit, passionnĂ© et sans complaisance.

Revue de presse

- Rock progressif Radio Libertaire // Bulles noires 9 juillet 2011
- Le livre définitif sur le rock progressif ? Thomas Dreneau ArÚs mars 2011
- Rock progressif Eric Deshayes Site NéosphÚres décembre 2010
- Rock progressif Patrick Beaumont La Gazette Nord-Pas-de-Calais octobre 2010
- Rock progressif Dino Revue & Corrigée septembre 2010
- Rock progressif François Steiner Daily-Rock août 2010
- Rock progressif Jazzman juillet 2010
- Rock progressif Eric Site nomag juin 2010
- Rock progressif Sophie Chambon Les DerniĂšres Nouvelles du Jazz mai 2010

- Rock progressif

Le 9 juillet dernier, Aymeric Leroy Ă©tait l’invitĂ© de l’émission Bulles noires, dĂ©diĂ©e au rock progressif.

Pour réécouter l’émission :

Radio Libertaire

Radio Libertaire // Bulles noires 9 juillet 2011

- Le livre définitif sur le rock progressif ?

2010 pourra ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme une annĂ©e faste en ce qui concerne l’étude du rock progressif. En effet, sont parus presque simultanĂ©ment les livres de JĂ©rĂŽme Alberola, Anthologie du rock progressif, Voyages en ailleurs, et — donc — de Aymeric Leroy, Rock progressif. L’ouvrage de Alberola, Ă  cet Ă©gard, est peut-ĂȘtre le moins rĂ©ussi ; du fait qu’il s’agit plus de l’Ɠuvre d’un fan amateur de rock progressif que d’un vĂ©ritable chercheur Ă  l’instar de Leroy lequel a su parfaitement mettre en avant son talent de synthĂšse dans tous les domaines, c’est-Ă -dire musical, Ă©conomique et historique.

En rĂ©sumĂ©, le lecteur semble tenir ici l’ouvrage dĂ©finitif sur le rock progressif. Il faut dire que Leroy a pu bĂ©nĂ©ficier du travail pionnier de FrĂ©dĂ©ric DelĂąge (Chroniques du rock progressif 1967-1979, 2002), mais aussi de Christophe Pirenne (Le rock progressif anglais 1967-1977, 2005). Et si le premier a en partie inspirĂ© l’auteur du prĂ©sent livre relativement Ă  son choix des disques et des groupes majeurs ou secondaires de ce genre musical, le second, quant Ă  lui, a donnĂ© les Ă©lĂ©ments sociologiques et historiques de base Ă  une pleine comprĂ©hension du style en tant que tel. Toutefois, il serait faux de croire que le livre de Leroy a rendu nĂ©gligeable le travail de ses prĂ©dĂ©cesseurs. DelĂąge propose une analyse approfondie de chaque disque choisi parmi les plus emblĂ©matiques du rock progressif ; tandis que Pirenne s’attarde longuement sur les origines de celui-ci, tout en proposant une Ă©tude musicologique non dĂ©nuĂ©e d’intĂ©rĂȘt — mĂȘme pour le nĂ©ophyte. Bref, ces livres complĂštent le travail de Leroy ; bien qu’il faille avouer que ce dernier les a, en quelque sorte, « dĂ©passĂ©s ».

Pour lire l’article en entier :
revue ArĂšs

Thomas Dreneau
ArĂšs mars 2011

- Rock progressif

Le volume est Ă©pais, 452 pages au compteur. Aymeric Leroy est connu pour avoir fondĂ© la revue de musiques progressives Big Bang et pour avoir dĂ©veloppĂ©, dĂšs 1996, le site Web Calyx, une mine d’informations sur l’école de Canterbury, l’une des branches les plus ramifiĂ©es du rock prog. Avec cet ouvrage il propose un long voyage dans le temps en s’appuyant sur le parcours, suivi annĂ©e aprĂšs annĂ©e, de groupes qui deviennent peu Ă  peu des mastodontes du rock progressif, voire du rock tout court : King Crimson, Emerson, Lake & Palmer, Yes et Genesis. On remonte d’abord en des temps reculĂ©s, la fin des annĂ©es 1960, oĂč la prĂ©histoire du genre fut Ă©crite par les Beatles, Cream, Procol Harum ou encore les Moody Blues. Avant donc que le cri primal du rock progressif ne soit projetĂ© par un roi cramoisi : King Crimson et son premier album In The Court of Crimson King en 1969 (Ă  noter au passage que le pacha du hip-hop Kanye West sample “21st Century SchizoĂŻd Man” sur le titre “Power” en 2010).

A partir d’In The Court of Crimson King en 1969 dĂ©marre le rock progressif en tant que tel. Aymeric Leroy ne perd pas de temps Ă  Ă©tablir une impossible dĂ©finition, prĂ©fĂ©rant convoquer un ressenti empirique et exposer quelques critĂšres, comme la virtuositĂ© et un grand format instrumental hĂ©ritĂ© de la musique classique. En fait, l’ouvrage peut ĂȘtre considĂ©rĂ© comme une immense dĂ©finition du genre. Les albums de chacun des mastodontes prĂ©citĂ©s sont dissĂ©quĂ©s Ă  la loupe sous l’éclairage d’une lampe halogĂšne. Leurs albums et ceux de nombre de groupes relativement moins reconnus: Soft Machine, Caravan, Hatfield and The North
 Disons l’école de Canterbury au complet, d’autres Anglais encore, des AmĂ©ricains, les scĂšnes italiennes, françaises, canadiennes, allemandes, la mouvance Zeuhl engendrĂ©e par Magma, le Rock In Opposition
 L’excellente construction chronologique du rĂ©cit permet de les situer les uns par rapport aux autres sur un mĂȘme pied d’égalitĂ©, celui du contexte historique et de son Ă©volution.

De 1969 Ă  l’orĂ©e des annĂ©es quatre-vingt on voit le rock progressif passer par des sommets de crĂ©ativitĂ©, des coups de mou, des succĂšs commerciaux Ă©normes (avec exil fiscal Ă  la clĂ© pour certains !) ou encore par des abysses d’inconsistance. On voit Ă©galement beaucoup de groupes trĂšs crĂ©atifs naĂźtre dans l’indiffĂ©rence ou ne susciter que le mĂ©pris des mĂ©dias (du fait mĂȘme de l’évolution du contexte, notamment l’essor de la vague punk). On en voit beaucoup mourir ou (pire ?) se vautrer dans le rock FM des annĂ©es quatre-vingt, alors mĂȘme que le rock nĂ©o-progressif apporte du sang neuf, dĂšs 1983. La dissection est Ă  la fois analytique et passionnante. Louanges et sĂ©vĂ©ritĂ© sont toujours finement mesurĂ©es et argumentĂ©es, ce qui occasionne par moments de nĂ©cessaires longueurs dans le propos. Les arguments sont trĂšs judicieusement puisĂ©s dans les changements de line-up et dans le contexte Ă©conomique, en particulier l’évolution des grandes maisons de disques vers une logique industrielle et les consĂ©quences esthĂ©tiques du “progrĂšs” technologique. Ce regard trĂšs prĂ©cis et situĂ© dans le temps permet de battre en brĂšche nombre de clichĂ©s mais aussi de mieux comprendre les grands travers d’un genre loin d’ĂȘtre homogĂšne.

Ce livre est Ă©videmment indispensable Ă  tous les fans de rock progressif. Il est aussi Ă  conseiller Ă  ceux qui le dĂ©testent : ils en ignorent sans doute encore certains recoins pouvant leur convenir. S’ils se sentent Ă©ternellement rĂ©fractaires, ils pourront au moins mieux affĂ»ter leurs arguments.

néosphÚres

Eric Deshayes
Site NéosphÚres décembre 2010

- Rock progressif

Fascinant laboratoire musical, trop hĂątivement classĂ© comme musique expĂ©rimentale ou intellectuelle, le rock progressif est nĂ© au crĂ©puscule des annĂ©es 1960, terreau fĂ©cond sur lequel ont poussĂ© les fleurs les plus vĂ©nĂ©neuses et, parfois, les plus luxuriantes de cette Ă©poque musicale bĂ©nie oĂč tout Ă©tait possible. Une parenthĂšse enchantĂ©e qui a vu se cotoyer la noirceur envoĂ»tante de King Crimson, le raffinement symphonique de Genesis, l’exaltation mystique de Yes, les rĂȘveries sonores de Pink Floyd, la virtuositĂ© extravagante d’Emerson Lake & Palmer
 Sans oublier des groupes plus mĂ©connus mais non moins passionnants tels Van der Graaf Generator et son leader charismatique Peter Hammill, Jethro TulI, Gentle Giant, Soft Machine
 Autant de groupes qui ont cherchĂ© et souvent rĂ©ussi Ă  inventer une musique au delĂ  des distinctions de genre et du formatage commercial. Le rock progressif reprĂ©sente un legs artistique d’une variĂ©tĂ© et d’une richesse exceptionnelles. S’il a connu l’apogĂ©e de sa crĂ©ativitĂ© et de son succĂšs dans les annĂ©es soixante dix, son impact s’est rĂ©vĂ©lĂ© aussi profond que durable, Ă  travers ses nouvelles dĂ©clinaisons mais aussi son influence avĂ©rĂ©e sur certains des groupes actuels les plus aventureux et novateurs (Radiohead, The Mars Volta
).
Cet ouvrage revient sur le contexte historique et artistique exceptionnel qui a favorisĂ© l’émergence et l’épanouissement du rock progressif, et dĂ©cortique ses oeuvres phares, portant sur ce genre musical un regard Ă  la fois Ă©rudit, passionnĂ© et sans complaisance. Un ouvrage de rĂ©fĂ©rence Ă©crit par un passionnĂ© du genre.

Patrick Beaumont
La Gazette Nord-Pas-de-Calais octobre 2010

- Rock progressif

Je me permets, avec une certaine malice, de rĂ©unir ces deux ouvrages (Rock progressif et Hard’n‘Heavy 1966-1978) dont les auteurs se sont donnĂ© beaucoup de peine pour dĂ©finir prĂ©cisĂ©ment les champs sonores concernĂ©s par l’un et par l’autre : il est ainsi dĂ©sormais impossible de confondre hard et heavy ! Cette association se justifie simplement parce que les pĂ©riodes concernĂ©es sont presque les mĂȘmes (bascule des sixties aux seventies) et que surtout, Ă  cette Ă©poque lĂ , les classifications importaient peu, pour les amateurs de « pop musique » (on utilisait ce terme). J’écoutais aussi bien Alice Cooper que King Crimson en 1972, et je ne me fournissais pas dans deux magasins diffĂ©rents ; la question des genres ne se posait pas (c’est ainsi que les « majors » produisirent jusq’au milieu des annĂ©es 70 des musiques considĂ©rĂ©es comme expĂ©rimentales (comme CBS avec « Soft Machine » ou la grande Ă©poque de Miles Davis). Autres temps, autres moeurs
 (d’ailleurs, il n’y a plus de magasins
), et puisqu’il faut aujourd’hui classer, classons
 Premier intĂ©rĂȘt (et amusement) pour moi, celui de constater que finalement je suis plus hard que prog. La guitare, sans doute, si bien que Robert Fripp (chef de file prog, donc) fut vraiment celui qui bouscula mes certitudes lors d’un concert de 1973. Ensuite, ces micro-encyclopĂ©dies, non exhaustives (je me permettrais ainsi, par pur souci de rattraper un oubli permanent, de signaler le pataphysicien groupe de hard-rock jurassien « Guidon, Edmond et Clafoutis » qui Ă©claira quelques nuits psylocibiennes dont j’ai malheureusement Ă©garĂ© le seul et unique enregistrement disponible en son temps, de mĂȘme que l’activitĂ© incessante depuis prĂšs de trente ans de Daniel Koskowitz avec le trĂšs progressif « Jagger Naut »), mais finement documentĂ©es, nous Ă©vitent de vaines recherches sur le net, et permettent d’aller droit au but (qui a fait quoi, avec qui et quand). Le systĂšme de fiche (dĂ©jĂ  rencontrĂ© dans des ouvrages prĂ©cĂ©dents de PHILIPPEROBERT) est efficace, mais la prose d’AYMERICLEROY nous plonge plus avant dans l’aventure.
Entre « Born to be wild » et « 21st Century SchizoĂŻd Man », mon coeur balance, pour toujours
l’équilibre Ă©tant obtenu par la sensation et l’expĂ©rience
l’expĂ©rience de la sensation.
On l’a compris, j’ai beaucoup de tendresse pour la plupart des musiques Ă©voquĂ©es dans ces deux ouvrages, mĂȘme si je crains que le contenu de beaucoup de galettes faiblisse avec le temps
de quoi et ce n’est pas nĂ©gligeable, relativiser l’importance de quelques phĂ©nomĂšnes surclassĂ©s (« Emerson, Lake and Palmer », pour n’en citer qu’un). Beaucoup de respect pour le travail de recherche et d’analyse que reprĂ©sente ce type de compilation, et beaucoup d’intĂ©rĂȘt pour les glissements permanents du main-stream vers la marge. Que la marge continue Ă  tenir la page


Dino
Revue & Corrigée septembre 2010

- Rock progressif

Pour beaucoup de personnes, le rock progressif demeure une sorte de mystĂšre insondable, une variante intellectuelle du rock qui, par dĂ©finition, serait idiot. Rien n’est plus faux. Souvent considĂ©rĂ© comme prĂ©tentieux et pompeux, le rock progressif est pourtant le plus fascinant des laboratoires musicaux.

La meilleure façon de le dĂ©fendre serait aussi de reconnaitre que la plupart de ceux et celles qui le conspuent en Ă©coutent sans mĂȘme le soupçonner. En effet, Ă  partir du moment oĂč il y a un son, nouveau ou diffĂ©rent, il y a une Ă©volution, une progression. Pour en savoir plus, rien ne vaut la lecture d’un bon bouquin rĂ©capitulatif du phĂ©nomĂšne. HĂ©las, la plupart sont Ă©crits (par des auteurs sans style et un brin fermĂ©s) comme des thĂšses ennuyeuse et s’adressent souvent Ă  une Ă©lite qui sait dĂ©jĂ  de quoi il retourne. Ce n’est heureusement pas le cas de Aymeric Leroy, trente-sept ans, fondateur de la revue Big Bang et rĂ©dacteur inspirĂ© Ă  qui on doit un excellent bouquin sur Pink Floyd publiĂ© chez le mĂȘme Ă©diteur que le prĂ©sent ouvrage. Utilisant un style frais qui donne l’impression de lire Rock & Folk, n’oubliant jamais de parler des musiciens en mĂȘme tant que de leur musique, Leroy rĂ©ussit l’exploit de rendre son bouquin digeste, l’inscrivant dans une vĂ©ritable continuitĂ© sociologique de l’histoire du rock.

Le seul dĂ©faut que l’on peut lui reprocher, comme Ă  tous les auteurs avant lui, c’est de privilĂ©gier le passĂ© au prĂ©sent, n’accordant qu’une infime partie de son ouvrage aux trente derniĂšres annĂ©es et oubliant (volontairement ?) les contributions remarquables de la scĂšne Metal (Led Zeppelin, Iron Maiden, QueensrĂżche, Helloween, Tool, A Perfect Circle, Nine Inch Nails, etc.) ainsi que les nombreux artistes indie rock, trip-hop et neo prog apparus depuis deux dĂ©cennies (Mogwai, Portishead, Anathema, Recoil, Mansun, Massive Attack, etc.), le rock progressif n’étant plus un genre Ă  part entiĂšre aujourd’hui mais bien un moyen de faire de la musique diffĂ©remment, mĂȘme au cƓur d’un genre musical supposĂ© autre. A n’en pas douter, on attend toujours le bouquin qui viendra rĂ©fĂ©rencer avec le mĂȘme souci de l’exactitude le rock progressif des annĂ©es 2000. Bon, Aymeric, tu nous ponds la suite bientĂŽt ?!

daily-rock

François Steiner
Daily-Rock août 2010

- Rock progressif

Impressionnante fontaine de savoir et source d’idĂ©es pour votre compactothĂšque.

Jazzman juillet 2010

- Rock progressif

nomag

Eric
Site nomag juin 2010

- Rock progressif

Rendons hommage Ă  l’entreprise titanesque d’Aymeric Leroy qui a rĂ©ussi, aprĂšs de nombreuses annĂ©es consacrĂ©es aux musiques progressives, un travail d’analyse critique exhaustif, Ă  partir de recherches historiques fouillĂ©es.
A la lecture de cette somme, vĂ©ritable « labour of love », vous saurez tout sur ce mouvement complexe qui a commencĂ© en 1969 : plus de quarante annĂ©es d’activitĂ© pour plus de soixante groupes dans le monde, en Europe essentiellement et surtout en Angleterre, depuis l’acte fondateur de KINGCRIMSON (KC pour les intimes) avec l’extravagant Robert Fripp aux commandes du sensationnel « XXst Century SchizoĂŻd man » ( Chapitre « A king is born »).
Le parti pris est chronologique et non thĂ©matique pour mieux couvrir et cerner une rĂ©alitĂ© complexe : de la parfaite adĂ©quation entre artistique et commercial des premiĂšres annĂ©es, Ă  l’apogĂ©e (Effervescence 1970/ Masterworks 1972), au dĂ©clin, (1978 Annus horribilis) et autres soubresauts des annĂ©es 80 (Survival), jusqu’à l’actualitĂ© de la derniĂšre dĂ©cennie du XXĂšme siĂšcle (Revival).
La conclusion ne laisse aucune place au doute, se concentrant sur l’hĂ©ritage de cet Ăąge d’or dans notre pĂ©riode actuelle troublĂ©e et confuse pour la crĂ©ation.
Le lecteur trouve la perspective nĂ©cessaire, et parcourt, selon la hiĂ©rarchie mise Ă  disposition l’histoire du rock, vĂ©ritable et incessant combat.
Les grands groupes sont Ă©voquĂ©s longuement : KC, YES, GENESIS (celui de Peter Gabriel), JETHROTULL, ELP, VANDERGRAAFGENERATOR: tous les grands disques ont une histoire passionnante, chaque album est analysĂ© prĂ©cisĂ©ment avec ses principaux titres, une prise en compte de la symbolique trĂšs riche, des « messages » littĂ©raires ou visuels (les pochettes de Roger Dean, plus dĂ©mentielles les unes que les autres, essentielles pour entrer dans l’univers de YES !).
Les principales caractĂ©ristiques sont commentĂ©es avec pertinence et ainsi apparaĂźt en pleine lumiĂšre ce que l’on avait pu ressentir confusĂ©ment : comment et pourquoi toutes ces musiques sont reliĂ©es entre elles. Ce livre est un formidable document sociologique sur la fin des « trente glorieuses », un retour sur une Ă©poque rĂ©volue aujourd’hui.
Comme le pense l’Anglais Nick Hornby, grand amateur de football et de musiques rock, auteur de « High Fidelity », la notion de « fan » est essentielle dans l’évolution de la musique anglo saxonne, dĂšs le blues boom de la scĂšne britannique en 1965-1966.

Un prĂ©ambule limpide et un chapitre passionnant sur le Protoprog, donnent les principales clĂ©s sur les origines (britanniques) de ce courant avec les Beatles de 1967 et leur concept album « Sgt Pepper’s Lonely Hearts Club Bands », Cream, trio d’instrumentistes impressionnants, mais aussi Procol Harum, The Moody Blues, les Who (« Tommy »), Pink Floyd (« Ummagumma », « Meddle » et « Live at PompeĂŻ »), Traffic.
De l’autre cĂŽtĂ© de l’Atlantique, on observe un certain parallĂ©lisme dans l’orientation de groupes en recherche : Buffalo Springfield et ses compositions sophistiquĂ©es, The Doors, l’iconoclaste Zappa (le plus ambitieux dans ses choix et appartenances musicales).
Ce formidable paysage musical revit sous nos yeux. L’amateur un tant soit peu Ă©clairĂ© et attentif, comprend comment les piĂšces du puzzle de son affectivitĂ© musicale ont pu s’emboĂźter. Aymeric Leroy aide nombre d’entre nous Ă  prendre conscience de ce qui a pu engendrer cette prĂ©dilection pour le rock progressif. Comme une psychanalyse qui rĂ©vĂšle les ressorts d’une addiction. Il devient enfin plus Ă©vident de saisir ce qui nous a transportĂ© dans ces musiques. Cette Ă©poque respirait l’aventure, la rĂ©bellion, une recherche de spiritualitĂ© intense, les groupes partaient vers des horizons inconnus, avec des fulgurances inspirĂ©es, clairement expĂ©rimentales, un sens de l’accroche et un esprit ludique tout Ă  fait jubilatoires. Ce qui n’excluait pas des dĂ©lires mystico-philosophiques.
Non moins passionnant est le rapport compliquĂ© et pas toujours fraternel avec les autres musiques savantes, complexes que sont le classique et le jazz. C’est une tentative assez unique dans l’histoire musicale et aussi une tentation utopique de fondre les genres, de s’unir dans l’improvisation, de souligner prouesses instrumentales et virtuositĂ© du chant, de rĂ©unir et rĂ©concilier enfin ces deux aspects tout Ă  fait complĂ©mentaires de la musique, de sortir du formatage commercial (suites Ă©piques de plus de 20 minutes), de crĂ©er des compositions aussi urgentes et lointaines Ă  la fois : symphonisme « mellotronesque », Ă©chappĂ©es lyriques de guitares, orgues dĂ©goulinant, « crescendo de l’intimisme acoustique au maximalisme Ă©lectrique ». Chaque concert, chaque album est une cĂ©rĂ©monie d’initiation dont le public ne ressort pas indemne.
Il est dĂ©terminant de savoir pourquoi on aime les choses. I know what I like and I like what I know du Genesis de “Selling England by the Pound”. Ajoutons qu’en dĂ©pit de la passion absolue que porte l’auteur, spĂ©cialiste reconnu, entre autre, de l’Ecole de Canterbury, ses jugements ne sont jamais complaisants : les groupes ou les personnalitĂ©s de certains leaders apparaissent avec parfois une brutale cruditĂ©. Il sait montrer les contradictions internes, les vertiges mĂ©galo de certains leaders
.

C’est une lecture sincĂšre, passionnĂ©e et objective que nous fait partager Aymeric Leroy : s’il ne peut fouiller dans ses souvenirs, il est beaucoup trop jeune pour avoir vĂ©cu cette pĂ©riode de l’intĂ©rieur, il en a acquis une connaissance rĂ©elle, par la lecture et une Ă©coute mĂ©ticuleuse. Il ne rachĂšte pas des petits bouts de sa jeunesse, voire des pans entiers au petit bonheur de la pop et de la prog, mais il sait en parler comme un vĂ©ritable spĂ©cialiste.
Ce livre de la trĂšs intĂ©ressante maison d’éditions Le Mot et le Reste comblera tous les amateurs de musiques sans ƓillĂšres. Quant Ă  ceux qui sont dĂ©jĂ  convaincus et adeptes de ce rock progressif populaire, Ă©mancipateur, Ă©volutif, post moderne, ils saisiront mieux d’oĂč peut venir cet intĂ©rĂȘt jamais dĂ©menti, cet amour sans faille pour cette musique originale.
Merci donc pour ce Rock progressif Ă©minemment salutaire, indispensable dans toute bibliothĂšque de mĂ©lomane. Jalon de l’histoire musicologique de la fin du XXĂšme siĂšcle, ce livre permet de surcroĂźt d’apprĂ©cier les crĂ©ations actuelles, Ă  l’aune d’un passĂ© proche ; on peut ainsi mieux suivre ce qui se fait aujourd’hui, sans Ă©tat d’ñme et nostalgie.

les DNJ

Sophie Chambon
Les DerniĂšres Nouvelles du Jazz mai 2010