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Parution : 16/04/2015
ISBN : 9782360541690
160 pages (148 x 210)

Pink Floyd - Nouvelle édition

PlongĂ©e dans l’Ɠuvre d’un groupe paradoxal

Lisible, ne conservant que l’essentiel au dĂ©triment des anecdotes qui ne servent pas son propos, Pink Floyd – PlongĂ©e dans l’Ɠuvre d’un groupe paradoxal est une invitation Ă  s’intĂ©resser Ă  d’autres facettes – et elles sont nombreuses – d’une formation dont l’auditeur lambda n’a le plus souvent retenu que The Wall.

Jean-Philippe Haas – Chromatique

Pink Floyd, groupe aux nombreux paradoxes. Connu pour sa signature sonore instantanĂ©ment reconnaissable, il n’a pourtant jamais cessĂ© de se rĂ©inventer. Issu de l’underground et de la contre-culture avant de connaĂźtre un succĂšs massif et planĂ©taire. « Groupe sans visage », cultivant l’anonymat, il a pourtant donnĂ© au rock l’une de ses figures mythiques, Syd Barrett, puis accompagnĂ© la « psychothĂ©rapie conceptuelle » de son leader Roger Waters. Ces musiciens autodidactes, Ă  la maĂźtrise instrumentale limitĂ©e, ont pourtant su rester pendant une dĂ©cennie aux avant-postes de l’innovation musicale et technologique

Les 18 albums de Pink Floyd dĂ©crivent un cheminement tout sauf rectiligne, passionnant tant par ce qu’il rĂ©vĂšle des problĂ©matiques que doit gĂ©rer tout groupe en quĂȘte d’identitĂ© (et de succĂšs), que par ses exploits purement artistiques.
Ternie par les luttes fratricides et soupçons d’opportunisme commercial des annĂ©es 1980-90, mais aussi par les critiques plus strictement artistiques adressĂ©es Ă  son esthĂ©tique, la saga de Pink Floyd s’est conclue Ă©lĂ©gamment par la reformation du quatuor « historique » au Live 8 de 2005, dont on sait hĂ©las, depuis la rĂ©cente disparition de Rick Wright, qu’elle ne se reproduira pas.

Revue de presse

- "Dark side of the moon" fĂȘte ses 50 ans : Histoire de l’album lĂ©gendaire de Pink Floyd Jimmy Bourquin France Inter, Radio France 27 fĂ©vrier 2023
- Biographie Audrey Bizouerne Vision Mag Mai 2015
- Pink Floyd. PlongĂ©e dans l'Ɠuvre d'un groupe paradoxal Jean-Philippe Haas Chromatique 22 avril 2015
- Pink Floyd franchit le mur du son Laurent Goumarre France 5 // Entrée libre 10 novembre 2014
- The Dark Side of the Moon, "c'était du jamais entendu" Stéphanie Lelong L'actu 23 mars 2013
- PINK FLOYD LE TRIP CONTINUE Julien BORDIER L'EXPRESS 28 septembre 2011
- PINK FLOYD REVOIR LA VIE EN ROSE Philippe Chevilley LES ECHOS 23 septembre 2011
- Pink Floyd Frédéric Delùge XROADS octobre 2009
- Is It A Bird?: Pink Floyd - Plongée dans l'oeuvre d'un groupe paradoxal de Aymeric Leroy Gilmoutsky Blog Rana Toad
- Pink Floyd Jean-Guillaume Lanuque Big Bang septembre 2009
- Pink Floyd Eric Serva France Musique // Tapage nocturne mars 2009
- Pink Floyd – Autopsie d'un monstre François Julien VSD 07/04/09
- Pink Floyd Arnaud Devillard Site Suite 101 décembre 2009

- "Dark side of the moon" fĂȘte ses 50 ans : Histoire de l’album lĂ©gendaire de Pink Floyd

“C’est le troisiĂšme album le plus vendu au monde. Il offre l’une des expĂ©riences sensorielles les plus innovantes de l’histoire musicale. Avec lui, Pink Floyd a repoussĂ© les frontiĂšres de la musique savante, en explorant de nouveaux horizons en matiĂšre de mise en scĂšne et de technique sonore. Play !”

L’intĂ©gralitĂ© de l’article ici

Jimmy Bourquin
France Inter, Radio France 27 février 2023

- Biographie

L’audacieuse maison d’édition Le mot et le reste réédite le livre passionnant d’Aymeric Leroy sur l’histoire de l’un des groupes cultes les plus mystĂ©rieux de l’histoire du rock : Pink Floyd. Plus qu’une simple biographie, l’autre propose une rĂ©flexion autour de l’Ɠuvre discographique de la formation et revient sur le parcours d’un groupe qui, malgrĂ© un succĂšs planĂ©taire, a toujours gardĂ© une forme d’anonymat et s’est constamment renouvelĂ©, rĂ©volutionnant ainsi l’histoire de la musique. Quarante ans de carriĂšre Ă  travers une Ɠuvre complexe de plus de quinze albums. Indispensable.

Audrey Bizouerne
Vision Mag Mai 2015

- Pink Floyd. PlongĂ©e dans l'Ɠuvre d'un groupe paradoxal

La réédition d’un livre est souvent bon signe. Celui d’Aymeric Leroy consacrĂ© Ă  la discographie de Pink Floyd en est Ă  sa troisiĂšme. La sortie de The Endless River a ainsi Ă©tĂ© un bon prĂ©texte pour l’auteur de mettre Ă  jour son essai. Les adeptes du quartette trouveront lĂ  une nouvelle occasion de se pencher sur un ouvrage qui se focalise non pas sur les frasques de leur groupe favori, mais bien sur l’Ɠuvre proprement dite et les clĂ©s permettant de la comprendre, Ă  travers l’histoire mouvementĂ©e de ce gĂ©ant du rock.

AprĂšs avoir plantĂ© le dĂ©cor, Leroy dĂ©cortique chaque disque, depuis les Ă©vĂ©nements qui ont gouvernĂ© sa rĂ©alisation jusqu’à l’analyse des titres, dĂ©crivant les Ă©volutions rĂ©guliĂšres de la musique de Pink Floyd, sur fond de changements incessants des Ă©quilibres Ă  l’intĂ©rieur du groupe. S’il porte des jugements argumentĂ©s, mais qui n’engagent que lui, sur la quinzaine d’albums studio, il n’hĂ©site pas, parfois, Ă  rhabiller les musiciens pour l’hiver ni Ă  jeter un Ɠil sĂ©vĂšre sur certains titres. De mĂȘme, il n’économise guĂšre les superlatifs lorsqu’il s’agit des compositions qui ont sa prĂ©fĂ©rence. Quoi qu’on puisse penser de ses opinions, sa vision bĂ©nĂ©ficie d’une justification solide et d’un recul bienvenu, sauf Ă©videmment pour le trĂšs rĂ©cent The Endless River, mais Leroy lui-mĂȘme ne tranche pas nettement la question et se garde bien de donner un avis arrĂȘtĂ©.

Ce livre a l’immense mĂ©rite de mettre de cĂŽtĂ© toute passion partisane pour telle ou telle Ă©poque de Pink Floyd, et de traiter sur un pied d’égalitĂ© toutes les productions des Britanniques, mĂȘme s’il y a Ă©videmment plus Ă  dire sur Dark Side of The Moon que sur le dernier-nĂ©. Lisible, ne conservant que l’essentiel au dĂ©triment des anecdotes qui ne servent pas son propos, Pink Floyd – PlongĂ©e dans l’Ɠuvre d’un groupe paradoxal est une invitation Ă  s’intĂ©resser Ă  d’autres facettes – et elles sont nombreuses – d’une formation dont l’auditeur lambda n’a le plus souvent retenu que The Wall.

Retrouvez l’article sur chromatique.net

Jean-Philippe Haas
Chromatique 22 avril 2015

- Pink Floyd franchit le mur du son

À l’occasion de la sortie d’Endless River, quinziĂšme album des Pink Floyd, Laurent Goumarre invite Aymeric Leroy pour revenir sur le parcours de ces gĂ©ants.

REVOIR L’ÉMISSIONCONSACRÉE AU FLOYD

Laurent Goumarre
France 5 // Entrée libre 10 novembre 2014

- The Dark Side of the Moon, "c'était du jamais entendu"

Sorti il y a 40 ans, l’album The Dark Side of the Moon, du groupe rock britannique Pink Floyd, reste une rĂ©fĂ©rence musicale.

Les faits
SuccĂšs planĂ©taire (plus de 40 millions d’exemplaires vendus), pourquoi _The Dark Side of the Moon, neuviĂšme album des Pink Floyd, reste-t-il une rĂ©fĂ©rence musicale aujourd’hui?

L’expert
AprĂšs la dĂ©fection de Syd Barrett en 1968, David Gilmour, Roger Waters, Rick Wright et Nick Mason ont fini par trouver leur Ă©quilibre entre les textes, le chant, les mĂ©lodies et les expĂ©rimentations sonores. “Ils ont transposĂ© leur cĂŽtĂ© novateur sur un rock plus grand public. La recherche de la perfection sonore Ă©tait dĂ©jĂ  prĂ©sente dans le groupe, mais cet album est vraiment le plus sophistiquĂ©â€, dĂ©crit Aymeric Leroy, auteur du livre Pink Floyd, plongĂ©e dans l’oeuvre d’un groupe paradoxal (Ă©d. Le Mot et le reste). DĂ©but 1972, The Dark Side of The Moon a dĂ©jĂ  presque sa forme dĂ©finitive. Le groupe prĂ©fĂšre l’étrenner d’abord en tournĂ©e, avant de l’enregistrer Ă  Abbey Road en 1973. Les sessions en studio sont entrecoupĂ©es de live et de rĂ©pĂ©titions qui permettent d’apporter de nombreuses retouches aux morceaux. Les textes abordent des thĂšmes universels comme le travail, l’argent, la vieillesse, la guerre, la folie (le titre de l’album, qui signifie “la face cachĂ©e de la Lune”, est une mĂ©taphore de la folie), la mort
 “Une telle profusion de sons et d’effets sonores, comme les battements de coeur, l’horloge, les piĂšces de monnaie, les conversations
, c’était du jamais entendu ! Aujourd’hui encore, cela reste une rĂ©fĂ©rence dans la modernitĂ©. Tout est parfait”, ajoute Aymeric Leroy. Pour l’enregistrement, le groupe s’est servi de techniques rares Ă  l’époque : l’enregistrement multipiste et l’électronique, avec l’usage de synthĂ©tiseurs analogiques. “Une version a Ă©tĂ© enregistrĂ©e en quadriphonie” dit l’auteur. À sa sortie, en 1973, The Dark Side of the Moon Ă©tait d’ailleurs utilisĂ© pour tester la qualitĂ© des chaĂźnes hi-fi.

Stéphanie Lelong
L'actu 23 mars 2013

- PINK FLOYD LE TRIP CONTINUE

Dans son numĂ©ro 3143 du 28 septembre au 4 octobre 2011, l’Hebdomadaire l’Express consacre un dossier au lĂ©gendaire groupe Pink Floyd dont une vaste campagne de réédition des disques est menĂ©e par EMI cet automne. Pour rĂ©aliser ce dossier, il va sans dire que le journaliste a contactĂ© Aymeric Leroy, spĂ©cialiste des musiques progressives et auteur chez nous d’un ouvrage de rĂ©fĂ©rence sur le groupe.

Extrait :
(
)
Les compositions du quatuor sont destinĂ©es aux amateurs de sons. A sa sortie, en 1973, The Dark Side of the Moon sert d’ailleurs de mĂštre Ă©talon pour tester la qualitĂ© des chaĂźnes hi-fi.
“ Chaque nouvelle sortie d’album Ă©tait une surprise, rappelle Aymeric Leroy, auteur de Pink Floyd. PlongĂ©e dans l’oeuvre d’un groupe paradoxal (Ă©d. Le Mot et Le Reste). On attendait d’eux qu’ils composent la musique de demain.” (
)

Pour consulter l’intĂ©gralitĂ© de l’article : L’EXPRESS

Julien BORDIER
L'EXPRESS 28 septembre 2011

- PINK FLOYD REVOIR LA VIE EN ROSE

Le catalogue de Pink Floyd ressort avec un son neuf. Focus sur un groupe insaisissable, qui a fait exploser les canons de la pop, pour inventer une musique sensuelle et libre. Etes-vous prĂȘt Ă  redevenir Pink ?

L’étĂ© indien en chemise indienne ? PrĂ©parez-vous
 Pink Floyd est de retour. Toute la discographie du groupe planant ressort lundi avec un son neuf, remastĂ©risĂ©, soit quatorze albums, dont une bonne moitiĂ© mythiques. On n’est pas mĂ©content de rĂ©viser ses classiques, mais on ne sait pas par quel bout prendre ce monument du rock -un des plus visitĂ©s peut-ĂȘtre aprĂšs les Beatles et les Stones.

« Insaisissable ! », comme l’écrit Aymeric Leroy dans son livre savant « PlongĂ©e dans l’oeuvre d’un groupe paradoxal » (Editions Le Mot et le Reste). Tout sauf glamour
 si l’on en croit « Pink Floyd. L’histoire selon Nick Mason » (batteur du groupe), publiĂ©e en 2005 (E/P/A). Une formation extraterrestre, c’est sĂ»r, dont la belle aventure crĂ©atrice rĂ©sulte d’une sĂ©rie d’accidents et de petits miracles.

Pink Floyd, c’est d’abord l’histoire d’un faux dĂ©part : quatre garçons dans le vent, ramenĂ©s Ă  trois, quand leur « songwriter », le « diamant fou » de Cambridge, Syd Barrett, pĂšte les plombs (trop d’acides, de stress, de dĂ©prime
). Alors que le groupe s’est imposĂ© sur la scĂšne psychĂ©-pop anglaise avec deux tubes (« Arnold Layne », « See Emily Play ») et un premier album truffĂ© de pĂ©pites (« The Piper at the Gates of Dawn », 1967), il se retrouve brutalement orphelin.

Le deuxiĂšme album, « A Saucerful of Secrets » (1968), est un saut dans le vide. Des chansons Ă©crites dans l’urgence -par Roger Waters, nouveau leader, et Richard Wright ; des Ă©chappĂ©es instrumentales audacieuses ; Syd Barrett remplacĂ© Ă  la guitare par David Gilmour
 Le second Pink Floyd est nĂ©. De ses faiblesses, de ses limites, il va faire de formidables atouts.

Ni Roger Waters ni Nick Mason ni Richard Wright ne sont de grands musiciens Ă  la base (seul Gilmour a du « doigtĂ© »). A leurs dĂ©buts (en 1964), pour compenser leurs difficultĂ©s Ă  jouer correctement les standards de rythm’n blues les Ă©tudiants rockers se lancent dans de longues impros. Ils s’inventent ainsi un style, par dĂ©faut. BientĂŽt, le Floyd dĂ©veloppe une spatialisation du son rĂ©volutionnaire et un « light show » hypnotique, Ă  base de diapos, gĂ©latine et verre colorĂ©. Les concerts virent Ă  la performance arty et attirent tout l’underground londonien.
Flamants ou éléphants roses

Instrumentaux Ă©thĂ©rĂ©s, guitares ondoyantes, orgue lancinant, clins d’oeil Ă  la musique concrĂšte
 Pink Floyd casse les formats pop, devient le hĂ©raut de l’avant-garde musicale et, un peu malgrĂ© lui, du mouvement hippie et contestataire des annĂ©es 1960-1970. Pour beaucoup de « seniors » (rangĂ©s aujourd’hui), Pink Floyd rime avec le premier joint. Et si les Français ont traduit Pink Floyd par « Flamant rose » (alors que le nom du groupe se rĂ©fĂšre aux deux bluesmen Pink Anderson et Floyd Council et que flamant en anglais se dit « flamingo »), c’est peut-ĂȘtre parce que d’aucuns ont vu des Ă©lĂ©phants rose, en Ă©coutant le double album « Ummaguma » (1969)


Avec ce disque culte (mi-studio, mi-live) et la BO de « More », film-poĂšme triste de Barbet Schroeder sur la descente aux enfers d’un junky, le groupe aurait pu renforcer son ancrage baba cool. Mais son « kiff », c’est de faire « progresser » la musique. Il le prouve avec deux albums flamboyants : l’un de rock symphonique : « Atom Heart Mother » (« l’album Ă  la vache », 1970) ; l’autre de rock planant « Meddle » (1971), fameux pour son morceau de bravoure de vingt-trois minutes, « Echoes ». Dans ce long titre atmosphĂ©rique, qui nous transporte du fond des eaux jusqu’au ciel, le Floyd rĂ©ussit l’osmose parfaite, souligne Aymeric Leroy, entre vocal et instrumental. C’est, pour beaucoup de fans, l’apogĂ©e de Pink Floyd. Mais c’est aussi et surtout le dĂ©but d’une troisiĂšme vie.

Devenu la bande-son de toute une jeunesse, plus que jamais ouvert Ă  des expĂ©riences inĂ©dites (avec les ballets de Roland Petit, en concert Ă  PompĂ©i), Pink Floyd a forci, mĂ»ri. Sa cote est au plus haut. Reste Ă  porter l’estocade. Ce sera « The Dark Side of the Moon » (1973), album qui concilie tous les contraires : populaire et futuriste, conceptuel mais offrant sa ration de tubes -dont le fameux « Money ». La « galette » rĂȘvĂ©e pour tester sa chaĂźne hi-fi se vendra Ă  plus de 40 millions d’exemplaires dans le monde. Un triomphe artistique et commercial -une forme d’aboutissement, qui marque, hĂ©las, le dĂ©but de la fin.
Dans la ligne de mire

Les relations entre les membres ne sont pas au beau fixe. Le leader naturel, Roger Waters, veut s’arroger les pleins pouvoirs, David Gilmour renĂącle
 Les tournĂ©es sont Ă©prouvantes. Et le Floyd commence Ă  agacer ses fans : son accord de sponsoring avec une marque de soda en France se rĂ©vĂšle catastrophique pour son image. Moins rĂ©ussi que « The Dark Side of the Moon », « Wish You Were Here » (1975) est tout de mĂȘme bien accueilli, grĂące Ă  sa chanson Ă©ponyme et « Shine on you Crazy Diamond » (1975), morceau Ă©lĂ©giaque en deux parties qui rend hommage Ă  Syd Barrett.

Le suivant est une tout autre affaire. « Animal » paraĂźt en 1977. L’annĂ©e de l’explosion punk
 Tout ce qui flirte avec le rock progressif et dĂ©passe deux minutes trente est alors considĂ©rĂ© comme ringard. Dans la ligne de mire, le groupe se bat avec ses armes : assumant son style, il durcit ses orchestrations et son propos. Le rĂ©sultat est mitigĂ© : bien qu’il se vende encore, Pink Floyd n’est plus Ă  la mode


Mais pas mort -pas encore
 Waters travaille dans l’ombre Ă  sa grande oeuvre conceptuelle : « The Wall ». Le disque qui sort en 1979 est plus un album solo accompagnĂ© par les musiciens du groupe, mais la magie Pink Floyd opĂšre malgrĂ© tout. Ce double album atypique, rebelle et fulgurant, se vend Ă  20 millions d’exemplaires et rallie un nouveau public. La version concert, avec un faux mur de briques, est spectaculaire. Un film est rĂ©alisĂ© en 1982 par Alan Parker, avec Bob Geldof dans le rĂŽle de Pink, la rock-star schizophrĂšne.
Implosion

La suite, marquĂ©e par l’implosion du groupe, est presque anecdotique. Pink Floyd est un collectif. DĂ©membrĂ©, il perd tout son sel. Les annĂ©es 1980-1990 sont ponctuĂ©es d’albums honnĂȘtes, mais sans gĂ©nie, sous influence Waters (« The Final Cut », 1983), puis Gilmour, aprĂšs la sĂ©cession de Waters (« A Momentary Lapse of Reason », 1987 ; « The Division Bell », 1994). Le Floyd apparaĂźt une derniĂšre fois au complet en juillet 2005 lors du Live 8 (sĂ©rie de concerts visant Ă  interpeller le G8 sur la pauvretĂ©).

Syd Barret disparaĂźt en 2006, Richard Wright le suit en 2008. Restent les concerts « mĂ©mo » (Waters et son « mur » ont triomphĂ© en juin dernier Ă  Bercy) et les disques de l’ñge d’or -Ă  redĂ©couvrir. Les fans de Radiohead, d’Archive et d’électro y dĂ©cĂšleront les prĂ©mices de la new wave et de la techno.

Foisonnante, inégale, bavarde parfois, mais le plus souvent inventive et voluptueuse, la musique hors format de Pink Floyd a donné à la pop le goût de la liberté.

LESECHOS

Philippe Chevilley
LES ECHOS 23 septembre 2011

- Pink Floyd

Aymeric Leroy, co-fondateur du fanzine Big Bang et spĂ©cialiste reconnu de l’école de Canterbury (son site internet, Calyx, fait autoritĂ© en la matiĂšre et l’on ne compte plus les textes de livrets de CD, en anglais ou en français, dont il est l’auteur) travaille sur un futur ouvrage consacrĂ© Ă  l’histoire du rock progressif des origines Ă  nos jours. En attendant, il signe chez Le Mot et le Reste un livre qui est bien davantage qu’un Ă©niĂšme ouvrage sur Pink Floyd. Dans un style trĂšs prĂ©cis et documentĂ© qui ne laisse place Ă  aucune approximation, Aymeric Leroy dĂ©crypte sans complaisance l’histoire du Floyd et remet certaines vĂ©ritĂ©s en place, Ă©voquant tant ce qui a fait la grandeur du groupe (on ne lui donnera d’ailleurs pas tort quand il fait de “Echoes” le plus grand morceau de Pink Floyd
) que ses errances et, bien sĂ»r, les relations pas toujours faciles entre ses membres.

S’il ne fallait lire qu’un seul livre en français sur le Floyd, ce pourrait ĂȘtre celui-là


Frédéric Delùge
XROADS octobre 2009

- Is It A Bird?: Pink Floyd - Plongée dans l'oeuvre d'un groupe paradoxal de Aymeric Leroy

Is It A Bird?: Pink Floyd – PlongĂ©e dans l’oeuvre d’un groupe paradoxal de Aymeric Leroy

De nombreuses idĂ©es fausses circulent Ă  propos de Pink Floyd. Il y en a bien une qui m’horripile et qui continue parfois Ă  ĂȘtre stupidement profĂ©rĂ©e alors qu’un dictionnaire anglais-français suffit Ă  Ă©viter telle Ă©normitĂ©. Pardonnez-moi cette digression introductive. Aymeric Leroy n’y fait mĂȘme pas allusion, d’ailleurs. C’est une de ces fioritures qui n’ont pas sa place, semble-t-il, dans cette collection “Formes”. Les efforts de l’auteur se concentrent sur la genĂšse d’un groupe, celle de sa musique au fil des annĂ©es avec une pertinence qui rejette le superflu. Ne cherchez pas les anecdotes croustillantes dont le seul but est d’amuser. Celles qui sont racontĂ©es ne le seront que parce qu’elle font sens.
L’introduction survole les dĂ©cennies et se dĂ©coupent en sous-titres tirĂ©s des paroles du groupe. Elle pose certaines problĂ©matiques essentielles comme cette complĂ©mentaritĂ©/opposition entre l’instrumentation et ses envolĂ©es/les paroles ainsi que les concepts qui s’y attachent. Si le nom des musiciens vous est familier, cette complĂ©mentaritĂ©/opposition interne se compose en fait ainsi: Gilmour et Wright/Mason et Waters. Aymeric Leroy la termine en insistant sur la volontĂ© du groupe Ă  demeurer dans un entre-deux assumĂ©, surtout dans les annĂ©es soixante-dix, entre expĂ©rimentation et musique populaire “qui rejette Ă  la fois le formatage commercial et l’élitisme condescendant.“
Moins une biographie qu’une discographie commentĂ©e du groupe, l’ouvrage attaque avec le prologue Syd Barrett, Ă©quivalent au premier opus The Piper Gates Of Dawn (que je suis loin d’avoir Ă©coutĂ© autant que tous les autres) qui restera Ă  jamais le seul effort marquant du personnage. Sans ses dĂ©rives mentales, Pink Floyd aurait Ă©tĂ© tout diffĂ©rent. Oui j’aime parfois enfoncer les portes ouvertes.
Le nombre de pages de chaque chapitre Ă©tant proportionnel Ă  l’importance de chaque album dans la carriĂšre du quatuor, il n’est pas Ă©tonnant de voir que Meddle, Dark Side Of The Moon, Wish You Were Here et surtout The Wall sont le terrain propice Ă  l’auteur pour Ă©toffer les principaux axes Ă©voquĂ©s dans l’introduction. Animals doit sa longueur Ă  l’explication du concept, inspirĂ© de La Ferme des Animaux de George Orwell, qui voit l’esprit critique de Roger Waters (dĂ©jĂ  prĂ©sent dans Dark Side) atteindre un autre palier dans la virulence politique. La place que le bassiste prendra les annĂ©es suivantes au sein du groupe est dĂ©cadrĂ©e intelligemment, certains dĂ©tails Ă  dĂ©faut d’ĂȘtre moins visibles n’en sont pas pour autant sans importance.
Tout espoir de reformation brisĂ© aprĂšs le dĂ©cĂšs de Richard Wright en 2008, l’ouvrage possĂšde cet aspect dĂ©finitif qui provoque soupirs et regrets. Au moins on n’aura pas Ă  racheter de version augmentĂ©e.
Ne s’adressant pas seulement aux musiciens ou aux fans indĂ©crottables, Aymeric Leroy parvient, sans ĂȘtre ni trop technique ni trop superficiel (contrairement Ă  cet article incapable de rendre compte de nombreuses choses passionnantes), Ă  Ă©clairer un public avide de connaĂźtre le making of de ses nombreuses et intemporelles Ă©coutes.

Blog Rana Toad

Gilmoutsky
Blog Rana Toad

- Pink Floyd

VoilĂ  une formation sur laquelle les publications ne manquent pas; nĂ©anmoins, Aymeric Leroy Ă©vite tout Ă©cueil et tout risque de redite en choisissant de retenir prioritairement le versant analytique de l’Ɠuvre du groupe. Chaque album a ainsi droit Ă  une dissection en rĂšgle, tandis qu’une introduction globale permet de tracer les grandes lignes de la carriĂšre du Floyd, en rappelant fort justement le contexte dans lequel sa trajectoire s’inscrit pleinement : justement qualifiĂ© de groupe qui se « rĂ©invente » Ă  chaque disque, il symbolise les audaces d’une Ă©poque de contestations et d’alternatives tous azimuts, jusque dans son Ă©volution, tant “le dĂ©clin du pluralisme en son sein aura coĂŻncidĂ© prĂ©cisĂ©ment avec celui des grandes utopies collectives des annĂ©es soixante-dix, tout comme les luttes fratricides de la dĂ©cennie suivante (
) l’air du temps matĂ©rialiste et individualiste qui leur avait succĂ©dĂ©â€ (p.30). Il est ainsi, selon l’auteur, un Ă©lĂ©ment Ă  part entiĂšre du courant progressif, de par sa volontĂ© de recherche musicale, tout en s’en distinguant par une moindre place de la virtuositĂ© instrumentale et l’importance des aspects extra-musicaux (une caractĂ©ristique qui n’est d’ailleurs pas l’apanage du seul Floyd).
D’une lecture prenante, ce livre tĂ©moigne de l’incontestable maĂźtrise de son auteur quant Ă  la biographie de Pink Floyd, et la finesse de ses analyses ne peut qu’apparaĂźtre stimulante, tout en provoquant d’inĂ©vitables discussions sur tel ou tel jugement. Outre l’apport de la consommation de drogues dans la rĂ©ceptivitĂ© plus grande du public d’alors quant aux expĂ©rimentations musicales, on retiendra surtout une critique de la domination exclusive de Waters sur le groupe de 1976 Ă  1983, qui aurait rompu l’équilibre dĂ©licat entre musique et textes au profit de ces derniers; une critique qui va de pair avec une certaine rĂ©habilitation de la pĂ©riode prĂ© Dark Side Of The Moon. Quoi qu’il en soit, de maniĂšre gĂ©nĂ©rale, les analyses de chaque album sont nuancĂ©es, bien argumentĂ©es, non sans considĂ©rations techniques pointues, leurs faiblesses comme leurs forces bien mises en relief : ainsi, The Piper At The Gates Of Dawn ne se rĂ©sume pas Ă  sa dominante pop, les limites de Ummaguma sont clairement Ă©voquĂ©es, tandis que des albums tels Obscured By Clouds ou The Final Cut sont loin d’ĂȘtre considĂ©rĂ©s comme partie nĂ©gligeable. Les textes ont droit Ă  un Ă©clairage particuliĂšrement pertinent, Ă  l’image de ceux de Dark Side Of The Moon ou de “Echoes”, dont la description est passionnante
 Un livre dont la lecture est largement conseillĂ©e, sur la plage de A Momentary Lapse Of Reason ou ailleurs !

Big Bang

Jean-Guillaume Lanuque
Big Bang septembre 2009

- Pink Floyd

Il me faut absolument vous dire tout le bien que je pense du livre d’Aymeric Leroy intitulĂ© Pink Floyd – PlongĂ©e dans l’oeuvre d’un groupe paradoxal. Pas facile de coucher sur 150 pages seulement la vie et l’oeuvre discographique d’un groupe qui a largement participĂ© Ă  l’age d’or du rock’n‘roll dans une approche vĂ©ritablement unique, pĂ©trie de jazz, de blues, de folk et d’expĂ©rimentations Ă©lectriques et Ă©lectroniques. C’est pourtant ce qu’a rĂ©ussi Ă  faire Aymeric Leroy d’une plume aussi concise que prĂ©cise sans jamais se perdre en dĂ©tails, sans le trop habituel style lourd et aveuglĂ© des fans en mal d’écriture et sans jamais tomber dans la facile et dĂ©magogique exploitation du filon nostalgie. Cet ouvrage est un exercice exemplaire, une approche objective et lucide qui donne cette (bien sĂ»r fausse) mais trĂšs satisfaisante impression, en fin de lecture, de tout savoir sur plus de quarante ans de carriĂšre de Syd Barrett, de Roger Waters, de Nick Mason, de Richard Wright et de David Gilmour. Des pages qui vont Ă  l’essentiel et qui aident Ă  comprendre pourquoi cette Ă©trange formation sans leader, sans genre et sans concurrence restera dans l’histoire musicale du vingtiĂšme siĂšcle. Tout cela permet bien sĂ»r de rĂ©-Ă©couter et d’aller plus loin dans la discographie du groupe grĂące aux prĂ©cieuses indications de l’auteur sur des enregistrements audio et vidĂ©o plus ou moins officielles mais toujours disponibles.

Tapage nocturne

Eric Serva
France Musique // Tapage nocturne mars 2009

- Pink Floyd – Autopsie d'un monstre

Non, il n’y a pas que Plus belle la vie sous le soleil de Marseille. Il y a aussi Le Mot et le Reste, Ă©patante maison d’édition qui sait trouver les mots pour raconter la musique. Aujourd’hui, c’est Pink Floyd et la mise Ă  mal d’un certain nombre d’idĂ©es reçues. Comme celle qui voudrait que le groupe ait tout dit au « dĂ©part en retraite » de Syd Barrett. Disque aprĂšs disque, le monstre qui semble bel et bien fini est ici autant dissĂ©quĂ© que louĂ©.

François Julien
VSD 07/04/09

- Pink Floyd

En 150 pages, Aymeric Leroy dissĂšque et analyse, chronologiquement, les 14 albums de Pink Floyd, de The Piper at the Gate of Dawn (1967) Ă  The Divison Bell (1994), deuxiĂšme disque sans Roger Waters qui avait voulu arrĂȘter le groupe en 1985 (et rendu furieux par l’entreprise de Gilmour de continuer sans lui).

Ce livre fourmille d’informations sur les enregistrements. Mais sait aussi ĂȘtre critique (notamment envers Ummagumma et The Wall). Il Ă©voque mĂȘme plusieurs fois les limites instrumentales des membres du groupe (en particulier du batteur), crĂ©ant ce « paradoxe » que des musiciens moyens aient pu bĂątir une telle Ɠuvre.

Petit bĂ©mol, le livre est parfois tellement analytique qu’il en devient froid. Avec quelques prĂ©ciositĂ©s de style comme celle-ci, Ă  propos des drogues : « Quoi que l’on pense Ă  titre personnel de l’utilitĂ© d’y recourir, il est indĂ©niable que leur apparition a jouĂ© un rĂŽle largement positif dans l’instauration d’un contexte propice Ă  des propositions musicales plus aventureuses ».

suite 101.fr

Arnaud Devillard
Site Suite 101 décembre 2009