Laurel Canyon
Ou comment se perdre en musique dans les collines d'Hollywood
Au fil dâanecdotes passionnantes, Arnaud Devillard nous emmĂšne dans une balade Ă travers le quartier mythique de Los Angeles.
En suivant le mĂȘme principe que lâincontournable Streets of London, Arnaud Devillard sâaventure cette fois dans un quartier lĂ©gendaire et atypique de Los Angeles : Laurel Canyon. Au milieu de ces routes en lacets, des collines boisĂ©es, des falaises et des pitons rocheux se sont Ă©crit certaines des histoires les plus cĂ©lĂšbres du rockânâroll. Neil Young y vit dans un corbillard garĂ© sur le trottoir pendant une semaine avant de retrouver Stephen Stills et de fonder Buffalo Springfield, Jeff Beck et Rod Stewart ivres se livrent des batailles de nourriture Ă©piques chez Frank Zappa, Graham Nash y rencontre Mama Cass et Crosby dans un dĂ©luge de cannabis, Hendrix se blesse dans un accident de voiture en compagnie de Bloomfield, Stills et Crosby, sans oublier les Doors, Joni Mitchell, Mick Jagger, Marianne Faithfull, Alice Cooper, les Eagles, les Mamas And The Papas et tant dâautres. Ce livre rĂ©pertorie et raconte des lieux ayant servi de cadre Ă des pochettes dâalbums, Ă des rencontres entre musiciens, Ă des crĂ©ations de chansons, Ă des formations de groupes, Ă des enregistrements dâalbums, Ă des fiestas homĂ©riques, Ă des sĂ©ances photo etc. Avec humour et souci du dĂ©tail, Arnaud Devillard revient sur ce quartier mystique oĂč tout le beau monde du rock se croise dans des situations rarement banales, toujours mĂ©morables.
Revue de presse
- Un comble AgnÚs Léglise Rock&Folk Septembre 2016
- Une ballade pour le Laurel Canyon Philippe Richard Ouest-France 23 juin 2016
- Blue Jay Way Jean-Pierre Simard Rolling Stone Juillet 2016
- Les livres de juillet Serge Habibi Silence Is Sexy 4 juillet 2016
- Laurel Canyon Cécile Desbrun Culturellement vÎtre 25 juillet 2016
- Laurel Canyon, la colline Ă des oreilles Philippe Degouy L'Ăcho 30 juin 2016
- Coup de cĆur d'un libraire Christophe Librairie Ombres Blanches 29 juin 2016
- Laurel Canyon Olivier Valerio Radio P.FM // Easy Rider 20 juin 2016
Le 9 aoĂ»t 1969, ses disciples assassinaient lâĂ©pouse de Roman Polanski. Aujourdâhui, le gourou incarne «la face noire» dâHollywood et inspire livres, films ou sĂ©ries.
Plus personne ne vit au 10 050 Cielo Drive. LĂ -haut, sur les collines de Los Angeles, les touristes ne sâarrĂȘtent plus. Lâadresse est pourtant toujours indiquĂ©e sur la carte des « maisons de stars Ă visiter ». AprĂšs le 9 aoĂ»t 1969, elle a fait la une des journaux du monde entier.
Sur la porte blanche immaculĂ©e, trois lettres rouges : PIG, pour « porc ». Trois lettres tracĂ©es avec le sang de Sharon Tate, actrice splendide mariĂ©e Ă Roman Polanski, enceinte de huit mois et demi, retrouvĂ©e morte avec trois de ses amis Ă lâintĂ©rieur de la villa.
Un monument morbide
Abattus. PoignardĂ©s par la « Manson Family », une bande de hippies qui suivaient partout un certain Charles Manson, et Ă©taient prĂȘts Ă tout pour lui. Le corps dâun jeune homme de passage sera dĂ©couvert aussi Ă lâentrĂ©e.
AprĂšs lâhorreur, la luxueuse propriĂ©tĂ© est devenue un monument morbide. Le dernier rĂ©sident connu sâappelait Trent Reznor. Le chanteur du groupe Nine Inch Nails y avait installĂ© un studio dâenregistrement pendant quelques annĂ©es, puis est reparti avec la porte ensanglantĂ©e.
Et puis, en 1994, les bulldozers ont fait leur travail. On a dĂ©moli la maison et mĂȘme supprimĂ© lâadresse. Le 10 050 nâexiste plus. Il nây a plus personne, plus rien, mais rien nâest effacĂ©.
«Il est devenu lâincarnation du mal absolu»
Cinquante ans aprĂšs les faits, on ne compte plus les sĂ©ries, films, livres, chansons inspirĂ©s par ces meurtres et celui qui les a orchestrĂ©s, Charles Manson, musicien ratĂ© et gourou malĂ©fique, devenu icĂŽne de la pop culture. On le cite, on le chante, on fabrique des tee-shirts Ă son effigieâŠ
Axl Rose, le chanteur du groupe de hard rock Guns NâRoses, fut le premier Ă en porter un sur scĂšne en 1993. Dernier exemple en date? Le rĂ©alisateur Quentin Tarantino, qui sâest inspirĂ© des meurtres pour son nouveau film, « Once Upon a Time⊠in Hollywood ».
« Câest Ă©trange, cette fascination pour ce type. Ce nâest pas comme Ted Bundy, le tueur en sĂ©rie des annĂ©es 1970, qui a multipliĂ© les meurtres au sadisme froid⊠Charles Manson nâa dâailleurs jamais tuĂ© lui-mĂȘme ! sâĂ©tonne Arnaud Devillard, spĂ©cialiste de la scĂšne musicale californienne de lâĂ©poque, et auteur de « Laurel Canyon » (Ă©ditions Le mot et le reste). Mais il est devenu lâincarnation du mal absolu, de toutes les tares de lâAmĂ©rique. Ce nâest pas pour rien que le chanteur Marilyn Manson a pris son nom, en lâassociant au prĂ©nom de lâactrice mythique. Câest la dichotomie entre le glamour et lâhorreur, cette idĂ©e quâil y a une face noire Ă Hollywood. »
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Lâarticle intĂ©gral est disponible sur Le Parisien
On a dĂ©jĂ cheminĂ© ici mĂȘme avec Arnaud Devillard, on lâavait suivi avec plaisir dans les canyons brĂ»lants des grands parcs amĂ©ricains oĂč sa promenade Ă©rudite nous avait dĂ©jĂ enchantĂ©s. Il a depuis Ă©crit dâautres livres, dĂ©crit dâautres balades, toujours musicales et câest cette fois-ci dans un des plus hauts lieux de lâamericana quâon le suit avec entrain. Laurel Ganyon, nichĂ© dans les mythiques collines qui dominent Los Angeles, est un des rares endroits dont chaque pouce ou presque a Ă©tĂ© foulĂ© par une star de la musique, la pĂ©riode hippie, en particulier, vit sâĂ©tablir Ă Laurel Canyon et ses environs, une vĂ©ritable colonie de musicos et de personnages excentriques ou pires. A lâĂ©cart de la poussiĂ©reuse LA, cachĂ©s dans la vĂ©gĂ©tation luxuriante dâHollywood Hills, les chemins ombragĂ©s et retirĂ©s de Laurel Canyon ont longtemps facilitĂ© la discrĂ©tion et la musique trop forte quâaffectionnaient les joyeux drilles venus sâinstaller lĂ Ă la suite de Frank Zappa ou Mama Cass et y rĂ©sonnent encore les bacchanales des Crosby, Stills, Nash et Young, Carole King, avec leurs copines les Girls Together Outrageously, la belle Pam future Des Barres, John Mayall (of course !), Jim Morrison, les Stones, ensemble ou sĂ©parĂ©ment des bouts des Beatles, sans oublier les membres du sympathique Brain Damage Club, le bien nommĂ©. Suivant la coutume locale des Hollywood Star Map que le touriste peut acheter pour retrouver les demeures de ses stars favorites, Devillard nous dresse une carte foisonnante, historiquement et gĂ©ographiquement fidĂšle des strates mouvementĂ©es que la culture et la contre-culture ont laissĂ©es sur ces terrains fertiles en aventures musicales. Chaque rue, chaque maison du canyon of dreams est scrutĂ©e et racontĂ©e et en gros, chaque rue, chaque maison, a connu son musicien allumĂ© et/ou gĂ©nial, sa fĂȘte sauvage, son titre lĂ©gendaire et toutes ces anecdotes, sous la plume dĂ©licatement lettrĂ©e de Devillard, construisent une chouette âlongue histoire faite de musique, dâharmonies vocales, de folie furieuse et de greffe du foieâ qui nâa pas fini de faire rĂȘver les amateurs de rock.
Visite guidĂ©e de lâenclave sauvage dâHollywood, qui attire les musiciens depuis les annĂ©es 1960. Le Laurel Canyon est une oasis escarpĂ©e au cĆur des collines dâHollywood. Ses annĂ©es dâor vont de 1965 au milieu des seventies. Parmi tant dâautres, Jim Morrison, Crosby-Stills-Nash, les Mamas and Papas, Zappa sây installent. Ă lâinstar de Joni Mitchell, dont le folk poĂ©tique et le petit chalet (quâelle possĂšde toujours) incarnent lâesprit du lieu. Tout comme, dans un style opposĂ©, la rĂ©sidence du bassiste des Monkees, théùtre de bĆufs entre musiciens et de lĂ©gendaires bacchanales. Depuis les annĂ©es 1990, lâactivitĂ© musicale a repris, notamment dans le studio soi-disant hantĂ© du producteur Rick Rubin, The Mansion. Le journaliste Arnaud Devillard a parcouru toutes les allĂ©es du Laurel Canyon. Il en dresse une topographie musicale, drĂŽle et distanciĂ©e, adresse par adresse. Pas facile. Certaines maisons ont brĂ»lĂ©, dâautres sont ultra-sĂ©curisĂ©es. Mais la seule boutique du quartier, le Laurel Canyon Country Store, arbore toujours le symbole Peace and Love.
On Ă©tait justement en train de relier le passionnant Streets of London Ă©crit par lâauteur (avec la complicitĂ© dâOlivier Bousquet) en 2012, et voilĂ quâon apprend que notre homme vient de rĂ©cidiver ! Cette fois, câest du cĂŽtĂ© de Laurel Canyon, endroit ĂŽ combien mythique, quâArnaud Devillard sâen est allĂ© trainer ses guĂȘtres. Dâadresse en adresse, il vous fait faire le tour du/des propriĂ©taire(s) avec moult anecdotes sur les parties dâautant, orgies de sexe, de coke et de musique. On y croise Zappa, Jeff Beck, Clapton, Crosby, Stills & Nash et tout le gotha rock de lâĂ©poque. IdĂ©al pour les vacances.
Lorsquâon se documente sur la musique, on se tourne naturellement vers les biographies, vers les rĂ©cits ou vers les ouvrages traitant dâun mouvement, dâune Ă©poque ou dâune scĂšne. Rarement dâun lieu, jamais dâun quartier rĂ©sidentiel. Câest pourtant ce que tente ici le journaliste Arnaud Devillard. Qui nâa jamais entendu parler du Laurel Canyon, devenu mythique pour avoir abritĂ©, dans les annĂ©es 1960, les rĂ©sidences de musiciens rock souvent cĂ©lĂšbres, Ă lâĂ©poque du mouvement hippie et du psychĂ©dĂ©lisme ? MĂ©ticuleusement, Devillard traite son sujet non pas artiste par artiste (il aurait pu choisir de raconter les sĂ©jours de Neil Young, Jim Morrisson, Joni Mitchell, Stephen Stills, etc.), mais bloc par bloc, rue par rue, toutes tĂ©moins des frasques du rock. Et câest ainsi quâil est parvenu Ă rĂ©colter une myriade dâanecdotes sur les musiciens prĂ©-citĂ©s, mais pas seulement car il sâintĂ©resse aussi aux autres, ces personnels de lâindustrie du disque qui, par ricochet, sont eux aussi entrĂ©s dans lâhistoire du rock.
Un livre Ă feuilleter, Ă dĂ©vorer, Ă regarder (il compte de nombreuses cartes et photos), et qui plongera son lecteur dans les douceurs dâune vallĂ©e pourtant aride par sa gĂ©ographie.
Retrouvez la chronique sur Silence Is Sexy
Journaliste indĂ©pendant, dĂ©jĂ auteur (avec Olivier Bousquet) de lâessai Streets of London aux Ă©ditions Le Mot et le Reste en 2012, Arnaud Devillard reprend le concept de ce prĂ©cĂ©dent livre pour Laurel Canyon : rue par rue, le lecteur est amenĂ© Ă dĂ©couvrir les nombreuses et croustillantes anecdotes peuplant ce quartier rĂ©sidentiel mythique ayant accueilli dans les annĂ©es 60 et 70 Jim Morrison et Pamela Courson, Joni Mitchell, Frank Zappa, Carol King et bien dâautres.
Ballade à travers les légendes du canyon
De lâambiance bohĂšme qui Ă©manait des lieux Ă lâĂ©poque, il ne reste aujourdâhui plus grand chose : le quartier est devenu trĂšs bourgeois, les camĂ©ras de surveillance et pancartes dâinterdiction de passer sont lĂ©gion et les voisins nâhĂ©sitent pas Ă appeler la police au moindre bruit. Autant dire que le temps des orgies et des bĆufs improvisĂ©s est Ă prĂ©sent bien loin !
Câest donc Ă un vĂ©ritable voyage Ă travers le temps que nous convie Arnaud Devillard, qui sâest rendu sur les lieux pour Ă©crire ce livre et ne manque pas de dresser un parallĂšle entre le Laurel Canyon de la grande Ă©poque et ce quâil est devenu. De nombreuses maisons ont Ă©tĂ© dĂ©truites, les numĂ©ros des rues ont souvent changĂ© et la mĂ©moire des tĂ©moins (il en a rencontrĂ© certains, se base sur des interviews pour dâautres) se brouille rĂ©guliĂšrement lorsquâils essaient de se souvenir Ă quel numĂ©ro habitait tel ou tel artiste, quand bien mĂȘme ils ont pris part aux Ă©vĂ©nements qui sây sont dĂ©roulĂ©s. Le journaliste pointe Ă©galement certaines dĂ©formations relayĂ©es par les intĂ©ressĂ©s eux-mĂȘmes, tandis que dâautres anecdotes sont prĂ©sentĂ©es comme sujettes Ă caution, lĂ©gende et rĂ©alitĂ© sâentremĂȘlant intimement en ces lieux qui ont Ă©tĂ© le sujet de plusieurs Ćuvres Ă travers le temps, comme le trĂšs beau Ladies of the Canyon de Joni Mitchell (1970) ou Blues from Laurel Canyon de John Mayall (1968).
Conçu comme une ballade Ă travers le quartier, cartes et photos (contemporaines) Ă lâappui, Laurel Canyon fourmille dâanecdotes souvent drĂŽles, parfois tragiques, qui dessinent le portrait dâune Ă©poque et lâĂ©volution de la scĂšne californienne, des annĂ©es 60 Ă nos jours. Si Laurel Canyon sâest progressivement assagi, plusieurs albums cĂ©lĂšbres ont nĂ©anmoins Ă©tĂ© enregistrĂ©s lĂ -bas dans les annĂ©es 90 et 2000 : Blood, Sugar, Sex, Magik des Red Hot Chili Peppers (1991), Make Believe de Weezer (2005) ou encore It Wonât be Long Before Long de Maroon 5 (2007), tandis que Marilyn Manson y Ă©crivit Mechanical Animals en 1998, dans la maison du 8803 Appian Way, situĂ©e sur les hauteurs de la ville, qui appartenait Ă la grande actrice du muet Mary Astor.
Un guide concis et éclairé sur un lieu mythique
Arnaud Devillard nous fait ainsi dĂ©couvrir les moindres recoins du quartier et revient en dĂ©tail sur certaines des Ćuvres, cultes ou plus mĂ©connues, quâil a vues naĂźtre. Ecrit dans un style accessible, cet essai concis se dĂ©vore rapidement et pose un regard tout autant Ă©clairĂ© que passionnĂ© sur son sujet. Si la succession dâanecdotes aurait pu nâĂȘtre quâun simple bout Ă bout dâhistoires glanĂ©es ici et lĂ , lâauteur parvient Ă donner une vraie cohĂ©rence Ă lâensemble par la maniĂšre dont il prĂ©sente les diffĂ©rentes ambiances qui se dĂ©gagent des rues de Laurel Canyon, ainsi que les nombreux artistes que nous retrouveront au fil des pages.
Le lecteur nâa ainsi jamais le sentiment de lire un ouvrage Ă la trame dĂ©cousue et ne sây perd pas, mĂȘme sans ĂȘtre familier de tous les artistes Ă©voquĂ©s, ce qui est fort agrĂ©able. La derniĂšre partie du livre est quant Ă elle consacrĂ©e Ă Sunset Boulevard, que lâauteur prĂ©sente comme « le pendant urbain indissociable de Laurel Canyon ». Lâoccasion de revenir sur lâaura du ChĂąteau Marmont et les studios dâenregistrement Sunset Sound Recorders, Sound Factory ou Record Plant Studios, oĂč de nombreux albums des artistes ayant frĂ©quentĂ© ou habitĂ© Laurel Canyon furent enregistrĂ©s, notamment les deux premiers albums des Doors. Autres lieux, autre ambiance, mais oĂč lâesprit rock nâen est pas moins prĂ©sent. On referme Laurel Canyon avec lâenvie de réécouter les albums que le quartier a vu naĂźtre, et de dĂ©couvrir ceux que nous ne connaissons pas forcĂ©ment. Si les temps et lâindustrie musicale ont changĂ©, lâinfluence de cette Ă©poque se fait encore sentir aujourdâhui et flotte, tel un fantĂŽme, sur ces lieux oĂč la lĂ©gende se superpose en permanence au regard.
Lire la chronique sur le site de Culturellement vĂŽtre
Journaliste français, fin connaisseur de la musique pop-rock anglo-amĂ©ricaine, Arnaud Devillard aime Ă©galement jouer les touristes candides au pays de lâoncle Sam. Ses ouvrages prĂ©cĂ©dents (commentĂ©s dans ce blog) ont fait dĂ©couvrir Ă ses lecteurs son expĂ©rience dâEuropĂ©en plongĂ© au coeur de lâOuest amĂ©ricain. Des rĂ©cits hilarants, Ă©maillĂ©s de bons morceaux de musique. AprĂšs le London beat, il explore aux Ă©ditions Le Mot et le Reste un autre lieu mythique de la musique rock, le fameux Laurel Canyon.
Un endroit restĂ© dans les archives comme synonyme de dĂ©chĂ©ance physique et morale, oĂč le vice a vĂ©cu en roi pendant des annĂ©es. Drogues, alcool, sexe et rockân roll consommĂ©s sans modĂ©ration.
Le Laurel Canyon ? «Une saignĂ©e nord-sud dans les collines dâHollywood qui connecte la ville Ă son Ă©touffante banlieue nord.» Quand Los Angeles a succĂ©dĂ© Ă Londres au titre de capitale mondiale de la pop et du rock, lâhistoire sâest Ă©crite en ces lieux surplombant la ville. Un endroit, dĂ©nuĂ© de tout, qui a rapidement incarnĂ© le South California Sound dans les annĂ©es 60 et 70 par la prĂ©sence de nombreuses stars. Les Eagles, James Taylor, Linda Rondstadt, Frank Zappa, Crosby Stills & Nash, Joni Mitchell, Iggy Pop, Alice Cooper⊠On en passe et des meilleurs. Tous ont vĂ©cu au Laurel Canyon Ă un moment donnĂ© de leur carriĂšre. Et tous ont laissĂ© des souvenirs Ă©tonnants, retrouvĂ©s et racontĂ©s par Arnaud Devillard.
Comme un jeu de piste tracĂ© dans le Laurel Canyon, son ouvrage, bien illustrĂ© de vues en noir et blanc et de plans de rues commentĂ©s, retrace le parcours de ces vedettes, avec des anecdotes Ă©tonnantes et lâhistoire de disques nĂ©s sur place («Blues from Laurel Canyon», «Laurel Canyon bld», «People are strange»âŠ).
Les maisons les plus incroyables, avec leurs adresses, les hĂŽtes les plus dĂ©jantĂ©s, rien ne manque pour faire la connaissance de cette communautĂ© oĂč chacun vivait chez tout le monde. Et parfois dans des lieux incroyables. Comme Neil Young qui a vĂ©cu un petit moment dans⊠un corbillard garĂ© dans lâune des artĂšres du Laurel Canyon.
Aujourdâhui, Laurel Canyon a perdu ses hĂŽtes les plus connus, les plus excentriques. Lâendroit est devenu huppĂ© et bien plus calme. Il ne fait pas bon traĂźner dans le coin, avec lâappareil photo en bandouliĂšre et lâĆil fureteur. Ă dĂ©faut de voir une star vider ses poubelles, câest une voiture de patrouille du LAPD (police de Los Angeles) qui risque de dĂ©barquer.
Comme le prĂ©cise lâauteur, «si vous poussez jusquâĂ lĂ -bas, soyez-en sĂ»r, la lĂ©gende du Laurel Canyon est depuis longtemps bien loin derriĂšre vous.»
Câest certain, «People are strange». Au Laurel Canyon plus quâailleurs. Un ouvrage, passionnant et souvent drĂŽle, qui apporte Ă©galement le soleil et ce brin de folie que lâon ne retrouve quâen Californie.
Lisez la chronique de Philippe Degouy sur le site de LâĂcho
Christophe de lâĂ©quipe de la librairie Ombres Blanches vous donne son avis sur le dernier livre dâArnaud Devillard.
Ă la croisĂ©e des chemins du Mulholland Drive (si bien rĂȘvĂ© par David Lynch) et du lĂ©gendaire Sunset Boulevard, Laurel Canyon Boulevard est le lieu symbole de toute la culture underground musicale du Los Angeles des annĂ©es 60.
Ce livre parsemĂ© dâanecdotes, oĂč lâon croisera Joni Mitchell, Frank Zappa, The Doors, Neil Young, le groupe Love, les Mamas & the papas et bien dâautres, peut aussi servir de guide de voyage mental ou physique.
Lâaura du lieu est toujours bien vivante jusquâĂ nos jours : on pourra bien sĂ»r se perdre dans la visite de The Mansion, maison âhantĂ©eâ dont Errol Flynn fut le propriĂ©taire, oĂč passĂšrent nombre de cĂ©lĂ©britĂ©s et achetĂ©e par le producteur Rick Rubin, qui y enregistra quelques uns des grands albums des annĂ©es 90 â avec les Red Hot Chili Peppers ou Jay-Z.
Ce livre est un bon complĂ©ment au âWaiting for the sunâ de Barney Hoskins (Allia), LA somme qui balaie une histoire de la musique Ă Los Angeles ou au visionnage de quelques films noirs ou nĂ©o-noirs (le bon âL.A. Confidentialâ ou le mĂ©sestimĂ©, peut-ĂȘtre Ă raison âThe Canyonsâ)
LâĂ©quipe de passionnĂ©s de lâĂ©mission Easy Rider vous parle de Laurel Canyon et de Itâs a Teenager Dream. Pour les plus pressĂ©s, rendez-vous vers la quarantiĂšme minute.
Réécouter lâĂ©mission sur le site de Radio P.FM