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Parution : 21/11/2025
ISBN : 9782384317202
256 pages (148 x 210)

22 €

King Crimson - Nouvelle édition

L’ouvrage de rĂ©fĂ©rence sur King Crimson, l’inventeur du rock-progressif.

Plus qu’un groupe ou qu’un style musical, King Crimson est un Ă©tat d’esprit. C’est en tout cas ce qu’affirme sa figure emblĂ©matique, le guitariste et compositeur Robert Fripp. Une vision artistique qui transcenderait les individualitĂ©s pourtant fortes (Ian McDonald, Greg Lake, Michael Giles, Mel Collins, John Wetton, Bill Bruford, Adrian Belew et Tony Levin) rĂ©unies sous cette dĂ©nomination, justifiant ses multiples rĂ©incarnations et son Ă©volution musicale au long d’une carriĂšre qui s’est Ă©tendue sur cinq dĂ©cennies. King Crimson reste considĂ©rĂ© comme une formation rĂ©fĂ©rentielle bien au-delĂ  du cĂ©nacle des amateurs de rock progressif, dont il est historiquement l’inventeur mais avec lequel il entretient des rapports ambigus. S’il en prĂ©sente certains des traits caractĂ©ristiques – prĂ©dilection pour l’expression instrumentale, propension Ă  la complexitĂ© harmonique et rythmique –, il n’en demeure pas moins en marge de toute classification limitative. Exemplaire par son intĂ©gritĂ© et sa singularitĂ©, l’Ɠuvre de King Crimson – treize albums studio objets d’une sĂ©rie de rééditions unanimement saluĂ©e comme un modĂšle du genre, mais aussi une discographie live plĂ©thorique – mĂ©rite plus que jamais d’ĂȘtre (re)dĂ©couverte.

Revue de presse

Aymeric Leroy : King Crimson Claudy Jalet Jazzmania 18 janvier 2026
- King Crimson Michel Nicolas Prog-Résiste #80 2e trimestre 2015
- King Crimson Patrick Beaumont La Gazette Nord-Pas de Calais 27 novembre 2012
- King Crimson Denis Desassis CITIZEN JAZZ 5 novembre 2011
- King Crimson Charles Dunajewski ARTPRESS n°393 Octobre 2012
King Crimson JérÎme Pintoux JUKEBOX Octobre 2012
- King Crimson Phaco LE BLOG DE PHACO Septembre 2012
- Rockoscopie spéciale King Crimson David Taugis Judaïques FM 8 juillet 2012
- L'aventure King Crimson, ou par-delĂ  le rock progressif Thomas Dreneau ARES Juillet 2012

Aymeric Leroy : King Crimson

“L’auteur dĂ©cortique toutes les plages de tous les albums du groupe, peu importe les pĂ©riodes, de maniĂšre chirurgicale. L’idĂ©al est d’écouter un album tout en lisant ces considĂ©rations. [
]Dans l’immĂ©diat, lisez cette mine d’infos, ce remarquable travail de recherches, illustrĂ© par toutes les pochettes et Ă©coutez un album en lisant ce qu’Aymeric Leroy en pense. Ce sera une belle expĂ©rience.”

Pour lire la chronique

Claudy Jalet
Jazzmania 18 janvier 2026

- King Crimson

Dans le cadre du festival Prog-RĂ©siste, le magazine du mĂȘme nom chronique quatre de nos ouvrages qui reviennent sur ce genre musical.

À RETROUVER EN INTÉGRALITÉICI :

Partie 1

Partie 2

Michel Nicolas
Prog-Résiste #80 2e trimestre 2015

- King Crimson

Plus qu’un groupe, King Crimson est un Ă©tat d’esprit selon sa figure emblĂ©matique, le guitariste et compositeur Robert Fripp. [
] King Crimson reste considĂ©rĂ© comme une formation rĂ©fĂ©rentielle bien au-delĂ  du cĂ©nacle des amateurs de rock progressif. Objet rĂ©cemment d’une sĂ©rie de rééditions saluĂ©es comme un modĂšle du genre, l’oeuvre de King Crimson mĂ©rite plus que jamais d’ĂȘtre (re)dĂ©couverte. C’est tout l’objet de cet ouvrage qui, en apportant un prĂ©cieux Ă©clairage biographique, se veut surtout l’exploration, passionnante et prĂ©cise, du propos musical et littĂ©raire de King Crimson, de ses treize albums studio, et de sa discographie livre particuliĂšrement fournie.

Patrick Beaumont
La Gazette Nord-Pas de Calais 27 novembre 2012

- King Crimson

AprĂšs Pink Floyd, plongĂ©e dans l’Ɠuvre d’un groupe paradoxal et Rock progressif, King Crimson est le troisiĂšme livre Ă©crit par Aymeric Leroy pour le compte de l’éditeur marseillais Le Mot et le Reste. On peut faire confiance Ă  l’auteur pour nous proposer une approche captivante de ce groupe anglais dont l’identitĂ© progressive a Ă©tĂ© incarnĂ©e durant plus de quarante ans (de 1969 Ă  2003, pour la discographie) par la personnalitĂ© plutĂŽt austĂšre de son leader Robert Fripp ; mais une identitĂ© Ă©galement forgĂ©e par une volontĂ© de renouvellement fonctionnant par cycles, avec notamment pour consĂ©quence de frĂ©quents changements de personnel.

Voici donc un ouvrage Ă  la fois savant et pĂ©dagogique, reflet fidĂšle de la luciditĂ© et de la mĂ©ticulositĂ© presque clinique d’un expert en la matiĂšre [1]. Aymeric Leroy sait toujours prendre du recul, faire la part des choses et Ă©viter le piĂšge de l’hagiographie finalement peu instructive. Son livre, fruit d’un travail d’analyse rigoureux, presque austĂšre, s’appuie sur les Ă©vĂ©nements qui ont jalonnĂ© l’histoire du groupe ainsi que sur un grand nombre d’interviews ; l’auteur y superpose ses observations personnelles, Ă  caractĂšre musicologique. Le rĂ©sultat est un ouvrage de rĂ©fĂ©rence qu’on recommandera Ă  tous : les connaisseurs entendront la musique au fil des descriptions, les autres auront envie d’écouter. Tous seront Ă©galement heureux de mieux comprendre le sens cachĂ© des premiers textes de Peter Sinfield, observations du monde contemporain parfois revĂȘtues d’atours mĂ©diĂ©vaux.

Impossible de rĂ©sumer l’histoire de King Crimson en quelques lignes. Dans une remarquable introduction (suivra une narration trĂšs documentĂ©e de l’histoire de cet Ă©nigmatique groupe anglais Ă  partir de sa discographie [2], que l’auteur dissĂšque Ă  la façon d’un entomologiste), Aymeric Leroy livre les clĂ©s d’une formation qu’on a peut-ĂȘtre un peu vite cataloguĂ©e dans la mouvance du rock progressif, probablement parce que l’esthĂ©tique de sa premiĂšre mouture, celle du lĂ©gendaire album In The Court Of The Crimson King, y incitait beaucoup.

En rĂ©alitĂ©, si King Crimson est bien un des pionniers de ce courant, il en a toujours Ă©vitĂ© certains travers. Il ne ne sombrera jamais, par exemple, dans la prĂ©ciositĂ© nĂ©o-rhapsodique clinquante façon Emerson, Lake & Palmer, ni dans la théùtralisation excessive de Genesis, mais portera un regard plus grinçant sur le monde en recourant souvent Ă  des couleurs moins consensuelles, voire Ă  la dissonance. Au cours de son histoire, King Crimson partagera avec le rock progressif une certaine complexitĂ© dans l’élaboration des compositions et un indĂ©niable raffinement rythmique, mais se dĂ©tachera de ses codes par un besoin rĂ©current de minimalisme, par de longues sĂ©quences d’improvisations, l’utilisation de technologies de pointe et, petit Ă  petit, la suppression des passerelles vers le classique ou le jazz.

AprĂšs un premier cycle Ă  caractĂšre collectif (oĂč Ian McDonald et le parolier Peter Sinfield occupaient une place de premier plan) l’idĂ©e se fait rapidement jour d’une musique qui doit dĂ©passer ses interprĂštes et ses crĂ©ateurs et oĂč Robert Fripp, dĂ©sormais maĂźtre Ă  bord, exerce avant tout une espĂšce de contrĂŽle qualitĂ©. En 1973 paraĂźt Larks’ Tongues In Aspic, qu’Aymeric Leroy dĂ©finit Ă  juste titre comme « le symbole de l’éternel crimsonien ». Un acte de naissance pour Fripp en tant que compositeur. Refusant toutes les compromissions Ă  caractĂšre commercial (piĂšge dont Yes ou Genesis furent en leur temps les victimes consentantes), il n’hĂ©sitera pas Ă  saborder plusieurs fois King Crimson pendant pour de longues pĂ©riodes ; le guitariste est habitĂ© par une exigence de renouvellement constant, tout en cherchant Ă  perpĂ©tuer l’esthĂ©tique de la pĂ©riode (souvent considĂ©rĂ©e comme la plus fascinante) 1973-1974, qui se s’achĂšvera avec Red, album de feu sombre et urgent, dont l’ultime sĂ©quence, « Starless », est Ă  elle seule un fulgurant condensĂ© des cinq annĂ©es passĂ©es.

L’histoire de King Crimson est donc marquĂ©e par des Ă©clipses parfois prolongĂ©es et d’importants changements de personnel. Citons entre autres le batteur Bill Bruford, prĂ©sent de 1973 Ă  1997, soit une « durabilitĂ© » exceptionnelle ! En schĂ©matisant, on peut parler d’une premiĂšre Ă©poque « symphonique » de 1969 Ă  1972, puis d’une « Ă©lectrique » de 1973 Ă  1974 avant la dissolution du groupe, brutale et prĂ©sentĂ©e comme dĂ©finitive ; sept ans plus tard, King Crimson revient pourtant avec Discipline, un album majeur, pour une troisiĂšme pĂ©riode de trois ans et une identitĂ© plus amĂ©ricaine du fait de la prĂ©sence de Tony Levin Ă  la basse et surtout du guitariste-chanteur Adrian Belew, promu au rang de contrepoids crĂ©atif (et ce jusqu’à la fin). Suivirent d’autres Ă©clipses, d’autres expĂ©riences, celles des Projeckts, des doubles trios et leurs soundscapes (enfants naturels des « frippertronics » des annĂ©es 70 et 80), avant un ultime retour Ă  l’aube des annĂ©es 2000. Puis, silence discographique depuis 2003 et l’album The Power To Believe.

OriginalitĂ©, Ă©lectricitĂ©, modernitĂ©, radicalitĂ©, intĂ©grité  quelques mots pour cerner les contours complexes de la « crimsonicitĂ© » ! Avec ce livre, Aymeric Leroy nous offre un Ă©clairage prĂ©cieux sur une page assez fascinante de l’histoire rĂ©cente de la musique. Et comme un bonheur ne vient jamais seul, le mĂȘme Leroy a assurĂ© la traduction, toujours aux Ă©ditions Le Mot et le Reste, de Bill Bruford, l’autobiographie, un livre trĂšs attendu de la part d’un musicien dont on a Ă©voquĂ© un peu plus haut la trĂšs longue contribution Ă  l’histoire de King Crimson. Bruford raconte donc sa vie et ses expĂ©riences. Crimson bien sĂ»r, mais aussi Yes, Genesis, UK, Earthworks. Une histoire qui part de son enfance et nous fait dĂ©couvrir un vrai travailleur de la musique, dont l’humour so British n’est pas le moindre des attraits. Un texte alerte (et fort bien traduit, soulignons-le), construit comme autant de rĂ©ponses aux questions « bateau » qu’il s’est vu infliger Ă  partir du jour oĂč il a choisi ce mode de vie ; un livre qu’on dĂ©vore parce qu’il nous plonge au cƓur de son quotidien et de ses questionnements, ceux d’un artiste lucide qui peut parfois avoir la dent dure mais n’est jamais pris en dĂ©faut de sĂ©rieux dans la conduite de ses projets. MĂȘme lorsqu’il doit se battre contre les dĂ©faillances inopinĂ©es de sa batterie Ă©lectronique ! Bruford, ne l’oublions pas, est un des plus passionnants percussionnistes des quatre derniĂšres dĂ©cennies. Il s’en faudrait de peu que, tout comme lui, on soit saisi par le besoin irrĂ©pressible de se procurer un coussin d’exercice pour s’entraĂźner chez soi Ă  jouer les apprentis batteurs
 Son autobiographie, passionnante, est un vrai plaisir de lecture.

CITIZENJAZZ

Denis Desassis
CITIZEN JAZZ 5 novembre 2011

- King Crimson

Analysant album par album les quarante annĂ©es de ce groupe mythique menĂ© par le charismatique guitariste et compositeur Robert Fripp, l’ouvrage fourmille d’informations inĂ©dites et de truculentes anecdotes. Ces inventeurs du rock progressif enregistreront pour le meilleur (avec l’apport de Greg Lake, d’Emerson, Lake & Palmer, la maĂźtrise du Mellotron, les concerts lĂ©gendaires
) et pour le pire (les consĂ©quences des multiples sĂ©parations), treize albums saluĂ©s par des critiques et des fans du monde entier. C’est sur scĂšne, cependant, que King Crimson fera la dĂ©monstration Ă©tonnante de sa maĂźtrise de l’harmonie et du rythme.
L’auteur pousse l’analyse dans les moindres dĂ©tails, faisant apparaĂźtre la philosophie crimsonienne Ă  travers les textes du parolier Peter Sinfield, Ă  qui le groupe doit sa qualitĂ© littĂ©raire. Échappant au conformisme commercial, le groupe n’a jamais cessĂ© de suivre sa propre voie, sacrifiant musiciens, prĂ©sence scĂ©nique (durant dix-sept ans), son propre label (EG)
 pour se reformer de nombreuses fois – et former ainsi sa propre lĂ©gende. King Crimson n’a pas subi les modes, au contraire: sa discographie est comme un long regard portĂ© sur notre civilisation, rĂ©flĂ©chissant ses contradictions, ses noirceurs et ses espoirs. Visions notamment traduites par les accords inĂ©galĂ©s et les mĂ©morables improvisations, tantĂŽt agressives, tantĂŽt romantiques, de Robert Fripp.
Du concert Ă  Hyde Park le 5 juillet 1969 Ă  leur derniĂšre tournĂ©e en 2008, King Crimson est un groupe phare dans l’histoire du rock ; nombreux sont ceux qui s’en sont inspirĂ©s (parmi lesquels Nirvana). Ce livre est une rĂ©ussite et Aymeric Leroy nous permet ainsi de (re)dĂ©couvrir un aspect trĂšs important de la culture rock.

ARTPRESS

Charles Dunajewski
ARTPRESS n°393 Octobre 2012

King Crimson

MalgrĂ© son horrible pochette de dĂ©cor de fĂȘte foraine ou de toile de saltimbanque, le premier King Crimson, en 1969, il y a quarante-trois ans, s’était imposĂ© dĂšs sa sortie comme une des pierres de touche du Rock Prog. Le groupe Ă©tait devenu d’emblĂ©e le challenger du Pink Floyd dans les voies hasardeuses de la recherche des sonoritĂ©s. Si le nom du groupe avec son roi pourpre ou cramoisi et le titre In the Court of the Crimson King relevaient de l’heroic fantasy, d’autres morceaux s’inscrivaient plus nettement dans le courant SF angoissant (« 21st Century Schizoid Man ») ou dans la poĂ©sie bucolique et visionnaire : « I Talk to the Wind », un titre Ă  la Donovan. C’était Greg Lake qui chantait le mĂ©lancolique « I Talk to the Wind ». Il devait quitter le groupe dĂšs la fin 1970 pour fonder Emerson Lake & Palmer. La pochette du troisiĂšme album (Lizard, en 1970) nous emmenait dans un monde moyenĂągeux et celle du second album (In The Wake Of Poseidon) revisitait les dieux de l’AntiquitĂ©. Mais la grande rĂ©ussite de Robert Fripp, le guitariste et l’ñme de King Crimson, c’est peut-ĂȘtre sa participation au « Heroes » de David Bowie, en 1977, avec sa guitare lancinante, sinueuse, entĂȘtante. We can be heroes just for one day. Un ouvrage sĂ©rieux, bien fait, un peu austĂšre.

JérÎme Pintoux
JUKEBOX Octobre 2012

- King Crimson

King Crimson ? Depuis prĂšs de quatre dĂ©cennies, le groupe anglais – et sa figure de proue Robert Fripp (claviers-guitares-Ă©lectronique) – sĂ©duit internationalement par ses performances musicales. Pourtant, cette formation, dont son leader affirme qu’elle est davantage un Ă©tat d’esprit qu’un groupe ou un style musical, reste mĂ©connue sur le plan discographique. Sans doute, la musique du Roi Pourpre peut dĂ©stabiliser : climat harmonique trĂšs sombre, virtuositĂ© dĂ©concertante, perfectionnisme pas vraiment grand public. L’excellent ouvrage d’Aymeric Leroy, auteur de Rock progressif et Pink Floyd, plongĂ©e dans l’Ɠuvre d’un groupe paradoxal, nous fait dĂ©couvrir Ă  travers 13 albums studio/Ă©tapes toute la saveur du King Crimson

« Quoi de commun entre le premier album du groupe, In The Court Of The Crimson King (1969), et son dernier, The Power To Believe (2003) ? Pas grand-chose assurĂ©ment », avertit d’emblĂ©e Aymeric Leroy. Au-delĂ  de ses changements de styles et de musiciens, King Crimson intrigue par son approche musicale, que l’on pourrait classer en simplifiant entre rock, classique et jazz fusion. Tout le mĂ©rite du livre de Leroy est de faire ressortir l’aspect fonciĂšrement contradictoire de Crimson, grand amateur de textes mĂ©taphysiques parfois redondants, reconnaissable par ses dissonances sonores, gĂ©niales ou assommantes (!) et sa prĂ©dilection pour l’expression instrumentale. L’auteur de ce King Crimson explore donc, de façon exhaustive, les spasmes crĂ©atifs de ce groupe rĂ©fĂ©rentiel, plongeant dans les moindres recoins du grenier crimsonien, si riche en genres : chansons au format court, instrumentaux, piĂšces expĂ©rimentales, semi-improvisations, mĂ©lodies pop ou free jazz

King Crimson Ă©merge Ă  la fin des sixties – son premier disque est souvent considĂ©rĂ© par les spĂ©cialistes comme le premier disque de rock progressif ! En effet, l’époque est friande de pop symphonique, de rock Ă©lectrique et d’expĂ©rimentations jazz. (Et il est intĂ©ressant de signaler que bon nombre de musiciens ayant intĂ©grĂ© King Crimson – Ian Mc Donald, Greg Lake, Mel Collins, Adrian Belew, Tony Levin, John Wetton, Bill Bruford, Boz Burrel
 – rejoindront d’autres formations de premier plan comme Yes, ELP, Bad Company, Steely Dan, Frank Zappa, David Bowie, Peter Gabriel Band, Asia, UK ou Talking Heads.) Le climat musical saturnien de King Crimson, Ă©loignĂ© de l’humanisme naĂŻf d’un Yes, des charmantes circonvolutions symphoniques d’un Genesis ou des lunatiques expĂ©rimentations pop d’un ELP s’aligne plutĂŽt du cĂŽtĂ© d’un Magma ou d’un Van Der Graaf Generator. Le bassiste Tony Levin et le guitariste Adrian Belew contribueront Ă  apporter un nouveau souffle au groupe. Les riffs primitivistes de Belew aux rĂ©sonnances pop ainsi que de percutantes sonoritĂ©s Ă©lectroniques viennent se mĂȘler astucieusement au jeu introspectif de Fripp. Egalement, Leroy se penche sur la riche carriĂšre solo de Fripp.
Ouvrage trĂšs documentĂ©, ce King Crimson donne envie de redĂ©couvrir cette formation aux sonoritĂ©s Ă©tranges, qui, bien au-delĂ  du courant prog rock dont elle est issue, constitue depuis prĂšs d’un demi-siĂšcle une influence majeure chez bon nombre de musiciens.

LE BLOG DE PHACO

Phaco
LE BLOG DE PHACO Septembre 2012

- Rockoscopie spéciale King Crimson

Dimanche 8 juillet, Aymeric Leroy Ă©tait l’invitĂ© de l’émission radio Rockoscopie pour une spĂ©ciale King Crimson.

Emission à réécouter ICI

David Taugis
JudaĂŻques FM 8 juillet 2012

- L'aventure King Crimson, ou par-delĂ  le rock progressif

Auteur dĂ©jĂ  d’un ouvrage incontournable sur le rock progressif, Aymeric Leroy rĂ©cidive en quelque sorte, du fait que ce dernier consacre son dernier livre sur le groupe mythique des annĂ©es 1970, King Crimson. Le travail de l’auteur est d’autant plus impressionnant qu’il maĂźtrise le langage musical auquel il fait Ă  maintes reprises rĂ©fĂ©rence. D’autre part, Leroy prouve son intĂ©rĂȘt pour l’Ɠuvre de la formation du guitariste Robert Fripp ; sans tomber — toutefois — dans l’éloge dĂ©pourvu de la moindre rĂ©serve. J’ajoute, enfin, que le livre Ă©chappe Ă  toute rĂ©pĂ©tition en ce qui concerne le prĂ©cĂ©dent Rock progressif (2010) ; de mĂȘme que Leroy se permet d’analyser, de maniĂšre exhaustive, aussi bien les disques rĂ©alisĂ©s en studio que l’importante somme archivistique relativement aux expĂ©riences live qui s’étendent de 1969 Ă  2003.

AprĂšs une introduction brossant en plusieurs pages une analyse globale de la carriĂšre musicale de King Crimson, le livre traite des dĂ©buts modestes de Robert Fripp, lequel joue notamment avec les frĂšres Giles au sein de Giles Giles & Fripp. Puis, la rencontre avec le multi-instrumentiste Ian McDonald va vĂ©ritablement changer le destin du guitariste ; et aboutir Ă  la premiĂšre mouture de King Crimson composĂ©e de Greg Lake (basse et chant), de Ian McDonald (Mellotron, etc.), de Michael Giles (batterie), de Peter Sinfield (Paroles) et, bien entendu, de Robert Fripp. La rĂ©ussite du premier album de la formation intitulĂ© In the court of the crimson king (1969) demeure sans lendemain, mĂȘme si celui-ci est l’acte de naissance du rock progressif et a exercĂ©, partant, une influence considĂ©rable sur des groupes comme Yes ou Genesis. Outre le dĂ©part de McDonald, Lake qui chante si juste sur cet album ira ainsi rejoindre le claviĂ©riste Keith Emerson et le batteur Carl Palmer pour fonder Emerson, Lake & Palmer.

Seul maĂźtre Ă  bord, Robert Fripp devra toutefois composer avec le parolier Peter Sinfield durant trois albums, soit In the wake of Poseidon (1970), Lizard (1970), et surtout l’impressionnant Islands (1971). Si cette pĂ©riode mĂ©rite donc plus d’attention que pourrait le faire croire une simple recherche de maturitĂ© chez Fripp, il n’en demeure pas moins vrai que les disques suivants, Larks’ tongues in aspic (1973), Starless and bible black (1974) et Red (1974), symbolisent sans conteste l’apogĂ©e du groupe, puisque Fripp peut compter sur l’ancien batteur de Yes, Bill Bruford, et un bassiste vraiment talentueux, John Wetton. Or, c’est au moment oĂč le groupe paraĂźt proche de remporter la consĂ©cration que Fripp dĂ©cide de mettre fin Ă  l’expĂ©rience.

La mise entre parenthĂšses de King Crimson dure pas moins de sept ans et permet une remise en question radicale, comme le prouve le trĂšs rĂ©ussi Discipline (1981). D’un autre cĂŽtĂ©, Fripp accueille un Ă©lĂ©ment de poids en la personne du guitariste et chanteur Adrian Belew. Ce dernier, malgrĂ© quelques tensions au moment de la rĂ©alisation de Beat (1982), ou encore de Three of a perfect pair (1984), poursuivra nĂ©anmoins l’expĂ©rience avec Fripp — jusqu’au dernier album en date, The power to believe (2003).

The power to believe rĂ©vĂšle sans doute une certaine stagnation dans la production discographique du groupe, ainsi que le reconnaĂźt explicitement Leroy, mais n’en dĂ©montre pas moins le chemin parcouru depuis In the court of the crimson king. Ainsi, bien que Fripp renoue — finalement — avec le langage propre aux annĂ©es soixante-dix, l’album The construkction of light (2000) peut ĂȘtre considĂ©rĂ©, par exemple, comme une Ɠuvre Ă  la fois futuriste et complexe. À tel point que, contrairement Ă  Leroy qui reproche Ă  cette derniĂšre son caractĂšre artificiel, voire dĂ©sincarnĂ©, je vois en elle l’une des crĂ©ations majeures de la formation.

En rĂ©sumĂ©, s’il est permis d’accepter plus ou moins les jugements de l’auteur, King Crimson reste un ouvrage autant sĂ©rieux que documentĂ© sur un groupe qui a participĂ© Ă  la plupart des grandes innovations traversant l’histoire du rock. De telle sorte que ce livre est sans conteste indispensable pour mieux constater que la « musique populaire » ne peut se limiter Ă  sa seule immĂ©diatetĂ© auditive — comme le veut une tradition dĂ©fendue encore par nombre de critiques et de journalistes.

ARES

Thomas Dreneau
ARES Juillet 2012