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Parution : 15/09/2016
ISBN : 9782360542260
432 pages (14,8 x 21 cm)

26 €

ÉpuisĂ©

Version numérique

I'm with the Band

Confessions d'une groupie

Pamela Des Barres ne s’est pas seulement offert des parties de jambes en l’air avec des rockstars, elle est devenue elle-mĂȘme une icĂŽne. Trente ans aprĂšs leur premiĂšre publication, ses confessions n’ont pas pris une ride. Rock’n‘roll forever.

Anaïs Orieul – Terra Femina

Traduit de l’amĂ©ricain par Julia Dorner

IntĂ©grĂ©e dans le milieu rock de Los Angeles par Captain Beefheart qu’elle rencontre alors qu’elle est encore au lycĂ©e, Pamela va trĂšs vite se faire une place dans ce petit monde. D’abord en tant que fan prĂȘte Ă  tout pour attirer le regards des rockstars puis en montant elle aussi sur scĂšne aux cĂŽtĂ©s des GTO’s – groupe de rock composĂ© uniquement de groupies et chaperonnĂ© par Frank Zappa – et finalement en devenant l’amante et la muse de rockers aussi dĂ©pravĂ©s qu’égoĂŻstes. Sans mĂ©lancolie mais plutĂŽt avec humour et autodĂ©rision, Pamela Des Barres partage ses souvenirs, ses amitiĂ©s, ses joies et ses dĂ©sillusions, ses parties de jambes en l’air, ses dĂ©fonces avec en fond sonore les chefs-d’oeuvre du rock des annĂ©es soixante. Dans cette autobiographie, se cĂŽtoient l’insouciante jeune fille assoiffĂ©e de nouvelles expĂ©riences et la femme qui s’est construite par l’affirmation de ses libertĂ©s ; deux facettes qui font d’elle aujourd’hui une pionniĂšre de la libĂ©ration sexuelle et du fĂ©minisme dĂ©complexĂ©.

• Lire un extrait

Revue de presse

- I'm with the Band. Confessions d'une groupie Florianne Segalowitch Magic. Revue pop moderne ÉtĂ© 2017
- Les livres Xavier Bonnet Rolling Stones janvier-février 2017
- Coup de cƓur Paul Muselet Clutch dĂ©cembre 2016
- Let's roll AgnÚs Léglise Rock&Folk décembre 2016
- Interview Pamela Des Barres - Rencontre avec Nine Antico Pascaline Potdevin Grazia 1 décembre 2016
- Partenaire particuliÚre Thibaut Allemand Let's Motiv décembre 2016
- Portrait : Pamela Des Barres : ex-femme des 60's Olivier Lamm Libération 5 décembre 2016
- La marque-page Sophie Rosemont Stylist 29 septembre 2016
- "I'm With The Band" : les mémoires savoureuses de la groupie la plus cool des 60's Anaïs Orieul Terra Femina 30 septembre 2016

- I'm with the Band. Confessions d'une groupie

Adolescente miĂšvre dans la Californie des annĂ©es soixante, Pamela Des Barres met le pied dans la porte des backstages, et passera la dĂ©cennie suivante Ă  se faire bringuebaler, et souvent balader, par les icĂŽnes rocks de l’époque (Jim Morrison, Jagger, McCartney, Keith Moon). Son rĂ©cit trouve l’équilibre entre la candeur renversante des extraits de ses journaux intimes, et une narration au prĂ©sent jamais avare en anecdotes, posĂ©e et pleine d’autodĂ©rision. Au-delĂ  de la plongĂ©e dans l’intimitĂ© de ces rockeurs souvent pathĂ©tiques auxquels elle pardonne beaucoup, Des Barres retrace Ă©galement son aventure musicale au sein des GTO’s de Frank Zappa. C’est son Ă©mancipation et la construction de son identitĂ© de jeune femme que Des Barres raconte
en creux, tout en tĂ©moignant d’un monde qui n’existe plus vraiment, une AmĂ©rique entre deux eaux (l’explosion hĂ©doniste du microcosme du rock dans une sociĂ©tĂ© toujours trĂšs conservatrice). Fraichement trentenaire, ce rĂ©cit autobiographique mĂ©rite dĂ©finitivement mieux que son malheureux sous-titre.

Florianne Segalowitch
Magic. Revue pop moderne ÉtĂ© 2017

- Les livres

Groupie dimension

PrĂ©facĂ© par Dave Navarro, ce rĂ©cit mythique narre les Ă©mois des rockstars via les groupies californiennes Ă  l’époque oĂč sexe et drogue n’étaient pas mortels. Il s’agit donc du “premier livre de son genre oĂč le sexe est Ă©voquĂ© avec autant de joie, si peu de peur et si ouvertement par une femme” dixit le guitariste des Jane’s Addiction et des Red Hot. DĂ©cadent? Mieux que ça. Indispensable.

Xavier Bonnet
Rolling Stones janvier-février 2017

- Coup de cƓur

Les Ă©ditions Le mot et le reste se font plaisir en rééditant un des ouvrages cultes de la littĂ©rature rock ! Entre archives et tĂ©moignage, I’m With the Band raconte la montĂ©e en puissance du rock, et l’impressionnant phĂ©nomĂšne de starification de ses reprĂ©sentants Ă  travers les aventures dĂ©bridĂ©es de la cĂ©lĂšbre groupie Pamela Des Barres (membre du GTO chaperonnĂ© par Zappa.) ChargĂ© en pĂ©pites, le livre dĂ©passe le dĂ©ballage sexuel en replaçant dans son contexte l’histoire d’une jeune californienne sans histoires ayant vĂ©cu les grandes heures du rock’n‘roll comme une gigantesque rĂ©crĂ©ation.

Paul Muselet
Clutch décembre 2016

- Let's roll

Aussi vieilles sans doute que la musique mĂȘme, le grand Liszt dĂ©jĂ  en subissait les assauts Ă©namourĂ©s, les groupies enchantent les musiciens et leurs silhouettes lĂ©gĂšres illuminent les backstage rock depuis la naissance du genre (et font beaucoup pour son attractivitĂ© parmi les jeunes musiciens). Certaines ont dĂ©jĂ  marquĂ© l’histoire du rock, comme Sable Starr, Cynthia Plaster Caster la mouleuse d’engin Ă  chaud ou la grande Pamela Des Barres dont l’énorme tableau de chasse est cĂ©lĂ©brĂ© dans ses fameux mĂ©moires “I’m With The Band” justement rééditĂ©
ces jours-ci. Pour celles-ci, le marchĂ© Ă©tait clair, elles Ă©talent jolies, parfois nunuches, hippies Ă  une Ă©poque oĂč ça rimait avec libĂ©ration sexuelle, adoraient la musique, en idolĂątraient les stars et trouvaient absolument normal de passer, voire d’ĂȘtre passĂ©es, de l’un Ă  l’autre en rĂ©compense des bons moments de musiques et de rock’n‘roll way of Iife. Le livre de Des Barres est un festival de name dropping rock inĂ©galĂ©, entre ses nombreux amants prestigieux, Jlmmy Page, Mick Jagger, Keith Moon, ses potes tout aussi cĂ©lĂšbres, Jim Morrison, Frank Zappa ou Robert Plant sans qu’il n’y ait jamais aucun doute sur le fait qu’elle s’amuse autant qu’eux et qu’ils partagent rĂ©ellement ses histoires ou ses amitiĂ©s.

AgnÚs Léglise
Rock&Folk décembre 2016

- Interview Pamela Des Barres - Rencontre avec Nine Antico

Fans, je vous aime

Groupie ultime, Pamela Des Barres a aimĂ© sans partage la musique et les hommes. Son autobiographie, I’m With the Band, a inspirĂ© Ă  la dessinatrice Nine Antico sa BD Autel California. Elles se sont rencontrĂ©es Ă  Paris, pour Grazia.

Nous sommes le 10 novembre 2016, au surlendemain de l’élection prĂ©sidentielle amĂ©ricaine. Dans un hĂŽtel parisien, l’AmĂ©ricaine Pamela Des Barres frissonne en apercevant le mot “Trumpocalypse” en une de LibĂ©ration. “Cette Ă©lection, c’est effrayant”, murmure la Californienne de 68 ans, groupie culte, pur produit des radieuses sixties. Un destin retracĂ© dans I’m With the Band, autobiographie publiĂ©e en 1987 et rééditĂ©e ce mois-ci : elle y raconte ses amours avec Mick Jagger, Jimmy Page ou Keith Moon, revendiquĂ©s davantage comme le prolongement d’une passion viscĂ©rale pour le rock et le plaisir qu’une fascination pour la cĂ©lĂ©britĂ©.

C’est cette libertĂ© qui a sĂ©duit la dessinatrice française Nine Antico. Celle-ci vient de publier Autel California, Face B : Blue Moon, la suite des aventures de Bouclette, alter ego fantasmĂ© de Pamela, dans des seventies qui s’engluent dans la drogue et la violence. Les deux femmes s’étaient rencontrĂ©es il y a cinq ans, Ă  Los Angeles. Elles se retrouvent aujourd’hui pour parler sexe, fĂ©minisme et rock’n‘roll, Ă  une Ă©poque oĂč l’on en a plus que jamais besoin.

Grazia – Dans Autel California, Face B, Nine fait de l’affaire Charles Manson (les membres de sa communautĂ©, La Famille, ont commis plusieurs assassinats, dont celui de Sharon Tate, en 1969, ndlr) un Ă©pisode central de sa BD. Pamela, compreniez-vous les femmes adeptes de cette secte? Elles aussi, d’une certaine façon, Ă©taient des fans.

Pamela Des Barres: C’était diffĂ©rent ! Moi, j’adorais des gens comme Frank Zappa, une belle Ăąme, pas un monstre ! Et j’ai reçu une bonne Ă©ducation. Or dans les annĂ©es 60 et 70, de nombreux parents ont laissĂ© leurs enfants Ă  la dĂ©rive. Je suis sĂ»re que ces filles ont grandi Ă  la dure, sans amour. Elles auraient fait n’importe quoi pour avoir du respect et une famille.

Nine Antico: Vous vous ĂȘtes aussi posĂ© des limites, en matiĂšre de drogue ou de sexualitĂ©.

P.D.B.: J’ai toujours tout fait par amour. J’ai attendu d’avoir 19ansœ pour perdre ma virginitĂ© ! Dans la seconde moitiĂ© des annĂ©es 60, les hommes ne s’attendaient pas automatiquement Ă  avoir des relations sexuelles. Par exemple, j’ai passĂ© beaucoup de temps avec Jim Morrisson ou Noel Redding, le bassiste de Jimi Hendrix, avant de sauter le pas. Ça a changĂ© dans les annĂ©es 70, moins romantiques.

Nine, dans votre BD, vous soulignez les tensions entre féministes et groupies


N.A.: Oui, j’imagine un combat de catch entre Bouclette et une fĂ©ministe. Toutes deux deviennent des objets sexuels. Au fond, elles sont d’accord ; elles ont juste une maniĂšre diffĂ©rente d’ĂȘtre fĂ©ministes. Mais pour faire avancer la condition fĂ©minine, ces perspectives Ă©taient nĂ©cessaires avant de se rejoindre pour rendre les femmes plus libres.

P.D.B.: Plus libres ! C’était ce que nous voulions. Le livre m’a donnĂ© l’impression d’avoir fait mon boulot : j’ai sorti les groupies de leur image de filles obsĂ©dĂ©es sexuelles. MĂȘme si, quand je l’ai Ă©crit, j’ai Ă©tĂ© attaquĂ©e pour avoir parlĂ© aussi ouvertement de ma sexualitĂ©.

Pourquoi cette dimension féministe était-elle aussi importante pour vous, Nine ?

N.A.: Ce qui m’a plu dans I’m With the Band, c’est que Pamela Ă©crivait qu’on pouvait ĂȘtre vulnĂ©rable aux hommes et Ă  la musique, et rester une femme indĂ©pendante. Adolescente, je croyais que je passais trop de temps Ă  penser aux garçons. Mais tout allait bien, j’avais de bonnes notes ! Aujourd’hui, j’écris et je dessine. J’ai su faire la part des choses.

P.D.B.: Tant de filles m’ont remerciĂ©e parce que je mettais des mots sur ce qu’elles ressentaient depuis toujours. Elles se sentaient mal, confuses. Or les grands artistes vous ouvrent l’esprit. Ils m’ont fait me sentir vivante ! Passer outre ce sentiment de vulnĂ©rabilitĂ© pour les rencontrer, cela valait le coup.

Pamela, que vous inspire la BD de Nine ?

P.D.B.: Je n’en reviens toujours pas que mon histoire soit arrivĂ©e jusqu’en France. J’en suis honorĂ©e et ravie.

N.A.: L’histoire de Pamela est universelle. C’est un voyage à travers l’amour et la musique : on commence avec de la pop innocente, puis on passe à Led Zeppelin, du rock plus fou
 C’est pareil avec les garçons : d’abord les gentils, puis on repousse les limites.

P.D.B.: Ça m’est arrivĂ©. J’ai d’abord imaginĂ© ce qu’il y avait entre les jambes de Paul McCartney avant de savoir ce qu’il y avait entre celles de Mick Jagger. (Rires.)

N.A.: J’ai une derniĂšre question, pensez-vous qu’Hillary Clinton n’a pas Ă©tĂ© Ă©lue parce que c’est une femme ?

P.D.B.: Oui. Et aussi parce que notre pays est divisĂ©, en totale confusion. J’ai peur que nous fassions de grands pas en arriĂšre. Mais j’essaie de rester optimiste.

I’m With the Band de Pamela Des Barres (Le Mot et le Reste).

Autel California, Face B: Blue Moon de Nine Antico (L’Association).

Retrouver la discussion entre Pamela et Nine sur le site de Grazia

Pascaline Potdevin
Grazia 1 décembre 2016

- Partenaire particuliĂšre

SurnommĂ©e “la reine des groupies”, Pamela Des Barres a vĂ©cu des aventures plus ou moins brĂšves avec, en vrac, Mick Jagger, Jim Morrison, Jimmy Page, Keith Moon (The Who), Gram Parsons
 On en passe. Pas grave : ces moments de plaisir ne constituent pas le cƓur des mĂ©moires, remarquablement traduites, de Miss Pamela.

Le cƓur battant de l’ouvrage, c’est l’AmĂ©rique des sixties et des seventies. Ou comment une fille du baby-boom s’ouvre au monde grĂące au rock – Pamela dĂ©crit avec une passion contagieuse ses groupes favoris et l’effet physique que lui procure une mĂ©lodie. Groupie ? Certes. MĂ©lomane ? Évidemment ! C’est d’ailleurs via ses amitiĂ©s (chastes) avec deux figures majeures du rock des marges, Don Van Vliet (Captain Beefheart) et Frank Zappa, que la petite californienne fait son entrĂ©e dans ce chaud business. Mieux : sous la houlette du prĂ©citĂ© Zappa, elle formera The GTO’s, premier groupe entiĂšrement fĂ©minin aux textes faussement absurdes. FĂ©ministe? Ce livre tĂ©moigne Ă©galement de prises de conscience : les droits civiques, le Vietnam, mais aussi une certaine idĂ©e du fĂ©minisme que Pam expĂ©rimente sans vĂ©ritablement le thĂ©oriser. Bref, elle plonge Ă  corps perdu dans cette gigantesque fĂȘte que furent, nous dit-on, les sixties. Avec, bien sĂ»r, des gueules de bois : le flower power a accouchĂ© de quelques tordus, dont Charles Manson, qui traĂźne dĂ©jĂ  dans les parages. Enfin, on sourit parfois face Ă  cette approche trĂšs amĂ©ricaine et paradoxale de la vie : puritaine malgrĂ© elle, l’insatiable sĂ©ductrice tient plus que tout Ă  sa virginitĂ©. Finalement, ces frasques en disent moins sur l’auteure que sur les soubresauts qui secouĂšrent le monde. Pamela Des Barres, une allĂ©gorie ? Il y a de ça.

Thibaut Allemand
Let's Motiv décembre 2016

- Portrait : Pamela Des Barres : ex-femme des 60's

Cette légendaire groupie américaine revendique joyeusement ses années de libération sexuelle musicale.

Nous sommes le 10 novembre, quarante-huit heures aprĂšs l’élection de Donald Trump. Ce matin, LibĂ©ration a publiĂ© son premier grand numĂ©ro consacrĂ© au prĂ©sident Ă©lu. Pamela Des Barres a juste eu le temps de placer son bulletin dans l’urne dans sa Californie natale avant de prendre l’avion pour l’Europe, oĂč elle est venue animer des ateliers d’écriture Ă  Londres et rencontrer quelques journalistes Ă  Paris Ă  l’occasion de la réédition de I’m With the Band, le premier volume de ses mĂ©moires. Quand elle dĂ©couvre la une du journal, qui prĂ©sente un Trump Ă  moitiĂ© occultĂ© par la pĂ©nombre derriĂšre la formule «American Psycho», elle nous adresse un sourire triste. L’ex-«Reine des groupies» (titre non officiel mais non disputĂ©), pionniĂšre malgrĂ© elle de la rĂ©volution sexuelle depuis l’ñge de 16 ans et son intronisation dans le milieu du rock grĂące Ă  Captain Beefheart, n’a pas votĂ© pour lui. «Tu as regardĂ© la tĂ©lĂ©vision ? Ce trou du cul a terminĂ© son discours sur un morceau des Rolling Stones. Tu sais combien de fois les gars lui ont demandĂ© d’arrĂȘter ?»

Rencontrer Pamela Des Barres deux jours aprĂšs l’élection du premier prĂ©sident prĂ©dateur sexuel et l’échec de la premiĂšre femme prĂ©sidentiable de l’histoire des Etats-Unis nous encourage Ă  considĂ©rer avec elle sa «carriĂšre» sous un angle politique. GrĂące Ă  ses livres, aux centaines d’interviews qu’elle a donnĂ©es, aux versions romancĂ©es de sa vie qu’on a vues dans des films (Presque cĂ©lĂšbre de Cameron Crowe) ou lues dans des bandes dessinĂ©es (Autel California de Nine Antico), on sait que «Miss Pamela», nĂ©e Pamela Ann Miller en 1948, a connu bibliquement une tripotĂ©e de personnalitĂ©s lĂ©gendaires de l’ñge d’or du rock, de Jimmy Page Ă  Keith Moon, de Mick Jagger Ă  Jim Morrison.

A la lecture de I’m With the Band en 2016, on est pourtant moins frappĂ© par les rĂ©vĂ©lations sur les prĂ©fĂ©rences sexuelles de Chris Hillman des Byrds que par la description de la gĂ©henne patriarcale qu’elle associe Ă  l’AmĂ©rique du Nord des annĂ©es 60, et l’hĂ©roĂŻsme libertaire avec lequel elle y a vĂ©cu sa passion pour la musique et le sexe en toute libertĂ©. «Que je fasse du stop ou que je me prĂ©lasse dans mon salon, il y avait des types qui se touchaient derriĂšre un muret. J’ai mis trĂšs longtemps Ă  rĂ©aliser que ce n’était pas normal. D’une certaine maniĂšre, c’est encore pire aujourd’hui. Et ça sera sans doute pire encore demain Ă  cause de Trump. On continue Ă  dĂ©shonorer Ă  tout prix la femme, quoi qu’elle dise, quoi qu’elle fasse. Nous sommes dans un monde d’hommes depuis deux mille ans, depuis que la gent masculine s’est appropriĂ© Dieu, et JĂ©sus.»

Pour autant, Pamela Des Barres est-elle un personnage politique ? Elle fait la moue quand on lui propose le gros mot. «Tout dĂ©pend si on considĂšre la sexualitĂ© comme un objet politique.» On lui rĂ©torque que la question l’est, Ă©minemment. «A sa sortie, il y a trente ans, I’m With the Band a Ă©tĂ© reçu comme un livre extrĂȘme et a dĂ©plu Ă  beaucoup de gens, ce qui m’a beaucoup surprise, parce que je me suis contentĂ©e d’y ouvrir mon cƓur. L’annĂ©e derniĂšre, je faisais une lecture, au Texas. Et aprĂšs avoir lu le passage oĂč j’imagine Ă  quoi ressemblent les testicules de Mick Jagger, un homme s’est levĂ© et m’a traitĂ©e de pute. Parce que j’ai Ă©crit que j’ai eu des relations sexuelles avec des gens, d’un point de vue fĂ©minin, on me traite encore de traĂźnĂ©e. Pourtant, c’est avant tout un livre sur l’éducation d’une jeune fille californienne dans les annĂ©es 60. On dit de moi, “cette jeune fille a eu des relations sexuelles avec des rockeurs”. Mais tout le monde a des relations sexuelles, tout le temps !»

Il y a une vingtaine d’annĂ©es, Pamela Des Barres s’est fait tatouer dans le dos JĂ©sus, Elvis Presley, James Dean et la Bible. En nous montrant ce qu’il convient d’appeler une fresque, elle nous explique qu’elle est une personne «spirituelle», qu’elle aime JĂ©sus par-dessus tout, et qu’elle considĂšre qu’il n’a rien Ă  voir avec la religion. «On l’a perverti pour en faire un outil de rĂ©pression. Il est le prince de la paix. Quant Ă  Elvis, il m’a ouvert les portes de la libertĂ©. Je l’aime depuis que j’ai 8 ans. Il Ă©tait si sexy Ă  une Ă©poque tellement coincĂ©e, ça a tout changĂ©.»

D’aucuns ont argumentĂ©, Ă  travers les annĂ©es, que Des Barres n’Ɠuvrait pas pour son genre en satisfaisant l’appĂ©tit sexuel insatiable des stars du rock, qu’elle et les autres groupies de sa gĂ©nĂ©ration n’ont fait que perpĂ©tuer les intĂ©rĂȘts d’un patriarcat toujours plus omnipotent et tentaculaire. Elle concĂšde que la libĂ©ration de la femme n’était pas son premier projet. «J’ai Ă©tĂ© Ă©levĂ©e dans les annĂ©es 50 ! A l’époque, les jeunes filles comme moi Ă©taient Ă©duquĂ©es pour faire plaisir Ă  leur homme. Quand on se retrouvait face Ă  un musicien un peu vieux jeu, on faisait tout pour lui faire plaisir. Du coup, les fĂ©ministes nous dĂ©testaient. Pourtant, je prenais la pilule, j’étais maĂźtre de mon destin. C’est pour ça que j’essaye de rĂ©habiliter le mot “groupie”. Nous Ă©tions des femmes libĂ©rĂ©es. Les rockeurs ne claquaient pas dans leurs doigts pour qu’on nous apporte offertes sur un plateau d’argent. Nous faisions tout pour les sĂ©duire ou les rencontrer. Comment pourrais-je leur en vouloir d’avoir cĂ©dĂ© Ă  nos charmes ?»

AprĂšs des tentatives ratĂ©es dans la musique (avec les GTO’s, groupe 100 % groupies ourdi par Frank Zappa et responsable d’un album merveilleux, Permanent Damage, en 1969) et le cinĂ©ma, la jeune femme s’est mariĂ©e avec Michael Des Barres, acteur et chanteur du groupe britannique Detective, puis s’est rĂ©solue Ă  faire de sa notoriĂ©tĂ© un mĂ©tier. Auteure de cinq livres (bientĂŽt six) sur sa vie et ses Ă -cĂŽtĂ©s, elle anime des ateliers d’écriture de «mĂ©moires rock». Son Ă©crivain prĂ©fĂ©rĂ© est Stephen King, et elle ne se lasse pas de se dĂ©lecter de faire le mĂȘme mĂ©tier que lui. Elle organise aussi des tours autour du Sunset Strip, «plus chers» parce qu’elle est devenue une «figure historique», l’une des rares qui peut Ă©voquer de premiĂšre main ce qu’elle considĂšre comme une renaissance culturelle comme l’Occident n’en connaĂźtra aucune autre «avant des siĂšcles». Toujours fan de musique, elle n’hĂ©site pas Ă  faire l’aller-retour Ă  Las Vegas quand Dion (DiMucci), sa deuxiĂšme idole de jeunesse, passe y donner un tour de chant. Evidemment, en octobre, elle Ă©tait dans le public de Desert Trip, premier festival de «grandpa rockers», qui rĂ©unissait les Rolling Stones, The Who, Paul McCartney, Neil Young et Bob Dylan, et que des mĂ©chantes plumes ont rebaptisĂ© «Oldchella». «C’était sublime. J’emmerde ceux qui pensent que c’était une rĂ©union de vieux croulants. SĂ©rieusement. Fuck them ! Ces vieux ont produit la meilleure musique jamais enregistrĂ©e ! Parle un peu aux jeunes filles, tu verras. Elles veulent toujours baiser Jimmy Page.»

Retrouvez le portrait consacrée à Pamela Des Barres sur le site de Libération

Olivier Lamm
Libération 5 décembre 2016

- La marque-page

Si vous vous demandez ce que vous faites de votre jeunesse, plongez plutÎt dans celle de Pamela Des Barres. Dans ses mémoires rééditées, la reine des groupies raconte la libération sexuelle des sixties avec le gratin de la scÚne rock. Chaud !

- Page punchline : « Je voulais dĂ©crocher une trĂšs bonne note au cours d’économie mĂ©nagĂšre pour faire la fiertĂ© de mes parents, mais les garçons et le rock’n’roll chamboulĂšrent mes prioritĂ©s. » p.18

- Page turner : Ă  la page 24, elle vit son premier french kiss et l’ado fantasque de L.A qui rĂȘve d’épouser Paul Mc Cartney va vite se muer en stalkeuse de rock stars, qu’elle harponne Ă  la sortie des concerts ou des clubs.

- Être Ă  la page : mettre dans son lit Jim Morrison (manquant de se faire Ă©trangler par la rĂ©guliĂšre de ce dernier), Frank Zappa, Jimmy Page (dont elle fut trĂšs amoureuse), Keith Moon et mĂȘme Mick Jagger, ça c’est du tableau de chasse.

- Tourner la page : comment se reconvertir une fois qu’on s’est tapĂ© tous les groupes de rock ? L’auteure a bien exploitĂ© le filon : depuis la sortie originelle du livre en 1987, elle en a Ă©crit trois autres dans le mĂȘme esprit. Elle publie aussi des articles et anime des ateliers d’écriture. Moins rock’n’roll.

Sophie Rosemont
Stylist 29 septembre 2016

- "I'm With The Band" : les mémoires savoureuses de la groupie la plus cool des 60's

Un vent de rock’n‘roll souffle sur cet automne et on le doit Ă  la réédition d’un livre culte : I’m With The Band – Confessions d’une groupie, de Pamela De Barres. Entre tĂ©moignage et archive, cette autobiographie raconte la montĂ©e en puissance du rock Ă  la fin des sixties, et surtout, place au centre de ce tourbillon une jeune femme qui allait devenir l’amante et la muse des plus cĂ©lĂšbres rockstars. Un livre qui sent bon les paillettes, le sexe et la sueur.

Peu connue sur notre territoire, la premiĂšre autobiographie de Pamela De Barres est pourtant entourĂ©e d’une aura de culte outre-Atlantique. Sorti en 1987 et finalement traduit chez nous en 2006 (ed. Le serpent Ă  plumes), le livre est rééditĂ© cet automne chez Le mot et le reste. PrĂšs de 30 ans aprĂšs sa premiĂšre parution, I’m With The Band pourrait ĂȘtre considĂ©rĂ© comme poussiĂ©reux, le tĂ©moignage d’une Ă©poque rĂ©volue qui n’intĂ©ressera plus qu’une poignĂ©e de passionnĂ©s. Mais on aurait tort de passer Ă  cĂŽtĂ© de ces Confessions d’une groupie. D’abord parce qu’elles documentent avec beaucoup de lĂ©gĂšretĂ© la crĂ©ation des plus grands groupes de rock de tous les temps, ensuite parce qu’elles manifestent de la construction d’une jeune femme qui allait devenir une pionniĂšre de la libĂ©ration sexuelle. AprĂšs la publication dĂ©but septembre de deux romans s’intĂ©ressant chacun Ă  leur façon aux “girls” de Charles Manson, la réédition de I’m With The Band arrive comme un Ă©cho fun et dĂ©sinvolte Ă  ces Ɠuvres littĂ©raires trĂšs sombres.

Drogues, rock’n‘roll et beaucoup de sexe

“A chaque fois que je vois ces vieilles images en noir et blanc oĂč Elvis est tondu pour les beaux yeux de l’Oncle Sam, j’ai des frissons”. Ainsi commence le rĂ©cit de Pamela De Barres, nĂ©e Ă  Resada en Californie. Pamela, une jeune fille bien de son Ă©poque qui fantasmait sur les Beatles tout en portant sa virginitĂ© en Ă©tendard. Comme beaucoup de ses amies, elle aurait pu grandir, dĂ©coller les posters de Paul de sa chambre d’ado, rencontrer un bon garçon et se marier. Mais les artistes avaient la main mise sur son petit coeur. Un petit cƓur qui finit par exploser Ă  la dĂ©couverte des Rolling Stones, “des garçons sales et dĂ©braillĂ©s “ dont la musique lui firent escalader “ de nouveaux sommets d’abandon adolescent”. On vous laisse imaginer.

Pamela De Barres a fait les bonnes rencontres. Ses parents Ă©taient plutĂŽt laxistes pour l’époque, et elle a donc pu se bĂątir sa propre identitĂ©, loin des carcans imposĂ©s par la sociĂ©tĂ© aux jeunes filles des sixties. Une fois le lycĂ©e terminĂ© (en 1966), elle a quittĂ© Resada pour Sunset Strip. LĂ -bas, elle s’est fait des amies aussi dĂ©lurĂ©es qu’elle, passait ses soirĂ©es au Whisky a Go Go, et se faisait remarquer par de jeunes rockstars en herbe. Prise sous l’aile de Frank Zappa, la blondinette a mĂȘme intĂ©grĂ© le premier groupe de groupies, les GTO (pour Girls Together Outrageously). ComposĂ© de sept filles ultra cool, le groupe a donnĂ© naissance Ă  un seul et unique album en 1969, Permanent Damage.
Mais grĂące aux GTO et parce que dans les annĂ©es 60, rencontrer des rockstars Ă©tait facile, Pamela De Barres nĂ©e Miller, est devenue l’amante et la muse des plus grands. Rouler des pelles Ă  Jim Morrison avant que les Doors ne sortent leur premier album ? Check. Partager la couche de Noel Redding, le bassiste de The Jimi Hendrix Experience ? Check. Devenir la petite-amie de Jimmy Page ? Triple check. Avec dĂ©lice et beaucoup d’autodĂ©rision, l’ancienne groupie se souvient de cette Ă©poque oĂč elle a vendu son Ăąme au rock’n‘roll et Ă  ceux qui construisaient sa lĂ©gende. I’m With The Band est bourrĂ© d’anecdotes mais Pamela De Barres le fait toujours avec beaucoup de bienveillance. Elle en a vu des rockstars se droguer, bouffer la vie comme s’il n’existait aucune limite. Et elle n’a pas seulement assistĂ© Ă  tout ça, elle y a pris part. Ses soirĂ©es de folie avec Keith Moon, le batteur le plus barrĂ© mais aussi le plus triste de sa gĂ©nĂ©ration, ses multiples orgasmes offerts par la bouche et le corps de Mick Jagger
 les mĂ©moires de celle que les pop stars surnommaient Miss Pamela ont de quoi faire frissonner d’envie les fans de Justin Bieber.

Plus qu’une groupie, une icîne

RĂ©duire I’m With The Band a ses dĂ©tails croustillants serait une erreur. L’autobiographie de Pamela De Barres porte aussi un regard tendre et intime sur la fin des sixties et le dĂ©but des seventies. Surtout, le livre est le tĂ©moignage du passage de l’adolescence Ă  l’ñge adulte d’une jeune fille Ă©prise de libertĂ©. A coup d’extraits de son journal intime ou de courriers, on voit Miss Pamela mĂ»rir, passer de l’amoureuse qui se languit Ă  une femme beaucoup plus sĂ»re d’elle. Sans s’en rendre vraiment compte Ă  l’époque, la Californienne a participĂ© Ă  la rĂ©volution sexuelle. Elle faisait l’amour, elle adorait ça, et elle ne s’est jamais souciĂ©e du jugement des autres. Digne reprĂ©sentante d’un fĂ©minisme totalement dĂ©complexĂ©, elle poussa mĂȘme sa passion du sexe et du rock’n‘roll encore plus loin en publiant en 2007 un livre bourrĂ© de tĂ©moignages autour des groupies et des histoires qu’elles ont vĂ©cu avec leurs idoles : Let’s Spend The Night Together. Un titre Ă©vocateur et clin d’Ɠil non dissimulĂ© Ă  ses nuits brĂ»lantes dans les draps de Mick Jagger.
Un peu chanteuse, un peu actrice, auteure de cinq ouvrages sur le rock, inspiration de Kate Hudson pour son personnage de groupie dans le cultissime Presque cĂ©lĂšbre, Pamela De Barres ne s’est pas seulement offert des parties de jambes en l’air avec des rockstars, elle est devenue elle-mĂȘme une icĂŽne. Trente ans aprĂšs leur premiĂšre publication, ses confessions n’ont pas pris une ride. Rock’n‘roll forever.

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AnaĂŻs Orieul
Terra Femina 30 septembre 2016