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Parution : 23/08/2024
ISBN : 9782384314195
432 pages (148 x 210)

28 €

Cured - Nouvelle édition

Two Imaginary Boys

L’autobiographie du co-fondateur des Cure.

Dans cet ouvrage, Lol Tolhurst, co-fondateur, co-parolier et ami de longue date de Robert Smith, raconte l’histoire de Cure et livre l’unique tĂ©moignage du groupe qui aura aidĂ© plusieurs gĂ©nĂ©rations d’adolescents Ă  surmonter leurs angoisses. Tolhurst s’est replongĂ©
dans leurs annĂ©es de gloire (1976–1989) pour en tirer l’histoire inĂ©dite de Cure, levant le voile sur le fascinant Robert Smith. Depuis l’enfance de Smith et Tolhurst jusqu’à l’apogĂ©e du groupe, Cured surprend autant qu’il Ă©claire le lecteur. RĂ©vĂ©lant les hauts et les bas de cette histoire hors-norme qui constitua sa vie, Lol Tolhurst revient sur son parcours personnel, portĂ© au triomphe puis dans une profonde dĂ©tresse avant de trouver le pardon et la rĂ©demption.

• Lire un extrait

Revue de presse

CURED, TWO IMAGINARY BOYS Didier Ambact Batteur/batterie magazine
CURED, TWO IMAGINARY BOYS Didier Ambact Batteur/batterie magazine
Cured - Two Imaginary Boys de Lol Tolhurst Jean-Christophe Mary Micmag 21 novembre 2024
Lol Tolhurst / Cured Vincent Caffiaux Star Wax Novembre 2024
The Cure: les 9 incontournables d'une carriĂšre incroyable Luc LorfĂšvre Moustique 29 octobre 2024
- Cured Pascal Julou Abus dangereux juil.-sept. 2017
- Cured Jean-Christophe Mary TouteLaCulture.com 10 mai 2017
TouteLaCulture.com
- Les années Cure racontées par le batteur et clavier du groupe Jean-Christophe Mary France Net Infos 12 mai 2017
Interview de Lol Tolhurst - The Cure Ă  vie Thomas Mafrouche Plugged avril-mai 2017
- Dans «Cured» Lol Tholhurst, batteur et clavier de The Cure se mets à nu et raconte ses années au sein du groupe. Jean-Christophe Mary BSC News Mai 2017
- Cured, Two Imaginary Boys Goûte Mes Disques 10 mai 2017
- Cured, Two Imaginary Boys Pascal Julou Foutraque.com 2 mai 2017
- « Cured » ou les mémoires émouvantes de Lol Tolhurst Ivlo Dark addict-culture.com 21 mars 2017
- Cured Lyonel Sasso Magic mars - avril 2017
- Cured la chronique Éric Chouan Chog radio // Mission Encre noire 7 mars 2017
- Backstage Frédéric Isoletta Zibeline mars 2017
- Interview de Lol Tolhurst François Barras 24 Heures 25 février 2017
- Cured David Blot & Jean Rouzaud Nova // Le Nova club 16 février 2017
- "C'est la vérité". The Cure, entretien avec Lol Tolhurst JérÎme Reijasse Rock&Folk Mars 2017
- Un homme imaginaire P.B Yonne Mag 18 février 2017
- The Cure : gothiques cools Jean Rouzaud novaplanet.com 13 février 2017
- Cured MÀx Lachaud Obskure Magazine Février 2017

CURED, TWO IMAGINARY BOYS

“Le batteur et cofondateur de The Cure nous livre ici une autobiographie pleine d’émotions Ă  des annĂ©es-lumiĂšre du sensationnalisme habituel pour ce genre de littĂ©rature. On y apprend les dĂ©tails de sa rencontre avec Robert Smith et les dĂ©buts de la carriĂšre du groupe avec, malheureusement, les addictions qui le conduiront Ă  une descente aux enfers se terminant par son renvoi. Devenu trĂšs influençable, il se laissera convaincre d’intenter un procĂšs Ă  Smith
 qu’il perdra. Mais finalement, au bout du chemin, il y a la rĂ©demption.”

Didier Ambact
Batteur/batterie magazine

CURED, TWO IMAGINARY BOYS

“Le batteur et cofondateur de The Cure nous livre ici une autobiographie pleine d’émotions Ă  des annĂ©es-lumiĂšre du sensationnalisme habituel pour ce genre de littĂ©rature. On y apprend les dĂ©tails de sa rencontre avec Robert Smith et les dĂ©buts de la carriĂšre du groupe avec, malheureusement, les addictions qui le conduiront Ă  une descente aux enfers se terminant par son renvoi. Devenu trĂšs influençable, il se laissera convaincre d’intenter un procĂšs Ă  Smith
 qu’il perdra. Mais finalement, au bout du chemin, il y a la rĂ©demption.”

Didier Ambact
Batteur/batterie magazine

Cured - Two Imaginary Boys de Lol Tolhurst

“Batteur devenu clavier du groupe, Lol Tolhurst s’est replongĂ© dans leurs annĂ©es de gloire (1976-1989) pour en tirer l’histoire inĂ©dite de Cure. RĂ©vĂ©lant les hauts et les bas de cette histoire hors-norme que fut sa vie au sein de The Cure, il nous livre son parcours personnel, portĂ© au triomphe puis dans une profonde dĂ©tresse avant de trouver la rĂ©demption.”

A lire en intégralité

Jean-Christophe Mary
Micmag 21 novembre 2024

Lol Tolhurst / Cured

“RééditĂ© par Le Mot et le Reste, Cured-Two Imaginary Boys offre une immersion saisissante dans la vie de loi Tohurst, l’un des membres fondateurs de The Cure. Proche du lecteur (on croirait parfois entendre un camarade confier ses anecdotes), le barreur et claviĂ©riste britannique Ă©voque naturellement les dĂ©buts du rombo Ă  Crawley, une citĂ© grisĂątre proche de Londres, et l’ennui qui va de pair. (
) Point fort de ce tĂ©moignage, les coulisses sont largement
restituĂ©es : loi Tolhurst narre ainsi les tournĂ©es incessantes et le train de vie inhĂ©rent, Ă  commencer par un alcoolisme galopant. (
) C’est avant la phase de guĂ©rison, un parcours situĂ© aux confins du mysticisme et incarnĂ© par l’inĂ©vitable pĂ©riode de soins, l’exil en Californie puis le retour en grĂące, au sein de sa formation de toujours. Chaudement conseillĂ©.”

Vincent Caffiaux
Star Wax Novembre 2024

The Cure: les 9 incontournables d'une carriĂšre incroyable

“De l’hymne A Forest au sommet “Disintegration” en passant par l’inĂ©dit Burn. Retour sur les rĂ©fĂ©rences essentielles de The Cure. (
) Traduite en français aux Ă©ditions Le mot et le reste, l’autobiographie de Lol Tolhurst, membre fondateur du groupe en 1976, virĂ© pour alcoolisme aggravĂ© par Robert Smith en 1989, est le seul ouvrage permettant de vivre le dĂ©but de l’histoire de l’intĂ©rieur. Un rĂ©cit plein d’émotion oĂč les bons souvenirs se mĂȘlent aux regrets, Ă  la dĂ©tresse et finalement Ă  la rĂ©demption. Sans y participer, Robert Smith a validĂ© le projet.”

A lire in intégralité

Luc LorfĂšvre
Moustique 29 octobre 2024

- Cured

Cured, Two Imaginary Boys est la premiĂšre biographie Ă©crite par un membre des Cure. Lol Tolhurst, un des membres fondateurs, Ă  la batterie, puis au synthĂ©, a fait partie des Cure de 1976 Ă  1989 – de l’album Three Imaginary Boys Ă  Disintegration, leur meilleure pĂ©riode discographique. Pour raconter sa vie au sein des Cure, Loi Ă©crit d’une façon simple. Pas d’humour (Ă  l’inverse de la bio de Peter Hook pour son fabuleux Unknown Pleasures, Joy Division vu de l’intĂ©rieur), mais de la rĂ©demption (le dernier chapitre), des dĂ©ceptions, un bilan mitigĂ©, mais aussi fort heureusement beaucoup de bons moments (les 3/4 du livre). Loi connait Robert Smith depuis l’enfance, lorsqu’ils Ă©taient voisins Ă  Crawley, une ville nouvelle de la banlieue de Londres. Ils ont grandi ensemble, créé le groupe, dĂ©couvert le business impitoyable de la musique rock. S’il ne rentre pas dans le dĂ©tail de la crĂ©ation et de l’écriture des albums, sauf pour Kiss Me, Kiss Me enregistrĂ© dans le sud de la France, il s’attarde sur les concerts, les tournĂ©es, les fĂȘtes, les afters. Lol aime partir en tournĂ©e et dĂ©couvrir le monde. Chose qu’il n’aurait pas connu s’il Ă©tait restĂ© vivre Ă  Crawley en travaillant Ă  l’usine. Il parle peu des groupes de la mĂȘme Ă©poque. Il dit juste que Wire fut une influence. Il parle de sa famille, Ă©voquant la mort de sa mĂšre au moment de Faith, son milieu social, ses rencontres amoureuses et surtout de Robert Smith, son meilleur ami, qui l’a virĂ© du groupe en 1989. Suivra un procĂšs qu’il va perdre et des longues annĂ©es sans contact avec Robert, Simon Gallup et les autres membres du groupe. Fort heureusement, ils ont fini par se rĂ©concilier. Il parle aussi de l’aprĂšs Cure avec Presence puis Levinhurts, créé avec sa 2^e^ femme. Si vous ĂȘtes fan des Cure, cette bio, malgrĂ© ses petites imperfections, est vivement recommandĂ©e, pour percer un peu de l’intĂ©rieur les mystĂšres « du dernier grand groupe de rock anglais » dixit Robert Plant de Led Zeppelin.

Pascal Julou
Abus dangereux juil.-sept. 2017

- Cured

« CUREDLOLTHOLHURST », LE PARCOURS DU GROUPEQUI A INVENTÉ LE ROCKGOTHIQUERACONTÉ DE L’INTÉRIEUR

Pour la premiĂšre fois depuis les trente-sept ans d’existence de Cure, un des membres de la premiĂšre heure raconte leur histoire, le co-fondateur, co-parolier et ami d’enfance du leader Robert Smith : Lol Tolhurst. Batteur devenu clavier du groupe, le musicien s’est replongĂ© dans leurs annĂ©es de gloire (1976-1989) pour en tirer l’histoire inĂ©dite de Cure.

Révélant les hauts et les bas de cette histoire hors-norme que fut sa vie au sein de The Cure, Lol Tolhurst revient sur son parcours personnel, porté au triomphe puis dans une profonde détresse avant de trouver la rédemption.

Durant une dĂ©cennie (1976 Ă  1989 !), The Cure va rĂ©volutionner les canons de la musique new wave et lui insuffler une bonne dose de folk pop gothique et de rock psychĂ©dĂ©lique. Des cheveux hirsutes- la coiffure arachnĂ©enne de Robert Smith- au teint blafard, vĂȘtements amples et sombres, The Cure invente aussi l’imagerie du rock gothique new wave des 80’s. Sans oublier les fameuses sĂ©ances de beuverie et drogues parties qui font partie de la vie quotidienne du groupe en tournĂ©e. C’est au milieu des 60’s que Lol Tolhurst rencontre Robert Smith. Ils ont cinq ans. Cette solide amitiĂ© qui se construit Ă  l’école, au collĂšge et se prolonge dans la maison familiale des Smith donnera naissance Ă  la formation mythique que l’on connait. La rĂ©bellion, cette envie d’ĂȘtre diffĂ©rents qui unit les deux jeunes gens, vont ĂȘtre le dĂ©clencheur de ce qui deviendra Thye Cure, l’un des groupes les plus vĂ©nĂ©rĂ©s de sa gĂ©nĂ©ration. Pourtant rien n’était gagnĂ© pour ces adolescents issus de Crawley, une bourgade du sud de Londres oĂč rĂšgnent ennui, chĂŽmage et tensions sociales. Lol Tolhurst raconte de l’intĂ©rieur l’épopĂ©e du groupe qui exercera une influence majeur sur cette jeunesse anglaise qui s’ennuie ferme dans l’Angleterre ThatchĂ©rienne des 80’s.

On suit pas Ă  pas les rĂ©pĂ©tions longues et douloureuses oĂč ils travaillent leurs instruments- Robert Ă  la guitare et Lol Ă  la batterie (puis plus tard aux claviers), leur premier concert le 20 dĂ©cembre 1976 sous le nom de Malice, avant qu’ils optent pour Easy Cure et finalement The Cure.

CĂŽtĂ© anecdote, on apprend que Lol souffre du manque de considĂ©rations de ses parents alors que Robert est issue d’une famille soudĂ©e et aimante. Lol se verra adjoindre un second batteur Roger O’Donnell en raison de de son incapacitĂ© Ă  jouer sur scĂšne car trop ivre. L’auteur sera finalement remerciĂ© par Robert Smith en raison de cet alcoolisme sĂ©vĂšre aprĂšs l’enregistrement de « Disintegration ». On dĂ©couvre des anecdotes intĂ©ressantes, parfois drĂŽles, comme leur premiĂšre erreur de signature avec un label allemand puis la rencontre avec Chris Parry crĂ©ateur du label Fiction Records en 1978. D’autres plus cocasses comme cet « incident » oĂč complĂ©tement ivre Lol urine sur Billy Idol dans les toilettes d’une logs , d’autres moins amusantes telles les altercations constantes de Robert avec les skinhead.

On dĂ©couvre son Ă©viction du groupe suite Ă  son alcoolisme paralysant et le douloureux procĂšs qui suivi , procĂšs qu’il perdra finalement contre son ami Robert Smith. Au fil des pages on est Ă©mu par cette belle dynamique et de cette profonde amitiĂ© que Robert Smith et lui ont su dĂ©veloppĂ© au cours de toutes ces annĂ©es. Un ouvrage qui alterne passages drĂŽles et Ă©mouvants et dresse un portrait Ă©mouvant de l’histoire du groupe.

Lire l’article sur TLC.com

Jean-Christophe Mary
TouteLaCulture.com 10 mai 2017

« CUREDLOLTHOLHURST », LE PARCOURS DU GROUPEQUI A INVENTÉ LE ROCKGOTHIQUERACONTÉ DE L’INTÉRIEUR

Pour la premiĂšre fois depuis les trente-sept ans d’existence de Cure, un des membres de la premiĂšre heure raconte leur histoire, le co-fondateur, co-parolier et ami d’enfance du leader Robert Smith : Lol Tolhurst. Batteur devenu clavier du groupe, le musicien s’est replongĂ© dans leurs annĂ©es de gloire (1976-1989) pour en tirer l’histoire inĂ©dite de Cure.

Révélant les hauts et les bas de cette histoire hors-norme que fut sa vie au sein de The Cure, Lol Tolhurst revient sur son parcours personnel, porté au triomphe puis dans une profonde détresse avant de trouver la rédemption.

Durant une dĂ©cennie (1976 Ă  1989 !), The Cure va rĂ©volutionner les canons de la musique new wave et lui insuffler une bonne dose de folk pop gothique et de rock psychĂ©dĂ©lique. Des cheveux hirsutes- la coiffure arachnĂ©enne de Robert Smith- au teint blafard, vĂȘtements amples et sombres, The Cure invente aussi l’imagerie du rock gothique new wave des 80’s. Sans oublier les fameuses sĂ©ances de beuverie et drogues parties qui font partie de la vie quotidienne du groupe en tournĂ©e. C’est au milieu des 60’s que Lol Tolhurst rencontre Robert Smith. Ils ont cinq ans. Cette solide amitiĂ© qui se construit Ă  l’école, au collĂšge et se prolonge dans la maison familiale des Smith donnera naissance Ă  la formation mythique que l’on connait. La rĂ©bellion, cette envie d’ĂȘtre diffĂ©rents qui unit les deux jeunes gens, vont ĂȘtre le dĂ©clencheur de ce qui deviendra Thye Cure, l’un des groupes les plus vĂ©nĂ©rĂ©s de sa gĂ©nĂ©ration. Pourtant rien n’était gagnĂ© pour ces adolescents issus de Crawley, une bourgade du sud de Londres oĂč rĂšgnent ennui, chĂŽmage et tensions sociales. Lol Tolhurst raconte de l’intĂ©rieur l’épopĂ©e du groupe qui exercera une influence majeur sur cette jeunesse anglaise qui s’ennuie ferme dans l’Angleterre ThatchĂ©rienne des 80’s.

On suit pas Ă  pas les rĂ©pĂ©tions longues et douloureuses oĂč ils travaillent leurs instruments- Robert Ă  la guitare et Lol Ă  la batterie (puis plus tard aux claviers), leur premier concert le 20 dĂ©cembre 1976 sous le nom de Malice, avant qu’ils optent pour Easy Cure et finalement The Cure.

CĂŽtĂ© anecdote, on apprend que Lol souffre du manque de considĂ©rations de ses parents alors que Robert est issue d’une famille soudĂ©e et aimante. Lol se verra adjoindre un second batteur Roger O’Donnell en raison de de son incapacitĂ© Ă  jouer sur scĂšne car trop ivre. L’auteur sera finalement remerciĂ© par Robert Smith en raison de cet alcoolisme sĂ©vĂšre aprĂšs l’enregistrement de « Disintegration ». On dĂ©couvre des anecdotes intĂ©ressantes, parfois drĂŽles, comme leur premiĂšre erreur de signature avec un label allemand puis la rencontre avec Chris Parry crĂ©ateur du label Fiction Records en 1978. D’autres plus cocasses comme cet « incident » oĂč complĂ©tement ivre Lol urine sur Billy Idol dans les toilettes d’une logs , d’autres moins amusantes telles les altercations constantes de Robert avec les skinhead.

On dĂ©couvre son Ă©viction du groupe suite Ă  son alcoolisme paralysant et le douloureux procĂšs qui suivi , procĂšs qu’il perdra finalement contre son ami Robert Smith. Au fil des pages on est Ă©mu par cette belle dynamique et de cette profonde amitiĂ© que Robert Smith et lui ont su dĂ©veloppĂ© au cours de toutes ces annĂ©es. Un ouvrage qui alterne passages drĂŽles et Ă©mouvants et dresse un portrait Ă©mouvant de l’histoire du groupe.

Lire l’article sur TLC.com

TouteLaCulture.com

- Les années Cure racontées par le batteur et clavier du groupe

« Killing An Arab, Let’s Go to Bed, The Walk et Love Cats In between Days, Close To me Just Like Heaven, ou Lovesong
des tubes de Cure et quels tubes !

Pour la premiĂšre fois depuis les trente-sept ans d’existence de Cure, un des membres de la premiĂšre heure raconte leur histoire, le co-fondateur, co-parolier et ami d’enfance du leader Robert Smith : Lol Tolhurst. Batteur devenu clavier du groupe, le musicien s’est replongĂ© dans leurs annĂ©es de gloire (1976-1989) pour en tirer l’histoire inĂ©dite de Cure.

Révélant les hauts et les bas de cette histoire hors-norme que fut sa vie au sein de The Cure, Lol Tolhurst revient sur son parcours personnel, porté au triomphe puis dans une profonde détresse avant de trouver la rédemption.

Durant une dĂ©cennie (1976 Ă  1989 !), The Cure va rĂ©volutionner les canons de la musique new wave et lui insuffler une bonne dose de folk pop gothique et de rock psychĂ©dĂ©lique. Des cheveux hirsutes- la coiffure arachnĂ©enne de Robert Smith- au teint blafard, vĂȘtements amples et sombres, The Cure invente aussi l’imagerie du rock gothique new wave des 80’s. Sans oublier les fameuses sĂ©ances de beuverie et drogues parties qui font partie de la vie quotidienne du groupe en tournĂ©e. C’est au milieu des 60’s que Lol Tolhurst rencontre Robert Smith. Ils ont cinq ans. Cette solide amitiĂ© qui se construit Ă  l’école, au collĂšge et se prolonge dans la maison familiale des Smith donnera naissance Ă  la formation mythique que l’on connait. La rĂ©bellion, cette envie d’ĂȘtre diffĂ©rents qui unit les deux jeunes gens, vont ĂȘtre le dĂ©clencheur de ce qui deviendra Thye Cure, l’un des groupes les plus vĂ©nĂ©rĂ©s de sa gĂ©nĂ©ration. Pourtant rien n’était gagnĂ© pour ces adolescents issus de Crawley, une bourgade du sud de Londres oĂč rĂšgnent ennui, chĂŽmage et tensions sociales. Lol Tolhurst raconte de l’intĂ©rieur l’épopĂ©e du groupe qui exercera une influence majeur sur cette jeunesse anglaise qui s’ennuie ferme dans l’Angleterre ThatchĂ©rienne des 80’s.

On suit pas Ă  pas les rĂ©pĂ©tions longues et douloureuses oĂč ils travaillent leurs instruments- Robert Ă  la guitare et Lol Ă  la batterie (puis plus tard aux claviers), leur premier concert le 20 dĂ©cembre 1976 sous le nom de Malice, avant qu’ils optent pour Easy Cure et finalement The Cure.

CĂŽtĂ© anecdote, on apprend que Lol souffre du manque de considĂ©rations de ses parents alors que Robert est issue d’une famille soudĂ©e et aimante. Lol se verra adjoindre un second batteur Roger O’Donnell en raison de de son incapacitĂ© Ă  jouer sur scĂšne car trop ivre. L’auteur sera finalement remerciĂ© par Robert Smith en raison de cet alcoolisme sĂ©vĂšre aprĂšs l’enregistrement de « Disintegration ». On dĂ©couvre des anecdotes intĂ©ressantes, parfois drĂŽles, comme leur premiĂšre erreur de signature avec un label allemand puis la rencontre avec Chris Parry crĂ©ateur du label Fiction Records en 1978. D’autres plus cocasses comme cet « incident » oĂč complĂ©tement ivre Lol urine sur Billy Idol dans les toilettes d’une logs , d’autres moins amusantes telles les altercations constantes de Robert avec les skinhead.

On dĂ©couvre son Ă©viction du groupe suite Ă  son alcoolisme paralysant et le douloureux procĂšs qui suivi , procĂšs qu’il perdra finalement contre son ami Robert Smith. Au fil des pages on est Ă©mu par cette belle dynamique et de cette profonde amitiĂ© que Robert Smith et lui ont su dĂ©veloppĂ© au cours de toutes ces annĂ©es. Un ouvrage qui alterne passages drĂŽles et Ă©mouvants et dresse un portrait Ă©mouvant de l’histoire du groupe.

Lire l’article sur le site de France Net Infos

Jean-Christophe Mary
France Net Infos 12 mai 2017

Interview de Lol Tolhurst - The Cure Ă  vie

Membre fondateur de The Cure, Laurence Tolhurst, aka Lol, a jouĂ© sur les plus grands disques du groupe. Jusqu’à ce qu’il se fasse Ă©jecter en 1989, pour abus de boisson. Presque trente ans aprĂšs le drame de sa vie, le musicien publie ses mĂ©moires, Cured : Two Imaginary Boys, et en profite au passage pour se rĂ©concilier avec lui-mĂȘme. De passage Ă  Paris, nous avons rencontrĂ© ce trĂšs discret personnage, mais ĂŽ combien important dans la discographie de la formation culte !

Ce livre nous est apparu comme un acte de rĂ©demption. Vous y abordez avec beaucoup d’honnĂȘtetĂ© les moments trĂšs difficiles que vous avez vĂ©cu Ă  la fin des 80’s, notamment cette addiction Ă  l’alcool qui vous a conduit Ă  quitter The Cure en 1989. Ce livre Ă©tait-il un moyen de faire la paix avec vous-mĂȘme ?

Lol Tolhurst : C’est tout Ă  fait ça. Quand l’idĂ©e de ce livre a germĂ©, la premiĂšre chose que j’ai eu envie de faire, c’est de raconter ma vie afin de me permettre de la comprendre moi-mĂȘme, de l’analyser avec du recul. Je n’ai jamais vraiment pris le temps de m’asseoir et de rĂ©flĂ©chir Ă  tout ce qui m’est arrivĂ©. Et c’est important, parfois, de regarder en arriĂšre. Ça aide Ă  comprendre comment on en est arrivĂ© lĂ . RĂ©flĂ©chir Ă  tout ça m’a apportĂ© un nouvel Ă©clairage sur ma vie, ça m’a aussi permis de me rĂ©concilier avec beaucoup de choses. Avec The Cure et Robert Smith, Ă©videmment, mais aussi avec mon pĂšre et ma mĂšre. C’était une expĂ©rience trĂšs profonde, trĂšs Ă©goĂŻste aussi, mais elle m’a Ă©tĂ© d’une grande aide, parce qu’elle m’a amenĂ© une certaine sĂ©rĂ©nitĂ©.

Pourquoi avoir écrit ce livre maintenant, et pas plus tÎt ?

L. T. : Vous pourrez vous-mĂȘme rĂ©pondre Ă  cette question quand vous aurez mon Ăąge [il vient de fĂȘter ses 58 ans, NdR] ! Je peux vous dire que si j’avais Ă©crit ce livre il y a dix, ou vingt ans, il n’aurait pas Ă©tĂ© aussi bon. Et certainement pas aussi honnĂȘte ! Parce qu’il y a de la distance entre aujourd’hui et mes problĂšmes de l’époque, avec l’alcool et avec Robert Smith. C’est presque comme si tout cela s’était dĂ©roulĂ© dans une autre vie ! J’en suis dĂ©sormais dĂ©tachĂ©. Faire ce livre m’a aidĂ© Ă  remettre les choses en ordre dans ma tĂȘte, Ă  les comprendre avec luciditĂ©. Ce que j’aurais Ă©tĂ© bien incapable de faire dans les 90’s. À ce moment-lĂ , j’avais trop de rancƓur, de fureur et de regrets en moi. Je n’étais pas capable de voir les choses avec discernement. Finalement, ces sentiments se sont estompĂ©s avec le temps, et de mon histoire avec The Cure, il ne reste aujourd’hui que de l’amour. De l’amour pour ce groupe, pour Robert Smith et pour les choses merveilleuses que nous avons accomplies ensemble.

LA FORCE D’UNE AMITIÉ

Effectivement, dans ce livre, il y a beaucoup d’amour et de tendresse pour Robert Smith. Une amitiĂ© qui a dĂ©marrĂ© lors de votre tout premier jour d’école, en maternelle.

L. T. : Vous savez, avec Robert nous avons grandi en Angleterre dans les 70’s, une Ă©poque trĂšs dure, qui portait encore beaucoup de stigmates de la guerre. Une Ă©poque oĂč les hommes devaient ĂȘtre viriles et forts. Et avec Robert, on s’est toujours battu contre ça. C’est l’idĂ©e derriĂšre le fameux Boys Don’t Cry (rires). Et quand les gens me demandent pourquoi la musique de The Cure est si spĂ©ciale, si importante aux yeux de toute une gĂ©nĂ©ration, je crois que c’est parce qu’elle a permis aux jeunes hommes de l’époque d’accepter leurs Ă©motions, de ne pas se cacher derriĂšre des postures misogynes. Je voulais que ce livre raconte toute la force de notre amitiĂ©, que deux hommes peuvent ĂȘtre proches et avoir beaucoup d’amour l’un pour l’autre. Robert a chamboulĂ© ma vie entiĂšre, il est au centre de mon existence.

On comprend à la lecture de ces mémoires que vous avez toujours été là pour lui, comme lorsque vous le protégiez lors des bagarres de rue avec des skinheads récalcitrants. Avec le recul, ne pensez- vous pas que vous avoir renvoyé de The Cure a aussi été, pour Robert, un moyen de vous protéger à son tour ?

L. T. : C’est la maniĂšre dont je vois les choses aujourd’hui, vous avez raison. Je ne l’ai pas compris sur le moment, bien sĂ»r, parce que j’avais trop de colĂšre en moi, mais c’est l’une des rĂ©vĂ©lations que j’ai eu en Ă©crivant ce bouquin. J’en ai parlĂ© il y a quelque temps avec Robert, et je lui ai dit : « Tu sais, je crois que si tu ne m’avais pas virĂ© du groupe, je serais mort aujourd’hui ». À la fin des 80’s, je me suis laissĂ© emporter par l’enfer des tournĂ©es et tous les excĂšs. Je n’aurais sincĂšrement pas survĂ©cu Ă  une autre tournĂ©e avec The Cure.

L’ENFER DE PORNOGRAPHY

Dans ce livre, vous partagez le sentiment de beaucoup de fans de The Cure Ă  propos de l’importance de l’album Pornography. Le groupe Ă©tait alors composĂ© de Robert Smith, du bassiste Simon Gallup et de vous. Pensez-vous que ce trio est la meilleure chose qui soit arrivĂ©e Ă  The Cure ?

L. T. : J’en suis persuadĂ©. Pour moi, ce fut le line-up idĂ©al. Juste derriĂšre, je mettrais celui de Kiss Me, Kiss Me, Kiss Me, avec l’ajout de mon ami d’enfance Porl Thompson. Mais pour en revenir Ă  Pornography, nous avons atteint Ă  ce moment prĂ©cis le pic de puissance de toute la carriĂšre du groupe. Puissant en termes de son et d’émotions. Mais faire ce disque a Ă©tĂ© une expĂ©rience pour le moins intense. C’était une sorte de descente aux enfers, un terreau trĂšs noir dont est sorti quelque chose d’infiniment beau. Mais je ne pense pas que je pourrais refaire un tel disque aujourd’hui. C’était trop extrĂȘme, trop stressant. Nous venions de passer trois annĂ©es Ă©puisantes, en enchaĂźnant le studio et la scĂšne sans jamais prendre de vacances. Nous Ă©tions Ă  bout. À la fois physiquement, mais aussi mentalement. Et Ă  ce moment-lĂ , nous avons fait le choix suicidaire de vivre en communautĂ© afin d’écrire ce disque. Juste nous trois, Robert, Simon et moi. C’était une trĂšs mauvaise idĂ©e. Nous vivions les uns sur les autres, nous sautant Ă  la gorge dĂšs que nous en avions l’occasion. Ça nous a mis dans un Ă©tat de dĂ©tresse psychologique qui a beaucoup jouĂ© dans la noirceur de Pornography. D’ailleurs, ce n’est pas un hasard si Simon a quittĂ© le groupe juste aprĂšs. Il Ă©tait, tout comme nous tous, au bord du gouffre. Tout Ă©tait exacerbĂ© Ă  cette Ă©poque, et la moindre connerie pouvait dĂ©gĂ©nĂ©rer en baston. C’était extrĂȘmement violent. Et aprĂšs avoir terminĂ© cet album, nous avons tous pris conscience que les choses ne seraient plus jamais vraiment les mĂȘmes entre nous
 C’est un peu comme si nous avions sacrifiĂ© notre amitiĂ© pour faire ce disque.

Vous racontez bien ce climat de tension, notamment avec cette fameuse bagarre qui Ă©clata entre Simon et Robert, le 27 mai 1982, aprĂšs un concert de The Cure Ă  Strasbourg. Quelle relation aviez-vous avec Simon Ă  l’époque ?

L. T. : (long silence) J’aime Simon de tout mon cƓur, parce qu’il a toujours Ă©tĂ© quelqu’un de vrai et d’honnĂȘte. Mais en ce temps-lĂ , j’avais parfois du mal Ă  gĂ©rer ses nombreux changements d’humeur. Il Ă©tait un peu bipolaire. Quand il Ă©tait dans un bon jour, c’était le type le plus adorable. Mais quand il Ă©tait mal lunĂ©, c’était une vĂ©ritable boule de nĂ©gativitĂ©. J’aimais une version de lui, et je dĂ©testais l’autre. RĂ©cemment, Simon m’a Ă©crit ces mots : « J’aurais aimĂ© que plus jeune, nous eĂ»mes Ă©tĂ© plus gentils l’un envers l’autre ». Ça m’a beaucoup touchĂ©, et ça m’a fait du bien. Plus je vieillis et plus je rĂ©alise que les gens avec lesquels j’ai grandi me connaissent mieux que quiconque. Robert, Simon et moi sommes devenus des hommes au mĂȘme moment, nous avons expĂ©rimentĂ© et vĂ©cu des choses importantes en mĂȘme temps. Peu importe le temps qui passe, la distance et les blessures, au fond nous serons toujours trois frĂšres.

BOWIEOUVRE LE CHAMPDESPOSSIBLES

Vous racontez aussi l’importance de David Bowie sur votre gĂ©nĂ©ration. Comme beaucoup d’autres futurs artistes, vous Ă©tiez devant votre tĂ©lĂ©viseur le 6 juillet 1972, lorsqu’il interprĂ©ta Starman dans l’émission Top Of The Pops.

L. T. : Cette performance a changĂ© ma vie Ă  jamais ! J’ai regardĂ© cette vidĂ©o sur YouTube il y a quelques jours, et les sensations sont toujours aussi fortes. C’était un extra-terrestre, c’est d’autant plus vrai lorsque vous regardez le public derriĂšre lui, sur le plateau TV. Il Ă©tait diffĂ©rent du reste du monde, ça saute aux yeux ! Robert et moi n’avions jamais vu une chose pareille, il irradiait quelque chose d’unique. David Bowie a Ă©tĂ© une sorte de dĂ©clic, comme si par magie, il nous avait soufflĂ© Ă  l’oreille l’idĂ©e de former un groupe. Et puis vous savez, il a grandi Ă  10km seulement de notre petite ville, alors le voir Ă  la TV, avec toute cette flamboyance, c’était aussi un moyen de nous rassurer et de nous conforter dans l’idĂ©e qu’un changement de vie Ă©tait possible. J’ai un ami qui a travaillĂ© sur la piĂšce Lazarus, Ă  Broadway, le dernier projet de David Bowie. Et quelques semaines avant son dĂ©cĂšs, David lui a offert une petite statuette de dauphin. Il lui a dit : « Je la porte avec moi depuis Berlin, c’est l’objet qui m’a inspirĂ© les paroles de la chanson Heroes. Je ne l’ai jamais quittĂ©, mais aujourd’hui je te le donne ». Je crois qu’il savait qu’il Ă©tait en train de mourir, et que distribuer ses objets personnels Ă©tait un moyen de remercier les gens qui comptaient pour lui. Une sorte de dernier sacrement


Il y a quelques annĂ©es, vous ĂȘtes apparu sur scĂšne aux cĂŽtĂ©s de The Cure. Le feriez-vous Ă  nouveau ?
L. T. : Ce n’est pas au programme, mais si Robert m’appelle, oui, avec plaisir ! Faire ce livre m’a appris que tout est possible, qu’il ne faut jamais dire jamais. Alors pourquoi pas ?

Les avez-vous sur scÚne récemment ?

L. T. : Oui, en mai dernier, Ă  Los Angeles. En discutant avec Robert, aprĂšs le concert, j’ai rĂ©alisĂ© Ă  quel point nous Ă©tions toujours aussi proches. On ne se voit pas beaucoup, mais lorsque c’est le cas, nous ne parlons pas de musique, ni de The Cure. Nous parlons juste de nos familles, parce que je connais la sienne et qu’il connaĂźt la mienne, et que c’est ce qui compte le plus Ă  nos yeux. Je crois que je suis la seule personne Ă  laquelle il peut se confier Ă  propos de ces sujets, trĂšs personnels.

Lui avez-vous donné le livre ?
L. T. : Oui, ce soir-lĂ , en mai.

Avez-vous eu un retour de sa part ?
L. T. : Non, parce qu’il est en tournĂ©e. Mais vous savez, quand quelque chose dĂ©plaĂźt Ă  Robert, vous ne tardez pas Ă  avoir de ses nouvelles. Alors comme on dit, pas de nouvelle, bonne nouvelle ! (rires)

The Cure VS The Smiths
Lol Tolhurst revient sur cette guerre sans merci que se livraient les fans de The Cure et de The Smiths dans les 80’s, en Angleterre : « Il y avait de grosses tensions entre les fans des deux groupes. Je crois que c’est un truc avec lequel a beaucoup jouĂ© Morrissey. Vous connaissez son sens de la provoc’, il a en quelque sorte entretenu ça
 À l’époque, si vous vouliez avoir un peu de notoriĂ©tĂ© en tant qu’artiste, il fallait vous attaquer Ă  Robert Smith. Ça marchait Ă  tous les coups. D’une certaine maniĂšre, cette guĂ©guerre avec The Cure a contribuĂ© Ă  la notoriĂ©tĂ© de The Smiths, en tout cas en Angleterre. Quoi qu’il en soit, ils Ă©crivaient eux-aussi pour les laissĂ©s pour compte, pour la jeunesse anglaise dĂ©sabusĂ©e. Il y a beaucoup de similitudes entre les deux groupes. Mais en ce qui me concerne, j’adore les albums de The Smiths, et aussi ceux de Morrissey. J’ai lu son autobiographie rĂ©cemment. J’ai surtout aimĂ© la premiĂšre partie, dans laquelle il dĂ©crit bien la vie Ă  Manchester Ă  l’époque. Mais j’ai un peu Ă©tĂ© agacĂ© par la seconde partie, dans laquelle il dĂ©verse sa haine et explique Ă  quel point il dĂ©teste telle ou telle chose. J’aurais prĂ©fĂ©rĂ© qu’il s’en tienne Ă  la musique. J’ai entendu dire qu’il avait refusĂ© de s’entourer d’un agent littĂ©raire. Il aurait mieux fait, car il l’aurait sans doute aidĂ© Ă  canaliser certaines choses. Mais que voulez-vous, je crois que personne n’est capable de canaliser Morrissey ! ».

Thomas Mafrouche
Plugged avril-mai 2017

- Dans «Cured» Lol Tholhurst, batteur et clavier de The Cure se mets à nu et raconte ses années au sein du groupe.

“Killing An Arab”, “Let’s Go to Bed”, “The Walk” et “Love Cats In between Days”, “Close To me Just Like Heaven”, ou “Lovesong“
des tubes et quels tubes !

Pour la premiĂšre fois depuis les trente-sept ans d’existence de Cure, un des membres de la premiĂšre heure raconte leur histoire, le co-fondateur, co-parolier et ami d’enfance du leader Robert Smith : Lol Tolhurst. Batteur devenu clavier du groupe, le musicien s’est replongĂ© dans leurs annĂ©es de gloire (1976-1989) pour en tirer l’histoire inĂ©dite de The Cure. RĂ©vĂ©lant les hauts et les bas de cette histoire hors-norme que fut sa vie au sein de The Cure, Lol Tolhurst revient sur son parcours personnel, portĂ© au triomphe puis dans une profonde dĂ©tresse avant de trouver la rĂ©demption.
Durant une dĂ©cennie (1976 Ă  1989 !), The Cure va rĂ©volutionner les canons de la musique new wave et lui insuffler une bonne dose de folk pop gothique et de rock psychĂ©dĂ©lique. Des cheveux hirsutes – la coiffure arachnĂ©enne de Robert Smith – au teint blafard, vĂȘtements amples et sombres, The Cure invente aussi l’imagerie du rock gothique new wave des 80’s. Sans oublier les fameuses sĂ©ances de beuverie et drug parties qui font partie de la vie quotidienne du groupe en tournĂ©e. C’est au milieu des 60’s que Lol Tolhurst rencontre Robert Smith. Ils ont cinq ans. Cette solide amitiĂ© qui se construit Ă  l’école, au collĂšge et se prolonge dans la maison familiale des Smith donnera naissance Ă  la formation mythique que l’on connait. La rĂ©bellion, cette envie d’ĂȘtre diffĂ©rents qui unit les deux jeunes gens, vont ĂȘtre le dĂ©clencheur de ce qui deviendra The Cure, l’un des groupes les plus vĂ©nĂ©rĂ©s de sa gĂ©nĂ©ration. Pourtant rien n’était gagnĂ© pour ces adolescents issus de Crawley, une bourgade du sud de Londres oĂč rĂšgnent ennui, chĂŽmage et tensions sociales. Lol Tolhurst raconte de l’intĂ©rieur l’épopĂ©e du groupe qui exercera une influence majeur sur cette jeunesse anglaise qui s’ennuie ferme dans l’Angleterre ThatchĂ©rienne des 80’s. On suit pas Ă  pas les rĂ©pĂ©tions longues et douloureuses oĂč ils travaillent leurs instruments – Robert Ă  la guitare et Lol Ă  la batterie (puis plus tard aux claviers) – leur premier concert le 20 dĂ©cembre 1976 sous le nom de Malice, avant qu’ils optent pour Easy Cure et finalement The Cure.
CĂŽtĂ© anecdote, on apprend que Lol souffre du manque de considĂ©rations de ses parents alors que Robert est issue d’une famille soudĂ©e et aimante. Lol se verra adjoindre un second batteur Roger O’Donnell en raison de de son incapacitĂ© Ă  jouer sur scĂšne car trop ivre. L’auteur sera finalement remerciĂ© par Robert Smith en raison de cet alcoolisme sĂ©vĂšre aprĂšs l’enregistrement de «Disintegration». On dĂ©couvre des anecdotes intĂ©ressantes, parfois drĂŽles, comme leur premiĂšre erreur de signature avec un label allemand puis la rencontre avec Chris Parry crĂ©ateur du label Fiction Records en 1978. D’autres plus cocasses comme cet « incident » oĂč complĂštement ivre Lol urine sur Billy Idol dans les toilettes d’une loge, d’autres moins amusantes telles les altercations constantes de Robert avec les skin head. On dĂ©couvre son Ă©viction du groupe suite Ă  son alcoolisme paralysant et le douloureux procĂšs qui suivi, procĂšs qu’il perdra finalement contre son ami Robert Smith. Au fil des pages on est Ă©mu par cette belle dynamique et cette profonde amitiĂ© que Robert Smith et lui ont su dĂ©velopper au cours de toutes ces annĂ©es. Un ouvrage qui alterne passages drĂŽles et Ă©mouvants et dresse un portrait Ă©mouvant de l’histoire du groupe.

Jean-Christophe Mary
BSC News Mai 2017

- Cured, Two Imaginary Boys

Devenue mythique pour les fans du groupe, la misĂ©rable petite ville de Crawley n’a pourtant rien pour sĂ©duire. Banlieue londonienne moyenne oĂč la morositĂ© ambiante des 70’s n’a d’égal que l’amertume des biĂšres qui se vident dans le pub du coin, c’est pourtant ce paysage peu rĂ©jouissant qui va voir naĂźtre The Cure. Originaire du coin, Laurence « Lol » Tolhurst et Robert Smith grandissent ensemble, nourrissent une passion commune pour la musique et les fringues façon « friperie ». Pas Ă  pas, Cured nous invite Ă  suivre l’histoire des Two imaginary boys depuis leur rencontre sur les bancs de l’école primaire, en passant par leurs premiers concerts dans les coins de bars miteux et l’enregistrement des premiers albums, jusqu’à leur succĂšs interplanĂ©taire et les grosses scĂšnes qui vont avec. En trame de fond, on retrouve l’amitiĂ© profonde qui lie Lol et Robert, mais surtout l’admiration que nourrit le premier pour le deuxiĂšme. Les anecdotes sont nombreuses (vous saviez que le jeune Lol avait pissĂ© sur Billy Idol ?), pas toujours intĂ©ressantes et c’est peut-ĂȘtre lĂ  que le bĂąt blesse dans ce livre, car avoir vĂ©cu une histoire incroyable et pouvoir la raconter sont deux choses diamĂ©tralement opposĂ©es. Si les premiĂšres annĂ©es de pure extase et d’insouciance sont les plus exaltantes pour Lol, ce sont aussi celles qui manquent le plus de relief dans ce rĂ©cit. Paradoxalement, et comme s’il Ă©tait plus facile de crĂ©er l’empathie chez le lecteur, ce sont les annĂ©es d’autodestruction et de dĂ©chĂ©ances que va traverser l’auteur qui sont les mieux relatĂ©es. Poursuivi par l’alcool comme par son ombre, Tolhurst dĂ©crit de façon trĂšs humaine et rĂ©aliste les rĂ©percussions que va voir son comportement sur sa vie, son groupe et ses relations. On perçoit alors vite le cĂŽtĂ© cathartique recherchĂ© par Laurence Tolhurst et la nĂ©cessitĂ© pour lui d’exprimer ses regrets, de clamer haut et fort son admiration pour son ami (le respect de Lol pour Robert est infini) et l’occasion de dire publiquement que les annĂ©es sombres sont bel et bien derriĂšre lui. Cured n’est pas l’histoire de The Cure, ce livre est l’histoire vraie de Laurence Tolhurst, un jeune anglais banal et rĂȘveur – et accessoirement membre de The Cure – confrontĂ© Ă  ses pires dĂ©mons lorsqu’il se retrouve propulsĂ© en star internationale.

Retrouvez cette chronique sur le site de Goûte Mes Disques

Goûte Mes Disques 10 mai 2017

- Cured, Two Imaginary Boys

Cured, Two Imaginary Boys est la premiĂšre biographie Ă©crite par un membre des Cure. Lol Tolhurst fait partie des membres fondateurs du groupe. À la batterie, puis au synthĂ©, il a fait partie du groupe de 1976 Ă  1989, de l’album Three Imaginary Boys Ă  Desintegration, soit la meilleure pĂ©riode discographique des Cure, avec le sommet Seventeen Seconds/Faith et Pornorgraphy, l’album prĂ©fĂ©rĂ© de Lol. En 1989 il se fait virer du groupe Ă  cause de son addiction Ă  l’alcool. L’alcool, les bars, on les trouve prĂ©sents tout au long de sa bio, telle une maladie qui vous ronge, jusqu’à devenir dĂ©sagrĂ©able avec son entourage. Son pĂšre alcoolique, aurait du lui servir de mauvais exemple.

Pour raconter sa vie au sein des Cure, Lol Ă©crit d’une façon simple. Pas d’exercice de style, mĂȘme si par moment il s’envole dans des passages imagĂ©s, pas d’humour (Ă  l’inverse de la bio de Peter Hook pour son fabuleux Unknown Pleasures, Joy Division vu de l’intĂ©rieur), mais de la rĂ©demption (le dernier chapitre), des dĂ©ceptions, un bilan mitigĂ©, mais aussi fort heureusement beaucoup de bons moments (les Ÿ du livre). Lol connait Robert Smith depuis l’enfance. Ils Ă©taient voisins Ă  Crawley, une ville nouvelle de la banlieue de Londres. Ils ont grandie ensemble, créé le groupe, dĂ©couverts le business impitoyable de la musique rock. Il ne rentre pas dans le dĂ©tail de la crĂ©ation, l’écriture des albums, sauf pour Kiss Me, Kiss Me enregistrĂ© dans le sud de la France. Il s’attarde plus sur les concerts, les tournĂ©es, les fĂȘtes, les afters. Lol aime partir en tournĂ©e et dĂ©couvrir le monde. Chose qu’il n’aurait pas connu, s’il Ă©tait restĂ© vivre Ă  Crawley en travaillant Ă  l’usine. Il parle peu des groupes de la mĂȘme Ă©poque. Il dit juste que Wire fut une influence. Il parle de sa famille, son milieu social, ses rencontres amoureuses et surtout de Robert Smith, son meilleur ami, qui l’a virĂ© du groupe en 1989. Suivra un procĂšs qu’il va perdre et des longues annĂ©es sans contact avec Robert, Simon Gallup et les autres membres du groupe. Fort heureusement, ils ont fini par se rĂ©concilier. Il parle aussi de l’aprĂšs Cure avec Presence puis Levinhurts créé avec sa 2Ăšme femme.
Pour finir cette chronique, un passage du livre qui rĂ©sume bien son bonheur au sein des Cure : « En tant qu’artiste, le plus beau cadeau que j’ai reçu est la libertĂ© Ă©motionnelle et le sentiment de mieux me connaĂźtre Ă  chaque Ă©tape de ma vie grĂące aux Cure. Les paroles de nos chansons ont toujours rĂ©sonnĂ© en moi. Elles m’ont accompagnĂ© et m’ont beaucoup aidĂ© Ă  la vie. C’était pour moi une sorte de journal intime. Tout ce sur quoi on Ă©crivait Ă©tait trĂšs personnel, mais ça parlait Ă  tous le monde, ce qui rend ces chansons presque sacrĂ©es quand j’y pense. Ou plutĂŽt sacrĂ©es dans mon esprit. » (Page 176).
Si vous ĂȘtes fan des Cure, cette bio, malgrĂ© ses petites imperfections est vivement recommandĂ©e, pour percer un peu de l’intĂ©rieur « du dernier grand groupe de rock anglais » dixit Robert Plant de Led Zeppelin.

Lire l’article sur Foutraque.com

Pascal Julou
Foutraque.com 2 mai 2017

- « Cured » ou les mémoires émouvantes de Lol Tolhurst

C’était il y a dix ans, je venais de remporter un jeu concours lancĂ© par un forum consacrĂ© au groupe mythique The Cure. La rĂ©compense Ă©tait un exemplaire de l’album House by The Sea de Levinhurst. Un disque gĂ©nĂ©reusement signĂ© par ses membres, Ă  savoir Cindy Levinson et Laurence Tolhurst plus communĂ©ment appelĂ© Lol.

De maniĂšre impulsive, j’écrivis naĂŻvement aux intĂ©ressĂ©s afin de les remercier pour leur dĂ©licate attention Ă  mon Ă©gard. SincĂšrement, je ne pensais pas obtenir de rĂ©ponse. Pourtant, j’allais recevoir un message sur ma page Myspace. C’était Lol en personne qui Ă©tablissait le contact avec moi. Pendant quelques semaines, nous avons entretenu une correspondance Ă©pisodique en Ă©changeant simplement sur la musique qui nous touche. À la lueur de cette magnifique occasion, j’avais pu constater que l’extrĂȘme gentillesse de l’homme et son accessibilitĂ© vis-Ă -vis des fans n’étaient pas pures lĂ©gendes. Preuve confirmĂ©e, il y a peu, par bon nombre de mes amis qui auront eu la chance de croiser l’intĂ©ressĂ© Ă  l’occasion de sĂ©ances de dĂ©dicaces programmĂ©es suite Ă  la publication de ses mĂ©moires dans un recueil dont il va ĂȘtre question dans les lignes qui suivent.

e parle bien de mĂ©moires, Lol Tolhurst ne mettant pas en avant une vision dĂ©taillĂ©e de son existence au sein d’une formation marquant encore les esprits. Si le sous-titre « Two Imaginary Boys » illustre en filigrane sa proximitĂ© avec l’icĂŽne new-wave de toute une gĂ©nĂ©ration, il parvient surtout Ă  se dĂ©tacher des habituelles biographies consacrĂ©es au phĂ©nomĂšne The Cure pour ne retenir qu’une vision intime de son vĂ©cu. À l’intĂ©rieur mais aussi en marge d’une chronologie rabĂąchĂ©e. C’est donc un rĂ©el plaisir de dĂ©couvrir quelques anecdotes qui nous embarquent dans les frĂ©missements punks et bagarreurs de Crawley.

Au dĂ©but de son rĂ©cit, nous sommes au cƓur de cette banlieue anglaise dont la peinture est loin d’ĂȘtre attractive, malgrĂ© une nostalgie sous-jacente. L’idĂ©e d’échapper Ă  une routine figĂ©e en ces lieux est relativement forte et explique en grande partie l’insistance chez de jeunes garçons Ă  fuir un quotidien peu avenant. J’ai envie de vous dire surtout chez Lol, dont les relations avec un pĂšre en proie aux tourments de l’alcool (et ses dĂ©rives) n’ont fait qu’inciter ce fils Ă  trouver une Ă©chappatoire.

Ce besoin d’amour, qui Ă©mane du livre, tĂ©moigne de cette hypersensibilitĂ© chez celui qui va devenir assez vite un batteur appliquĂ© dans les formations qui prĂ©cĂšderont celle que nous connaissons bien (The Obelisks, Malice puis Easy Cure – dont il sera Ă  l’initiative du nom).

Au fil des chapitres, Lol Tolhurst n’aura de cesse de marquer une admiration mĂȘlĂ©e d’affection Ă  l’encontre de son ami Robert Smith. Évocation alors des dĂ©buts mouvementĂ©s avec le troisiĂšme larron, Michael Dempsey, remplacĂ© rapidement par le bassiste-hĂ©ros Simon Gallup
 Trio en pleine ascension vers les sommets (avec le concours du prĂ©cieux mentor Chris Parry). De cette Ă©poque devenue culte, on retiendra avec amusement les quelques pĂ©ripĂ©ties d’une vessie capricieuse (Billy Idol doit encore s’en souvenir), outre quelques confidences Ă©piques Ă  la suite de plusieurs concerts mĂ©morables.

Au-delĂ  de ces tranches de vie, le livre se penche longuement sur les Ă©tats d’ñme tourmentĂ©s de son auteur. La douleur immense suite au dĂ©cĂšs de sa maman alors que The Cure se trouve en pleine tournĂ©e imbibĂ©e des nappes du mystique Faith. Le combat souvent perdu par KO face aux folies dĂ©moniaques de l’alcool, une emprise qui causera son inĂ©vitable Ă©viction Ă  l’issue d’un album Disintegration (titre en raccord avec le contexte) dont les crĂ©dits sur le livret rĂ©sonnent encore d’un « other instrument » redoutablement parlant. Un procĂšs mĂ©diatisĂ© pour enfoncer une tĂȘte dans la haine et des finances dans le gouffre. C’est avec un certain courage que Lol Tolhurst revient sur ces pĂ©riodes sombres de son existence. Épisodes qu’il dĂ©crit avec force et pudeur tout en prenant du recul sur ses propres erreurs, tel un miraculĂ©. Son mea culpa, empli de dignitĂ©, trouvera sa prise de conscience spirituelle dans le dĂ©sert de Mojave. Seul contre la rudesse des Ă©lĂ©ments, il parvient Ă  prendre sa destinĂ©e en main. Il en ressortira mĂ©tamorphosĂ© avec le panache propre aux individus qui ne rĂ©futent pas la repentance.

C’est avec la larme Ă  l’Ɠil que nous lisons le compte rendu d’un chemin vers la guĂ©rison et au-delĂ  du processus, une rĂ©demption marquĂ©e par cette rĂ©conciliation que certains pensaient impossible. Le lien Ă©tait trop fort pour ĂȘtre brisĂ© Ă  jamais. DerriĂšre les lignes qui nous font revivre la scĂšne entre deux vieux amis qui tombent dans les bras l’un de l’autre, il y a le lecteur, totalement bouleversĂ© par l’instant dĂ©crit. ApothĂ©ose des retrouvailles pour nos protagonistes le 31 mai 2011 Ă  Sydney oĂč The Cure rejouera l’intĂ©gralitĂ© de ses trois premiers albums dans le cadre du projet Reflections. Plus de vingt ans aprĂšs son dĂ©part forcĂ©, Lol Tolhurst, derriĂšre ses percussions et son clavier, retrouve, avec une Ă©motion dĂ©bordante, ses plus vieux amis. Si le clin d’Ɠil symbolique ne sera pas pour autant un signe de ralliement avec l’équipe, il marque aux yeux du public la reconnaissance d’un artiste au sein d’un mythe encore vivant. Une page se tourne alors, avec pour dĂ©cor la sĂ©rĂ©nitĂ© retrouvĂ©e en pleine citĂ© des anges.

La chronique en ligne ici

Ivlo Dark
addict-culture.com 21 mars 2017


- Cured la chronique

“Une histoire forte comme un roman. Vous tenez en mains avec ce livre l’histoire d’une rĂ©demption, celle d’un homme plongĂ© trop vite dans un univers irrĂ©el, celui des cĂ©lĂ©britĂ©s et de l’industrie de la musique, qui cherchera une sortie qui aboutira en ce livre
 Le dĂ©but du livre est Ă©crit avec un souffle romanesque qui ne ferait pas tache dans l’univers d’un Irvine Welsh, le crĂ©ateur de _Trainspotting_
 Ce qui vous fascinera encore une fois le livre fermĂ©, c’est cette sensation de sauter dans le vide pour Ă©chapper Ă  une vie banale et ennuyeuse
 C’est publiĂ© aux Ă©ditions Le mot et le reste, dĂ©finitivement une collection que je vous encourage Ă  explorer.”

Réécouter l’émission dans sa totalitĂ©

Éric Chouan
Chog radio // Mission Encre noire 7 mars 2017

- Backstage

Intime et passionnant, Cured – Two Imaginary Boys_, n’est pas une biographie comme les autres du cĂ©lĂšbre groupe The Cure, c’est un tĂ©moignage historique, vu de l’intĂ©rieur, par un de ses membres les plus Ă©minents : le co-fondateur et co-parolier Lol Tolhurst. Grand ami du leader lĂ©gendaire Robert Smith, dont la rencontre Ă  l’ñge de cinq et six ans sur le chemin de l’école est dĂ©peinte. Celui qui fut Ă©galement le batteur puis le claviĂ©riste du groupe jusqu’à son Ă©viction lors de la sortie de DisintĂ©gration, raconte, sans filtre, cette histoire d’amitiĂ© entre deux copains, les hauts et les bas du groupe et son parcours personnel, lui l’alcoolique repenti. L’envers du dĂ©cor et l’envol vers les sommets des imaginary boys Ă  la new wave teintĂ©e de coldwave sombre est remarquablement dĂ©crit Ă  travers trois grandes parties : voilĂ  Ă  quoi ça ressemblait, ce qui s’est passĂ© et comment les choses sont Ă  prĂ©sent. Riche de photos d’archives inĂ©dites (dont une partie de la collection personnelle de l’auteur), l’ouvrage passionnera les adeptes de ce groupe mythique au look singulier et aux titres immortels.

Lire l’article sur le site de Zibeline

Frédéric Isoletta
Zibeline mars 2017

- Interview de Lol Tolhurst

Lol Tolhurst n’est pas un homme religieux mais il se souvient de ce vieillard, un soir de 1995 dans le dĂ©sert californien, qui posa sa main sur son front et lui glissa quelques mots d’encouragement. Le lendemain, l’ancien batteur et clavier de The Cure pouvait enfin commencer Ă  panser les plaies de son Ă©viction, sept ans plus tĂŽt. «Quand tu es alcoolique, tu dois croire en quelque chose en dehors de toi qui puisse te donner un sens pour arrĂȘter», dit-il au tĂ©lĂ©phone. Il lui a fallu plus de temps encore pour trouver «en dehors de lui» un autre instrument de guĂ©rison, cette biographie qui sort maintenant et qui met en mots son histoire — Cured, Two Imaginary Boys est aussi celle de Robert Smith et d’un groupe Ă  part. Coup de fil Ă  Lol Tolhurst, 58 ans et heureux de vivre.

DĂšs son titre, «Cured» (guĂ©ri) joue sur la fonction d’exutoire de livre. Vous «deviez» l’écrire?
Oui, absolument. J’aurais d’ailleurs pu le faire plus tĂŽt, mais je ne pense pas que j’aurais eu le recul nĂ©cessaire pour apprĂ©cier les Ă©vĂ©nements avec la bonne perspective. Il m’a fallu du temps pour comprendre ce qui s’est vraiment passĂ©. Je suis heureux car les rĂ©actions jugent mon livre honnĂȘte et clair. Certains aimeraient y voir plus de drame et de misĂšre – ça continue de m’étonner que l’on court aprĂšs cette vision – lĂ , me concernant. Je suppose que mes annĂ©es d’errance ont projetĂ© de moi une image d’un seul bloc d’un mec affreusement glauque.

Peut-ĂȘtre que les trois albums composant «la trilogie cold wave» ont imposĂ© The Cure comme un groupe particuliĂšrement morbide?
La musique a toujours Ă©tĂ© pour nous de l’art, elle ne nous reprĂ©sentait pas tels que nous Ă©tions rĂ©ellement. Sinon, nous serions dĂ©jĂ  morts! (Rire)

En termes de contre-pied, on est étonné de vous savoir résident de Los Angeles depuis 1995!
J’ai dĂ©couvert la Californie en tournĂ©e avec The Cure, j’en suis tombĂ© amoureux et j’ai refait ma vie ici. Pas le meilleur choix pour vivre en anonyme: les deux endroits sur la planĂšte oĂč Cure est archiconnu sont la France et la Californie. Je dois toujours me laver les dents avant d’aller au supermarchĂ©, je sais qu’on me reconnaĂźtra. Mais mĂȘme lors de mon procĂšs avec le groupe, les fans ont toujours Ă©tĂ© sympas, jamais haineux. Ils m’ont aidĂ© Ă  tenir.

Écrire votre biographie, Ă©tait-ce aussi Ă©crire par ricochet celle (pas encore rĂ©digĂ©e) de Robert Smith?
J’ai voulu ĂȘtre trĂšs prudent sur ce point et prĂ©ciser en prĂ©lude qu’il s’agit lĂ  de mes mĂ©moires, de ce dont je me souviens. Cela dit, le dĂ©but du livre ne raconte que des choses que seuls Robert et moi pouvons savoir – nous nous connaissons depuis l’ñge de 5 ans! Je pense qu’il les raconterait de la mĂȘme maniĂšre. Je lui ai demandĂ© s’il avait l’intention d’écrire sa biographie. Il m’a rĂ©pondu qu’au mieux, il avait en lui de quoi faire un comic book de 16 pages, rien de plus! Il est comme David Bowie, il ne se raconte que dans son art. Pour moi, en revanche, ma biographie Ă©tait une façon cathartique de rĂ©vĂ©ler qui je suis, ce qui s’est passĂ©. Tout le processus a Ă©tĂ© une grande aide.

Robert Smith s’est-il montrĂ© inquiet de votre projet?
Il ne me l’a pas dit, en tout cas. Il me connaĂźt assez bien pour savoir que je suis la seule personne qui Ă©crira de façon constructive et bienveillante notre histoire commune. Je suis le seul Ă  savoir oĂč les corps sont enterrĂ©s! (Rire) Je lui ai envoyĂ© une copie des Ă©preuves finales. Connaissant Robert, je sais que j’aurais entendu parler de lui trĂšs vite s’il y avait eu quoi que ce soit qui lui aurait dĂ©plu.

En 2011, vous ĂȘtes remontĂ© sur scĂšne avec The Cure. Etait-ce un univers totalement diffĂ©rent que les concerts de 1988?
Oui, tout est plus organisĂ©, cadrĂ©, sĂ©curisĂ©. En 1988, on faisait des concerts de stade comme si on jouait dans un club. Les coulisses Ă©taient un vrai bordel. LĂ , je dĂ©couvrais des backstages avec des espaces pour les enfants! Mais c’est normal, nous avons tous grandi, fondĂ© des familles – bien que nous ayons peu changĂ©. On dit que sur scĂšne, on n’a pas d’ñge. Rien de plus vrai.

Au PalĂ©o en 2012, Smith nous avait reçus sans ĂŽter son mascara. L’avez-vous vu sans rouge Ă  lĂšvres?
Rarement! Il a ce look depuis Pornography, c’était juste une Ă©volution du punk et de notre fascination pour les poĂštes romantiques français. Une fois que Robert a trouvĂ© quelque chose qu’il aime, il n’en change pratiquement jamais plus. Ses pĂ©dales d’effets, par exemple, sont toujours les mĂȘmes que celles qu’il a adoptĂ©es au milieu des annĂ©es 1980. Il a achetĂ© la compagnie qui les fabriquait pour ĂȘtre certain d’avoir toujours le mĂȘme son!

À cette Ă©poque, le groupe passe de la scĂšne rock aux hit-parades pop. Comment avez-vous ressenti ce changement d’échelle?
C’était Ă  la fois inattendu et espĂ©rĂ© car nous pensions avoir mĂ©ritĂ© ce succĂšs, depuis huit ans que nous vivions sur la route de façon frugale. L’aspect dĂ©concertant, c’était de passer d’un public de mecs mutiques Ă  une foule de filles hurlantes. Et puis, Robert est devenu une icĂŽne pop, la presse nous envisageait de façon plus lĂ©gĂšre. Ça nous frustrait un peu mais nous jouions le jeu.

Avez-vous plus souffert de votre Ă©viction du groupe ou de la perte d’une amitiĂ©?
L’amitiĂ©, clairement. Quand nous nous sommes rĂ©conciliĂ©s en 2000, ce fut une immense joie pour tout le monde. Jouer dans The Cure, connaĂźtre la gloire, le succĂšs, j’ai adorĂ© mais, au final, ça reste accessoire. L’amitiĂ©, ça ne se nĂ©gocie pas.

La Chronique

Malheur aux gentils

Il sourd une tristesse infinie dans le regard de Lol Tolhurst. Dans nos souvenirs et sur les photos d’archives apparaĂźt un visage banal, pataud. Des cheveux trop frisĂ©s pour ĂȘtre crĂȘpĂ©s, un corps trop massif pour rivaliser avec la grĂące fĂ©line de Robert Smith. «Le Cure» le moins glam. L’éternel second couteau qui doit moins Ă  son talent propre qu’aux circonstances sa place au panthĂ©on rock. Dans sa biographie sans fard (un comble pour The Cure), le musicien de 58 ans ne s’en cache pas : batteur moyen, clavier par dĂ©faut quand le groupe est devenu plus «pop», il a Ă©paulĂ© Robert Smith de son amitiĂ© dĂšs les bancs d’école, «weirdos» de leur bled du sud londonien. Ses percussions dĂ©pressives, pourtant, rythment les trois grands albums du groupe (Faith, 17 Seconds et Pornography). Sans entrer dans trop de dĂ©tails, d’une plume prĂ©cise, chronologique et sage, tout en rĂ©vĂ©rence (et en relative discrĂ©tion) envers un Robert Smith qui ne se rĂ©solut Ă  le virer qu’une fois le cap du delirium tremens franchi, Lol Tolhurst se livre en gentil malheureux, bouffĂ© par un alcoolisme atavique puis par la culpabilitĂ© d’avoir perdu sa place dans l’un des plus grands groupes du monde, celui de ses rĂȘves d’adolescence. Il y replonge avec noblesse.

François Barras
24 Heures 25 février 2017

- Cured

Jean Rouzaud profite de son crĂ©neau chez David Blot & Sophie Marchand pour parler de l’autobiographie de Lol Tolhurst.

À réécouter en podcast sur le site de Nova

David Blot & Jean Rouzaud
Nova // Le Nova club 16 février 2017

- "C'est la vérité". The Cure, entretien avec Lol Tolhurst

Batteur puis claviĂ©riste du groupe de Robert Smith dans ses grandes annĂ©es, Lol Tolhurst raconte de l’intĂ©rieur la fascinante aventure new wave.

Cure ou The Cure. Au choix. Un groupe. Un groupe, anglais, pas comme les autres. Ceux nĂ©s aprĂšs la mort de Kurt Cobain ne peuvent simplement pas comprendre ce que la bande Ă  Robert Smith a reprĂ©sentĂ© pour des millions de fans au cƓur des annĂ©es 80. Au moins cinq albums obligatoires, dont “Pornography”, en 1982, qui a influencĂ© plusieurs gĂ©nĂ©rations, de la pop au hardcore, du metal au hip hop. Un style inclassable. Ecouter Cure, c’est plonger dan l’inconnu. C’est peut-ĂȘtre le seul groupe Ă  n’appartenir Ă  aucune famille. On a parlĂ© de new wave, de cold wave, les formules Ă©taient creuses, loin du compte. Cure est Cure et rien d’autre. Capable d’écrire une chanson Ă  la noirceur dĂ©finitive et une pop song aĂ©rienne et Ă  la naĂŻvetĂ© improbable sur le mĂȘme album. Cure aimait Bowie, Captain Beefheart, Wire, les Stranglers, Hendrix, Nick Drake et ça ne s’entend mĂȘme pas. Jamais !

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ROCK&FOLK: PremiĂšre question, Lol: Vous ĂȘtes nĂ© le jour de la mort de Buddy Holly. Y voyez-vous comme un signe?
Lol Tolhurst: J’ai essayĂ© d’établir une connexion (rires). L’un s’en va et un autre arrive
 Mais je ne sais pas si c’est bien crĂ©dible tout ça (rires)


R&F: Avez-vous envoyé votre livre à Robert Smith?
Lol Tolhurst: Oui, bien sĂ»r j’ai donnĂ© le tout premier exemplaire Ă  Robert. Avant la publication. Pas pour obtenir on accord, je voulais juste ĂȘtre complĂštement transparent. J’ai dĂ©cidĂ© d’écrire ce livre en 2013. A l’époque, j’étais allĂ© avec ma femme Ă  HawaĂŻ pour voir les Cure jouer lĂ -bas, pour la premiĂšre foi. Et c’est lĂ  que j’ai dit Ă  Robert que j’allai Ă©crire un livre. Et quand je m’y suis mis, je lui envoyais rĂ©guliĂšrement des chapitres. C’était la meilleure façon d’éviter le moindre problĂšme. Quant Ă  Simon (Gallup, le second bassiste historique), je ne sais pas s’il l’a lu mais il m’a dit qu’il Ă©tait ravi que je l’écrive, que c’était une trĂšs bonne idĂ©e 


R&F: À vous lire, on devine que la batterie, dans votre vie, relùve presque de l’accident

Lol Tolhurst: Ouais, probablement. Et c’est pour la mĂȘme raison que Michael Dempsey est devenu le bassiste. Parce qu’il jouait dĂ©jĂ  de la guitare. Quand on commence, on doit parfois faire un choix par dĂ©faut. Mais j’ai appris Ă  aimer ça.

R&F: “Cured”, votre livre, est-il avant tout une forme de catharsis ?
Lol Tolhurst: Absolument ! Il fallait que je le fasse. Il y a souvent des jeunes musiciens qui me posent de questions. Je leur dis que s’ils font ce mĂ©tier pour l’argent, le succĂšs, les filles, ils se trompent. Il faut le faire parce que c’est plus fort que soi, parce qu’on ne peut pas ne pas le faire. Et ce livre, je ne pouvais pas ne pas l’écrire. Je voulais en premier lieu m’expliquer ma vie Ă  moi-mĂȘme. Les Cure, ma relation avec Robert, sont comme une colonne vertĂ©brale dans le livre, sur laquelle j’ai pu accrocher mes sentiments.

R&F: Une chose trĂšs frappante c’est que, malgrĂ© la souffrance, les addictions, vous n’ĂȘtes jamais aigri, jamais en mode vengeance. Pourtant, vous avez traversĂ© des Ă©preuves, comme ce procĂšs terrible qui vous opposera au groupe aprĂšs votre Ă©viction. La seule personne que vous n’épargnez pas, c’est vous finalement

Lol Tolhurst: Je voulais ĂȘtre honnĂȘte, ne pas tricher sur ce que j’ai pu ressentir et faire. Mais il y a certaines choses que j’aurais pu Ă©crire et que j’ai choisi d’ignorer parce qu’elles ne m’auraient pas permis d’aller mieux. Et puis, les livres de rĂšglements de compte, trĂšs peu pour moi. J’ai lu l’autobiographie de Morrissey. La premiĂšre partie oĂč il raconte sa jeunesse Ă  Manchester est formidable mais ensuite, il ne fait que dĂ©verser sa haine sur ses anciens amis, c’est ennuyeux et pĂ©nible. Moi, je suis restĂ© en contact avec tous mes amis d’enfance et d’adolescence : Robert, Simon, Porl, Michael
 Et je ressens encore beaucoup d’amour pour chacun d’eux. C’est aussi ce que je voulais dire dans ce livre.

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Retrouvez l’interview en intĂ©gralitĂ© dans le numĂ©ro de Rock&Folk en kiosk ce mois-ci.

JérÎme Reijasse
Rock&Folk Mars 2017

- Un homme imaginaire

Voici la premiĂšre autobiographie de l’un des membres fondateurs de The Cure, groupe dĂ©sormais mythique. Lol Tolhurst fut, dans un premier temps, le batteur de The Cure avant d’en devenir le claviĂ©riste Ă  partir de 1983. Il en fut Ă©vincĂ©, en 1988, pour cause d’addiction Ă  l’alcool, devenue intolĂ©rable pour sa propre survie et celle du groupe. C’est son ami d’enfance et Ăąme damnĂ©e de la bande qui lui annonça la nouvelle. Robert Smith en Ă©tait malade, mais la dĂ©cision Ă©tait indispensable pour l’avenir du groupe. Ce livre retrace magistralement et subjectivement l’histoire de ces “deux garçons imaginaires”. Dans cet ouvrage truffĂ© d’anecdotes, connues ou non selon le degrĂ© d’addiction aux Cure, on dĂ©couvre un aspect de l’un des membres les plus honnĂȘtes et sincĂšres des Cure, qui ne sera adoubĂ© qu’à l’occasion d’un retour court et improbable en 2011. Ce livre,qui se lit comme un roman, peut Ă©galement ĂȘtre apprĂ©hendĂ© comme une lettre de motivation pour vivre une nouvelle aventure avec les potes des dĂ©buts. On souhaite que Lol Tolhurst y parvienne !

P.B
Yonne Mag 18 février 2017

- The Cure : gothiques cools

Garçons sensibles et imaginatifs

Avec The Cure, on touche Ă  un groupe Ă  part, Ă  un mouvement d’ados sensibles et dĂ©calĂ©s, mais aussi Ă  un combo aux sonoritĂ©s envoutantes, aux mĂ©lodies marquantes. Cure, les rois du « climat ».

Corbeaux noirs

Leur look de corbeaux noirs, post gothiques, un peu ratĂ©, m’avait bloquĂ© façon Indochine
Au dĂ©but, ils se sont beaucoup cherchĂ©s, comme Depeche Mode, dans un style new-wave assez garçon coiffeur, et qui leur valu bien des vannes de droguĂ©s, habillĂ©s dans une poubelle et autre finesse sur leur identitĂ© sexuelle


TrĂšs anglaise, cette identitĂ© de « look » puis d’attitude qui font un groupe pop ou rock. Finalement, les chiffons noirs, les manteaux longs, les coupes de freaks hiboux, crĂȘpĂ©s Ă  la laque, leur ont rĂ©ussi. Mecs Ă  part.

Seventeen Secunds ou Faith, deux albums tristes, atmosphĂ©riques, pluie et vitres mouillĂ©es sur la pochette, et des envolĂ©es de guitares cristallines parfaites franchissant les cieux de l’adolescence prolongĂ©e et nostalgique, mais le tout parfaitement dominĂ© et contrĂŽlĂ© par un excellent groupe.

Le livre de Lol Tolhurst, ex batteur, puis clavier jusqu’en 1988 (autant dire longtemps), intitulĂ© Cured. Two imaginary Boys, chez Le Mot et Le Reste, est Ă  part, Ă©crit par un membre rejetĂ© (puis rĂ©cupĂ©rĂ© 10 ans plus tard). RĂ©cit d’une peine, d’une dĂ©sintoxication


L’éternelle histoire des potes d’enfance, du succĂšs grisant, des anecdotes de tournĂ©es, puis la fatigue, la dope, le divorce ou split fatal et les procĂšs nuls et ruineux jusqu’au bout de la haine.
Mais avec ce tĂ©moignage triste et vrai, on se souvient de ces gars de la banlieue sud de Londres (Crawley), et des surprises qu’ils ont rĂ©ussi Ă  crĂ©er, au milieu d’un tsunami de groupes excitĂ©s, puis de leur soliditĂ©, de leur durĂ©e, et des concerts rĂ©ussis, envoĂ»tant des foules de fans.

C’est l’histoire parfaite des modes : venant de partout et de nulle part, d’une alchimie entre quelques garçons, puis de l’inspiration d’un leader (Robert Smith), symbolique, reprĂ©sentatif d’une inspiration commune et dĂ©calĂ©e.

Avec le 3e volet de Pornography, avec le livre de Camus, L’Etranger, dont ils tirent un titre scandale Killing an arab, on vit pointer la provoc et la culture punk, la maturitĂ© pour ces ados romantiques ?

En réalité Cure restait Cure, mais le succÚs rend imprudent, ou trop culotté et ces Anglais gauchistes, altermondialistes et banlieusards devaient rester proches de leur public, représentatifs de leur frange et finalement forts de leur position unique sur la brillante scÚne british.

Avec Cure, Ă©motion, ressenti, amitié  et un idĂ©alisme peut-ĂȘtre un peu court, mais nourri d’originalitĂ©, et surtout de l’excentricitĂ© british Ă  laquelle on pardonne beaucoup car, une fois encore, les morceaux sont bons, et les albums vraiment attachants, mĂ©lodiques, avec basse et batterie parfaites pour laisser dĂ©coller des guitares sorties de nulle part, « atmosphĂ©riques » comme on dit.

Déprime cool ?

L’esthĂ©tique gothique, morbide, dĂ©pressive
 trouve un Ă©quilibre relĂąchĂ© et presque cool, avec ces Ă©ternels gamins, dans une pop inattendue. L’hĂ©ritage des poĂštes anglais : Byron, Shelley, Milton, Blake
 jouent en fond culturel, mĂȘme si c’est un amalgame approximatif. Les grands succĂšs sont souvent le fruit de ces rapprochements bizarres.

Cure a fait son trou, en forme de tombeau, un vieux cliché qui date des Count Five, des Damned ou des Cramps, et de tous leurs enfants vampires mais qui fonctionne encore ?

Retrouvez l’article de Jean Rouzaud sur le site de Nova

Jean Rouzaud
novaplanet.com 13 février 2017

- Cured

Autant vous prĂ©venir de suite, ce premier livre de Lol Tolhurst, traduit en français par David Gressot, n’est pas une biographie des Cure mais bien une autobiographie. Bien sĂ»r il y est question des Cure vu que le groupe a marquĂ© durablement la vie de celui qui en fut le batteur originel et qui traversa toute la grande pĂ©riode, de 1977 Ă  1989, mais ce recueil de souvenirs parle avant tout d’une rĂ©demption, celle d’un ĂȘtre qui s’est perdu et noyĂ© dans les dĂ©lires et les affres de l’alcool et qui a dĂ» passer par un certain nombre d’épreuves pour revenir au monde.
Le texte se dĂ©roule de façon chronologique et l’auteur se focalise avant tout sur ses souvenirs et ce qu’il en retient plus que ce sur quoi le fan aimerait qu’il s’attarde. Au centre du rĂ©cit, il y a une amitiĂ©, celle de deux garçons qui se sont rencontrĂ©s alors qu’ils n’avaient que cinq ans et qui vivront des tas de choses fortes ensemble : dĂ©couverte de la musique, premiers concerts, succĂšs international, joie et doutes de la crĂ©ation
 Pourtant, peu de choses sont dites au bout du compte sur qui est vraiment Robert Smith. On sent chez Lol une profonde admiration pour son camarade et on voit aussi la diffĂ©rence fondamentale entre les parents aimants et encourageants de Robert (dont un pĂšre qui brasse sa propre biĂšre) et ceux de Lol (un pĂšre alcoolique distant, une mĂšre pieuse qui mourra d’un cancer pendant l’enregistrement de Faith, le troisiĂšme album du groupe). Ils furent tous deux les premiers punks de Crawley, une bourgade du sud de Londres oĂč rĂšgnent ennui, chĂŽmage et tensions sociales. LĂ  bas, les jeunes excentriques et effĂ©minĂ©s comme Lol et Robert y font face aux insultes permanentes des skinheads. DĂšs l’adolescence, ils collectionnent les vinyles, Ă©coutent les Ă©missions radio de John Peel, vont voir de vieux nanars au cinĂ©ma et lisent autant qu’ils peuvent. Au rythme de trois rĂ©pĂ©titions par semaine chez les parents de Robert, ils bossent dur pour maĂźtriser leurs instruments et fantasment des vies Ă  la marge loin des paysages mornes qu’ils connaissent et des asiles psychiatriques. Le 20 dĂ©cembre 1976, ils donnent leur premier concert sous le nom de Malice, avant de se rebaptiser Easy Cure puis The Cure pour le cĂŽtĂ© plus punk.

Les rĂ©vĂ©lations se feront assez vite en Ă©coutant The Stranglers, l’album Low de David Bowie, Siouxsie & the Banshees mais surtout Wire dont l’attitude minimaliste dĂ©finira leur orientation musicale. Les choses vont s’accĂ©lĂ©rer avec la rencontre de Chris Parry de Polydor qui allait crĂ©er le label Fiction Records en 1978. Mis de cĂŽtĂ© lors du mixage du premier album Three Imaginary Boys, dont on leur a imposĂ© la pochette, les Cure resteront frustrĂ©s par ce disque. Le succĂšs sera nĂ©anmoins immĂ©diat et le groupe va entamer des tournĂ©es interminables. On sent que Lol se rĂ©gale de nous conter ces anecdotes sur la route et souvenirs de club. DĂ©jĂ  trĂšs portĂ© sur l’alcool, ce dernier causera le renvoi d’une tournĂ©e avec Generation X, et pour cause, il avait urinĂ© sur le leader, Billy Idol. De l’Europe aux États-Unis, les concerts sont complets mais c’est vraiment avec l’arrivĂ©e de Matty Hartly au synthĂ© et de Simon Gallup Ă  la basse (alors que Michael Dempsey part rejoindre The Associates) que le projet trouvera une nouvelle direction qui leur convient. Ils posent alors leurs instruments dans de nombreux clubs mythiques, le Hurrah’s de New York, le SO36 de Berlin, etc. Lol rassemble les souvenirs de tournĂ©e en pagaille. Sur l’annĂ©e 1980-81, ils ont fait pas moins de 250 reprĂ©sentations. Ils rencontrent alors aussi bien Mission of Burma que The Specials, se font arrĂȘter pour ivresse en Hollande et fournissent des pots de vin aux douaniers. CrĂ©ativement Ă  leur pic avec la trilogie Seventeen Seconds – Faith–Pornography – ce dernier Ă©tant pour Lol ce qu’ils ont fait de mieux, un album qui aurait d’ailleurs dĂ» ĂȘtre produit par Conny Plank -, leur consommation de drogue et de breuvages alcoolisĂ©s augmente, Ă  quoi s’ajoute une fatigue permanente. Leurs teints sont blafards, ce qui colle parfaitement aux atmosphĂšres musicales sombres et dĂ©vastĂ©es qu’ils explorent alors. C’est Ă  cette Ă©poque que Lol est obligĂ© de se traĂźner un seau pendant les concerts car sa vessie trop petite ne lui permet pas d’assurer l’intĂ©gralitĂ© des concerts sans faire plusieurs pauses pipi. Pas trĂšs romantisme noir, vous me direz? HĂ© bien, oui, les Cure aiment la biĂšre et le football. Les tensions entre Simon et Robert sonneront le glas de cette pĂ©riode de suractivitĂ©. C’est lĂ  que Lol vient en France se ressourcer et produit au passage le premier album d’And Also the Trees et le premier maxi de Baroque Bordello.

Lol Tolhurst s’attarde ensuite longuement sur l’enregistrement de « Let’s Go To Bed », « The Walk » et « The Lovecats » car c’est durant Japanese Whispers qu’il sera actif plus que jamais dans les compositions et qu’il passera de la batterie aux synthĂ©tiseurs. Par la suite, on sent bien que le projet ne devient plus que la vision de Robert Smith et lui mĂȘme se voit de plus en plus devenir comme un employĂ©. Ils jouent dans des stades, enchaĂźnent les tĂ©lĂ©visions, explorent de nouvelles contrĂ©es (le Japon, l’AmĂ©rique du Sud
 ) mais sa dĂ©pendance devient pesante pour tout son entourage. Il devient un boulet jusqu’à l’enregistrement de Disintegration oĂč Robert lui envoie une lettre sans appel. AccablĂ©, Lol va alors traverser une longue pĂ©riode de dĂ©pression. RongĂ© par la tristesse et l’esprit de vengeance, il s’aventure dans un procĂšs Ă  la Cour de Justice qu’il perdra en 1994. Il entre dans des cercles concentriques d’autodestruction. Sa vie personnelle est tout aussi compliquĂ©e. La cure de dĂ©sintoxication s’impose. Il faudra qu’il parte en Californie et qu’il se lance dans une vĂ©ritable quĂȘte spirituelle au sein de la VallĂ©e de la Mort pour revenir plus serein afin de pouvoir retrouver le goĂ»t de la crĂ©ativitĂ© (notamment avec ses projets Presence ou Levinhurst) et de demander le pardon. Les retrouvailles en mai 2011 pour la tournĂ©e Reflections marquent un moment charniĂšre pour lui : la rĂ©conciliation avec la personne qui a comptĂ© le plus dans sa vie, Robert Smith. Une histoire d’amitiĂ©, de trahison et d’amour.

Cured alterne ainsi des moments drĂŽles et d’autres bien plus poignants. Lol Ă©meut, car on sent bien que pour lui la musique a Ă©tĂ© une Ă©chappatoire et qu’il a rĂ©ussi, malgrĂ© les nombreux coups durs, Ă  remonter la pente. Le style n’est pas parfait, un peu Ă  l’image de son auteur qui a toujours dit qu’il n’était pas un bon musicien mais qu’il avait la volontĂ© de l’ĂȘtre. Le livre se lit nĂ©anmoins avec grand plaisir. Les pages sur la premiĂšre pĂ©riode sont trĂšs Ă©clairantes pour savoir d’oĂč le groupe vient. En revanche, les amateurs du Cure de la deuxiĂšme moitiĂ© des annĂ©es 80 – en gros de Head on the Door Ă  Disintegration – seront frustrĂ©s car Ă  cette pĂ©riode, Lol Ă©tait comme absent Ă  lui mĂȘme et comme en dehors du groupe. Les pages sur la traversĂ©e du dĂ©sert des annĂ©es 90 sont, quant Ă  elles, assez dures. Mais Cured demeure un beau tĂ©moignage, des annĂ©es d’innocence Ă  la chute jusqu’à la rĂ©demption et rĂ©conciliation avec le monde et avec soi mĂȘme.

MĂ€x Lachaud
Obskure Magazine Février 2017