Tu m'avais dit Ouessant
Câest une formidable expĂ©rience et un rĂ©cit extraordinaire.
Matthieu Vidard â France Inter // La Terre au carrĂ©
Prix Marine Bravo Zulu 2020
Ă lâhiver 2015, GwenaĂ«lle Abolivier rĂ©side trois mois dans le sĂ©maphore de lâĂźle dâOuessant, au bout de la Bretagne, sa rĂ©gion natale. Câest pendant, et Ă la suite de ce sĂ©jour, quâelle Ă©crit ce rĂ©cit. LĂ , sous le grand phare du CrĂ©acâh, se racontent un voyage immobile et une expĂ©rience dâimmersion au contact des Ă©lĂ©ments et des Ăźliens. Elle explore les lieux et rencontre les habitants, les derniers marins de commerce, les guetteurs-sĂ©maphoriques et gardiens de phares, et les femmes, gardiennes des lieux, qui occupent une place prĂ©pondĂ©rante sur cette Ăźle du Ponant. On dĂ©couvre Ă quel point ce territoire est Ă part : territoire de lâextrĂȘme qui entretient un rapport particulier Ă la noirceur et Ă la mort. Face Ă la mer et sous les faisceaux du grand phare, lâauteure vit cette expĂ©rience comme une renaissance dans le passage et lâexil que reprĂ©sente lâĂ©criture.
Revue de presse
- Tu m'avais dit Ouessant La constellation livresque de Cassiopée 11 décembre 2021
- Tu m'avais dit Ouessant⊠Jose Manuel Lamarque France Inter // Chroniques littorales 11 septembre 2020
- Ouessant, oĂč refluent les souvenirs Françoise Objois ActualittĂ© 27 avril 2020
- Escale avec GwenaĂ«lle Abolivier sur un territoire extrĂȘme, sauvage et magnifique : L'Ăźle d'Ouessant Kathleen Evin France Inter// L'humeur vagabonde 8 fĂ©vrier 2020
- Ouessant en phare majeur David Raynal L'indigo mag 24 décembre 2019
- Tu m'avais dit Ouessant Pierre Ahnne le nouveau blog littéraire de Pierre Ahnne 23 novembre 2019
- Tu m'avais dit Ouessant Evelyne Leraut Onlalu 18 novembre 2019
- Récit poétique, Ouessant Patrick Beguinel Litzic 12 novembre 2019
Interview de Gwenaëlle Abolivier - L'invité découverte Matthieu Vidard France Inter // La terre au carré 4 novembre 2019
- Tu m'avais dit Ouessant Hervé Devallan Bretagne Actuelle 30 octobre 2019
- Gwenaëlle Abolivier répond à l'appel de l'écriture Dominique Cresson Ouest France 18 octobre 2019
- Interview de Gwenaëlle Abolivier Michel PagÚs France Bleu Breizh Izel // Breizh O Pluriel 12 octobre 2019
âGwenaĂ«lle Abolivier est une journaliste, lâauteure de son livre « Tu mâavais dit Ouessant⊠», quand GwenaĂ«lle Ă lâhiver 2015 vĂ©cu trois mois dans le sĂ©maphore de lâĂźle dâOuessant. Un voyage immobile sous le phare du CrĂ©acâh, une exploration insulaire, dont on ne revient pas indemne⊠GwenaĂ«lle Abolivier : âJâai grandi avec la mer, jâai grandi Ă Rennes oĂč je suis nĂ©e, Mais quasiment tous les week-ends, on partait en bord de mer, sur la cĂŽte dâEmeraude, non loin de Saint-Malo, Ă Saint Briac prĂ©cisĂ©ment, qui est vraiment le village Ă la fois de ma famille maternelle et paternelle. Donc jâai grandi lĂ . Mes parents ont eu la bonne idĂ©e, quand jâavais six sept ans, de mâenvoyer Ă des cours de voile sur le petit optimiste qui mâa fait naviguer comme ça au-delĂ du chĂąteau du Nessay, et câest vrai que la mer, câĂ©tait câest une Ă©vidence, depuis toujoursâŠâ
[âŠ] Elle ne dĂ©cide rien, lâĂźle sâoffre Ă elle, avec le vent, les embruns, les paysages, les cris dâoiseaux. Petit Ă petit, au fil des jours, les habitants se confient et elle dĂ©couvre diverses facettes de son environnement.
Elle raconte la mĂ©tĂ©o incertaine, la pluie, les rafales, les conversations, les cadeaux (un succulent poisson), chaque rencontre est un pas vers la dĂ©couverte plus intime de ce lieu atypique. Elle explique que cette terre est un avant-poste, une rampe de lancement vers lâailleurs, tout en restant intimement liĂ©e Ă lâhistoire de chaque personne qui y vit. Elle a appris Ă lire « derriĂšre les regards ». En explorant lâĂźle, en apprenant Ă la connaĂźtre, GwenaĂ«lle, en naufragĂ©e volontaire, sâest retrouvĂ©e avec elle-mĂȘme, en phase pour Ă©crire, cherchant les mots pour retransmettre chaque ressenti, chaque scĂšne⊠et elle le fait avec brio.
Son Ă©criture est lyrique, parfois elle prĂ©sente un paragraphe comme un poĂšme, donnant un tempo au texte. Les mots volent, sâenvolent, portant des messages subtils qui viennent jusquâĂ nous. Ce texte est enchanteur par son phrasĂ©, son rythme.
Pendant trois mois, lâautrice sâest posĂ©e sur Ouessant, dĂ©licatement, sans sâimposer, se laissant apprivoiser par le lieu et lâapprivoisant elle-mĂȘme. Il en rĂ©sulte ce magnifique ouvrage qui laisse de la place Ă lâintrospection, Ă la poĂ©sie, aux rĂȘves⊠[âŠ]
Elle offre au lecteur une magnifique rencontre, qui aurait pu ĂȘtre accompagnĂ©e de quelques photographiesâŠ.et qui donne envie de se rendre lĂ -bas.
Une chronique à retrouver en intégralité sur le blog La constellation livresque de Cassiopée
Une ode aux Ăźles, aux Ăźliens et aux Ăźliennes, un poĂšme dâamour Ă Ouessant, un livre hypnotique que lâon ne peut quitter quâĂ regret⊠A lire sans aucune modĂ©ration.
Ă lâhiver 2015, GwenaĂ«lle Abolivier rĂ©side trois mois dans le sĂ©maphore de lâĂźle dâOuessant, au bout de la Bretagne, sa rĂ©gion natale. Câest pendant, et Ă la suite de ce sĂ©jour, quâelle Ă©crit ce rĂ©cit.
LĂ , sous le grand phare du CrĂ©acâh, se racontent un voyage immobile et une expĂ©rience dâimmersion au contact des Ă©lĂ©ments et des Ăźliens.
Elle explore les lieux et rencontre les habitants, les derniers marins de commerce, les guetteurs-sémaphoriques et gardiens de phares, et les femmes, gardiennes des lieux, qui occupent une place prépondérante sur cette ßle du Ponant.
On dĂ©couvre Ă quel point ce territoire est Ă part : territoire de lâextrĂȘme qui entretient un rapport particulier Ă la noirceur et Ă la mort. Face Ă la mer et sous les faisceaux du grand phare, lâauteure vit cette expĂ©rience comme une renaissance dans le passage et lâexil que reprĂ©sente lâĂ©criture.
Ăcoutez la chronique sur le site de France Inter
RĂCIT â Ralentir pour renaĂźtre. Poser son sac de bourlingueuse et vivre au rythme des marĂ©es et du vent chaque jour comme une Ă©ternitĂ©. Ăcouter les oiseaux, regarder le soleil se lever et se coucher, marcher sous la pluie, mĂ©diter face Ă la mer et aux nuagesâŠ
Câest pour se retrouver au cĆur de lâessentiel que lâĂ©crivaine, journaliste et femme de radio GwenaĂ«lle Abolivier sâest immergĂ©e un automne en rĂ©sidence dâĂ©criture dans le sĂ©maphore de Ouessant, Ă lâombre du CrĂ©acâh, le phare le plus puissant dâEurope.
Partie Ă la recherche dâelle-mĂȘme mais aussi dâun monde pas encore englouti par lâuniformisation des zones commerciales et des lotissements, elle nous raconte les histoires de ces vieux cap-horniers quâelle a enregistrĂ©s et chez qui elle a pris un cafĂ©, et de ces femmes de marins furieusement modernes qui ont connu depuis bien longtemps la libertĂ© et lâindĂ©pendance que les femmes du continent nâavaient pas Ă la mĂȘme Ă©poque.
[âŠ]
Ce sont ces multiples expĂ©riences sensorielles doublĂ©es de rĂ©flexions aussi bien informatives que poĂ©tiques qui font le sel de cet ouvrage dont chaque page se nourrit dâune langue animĂ©e par un souffle iodĂ©. Cet ouvrage est une magnifique dĂ©claration dâamour Ă Ouessant et Ă la mer « reflux des souvenirs ». Aux hommes et aux femmes de lâĂźle, rĂ©sumĂ© du monde, aux paysages et aux traditions ancrĂ©es dans les veines des Ouessantins pour qui le changement nâapporte rien de bon.
On dĂ©cĂšle chez GwenaĂ«lle Abolivier une fascination pour les gardiens de phares qui veillent sur la lumiĂšre â les LumiĂšres â symbole dâune connaissance dont nous avons plus que jamais besoin pour refuser lâobscurantisme.
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Parfait fantasme de continentaux, sâen aller vivre dans une Ăźle reste gĂ©nĂ©ralement au stade de la rĂȘverie, celle que lâon nourrit lorsque le ras le bol de la vie citadine nous donne des envies de fuite et dâoxygĂšne. Mais peu de gens en seraient rĂ©ellement capables. Il faut en effet supporter de vivre dans un espace limitĂ©, dây croiser sans cesse les mĂȘmes personnes, Ă qui il devient difficile de cacher ses moindres mouvements, et avec lesquelles il faut pouvoir coexister en paix.
Vivre dans une Ăźle câest accepter de restreindre son territoire physique et savoir Ă©largir son territoire mental. Ă moins dây ĂȘtre nĂ©, il est trĂšs rare dây parvenir. Surtout lorsque lâĂźle en question nâest pas situĂ©e sous les Tropiques.
ĂlevĂ©e Ă France Inter par lâami Claude Villers, GwenaĂ«lle Abolivier a donc de solides rĂ©fĂ©rences en matiĂšre de reportage radio.
Nagra Ă lâĂ©paule, elle a longtemps arpentĂ© la planĂšte pour nous en rapporter la rumeur. DorĂ©navant tentĂ©e par lâĂ©criture, exercice qui demande un peu de sĂ©dentaritĂ©, câest Ă Ouessant quâelle a fait escale, durant 3 mois de lâhiver 2015, histoire de rĂ©accoutumer son regard Ă lâintrospection.
InstallĂ©e dans lâancien sĂ©maphore, sous le phare du CrĂ©achâ, elle a beaucoup regardĂ© la lumiĂšre, Ă©coutĂ© le vent , offert sa peau aux embruns, et entendu les histoires des ouessantins ,hĂ©ritiers des navigateurs au long cours, Ă qui la modernitĂ© impose aujourdâhui des choix difficile. âTu mâavais dit Ouessantâ, le livre quâelle en a rapportĂ©, est paru aux Ă©ditons Le mot et le reste.
Ăcoutez lâĂ©mission en podcast sur le site de France Inter
GwenaĂ«lle Abolivier est une journaliste et Ă©crivaine française ainsi quâune voix familiĂšre de France Inter. FormĂ©e Ă lâĂ©cole de Claude Villers, elle a prĂ©sentĂ© pendant plus de 20 ans des Ă©missions dans lesquelles elle mettait en scĂšne ses reportages Ă travers le monde.
Depuis plusieurs annĂ©es, elle sâest tournĂ©e vers lâĂ©criture littĂ©raire tout en continuant dâintervenir sur les ondes de la Radio tĂ©lĂ©vision suisse (RTS) et dans diffĂ©rentes revues comme la bretonne ArMen. Son Ă©criture alerte, sensible et inspirĂ©e, puise ses racines dans le voyage au long-cours et les horizons du monde entier avec une forte attirance pour les terres polaires, les grands espaces, les voyages en train ou en cargo, le monde maritime et les ĂźlesâŠ
Ă lâhiver 2015, elle a vĂ©cu pendant trois mois une expĂ©rience intense dans le sĂ©maphore de lâĂźle dâOuessant, au bout de la Bretagne sa rĂ©gion natale. Une rĂ©sidence dâĂ©crivain pour le moins originale Ă lâinvitation de lâassociation C.A.L.I. Culture, arts et lettres des Ăźles, prĂ©sidĂ©e par Isabelle Le Bal qui sâintĂ©resse Ă la littĂ©rature insulaire et qui organise chaque Ă©tĂ© depuis plus de 20 ans le Salon International du Livre Insulaire.
Câest pendant, et Ă la suite de ce sĂ©jour, sur cette terre ultime du FinistĂšre quâelle Ă©crit ce rĂ©cit intitulĂ© « Tu mâavais dit Ouessant ». LĂ , sous le grand phare du CrĂ©acâh, se racontent un voyage immobile et une expĂ©rience dâimmersion au contact des Ă©lĂ©ments et des Ăźliens. Elle explore les lieux et rencontre les habitants, les derniers marins de commerce, les guetteurs-sĂ©maphoriques et gardiens de phares, et les femmes, gardiennes des lieux, qui occupent une place prĂ©pondĂ©rante sur cette Ăźle du Ponant.
Territoire de lâextrĂȘme
A portĂ©e de vue du phare du Stiff, sur la pointe de Penn Arlan, sa curiositĂ© lâemmĂšne pour le lever du soleil Ă la rencontre du Stonehenge ouessantin. Un cromlech, une couronne de pierres dressĂ©es datant du nĂ©olithique (2000 avant J.-C.) dĂ©crivant face Ă la mer une ellipse de granite Ă©nigmatique. Au cours de ce rĂ©cit intime, le lecteur dĂ©couvre Ă quel point ce territoire est Ă part : territoire de lâextrĂȘme qui entretient un rapport particulier Ă la noirceur et Ă la mort. La proĂ«lla ou la broĂ«lla en est certainement la traduction la plus singuliĂšre.
« Par le passĂ©, quand on apprenait la perte dâun homme en mer, les jeunes filles du village Ă©taient envoyĂ©es dans toute lâĂźle pour prĂ©venir que le soir mĂȘme, il y aurait broĂ«lla dans la famille du dĂ©funt. Elles allaient alors chercher Ă lâĂ©glise un crucifix dâargent et de la pĂąte de cierge avec laquelle elles façonnaient cette croix de cire blanche. Dans la maison endeuillĂ©e, on Ă©tendait sur la table un drap, deux morceaux de dentelles ou encore la coiffe de la veuve ainsi que le portrait du marin et on disposait la croix qui servait de substitut au corps du disparu. Ainsi le corps Ă©tait prĂ©sent et on pouvait, selon la croyance, Ă travers cette cĂ©rĂ©monie dâenterrement fictif retrouver lâĂąme du disparu, ce qui lui assurait la paix et un retour au pays » dĂ©crit t-elle. Face Ă la mer et sous les faisceaux du grand phare, lâauteure vit cette expĂ©rience comme une renaissance dans le passage et lâexil que reprĂ©sente lâĂ©criture. « Tu mâavais dit, pars au bout du monde, pars au bout de la terre, et je suis partir sur une Ăźle nĂ© »e au milieu de lâocĂ©an, une Ăźle du FinistĂšre, de lâautre cĂŽtĂ© de lâhorizon, de lâautre cĂŽtĂ© du Fromveur*, il y a une Ăźle oĂč des femmes et des hommes sâaiment dans le vent, il y a une Ăźle ou des femmes et des hommes vivent dans le rĂȘve de lâocĂ©an » Ă©crit dans un souffle dâIroise GwenaĂ«lle Abolivier.
*Fromveur : le mur de la peur en breton.
Avec les Ăźles, câest compliquĂ©. Surtout avec Ouessant. Je mâen suis expliquĂ© dans les pages mĂȘmes de ce blog(1). Jâai dit pourquoi câĂ©tait Ă mes yeux lâĂźle idĂ©ale, avant que la manie de la nature, parallĂšle Ă sa destruction, ne frappe les familles obsĂ©dĂ©es par le VTT ; sans parler de la manie de la culture â salons du livre et autres festivals. Bref, câest avec un peu de rĂ©ticence, je lâavoue tout de suite, que jâai ouvert un livre qui ne pouvait quâajouter, ne serait-ce quâun peu, Ă la notoriĂ©tĂ© fĂącheuse du bout de rocher qui met un point vraiment final au FinistĂšre.
Câest difficile, les Ăźles, et Ouessant, en dĂ©pit de son caractĂšre, serait-on tentĂ© de penser, littĂ©raire Ă lâextrĂȘme, nâa eu, malgrĂ© Savignon(2) et QueffĂ©lec(3), que peu de chantres. Et, prudents, ceux-ci avaient recours Ă la fiction. Câest encore plus pĂ©rilleux dâaller, comme lâa fait GwenaĂ«lle Abolivier, passer trois mois sur lâĂźle dans le but explicite dây Ă©crire un ouvrage qui lui soit consacrĂ©.
Les hommes, les femmes, le mondeâŠ
Un tel ouvrage navigue inĂ©vitablement entre plusieurs Ă©cueils : le style guide touristique, le lyrisme, les considĂ©rations philosophiques tendance new age. Lâancienne journaliste Ă France Inter nâen Ă©vite, disons-le, aucun. Mais au moins a-t-elle le mĂ©rite de les aborder franchement, honnĂȘtement, sans prĂ©tention et, pour ainsi dire, en toute candeur. Et puis, je suis injuste, il y a quand mĂȘme un Ă©norme rĂ©cif quâelle contourne assez gracieusement : lâautobiographie. Elle ne prend pas prĂ©texte dâOuessant pour parler de soi, câest dĂ©jĂ beaucoup.
Donc, visite guidĂ©e et petit historique des lieux. Ouessant, Ăźle des femmes, lesquelles, « pendant trois siĂšcles, (âŠ) ont tenu et façonnĂ© lâĂźle Ă une Ă©poque oĂč les hommes Ă©taient contraints de la quitter pour servir la Royale ou le Commerce ». Et, en mĂȘme temps, Ouessant, Ăźle des hommes, pour qui « la mer, câest la grande affaire », et qui, « au bar-tabac de la Poste », Ă©grĂšnent ensemble des noms qui font rĂȘver, Djibouti, SaĂŻgon, Port-SaĂŻd, Dar es Salam⊠Ces anciens marins ont fait « entrer le monde entier dans leurs maisons, devenues, au fil de leurs retours, de vĂ©ritables cabinets de curiositĂ©s » â jolie contradiction qui fait, dâun lieu restreint et clos, le rĂ©sumĂ© du tout.
Ouessant (autrefois) Ăźle des naufrageurs ? Câest Ă©videmment un point plus dĂ©licat â et, du reste, controversĂ©. On ne fera donc que lâeffleurer, les insulaires, de jadis ou de maintenant, devant rester, quoique rudes, sympathiques, forcĂ©ment sympathiques⊠Il est, du reste, de fait que les tĂ©moignages recueillis et relatĂ©s par GwenaĂ«lle Abolivier (ex-marins au long cours, ex-gardiens de phareâŠ) sont ce quâil y a de plus Ă©mouvant et de plus instructif dans son livre.
Entre ciel et mer
Mais il nây a pas que les hommes, il y a la nature⊠Les tempĂȘtes, les naufrages, les eaux de lâAtlantique et celles de la Manche se divisant Ă la pointe de lâĂźle. Lâauteure Ă©tait logĂ©e dans lâancien « sĂ©maphore » se dressant au pied du fameux CrĂ©acâh, une des nombreuses tours qui font dâOuessant lâĂźle aux phares. Le « sĂ©maphore » aussi est une tour, Ă peine plus modeste, « trois Ă©tages, chapeautĂ© dâun toit-terrasse », avec une « chambre de veille », « balcon quasi circulaire qui flotte comme une aurĂ©ole entre le ciel et la mer ». Dans ces conditions, difficile, Ă©videmment, de rĂ©sister Ă la tentation de la poĂ©sie. Chaque fois que GwenaĂ«lle Abolivier y cĂšde, mieux vaut sauter. Mais quand elle se cantonne dans la description minutieuse, elle devient vraiment poĂšte. Et elle parvient, en Ă©voquant « les syncopes du vent », Ă composer une vraie petite musique. Quand elle parle des « vagues couleur ardoise », du ciel en « lavis gris-jaunĂątre », de lâocĂ©an lorsquâil « nâest plus quâun mur dâune blancheur phosphorescente », on Ă©prouve lâenvie de voir ces aquarelles quâelle dit par ailleurs exĂ©cuter au coin des landes et des criques. Et on se prend Ă regretter quâelle nâait pas creusĂ© la belle idĂ©e, venue face Ă la mer, dâune Ă©criture « antĂ©rieure Ă lâacte dâĂ©crire » et venant « de plus loin ».
Mais ce nâĂ©tait pas le propos. Et câest dĂ©jĂ assez pour quâon se sente prĂȘt Ă pardonner bien des « lĂącher-prise », des « via » fautifs, des « lieux de vie ». Et Ă refermer ce petit livre avec lâenvie dâaller, ou de retourner, voir sur place au plus tĂŽt. CâĂ©tait bien son but, non ?
P. A.
(1) Voir ici
(2) André Savignon, Filles de la pluie, Grasset, 1912
(3) Henri QueffĂ©lec, Un homme dâOuessant, Mercure de France, 1953
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Dâembruns, de brises, de flots, de senteurs marines, cette ode Ă la vie est un repli des plus intimes. « Tu mâavais dit Ouessant » semble un lever de rideau sur lâhorizon Ă perte de vue. Une Ăźle palpitante, vivifiante qui octroie ses mystĂšres au seul chant langoureux, heureux dâune Ă©criture de dĂ©livrance vĂȘtue. Naturaliste, hĂ©doniste, dâexaltations marines, en abĂźmes dâintĂ©rioritĂ©, ce rĂ©cit puise son encre dans la gravitĂ© de lâinstant, la profondeur inspirante. Nourricier, il sâĂ©panche sur le geste glorieux dâune vague se donnant en diapason avec un pictural allouĂ© Ă la plĂ©nitude. GwenaĂ«lle Abolivier dĂ©ploie une carte aux trĂ©sors que seuls les poĂštes, les pĂšlerins, les sachants, les marins, les voyageurs sauront lire. Cette observation indubitable, dĂ©licate, des hĂŽtes dâOuessant, en plein hiver, au summum des turbulences et dâun froid mordant attisant les vents, dâun habitus dĂ©voilĂ© vagues aprĂšs vagues est un hymne Ă un vivre-ensemble solidaire aux surprises risquĂ©es dâune Ăźle quelque peu sauvage et rebelle, libre, immensĂ©ment libre, tel « Jonathan Livingston le goĂ©land ». « Jâallais vivre dans lâhaleine de la mer, captive de cette bulle ocĂ©ane, de ses variations, de ses couleurs, du flux des nuages et de la houle. » « Et si nous Ă©tions que des iliens au cĆur de la galaxie ? » Lâauteure est cette Ăźle. Cette bouffĂ©e dâair frais qui sâĂ©lance du grand phare du CrĂ©acâh. Dâun sĂ©maphore mĂ©taphorique, citadelle verbale, mots sur les maux, syllabes de lumiĂšre. Babel marine sâextasiant des Ă©mois dâune aventuriĂšre, superbement modeste, douĂ©e et cultivĂ©e. « Jâapprends dans un mĂȘme temps que Joyce a Ă©crit Ulysse dans un sĂ©maphore face au large. La mer est bien comme ce flux de conscience qui nous traverse et nous bouleverse de lâintĂ©rieur. » Cette odyssĂ©e aux nuances voluptueuses, sels marins qui se figent sur les mĂ©moires est Ă lire Ă haute voix. Au plus clair des pourtours de cette idiosyncrasie dĂ©nudĂ©e, de ces afflux glacĂ©s dâĂ©cumes Ă©phĂ©mĂšres. « LĂ se dessinent en courbes et en dĂ©liĂ©s, les lignes de nos trajectoires. Nous ne sommes que des hommes et des femmes en marche, ceux imaginĂ©s si patiemment par lâimmense Giacometti. » LâĂ©cho, rĂ©sonance voluptueuse dâune aura insulaire, muse marine, est une contrĂ©e initiatique. Lâauteur franchit pas Ă pas lâinsondable, le magnifiĂ©, le juste. « Je te le dis, les phares câest tout un monde et on nâa pas fini dâen faire le tour. » Lâalchimie dâune Ăźle se mĂ©rite. Ouessant est le plus beau point sur une mappemonde. « Tu mâavais dit, va et lĂšve la tĂȘte. Tu mâavais dit, va et tu verras⊠Va et sois curieuse comme LĂ©onard de Vinci. » Ce rĂ©cit est salvateur, magnĂ©tique, fusionnel. Lire doucement « Tu mâavais dit Ouessant ». Rester en osmose dans cette Ă©coute des vagues qui claquent contre le phare du CrĂ©acâh et se dire que lâon vit mille ans en un instant. PubliĂ© par Les Editions Le Mot et Le Reste Yves Jolivet qui nous prouvent une nouvelle fois leur haute qualitĂ© Ă©ditoriale.
Tu mâavais dit Ouessant est un rĂ©cit aux envolĂ©es poĂ©tiques et mĂ©taphysiques de GwenaĂ«lle Abolivier. Cette autrice et journaliste (elle est une voix de France Inter) a passĂ© plusieurs semaines sur cette Ăźle emblĂ©matique, pour ne pas dire mythique, au large du FinistĂšre. LĂ oĂč finit la Terre commence la dĂ©couverte de soi et celle des autresâŠ
Un récit superbe de Gwenaëlle Abolivier.
Ouessant, Ăźle du bout de la Terre, nourrit bien des fantasmes. Lâimaginaire quâelle abreuve se compose de mort, de tempĂȘtes, de naufrages, de lĂ©gendes. En passant plusieurs semaines sur place, GwenaĂ«lle Abolivier, pourtant rompue aux exercices extrĂȘmes, sera confrontĂ©e au vent, Ă la mer, aux Ăźliennes et aux Ăźliens, au passĂ©, Ă elle-mĂȘme surtout.
Elle relate cette aventure dans Tu mâavais dit Ouessant. Mais loin de se contenter dâun rĂ©cit de voyage, elle nous offre une plongĂ©e dans un autre monde, chargĂ© dâune poĂ©sie au sel de mer. Il ne sâagit pas, dans ce livre, dâune description dâun lieu, des personnes qui y habitent, mais dâune vĂ©ritable incursion dans la psychĂ© dâune Ăźle et dans celle de cette autrice Ă la plume magistrale.
Une écriture somptueuse.
Lâun des faits marquants de ce livre rĂ©side dans la patte de GwenaĂ«lle Abolivier. Son Ă©criture est racĂ©e, ne tourne pas en rond tout au long de ces 184 pages. Combien mĂȘme toute Ăźle possĂšde des frontiĂšres, lâĂ©criture de cette femme ne se laisse enfermer par aucune rĂšgle. Elle mĂȘle habilement le tĂ©moignage (celui des lieux et de ses habitants) et la poĂ©sie, ainsi que ses pensĂ©es intimes (et celles qui sâinscrivent dans une pensĂ©e universelle).
Bien quâune Ăźle donne parfois le sentiment dâenfermement, la plume de GwenaĂ«lle Abolivier, elle, produit exactement lâeffet inverse. LĂ oĂč nous aurions pu voir une succession dâĂ©vĂ©nements similaires, de lieux identiques (mais qui connaĂźt la Bretagne sait quâune cĂŽte rĂ©vĂšle toujours des surprises, mĂȘme Ă 100 mĂštres dâintervalle), mais il nâen est rien. Avec ses mots, elle rend lâĂźle dâOuessant vaste comme les ocĂ©ans et son ciel grand comme lâunivers.
Une poésie féerique.
Ses incursions poĂ©tiques nourrissent Ă©galement notre imaginaire, dâune façon trĂšs sensuelle et sensitive. Mais si GwenaĂ«lle Abolivier ne mettait pas tant dâelle-mĂȘme dans ce carnet de voyage (relativement) immobile, nous ne pourrions pas forcĂ©ment y adhĂ©rer. Mais voilĂ , elle raconte sa vie dans le sĂ©maphore, sa visite du phare de CrĂ©acâh, les relations intimes (et Dieu sait quâen Bretagne elle se gagne, cette intimitĂ©) avec les habitants du lieu, et surtout place tout cela dans un contexte mĂ©taphysique jamais abstrait, et cela nous touche en plein cĆur.
Toutes ses bribes dâhistoires quâelle nous conte, tous ses fragments de naufrage retranscrit, toutes ces parcelles de visage quâelle esquisse nous font rĂ©agir. Bretons nous-mĂȘmes, nous comprenons ce quâelle Ă©voque, en creux, en plein, en volutes, mais nous savons que tout Ă©tranger qui soit est Ă mĂȘme de sâidentifier dans ces propos jamais sectaires ou identitaires.
ĂgalitĂ© face aux embruns.
Ce livre se dĂ©guste lentement, comme pour mieux sâen imprĂ©gner. Il faut comprendre que cette Ăźle, comme dâautres Ă travers le monde, possĂšde une Ăąme Ă part, un orgueil aussi. La pudeur y est de mise mais le caractĂšre Ă©minemment humain de ce quâelle renferme ne peut laisser personne insensible. Face Ă la mer, au vent, Ă la voĂ»te cĂ©leste, câest finalement face Ă elle-mĂȘme que sâest retrouvĂ©e GwenaĂ«lle Abolivier. Et par la lecture de son rĂ©cit, câest un peu comme si elle nous laissait une part de cet hĂ©ritage acquis sur cette terre au bout de la Terre.
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âCâest une formidable expĂ©rience et un rĂ©cit extraordinaire.â Matthieu Vidard
GwĂ©naĂ«lle Abolivier est journaliste et auteure, elle vient de publier « Tu mâavais dit Ouessant » Ă©ditions Le Mot et le reste. Elle a passĂ© trois mois Ă lâhiver 2015 dans le sĂ©maphore de lâĂźle dâOuessant, lâĂźle du Ponant la plus Ă©loignĂ©e du continent. Elle avait pour volontĂ© de vivre une expĂ©rience dâimmersion au contact des Ă©lĂ©ments et des habitants pour faire ce rĂ©cit.
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Le dernier livre de notre consĆur GwenaĂ«lle Abolivier vient de sortir aux Ă©ditions Le mot et Le Reste. Un ouvrage nĂ© de ses 3 mois passĂ©s au sĂ©maphore de lâĂźle dâOuessant Ă la fin de lâautomne 2015.
Entre la grande Histoire et les lĂ©gendes, de belles rencontres avec les habitants, un inĂ©vitable retour sur soi et des Ă©lĂ©ments parfois dĂ©chainĂ©s, « Tu mâavais dit Ouessant » est aussi poĂ©tique quâinitiatique. Deux approches, mais une seule vĂ©ritĂ© : celle quâune Ăźle du Ponant veut bien dĂ©voiler dĂšs lors que lâon parle secrets et mystĂšres toujours ancrĂ©s dans le quotidien. Si la mort rode autant que le vent, les vrais tĂ©moins de lâile sont toujours et encore les femmes. Les hommes sâaccrochant Ă leurs rĂȘves de long cours et de gardiens de phares.
GwĂ©naĂ«lle Aboliver sâest donc immergĂ©e dans les Ă©lĂ©ments avec lâenvie et lâespoir de se retrouver. Si elle est partie plus apaisĂ©e, elle le doit sĂ»rement Ă ses rencontres. Et ça, la reporter de Radio France sait nous le conter mieux que quiconque. Un art quâelle dĂ©ploie dans ces bouts de vie que sont chaque invitation Ă prendre un cafĂ© qui ramĂšnent Ă la surface rires et chagrins.
On se surprend Ă©galement Ă aimer les tempĂȘtes quâelle a affrontĂ©es et celles quâon lui racontĂ©es, notamment la terrible dĂ©ferlante de 1999. Car ici la mĂ©tĂ©o guide les pas. Et le vent reste bien plus pernicieux que la pluie. Il peut rendre fou ! Ses voix sont parfois pĂ©nĂ©trables⊠comme une porte qui sâouvre vers lâau-delĂ .
Bref, câest un rĂ©cit qui donne envie â Ă notre tour â de se perdre un temps au bout de ce monde breton. A Enez Eusa comme on dit chez nous.
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InvitĂ©e dâĂźles 2019, regards croisĂ©s des sciences, des cultures et de la sociĂ©tĂ©, Ă Brest,
la journaliste-auteure Ă©voque son rĂ©cit Tu mâavais dit Ouessant qui vient de paraĂźtre en librairie.
AprĂšs dix-huit ans passĂ©s Ă France Inter, Ă parcourir les routes de la Terre, GwenaĂ«lle Abolivier a « glissĂ© vers lâĂ©criture littĂ©raire » et elle a su que câĂ©tait la seule voie possible pour densifier son parcours. âJe me suis alors attelĂ©e Ă ma table de travail avec mes archives sonores, et jâai foncĂ© dans ce que je sentais vraiment, dans cette Ă©crituÂre personnelle. » Un premier rĂ©cit est nĂ©. Vertige du TranssibĂ©rien. Les retours positifs ne se font pas attenÂdre. Elle postule pour les rĂ©sidences dâartistes-auteurs au SĂ©maphore dâOuessant. Un moment charniĂšre. âOuessant que je frĂ©quentais depuis plusieurs Ă©tĂ©s dĂ©jĂ . AprĂšs toutes ces annĂ©es de grands voyaÂges Ă travers le monde, je cherchais Ă me poser et Ă revenir vers la BretaÂgne. Jâavais compris que câĂ©tait une ile qui mâattirait depuis ma jeunesse. Jâai toujours vu Ouessant comme un verrou et que mon retour au pays natal allait se faire par le FinistĂšre.â
Une Ăźle en changement
Novembre 2015 pour trois mois. GwenaĂ«lle Abolivier pose dans le SĂ©maphore, ses valises et son Ă©criture, « jusquâĂ lâĂ©puiser mais tout en puisant ses racines dans lâexercice radiophonique ». Tu mâavais dit Ouessant est une grande adresse qui passe par la dĂ©couverte de lâile par les Ouessantins. Elle se balade avec son Nagra et enregistre « des kilomĂšÂtres de bande â· Elle veut « capter une ile en changement. âQuand je suis arrivĂ©e, jâavais lâimpression quâelle sortait de lâĂ©ternitĂ©. Jâai renÂcontrĂ© des personnes qui sont touÂtes mortes aujourdâhui. Jâai pu capÂter une mĂ©moire vivante et vivace dâun monde sur la bascule, en train de disparaitre â·
Encore aujourdâhui, dans ces hauÂtes solitudes, il y a beaucoup de mysÂtĂšre et de violences. Il mâarrive de lire, sur les visages et dans les regards, certaines rĂ©surgences de ce passĂ©, de ce manque de tendresse quasi insondable, peut-on lire p 101.
EmportĂ©e par la force indicible qui se dĂ©gage de cet endroit extrĂȘme, avec la mer pour horizon, GwenaĂ«lle Abolivier nappe son Ă©criture dâun voiÂle poĂ©tique, suspendu aux alĂ©as de lâhistoire, de sa propre histoire aussi. Cette rĂ©sidence dâĂ©criture, ce long sĂ©jour est un nouveau voyage initiatique, « un exil qui mâa permis de proÂgresser dans mon chemin dâĂ©criture et de mieux me dĂ©couvrirâ·
« Sonder les ailleurs »
En venant Ă Ouessant, elle voulait âsonder les ailleurs, câest-Ă -dire que de tous ces voyages Ă travers le monde dont je suis imprĂ©gnĂ©e, cette ile me parlait de lâailleurs.â Elle a comblĂ© sa quĂȘte. âQuand on finit par rentrer dans une maison ouessantiÂne, on arrive dans une cabine de bateau, comme dans un cabinet de curiositĂ©s. Les marins ont rapportĂ© la modernitĂ©, une sorte dâouverture dâesprit, tandis que les femmes tiennent lâailleurs Ă distance et tout ce qui peut le leur rappeler. »
Tu mâavais dit Ouessant. On a envie de savoir qui se cache derriĂšre ce Tu. âCâest le lecteur, la lectrice, le OuesÂsantin, la Ouessantine. Un lecteur universel, dans un sens. Ce sont aussi toutes ces personnes qui nous font confiance.â On ajoute une forÂme dâaboutissement. GwenaĂ«lle Abolivier touche au but.
Michel PagĂšs reçoit GwenaĂ«lle Abolivier pour parler de son dernier livre, de Ouessant, du titre, de lâĂ©criture et de Bretagne.
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