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Parution : 17/10/2019
ISBN : 9782361390884
188 pages (14,8 x 21)

Tu m'avais dit Ouessant

C’est une formidable expĂ©rience et un rĂ©cit extraordinaire.

Matthieu Vidard – France Inter // La Terre au carrĂ©

Prix Marine Bravo Zulu 2020

À l’hiver 2015, GwenaĂ«lle Abolivier rĂ©side trois mois dans le sĂ©maphore de l’üle d’Ouessant, au bout de la Bretagne, sa rĂ©gion natale. C’est pendant, et Ă  la suite de ce sĂ©jour, qu’elle Ă©crit ce rĂ©cit. LĂ , sous le grand phare du CrĂ©ac’h, se racontent un voyage immobile et une expĂ©rience d’immersion au contact des Ă©lĂ©ments et des Ăźliens. Elle explore les lieux et rencontre les habitants, les derniers marins de commerce, les guetteurs-sĂ©maphoriques et gardiens de phares, et les femmes, gardiennes des lieux, qui occupent une place prĂ©pondĂ©rante sur cette Ăźle du Ponant. On dĂ©couvre Ă  quel point ce territoire est Ă  part : territoire de l’extrĂȘme qui entretient un rapport particulier Ă  la noirceur et Ă  la mort. Face Ă  la mer et sous les faisceaux du grand phare, l’auteure vit cette expĂ©rience comme une renaissance dans le passage et l’exil que reprĂ©sente l’écriture.

Le blog de l’auteure

Revue de presse

Portraits de Gens de Mer: Gwenaëlle Abolivier José Manuel Lamarque France Inter // Chroniques littorales 26 septembre 2025
- Tu m'avais dit Ouessant La constellation livresque de Cassiopée 11 décembre 2021
- Tu m'avais dit Ouessant
 Jose Manuel Lamarque France Inter // Chroniques littorales 11 septembre 2020
- Ouessant, oĂč refluent les souvenirs Françoise Objois ActualittĂ© 27 avril 2020
- Escale avec GwenaĂ«lle Abolivier sur un territoire extrĂȘme, sauvage et magnifique : L'Ăźle d'Ouessant Kathleen Evin France Inter// L'humeur vagabonde 8 fĂ©vrier 2020
- Ouessant en phare majeur David Raynal L'indigo mag 24 décembre 2019
- Tu m'avais dit Ouessant Pierre Ahnne le nouveau blog littéraire de Pierre Ahnne 23 novembre 2019
- Tu m'avais dit Ouessant Evelyne Leraut Onlalu 18 novembre 2019
- Récit poétique, Ouessant Patrick Beguinel Litzic 12 novembre 2019
Interview de Gwenaëlle Abolivier - L'invité découverte Matthieu Vidard France Inter // La terre au carré 4 novembre 2019
- Tu m'avais dit Ouessant Hervé Devallan Bretagne Actuelle 30 octobre 2019
- Gwenaëlle Abolivier répond à l'appel de l'écriture Dominique Cresson Ouest France 18 octobre 2019
- Interview de Gwenaëlle Abolivier Michel PagÚs France Bleu Breizh Izel // Breizh O Pluriel 12 octobre 2019

Portraits de Gens de Mer: Gwenaëlle Abolivier

“GwenaĂ«lle Abolivier est une journaliste, l’auteure de son livre « Tu m’avais dit Ouessant
 », quand GwenaĂ«lle Ă  l’hiver 2015 vĂ©cu trois mois dans le sĂ©maphore de l’üle d’Ouessant. Un voyage immobile sous le phare du CrĂ©ac’h, une exploration insulaire, dont on ne revient pas indemne
 GwenaĂ«lle Abolivier : “J’ai grandi avec la mer, j’ai grandi Ă  Rennes oĂč je suis nĂ©e, Mais quasiment tous les week-ends, on partait en bord de mer, sur la cĂŽte d’Emeraude, non loin de Saint-Malo, Ă  Saint Briac prĂ©cisĂ©ment, qui est vraiment le village Ă  la fois de ma famille maternelle et paternelle. Donc j’ai grandi lĂ . Mes parents ont eu la bonne idĂ©e, quand j’avais six sept ans, de m’envoyer Ă  des cours de voile sur le petit optimiste qui m’a fait naviguer comme ça au-delĂ  du chĂąteau du Nessay, et c’est vrai que la mer, c’était c’est une Ă©vidence, depuis toujours
”

Ecouter en ligne

José Manuel Lamarque
France Inter // Chroniques littorales 26 septembre 2025

- Tu m'avais dit Ouessant

[
] Elle ne dĂ©cide rien, l’üle s’offre Ă  elle, avec le vent, les embruns, les paysages, les cris d’oiseaux. Petit Ă  petit, au fil des jours, les habitants se confient et elle dĂ©couvre diverses facettes de son environnement.

Elle raconte la mĂ©tĂ©o incertaine, la pluie, les rafales, les conversations, les cadeaux (un succulent poisson), chaque rencontre est un pas vers la dĂ©couverte plus intime de ce lieu atypique. Elle explique que cette terre est un avant-poste, une rampe de lancement vers l’ailleurs, tout en restant intimement liĂ©e Ă  l’histoire de chaque personne qui y vit. Elle a appris Ă  lire « derriĂšre les regards ». En explorant l’üle, en apprenant Ă  la connaĂźtre, GwenaĂ«lle, en naufragĂ©e volontaire, s’est retrouvĂ©e avec elle-mĂȘme, en phase pour Ă©crire, cherchant les mots pour retransmettre chaque ressenti, chaque scĂšne
 et elle le fait avec brio.

Son Ă©criture est lyrique, parfois elle prĂ©sente un paragraphe comme un poĂšme, donnant un tempo au texte. Les mots volent, s’envolent, portant des messages subtils qui viennent jusqu’à nous. Ce texte est enchanteur par son phrasĂ©, son rythme.

Pendant trois mois, l’autrice s’est posĂ©e sur Ouessant, dĂ©licatement, sans s’imposer, se laissant apprivoiser par le lieu et l’apprivoisant elle-mĂȘme. Il en rĂ©sulte ce magnifique ouvrage qui laisse de la place Ă  l’introspection, Ă  la poĂ©sie, aux rĂȘves
 [
]

Elle offre au lecteur une magnifique rencontre, qui aurait pu ĂȘtre accompagnĂ©e de quelques photographies
.et qui donne envie de se rendre lĂ -bas.

Une chronique à retrouver en intégralité sur le blog La constellation livresque de Cassiopée

La constellation livresque de Cassiopée 11 décembre 2021

- Tu m'avais dit Ouessant


Une ode aux Ăźles, aux Ăźliens et aux Ăźliennes, un poĂšme d’amour Ă  Ouessant, un livre hypnotique que l’on ne peut quitter qu’à regret
 A lire sans aucune modĂ©ration.

À l’hiver 2015, GwenaĂ«lle Abolivier rĂ©side trois mois dans le sĂ©maphore de l’üle d’Ouessant, au bout de la Bretagne, sa rĂ©gion natale. C’est pendant, et Ă  la suite de ce sĂ©jour, qu’elle Ă©crit ce rĂ©cit.
LĂ , sous le grand phare du CrĂ©ac’h, se racontent un voyage immobile et une expĂ©rience d’immersion au contact des Ă©lĂ©ments et des Ăźliens.

Elle explore les lieux et rencontre les habitants, les derniers marins de commerce, les guetteurs-sémaphoriques et gardiens de phares, et les femmes, gardiennes des lieux, qui occupent une place prépondérante sur cette ßle du Ponant.

On dĂ©couvre Ă  quel point ce territoire est Ă  part : territoire de l’extrĂȘme qui entretient un rapport particulier Ă  la noirceur et Ă  la mort. Face Ă  la mer et sous les faisceaux du grand phare, l’auteure vit cette expĂ©rience comme une renaissance dans le passage et l’exil que reprĂ©sente l’écriture.

Écoutez la chronique sur le site de France Inter

Jose Manuel Lamarque
France Inter // Chroniques littorales 11 septembre 2020

- Ouessant, oĂč refluent les souvenirs

RÉCIT – Ralentir pour renaĂźtre. Poser son sac de bourlingueuse et vivre au rythme des marĂ©es et du vent chaque jour comme une Ă©ternitĂ©. Écouter les oiseaux, regarder le soleil se lever et se coucher, marcher sous la pluie, mĂ©diter face Ă  la mer et aux nuages


C’est pour se retrouver au cƓur de l’essentiel que l’écrivaine, journaliste et femme de radio GwenaĂ«lle Abolivier s’est immergĂ©e un automne en rĂ©sidence d’écriture dans le sĂ©maphore de Ouessant, Ă  l’ombre du CrĂ©ac’h, le phare le plus puissant d’Europe.

Partie Ă  la recherche d’elle-mĂȘme mais aussi d’un monde pas encore englouti par l’uniformisation des zones commerciales et des lotissements, elle nous raconte les histoires de ces vieux cap-horniers qu’elle a enregistrĂ©s et chez qui elle a pris un cafĂ©, et de ces femmes de marins furieusement modernes qui ont connu depuis bien longtemps la libertĂ© et l’indĂ©pendance que les femmes du continent n’avaient pas Ă  la mĂȘme Ă©poque.

[
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Ce sont ces multiples expĂ©riences sensorielles doublĂ©es de rĂ©flexions aussi bien informatives que poĂ©tiques qui font le sel de cet ouvrage dont chaque page se nourrit d’une langue animĂ©e par un souffle iodĂ©. Cet ouvrage est une magnifique dĂ©claration d’amour Ă  Ouessant et Ă  la mer « reflux des souvenirs ». Aux hommes et aux femmes de l’üle, rĂ©sumĂ© du monde, aux paysages et aux traditions ancrĂ©es dans les veines des Ouessantins pour qui le changement n’apporte rien de bon.

On dĂ©cĂšle chez GwenaĂ«lle Abolivier une fascination pour les gardiens de phares qui veillent sur la lumiĂšre — les LumiĂšres — symbole d’une connaissance dont nous avons plus que jamais besoin pour refuser l’obscurantisme.

Découvrez la chronique intégrale sur Actualitté

Françoise Objois
Actualitté 27 avril 2020

- Escale avec GwenaĂ«lle Abolivier sur un territoire extrĂȘme, sauvage et magnifique : L'Ăźle d'Ouessant

Parfait fantasme de continentaux, s’en aller vivre dans une Ăźle reste gĂ©nĂ©ralement au stade de la rĂȘverie, celle que l’on nourrit lorsque le ras le bol de la vie citadine nous donne des envies de fuite et d’oxygĂšne. Mais peu de gens en seraient rĂ©ellement capables. Il faut en effet supporter de vivre dans un espace limitĂ©, d’y croiser sans cesse les mĂȘmes personnes, Ă  qui il devient difficile de cacher ses moindres mouvements, et avec lesquelles il faut pouvoir coexister en paix.

Vivre dans une Ăźle c’est accepter de restreindre son territoire physique et savoir Ă©largir son territoire mental. À moins d’y ĂȘtre nĂ©, il est trĂšs rare d’y parvenir. Surtout lorsque l’üle en question n’est pas situĂ©e sous les Tropiques.

ÉlevĂ©e Ă  France Inter par l’ami Claude Villers, GwenaĂ«lle Abolivier a donc de solides rĂ©fĂ©rences en matiĂšre de reportage radio.

Nagra Ă  l’épaule, elle a longtemps arpentĂ© la planĂšte pour nous en rapporter la rumeur. DorĂ©navant tentĂ©e par l’écriture, exercice qui demande un peu de sĂ©dentaritĂ©, c’est Ă  Ouessant qu’elle a fait escale, durant 3 mois de l’hiver 2015, histoire de rĂ©accoutumer son regard Ă  l’introspection.

InstallĂ©e dans l’ancien sĂ©maphore, sous le phare du CrĂ©ach’, elle a beaucoup regardĂ© la lumiĂšre, Ă©coutĂ© le vent , offert sa peau aux embruns, et entendu les histoires des ouessantins ,hĂ©ritiers des navigateurs au long cours, Ă  qui la modernitĂ© impose aujourd’hui des choix difficile. “Tu m’avais dit Ouessant”, le livre qu’elle en a rapportĂ©, est paru aux Ă©ditons Le mot et le reste.

Écoutez l’émission en podcast sur le site de France Inter

Kathleen Evin
France Inter// L'humeur vagabonde 8 février 2020

- Ouessant en phare majeur

GwenaĂ«lle Abolivier est une journaliste et Ă©crivaine française ainsi qu’une voix familiĂšre de France Inter. FormĂ©e Ă  l’école de Claude Villers, elle a prĂ©sentĂ© pendant plus de 20 ans des Ă©missions dans lesquelles elle mettait en scĂšne ses reportages Ă  travers le monde.

Depuis plusieurs annĂ©es, elle s’est tournĂ©e vers l’écriture littĂ©raire tout en continuant d’intervenir sur les ondes de la Radio tĂ©lĂ©vision suisse (RTS) et dans diffĂ©rentes revues comme la bretonne ArMen. Son Ă©criture alerte, sensible et inspirĂ©e, puise ses racines dans le voyage au long-cours et les horizons du monde entier avec une forte attirance pour les terres polaires, les grands espaces, les voyages en train ou en cargo, le monde maritime et les Ăźles


À l’hiver 2015, elle a vĂ©cu pendant trois mois une expĂ©rience intense dans le sĂ©maphore de l’üle d’Ouessant, au bout de la Bretagne sa rĂ©gion natale. Une rĂ©sidence d’écrivain pour le moins originale Ă  l’invitation de l’association C.A.L.I. Culture, arts et lettres des Ăźles, prĂ©sidĂ©e par Isabelle Le Bal qui s’intĂ©resse Ă  la littĂ©rature insulaire et qui organise chaque Ă©tĂ© depuis plus de 20 ans le Salon International du Livre Insulaire.

C’est pendant, et Ă  la suite de ce sĂ©jour, sur cette terre ultime du FinistĂšre qu’elle Ă©crit ce rĂ©cit intitulĂ© « Tu m’avais dit Ouessant ». LĂ , sous le grand phare du CrĂ©ac’h, se racontent un voyage immobile et une expĂ©rience d’immersion au contact des Ă©lĂ©ments et des Ăźliens. Elle explore les lieux et rencontre les habitants, les derniers marins de commerce, les guetteurs-sĂ©maphoriques et gardiens de phares, et les femmes, gardiennes des lieux, qui occupent une place prĂ©pondĂ©rante sur cette Ăźle du Ponant.

Territoire de l’extrĂȘme

A portĂ©e de vue du phare du Stiff, sur la pointe de Penn Arlan, sa curiositĂ© l’emmĂšne pour le lever du soleil Ă  la rencontre du Stonehenge ouessantin. Un cromlech, une couronne de pierres dressĂ©es datant du nĂ©olithique (2000 avant J.-C.) dĂ©crivant face Ă  la mer une ellipse de granite Ă©nigmatique. Au cours de ce rĂ©cit intime, le lecteur dĂ©couvre Ă  quel point ce territoire est Ă  part : territoire de l’extrĂȘme qui entretient un rapport particulier Ă  la noirceur et Ă  la mort. La proĂ«lla ou la broĂ«lla en est certainement la traduction la plus singuliĂšre.

« Par le passĂ©, quand on apprenait la perte d’un homme en mer, les jeunes filles du village Ă©taient envoyĂ©es dans toute l’üle pour prĂ©venir que le soir mĂȘme, il y aurait broĂ«lla dans la famille du dĂ©funt. Elles allaient alors chercher Ă  l’église un crucifix d’argent et de la pĂąte de cierge avec laquelle elles façonnaient cette croix de cire blanche. Dans la maison endeuillĂ©e, on Ă©tendait sur la table un drap, deux morceaux de dentelles ou encore la coiffe de la veuve ainsi que le portrait du marin et on disposait la croix qui servait de substitut au corps du disparu. Ainsi le corps Ă©tait prĂ©sent et on pouvait, selon la croyance, Ă  travers cette cĂ©rĂ©monie d’enterrement fictif retrouver l’ñme du disparu, ce qui lui assurait la paix et un retour au pays » dĂ©crit t-elle. Face Ă  la mer et sous les faisceaux du grand phare, l’auteure vit cette expĂ©rience comme une renaissance dans le passage et l’exil que reprĂ©sente l’écriture. « Tu m’avais dit, pars au bout du monde, pars au bout de la terre, et je suis partir sur une Ăźle nĂ© »e au milieu de l’ocĂ©an, une Ăźle du FinistĂšre, de l’autre cĂŽtĂ© de l’horizon, de l’autre cĂŽtĂ© du Fromveur*, il y a une Ăźle oĂč des femmes et des hommes s’aiment dans le vent, il y a une Ăźle ou des femmes et des hommes vivent dans le rĂȘve de l’ocĂ©an » Ă©crit dans un souffle d’Iroise GwenaĂ«lle Abolivier.

*Fromveur : le mur de la peur en breton.

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David Raynal
L'indigo mag 24 décembre 2019

- Tu m'avais dit Ouessant

Avec les Ăźles, c’est compliquĂ©. Surtout avec Ouessant. Je m’en suis expliquĂ© dans les pages mĂȘmes de ce blog(1). J’ai dit pourquoi c’était Ă  mes yeux l’üle idĂ©ale, avant que la manie de la nature, parallĂšle Ă  sa destruction, ne frappe les familles obsĂ©dĂ©es par le VTT ; sans parler de la manie de la culture — salons du livre et autres festivals. Bref, c’est avec un peu de rĂ©ticence, je l’avoue tout de suite, que j’ai ouvert un livre qui ne pouvait qu’ajouter, ne serait-ce qu’un peu, Ă  la notoriĂ©tĂ© fĂącheuse du bout de rocher qui met un point vraiment final au FinistĂšre.

C’est difficile, les Ăźles, et Ouessant, en dĂ©pit de son caractĂšre, serait-on tentĂ© de penser, littĂ©raire Ă  l’extrĂȘme, n’a eu, malgrĂ© Savignon(2) et QueffĂ©lec(3), que peu de chantres. Et, prudents, ceux-ci avaient recours Ă  la fiction. C’est encore plus pĂ©rilleux d’aller, comme l’a fait GwenaĂ«lle Abolivier, passer trois mois sur l’üle dans le but explicite d’y Ă©crire un ouvrage qui lui soit consacrĂ©.

Les hommes, les femmes, le monde


Un tel ouvrage navigue inĂ©vitablement entre plusieurs Ă©cueils : le style guide touristique, le lyrisme, les considĂ©rations philosophiques tendance new age. L’ancienne journaliste Ă  France Inter n’en Ă©vite, disons-le, aucun. Mais au moins a-t-elle le mĂ©rite de les aborder franchement, honnĂȘtement, sans prĂ©tention et, pour ainsi dire, en toute candeur. Et puis, je suis injuste, il y a quand mĂȘme un Ă©norme rĂ©cif qu’elle contourne assez gracieusement : l’autobiographie. Elle ne prend pas prĂ©texte d’Ouessant pour parler de soi, c’est dĂ©jĂ  beaucoup.

Donc, visite guidĂ©e et petit historique des lieux. Ouessant, Ăźle des femmes, lesquelles, « pendant trois siĂšcles, (
) ont tenu et façonnĂ© l’üle Ă  une Ă©poque oĂč les hommes Ă©taient contraints de la quitter pour servir la Royale ou le Commerce ». Et, en mĂȘme temps, Ouessant, Ăźle des hommes, pour qui « la mer, c’est la grande affaire », et qui, « au bar-tabac de la Poste », Ă©grĂšnent ensemble des noms qui font rĂȘver, Djibouti, SaĂŻgon, Port-SaĂŻd, Dar es Salam
 Ces anciens marins ont fait « entrer le monde entier dans leurs maisons, devenues, au fil de leurs retours, de vĂ©ritables cabinets de curiositĂ©s » — jolie contradiction qui fait, d’un lieu restreint et clos, le rĂ©sumĂ© du tout.

Ouessant (autrefois) Ăźle des naufrageurs ? C’est Ă©videmment un point plus dĂ©licat — et, du reste, controversĂ©. On ne fera donc que l’effleurer, les insulaires, de jadis ou de maintenant, devant rester, quoique rudes, sympathiques, forcĂ©ment sympathiques
 Il est, du reste, de fait que les tĂ©moignages recueillis et relatĂ©s par GwenaĂ«lle Abolivier (ex-marins au long cours, ex-gardiens de phare
) sont ce qu’il y a de plus Ă©mouvant et de plus instructif dans son livre.

Entre ciel et mer

Mais il n’y a pas que les hommes, il y a la nature
 Les tempĂȘtes, les naufrages, les eaux de l’Atlantique et celles de la Manche se divisant Ă  la pointe de l’üle. L’auteure Ă©tait logĂ©e dans l’ancien « sĂ©maphore » se dressant au pied du fameux CrĂ©ac’h, une des nombreuses tours qui font d’Ouessant l’üle aux phares. Le « sĂ©maphore » aussi est une tour, Ă  peine plus modeste, « trois Ă©tages, chapeautĂ© d’un toit-terrasse », avec une « chambre de veille », « balcon quasi circulaire qui flotte comme une aurĂ©ole entre le ciel et la mer ». Dans ces conditions, difficile, Ă©videmment, de rĂ©sister Ă  la tentation de la poĂ©sie. Chaque fois que GwenaĂ«lle Abolivier y cĂšde, mieux vaut sauter. Mais quand elle se cantonne dans la description minutieuse, elle devient vraiment poĂšte. Et elle parvient, en Ă©voquant « les syncopes du vent », Ă  composer une vraie petite musique. Quand elle parle des « vagues couleur ardoise », du ciel en « lavis gris-jaunĂątre », de l’ocĂ©an lorsqu’il « n’est plus qu’un mur d’une blancheur phosphorescente », on Ă©prouve l’envie de voir ces aquarelles qu’elle dit par ailleurs exĂ©cuter au coin des landes et des criques. Et on se prend Ă  regretter qu’elle n’ait pas creusĂ© la belle idĂ©e, venue face Ă  la mer, d’une Ă©criture « antĂ©rieure Ă  l’acte d’écrire » et venant « de plus loin ».

Mais ce n’était pas le propos. Et c’est dĂ©jĂ  assez pour qu’on se sente prĂȘt Ă  pardonner bien des « lĂącher-prise », des « via » fautifs, des « lieux de vie ». Et Ă  refermer ce petit livre avec l’envie d’aller, ou de retourner, voir sur place au plus tĂŽt. C’était bien son but, non ?

P. A.

(1) Voir ici

(2) André Savignon, Filles de la pluie, Grasset, 1912

(3) Henri QueffĂ©lec, Un homme d’Ouessant, Mercure de France, 1953

Retrouvez la chronique en ligne

Pierre Ahnne
le nouveau blog littéraire de Pierre Ahnne 23 novembre 2019

- Tu m'avais dit Ouessant

D’embruns, de brises, de flots, de senteurs marines, cette ode Ă  la vie est un repli des plus intimes. « Tu m’avais dit Ouessant » semble un lever de rideau sur l’horizon Ă  perte de vue. Une Ăźle palpitante, vivifiante qui octroie ses mystĂšres au seul chant langoureux, heureux d’une Ă©criture de dĂ©livrance vĂȘtue. Naturaliste, hĂ©doniste, d’exaltations marines, en abĂźmes d’intĂ©rioritĂ©, ce rĂ©cit puise son encre dans la gravitĂ© de l’instant, la profondeur inspirante. Nourricier, il s’épanche sur le geste glorieux d’une vague se donnant en diapason avec un pictural allouĂ© Ă  la plĂ©nitude. GwenaĂ«lle Abolivier dĂ©ploie une carte aux trĂ©sors que seuls les poĂštes, les pĂšlerins, les sachants, les marins, les voyageurs sauront lire. Cette observation indubitable, dĂ©licate, des hĂŽtes d’Ouessant, en plein hiver, au summum des turbulences et d’un froid mordant attisant les vents, d’un habitus dĂ©voilĂ© vagues aprĂšs vagues est un hymne Ă  un vivre-ensemble solidaire aux surprises risquĂ©es d’une Ăźle quelque peu sauvage et rebelle, libre, immensĂ©ment libre, tel « Jonathan Livingston le goĂ©land ». « J’allais vivre dans l’haleine de la mer, captive de cette bulle ocĂ©ane, de ses variations, de ses couleurs, du flux des nuages et de la houle. » « Et si nous Ă©tions que des iliens au cƓur de la galaxie ? » L’auteure est cette Ăźle. Cette bouffĂ©e d’air frais qui s’élance du grand phare du CrĂ©ac’h. D’un sĂ©maphore mĂ©taphorique, citadelle verbale, mots sur les maux, syllabes de lumiĂšre. Babel marine s’extasiant des Ă©mois d’une aventuriĂšre, superbement modeste, douĂ©e et cultivĂ©e. « J’apprends dans un mĂȘme temps que Joyce a Ă©crit Ulysse dans un sĂ©maphore face au large. La mer est bien comme ce flux de conscience qui nous traverse et nous bouleverse de l’intĂ©rieur. » Cette odyssĂ©e aux nuances voluptueuses, sels marins qui se figent sur les mĂ©moires est Ă  lire Ă  haute voix. Au plus clair des pourtours de cette idiosyncrasie dĂ©nudĂ©e, de ces afflux glacĂ©s d’écumes Ă©phĂ©mĂšres. « LĂ  se dessinent en courbes et en dĂ©liĂ©s, les lignes de nos trajectoires. Nous ne sommes que des hommes et des femmes en marche, ceux imaginĂ©s si patiemment par l’immense Giacometti. » L’écho, rĂ©sonance voluptueuse d’une aura insulaire, muse marine, est une contrĂ©e initiatique. L’auteur franchit pas Ă  pas l’insondable, le magnifiĂ©, le juste. « Je te le dis, les phares c’est tout un monde et on n’a pas fini d’en faire le tour. » L’alchimie d’une Ăźle se mĂ©rite. Ouessant est le plus beau point sur une mappemonde. « Tu m’avais dit, va et lĂšve la tĂȘte. Tu m’avais dit, va et tu verras
 Va et sois curieuse comme LĂ©onard de Vinci. » Ce rĂ©cit est salvateur, magnĂ©tique, fusionnel. Lire doucement « Tu m’avais dit Ouessant ». Rester en osmose dans cette Ă©coute des vagues qui claquent contre le phare du CrĂ©ac’h et se dire que l’on vit mille ans en un instant. PubliĂ© par Les Editions Le Mot et Le Reste Yves Jolivet qui nous prouvent une nouvelle fois leur haute qualitĂ© Ă©ditoriale.

Evelyne Leraut
Onlalu 18 novembre 2019

- Récit poétique, Ouessant

Tu m’avais dit Ouessant est un rĂ©cit aux envolĂ©es poĂ©tiques et mĂ©taphysiques de GwenaĂ«lle Abolivier. Cette autrice et journaliste (elle est une voix de France Inter) a passĂ© plusieurs semaines sur cette Ăźle emblĂ©matique, pour ne pas dire mythique, au large du FinistĂšre. LĂ  oĂč finit la Terre commence la dĂ©couverte de soi et celle des autres


Un récit superbe de Gwenaëlle Abolivier.

Ouessant, Ăźle du bout de la Terre, nourrit bien des fantasmes. L’imaginaire qu’elle abreuve se compose de mort, de tempĂȘtes, de naufrages, de lĂ©gendes. En passant plusieurs semaines sur place, GwenaĂ«lle Abolivier, pourtant rompue aux exercices extrĂȘmes, sera confrontĂ©e au vent, Ă  la mer, aux Ăźliennes et aux Ăźliens, au passĂ©, Ă  elle-mĂȘme surtout.

Elle relate cette aventure dans Tu m’avais dit Ouessant. Mais loin de se contenter d’un rĂ©cit de voyage, elle nous offre une plongĂ©e dans un autre monde, chargĂ© d’une poĂ©sie au sel de mer. Il ne s’agit pas, dans ce livre, d’une description d’un lieu, des personnes qui y habitent, mais d’une vĂ©ritable incursion dans la psychĂ© d’une Ăźle et dans celle de cette autrice Ă  la plume magistrale.

Une écriture somptueuse.

L’un des faits marquants de ce livre rĂ©side dans la patte de GwenaĂ«lle Abolivier. Son Ă©criture est racĂ©e, ne tourne pas en rond tout au long de ces 184 pages. Combien mĂȘme toute Ăźle possĂšde des frontiĂšres, l’écriture de cette femme ne se laisse enfermer par aucune rĂšgle. Elle mĂȘle habilement le tĂ©moignage (celui des lieux et de ses habitants) et la poĂ©sie, ainsi que ses pensĂ©es intimes (et celles qui s’inscrivent dans une pensĂ©e universelle).

Bien qu’une Ăźle donne parfois le sentiment d’enfermement, la plume de GwenaĂ«lle Abolivier, elle, produit exactement l’effet inverse. LĂ  oĂč nous aurions pu voir une succession d’évĂ©nements similaires, de lieux identiques (mais qui connaĂźt la Bretagne sait qu’une cĂŽte rĂ©vĂšle toujours des surprises, mĂȘme Ă  100 mĂštres d’intervalle), mais il n’en est rien. Avec ses mots, elle rend l’üle d’Ouessant vaste comme les ocĂ©ans et son ciel grand comme l’univers.

Une poésie féerique.

Ses incursions poĂ©tiques nourrissent Ă©galement notre imaginaire, d’une façon trĂšs sensuelle et sensitive. Mais si GwenaĂ«lle Abolivier ne mettait pas tant d’elle-mĂȘme dans ce carnet de voyage (relativement) immobile, nous ne pourrions pas forcĂ©ment y adhĂ©rer. Mais voilĂ , elle raconte sa vie dans le sĂ©maphore, sa visite du phare de CrĂ©ac’h, les relations intimes (et Dieu sait qu’en Bretagne elle se gagne, cette intimitĂ©) avec les habitants du lieu, et surtout place tout cela dans un contexte mĂ©taphysique jamais abstrait, et cela nous touche en plein cƓur.

Toutes ses bribes d’histoires qu’elle nous conte, tous ses fragments de naufrage retranscrit, toutes ces parcelles de visage qu’elle esquisse nous font rĂ©agir. Bretons nous-mĂȘmes, nous comprenons ce qu’elle Ă©voque, en creux, en plein, en volutes, mais nous savons que tout Ă©tranger qui soit est Ă  mĂȘme de s’identifier dans ces propos jamais sectaires ou identitaires.

ÉgalitĂ© face aux embruns.

Ce livre se dĂ©guste lentement, comme pour mieux s’en imprĂ©gner. Il faut comprendre que cette Ăźle, comme d’autres Ă  travers le monde, possĂšde une Ăąme Ă  part, un orgueil aussi. La pudeur y est de mise mais le caractĂšre Ă©minemment humain de ce qu’elle renferme ne peut laisser personne insensible. Face Ă  la mer, au vent, Ă  la voĂ»te cĂ©leste, c’est finalement face Ă  elle-mĂȘme que s’est retrouvĂ©e GwenaĂ«lle Abolivier. Et par la lecture de son rĂ©cit, c’est un peu comme si elle nous laissait une part de cet hĂ©ritage acquis sur cette terre au bout de la Terre.

Lisez la chronique en ligne sur Litzic

Patrick Beguinel
Litzic 12 novembre 2019

Interview de Gwenaëlle Abolivier - L'invité découverte

“C’est une formidable expĂ©rience et un rĂ©cit extraordinaire.” Matthieu Vidard

GwĂ©naĂ«lle Abolivier est journaliste et auteure, elle vient de publier « Tu m’avais dit Ouessant » Ă©ditions Le Mot et le reste. Elle a passĂ© trois mois Ă  l’hiver 2015 dans le sĂ©maphore de l’üle d’Ouessant, l’üle du Ponant la plus Ă©loignĂ©e du continent. Elle avait pour volontĂ© de vivre une expĂ©rience d’immersion au contact des Ă©lĂ©ments et des habitants pour faire ce rĂ©cit.

Réécouter l’interview sur le site de France Inter

Matthieu Vidard
France Inter // La terre au carré 4 novembre 2019

- Tu m'avais dit Ouessant

Le dernier livre de notre consƓur GwenaĂ«lle Abolivier vient de sortir aux Ă©ditions Le mot et Le Reste. Un ouvrage nĂ© de ses 3 mois passĂ©s au sĂ©maphore de l’üle d’Ouessant Ă  la fin de l’automne 2015.

Entre la grande Histoire et les lĂ©gendes, de belles rencontres avec les habitants, un inĂ©vitable retour sur soi et des Ă©lĂ©ments parfois dĂ©chainĂ©s, « Tu m’avais dit Ouessant » est aussi poĂ©tique qu’initiatique. Deux approches, mais une seule vĂ©ritĂ© : celle qu’une Ăźle du Ponant veut bien dĂ©voiler dĂšs lors que l’on parle secrets et mystĂšres toujours ancrĂ©s dans le quotidien. Si la mort rode autant que le vent, les vrais tĂ©moins de l’ile sont toujours et encore les femmes. Les hommes s’accrochant Ă  leurs rĂȘves de long cours et de gardiens de phares.

GwĂ©naĂ«lle Aboliver s’est donc immergĂ©e dans les Ă©lĂ©ments avec l’envie et l’espoir de se retrouver. Si elle est partie plus apaisĂ©e, elle le doit sĂ»rement Ă  ses rencontres. Et ça, la reporter de Radio France sait nous le conter mieux que quiconque. Un art qu’elle dĂ©ploie dans ces bouts de vie que sont chaque invitation Ă  prendre un cafĂ© qui ramĂšnent Ă  la surface rires et chagrins.

On se surprend Ă©galement Ă  aimer les tempĂȘtes qu’elle a affrontĂ©es et celles qu’on lui racontĂ©es, notamment la terrible dĂ©ferlante de 1999. Car ici la mĂ©tĂ©o guide les pas. Et le vent reste bien plus pernicieux que la pluie. Il peut rendre fou ! Ses voix sont parfois pĂ©nĂ©trables
 comme une porte qui s’ouvre vers l’au-delĂ .

Bref, c’est un rĂ©cit qui donne envie – Ă  notre tour – de se perdre un temps au bout de ce monde breton. A Enez Eusa comme on dit chez nous.

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Hervé Devallan
Bretagne Actuelle 30 octobre 2019

- Gwenaëlle Abolivier répond à l'appel de l'écriture

InvitĂ©e d’üles 2019, regards croisĂ©s des sciences, des cultures et de la sociĂ©tĂ©, Ă  Brest,
la journaliste-auteure Ă©voque son rĂ©cit Tu m’avais dit Ouessant qui vient de paraĂźtre en librairie.

AprĂšs dix-huit ans passĂ©s Ă  France Inter, Ă  parcourir les routes de la Terre, GwenaĂ«lle Abolivier a « glissĂ© vers l’écriture littĂ©raire » et elle a su que c’était la seule voie possible pour densifier son parcours. “Je me suis alors attelĂ©e Ă  ma table de travail avec mes archives sonores, et j’ai foncĂ© dans ce que je sentais vraiment, dans cette Ă©critu­re personnelle. » Un premier rĂ©cit est nĂ©. Vertige du TranssibĂ©rien. Les retours positifs ne se font pas atten­dre. Elle postule pour les rĂ©sidences d’artistes-auteurs au SĂ©maphore d’Ouessant. Un moment charniĂšre. “Ouessant que je frĂ©quentais depuis plusieurs Ă©tĂ©s dĂ©jĂ . AprĂšs toutes ces annĂ©es de grands voya­ges Ă  travers le monde, je cherchais Ă  me poser et Ă  revenir vers la Breta­gne. J’avais compris que c’était une ile qui m’attirait depuis ma jeunesse. J’ai toujours vu Ouessant comme un verrou et que mon retour au pays natal allait se faire par le FinistĂšre.”

Une Ăźle en changement

Novembre 2015 pour trois mois. GwenaĂ«lle Abolivier pose dans le SĂ©maphore, ses valises et son Ă©criture, « jusqu’à l’épuiser mais tout en puisant ses racines dans l’exercice radiophonique ». Tu m’avais dit Ouessant est une grande adresse qui passe par la dĂ©couverte de l’ile par les Ouessantins. Elle se balade avec son Nagra et enregistre « des kilomÚ­tres de bande “· Elle veut « capter une ile en changement. “Quand je suis arrivĂ©e, j’avais l’impression qu’elle sortait de l’éternitĂ©. J’ai ren­contrĂ© des personnes qui sont tou­tes mortes aujourd’hui. J’ai pu cap­ter une mĂ©moire vivante et vivace d’un monde sur la bascule, en train de disparaitre “·
Encore aujourd’hui, dans ces hau­tes solitudes, il y a beaucoup de mys­tĂšre et de violences. Il m’arrive de lire, sur les visages et dans les regards, certaines rĂ©surgences de ce passĂ©, de ce manque de tendresse quasi insondable, peut-on lire p 101.
EmportĂ©e par la force indicible qui se dĂ©gage de cet endroit extrĂȘme, avec la mer pour horizon, GwenaĂ«lle Abolivier nappe son Ă©criture d’un voi­le poĂ©tique, suspendu aux alĂ©as de l’histoire, de sa propre histoire aussi. Cette rĂ©sidence d’écriture, ce long sĂ©jour est un nouveau voyage initiatique, « un exil qui m’a permis de pro­gresser dans mon chemin d’écriture et de mieux me dĂ©couvrir“·

« Sonder les ailleurs »

En venant Ă  Ouessant, elle voulait “sonder les ailleurs, c’est-Ă -dire que de tous ces voyages Ă  travers le monde dont je suis imprĂ©gnĂ©e, cette ile me parlait de l’ailleurs.” Elle a comblĂ© sa quĂȘte. “Quand on finit par rentrer dans une maison ouessanti­ne, on arrive dans une cabine de bateau, comme dans un cabinet de curiositĂ©s. Les marins ont rapportĂ© la modernitĂ©, une sorte d’ouverture d’esprit, tandis que les femmes tiennent l’ailleurs Ă  distance et tout ce qui peut le leur rappeler. »
Tu m’avais dit Ouessant. On a envie de savoir qui se cache derriĂšre ce Tu. “C’est le lecteur, la lectrice, le Oues­santin, la Ouessantine. Un lecteur universel, dans un sens. Ce sont aussi toutes ces personnes qui nous font confiance.” On ajoute une for­me d’aboutissement. GwenaĂ«lle Abolivier touche au but.

Dominique Cresson
Ouest France 18 octobre 2019

- Interview de Gwenaëlle Abolivier

Michel PagĂšs reçoit GwenaĂ«lle Abolivier pour parler de son dernier livre, de Ouessant, du titre, de l’écriture et de Bretagne.

Réécoutez l’émission en podcast

Michel PagĂšs
France Bleu Breizh Izel // Breizh O Pluriel 12 octobre 2019