L'Ćil amĂ©ricain
Histoires naturelles du nouveau monde
Plus quâune histoire naturelle de la faune et de la flore, cet Ă©loge de la patience met Ă lâhonneur nos liens avec la nature.
LâĆil amĂ©ricain, cette expression qui dit lâaptitude du dernier des Mohicans, ou du Grand-Duc, Ă une perception Ă 360 degrĂ©s, est le titre tout indiquĂ© pour ce classique de la littĂ©rature quĂ©bĂ©coise inspirĂ© des piĂšces radiophoniques de Pierre Morency. Ornithologue et poĂšte, il convie le lecteur Ă une promenade guidĂ©e en immersion sur les bords du Saint-Laurent, au cĆur des forĂȘts dâĂ©picĂ©as ou plus proche, sous ses fenĂȘtres oĂč loge lâHirondelle bicolore. En partageant son Ă©blouissement face au spectacle de la faune et la flore sauvages, il invite Ă prĂȘter attention Ă la vie qui croĂźt autour de nous. Chacune des chroniques donne la part belle Ă une espĂšce â coyote, porc-Ă©pic, bouleau, pissenlit ou grillon â, sâattarde avec force dĂ©tails sur son apparence, sâĂ©merveille de ses instincts et conte ses lĂ©gendes ancestrales. Ces histoires naturelles se font lâĂ©cho poĂ©tique du chant des oiseaux et du bruissement du monde.
Revue de presse
- L'Ćil amĂ©ricain Adonis Brunet Litzic 16 juillet 2021
Jâai lu avec un grand plaisir ce recueil de textes de Pierre Morency, poĂšte et ornithologue quĂ©bĂ©cois et manifestement il a cet « Ćil amĂ©ricain » qui dĂ©finit un Ćil scrutateur, perspicace, et la dĂ©finition du Larousse de 1866 dit :
« Pop. Avoir lâĆil amĂ©ricain, Avoir le coup dâĆil perçant, scrutateur ou fascinateur, par allusion, sans doute, Ă diffĂ©rents personnages de Cooper, Ćil-de-Faucon, etc., auxquels lâauteur prĂȘte des sens trĂšs-dĂ©veloppĂ©s sous le rapport de lâouĂŻe et principalement de la vue. »
VoilĂ pour ce qui est du titre. Pierre Morency est donc un observateur passionnĂ© de la nature qui lâentoure, dans les Laurentides et sur les berges du Saint Laurent avec une prĂ©dilection pour les zones de marais. Scrutateur et dĂ©fenseur de cette magie du monde vĂ©gĂ©tal et animal, il parle en homme avisĂ© mais aussi en poĂšte des pissenlits, des chauve-souris, du martinet, du monarque et de tout un monde quâon perçoit si on sait ĂȘtre attentif et respectueux. Un chapitre mâa vraiment touchĂ©e, celui intitulĂ© : »Bon gĂ©nie Ă la robe de papier » [âŠ]
Ma foi, jâai lâimpression depuis dâĂȘtre moins ignorante Ă propos du martinet ou des cigales â dont les espĂšces sont bien plus nombreuses au Canada quâen Provence -. Ce qui est trĂšs beau ici, câest la capacitĂ© dâĂ©merveillement de lâauteur, son talent Ă regarder et Ă dire et puis la simplicitĂ© avec laquelle il nous offre tout ce monde des bois, des marais et des villes aussi, le talent Ă nous raconter cette vie intense, exactement comme on conterait une histoire du monde humain. [âŠ]
Pierre Morency nous dit peut-ĂȘtre bien de nous arrĂȘter un peu, de nous poser, et dâouvrir nos yeux et nos cĆurs. En ornithologue, il nous guide dans les plumages et les ramages, mais aussi dans les bruissements, chuchotements, stridences de notre environnement. Jâai trouvĂ© dans ces rĂ©cits mes souvenirs de gosse, les heures passĂ©es au fond des bois, dans les prĂšs, au bord du ruisseau du coin, et jâai gardĂ© tout ça prĂ©cieusement, avec cette capacitĂ© Ă ne jamais en ĂȘtre blasĂ©e. [âŠ]
Jâai lu Pierre Morency comme on Ă©coute parler un ami, et ce fut vraiment trĂšs agrĂ©able. Je ne mets que quelques phrases, mais si vous ĂȘtes comme moi Ă©prise du monde tapi au sein des grands espaces, rĂ©sistant encore Ă notre sauvagerie technologique, si vous aimez cette poĂ©sie naturaliste, alors lisez ce livre, vous lâaimerez.
Une trĂšs chouette lecture, oxygĂ©nante, intĂ©ressante, enrichissante et non sans humour. Jâaime !
Une chronique à retrouver en intégralité sur La livrophage
Pierre Morency, dans LâĆil amĂ©ricain, histoires naturelles du nouveau monde, paru chez Le mot et le reste, nous dĂ©livre son quotidien au bord de la batture, cette Ă©tendue dâeau oĂč la vie Ă©clabousse par sa beautĂ© et sa force. Câest au travers de plusieurs chroniques naturalistes, revenant chacune sur une espĂšce, quâil nous dresse le portrait de ces ĂȘtres parfois invisibles, chacun Ă©tant une piĂšce indispensable du puzzle et pourtant essentielle au dĂ©roulement de la vie.
Saviez-vous par exemple que le pissenlit est nĂ© dans le nord de lâAsie et quâil a Ă©tĂ© introduit au Moyen-Orient par les mĂ©decins RhazĂ©s et Avicenne. Quâil a des vertus diurĂ©tiques. Quâil pourrait mĂȘme soigner les verrues. Câest ainsi que Pierre Morency nous dĂ©peint ici le pissenlit mais il en est de mĂȘme quand il parle des chauves-souris, de lâĂ©rable. Une description trĂšs prĂ©cise avec force dĂ©tails.
[âŠ]
Dans son livre intitulĂ© LâĆil amĂ©ricain, classique de la littĂ©rature quĂ©becoise, iI nous invite Ă regarder tout autour de nous Ă 360 degrĂ©s comme le ferait le Grand-Duc ou le dernier des Mohicans. Câest avec une prose trĂšs sensuelle, sans artifices, quâil nous guide au cĆur des forĂȘts dâĂ©picĂ©as, sur les bords du Saint-Laurent. Il nous propose, Ă travers ses mots, une description sensible nous permettant de ressentir les choses mĂȘme si on ne les voit pas.
Lâauteur parvient alors Ă nous faire nous Ă©merveiller devant la beautĂ© dâun pissenlit, comme dĂ©crit plus haut dans cet article, devant la splendeur dâun bouleau, dâun cĂšdre. Il nous invite Ă©galement Ă observer les mouvements dâun raton laveur, dâun porc-Ă©pic.
Son roman est une invitation Ă sortir de soi-mĂȘme pour aller Ă la dĂ©couverte de ce monde qui nous entoure. Ăcouter le bruit des pas dans la neige, regarder un orage un soir dâĂ©tĂ©, Ă©couter le chant du vent dans les arbres. Tant de sensations nouvelles qui nous transportent Ă lâopposĂ© de tout ce que lâon imagine.
Une chronique Ă retrouver sur Litzic