Carnets de la CĂŽte d'Opale
De fait, la beautĂ© du paysage rĂ©sidait sans doute dans sa fidĂ©litĂ©. CâĂ©tait un paysage qui, continuellement, naissant du crĂ©puscule, demandait le mĂȘme amour immuable exorbitant avant de lancer Ă la tĂȘte des passants, pour rĂ©compense inchangĂ©e, les mĂȘmes coquillages cassĂ©s, les mĂȘmes cris des mĂȘmes oiseaux de mer et les mĂȘmes vestiges de guerre et de trĂ©pas. PerpĂ©tuellement couchĂ© au lit des merveilles dâun autre Ăąge, entourĂ© de fossiles lyriques, un peu lubrique, tendu, frĂŽleur, diabolique, le paysage transmutait les choses et disait connaĂźtre depuis toujours lâAimĂ©e qui se prĂ©sentait.
La mer et son mouvement immuable qui balaie les rochers couverts de mousse, le ciel infini qui diffuse la lumiĂšre dâor si propre Ă ces contrĂ©es. Le paysage, tour Ă tour protecteur et destructeur et lâappel irrĂ©sistible quâil impose Ă ses spectateurs, la plĂ©nitude quâil offre Ă dâautres. Les falaises qui redĂ©finissent lâespace et changent les perspectives, permettant Ă lâhomme, perdu en ces hauts territoires, de voir le monde Ă travers les yeux des mouettes et des goĂ©lands, oiseaux maĂźtres en ces lieux, conquĂ©rant tous les Ă©lĂ©ments qui sây croisent, sây affrontent. Câest une ode Ă la CĂŽte dâOpale que Nadine Ribault dĂ©voile ici. La langue y est tendre, les images Ă©vocatrices et absorbantes, la sensibilitĂ© aux paysages qui lâentourent constante. Elle entraĂźne le lecteur avec elle pour une promenade au cap Gris-Nez, dans les dunes dâĂcault et la lumiĂšre du Nord. Ses mots nous rendent les sensations et nous initient Ă la beautĂ© de ces terres, faisant des Carnets de la CĂŽte dâOpale un voyage que lâon a vĂ©cu et que lâon souhaite vivre Ă nouveau.
Revue de presse
- Méditations littéraires et géographiques Françoise Objois Sortir Lille 6 avril 2016
- Carnets de la cĂŽte dâOpale de Nadine Ribault Chinouk lespassionsdechinouk.com 3 avril 2016
- C'est chez nous ! Opalivres.com 1 mars 2016
- Des auteurs et des livres Geoffroy Deffrennes Eulalie février 2016
Sita Pottacheruva invite Nadine Ribault pour en apprendre plus sur ses procĂ©dĂ©s dâĂ©criture, son univers poĂ©tique. Une dĂ©couverte de ces Carnets avec Nadine Ribault.
Réécouter lâĂ©mission sur le site de Radio CitĂ© GenĂšve
En suivant les pas de Nadine Ribault sur la CĂŽte dâOpale
Nadine Ribault, marche, elle regarde autour dâelle et nous inclut dans ses Ă©motions. Nous voilĂ Ă sa suite dĂ©ambulant entre terre, sable, mer et forĂȘt, Ă©coutant le ressac, et respirant Ă plein poumon le vent, fil rouge peut-ĂȘtre de ses pĂ©rĂ©grinations qui font tout le sel de cette pensĂ©e-paysage au cĆur de laquelle la poĂ©sie prend toute sa place.
Il en va des paysages comme des hommes et des femmes, on peut tomber amoureux des uns comme des autres. Nadine Ribault met Ă jour les effets du paysage sur lâĂąme humaine Ă travers la sensualitĂ© dâune Ă©criture qui se dĂ©guste avec dĂ©lice. Il faut en faire rĂ©sonner les mots, les rouler en bouche et en Ă©couter la rĂ©sonnance musicale. Peut-ĂȘtre alors penserez-vous Ă Victor Hugo.
Les pages de ces Carnets de la CĂŽte dâOpale sont balayĂ©es par le souffle dâun romantisme perdu de vue depuis longtemps dans les lettres françaises. Nadine Ribault nâa pas peur du lyrisme, elle le cultive comme un prĂ©cieux jardin et nous lâoffre avec le goĂ»t des embruns, des tempĂȘtes, des horizons sans fin et des grands ciels dĂ©lavĂ©s de gris.
Voyage initiatique entre Wissant et Hardelot, ce petit bout de cĂŽte qui nourrit lâauteure depuis quâelle y a posĂ© ses valises quand elle nâest pas au Japon est son « point dâappui ».
Ces carnets se situent entre deux mondes, Ă moins quâils ne soient hors du monde, au bord du monde ou au cĆur du monde. On ne saurait trancher pas plus que ne le font les vagues ou le vent.
Jamais plus bel hommage ne fut en tout cas rendu aux paysages de la CĂŽte dâOpale.
*Retrouvez cette chronique sur le site lille.sortir.eu*
PremiĂšres phrases:
AprĂšs sâĂȘtre retirĂ©e derriĂšre lâhorizon, la lumiĂšre revenait, lĂšvres humides et jambes perlĂ©es de brume. Elle emplissait chaque cavitĂ© de notre corps. Nous humions la plage et lâinfini de ses abords. Nous entendions les cris menaçants des goĂ©lands aux becs pleins de vent.
Pourquoi ce livre :
ce livre mâa tout dâabord attirĂ©e par sa couverture que je trouve magnifique et intrigante, puis avec son titre : Carnets de la CĂŽte dâOpale. Je ne connais pas du tout cet endroit situĂ© entre la CĂŽte belge et la baie de Somme, jâai pensĂ© que ces carnets devraient ĂȘtre une bonne idĂ©e pour dĂ©couvrir ce lieu. Je remercie les Ă©ditions Le Mot et le Reste pour cet envoi.
Mon avis
Nadine Ribault, auteure que je ne connaissais pas jusque lĂ , nous propose une balade poĂ©tique le long des sentiers cĂŽtiers et champĂȘtres de cette cĂŽte chĂšre Ă son cĆur. Elle y retrouve la paix et le dĂ©paysement quâelle recherche.
P45 « Face Ă la mer lâair me paraĂźt toujours plus respirable. »
Cette visite du bocage normand mâa enchantĂ©e. Lâauteur ne se contente pas de nous emmener avec elle sur les sentiers, elle nous livre aussi, par bribes, lâhistoire de certains lieux.
Dans ce carnet, de nombreuses références littéraires et artistiques (livres, peintures, sculptures) viennent agrémenter et documenter le récit.
Ce livre porte dâailleurs bien son titre, il est comme un carnet de vacances que Nadine Ribault nous aurait offert. Nâayant pas lu le rĂ©sumĂ© avant de me plonger dans ma lecture, je lâavais imaginĂ© comme un rĂ©cit de voyage mais il est tout autre chose.
Lâobjet livre est magnifique. La couverture et la couleur utilisĂ©e sont jolies, mais lâintĂ©rieur est dâautant plus, puisquâil est parsemĂ© de nombreuses reproductions de tableaux, cartes postales anciennes et crĂ©ation de lâauteure.
Jâai Ă©normĂ©ment apprĂ©ciĂ© lâĂ©criture poĂ©tique de Nadine Ribault, jâai dĂ©couvert quâelle aimait le Japon (ce livre a dâailleurs Ă©tĂ© Ă©crit Ă Kyoto) et cela ne mâa absolument pas surprise (elle a dâailleurs Ă©crit des carnets de Kyoto quâil va falloir que je me procure).
Son Ă©criture mâa fait penser Ă une aquarelle, comme si elle nous dĂ©crivait ces paysages avec un pinceau Ă la place de mots.
Ses descriptions sont lĂ©gĂšres, douces, poĂ©tiques et diluĂ©es⊠Jâai dâailleurs Ă©prouvĂ© lâenvie de lire certains chapitres Ă haute voix ou, du moins, Ă voix chuchotĂ©e
P52 « jâĂ©tais venue trouver la mer, les oiseaux, maĂźtres des ondes et du rĂȘve, et le vent pour me labourer la cervelle et mieux entendre le silence qui suivait. MĂȘme si la mer sâeffarouchait, je me reconnaissais pour sienne et voyait surgir de lâeau lâĂ©cheveau des pĂ©nĂ©trations successives qui fait, pour moi, de la Manche et de la mer du Nord, de vĂ©ritables plaques magnĂ©tiques. »
Nadine Ribault est une belle dĂ©couverte que jâassimile un peu Ă Kenneth White dans la beautĂ© des mots (lui aussi Ă©ditĂ© chez Le Mot et le Reste) . Une auteure donc, et une maison dâĂ©dition que je vous recommande fortement.
Retrouvez cette chronique sur le site Les Passions de Chinouk
Dans cette ode magnifique Ă la CĂŽte dâOpale, lâauteure semble nous dire combien, pour elle, ces paysages remuent ses souvenirs mais aussi sa rĂ©flexion sur la nature.
Une balade poĂ©tique et sensible dans un environnement naturel sauvage souvent mĂ©connu. Nadine Ribault cĂ©lĂšbre son amour de la rĂ©gion dans ce carnet oĂč elle dĂ©crit les Ă©motions quâelle ressent lors de ses escapades en bord de mer. Fine connaisseuse des plantes, des animaux, de la gĂ©ologie, cette Condettoise dâadoption nous offre ici un ouvrage original qui sĂ©duira les amoureux de la CĂŽte dâOpale, de la poĂ©sie et de la philosophie.
Retrouvez la chronique sur Opalivres.com
Les plages de la Manche ou de la mer du Nord, Nadine Ribault les voit comme de grands miroirs vides, des « temps morts », des pages blanches que lâon peut « habiller de nos pensĂ©es ». LâĂ©crivaine sans frontiĂšre le prend Ă la lettre, dira-t-on en copiant ces italiques dont elle est friande, comme des guillemets, qui lui servent Ă souligner ou mettre Ă distance le vocabulaire. Car la romanciĂšre, essayiste et nouvelliste, demeure une styliste aux livres intemporels, une raretĂ© dans notre sociĂ©tĂ© Ă la botte des modes.
Ses longs sĂ©jours au Japon ne lâavaient pas empĂȘchĂ©e dâĂ©crire sur notre rivage, « sa quiĂ©tude des habitudes », dont le sable crissait parmi les nouvelles publiĂ©es chez Actes Sud. AprĂšs ses Carnets des Cornouailles et ses Carnets de KyĂŽto, la voilĂ de retour sur la CĂŽte dâOpale, parmi flore et faune. GenĂ©vriers, lyciets, argousiers, ombelles blanches, chatouillent ses pas, de la Pointe de la Courte-Dune au sentier du Marchand de sable. Faucon crĂ©cerelle, engoulevent, sterne, goĂ©land et chevalier guignette sont les compagnons de ses promenades.
« LĂ , dit-elle, je mâoppose Ă ce qui veut que lâon vive loin, oĂč il fait beau et chaud. » Ici, les forces de la Nature impressionnent la Dame de Condette. Sous sa plume, le Blanc-Nez devient glacier philosophique, le mont Saint-Frieux lâermitage des abandons, les nuages sont « vĂȘtus de lâirrĂ©elle couleur blanche des silences dĂ©finitifs ». Lors de ses visites Ă la bibliothĂšque des Annonciades Ă Boulogne-sur-Mer, dâanciens naufrages ou raz-de-marĂ©e refont surface.
Ses longues phrases au lyrisme somptueux, au feu ardent, semblent tissĂ©es par un maestro promenant son orchestre au bord de lâabĂźme, pour mieux y plonger le lecteur, lâauditeur, ivre de poĂ©sie, dâamour et dâOpale.
^^Retrouvez la présentation de la revue Eulalie n°20^^