Camping California
EXTRAIT
Je voulais voir les arbres. Les grands arbres, les arbres gĂ©ants. Jâignore pourquoi. Je ne savais pas Ă quoi ils pouvaient bien ressembler, non plus sâil sâagissait de feuillus ou de conifĂšres. Pendant trĂšs longtemps, je nâai mĂȘme pas su quâon avait percĂ© de vĂ©ritables tunnels dans le tronc de certains spĂ©cimens permettant Ă des vĂ©hicules de les traverser. Et jâaurais Ă©tĂ© bien incapable de dire exactement ce qui faisait dâeux des gĂ©ants. Ătaient-ils les plus hauts, les plus gros, les plus larges, les plus droits ? DâAmĂ©rique, de lâhĂ©misphĂšre nord, du monde ? En quoi se distinguaient-ils des baobabs ? Pour tout dire je nâaurais mĂȘme pas su dire oĂč ils se trouvaient.
Loin de la Californie fantasmĂ©e, le Nord de celle-ci est couvert de brume et de sĂ©quoias gĂ©ants. Câest dans les somptueuses forĂȘts de ces arbres gigantesques et jusquâau King Canyon, que nous entraĂźne Arnaud Devillard. Dans ces paysages incroyables se mĂȘlent sauvagerie des grands espaces et pittoresque des haltes en camping Ă lâAmĂ©ricaine. Camping-cars mieux Ă©quipĂ©s que des appartements, confort casanier au milieu des arbres, câest un vĂ©ritable choc des cultures pour le français et sa tente canadienne. Cette expĂ©rience de la dĂ©mesure, souvent hilarante, nous est dĂ©peinte avec humour par Arnaud Devillard, qui, confrontĂ© Ă cette exubĂ©rance, parvient malgrĂ© tout Ă trouver les grands espaces quâil Ă©tait venu chercher.
Revue de presse
- RĂȘve amĂ©ricain Thierry Boillot L'Alsace
- Arnaud Devillard, Camping California Sandrine Treiner France Inter // Les Bonnes feuilles 05 novembre 2014
- SĂ©quoia ma vie ? Tu seras campeur mon fils. Philippe Degouy L'Ăcho 13 novembre 2014
- Rencontre Ă la librairie Les Cinq Continents Radio Divergence 15 octobre 2014
Pourquoi ce livre
Câest avec une trĂšs grande joie que je vais vous parler de Camping California dâArnaud Devillard. Plonger dans un rĂ©cit de cet auteur est synonyme, pour moi (et pour une autre personne qui se reconnaĂźtra), de dĂ©licieuses heures de lecture et de rigolade en perspective.
AprĂšs lâexcellentissime Journal des canyons qui nous mĂšne dans les grands parcs de lâOuest amĂ©ricain et le succulent Grizzly Park oĂč lâon part Ă la rencontre (ou pas) de lâours, Arnaud nous propose une virĂ©e en Californie sur les traces de John Muir Ă la dĂ©couverte de la Sierra Nevada et des sĂ©quoias gĂ©ants.
Mon avis
Quel plaisir, mais quel plaisir que cette lecture! LâĂ©criture de lâauteur est toujours aussi succulente et tellement rĂ©aliste que jâai lu ce livre avec Google Earth ouvert Ă cĂŽtĂ© de moi pour suivre leur trajet, parce que moi aussi je voulais y ĂȘtre.
Arnaud a une telle façon dâĂ©crire ses road-trips, que ses livres pourraient servir de guide touristique. Il me conviendrait parfaitement. Dâailleurs aprĂšs la lecture de ses 3 ouvrages, je lâĂ©lis officiellement mon auteur de guide de voyage de lâouest americain prĂ©fĂ©rĂ©. Si un jour je vais en Californie, jâemmĂšne obligatoirement Camping California avec moi, car tout y est : les campings nature dans des dĂ©cors de rĂȘve, les restos, les visites Ă faire (ou pas ), les randonnĂ©esâŠ
Arnaud et CĂ©cile (sa compagne) voyagent Ă la âRootâ et jâaime ça ! Ils font du camping Ă la française avec une toile de tente canadienne, utilisent les tables en bois mises Ă disposition sur les emplacements et chauffent leurs aliments sur le feu de camp (quand ils rĂ©ussissent Ă lâallumer), ce qui dĂ©note trĂšs trĂšs fortement avec les AmĂ©ricains qui eux, viennent en camping avec leur maison.
Dans ce rĂ©cit de voyage on dĂ©couvre une autre Californie, loin des plages de rĂȘve . Celle de la brume constante, des sĂ©quoias gĂ©ants, maĂźtres des lieux ancestraux et du sublime Kings Canyon. Arnaud aime lâAmĂ©rique, et sait faire partager son amour pour les grands espaces amĂ©ricains, non sans une pointe dâhumour acerbe ! Il me fait lĂ©gĂšrement penser, pour cela, au gĂ©nĂ©ralissime Bill Bryson. Dans ce livre, encore, de nombreuses rĂ©fĂ©rences filmographiques, musicales et livresques sont dissĂ©minĂ©es. Lâauteur marche sur les pas de John Muir, dans la Sierra Nevada, et lit Lonesone Dove de Larry McMurtry, le soir au coin du feu! What else ? Il croise aussi les livres de John Muir, Edward Abbey, John McPhee, Doug Peacock dans une librairie ! Il sait vraiment me prendre par les sentiments celui-lĂ !
Camping California est donc un livre â vous lâaurez compris, je pense â que jâai adorĂ© et que je vous recommande (comme les 2 autres de lâauteur) trĂšs fortement. Ă ce jour, je nâai plus de rĂ©cit de lâauteur Ă lire et jâen suis trĂšs triste. JâespĂšre quâil a pour projet de repartir bientĂŽt sur la route, parce quâil me manque dĂ©jĂ .
Lire la chronique sur Les passions de Chinouk
Souvenirs de vacances⊠Arnaud Devillard nâa nul besoin dâun bon vieux diaporama pour raconter sa virĂ©e californienne. Ses mots valent bien de belles images et lâon se dĂ©lecte des paysages somptueux quâil nous vante. De camping en parcs nationaux, on vibre au pays des sĂ©quoias, ces arbres gĂ©ants qui propulsent lâimagination au-delĂ des cimes. Arnaud Devillard dĂ©crypte cette AmĂ©rique des grands espaces et de films mythiques tournĂ©s en dĂ©cors naturels. On le suit dans ce voyage de rĂȘve, Ă traverser des villes fantĂŽmes qui existent vraiment⊠Certes, il y a aussi les AmĂ©ricains avec leur motor-home ou caravane de luxe Ă©quipĂ©s de lit king size. Et lâon se dĂ©lecte du « combat » permanent dâun couple de petits Français armĂ© dâune simple tente igloo parmi les descendants de la ruĂ©e vers lâor qui ne conçoivent guĂšre de nuit Ă la belle Ă©toile sans un Ă©cran plat Ă proximité⊠Instructif, dĂ©paysant et jubilatoire.
Chaque jour, Sandrine Trainer invite un auteur Ă lire les premiĂšres pages de son premier livre. Aujourdâhui, câest Arnaud Devillard qui entraĂźne le lecteur sur la route, Ă la rencontre des sĂ©quoias.
Réécouter Arnaud Devillard sur le site des Bonnes Feuilles
AprĂšs son Journal des canyons et Grizzly Park, publiĂ©s aux Ă©ditions Le mot et le reste, Arnaud Devillard nous revient avec une nouvelle Ă©popĂ©e californienne, Camping California (mĂȘme Ă©diteur). Non pas sur ces plages mythiques peuplĂ©es de naĂŻades survitaminĂ©es en petit maillot rouge. Non, son invitation conduit vers une autre Californie, moins connue mais aussi excitante. Celle des immenses forĂȘts peuplĂ©es de sĂ©quoias. «Je voulais voir ces arbres. Les grands arbres, les arbres gĂ©ants. Je ne savais pas Ă quoi ils pouvaient ressembler. Ătaient-ils les plus hauts, les plus gros, les plus larges? Pour tout dire, je nâaurais mĂȘme pas su dire oĂč ils se trouvaient. (âŠ) La Californie du Nord reste pour moi un mystĂšre. Elle occupe dans mon imaginaire la place qui a longtemps Ă©tĂ© la sienne pendant la conquĂȘte de lâOuest, un paradis dont tout le monde parlait, mais aussi mĂ©connu quâinaccessible.»
Journaliste, aventurier (mais pas trop), Arnaud Devillard ne jure que par le camping, comme pour rendre hommage Ă ce style de vacances pratiquĂ© par des parents campeurs. Avec sa compagne CĂ©cile, il a dĂ©cidĂ© une fois pour toutes que le grand Ouest amĂ©ricain ne se visite que sous la tente. AprĂšs tout, le camping est nĂ© ici, en AmĂ©rique. De quoi jouer Ă©galement au cow-boy et plonger dans ce mode de vie estival choisi par des millions dâAmĂ©ricains chaque annĂ©e. «Jâai un rapport ludique avec les Ătats-Unis. Je viens ici pour chercher Ă infirmer tous les prĂ©supposĂ©s que je peux avoir sur lâAmĂ©rique et les AmĂ©ricains, guettant le moment oĂč je vais me laisser surprendre.» Et force est de constater que lâattente nâest pas longue pour le couple français. Tout commence en effet dĂšs lâinstallation dans le premier camping de ce sĂ©jour californien et oĂč se creuse le fossĂ©, profond, entre les deux joyeux campeurs français et les AmĂ©ricains. LĂ oĂč le touriste Ă©tranger se contente dâune modeste tente igloo avec un mĂ©chant matelas pneumatique gonflable et une petite glaciĂšre pauvrement remplie de barres de chocolat et de sandwiches au salami, le campeur local va quant Ă lui dĂ©ployer des moyens dignes du dĂ©barquement en Normandie de juin 1944. Avec tout le confort pour recrĂ©er en pleine nature un second home sweet home. Salon, salle de bain complĂšte, Ă©cran plat, barbecue gĂ©ant etc. Rien ne manque. Camper dâaccord, mais pour vivre comme Ă la maison. On nâest pas en vacances pour manquer de biĂšre fraĂźche ou de ketchup. Un face Ă face entre tourisme minimaliste Ă lâeuropĂ©enne et opulent façon made in USA parfaitement dĂ©crit sous la plume dâArnaud Devillard. Son humour hilarant fait rire jaune parfois car chacun dâentre nous sây reconnaĂźtra un peu. Ainsi, quel campeur europĂ©en nâa-t-il jamais eu Ă subir le regard de surprise voire de pitiĂ© de son homologue amĂ©ricain? Le choc des cultures en pleine nature.
RĂ©digĂ© comme un carnet de voyage bien documentĂ© et ponctuĂ© dâanecdotes historiques ou personnelles, ce document permet de parcourir un territoire qui sâĂ©carte assez souvent des sentiers battus, faisant fi des clichĂ©s Ă©ternels sur la Californie façon «Beach Boys». Avec lâauteur, on se plaĂźt davantage Ă humer lâair des montagnes, des forĂȘts gigantesques peuplĂ©es de gĂ©ants Ă qui des millions de touristes viennent rendre hommage. Ă cotoyer Ă©galement la surprise teintĂ©e de peur Ă la rencontre dâune faune plutĂŽt hostile, comme le grizzly ou le serpent Ă sonnette.
Un itinĂ©raire qui permet de dĂ©couvrir notamment le lake Tahoe, le site magnifique mais surpeuplĂ© du Yosemite ou lâambiance de la ruĂ©e vers lâor dans la ghost town de Bodie, au cĆur de la Sierra Nevada.
LâĂ©criture, drĂŽle et bien enlevĂ©e, offre au lecteur lâassurance de bons moments de lecture. Comme une barre de chocolat, on se surprend Ă dĂ©vorer lâouvrage jusquâĂ la fin. Sans honte, mais avec un plaisir non dissimulĂ©.
Ce Camping California ressemble un peu Ă ces confĂ©rences dâ «Exploration du monde» oĂč le public se compose de deux catĂ©gories. Les spectateurs qui viennent retrouver les souvenirs de voyages passĂ©s et les autres, ceux qui rĂȘvent Ă des contrĂ©es lointaines oĂč ils ne mettront jamais les pieds.
Un rĂ©cit marquĂ© par lâhumour de lâauteur, souvent adepte de lâautodĂ©rision, et qui se doit dâĂȘtre accompagnĂ© de la bande son adĂ©quate. Une musique qui fait partie, elle aussi, des impĂ©ratifs dâun voyage aux States. Indispensable pour rester Ă©veillĂ© sur ces tracĂ©s autoroutiers longs comme un lundi pluvieux et oĂč la vitesse est dĂ©sespĂ©rĂ©ment lente. Qui dit Californie pense automatiquement au tube «Hotel California» des Eagles. Soit, mais ce choix sâavĂšre trĂšs (trop) classique. Essayons de faire mieux. Avec «California Waiting» (Kings of Leon), «Promised Land» (Elvis Presley), «Two Lane Highwayâ (Pure Prairie League) ou «Legends of Laurel Canyon» (Ryad Kerbouz). Go west young boy!
Rendez-vous sur le site de lâĂcho pour dâautres chroniques livres
La librairie Les Cinq Continents a invitĂ© Arnaud Devillard Ă lâoccasion de la sortie de son ouvrage. La rencontre a Ă©tĂ© filmĂ©e et vous pouvez la visionner ICI
Radio Divergence a aussi enregistré une partie de la rencontre que vous pouvez réécouter ici