Parution : 19/03/2020
ISBN : 9782361392161
218 pages (14,8 x 21 cm)

The Band

Bouard, déroule sobrement un récit parfaitement documenté et équilibré, sans parti pris ou aveuglement de fan et qui réussira sans aucun doute l’édification des foules honteusement ignorantes de ce monument d’Americana. The Book à lire.

Agnès Léglise – Rock&Folk

À la fin des années soixante, The Band publie deux albums qui infléchissent le cours du rock. En pleine ère psychédélique, le groupe puise dans les musiques américaines traditionnelles, noires et blanches, et les réinvente, fort de trois des « plus grands chanteurs blancs de l’histoire » (dixit Bruce Springsteen), Richard Manuel, Levon Helm et Rick Danko, d’un compositeur précis, le guitariste Robbie Robertson, et d’un multi-instrumentiste virtuose, Garth Hudson. Cette période de grâce passée, le groupe s’abîme dans des crises internes, miné par la rancœur inextinguible de Levon Helm envers Robbie Robertson, jusqu’à son chant du cygne en 1976, immortalisé par Martin Scorsese dans The Last Waltz. Cet ouvrage a pour ambition de retracer l’histoire très singulière du Band, des débuts avec Ronnie Hawkins et Bob Dylan jusqu’à son influence, immense, sur plusieurs générations de musiciens.

Revue de presse

- The band, un groupe à (re)découvrir Sylvain Bonnet Boojum 1er juillet 2020
- The Band Noé Gaillard Daily Passions 21 juin 2020
- The Band Agnès Léglise Rock&Folk avril 2020
- Bertrand Bouard, The Band Matthieu Grunfeld section26 1 avril 2020

- The band, un groupe à (re)découvrir

Rock critique, un métier pas si facile

Drôle de métier que celui de critique musical, surtout dans le rock. Le métier a eu ses stars, comme Philippe Manœuvre, Patrick Eudeline, Nicolas Ungemuth ou Eric Dahan, mais est dépendant d’une industrie musicale déprimée par l’effondrement des ventes de disques. On télécharge des chansons, des albums, on n’achète plus de disques : bienvenue dans le nouveau monde. Et puis le rock, mis à part des pachydermes comme U2, ne vend plus… Bertrand Bouard est issu peut-être de la dernière génération qui a aimé le rock, celle des quadras. Il a travaillé pour Rock and Folk, L’express et on lui doit un livre sur un groupe caricaturé, Lynyrd Skynyrd (écoutez Free bird les jeunes). Il se penche ici sur l’histoire d’un groupe atypique, The Band.

Le groupe atypique

The Band, ce sont des musiciens qui ont roulé leurs bosses dans les clubs d’Amérique, aux États-Unis ou au Canada. Ils ont œuvré derrière Ronnie Hawkins, un obscur chanteur de rock, et ont enregistré de ci de là avant d’être repérés par Bob Dylan, comme le raconte très bien Bertrand Bouard. Dès lors tout s’enchaîne avec les tournées (mais sans le batteur Levon Helm qui ne supporte pas tout ce cirque), les voyages en Europe, les enregistrements (mais seulement pour le guitariste Robbie Robertson).

[…]

Une désintégration progressive et quelques chefs-d’œuvres

Du premier disque à la séparation (oublions les reformations) il s’écoule huit ans. Le groupe ne sera pas un gros vendeur mais aura une énorme influence. En pleine époque psychédélique, The Band impose un son plus authentique, autant country rock que soul. Ils bénéficient du soutien de Dylan et leurs deux premiers disques (Music from the big pink et The Band) sont des chefs d’œuvres. Sans être des voix, il y a trois bons chanteurs qui sont aussi de remarquables musiciens. Leurs tournées sont des succès mais voilà, comme pour d’autres groupes des 70’s, la drogue ronge la créativité et l’ambiance. Devant les excès de ses collègues, Robbie Robertson prend le leadership créatif mais se coupe d’eux. En 1976, Scorsese (ce type est un pur fan de rock) filme leur dernier concert (très bon documentaire et très bon disque) : une manière de dire au revoir à la jeunesse du rock, au moment où le punk s’épanouit à Londres… Restent de très bonnes chansons (The Weight, I shall be released).

Ce livre est une bonne occasion de découvrir ce groupe largement méconnu des Millenials.

Lisez la chronique intégrale sur Boojum

Sylvain Bonnet
Boojum 1er juillet 2020

- The Band

Bon, je n’ai pas re-regardé-écouté The Last Waltz pour faire cette chronique, je me suis contenté d’aller chercher The Basement Tapes, de constater que j’ai perdu mon Dylan et The Band et de me souvenir avoir chanté à tue-tête The night they drove old Dixie down. Pour ceux qui ne connaissent pas les quatre albums présentés en couverture, il est temps et nécessaire de vous informer sur les membres du Band. Ne vous attendez pas à des effets de style… ce n’est que le récit circonstancié d’une aventure. Mais c’est une aventure dont les « héros » ont marqué les musiciens de leur temps. Plus sans doute que les amateurs de musique qui n’ont jamais fait monter bien haut dans les fameux « charts » leurs LP (Long Playing, 30 cm). Le Band c’est d’abord l’amitié de deux hommes, Levon Helm et Robbie Robertson, qui, au fur et à mesure de leurs tribulations avec Ronnie Hawkins, vont s’adjoindre trois compères : Richard Manuel, Rick Danko et Garth Hudson. Tous ont une énorme qualité : ils sont multi instrumentistes. Et trois d’entre eux sont de bons chanteurs… (Helm, Manuel et Danko). Après leur séparation d’avec Hawkins, ils s’installent près de Woodstock dans une maison à la façade peinte en rose dont ils aménageront la cave pour en faire un studio d’enregistrement dont Garth sera l’ingénieur. La pochette de leur premier disque est illustrée par un ami et voisin qu’ils ont déjà accompagné sur scène : Bob Dylan. Ils signeront avec lui The Basement Tapes…

[…

Le livre raconte tout cela et met en évidence l’opposition Helm-Robertson, mais rend parfaitement compte, lorsque sont commentés certains morceaux et leurs interprètes, de la qualité de ce groupe marquant et influant…

Pensez à les écouter en lisant, j’ai l’impression que ça aide, non à comprendre, mais à apprécier.

Lisez toute la chronique en ligne

Noé Gaillard
Daily Passions 21 juin 2020

- The Band

“Personne n’a jamais réussi à obtenir un son pareil, mélangeant autant de facettes de la musique américaine – le Sud, le Canada, le Sud-Ouest – combinées à des influences du mon entier.” On peut imaginer que quand un artiste à l’oreille sophistiquée comme Scorcese parle de votre groupe en ces termes choisis, on est au top of the world, célèbre et inoubliable. Et pourtant, qui, parmi les plus jeunes connaît encore le groupe le plus mythique des années 70? The Band, puisque c’est bien sûr de lui qu’il s’agit, groupe sacré par Bob Dylan, premier titre de gloire éternelle, qui fut aussi le sujet du, peut-être, plus beau film rock de l’histoire The Last Waltz dudit Scorcese, tiens donc.

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Bouard, déroule sobrement un récit parfaitement documenté et équilibré, sans parti pris ou aveuglement de fan et qui réussira sans aucun doute l’édification des foules honteusement ignorantes de ce monument d’Americana. The Book à lire.

Agnès Léglise
Rock&Folk avril 2020

- Bertrand Bouard, The Band

On peut s’en amuser ou s’en plaindre. Comme toutes les étiquettes commodément apposées sur des œuvres qui échappent, par essence, à toute réduction mercantile, celle-ci a fini par désigner à peu près n’importe quel produit susceptible d’attiser l’attention du chaland en quête d’authenticité factice ou d’imagerie estampillée « cowboy friendly ». La preuve ? Les moteurs de recherche interrogés à l’heure de rédiger cette chronique sur les usages du terme renvoient aussi bien à des restaurants fourguant sans vergogne leurs burgers de pacotille qu’à des paires de chaussure conçues en Germanie, voire – on préfèrerait ne pas en apprendre autant tous les jours – aux intitulés de disques signés par The Offspring ou Roch Voisine. L’Americana se vend donc partout et le vocable, inventé par la presse anglo-saxonne dans les années 1990 pour désigner les héritiers autoproclamés de The Band, n’est donc d’aucune utilité. Raison de plus pour en revenir aux seules sources historiques et s’offrir, à l’occasion de la publication d’une première biographie francophone, une revisite de ces monuments discographiques, parmi les plus fréquentés de la fin du XX° siècle et sans lesquels un bon tiers – soyons prudent dans l’estimation chiffrée – de ce que nous écoutons aujourd’hui n’aurait jamais existé.

Le siège de ce big-bang musical dont le retentissement est encore à la source de l’expansion de notre univers quotidien est presque aussi connu que les responsables : cette maison dans les faubourgs de Woodstock dont la façade badigeonnée de rose donne son titre à Music From The Big Pink (1968). C’est dans le sous-sol réaménagé en studio de fortune que s’esquissent pendant plus d’un an les contours de la révolution à venir. Déjouant toutes les prévisions des contemporains, elle se déroule donc à plusieurs milliers de kilomètres de l’épicentre du summer of love et n’est pas le fait de jeunes aspirants biberonnés à l’acide. Dans une époque qui ne jure plus que par les stridences électriques du psychédélisme bourgeonnant, l’idéal communautaire naïvement porté par l’ensemble du mouvement hippie va s’incarner dans une perfection paradoxale portée par quatre vétérans canadiens des circuits rock – et leur batteur venu de l’Arkansas – par une bande de seconds couteaux sur le retour, habillés comme des papis ploucs, dont certains approchent déjà de cette trentaine canonique qui marque alors la frontière infranchissable avec le monde des adultes. En compagnie de Ronnie Hawkins d’abord, entre 1958 et 1963, puis de Bob Dylan à partir de 1965, ils ont consciencieusement rempli leur fonction de backing band, développant au passage des compétences d’interprètes très largement supérieures à celles de tous leurs concurrents moins expérimentés. Même si elle ne constitue, à l’aune des bouleversements en germe, qu’une séquence préparatoire, cette première partie de la légende est ici restituée avec une profusion de détails et d’anecdotes qui la rend tout aussi passionnante.

[…]

The Last Waltz (1978) est en réalité un point d’achèvement mais aussi le début d’un épilogue plus sordide encore. Manuel et Danko y laisseront précocement leur peau avant la fin du siècle, ravagés par les excès financés par des albums et des tournées médiocres. Avant de succomber au cancer en 2012, Helm règlera une partie de ses comptes avec Robertson par presse et livres interposés, réussissant même à apparaître dans certains récits comme la véritable âme de The Band. Robertson s’en tient mordicus à une lecture antithétique du mythe. Au travers du récit de la bataille ici reconstituée, on ne peut s’empêcher de croire qu’aucune des deux versions n’est réellement convaincante tant les œuvres solos composées par les uns et les autres après la séparation demeurent considérablement en-deçà de l’excellence collective disparue. Quelques deux cents pages instructives plus tard, le mystère reste entier et toujours fascinant autour de ce miracle du holisme musical qui ne cesse d’infuser dans tout ce que l’Amérique et le monde compte de réactionnaires novateurs, de Wilco aux Jayhawks en passant par Will Oldham : jamais un Tout n’est apparu aussi étonnamment supérieur à la somme de ses parties constitutives. Ainsi repose LE groupe.

La chronique intégrale est disponible sur section26

Matthieu Grunfeld
section26 1 avril 2020
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