Parution : 24/08/2017
ISBN : 9782360543908
768 pages (14,8 x 21 cm)

Substance

New Order vu de l’intérieur

Le troisième tome très attendu de l’autobiographie de Peter Hook, membre fondateur et bassiste de Joy Division et New Order, est enfin disponible.
traduit de l’anglais par Suzy Borello
Deux albums plébiscités et une tournée américaine à venir, Joy Division allait exploser. Pourtant, à la veille de leur départ, Ian Curtis, chanteur et parolier du groupe, se suicide. Après cette tragédie, les membres restants retournent rapidement à la musique et forment New Order. Leur son unique mélangeant post-punk et nouvelles technologies ouvrit la porte à l’explosion de la dance music des années 1980 et fit d’eux l’une des formations les plus influentes de leur génération. Malgré son succès, le groupe a toujours balancé entre propositions visionnaires et inconstance, composant au quotidien avec les tensions internes. Comme pour ses précédents ouvrages, Peter Hook raconte sans langue-de-bois et sans pincettes toute l’historicité du groupe, entre anecdotes décadentes et détails techniques, – incluant les set-lists et l’itinéraire de chaque tournée – sans oublier les « instant geek » concernant chacun des instruments électroniques qui participèrent à forger leur son devenu iconique.

Revue de presse

- Substance Thibaut Allemand Let's Motiv' septembre 2017
- Peter Hook - Substance Jean Thooris à découvrir absolument 30 août 2017

- Substance

Suite des mémoires de Peter Hook. On connaissait le bassiste génial, on découvrait le chroniqueur sardonique des années new wave. Le premier volume de son autobiographie, consacrée à Joy Division, nous a valu plus d’un fou-rire. Le deuxième, qui contait par le menu les déboires de l’Haçienda, dévoilait un envers du décor bien plus taré que ce que l’on aurait pu imaginer. Ce troisième volume s’attaque au gros morceau : New Order. La verve est toujours là, les piques envers Bernard Sumner également. Hooky a le chic pour mêler considérations musicales passionnantes et anecdotes ahurissantes. Indispensable, en attendant le recueil de souvenirs de tous ses DJ-sets, hum, légendaires ?

La chronique est en lecture sur le site de Let’s Motiv

Thibaut Allemand
Let's Motiv' septembre 2017

- Peter Hook - Substance
texitle

Enfin traduit en Français (un an après sa sortie) chez Le Mot Et Le Reste, Substance (New Order vu de l’intérieur) reprend l’histoire là où Peter Hook l’avait laissée lors des dernières pages d’Unknown Pleasures : Ian Curtis décédé, quel avenir pour Barney, Peter et les deux autres ? On s’imaginait un bouquin gorgé de came, de cul, de rancunes et de billets verts. On en a un : sur 800 pages, Hooky décrit minutieusement la lente dégénérescence (principalement humaine) de New Order.

Dans un style purement rock’n’roll, mais non sans une touchante lucidité, Peter Hook insiste beaucoup sur son mode de vie destroy avant, pendant et après les concerts de NO. Entre les filles d’un soir, les beuveries cataclysmiques, la coke en pagaille, les premiers ecstasy et les chambres d’hôtel décimées, aucun cliché n’est évité. Sauf que Hooky, implicitement lors de la première partie du livre, n’y ajoute aucun glamour et semble annoncer une chute inéluctable vers la pire des déchéances physiques et morales. Drôle, morbide, un peu triste.

Plus intéressants, mais tout aussi glauques, les passages racontant la confection de chaque album de NO. Guère tendre envers Steven et Gillian (lui, qui fonctionne dans le sens du vent ; elle, qui n’a jamais servi à rien), Hooky, dans une très étrange relation amour / haine, dézingue royalement son comparse Barney (mais on s’y attendait). Frontman par la force des choses, Sumner, de l’innocence Movement jusqu’au monstre Republic, va se transformer en une diva capricieuse, despotique, égocentrique et prête à tout afin de « virer la basse ». Apothéose d’un lent pourrissement relationnel, l’enregistrement de Republic (que Hooky décrit, à raison, comme « un album d’Electronic plutôt que de New Order ») au cours duquel Barney fout à la poubelle les maquettes de ses trois compagnons pour tout reprendre en solo. En même temps, Hook ne cesse d’écrire à quel point Sumner est un grand guitariste et un sacré compositeur. Pas drôle, assez morbide, très triste.

Paradoxe du livre : plus NO devient commercialement gigantesque, plus ses membres font chambre à part. Car pendant que Barney vire au gros connard, que Steven et Gillian deviennent inexistants, Hooky s’enfonce bien profond dans la dope et l’alcoolisme jusqu’au fameux point de non-retour (dépendance physique, désintox). La réussite de chaque album (jusqu’à Technique) s’apparente ainsi à un miracle ! Et relance le principal argument concernant New Order : quatre individus opposés qui, par une étrange et inexplicable alchimie, produisirent l’une des plus belles musiques jamais entendues.

Dans une écriture fluide (même si l’on conseille la version originale), Peter Hook n’épargne personne et surtout pas lui-même : grande gueule alcoolisée, époux martyrisé, petite frappe dopée à la poudre, musicien délaissé (« ce morceau n’a pas besoin de basse » est un leitmotiv que se reçoit continuellement Peter en pleine face – devinez par qui ?)… Absolument pas drôle, souvent morbide, triste pour les fans de NO.

Difficile à dire où se situe ici la part de souvenirs et d’exagérations. Totalement bituré à longueur de pages, Peter y donne sa vision, sa version personnelle de l’histoire. Et avec autant de coke et de vinasse dans le cerveau, il est certes permit de se demander si Hooky n’est pas souvent en proie à des crises de parano ou bien aux descentes du junk. Sauf que la sincérité de l’écriture semble indiquer que rien, hormis ce bouquin forcément anthologique, ne pourra dorénavant saisir la véritable story New Order.

"*Lire l’article en ligne *":http://www.adecouvrirabsolument.com/spip.php?article7083
Jean Thooris
à découvrir absolument 30 août 2017
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