Parution : 20/10/2015
ISBN : 9782360541867
288 pages (14,8 x 21 cm)

21.00 €

Commander

Sonic Youth

L’une des originalités de ce livre complet est de scruter le parcours scénique et discographique d’un des groupes rock post-punk les plus influents de ces trente dernières années.

Nicolas Mollé – Concertlive

Formé en 1981 sur les cendres des mouvements punk et no wave new-yorkais, Sonic Youth a marqué durablement l’histoire du rock moderne. Dans une démarche toujours avant-gardiste, Thurston Moore, Kim Gordon, Lee Ranaldo et Steve Shelley ont su accéder au succès avec un noise rock novateur qui s’est renouvelé au fil de leur vingtaine d’albums. Partisans du Do It Yourself, Sonic Youth a commencé sur des labels indépendants et privilégié des collaborations avec une scène artistique émergente dont Raymond Pettibon, Sofia Coppola, Spike Jonze ou Chloë Sevigny. C’est au début des années 1990 que le groupe décolle et accompagne la vague grunge et l’âge d’or des clips MTV, gagnant une notoriété importante sans pour autant amoindrir son exigence musicale. Séparé en 2011 suite au divorce de Moore et de Gordon, Sonic Youth a contribué à l’émergence d’artistes comme Nirvana ou Beck et a inspiré et inspire encore de nombreuses formations, de Mogwai à Pavement en passant par Liars.

Lire un extrait

Revue de presse

- Sonic Youth Noé Gaillard daily-books.com janvier 2016
- Interview de Matthieu Thibault Nicolas Mollé Concertlive 4 novembre 2015
- Lu récemment Cédric Bru Les Obsédés Textuels 2 novembre 2015
- La formule Sonic Youth Jean Rouzaud Radio Nova // Novaplanet.com 23 octobre 2015

- Sonic Youth

Si j’ai bien lu, je dois pouvoir écrire que la diversité d’illustration des pochettes des disques de ce groupe rend compte de la diversité de leur production. Bon vous êtes dans le même genre de livre dont je vous parlais à propos de Dire Straits (même éditeur). Je ne sais pas si vous êtes comme moi mais, d’une part, toutes les musiques ne nous accrochent pas, ne nous touchent pas et celles qui nous émeuvent le font parce que nous avons été bercés par d’autres musiques. Il se peut donc que si vous vous contentez de suivre les modes vous soyez passé à côté de Sonic Youth malgré ou à cause de la diversité de leur production. Ce livre vous est donc nécessaire.

Il présente le groupe à partir de 1989 comme l’intermédiaire parfait entre l’underground et le mainstream musical. D’après l’auteur : « Le nom de Sonic Youth rend un double hommage à Big Youth, chanteur et DJ jamaïcain, et Fred « Sonic » Smith, ancien guitariste du MC5 désormais à la tête du Sonic’s Rendez-vous Band formé avec Scott Asheton des Stooges. » Le groupe est constitué de transfuges d’autres groupes… Et cela m’amène à penser deux choses. D’une part, chacun amène son vécu et sa musique inspirée de son ancien groupe, cela peut aider à se diversifier et il est bien évident que dans ces cas-là un plus un égalent trois… D’autre part, il me semble que pour s’associer et jouer ensemble, il est nécessaire d’être doué, d’avoir un talent certain. Je vous laisse découvrir le parcours de ces musiciens et j’espère que si vous avez, comme il se doit, regardé dans votre discothèque pour y chercher du Sonic Youth vous en avez trouvé. Voilà un bon moyen de retrouver et découvrir leur musique.

Bonne lecture-écoute.

Retrouvez cette chronique sur le site de Daily Books

Noé Gaillard
daily-books.com janvier 2016

- Interview de Matthieu Thibault

Ouvrage bien documenté qui puise dans l’abondante bibliographie liée à ce groupe, Sonic Youth par Matthieu Thibault vient de paraître aux éditions Le mot et le reste. L’une des originalités de ce livre complet est de scruter le parcours scénique et discographique d’un des groupes rock post-punk les plus influents de ces trente dernières années. Un groupe dont la discographie s’est arrêtée à The Eternal en 2009, au moment de la rupture entre sa bassiste Kim Gordon et son chanteur guitariste Thurston Moore.

Concertlive : Peut-on établir un lien entre cet ouvrage sur Sonic Youth et vos précédents livres sur Miles Davis ou David Bowie ?

Matthieu Thibault : Il s’agit en tout de mon quatrième livre car j’en avais aussi signé un aux éditions du Camion Blanc consacré à la période Brian Eno de David Bowie, avec sa fameuse trilogie berlinoise. C’était un travail universitaire que j’avais un peu revu. Je me consacre essentiellement à l’étude de la musique, des sons, je m’intéresse beaucoup à la façon dont les artistes approchent le studio. Mais Miles Davis, David Bowie et Sonic Youth sont des artistes très différents du point de vue de l’esthétique. Ce qui m’intéresse aussi, ce sont les jeux d’influence, dans les deux sens. Qui les a influencés, qui ont-ils influencé ?

Concertlive : Une des originalités de votre ouvrage, ce sont ses analyses techniques et musicologiques assez poussées, notamment page 52. Cela permet de renverser certains clichés autour de l’amateurisme et du “bruitisme” du groupe. Comment expliquez vous que Sonic Youth reste plutôt apprécié des étudiants en école d’art, d’avantage que des “requins de studio” ?

Matthieu Thibault : J’ai effectivement une vision musicologue du fait de ma formation (NDLR : l’auteur est musicologue et enseignant). Sonic Youth a la réputation d’être un groupe amateur de “guitares pourries”, qu’ils poussent dans leurs retranchements.
Je voulais montrer en quoi la façon d’accorder les instruments influe dans le processus de création artistique. Je reste personnellement fan des livres qui décortiquent la musique. Concernant Sonic Youth, j’ai quand même l’impression qu’ils arrivent à fédérer différents publics. Un public proche du monde de l’art, c’est mon cas en tant que musicologue car ils sont un des groupes de rock parmi les plus pluridisciplinaires. Mais ce n’est que la face émergée de l’Iceberg. Sonic Youth compte aussi parmi ses fans de vrais amateurs de rock à guitare, qui apprécient les bonnes chansons. Cela me tenait d’ailleurs à coeur de montrer qu’ils savent aussi très bien écrire.

Concertlive : Ils ont produit peu de hits dans leur carrière. Quelles sont leurs meilleures chansons selon vous ?

Matthieu Thibault : “Kool Thing” est surement un des plus importants succès de leur carrière mais ce n’est paradoxalement pas forcément une bonne chanson. Pourtant, pour moi, ils font partie des gens qui ont écrit les chansons les plus marquantes dans les années 80. Leur premier classique est à mon sens le titre “Expressway to Yr. skull/Madonna Sean and me” sur l’album Evol en 1986. Il y a aussi de purs joyaux noisy pop construits comme tels sur l’album Daydream Nation de 1987, avec notamment un titre comme “Teenage Riot”. Je trouve aussi qu’on a un peu tendance à oublier les albums avec le musicien Jim O’Rourke à la guitare comme Murray Street ou Sonic Nurse, qui comportent de très bonnes compositions. Bien sûr, on est pas là face à des hymnes comme “Wonderwall” d’Oasis ou “Smells Like Teen Spirit” de Nirvana. Mais réécoutez la chanson “Drunken Butterfly” sur Dirty, elle est tout simplement redoutable.

Concertlive : C’est l’un des albums qui correspond le plus à une éventuelle période “grunge” de Sonic Youth. Pensez vous que le groupe serait ce qu’il est sans Nirvana et Kurt Cobain ?

Matthieu Thibault : Clairement pas. Drunken Butterfly n’aurait pas pu voir le jour sans Nevermind de Nirvana. J’adore les deux groupes et j’adore In Utero le troisième album de Nirvana. C’est fou de voir comment ces deux groupes se sont influencés réciproquement. Pavement a d’ailleurs aussi été un groupe fortement influencé par le Sonic Youth des 80’s. Nirvana a beaucoup emprunté à Sonic Youth de son côté “noise” tandis que les aspirations mélodique de Nirvana ont fortement déteint sur Sonic Youth. Cette proximité entre les deux groupes est parfaitement perceptible dans le documentaire de Dave Markey 1991 : The year that punk broke. On y voit les deux groupes passer beaucoup de temps ensemble, adopter les mêmes poses, produire les mêmes riffs hard-rock.

[…]

Lire l’intégralité de l’interview sur le site de Concertlive

Nicolas Mollé
Concertlive 4 novembre 2015

- Lu récemment

Dans l’histoire du rock, Sonic Youth est un réel cas d’école. En effet, un groupe dont la carrière s’étale sur trente ans s’inspirant autant du rock new-yorkais des années 70 que du free jazz ou de la musique contemporaine et devenant à son tour une formation séminale dont se réclama toute la noise music, une partie du grunge jusqu’au shoegaze est assez singulier. S’y l’on y rajoute la précoce acceptation de ne mobiliser qu’un noyau dur de cinquante mille fans et de ne spliter – au bout de vingt-sept ans ! – pour la seule raison que son couple leader finit par rompre on touche bien à quelque chose d’unique. C’est de cette altérité exigeante dont rend parfaitement compte cette biographie de Matthieu Thibault. Par un schéma narratif basé sur le détail des albums, des tournées et des activités solos de ses membres, l’auteur, en musicologue averti, dégage les marqueurs d’un groupe fondamental qui reste pourtant toujours difficile d’accès. Il insiste sur une démarche artistique pointue, programmée et jamais trahie. Puisant dans tous les genres (cinéma, art contemporains, littérature, musique…) Sonic Youth fait ici figure de digne descendant et d’audacieux précurseur. Les dix-sept albums qui jalonnent la carrière du groupe témoignent d’un rock total privilégiant presque autant les sons bruitistes que les mélodies pop, l’environnement des majors que les manières de l’indie rock. Fidèle à ses grands inspirateurs (Velvet, Patti Smith, Television…), les New-yorkais réussirent en même temps, et respecté par tous, à recréer le rock.

Lire l’article sur le site des Obsédés Textuelsé-ces-derniers-temps…2

Cédric Bru
Les Obsédés Textuels 2 novembre 2015

- La formule Sonic Youth

Intello, donc forcément indépendant?

Si vous posez la question ”À quelle catégorie appartient le groupe Sonic Youth ?” On pense rock américain oui, mais aussi Grunge, Punk, Indépendant, Noise, Hardcore, Folk électrique, Cold wave, Psyche, Expérimental… Avec des traces de Pop, de Rap d’Underground, d’Arty ! Et s’ils avaient pu faire du jazz ou du Classique…

Et voilà comment de 1981 à 2011, ce groupe insaisissable a gardé une réputation de grand représentant du Rock Indé américain. Éternels adolescents – bien que tous se marient, parfois entre eux et évoluent -, qui touchent à tout et par conséquent sont auréolés d’une réputation de cerveaux, donc de génies.

Je n’ai rien contre Sonic Youth et leurs bandes de potes fureteurs et curieux, au contraire, mais je suis frappé par cette soif de genres, d’essais, de collaborations autour d’un pauvre quatuor à guitares. Chapeau aux artistes !

Le livre de Mathieu Thibault raconte cette longue histoire par le menu : 30 années de tentatives, d’influences, de références, d’échanges autour d’un Rock Lâché, planant ou incisif, aéré ou bruyant. On admire ce qu’on ne cerne pas.

Mais ce serait eux, les Sonic Youth qui seraient normaux ? Ils ont vécu, aimé, partagé tout ce qui s’est passé avant et pendant leur travail. Et ce serait ceux qui ne varient pas ou restent dans leur chapelle qui seraient fous, ou ignorants, ou imperméables ? La création est plus paradoxale que ça. L’auteur également du livre, me stupéfie : comment fait on pour savoir autant de choses, les moindres histoires de managers, d’attachés de presse, de contrats, sans compter la description de presque chaque morceau ou ambiance de ce kaléidoscope assez monstrueux au final ? Jeunesse sonique est une hydre aux multiples têtes.

Consulter l’intégralité de l’article sur Novaplanet

Jean Rouzaud
Radio Nova // Novaplanet.com 23 octobre 2015
Réalisation : William Dodé - www.flibuste.net - Mentions légales