Parution : 18/01/2018
ISBN : 9782360544967
256 pages (14,8 X 21 cm)

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Sample!

Aux origines du son hip-hop

Sample! permet de comprendre l’essence du hip-hop, sa diversité, sa technique, son inspiration, sa curiosité, son rôle révolutionnaire dans l’espace musical.
« Sample ! » est une injonction. Celle que les producteurs hip-hop se lancent à eux-mêmes depuis près de quarante ans. En allant piller les musiques qui les entouraient, ces musiciens ont donné naissance à l’un des courants musicaux les plus importants de notre époque et redéfini le principe de composition musicale, quitte à se frotter aux avocats et à provoquer de retentissants procès. Se pencher sur les samples marquants du hip-hop, c’est explorer de nombreuses portes d’entrée vers cette musique, révéler les secrets de fabrication de hits tels que « California Love » de 2pac ou « Hard Knock Life » de Jay-Z ou partir à la redécouverte d’artistes oubliés ou trop peu connus. C’est parcourir les ponts dressés entre le hip-hop et ses origines soul, jazz et funk, ses relations avec le rock, le classique, la chanson française, la musique tibétaine etc. C’est découvrir l’histoire des technologies qui ont permis ce travail, celle de labels mythiques, de producteurs talentueux. C’est embrasser toute la richesse du hip-hop.

Revue de presse

- Sample! Manu Baudez international Hip-Hop été 2018
- Interview - Sample ! Aux origines du hip-hop Mathias Milliard tplmusique 22 février 2018
- Brice Miclet : SAMPLE ! AUX ORIGINES DU SON HIP-HOP Muzul 90bpm 30 mars 2018
- Interview - BRICE MICLET "Sample ! Aux Origines Du Hip-Hop" Mehdi Maïzi OKLM Radio // La Sauce 26 mars 2018
- Sample ! : le livre qui redonne au sample ses lettres de noblesse Pan African Music 21 février 2018
- Interview - L'histoire du rap à travers le sample Maud Margenat Streetpress 15 mars 2018
- Le sample de ses débuts dans les années 70 à aujourd'hui Claudy Siar rfi Musique 23 mars 2018
- Interview de Brice Miclet - "Le sampling n'est pas mort" Emmanuel Saussaye Le Télégramme 2 avril 2018
- Rencontre avec Brice Miclet, Digger de Samples Djuls The Backpackerz 14 mars 2018
- Le Son d’Alex - Aux origines du Hip Hop Alex Jaffray France 2 // Télématin 19 mars 2018
- Interview de Brice Miclet - Aux origines du sample dans le rap américain Tis Swampdiggers 27 février 2018
- Chronique de Sample! Juliette Arnaud France Inter // Par Jupiter ! 20 février 2018
- Sample! Vincent Caffiaux Starwax #46 2e trimestre
- Interview - Le sample selon Brice Miclet, auteur d'un bouquin sur le sujet (pratique) Romain Sourdoreille 14 février 2018
- "Sample!", l’essence du hip-hop par Brice Miclet Luc Frelon FIP // Sous les jupes de Fip 12 février 2018
- Track ID - Interview de Brice Miclet Jérémie Léger Konbini 8 février 2017
- Sample ! Les derniers secrets du hip-hop Jean-Paul Deniaud Trax Février 2018
- Interview : Brice Miclet avec Puzupuzu Thomas Corlin Radio Néo // Chaos 30 janvier 2018
- Interview - Sampler comme jamais : une histoire du sample David Blot & Sophie Marchand Nova // Nova Club 29 janvier 2018
- Basique. Sample. Emmanuel Dosda MIX MAGAZINE Février 2018
- Sample! le premier livre de Brice Miclet Julie Creuilly The Backpackerz 27 janvier 2018
- Le Don du sample Rebecca Manzoni France Inter // Pop & Co 29 janvier 2018
- Interview de Brice Miclet - 5 samples qui ont changé l'histoire du hip-hop Antoine Mbemba Vice // i-D 23 janvier 2018
- Bonne feuille : Comment un sample a fait de « It's The Hard Knock Life » de Jay-Z un hit Brice Miclet Nova 22 janvier 2018
- Interview de Brice Miclet 2/5 Ellen Ichters RTS // Pony Express 23 janvier 2017
- Interview de Brice Miclet 1/5 Ellen Ichters RTS // Pony Express 22 janvier 2018
- Tour des échantillons - Sample! Greg L'abcdrduson 23 janvier 2017
- Livre - Sample! Yann Samples.fr 16 janvier 2018
- Bonnes feuilles : Les petites histoires des plus grands samples du hip-hop La Rédaction Slate 20 janvier

- Sample!

Les fanatiques de hip-hop que nous sommes sont décidément choyés ces derniers temps par les irréprochables éditions Le mot et le reste, qui enchaînent les sorties consacrées à cette révolution musicale triomphante hissant le rap de sous-culture méprisée à norme dominante. Après l’exploration des Mixtapes par le camarade Sylvain Bertot, c’est de nouveau à un pan mal éclairé de ce genre inépuisable que se consacre cette nouvelle anthologie subjective, toujours sur le principe qui fait la marque de fabrique de l’éditeur : un choix d’une centaine d’œuvres représentatives commentées. Si on est habitué dans cette colle ction à des sélections de disques fondamentaux, on monte ici encore d’un cran dans la gageure puisque l’auteur n’a retenu que 100 misérables samples, pour 40 piges d’une musique qui repose précisément sur l’échantillon ! Mais justement, on ne demande pas la même chose à un bouquin et à whosampled.com, et on est vite rassuré sur l’intérêt de la folle tentative. L’intro, carrée, retrace la naissance du principe du sample dans les block parties, avec le fameux Merry Go Round, répétition en boucle avec deux exemplaires du même disque et une double platine des parties rythmiques les plus efficaces de morceaux de funk ou de soul ; puis l’arrivée des sampleurs et le temps très court de sampling qu’imposaient les premiers modèles, limite technique qui détermina l’esthétique du son hip-hop classique ; et enfin le gros coup de frein qui a été imposé à cette pratique : la question financière, les artistes samplés et l’industrie finissant par réclamer leur part du gâteau quand ils ont vu cartonner les relectures de leurs sons par des voleurs revendiqués. On n’apprend pas forcément grand-chose, mais c’est la règle du genre, la remise en contexte du bouquin s’adresse d ‘abord à ceux qui découvrent, pas à ceux qui y baignent. Brice Miclet explique ensuite les différentes techniques de samples pour tâcher de faire un genre de typologie, là encore pour expliciter au profane de quoi on cause. Mais c’est après que le livre devient captivant, quand on rentre dans la sélection proprement dite. Parce que le choix s’est fait de la meilleure des manières, une fois réglée la question des quelques incontournables, des sons historiques ou charnières par les histoires qu’on pouvait raconter avec les samples proprement dits. Il met ainsi en valeur ce qui fait la magie de cette pratique, outre qu’elle ait d’abord permis à ceux qui n’avaient pas le loisir d’apprendre la musique au conservatoire d’en faire et même d ‘en vivre. Le sample porte en lui
ce qui a donné naissance au morceau d’origine dont il est extrait, et il le transmet au nouveau morceau qui se construit autour ou avec lui. Que ce soit une volonté de la part du producteur ou non, qu’il décide lui-même d’utiliser un sample parce qu’il dit quelque chose ou pas, le fragment utilisé est un bout de passé qui revient à la vie et ramène avec lui son souffle. Les pionniers ne sont pas allés chercher bien loin pour digger, la discothèque des darons, quand il y avait son lot de soul, de funk ou de jazz, était déjà un sacré filon, le hip-hop n’avait plus qu’à reprendre là où la funk s’était arrêtée, plonger en arrière pour inventer le futur. Puis comme tous les voleurs, le rap a commencé à étendre son champ d’opération pour taper dans toutes les réserves de sons, jusqu’aux plus improbables. Ce qui fait de nouvelles histoires à raconter. Brice Miclet les raconte bien, toutes ces histoires, et il a su trouver un chouette équilibre entre celles qui touchent à la
petite histoire du rap, les anecdotes de studio, les problèmes de clearance, les accidents de studio qui deviennent des coups de génie, les astuces pour pas se faire cramer, etc., et la plus grande histoire, tant de la musique populaire américaine que des questions politiques et sociales qui déterminent la production ou du moins l’influencent. Alors on ne s’ennuie jamais, on découvre quelques perles, on s’arrête pour écouter les sons cités, on prend plaisir à cette traversée de près d’un demi-siècle d’évolutions stylistiques au long desquelles le rap mute, mais continue de tourner autour de quelques mesures à peine, de quelques notes inlassablement répétées, voire parfois d’une simple caisse claire ou d’une sirène. La boucle, l’essence du hip-hop, qui continue de le définir même quand il n’y a plus de sample à proprement parler, le principe inscrit dans ses os le hip-hop, c’est répétitif, c’est le squelette sur lequel tu racontes tes histoires. Petite frustration quand même, on aurait aimé quelques lignes sur le rap qui sample le rap. Car le petit con qui avait l’habitude de s’alimenter chez les générations précédentes a maintenant atteint l’âge de se manger lui-même, les classiques d’hier sont de plus en plus cités ou recyclés ; le hip-hop devient
source, au même titre que la soul pour les pionniers. Le comble de la boucle.

Manu Baudez
international Hip-Hop été 2018

- Interview - Sample ! Aux origines du hip-hop

Brice Miclet publie Sample ! Aux origines du hip-hop, un ouvrage qui revient sur la place de cette technique artistique dans le hip-hop d’hier et d’aujourd’hui : le sampling, « une recherche sonore qui s’insère dans une démarche musicale » nous explique-t-il.

Pourquoi écrire un livre sur le sampling en 2018 ?
Parce que le rap occupe dorénavant une place prépondérante dans le quotidien des gens et, si on peut faussement penser que le sampling est une pratique moins développée aujourd’hui dans le hip-hop, elle est en réalité toujours importante. D’une certaine manière, c’est une façon de montrer que le hip-hop évolue et s’inscrit dans une perspective historique qui est forte. Et puis aussi parce qu’il n’y avait rien d’écrit sur le sujet !

Qu’est-ce qu’on découvre à travers cet ouvrage ?
Dans ce livre, il y a deux entrées principales. D’abord, une introduction de 40 pages qui revient sur la place historique du sample dans le hip-hop, sur les débuts du mouvement dans les années 70 et sur l’idée qu’il s’agit d’un genre déjà tourné vers les autres cultures musicales comme en témoigne l’utilisation de samples. Je pars de là pour arriver jusqu’à aujourd’hui, via les différentes évolutions technologiques, les différentes manières de sampler, l’ouverture des beatmakers à d’autres styles que la musique afro-américaine, etc.
Ensuite, j’ai établi une liste de 100 morceaux hip-hop avec leurs samples dont je détaille l’histoire. Ce ne sont pas forcément les 100 samples les plus cultes – il y en a des connus et des moins connus dans la liste –, mais l’idée était de dresser un panorama de ce qui s’est fait de 1979 à 2017, de raconter la patte des producteurs, de certains labels, de certaines techniques liées au sampling hip-hop, etc.

Justement, comment les usages artistiques du sample ont-ils évolué ?
Je distingue 6 ou 7 types de sample dont les différences sont essentiellement techniques. Sur le plan artistique, le phénomène a commencé dans les années 60 et 70 avec les breakbeats issus de musiques afro-américaines, puis on a commencé à sampler du jazz, et finalement cela s’est ouvert à toutes les musiques et même au-delà. Avec le développement de la MAO, on va chercher sur tous les supports sonores aujourd’hui, que ce soit des documentaires, des émissions de radio ou de télévision, etc.

Sample-t-on toujours autant dans le hip-hop ?
La proportion de hip-hop fait à base de samples est moins importante qu’auparavant même si l’on en retrouve toujours dans beaucoup d’albums actuels comme ceux de Kendrick Lamar ou d’Asap Rocky. C’est surtout qu’aujourd’hui, les samples servent moins d’élément principal d’un morceau. Ils sont plus discrets et se contentent d’apporter une couleur musicale.

Aujourd’hui, sampler n’est plus réservé au rap. N’avez-vous pas eu envie de faire un pas de côté pour évoquer le sample dans les autres genres musicaux ?
Je voulais faire un livre qui parle du sample dans la culture hip-hop, mais c’est vrai que le sampling a été prépondérant pour les musiques électroniques et la house en particulier. De nos jours, il y a des samples partout, notamment chez les artistes les plus pop comme Lady Gaga, Beyonce ou Madonna, et c’est parce que le hip-hop s’est maintenant imprégné dans beaucoup d’autres musiques, à commencer par la pop.

Ces 40 dernières années, quelles ont été les évolutions des machines et des technologies permettant de sampler ?
Il y a d’abord eu ce qu’on a appelé le sample virtuel, c’est-à-dire la technique du ‘Merry-Go-Round’ de Kool Herc qui consiste à avoir deux fois le même vinyle et de récupérer le breakbeat du morceau à l’infini. Ensuite, dans les années 70, il y avait le phénomène de replay avec Sugarhill Gang ou des groupes comme ça qui rejouaient des échantillons en live. Mais jusque-là, on ne peut pas vraiment parler de sample car il n’y a pas de réutilisation des empreintes sonores.
C’est avec l’arrivée sur le marché des premiers samplers en 1984 qu’on va composer du hip-hop avec des samples. La grosse révolution a lieu avec le micro-sampling de Marley Marl qui arrive à isoler tous les sons d’une batterie à les incorporer dans une boîte à rythmes. Et puis, à partir de 1987, avec la commercialisation de la SP 1200, on entre dans l’ère où les beatmakers et les producteurs hip-hop vont énormément sampler, puis les techniques vont évoluer, le temps d’échantillonnage sera de plus en plus long, jusqu’à ce que la MAO explose et nous entraîne dans l’ère des softwares, plus abordables financièrement comme techniquement.

Idée fausse ou idée vraie : sampler, c’est plus facile que composer ?
Mais le sample, c’est de la composition ! C’est une recherche sonore qui s’insère dans une démarche musicale qui nécessite à la fois une compétence technique et la maîtrise des codes hip-hop.
Alors, peut-être que cela est plus simple que de composer de la musique classique, mais est-ce plus simple que de composer du rock, je n’en suis pas sûr. Les musiciens qui se retrouvent face à un sampler, une platine et des bacs de vinyles ne savent pas nécessairement quoi en faire. Il faut aussi savoir construire un mix, car beaucoup de choses se jouent là, et cela demande une certaine maîtrise.

Le sampling est-il un procédé plus accepté qu’auparavant, ou existe-t-il toujours des procès ?
Ce sont deux choses différentes. D’un côté, il est entré dans les habitudes musicales, et pas uniquement dans le hip-hop justement. D’un autre côté, il y a beaucoup moins de procès car il y a tout simplement moins de cas d’illégalité. Les artistes sont beaucoup plus ‘dans les clous’ au niveau légal. Avant 1991, c’était un peu la loi de la jungle, le grand âge de l’impunité dans le sample hip-hop, et puis il a fallu que le système des samplers clearers (demandes d’autorisation) se mette en place, que les artistes et surtout les maisons de disques prennent l’habitude de cleaner les samples en matière de droit. Aujourd’hui, tout cela est devenu beaucoup plus usuel dans la production d’albums hip-hop.

Un morceau composé à base de samples à conseiller ?
Pour expliquer et se rendre compte de ce que représente le sampling, je conseille d’écouter le morceau The 900 Number de The 45 King. La composition est très simple, avec une seule boucle – un sample de saxophone issu du titre soul Unwind Yourself de Marva Whitney – qui est très peu modifiée. C’est un morceau que les DJ se passaient entre eux et qui symbolise bien ce que représente le sampling hip-hop.

Retrouvez l’interview sur Tous pour la musique

Mathias Milliard
tplmusique 22 février 2018

- Brice Miclet : SAMPLE ! AUX ORIGINES DU SON HIP-HOP

Découpé, filtré, pitché, déstructuré : la vie d’une sample est finalement bien peu enviable, mais c’est pourtant par là qu’il faut en passer pour devenir la colonne vertébrale ou le petit plus qui rendra le morceau identifiable. Voire en fera un classique.

L’histoire de la boucle jouée sur elle-même, de son bricolage basique avec deux platines à son évolution à travers les différentes machines offrant toujours plus de possibilités (et réduisant du même coup la créativité), est ici racontée puis illustrée cent exemples à l’appui.

Cent exemples rap bien entendu, l’évolution du genre étant soudée à celle du sample. Du moins dans les années 80 et 90 quand, profitant du vide juridique pour piocher à pleines disquettes dans les classiques puis dans les disques de plus en plus obscurs et pointus, les beatmakers avaient fait du sampling un art avant qu’il ne devienne un luxe. Et accessoirement, un nid à emmerdes quand les auteurs, ayant droits, ou autres se rendirent compte de l’utilisation non-autorisée.

La suite passe par des histoires de tribunal et de jugements absurdes mais surtout par des mises en situation entre le sampleur et le samplé, dans un dosage variable d’anecdotes, d’histoires, de musique et de technique, qui va beaucoup plus loin que Funky Drummer et Atomic Dog.

Preuve qu’en plus d’avoir évité la routine en ne calquant pas ses chroniques sur une seule et même matrice, Brice Miclet a fait un sacré boulot de recherches.

À retrouver sur 90bpm

Muzul
90bpm 30 mars 2018

- Interview - BRICE MICLET "Sample ! Aux Origines Du Hip-Hop"

Mehdi Maïzi et son équipe ont invité Brice Miclet à venir parler de son livre dans La Sauce sur OKLM radio !

Réécouter l’émission sur la chaîne d’OLKM

Mehdi Maïzi
OKLM Radio // La Sauce 26 mars 2018

- Sample ! : le livre qui redonne au sample ses lettres de noblesse

Le journaliste musical Brice Miclet retrace l’histoire du hip-hop en racontant le sample – de ses débuts dans les block parties du Bronx des années 1970 à l’utilisation qui en est faite aujourd’hui par Gucci Mane, Drake, Future ou Kaytranada.
Compilations, roman, autobiographies, BD ou séries télé, les origines du rap n’ont de cesse d’être contées. Composante essentielle de la musique électronique et essence même du hip-hop, le sampling – échantillonnage qui consiste à reprendre des morceaux existants pour en créer de nouveaux − n’avait pourtant jamais été exploré. Il existe bien des sites spécialisés qui dévoilent les secrets de fabrication, parfois bien gardés, des tubes de rap mais aucun ouvrage ne s’était proposé de raconter les petites histoires qui se cachent derrière leurs grands emprunts. De « Rapper’s Delight » du Sugarhill Gang (1979), le premier single rap, à Yah de Kendrick Lamar (2017), en passant par « What’s The Difference » (1999) pour lequel Dr Dre sample Charles Aznavour, Brice Miclet décortique avec passion 100 morceaux de rap, principalement issus du répertoire américain. Incontournables ou méconnus, chaque échantillon est remis dans son contexte − à la fois politique, culturel et social − de production ou d’emprunt, faisant de cette anthologie de 40 ans de slamping hip-hop une savante leçon d’histoire. Fourmillant d’anecdotes savoureuses, Sample ! est un excellent moyen de revisiter certains classiques et d’en découvrir de nouveaux. Mais c’est avant tout une plongée dans le vaste spectre des musiques de la seconde moitié du XXe siècle et donc un livre à mettre en toutes les mains, amateurs du genre comme mélomanes curieux.

« Il existe beaucoup de préjugés sur le hip-hop. L’un d’eux serait que cette musique soit née de la contestation, d’un mouvement social. C’est à nuancer. Ce qui a construit le genre, c’est sa capacité à absorber, par des procédés artistiques, techniques et technologiques, les autres styles musicaux, via le sampling. C’est dans son ADN, et ce livre tend à le montrer. »
Brice Miclet, Sample !

Ce que le sample raconte d’abord du hip-hop, c’est qu’il s’agit d’une musique érudite, ouverte à toutes les autres. Dans la première moitié des années 1970, les pionniers du rap (DJ Kool Herc, Bambataa ou Grandmaster Flash) pillent les répertoires de leur époque (soul, funk, rhythm and blues) pour chercher les meilleurs breakbeats et faire danser les B-boys. Puis à la fin des années 1980, les innovations techniques aidant, le hip-hop s’ouvre à d’autres genres. En 1986, par exemple, License to ill des Beastie Boys, le premier disque rap à s’être hissé à la tête des charts US, fait la part belle au sample rock. Avec lui, le label Def Jam marque l’histoire du hip-hop « en propulsant sa recette dans toutes les radios : un pont entre public rock et public rap, incarné par ses deux créateurs, le fan de punk-rock, Rick Rubin, et le gosse du Queens, Russels Simmons ». « Rhymin’ & Stealin », le premier morceau de leur album, s’ouvre sur la batterie de « When The Levee Breaks » de Led Zeppelin, « l’un des motifs rythmiques les plus connus du rock’n roll ». Par la suite, il deviendra l’un des breakbeats les plus utilisés dans le hiphop. On le retrouve notamment sur « More Beats + Pieces » (qui rassemble pas moins de 20 samples différents) du duo anglais Coldcut, fondateur du label Ninja Tune.

Dej Jam, Ninja Tune ou encore Death Row… le livre raconte l’histoire de labels mythiques, de producteurs talentueux (Marley Marl, The Bomb Squad, Erik B et Rakim, RZA, DJ Premier, Q-Tip, Pete Rock, Madlib, Kanye West..) mais aussi celles de l’évolution des machines (boîtes à rythmes, échantillonneurs, synthétiseurs) qui ont permis de démocratiser le sampling et d’en faire « l’ADN » du hip-hop.

L’ouvrage de Brice Miclet regorge aussi d’histoires sombres, faites de procès retentissants, notamment lors de l’émergence du mouvement dans les années 1970–1980. La pratique du sampling a beau avoir donné certaines des plus belles pépites du genre, elle n’en reste pas moins un vol. Un “vol bienveillant”, comme aime le qualifier l’auteur – mais un vol quand même. Si bien que les batailles judiciaires pour violation de droits d’auteur ne manquent pas. Le sample a en effet traversé ces trente dernières années en faisant face à la défiance des artistes samplés et à un arsenal juridique de plus en plus contraignant ; à commencer par l’application du Fair Use Act et au développement des systèmes de clearance, astreignant les beatmakers à reverser des royalties aux artistes samplés. À tel point que certains hits n’ont parfois été générateurs d’aucun profit, à l’image de « Can I Kick It ? » (1990) produit par Q-Tip. Un morceau « qui propulsa A Tribe Called Quest vers les cimes du hip hop » en samplant la ligne de basse de « Walk On The Wild Side » (1972). D’après Brice Miclet, Lou Reed aurait dit : « Vous pouvez l‘utiliser mais j’empoche tout dessus ».

Idem pour « I’ll Be Missing You » (1997). Sting, bassiste-chanteur de The Police et détenteur de l’intégralité des droits de « Everyth breath you take » (1983) a demandé 100% des royalties à Puff Daddy qui aurait « oublié » de lui en demander l’autorisation. On s’amuse de découvrir que les deux autres membres de The Police n’ont pas touché un centime de ce sample là, alors que c’est la guitare d’Andy Summers qui était samplée. Brice Miclet rapporte qu’en 2000, les membres de The Police donnent leur première interview commune en quinze ans au magazine Revolver. lls discutent tous les trois et Stewart Copland, le batteur, dit : « Andy, tu devrais te lever et dire « Moi je veux tout l’argent de Puff Daddy. Parce que ce n’est pas une chanson de Sting qu’il a utilisé, c’est mon putain de riff (..) Sting, tu vis dans ton palace en Toscane. Tu peux m’en acheter un en Italie à moi aussi ? Avec les retombées du single qui a été le plus longtemps en tête des charts dans l’histoire de la radio ? » Et Sting répond : « Non, je n’ai pas de château. En Toscane on appelle ça un palazzos… si tu veux je te prêterai une chambre. »

« I’ll Be Missing You » de Puff Daddy est un hommage à son poulain et ami The Notorious B.I.G., assassiné en 1997, à 24 ans. Un titre, qui montre aussi que le sampling hip-hop peut être motivé par d’autres raisons que celles purement musicales : « Donner un sens discursif à son sample est une pratique qui est arrivée dans le hip hop au cours des années quatre-vingt-dix (…) C’est lorsque le rap s’est défait de sa stricte image de musique sur laquelle on peut danser que les thèmes ont explosés en son sein et que les origines du sample sont devenues plus variées. »

Le morceau samplé peut alors inspirer le titre hip hop comme « The Big Payback » d’EPMD (1989) qui reprend « The Payback » (1973) de James Brown ou « Hard Knock Life (Ghetto Anthem) » de Jay-Z (1998) qui sample « The Hard-Knock Life » de la bande originale de la comédie musicale Annie (1982). Les extraits choisis viennent aussi souligner les opinions du groupe. To the East, Blackwards (1990), le premier album du très politique X-Clan, est « un brulot, une mise en pratique de mois, voire d’années de militantisme et contient plusieurs références à leur combat » pour la liberté et l’unité. On y retrouve des extraits de discours de Malcom X (sur « Raise the Flag ») ou de Fela Kuti, activiste acharné de la cause panafricaine et défenseur des droits de l’homme (sur « Grand Verbalizer, What time is it ? »). L’extrait samplé de « Sorrow tears and Blood » (1977) est court – le « Ey-yah » scandé par les choristes au milieu du morceau, mais le symbole est fort.

Le sample peut aussi entrer en résonnance avec le texte rappé. Comme sur le titre « Road to Zion » de Damien Marley feat Nas (2005) qui sample le début de « Russian Lullaby » (1958). Chanté par Ella Fitzgerald, ce morceau et été écrit par un émigré Russe, le parolier Irving Berlin. « Russian Lullaby c’est la chanson du souvenir du pays natal, celle qui lui dit qu’il y aura toujours une Volga ou une berceuse russe pour lui à son retour. C’est une ode au paradis perdu. (…) Sur son titre Damien Marley chante Babylone. Encore une histoire de paradis perdu. Non seulement le sample est marquant mais il établit une connexion entre le déracinement d’Irving Berlin et la quête d’un monde meilleur de Damien Marley ».

Principalement focalisé, on l’a dit, sur les productions américaines – « ce livre met en avant des innovations, des histoires, et des techniques inédites du sampling… et les Américains ont inventé beaucoup de choses » – certains architectes français du son (et la France en compte beaucoup) sont toutefois présents. DJ Mehdi, notamment, qui a tant contribué au succès du 113 – ici pour « Tonton du Bled » et son sample de « Harguetni Eddamaa » d’Ahmed Wahby, maître du El Asri, genre musical typiquement oranais. On croise aussi une figure des musiques contemporaines méconnue du grand public et que les producteurs n’ont eu cesse de convoquer. Le pianiste, compositeur et arrangeur né en 1947, Alain Mion, qui a débuté sa carrière en fondant le duo jazz soul Cortex. Leur premier album, Troupeau Bleu a refait surface en 2004 lorsque MF Doom en a samplé un titre. Ce même album sera ensuite échantillonné par Tyler The Creator, Wiz Khalifa, Fat Joe ou encore récemment Damso sur « Amnésie » (2016). Mais selon l’auteur, le titre « Mural » de Lupe Fiasco (2016) qui reprend lui aussi « Chanson d’un jour d’hiver », « est sûrement l’une des plus belles réussites musicales nées de cette récupération tardive de Cortex ».

Sample ! Aux origine du hip-hop est la preuve, s’il en fallait une, que le sample n’est pas un art caduque ou désuet, réservé aux « puristes » mais une pratique encore très actuelle. « Le sample n’est pas mort » clame haut et fort Brice Miclet : « il est seulement devenu une corde de plus à l’arc de nombreux jeunes producteurs émergents, un outil supplémentaire convoqué non plus dans un esprit de nécessité, de compétition ou d’innovation, mais dans une volonté purement musicale et artistique. N’est-ce pas, au fond, ce que les producteurs hip-hop ont toujours recherché ? »

Retrouvez cet article sur le site de Pan African Music

Pan African Music 21 février 2018

- Interview - L'histoire du rap à travers le sample

Brice Miclet publie Sample ! Aux origines du son hip-hop. Un bouquin qui retrace l’histoire de cette culture à travers le sample. Des inspirations discos au hip-hop engagé en passant par le rap-business, on a essayé de comprendre l’ADN de cette culture.

Belleville, Paris 19e – À le voir attablé en terrasse avec sa pinte de bière, sa veste de cuir et ses cheveux grisonnants, on l’imagine plutôt rockeur. Pourtant, en matière de hip-hop, Brice Miclet en connaît un rayon. Le journaliste musical qui collabore notamment avec Trax, les Inrocks et Slate signe son premier livre entièrement dédié au sample. En pillant ces échantillons musicaux à toutes les cultures musicales, ces musiciens ont donné naissance à l’un des styles musicaux les plus riches et les plus importants de notre époque et redéfini les principes de la composition musicale. A travers les samples, l’auteur nous fait découvrir des artistes oubliés ou trop peu connus et parcourt les ponts dressés entre le hip-hop, la soul, le jazz, le rock, la musique tibétaine ou encore Charles Aznavour.

Pourquoi avoir attaqué le hip-hop sous l’angle du sample ?
J’ai une culture hip-hop à la base, mais je m’intéresse à toutes sortes de musiques à côté depuis longtemps. Le lien entre le hip-hop et les autres genres, c’est le sampling. Ça ouvre de nombreuses portes : la musique de films japonais, des artistes, des morceaux ou des labels, c’est un sujet très “littéraire”. En plus il n’y avait rien d’écrit sur le sujet en France. C’est dommage dans la mesure où ça a pris une place importante dans les productions musicales aujourd’hui.

Pourquoi il y a si peu de livres sur le rap en France. C’est parce que ce genre est plus développé aux USA ?
Il est très développé en France aussi, on est le 2e pays en terme de marché. A une époque en France, on avait du mal à s’adapter aux nouveautés musicales. Ça restait underground très longtemps. On a une sorte de traditionalisme, dans tous les domaines. C’est des cultures différentes, et ça se ressent dans la manière dont on aborde le hip-hop.

Dans ton livre, il n’y a que quatre exemples francophones. C’était une volonté de ta part ?
Je voulais me concentrer sur le rap américain, parce que c’est là que les grandes innovations techniques et technologiques sont apparues. Chez nous, il y a L’école du Micro d’Argent d’IAM qui, pour le coup, est vraiment balèze. Ils ont samplé des musiques traditionnelles argentines. Très peu de gens ont fait ce qu’ils ont fait au niveau du sample, même aux États-Unis. Le Wu-Tang a samplé des films mais pas des musiques traditionnelles comme IAM.
Le hip-hop anglais sample beaucoup aussi. Dans les années 80, 90, il y avait énormément de sample en France. Par contre, chez nous, on a une culture du beatmaking qui est vraiment incroyable. Même quand le rap fait un peu défaut, les prods ne déçoivent jamais.

Le hip-hop à ses débuts réarrangeait souvent des tubes disco. Pourquoi une telle affinité avec cette culture ?
C’est une musique de DJ à la base. Il passe de la musique qui fait danser les gens. C’est en grande partie le disco mais c’est aussi toutes les musiques groove, funk avec James Brown par exemple. Le hip-hop s’est construit autour de cet héritage musical. Si on écoute les premiers DJ, comme SugarHill Gang, GrandMasterFlash, Curtis Blow, ça danse ! D’ailleurs le break dance fait partie des quatre piliers de la culture hip-hop avec le Djeeing, le Mceeing et le graff. Ensuite Public Ennemy a apporté un discours différent. Mais très rapidement c’est devenu autre chose, avec l’explosion de Def Jam [label de musique fondé par Russel Simmons et Rick Rubin, ndlr].

Qu’est ce qui a fait passer le hip-hop de culture underground à produit mainstream ?
C’est la culture américaine, tu prends quelque chose d’underground et tu en fais un truc mercantile. Ils l’ont fait très tôt, dès 1978. C’est Sugarhill Gang qui, les premiers, en ont fait un produit et un business. Les radios aussi ont joué un rôle énorme au début du hip-hop. Aux USA, elles ont un importance monstrueuse. Chez nous, c’est Radio Nova qui a contribué au lancement.

Malgré les fractures sociales aux États-Unis, les morceaux qui marchent le mieux aujourd’hui sont peu engagés. Pourquoi ?
L’engagement, aujourd’hui, est moins frontal. A un moment le hip-hop, c’était les indiens contre les cowboys, et aujourd’hui c’est le quotidien des indiens dans la réserve. C’est une autre forme d’engagement. Ce sont les mêmes problèmes qui sont abordés, mais sous un autre angle. Et ce n’est plus seulement des mecs de cité qui rappent.
En plus, le hip-hop n’a pas toujours été engagé. Le West Coast, le G-Funk, au début, ce n’était pas du tout engagé, contrairement au rap new-yorkais. Au final, il y a très peu d’artistes qui ont fait changer quelque chose par leur engagement. Le combat était perdu d’avance donc les générations d’après ont voulu se démarquer de ça et faire autre chose.

Le hip-hop est profondément lié à la culture afro-américaine, et les blancs qui rappaient ont souvent été critiqués. Qu’est-ce que tu réponds aux gens qui ont encore ce discours ?
Le problème blanc-noir est différent aux États-Unis et en France. Chez nous aujourd’hui il y a quand même un petit souci de représentativité, parce que les rappeurs blancs sont vachement mis en avant. Orelsan, Vald, Nekfeu, dès qu’ils lâchent un truc, tout le monde trouve ça génial. C’est les gendres idéaux du rap. Je suis pas sûr qu’un jour, un noir sera considéré comme un gendre idéal.

Pourquoi ?
On n’a pas la même manière de s’affirmer en tant que noir aux États-Unis qu’en France. Si tu t’affirmes en tant que noir en France, ça va gueuler. Aux États-Unis, la musique afro-américaine est beaucoup plus explicitement séparée. La Motown, label musical noir pour des noirs a joué un rôle important là-dedans. Il y a même des « Charts noirs », ce qu’on n’a pas en France. Donc c’est beaucoup plus normal de s’affirmer comme musicien noir aux USA.

Musicalement, est-ce que la France a encore du retard sur les Etats-Unis comme on l’entend souvent ?
On dit toujours que la France a 10 ans de retard, c’est complètement faux. Le hip-hop a une telle importance et il y a une telle soif de nouveauté que ça va très vite. Si on écoute les premiers Solaar et ce qui sortait en 1991 aux États-Unis, il n’y avait pas des différences énormes.

L’arrivée de PNL dans le paysage musical français a marqué un tournant. Qu’est-ce que tu penses de ce duo ?
Il y a quand même du fond chez PNL malgré ce que peuvent dire leurs détracteurs. Rien que dans leurs clips, ils racontent quelque chose. Dans les années 2000, on a eu une vague de singles d’artistes français qui ne voulaient rien dire. C’était des chansons d’amour avec des meufs qui chantaient le refrain ou des égo-trips, et ça ne dérangeait personne qu’il n’y ait pas de fond. Les personnes qui critiquent PNL, c’est ceux qui écoutaient ça à l’époque. PNL, ils sont dans un exercice de style différent. On est peut-être un peu moins dans la technique et plus dans de l’ambiance.

Ces dernières années, le rap français a été dominé par la trap. Est-ce que ça va continuer longtemps ?
Le rap français est beaucoup plus varié que ce qu’on croit au niveau des prods. Mais aujourd’hui les gens font moins la différence entre les différentes instru. Vu que la MAO [musique assistée par ordinateur] a gommé les imperfections, on reconnaît peut être moins facilement les styles d’instru. On réunit tout sous la trap alors qu’il y a une grande diversité. Mais je ne pense pas qu’il y ait une volonté de retour en arrière. Le rap aujourd’hui se tourne vers l’avenir.

C’est quoi tes artistes hip-hop du moment ?
J’écoute pas mal de hip-hop anglais comme Sam Wise, et son morceau Lizzie. J’écoute aussi le groupe House of Pharaohs qui est vraiment mortel, ou Slowthai. C’est tous des mecs de Londres, et j’adore la manière dont il rappent avec l’accent anglais. Stormzy a changé pas mal de choses, avec lui il y a eu un retour du grime. D’autres artistes comme Kekra ont rendu hommage à l’Angleterre, et ça a amené un public vers les rappeurs anglais.

Et au niveau français et américain ?
Du côté américain : 21 savage, le dernier Migos. Et en France : Kekra, O’Boy dont l’album va bientôt sortir. Un de mes groupes préférés en France c’est Triplego, avec des prod cloud, très vaporeuses. Ça ne marche pas encore super fort pour eux, peut-être c’est un peu trop vaporeux pour le public mais moi j’adore. J’espère que leur prochain EP va marcher.

Retrouvez l’interview sur Streetpress

Maud Margenat
Streetpress 15 mars 2018

- Le sample de ses débuts dans les années 70 à aujourd'hui

« Je suis le plus samplé, le plus volé. Ce qui est à moi est à moi, et ce qui est à vous est à moi aussi », a déclaré James Brown, le 12 juin 2006, dans un entretien accordé au Rolling Stone Magazine.
En référence à Sample! Aux origines du son hip-hop, le livre du journaliste Brice Miclet, Hortense Volle propose une spéciale retraçant l’histoire du hip-hop à travers le sample, de ses débuts dans les block party du Bronx des années 70, à l’utilisation qui en est faite aujourd’hui par les rappeurs Future ou encore Kendrick Lamar.

À écouter sur rfi

Claudy Siar
rfi Musique 23 mars 2018

- Interview de Brice Miclet - "Le sampling n'est pas mort"

Le journaliste musical d’origine rennaise Brice Miclet a publié « Sample ! » (éd. Le Mot et le Reste). Au travers de nombreux morceaux cultes (ou pas) et des anecdotes qui y sont associées, on découvre, page après page, une autre histoire du hip-hop, par le prisme du sampling. Entretien.

Comment définir le sampling ?
Le sampling, techniquement, c’est le fait de reprendre, de détourner une empreinte sonore pour faire un autre morceau. Ça peut être une boucle assez longue, ou même très courte. Il y a des variantes, comme le replay, qui consiste à faire rejouer en boucle, par des musiciens, un extrait qu’on a échantillonné d’un autre morceau. Là on parle de sampling virtuel. Le scratch aussi, c’est du sampling virtuel.

Comment a évolué le sampling au cours de son histoire ?
Le sampling naît vraiment en 1984, avec le producteur Marley Marl. L’évolution, par la suite, est liée à la technologie. C’est elle qui ouvre à d’autres manières de sampler. Le temps d’échantillonnage contenu dans les appareils utilisés par les producteurs augmente au fil des ans. Aujourd’hui, il est infini, grâce à la MAO (musique assistée par ordinateur, NDLR).

Le nom de Marley Marl, moins connu que Kool Herc, Afrika Bambaataa ou Grandmaster Flash, revient beaucoup au début du livre…
Normal, c’est le plus important. Les premiers DJ de hip-hop, Grandmaster Flash, Bambaataa, etc., ce sont les gars qui initient la culture hip-hop musicale, mais ce sont des DJ. Marley Marl, c’est un excellent ingé son. C’est le premier qui va échantillonner chaque élément d’une batterie, qui va les rentrer dans une boîte à rythmes et qui va les rejouer comme il veut. C’est le point de départ, c’est une révolution. Marley Marl a aussi une importance par la suite : il a eu un collectif, le Juice Crew, majeur en termes de ventes dans les années 80 à New York. Il a fédéré beaucoup d’artistes majeurs, il est devenu une légende.

La démarche du livre, c’est de raconter le sampling au travers d’exemples concrets : un morceau toutes les deux pages. Pourquoi ce choix ?
Déjà, ça a été hyper difficile de choisir les morceaux. J’ai passé des nuits à revoir la liste, à écouter des sons, etc. Je voulais faire un panorama qui part de 1979 et qui va jusqu’à aujourd’hui. J’ai essayé d’équilibrer les périodes, mais fatalement, il y a plus de morceaux des années 90, car c’est l’âge d’or du sample. Je voulais montrer que les artistes écoutés par la jeune génération s’inscrivent dans une tradition musicale. Je voulais aussi montrer que le hip-hop avait samplé de tout. Parmi les artistes samplés, on trouve des Russes, des Colombiens, des Kenyans, etc.

Lire l’intégralité de l’interview sur le site du Télégramme

Emmanuel Saussaye
Le Télégramme 2 avril 2018

- Rencontre avec Brice Miclet, Digger de Samples

Après une nuit agitée, au Hangart, dans le cadre de la promotion de son premier livre Sample : aux origines du son hip-hop, c’est dans un bar à Pigalle que je retrouve Brice Miclet. Auteur et journaliste pour Slate – et depuis peu Konbini – Brice nous a accordé un entretien pour évoquer son premier ouvrage paru aux éditions Le mot et le reste, le 18 janvier.

Pourquoi as-tu décidé d’écrire sur ce sujet en particulier ?
J’ai toujours été fan de hip-hop, même si ma curiosité m’a portée vers une multitude de styles de musique dont le jazz, les musiques jamaïcaines, ou encore le rock. Pour moi, le sampling fait un pont entre l’ensemble de ces cultures et musiques-là.

As-tu eu un élément déclencheur dans ta vie, où un fait particulier qui t’a poussé à écrire ?
Disons que cela faisait deux ans que le projet était dans les tuyaux et c’était corrélé avec mon activité journalistique puisque j’écris un certain nombre de papiers sur la musique au sens large. En plus, il y avait très de peu de « littérature » sur le sampling en France, je me suis aussi dit qu’il fallait donc se lancer et ouvrir une brèche. Surtout que nous sommes à un moment en France, et même plus globalement en Europe, où le hip-hop explose ! Puis surtout, il y a cette idée que le sampling n’est pas un vestige du passé, mais que le son que l’on écoute aujourd’hui est nourri de références musicales passées, et qu’il y a donc une dimension historique très forte.

Pourquoi avoir choisi la maison d’édition Le mot et le reste ?
Je connaissais déjà Le mot et le reste qui est une maison d’édition marseillaise, réputée pour propulser les jeunes pousses écrivaines et qui édite généralement un gros volume d’ouvrages sur la musique. Qu’il s’agisse de musique dite « savante » ou des musiques plus actuelles. Ils sont très actifs, et sur une année, ils ont à peu près sorti une quinzaine de bouquins – dont un livre sur l’anthologie du rap new-yorkais New York State Of Mind : une anthologie du rap new-yorkais – donc c’était assez spontané de collaborer avec eux vu leur positionnement !

Comment la maison d’édition a travaillé avec toi sur le projet ?
On a défini un cadre, il a fallu faire un certain nombre de recherches, lire des bios et surtout faire du tri. Même si évidemment, le côté cool c’est que tu ne fais qu’écouter de la musique les trois quarts du temps. Au départ j’avais fait une liste assez fournie qui comprenait notamment trois titres de Gang Starr, trois autres de Dr. Dre et quand tu as des pépites comme celles-ci, c’est difficile de se rationner et d’affiner ta sélection (…) Or là, il a fallu que je fasse cet exercice et que je me limite à un titre par artiste, et c’était en partie la difficulté. C’est vrai que sur le coup je me suis dit « Attendez les gars, c’est comme si vous me demandiez de faire une anthologie du jazz, avec un seul titre de Miles Davis, ça n’a pas de sens » (rires). Et finalement ça a été un mal pour un bien, car ça t’oblige à ouvrir ton scope et te diversifier ; et à porter ton dévolu sur d’autres artistes que tu n’aurais pas nécessairement mis en avant.

Dans le cadre de ce projet d’écriture, j’imagine que tu as rencontré des producteurs, si oui lesquels ?
Oui, j’ai rencontré Sully Sefil, des gars de Rap Olympics. Après c’est avant tout un long travail de recherches. Mais là, où il y avait une difficulté aussi, c’est que j’ai choisi de me concentrer sur le rap américain et que bien souvent on te demande de la thune de manière assez implicite dès que tu veux rentrer en contact avec des artistes US.

Y-a-t-il un second bouquin en gestation ?
Déjà je vais me remettre du premier (rires) et attendre que la promotion soit passée ! C’est du boulot, ça a dû me prendre un an et demi, en m’y mettant à fond entre août et octobre. Dans l’idéal, mon deuxième bouquin sera très certainement une biographie d’un rappeur (…) je ne sais pas encore lequel. Peut-être un bouquin sur le sample dans le rap français, mais je pense que ça serait un peu un sujet de niche, et je ne suis pas sûr qu’il y ait une audience suffisamment large pour ça.

As-tu deux/trois artistes de hip-hop pour lesquels tu as une admiration particulière ?
Pff, il y en a plein. Dernièrement, j’ai bien aimé le dernier album de Grems (Sans titre #7), je suis fan aussi de Jay Prince.

Tes titres samplés phare ?
J’aime beaucoup “My Mind Playing Tricks On Me” de Geto Boys et “Hung Up On My Baby” de Isaac Hayes dont je parle dans le bouquin. Dernièrement, celui qui me plaît beaucoup, c’est le titre samplé de Billy Paul “How Good Is Your Game” sur le titre “YAH” de Kendrick Lamar, finalement il n’y a que deux notes utilisées sur le titre original mais en plus l’effet reverse fait un effet de ouf ! Il y a aussi “Mamacita” de Travis Scott, où c’est le titre de Bobby Bland’s “If Loving You Is Wrong” qui est samplé.

Un prochain concert de prévu ?
Kendrick évidemment !

Et sinon, les prochains projets ?
Bientôt le festival Hip Opsession à Nantes le 5 mars ! Ils organisent une table-ronde « parlons sampling » et je ferai également la promotion de mon bouquin. Mais grosse pression, aussi parce qu’il y aura Lord Funk. Il y a Gracy Hopkins, Infinit, bref la programmation est cool. Sinon, je suis jury dans le tremplin Bretagne de Buzz Booster, et ça fait 3 ans maintenant que je suis dans l’aventure. C’est une super expérience, et un bon tremplin pour les jeunes talents.

Pour en savoir plus sur le livre de Brice Miclet, on vous invite à lire notre article sur Sample ! Aux origines du son Hip-Hop.

Retrouvez l’article sur Backpackerz

Djuls
The Backpackerz 14 mars 2018

- Le Son d’Alex - Aux origines du Hip Hop

Depuis plus de quarante ans, le sample, cette technique consistant à prendre un échantillon d’une musique existante pour en créer une autre, inonde toutes les musiques modernes d’aujourd’hui, Alex nous en explique l’origine…

À moins de végéter depuis des lustres sur une île déserte, impossible d’ignorer l’impact du sampling sur la musique moderne. Indissociable du hip-hop, cette technique de collage est analysée par le journaliste Brice Miclet, dans « Sample ! Aux origines du son hip-hop », sorti aux éditions Le mot et le reste.

Ce livre raconte comment des musiciens de la fin des années 70, ont, en allant piller les musiques qui les entouraient, donné naissance au hip hop et redéfini le principe de composition musicale (l’unité devenant le fragment et non plus la note), quitte à se frotter aux avocats et à provoquer de retentissants procès.

Visionnez la chronique sur le site de France 2

Alex Jaffray
France 2 // Télématin 19 mars 2018

- Interview de Brice Miclet - Aux origines du sample dans le rap américain

À l’occasion de la sortie de son premier livre “Sample ! Aux origines du son hip-hop” sorti chez Le Mot et le reste, nous avons rencontré Brice Miclet pour parler de l’utilisation du sample dans le hip-hop. Une interview fleuve autour de l’échantillonnage, parsemée d’anecdotes et de références et éditée pour plus de clarté.

Bonjour Brice. De la musique concrète aux expérimentations dub de Lee Scratch Perry, de nombreux courants musicaux ont utilisé l’échantillonnage à différentes époques… Est-ce que tu peux nous présenter comment t’es venu cette idée de réaliser un livre autour du sample, et plus particulièrement focalisé sur son utilisation dans la musique rap ?
Déjà, c’est un attrait personnel pour le rap, pour le hip-hop américain. Je me serai bien intéressé à tout le sampling depuis ses débuts, j’ai même hésité à revenir à la notion de thèmes dans la musique. Mais il fallait vraiment cibler sur le hip-hop sinon j’allais perdre les gens. Il n’y avait quasiment rien d’écrit sur le sampling, y compris technologiquement, quelques études universitaires mais pas grand chose d’autre… Il y avait un creux. Au vu de ma passion pour le hip-hop et pour les autres styles de musique, c’était finalement assez logique de s’intéresser au sampling, vraiment axé hip-hop. Parler du rap américain c’est parce que c’est le berceau et mon goût personnel est plus orienté vers le rap US. Les innovations technologiques et techniques liées au sampling ont été faites dans le rap américain principalement. Globalement, c’est un choix assez arrêté.

Tu listes dans ton livre un grand nombre de samples, allant des débuts du hip-hop jusqu’à 2017. Comment s’est réalisé cette sélection de samples, quels ont été tes critères de choix ?
Tout d’abord, il y avait une volonté de représenter toutes les époques, de faire un panorama au niveau chronologique. C’est important de montrer qu’il n’y a pas que le “vieux hip-hop”, le “golden era”, qui ont samplé, mais également de montrer qu’aujourd’hui le sample n’est pas mort.
Plein de choses sont entrées en jeu, notamment le fait de ne mettre qu’un sample par artiste sampleur a été assez important. C’est un deal avec la maison d’éditions qui fait ça dans toutes leurs anthologies. Au début, je me suis dit que ça allait être compliqué et je me suis retrouvé obligé d’enlever des trucs trop bien, des Nas, plusieurs Dr Dre… Finalement c’était un mal pour un bien car je me suis retrouvé à parler de choses dont je n’aurai sûrement pas parlé, des choses comme Jedi Mind Tricks, Pacewon & Mr. Green… Il fallait aussi trouver un équilibre dans les artistes samplés. Il fallait parler de la soul et du funk, de la musique noire américaine des années 60/70 qui a été la base de la musique samplée. Il fallait aussi montrer le sample comme un truc qui touche vraiment à tout, trouver des samples qui venaient d’un peu partout, de tous les continents, de pays différents, de scènes différentes, d’époques différentes. C’est une suite d’équilibres à trouver et c’était le plus long à faire durant la préparation du bouquin. En terme de réalisation, le livre m’a pris un an et demi dont environ un an et trois mois à me documenter sur le sujet, à faire des listes, des tableaux de samples par année, à retirer des samples, à en ajouter, etc. Et ensuite dans le dernier rush, écriture à fond durant trois mois.

Comment définirais-tu un “bon sample” ? Quelles en seraient ses caractéristiques d’après toi ?
C’est compliqué comme question ! En fait, je n’ai pas vraiment de réponses car il y a plein de manières différentes de sampler. Je ne vois pas vraiment le sample comme un truc à part, comme une sous-discipline. Un bon sample c’est ce qui donne un bon morceau tout simplement. Après il y a des samples que je trouve pourris : des samples ultra grillés, avec juste la boucle de deux mesures à la Puff Daddy. C’est moins intéressant. J’aime plus les trucs à la Stones Throw que je trouve plus intéressant techniquement. Un bon sample c’est juste un bon morceau de hip-hop avec un sample dedans. Un mauvais sample, c’est juste un truc trop facile qui devient trop proche de la reprise.

Dans l’introduction de ton livre, tu parles de la SP-1200 comme machine ayant joué un rôle central dans le sampling : peux-tu nous en dire plus ?
Pour plusieurs raisons : tout d’abord elle est devenue abordable à un moment pour les gens. Un sampleur restait cher et pouvait coûter plusieurs milliers de dollars à une époque. Pas beaucoup de gens possédaient le SP-1200 en 87/88. Mais quand même, c’est ce qui a permis de sampler facilement. Le son hip-hop a changé tout de suite, de façon rapide. Il faudrait poser la question à des beatmakers qui seraient plus à même de répondre techniquement, mais il y a vraiment un grain de la SP-1200 qui a ensuite été reproduit dans d’autres sampleurs. Voila pourquoi cette machine a joué un rôle clé. Elle a également un temps d’échantillonnage plus long que la SP-12 sortie avant. Cela a aussi permis de faire d’autres choses. Il y a des petites techniques qui sont expliquées dans le livre qui ont été utilisées par les producteurs pour apprivoiser un sample, notamment en enregistrant un sample accéléré puis en le dépitchant dans le sampleur. Cela a façonné le son hip-hop et la manière de sampler.

De DJ Premier à Metro Boomin, le sampling semble être devenu un procédé de création musicale relativement banal dans la musique aujourd’hui. Dans ton livre, tu évoques cependant différentes techniques et évolutions en fonction notamment des époques (merry go round, chopping, etc.)... Comment t’es-tu documenté sur ces différentes techniques ? As-tu eu l’occasion d’en discuter avec des producteurs ? Qu’est-ce qui selon toi explique cette évolution des techniques utilisées ?
D’abord, je lis beaucoup de livres sur la musique. C’est aussi pour cela que j’avais envie d’écrire ce livre. Pour moi tu ne peux pas écrire un livre sur la musique sans lire les autres livres sur la musique, c’est inconcevable. Il y a eu, entre autres, les bouquins d’Amir Said, The Art Of Sampling et surtout The BeatTips Manual qui sont un peu des bibles là-dessus, très techniques. La réflexion est vraiment axée sur le processus créatif du beatmaking même s’il ne raconte pas vraiment d’histoires. Après, Internet et toutes les interviews vidéos de producteurs qu’il peut y avoir sur les sites de hip-hop américains, les vidéos de Red Bull Music Academy que je trouve vraiment mortelles… Quand on s’intéresse à la technique de production hip-hop, même de musique électronique, c’est vraiment indispensable, qualitatif. L’interview de Marley Marl qui invente le sampling moderne, est une mine d’informations, bourrée d’anecdotes. Des livres, des interviews d’artistes et puis j’ai également discuté avec quelques producteurs : Coldcut, The Olympicks, Sully Sefil qui a produit pour NTM entre autres…
Après, c’est la technologie qui change la manière de sampler et le fait de sampler mène aussi à de nouvelles technologies. Les entreprises ont commencé à prendre conscience à ce qui se faisait dans le hip-hop et à adapter leurs produits à la musique qui était produite à cette époque-là. Le hip-hop est vraiment une musique qui est inscrite dans la technologie, c’est une musique électronique majoritairement. Donc oui, c’est la technologie qui explique cette évolution.

Retrouvez l’intégralité de l’interview sur Swampdiggers

Tis
Swampdiggers 27 février 2018

- Chronique de Sample!

Juliette Arnaud chronique le livre de Brice Miclet en musique dans l’émission “Par Jupiter !” de Charline Vanhoenacker et Alex Vizorek.

Une chronique à réécouter sur le site de France Inter

Juliette Arnaud
France Inter // Par Jupiter ! 20 février 2018

- Sample!

À moins de végéter depuis des lustres sur une île déserte, impossible d’ignorer l’impact du sampling sur la musique moderne. Indissociable du hip-hop, cette technique de collage est analysée par le journaliste Brice Miclet. Particulièrement éclairante, l’introduction puise aux fondements du genre avec DJ Kool Herc, inventeur du merry-go-round (merci James Brown) et plus généralement du breakbeat. Liées à l’apparition des boîtes à rythmes, les méthodes d’échantillonnage sont soigneusement décrites. Tout comme les différentes générations de samplers. Toutefois l’intérêt principal du livre réside dans la sélection discographique, soit une centaine de morceaux rap et autant de samples. L’auteur rappelle ainsi que le légendaire « Planet Rock » d’Afrika Bambaataa ne repose pas sur un extrait littéral du « Trans-Europe Express » de Kraftwerk, mais bien sur une adaptation d’Arthur Baker. Et pourquoi « Buffalo Gals » de Malcom McLaren reste un puzzle sonore tristement formaté. Cas d’école, « Funky Drummer » de papa James est évoqué par le biais de Public Enemy, grâce aux travaux révolutionnaires de la Bomb Squad. Alors que l’imparable « Walk On The Wild Side » de Lou Reed renvoie A Tribe Called Quest à l’épineuse question du droit d’auteur… Si la scène rap hexagonale occupe la portion congrue, les anecdotes sont souvent touchantes. C’est le cas de ce prélude de Chopin recyclé maladroitement par NTM. Enfin la palme de la singularité est décernée à Jedi Mind Tricks qui transpose la Nordiste Edita Piekha, compositrice méconnue sous nos cieux mais égérie du bloc de l’Est. Prévert aurait adoré…

Télécharger le #46 de Starwax sur leur site

Vincent Caffiaux
Starwax #46 2e trimestre

- Interview - Le sample selon Brice Miclet, auteur d'un bouquin sur le sujet (pratique)

Dans son livre « Sample ! Aux origines du son hip-hop » aux superbes éditions Le mot et le reste, Brice Miclet explore l’histoire du sample sous un nouveau jour. On ne s’y intéresse ici pas uniquement d’un point de vue purement judiciaire ni technique. Que nenni. Le journaliste musique évoque cette tradition de collage à travers ses histoires, comme autant de contes urbains entre hip-hop, emcees, beatmakers et musiques du monde (entier). Alors, on lui a ouvert les guillemets.

LE sample – selon toi

Je dirais le sample de « All I Do Is Think Of You » des Jackson 5 par J Dilla sur « Time : The Donut Of The Heart ». Ça n’est pas un choix hyper original, mais c’est le parfait exemple d’un morceau soul qui me laisse complètement indifférent, et qui samplé sans pour autant être extrêmement modifié (c’est un sample bien grillé, quand même), devient un instrumental magnifique. Ça fait plusieurs années que j’écoute ce titre au casque tous les matins ou presque.

Le choix de sample le moins malin

Je pense que les exemples sont nombreux, mais qu’ils se situent au sein des grands procès de l’histoire du sampling. Il y a des fois où on se demande comment les mecs ont pu à ce point donner le bâton pour se faire battre. Quand DJ Quik sample la bande originale du film de Bollywood Jyoti pour en faire le titre « Addictive » de Truth Hurts, c’est hallucinant qu’il ne demande pas l’autorisation. Surtout quand on voit le budget mis sur l’album de Truth Hurts, ça allait quand même avoir pas mal d’écho… Evidemment, il y a eu un procès énorme, et ça a coûté à Truth Hurts sa carrière. Pour le coup, ça, c’est vraiment pas malin.

Le sample que tu as zappé

Il y en a une bonne centaine, mais puisqu’il faut choisir, je dirais celui de « A Day In The Life » de Les DeMerle samplé sur « Time’s Up » de O.C.. C’est une boucle de basse très simple, mais hyper bien boostée, qui donne une ambiance très ténébreuse au morceau. Je crois que je l’ai enlevé pour laisser la place à « 93 ‘Til Infinity » des Souls Of Mischief. C’est un mal pour un très bien.

Le sample que tu ajouterais à l’édifice

Il y en a deux : l’intro de « Skylark » de ce chanteur génial mais complètement oublié qui s’appelle Jackie Paris, et une autre intro, celle de « Am I A Good Man » de Them Two. Le titre de Them Two a déjà été samplé, mais mal, je trouve. La descente de basse, les choeurs fous, les grands coups de cymbales… Y’a un truc à faire, clairement. Ah, et si quelqu’un pouvait réussir à sublimer mon morceau de soul préféré, « I’ve Learned It All The Hard Way » de Howard Tate, je lui paye une bouffe. Mais ça va être dur de me séduire…

Le plus long chemin d’un original à un sample

Bonne question… Le problème, c’est qu’il y a toujours un replay à un certain moment, c’est-à-dire que le sample est rejoué par des musiciens ou refait avec des sons générés en MAO. Pour moi, ça enlève une étape. Par contre, des exemples où un titre sample un titre qui sample déjà un autre titre, à trois étages, disons, il y a en a pleins… J’aime beaucoup « In My Bed » d’Amy Winehouse qui sample « Made You Look » de Nas qui sample lui-même « Apache » d’Incredible Bongo Band. Mais des exemples à quatre étages qui soient intéressants musicalement et sans replay, je n’en connais pas.

L’artiste samplé le plus riche du monde

Paul McCartney, vu qu’il est l’artiste le plus riche au monde et qu’il a été samplé. Après, ceux qui sont vraiment devenus riches grâce aux samples, ce sont souvent des compositeurs de musique de films ou de générique radio et télé. David Axelrod, Alan Hawkshaw, etc. Ils ont touché énormément de royalties grâce au hip-hop.

L’artiste qui a le plus samplé

Pour rester dans des noms connus, et par le fait que sa productivité est gigantesque et que sa musique est basée sur le sampling, je dirais Madlib. Il a quatre tonnes de vinyles chez lui, ça lui fait pas mal de matière première.

Le sample qui te donne envie d’étrangler un lémurien

Sans hésiter, le sample de « Every Breath You Take » de The Police par Puff Daddy sur « I’ll Be Missing You ». C’est vraiment le type de morceau qui tue la magie du sampling. Déjà, c’est un morceau franchement naze, et en plus ça sample l’un des riff de guitare les plus connus de l’histoire. En fait, c’est juste une mauvaise reprise. Biggie ne méritait pas ça (la chanson est en son hommage).

Le type de musique qui n’a pas été samplé

C’est plutôt qu’à ma connaissance, il n’y a pas de style de musique qui n’a pas été samplé au moins une fois. Aujourd’hui les diggers sont absolument partout, tous les pays ont été visités… Je suis cependant assez surpris de voir le peu de samples cubains parmi les grands albums de l’histoire du hip-hop. Quand on sait quel vivier de dingue représente la musique enregistrée de ce pays, c’est assez surprenant…

Allez vous procurer le bouquin, vous aurez l’air moins con en soirée gangsta rap – Cognac. Ça peut aider.

Lisez la chronique chez Sourdoreille

Romain
Sourdoreille 14 février 2018

- "Sample!", l’essence du hip-hop par Brice Miclet

Brice Miclet et l’invité d’Émilie Blon-Metzinger et Luc Frelon pour Sous les Jupes de Fip, accompagné par le groupe pyché rock d’Istanbul Altın Gün en session live et le chanteur-guitariste de Glasgow Gareth Dickson.

Réécouter l’émission en podcast sur le site de FIP

Luc Frelon
FIP // Sous les jupes de Fip 12 février 2018

- Track ID - Interview de Brice Miclet

Brice Miclet se prête au jeu du Track ID à l’occasion de la sortie du livre. Une vidéo à revoir sur le site de Konbini.

À lire : Sample !, le premier grand livre à la gloire du sampling dans le hip-hop.

Disponible depuis le 18 janvier, Sample ! Aux origines du son hip-hop, le premier livre du journaliste musical Brice Miclet, retrace quarante ans d’histoire du sampling.

La littérature musicale est aujourd’hui si volumineuse qu’il est difficile de ne pas trouver son bonheur en librairie, y compris sur des sujets pointus ou très spécialisés. Il en est pourtant un, très important dans l’histoire du quatrième art, qui n’avait jusqu’alors jamais été traité.

Composante essentielle de la musique électronique et essence même du hip-hop, le sampling – l’échantillonnage qui consiste à reprendre des morceaux existants pour en créer de nouveaux −, est bel et bien absent du flot d’ouvrages spécialisés en la matière.

Constatant cela, Brice Miclet, journaliste passionné par le hip-hop, a pris le problème à bras-le-corps en écrivant un ouvrage des plus complets : Sample ! Aux origines du son hip-hop (éditions Le mot et le reste).

Paru aux éditions Le mot et le reste, cet ouvrage de 256 pages commence par une savante leçon d’histoire énumérant tous les types de samples, les techniques de sampling et les innovations technologiques qui se sont développées jusqu’à aujourd’hui.

Des évolutions cycliques faites de hauts et de bas, toujours remises dans leurs contextes politique, social et culturel. Si l’art du sampling ne fut d’abord maîtrisé que par une poignée de DJ, il s’est rapidement transmis jusqu’à arriver à la portée de nombreux artistes un tant soit peu diggers, faisant du hip-hop une musique à la richesse infinie.

Mais le sampling a aussi son lot de sombres histoires, faites de procès retentissants, particulièrement lors de l’émergence du mouvement dans les années 1970–1980. En effet, la pratique a beau avoir donné certaines des plus belles pépites du genre, elle n’en reste pas moins un vol, une spoliation égoïste des empreintes sonores issues du travail des instrumentistes. Un “vol bienveillant”, comme aime le qualifier Brice Miclet – mais un vol quand même, si bien que les batailles judiciaires pour violation de droits d’auteur ne manquent pas.

L’histoire du sampling en 100 morceaux

Une fois le décor planté, l’auteur nous embarque au cœur de son travail : un voyage en cent étapes dont chaque escale se concentre sur un titre samplé, à travers son histoire et de multiples anecdotes. Mais choisir 100 morceaux sur une période longue de quarante ans n’est pas une mince affaire, au vu des innombrables classiques que nous a offerts le hip-hop.

Pour pallier ce problème, Brice Miclet s’est donc montré ingénieux en choisissant de n’aborder qu’un sample par artiste. “Sinon on a vite fait de prendre 50 sons de Dr. Dre et 50 de DJ Premier”, s’amuse-t-il. Reste, une fois encore, à faire des choix pertinents.

“Comme toute liste, c’est très subjectif, mais j’ai voulu dépasser mes affinités. J’ai donc tenté de trouver un équilibre entre les périodes. Mais ce qui a fait la différence dans mes choix, ce sont surtout les anecdotes à raconter autour du sample en question.

Dans ma démarche, j’ai voulu aller bien au-delà d’un simple intérêt musical et aller au fond des choses – c’est forcément plus intéressant.”

Ainsi, du premier morceau de rap officiellement reconnu, “Rapper’s Delight” du Sugarhill Gang, à “Yah” de Kendrick Lamar, en passant par “What’s The Difference” de Dr. Dre (qui sample ce bon vieux Charles Aznavour), “California Love” de 2Pac, “Hard Knock Life” de Jay Z ou encore “Mask Off” de Future, ce sont donc 100 morceaux de rap américain et français, plus ou moins célèbres, qui sont décortiqués.

Sample ! Aux origines du son hip-hop est le bouquin idéal pour parfaire sa connaissance du hip-hop. Pour les mélomanes simplement curieux, il est aussi un excellent moyen de revisiter certains classiques (et d’en découvrir des nouveaux).

Jérémie Léger
Konbini 8 février 2017

- Sample ! Les derniers secrets du hip-hop

Pourquoi personne n’y avait pensé plus tôt ? C’est la question que l’on se pose en découvrant ces 100 histoires des samples les plus célèbres, ou les plus étonnants, de la culture hip-hop. Un livre érudit à glisser entre toutes les mains.
Si l’histoire du hip-hop ne se lasse point d’être contée, à grand renfort de beaux livres, de recueils d’images, d’autobiographies, de BD ou de séries télé, restait un pan essentiel qui n’avait jusqu’ici été exploré : la culture du sampling. Des sites dédiés, comme l’incontournable Whosampled, se proposent bien de cataloguer les innombrables ramifications que cette technique de production a engendrées. Mais aucune publication sérieuse ne s’était proposé d’en raconter les histoires, souvent délicieuses, qui se tapissent dans l’ombre de certains de ses plus célèbres emprunts. Le livre Sample ! Aux origines du son hip-hop, tout juste paru chez les éditions Le mot et le reste et écrit par Brice Miclet. Journaliste spécialiste de la musique pour diverses publications, dont Trax, répare enfin cet impair. En brisant quelques idées reçues au passage.
Le pionnier Afrika Bambaataa reprenant, sur le séminal Planet Rock, un sample du Trans-Europe Express des Kraftwerk ? Que nenni. Et ce, même si le New-Yorkais a ensuite perdu son procès (et beaucoup d’argent) face aux robots de Düsseldorf. En remontant le fil de l’histoire – « c’était un gros boulot de recherches pour ce morceau »–, Brice Miclet pointe un usage méconnu et pourtant répandu du hip-hop – par commodité ou pour s’éviter des ennuis judiciaires : celle de rejouer, avec les mêmes machines (ici le Fairlight CMI) ou les mêmes instruments, en studio, les passages désirés par le producteur hip-hop. Ce qu’il appelle le replay. Ainsi, et contrairement aux idées reçues, Dr. Dre n’a en fait jamais samplé Woman to Woman de Joe Cocker pour le mythique California Love de Tupac : « Dr. Dre a fait rejouer les pianos et les cuivres de l’original », explique l’auteur.
Mais au-delà des anecdotes, souvent croustillantes, relevées au long des 100 chapitres du livre, et du détail de l’usage inventif, par le hip-hop, des machines – le célèbre grain « sale » du son du Wu-Tang Clan vient en fait d’une contrainte technique –, Sample ! est avant tout une plongée dans le vaste spectre des musiques de la seconde moitié du XXe siècle. Chaque échantillon est inscrit dans son contexte de production ou d’emprunt, et l’on recroise avec plaisir les figures essentielles ou méconnues des musiques contemporaines, parfois très éloignées du hip-hop, mais que les producteurs du genre n’ont cessé de convoquer. Avec force de références, on se passionne ainsi pour la reprise du célèbre sample de batterie Amen Break du groupe The Winstons (1969) par N.W.A, la base de la jungle/ drum’n’bass. On s’amuse en découvrant que la moitié des Daft Punk, Thomas Bangalter, a vu son Extra Dry (Roulé, 1998) samplé par Jay Dilla et Slum Village – pour le morceau Raise It Up. Et on lit avec attention l’histoire des emprunts des fondateurs de Ninja Tune, Coldcut, de l’icône du grime Dizzee Rascal ou des prouesses électroniques de Timbaland pour Missy Elliott.
Principalement focalisé sur les productions américaines – « ce livre met en avant des innovations, des histoires, et des techniques inédites du sampling ; et les Américains ont inventé beaucoup de choses » – certains architectes français du son, deuxième terre du rap, sont toutefois présents. À commencer par Philippe Zdar, moitié de Cassius, pour son travail sur l’instru Qui sème le vent récolte le tempo de MC Solaar, ou de l’inévitable DJ Mehdi, qui a tant contribué au succès du 113 – ici pour Tonton du Bled. Publié mi-janvier, extrait de la profusion des livres sur la musique parus avant la période des fêtes, Sample ! peut tabler sur un bel écho médiatique, et, de fait, une meilleure exposition pour les lecteurs.
C’est tout le mal que l’on souhaite à cet ouvrage déjà essentiel pour tout amateur de hip-hop, et plus loin, de musique en général.

Jean-Paul Deniaud
Trax Février 2018

- Interview : Brice Miclet avec Puzupuzu

Un chaos aux racines du sample avec Brice Miclet, auteur de Sample, Aux Origines du Son Hip-hop au Mot & le Reste (lancement au bar le Hangar à Paris le 1er février), et Puzupuzu, producteur électro et fin connaisseur de boucles, à découvrir aux auditions électro d’Ile de France des Inouis du Printemps de Bourges jeudi 1er février au Trabendo.

Réécouter l’émission sur le site de Radio Néo

Thomas Corlin
Radio Néo // Chaos 30 janvier 2018

- Interview - Sampler comme jamais : une histoire du sample

David Blot et Sophie Marchand accueillent Brice Miclet dans le Nova Club pour parler de son dernier ouvrage.

Une émission à réécouter sur le site de Nova

David Blot & Sophie Marchand
Nova // Nova Club 29 janvier 2018

- Basique. Sample.

Des sites comme WhoSampled permettent une “exploration de l’ADN de la musique” et dévoilent les secrets parfois bien gardés des tubes de rap, mais ils n’ont pas l’érudition et la pédagogie de Brice Miclet qui, avec son ouvrage Sample! (édité par Le mot et le reste) s’aventure “aux origines du son hip-hop”, genre se nourrissant de breakbeats, notes de cuivres et autres extraits volés à des artistes plus ou moins célèbres. Selon le journaliste, “ce qui a construit le genre, c’est sa capacité à absorber, par des procédés artistiques, techniques et technologiques, les autres styles musicaux, via le sampling.” Parmi les cent focus, il est bien sûr question de “l’art du mariage entre les échantillons” de DJ Shadow, Q-Tip empruntant la ligne de basse à Lou Reed (qui empochera les bénéfices de Can I kick it), de Missy Elliott piochant dans Heart of Glass de Blondie ou What’s The Difference de Dr Dre faisant les poches de Charles Aznavour (Parce que tu crois)... Aujourd’hui, le sample n’a plus trop le vent en poupe, la “faute” à l’armée d’avocats entourant les musiciens ? “Il n’est pas mort, il est seulement devenu une corde de plus à l’arc de nombreux jeunes producteurs émergents”. Sampleur et sans reproches !

A lire ici

Emmanuel Dosda
MIX MAGAZINE Février 2018

- Sample! le premier livre de Brice Miclet

Sorti le 18 janvier aux éditions Le mot et le reste, Sample ! Aux origines du son hip-hop retrace les quarante ans du sample à travers un livre initiatique. En plus d’un propos historique, Brice Miclet dissèque les plus gros samples qui ont fait le succès du genre hip-hop, sur la base d’une centaine de fiches descriptives.

Redonner au sample ses lettres de noblesse

“Sampling est juste un mot plus long pour dire vol. Celui qui affirme honnêtement que le sampling est une forme de créativité n’a jamais fait quoi que ce soit de créatif”. Cette phrase assassine qui tente de mettre à mal l’essence même du sample a été prononcée lors d’une procédure de justice opposant De La Soul, et son brillant producteur Prince Paul, aux membres du groupe The Turtles. À l’origine de l’affaire, The Turtles accusait le groupe new-yorkais, en la personne de son célèbre producteur, d’avoir samplé illégalement le titre « You Showed Me » pour réaliser « Transmitting Live fom Mars » extrait de l’album 3 Feet High & Rising. Au total The Turtles avait exigé 2,5 millions de dollars de dommages et intérêts auprès de la justice américaine.

En apparence cette simple anecdote narrée dans Sample : aux origines du son hip-hop est édifiante et suffit à re-contextualiser l’environnement plutôt hostile dans lequel le sample a dû jouer des coudes à une époque où l’enjeu était de s’imposer comme légitime et créatif ; là où les principaux détracteurs du genre ne voyaient dans l’action de sampler qu’une pure et simple violation des ayant-droit et une négation de la créativité musicale.

L’évolution du sampling au rythme des machines

Ce cas – précisément un cas d’école à la fin des années 80 / début des années 90 – donne une idée de l’accueil réservé au sample à l’aube des Nineties. Comme le décrit Brice Miclet dans son livre, après avoir été savamment exploré et organisé autour de techniques distinctes, le sampling a fait des émules, et a su se trouver des ambassadeurs de premier plan ; à commencer par son « presque » théoricien Marley Marl à travers le titre « The Symphony ». Dans la genèse du hip-hop, les références en matière de sample ne manquent pas, des plus lointaines comme sur le titre « Rapper’s Delight » par Sugarhill Gang sample de « Good Times » de Chic, aux plus proches de nous, à l’image du titre « Mask Off » de Future sample de « Prison Song » de Tommy Butler feat. Carlton Williams.

Tel que le présente l’auteur, le sample a traversé ces trente dernières années en trébuchant et se relevant. À la manière d’un équilibriste, tatônnant encore et toujours, faisant face à la défiance des artistes samplés et à un arsenal juridique de plus en plus contraignant ; à commencer par l’application du Fair Use Act et la démocratisation des systèmes de clearance, astreignant les deejays à reverser des royalties aux artistes samplés. À tel point que certains hits absolument “bankables” se sont parfois retrouvés n’être générateurs d’aucun profit, à l’image de l’excellent « Can I Kick It » sample de « Walk On The Wild Side » et pour lequel la maison de disque Jive a été contrainte d’arroser Lou Reed de royalties.

De cette chasse au sampler, l’industrie musicale fait grise mine et se retrouve la victime collatérale d’un genre qui n’est plus rentable, du fait d’une explosion de bataillons de contentieux. Face à cela, les deejays, n’ont eu d’autres moyens que de s’adapter et d’user de subterfuges par le biais de multiples techniques, tels que le chopping notamment pour pouvoir réutiliser, tout en déconstruisant, les morceaux initiaux.

Savant mélange de références musicales

Dans Sample : aux origines du son hip-hop, la première partie porte donc un coup de projecteur sur les typologies de sample, les techniques et évolutions technologiques qui ont permis de démocratiser ce procédé et d’en faire l’ADN du hip-hop, accessible à de nombreux artistes. En parallèle d’une chronologie décortiquée au travers de prismes multiples, à la fois politique, culturel et social, le livre offre un voyage initiatique et invite à découvrir des titres samplés, associant des anecdotes à chacun des morceaux et leurs auteurs, brossant également les influences des artistes et analysant également les techniques, instruments mobilisés. Aussi, en plus de ce retour en arrière, Brice Miclet nourrit ainsi le lecteur d’une foultitude de références musicales au sens large, bâtissant des ponts entre titres disco, soul et hip-hop et démontrant que le hip-hop par le biais du sample regorge de pépites musicales qui ont pour la plupart, une histoire et un sens.

Finalement, l’ouvrage est un parfait prétexte pour revisiter les plus grands classiques du genre hip-hop, et peaufiner vos playlists à souhait. Sans tomber dans une analyse superficielle, cette rétrospective est une parfaite occasion de creuser davantage ce qu’il se cache derrière les plus gros cartons de ces trente dernières années. La rédaction recommande !

Lisez la chronique sur le site de Backpackerz

Julie Creuilly
The Backpackerz 27 janvier 2018

- Le Don du sample

À l’occasion de la parution de l’ouvrage Sample ! Aux origines du son hip-hop de Brice Miclet (éditions Le Mot et Le Reste), Rebecca Manzoni se penche sur les samples : des échantillons de musique pré-existants, piochés à droite et à gauche et réutilisés dans des nouveaux morceaux.

Écouter la chronique de Rebecca Manzoni sur le site de France Inter

Rebecca Manzoni
France Inter // Pop & Co 29 janvier 2018

- Interview de Brice Miclet - 5 samples qui ont changé l'histoire du hip-hop

Dans un nouveau livre, Brice Miclet dresse une liste de 100 samples ayant marqué le hip-hop des années 1970 à nos jours. On lui a demandé d’en choisir 5 et de les commenter pour nous.

Qu’est-ce qui nous fait aimer la musique ? Les notes d’un morceau, l’histoire qui se cache derrière, les souvenirs personnels qu’il nous évoque, la performance technique qu’il étale ? Sûrement un peu tout ça. Le hip-hop, comme tout autre genre de musique, traine avec lui ces composantes, qui en font l’un des plus écoutés au monde. Il est aussi un brassage presque inédit de toutes les autres musiques. Un style qui a su s’approprier au fil du temps, sans peur, sans honte, des rythmiques et des sons venus d’ailleurs. Le hip-hop, c’est d’abord une incessante exploration musicale qui joue depuis sa naissance sur un prisme, un élément incontournable : le sample.

Le sample, c’est cet échantillon musical récupéré ailleurs, dans la chanson d’un autre, le beat d’un autre. C’est cette pincée d’inconnu ou de souvenir qui nous fait dire : « Ah, mais, c’est pas un sample de [insérer nom d’artiste peu connu qu’on ressort pour se faire mousser] ? », qui nous fait nous creuser le crâne en soirée pour en trouver l’origine. C’est ce qui fait le sel de, pelle-mêle, « Can I Kick It? » de Tribe Called Quest, « C.R.E.A.M » du Wu-Tang, « California Love », de Tupac, « Work It » de Missy Elliot, « I’ll Be Missing You » de Puff Daddy, « My Name Is… » d’Eminem ou « Tonton du Bled » de 113 !

Dans son nouveau livre, Sample !, Brice Miclet, journaliste musical, retrace l’histoire du hip-hop en racontant le sample – de ses débuts dans les block parties du Bronx dans les années 1970 à l’utilisation qui en est faite aujourd’hui par Gucci Mane ou Kendrick Lamar. Il y décrit la genèse, la démocratisation, l’affirmation commerciale, les révolutions technologiques, les démêlés judiciaires imparables et, finalement, comment le sample a été, et est encore, une composante incontournable du hip-hop. En choisissant 100 samples, pour l’écrasante majorité issus du répertoire américain, de toutes les époques, Brice Miclet dresse le portrait d’un mouvement né dans la rue, raconte comment les musiciens pionniers du rap sont allés piller les répertoires alentours pour créer l’un des courants musicaux les plus importants de notre époque. On lui a posé quelques questions, et demandé de choisir cinq samples à commenter parmi sa liste.

Quel est ton rapport personnel, ton rapport d’auditeur au hip-hop ?
J’ai commencé à en écouter à 9 ans, environ. J’ai découvert ça avec les Neg’Marrons, mais je me suis orienté vers le rap américain rapidement. J’ai tout de suite plus été West Coast, même si à 13 ans, avec Nas, j’ai eu mon déclic East Coast. Pour ce qui est du sample : je fais de la musique, j’ai une formation musicale, donc je me suis toujours intéressé à d’autres sortes de musique. Le rock d’abord, puis le jazz, les musiques jamaïcaines, etc. Et le lien entre tout ça, entre ma passion pour le hip-hop et les autres musiques auxquelles je m’ouvrais, c’est le sample.

C’est un vaste sujet. Comment l’as-tu délimité ?
J’avais déjà une décision un peu arrêtée : me concentrer sur le hip-hop américain. C’est un choix vraiment subjectif, mais je considère que le hip-hop américain a beaucoup plus innové au niveau technique et technologique que le hip-hop français à ce niveau-là. Et puis même avant ça, je me suis limité au hip-hop. J’aurais très bien pu m’ouvrir aux musiques électroniques. Pour la liste, on avait décidé avec la maison d’édition de prendre un seul sample par artiste. Ça ouvre vachement, tu ne te retrouves pas avec 5 fois le même artiste. Après, il fallait aussi représenter les différentes époques, je voulais avoir un cheminement. Le premier sample date de 1979, le dernier de 2017. Il fallait retracer les époques, les différentes scènes : le Juice Crew de Marley Marl, les débuts du G-Funk, la scène alternative avec MF Doom, et montrer que le sample n’est pas mort, donc mettre un paquet de sample des années 2000–2010. Et puis aller aussi trouver des artistes samplés de derrière les fagots. Des samples colombiens, algériens, indiens, russes, français… Faire un panorama.

On retrouve quand même quelques morceaux français dans le bouquin : Mc Solaar, NTM… Pourquoi ces quelques-uns ont réussi à passer la douane ?
Parce que le bouquin s’adresse à un public français, et ça me paraissait dommage de pas montrer ce que certains producteurs avaient fait. J’ai pris volontairement des samples d’artistes très connus. Je sais que le rap français explose aujourd’hui, donc c’est bien de montrer à ce public-là, qui peut être jeune, que le rap français aussi fait partie de l’histoire du sample hip-hop.

Le sampling est une technique assez largement connue, mais en lisant ton livre on se rend compte qu’il y a quand même beaucoup de spécificités techniques et historiques. Est-ce que toi, avec tes connaissances déjà établies, tu as eu des surprises en écrivant ce bouquin ?
Oui. J’ai déjà découvert beaucoup de sons. Je suis allé chercher des morceaux planqués, des vieilles perles soul. Mais ce qui m’a vachement surpris, c’est le nombre de replays : des sons qui sont échantillonnés mais, qui au lieu d’être bouclés avec des machines, sont réjoués par les musiciens. C’est ce qui se faisait dans le hip-hop du début des années 1980, ce que faisait Sugarhill Gang, notamment. J’ai été assez surpris de voir qu’il y en avait encore pas mal dans les années 1990. Dr. Dre l’a beaucoup fait, par exemple. Un des intérêts et une des difficultés de ce livre, c’était de déceler ce qui était du replay et ce qui ne l’était pas. Ce n’est pas toujours facile. Le replay, je ne considère presque plus ça comme du sampling, parce qu’on n’extrait pas l’empreinte sonore du morceau préexistant, mais on rejoue.

En parcourant la liste, à part quelques exceptions, les samples vont généralement puiser dans les décennies 1960–1970. Comment expliquer qu’au fil du temps, ces décennies restent décisives dans les choix de samples ?
Quand le hip-hop est né dans la première moitié des années 1970, les DJ comme Kool Herc, Bambataa ou Grandmaster Flash passaient des disques relativement récents. Les gens écoutaient la musique de leur époque. Quand le hip-hop a commencé à se former, il s’est formé à partir de ces musiques-là. Les DJ samplaient des sons de l’année même, ou 2, 3 ans avant. C’est simplement le reflet de l’époque à laquelle le hip-hop est né. Ça a façonné le son hip-hop, tout le reste s’est construit autour de ce sons des années 1970. À partir de la fin des années 1980, le hip-hop a commencé à s’ouvrir à plein d’autres musiques. Aujourd’hui, le hip-hop sample des choses qui lui sont vachement contemporaines. En 2012, Kendrick Lamar va sampler un morceau de 2009. Mais oui, tout part de ces années-là. Elles sont fondatrices.

Justement, tu parles de la fin des années 1980, du hip-hop qui s’ouvre à d’autres genres. Ton premier choix c’est « Rhymin & Stealin » des Beastie Boys (1986), un sample rock. Pourquoi ce morceau ?
Parce que c’est un des premiers sur lequel j’ai écrit, déjà, et surtout parce que c’est le premier morceau de leur album License to Ill, un album mythique du hip-hop. Le premier album hip-hop à s’être hissé tout en haut des charts US générales. Il s’ouvre sur la batterie de « When The Levee Breaks » de Led Zeppelin, un riff rythmique, rock, mythique. Ce début d’album montre que le hip-hop peut sampler beaucoup de choses, pas seulement la soul, mais aussi les classiques rock. Et puis c’est aussi révélateur du son Def Jam. C’est un titre important. Ce sample a été vachement utilisé par la suite, notamment par Cold Cut, avec « More Beats & Pieces », que j’aborde aussi dans le bouquin, ou pour « Kim » d’Eminem, basé sur la même batterie ultra-lourde, assez lente.

Ton deuxième choix c’est « Alone Again » de Biz Markie (1991), qui fait office de sample jurisprudence.
Ouais, ça fait partie des samples jurisprudence, mais celui-ci est vraiment très important. C’est le moment où la législation sur le sample change. En 1991, Biz Markie sample un titre de Gilbert O’Sullivan, « Alone Again (Naturally) ». Mais Biz Markie c’est un rappeur un peu loufoque : il détourne le morceau, prend la boucle du couplet sans en changer le tempo ni la tonalité. Il en fait un truc comique, et Gilbert O’SUllivan n’aime pas du tout, pour lui c’est un manque de respect pour sa musique, en plus il n’a pas donné l’autorisation. Il porte plainte, Biz Markie perd, et le juge fait jurisprudence, dit qu’à partir de maintenant il faut l’autorisation des artistes samplés pour les sampler. C’est le début des gros deals entre maisons de disques, des artistes samplés qui commencent à réclamer un paquet de royalties. C’est un peu schématisé, parce qu’il y a eu plusieurs procès qui vont amener à cette législation. Mais celui-ci est le plus symbolique. Ce qui est rigolo c’est que c’est pour un morceau un peu nul de Biz Markie. Clairement pas son meilleur, en tout cas. Le jeu n’en valait pas la chandelle, quoi. Il marque en tout cas la fin de l’impunité dans le sample hip-hop.

Qu’est-ce que ça induit, artistiquement ? Moins de liberté, de créativité ?
C’est surtout que ça commence à coûter cher, de sampler. On dit souvent qu’ensuite il y a eu moins de samples dans le hip-hop, mais c’est assez faux. Le hip-hop à ce moment-là a commencé à devenir très lucratif, donc les maisons de disques pouvaient allonger les biftons pour payer les artistes samplés. Je ne sais pas si ça a changé grand-chose sur le son hip-hop, je ne pense pas personnellement. Ça a simplement changé la manière de fonctionner.

C’est marrant aussi que ce soit ce mec-là, O’Sullivan, qui lance la fronde. Avant lui, le rap n’était pas assez populaire pour que les artistes samplés viennent se plaindre ?
Il y en a qui se sont plaint avant, quand même. Les grands spécialistes c’était Kraftwerk, qui enchaînaient procès sur procès. Afrikaa Bambataa a perdu contre eux. Mais oui, malgré Run-DMC, les Beasties Boys, LL Cool J, toute l’école Def Jam, qui avaient déjà fait du chemin, globalement, le mouvement n’était pas encore énorme à l’époque. C’est à la toute fin des années 1980 et au début des années 1990 que le hip-hop a pris une autre dimension, au niveau des ventes. Et puis les artistes samplés ont commencé à s’apercevoir de ce qu’il se passait dans le hip-hop. Avant ça, ils n’avaient juste pas conscience d’être samplés, pour une bonne partie. Certains artistes, un peu sortis du circuit musical, ont vu là l’occasion de revenir sur le devant de la scène et de gagner du fric. Après, des procès il y en a eu à la pelle pendant les années 1990.

Il y a des artistes, qui se sont réveillés juste pour se faire rembourser d’un sample passé ?
Il y en a. J’ai des exemples, mais je ne pourrais pas affirmer qu’ils sont revenus juste pour ça. Labi Siffre, par exemple. Il n’était plus très actif mais il est revenu et a gagné plusieurs procès. C’est lui qui est samplé sur « My Name Is… » d’Eminem. Il y a un autre exemple : Sting. Quand The Police se fait sampler par Puff Daddy sur « I’ll Be Missing You », Sting n’est pas sorti du circuit musical mais il a vu une grosse occasion de se faire du fric. Je crois d’ailleurs qu’il a gagné plus d’argent grâce au sample que durant sa carrière avec The Police.

Comment c’est possible ?
À l’époque, « I’ll Be Missing You » est devenu le titre le plus passé en radio de tous les temps, sur une certaine période. Ça a été un hit monstrueux. Sting a demandé 100% des royalties à Puff Daddy. Et chose marrante, les deux autres membres de The Police n’ont pas touché un centime de ce sample-là, alors que c’est la guitare d’Andy Summers qui était samplée. Je raconte dans le bouquin une interview dans les années 2000, pour laquelle le groupe se réunit de manière un peu exceptionnelle, ils n’avaient plus donné d’interview ensemble depuis longtemps. Ils discutent tous les trois, et Stewart Copland dit « Andy, tu devrais réclamer des royalties à Sting, c’est ta guitare qui a été samplée. Il se paye des châteaux en Toscane et nous, on n’a rien. » Et Sting répond: « Non, on n’a pas de châteaux. En Toscane on appelle ça des palazzos, si tu veux je te prêterai une chambre. »

Sympa, Sting. Le troisième sample que tu as choisi c’est « Mind Playing Tricks On Me » des Geto Boys (1991).
Celui-là, c’est déjà parce que c’est un de mes morceaux préférés de hip-hop en général. Geto Boys, c’est un groupe que j’adore, complètement déglingué. C’est un choix purement musical. Déjà, le sample vient d’Isaac Hayes, « Hung Up On Me Baby », sorti en 1974. Il y a plusieurs samples dans le même morceau. Deux samples sur les couplets, des descentes de guitare, des amas de mélodies. Et sur le refrain, juste une mélodie, jouée par Isaac Hayes à la gratte, couplée avec un breakbeat, un sample de batterie tiré de « The Jam » de Graham Central Station. Les deux, la guitare d’Isaac Hayes et le breakbeat, qui sont deux morceaux qui n’ont rien à voir à la base, matchent parfaitement. Rythmiquement, il y a un petit roulement de caisse-claire sur le breakbeat qui colle parfaitement à la guitare, à tel point que les rappeurs ne posent même pas sur le refrain, ce qui est assez rare. C’est l’exemple parfait du collage hip-hop.

On continue avec un classique, « Regulate » de Warren G (1994).
Ouais, un morceau très connu. C’est la manière de sampler à la West Coast, en prenant une boucle souvent plus longue. Ici elle fait bien quatre mesures, c’est un sample de Michael McDonald, « I Keep Forgettin ». C’est l’archétype du sample West Coast, très fidèle à l’original, pas du tout dénaturé. Le sample est tellement long et fidèle qu’on est parfois proche de la reprise. Et puis c’est un morceau super kiffant, c’est l’explosion de Warren G sur la scène nationale. Ça montre qu’il n’y a pas que Dr.Dre ou les Above the Law qui savent faire du G-Funk. C’est un gros hit.

Comme on va passer de 1994 à 2017, je vais faire un bond en avance et te demander l’état du sampling dans le hip-hop aujourd’hui, comparé aux années 1990.
Dans le hip-hop, le sample a toujours été une manière de s’ouvrir à de nouvelles sonorités, d’accéder à de nouveaux sons que les machines ne permettaient pas toujours de créer. Quand la MAO s’est développée, les producteurs hip-hop se sont retrouvés avec d’autres sonorités à leur disposition. Ils les ont vachement utilisés, parce que ça reste ça, la volonté première des producteurs hip-hop : faire de nouveaux sons. À une époque, le sample était vraiment la manière de faire. Avec la MAO, c’est devenu une des manières. Aujourd’hui on a des albums où il y a pas de samples du tout, d’autres où il y a plein de samples – les albums de Kendrick. À partir des années 2000 le pourcentage de samples dans les sons hip-hop a sûrement baissé, mais c’est aussi parce que le nombre d’artistes a explosé à ce moment-là.

Et ça donne notamment ton dernier choix : « Mask Off » de Future (2017).
Ouais. C’est marrant, parce qu’on a là un tube ultra-moderne dans le son. C’est son plus gros hit, l’un des plus gros hits hip-hop de 2017. C’est un morceau résolument moderne, qui a tourné sur Internet, qui a donné le « Mask Off Challenge », alors que tout ce tube et tout ce côté moderne part d’un sample de flûte traversière d’une comédie musicale, Selma. C’est un sample assez référencé, cette comédie musicale retrace le combat de Martin Luther King, elle est sortie dans les années 1970. Créée en 1972 et mise en vinyle en 1976. Il ne doit pas y avoir tant de gens qui se rendent compte que ce tube très moderne est basé sur un son de 1976. C’est vraiment un riff, en plus, et un riff lourd de sens, c’est le son principal de la comédie musicale. Ça a du sens.

Et puis c’est marrant de voir Future s’approprier un morceau très politique pour parler de bagnoles et de Percocet.
Ouais, alors il y a des gens qui ont décelé des références à la surpopulation carcérale aux Etats-Unis dans « Mask Off », donc le lien peut être fait ici, quand même. Mais c’est avant tout un lien musical. On a une idée préconçue et plutôt fausse du sample, il est souvent perçu comme un hommage à un artiste. La plupart du temps c’est d’abord un lien musical. « Mask Off » est un très bon exemple de cette ambiguïté.

Pour finir, tu aimerais que les gens retiennent quoi du livre ?
J’aimerais qu’on retienne que le sample n’est pas une pratique caduque ou désuète. C’est une pratique encore très actuelle. Dans le sample, il y a souvent un côté un peu passéiste, réservé aux « puristes ». Peut-être que la culture du sample est moins forte qu’avant, mais elle est toujours très importante dans le hip-hop, et j’ai abordé pas mal de sons modernes pour souligner ça. Ce n’est pas un livre qui s’intéresse uniquement au passé, mais aussi au hip-hop d’aujourd’hui, avec Kendrick, Future, Kaytranada, Lupe Fiasco, Gucci Mane, Drake, etc. J’espère que les gens comprendront ça : le sample, c’est loin d’être fini.

Retrouvez l’interview de Brice Miclet sur le site de i-D

Antoine Mbemba
Vice // i-D 23 janvier 2018

- Bonne feuille : Comment un sample a fait de « It's The Hard Knock Life » de Jay-Z un hit

Le journaliste Brice Miclet publiait le 18 janvier son livre Sample! Aux origines du son hip-hop aux éditions Le mot et le reste. Il y compile cent histoires qui nous offrent une nouvelle lecture de morceaux légendaires. En voici l’une d’entre elle, celle du morceau « It’s The Hard Knock Life » de Jay-Z.

Retrouvez la bonne feuille sur le site de Nova

Brice Miclet
Nova 22 janvier 2018

- Interview de Brice Miclet 2/5

Ellen Ichters interview Brice Miclet dans son “Pony Music” à l’occasion de la sortie de Sample!. Une interview, tout en musique, diffusée en cinq parties, tous les matins de la semaine.

Réécouter l’interview de Brice Miclet en podcast

Ellen Ichters
RTS // Pony Express 23 janvier 2017

- Interview de Brice Miclet 1/5

Ellen Ichters interview Brice Miclet dans son “Pony Music” à l’occasion de la sortie de Sample!. Une interview, tout en musique, diffusée en cinq parties, tous les matins de la semaine.

Réécouter l’interview de Brice Miclet en podcast

Ellen Ichters
RTS // Pony Express 22 janvier 2018

- Tour des échantillons - Sample!

Sample !, avec son point d’exclamation qui sonne comme un mot d’ordre, est le titre du premier livre en français exclusivement dédié au sampling dans le hip-hop. Comme c’est généralement le cas dans cette collection, l’auteur, Brice Miclet, débute par une étude générale, abordant divers aspects le long d’un développement chronologique, avant de s’attarder sur 100 exemples, incontournables ou méconnus, qui amènent de Cloud One samplé par/pour Spoonie G (1979) jusqu’à Billy Paul samplé par/pour Kendrick Lamar (1976/2017). Passionnant, comme d’habitude chez Le mot et le reste.

Lire la chronique sur L’abcdrduson

Greg
L'abcdrduson 23 janvier 2017

- Livre - Sample!

J’ai été contacté sur twitter il y a quelques jours par Brice Miclet, l’auteur du livre « SAMPLE ! Aux origines du son hip-hop »… Et forcément il faut que je vous en parle !

SAMPLE !

C’est le genre d’initiative qui fait plaisir ! Un livre en français qui parle de samples, on ne pouvait pas passer à côté. Sorti prévue le 18 janvier 2018, « SAMPLE ! Aux origines du son hip-hop » est édité par Le mot et le reste. L’ouvrage se veut accessible à tous, et permet d’avoir une compréhension générale de l’importance du sample dans la musique et la culture hiphop.

Des anecdotes, plein !

L’intérêt numéro un du livre – à mon sens – réside dans les très nombreuses anecdotes. Passé l’histoire du sample et les pionniers du sampling, riche en informations, Brice Miclet s’est plongé dans des dizaines de titres afin d’analyser leur origine et le ou les samples qu’ils utilisent. Un véritable travail de fourmi qui passe en revue les histoires de samples qui ont fait la création des morceaux phares du hiphop, mais aussi ceux un peu plus obscurs.

Cette culture du sample fête ses 40 ans : passée d’une méthode de création obscure et décriée, le sampling s’est élevé au rang d’art. Même si certains producteurs vont jouer la facilité avec le sample, on ne peut que saluer le travail incroyable que certains arrivent à produire avec de extraits de vieux morceaux. Un ouvrage qui nous (re)plonge dans cette culture du collage qui puise ses origines dans le funk, le jazz, le rock, le disco, le classique et même la chanson française. Un ouvrage qui salue aussi l’évolution technologique des outils qui permettent de sampler.

Bref, si vous êtes curieux de connaître l’origine des morceaux hiphop à base de samples, en savoir plus sur une culture qui célèbre ses 40 ans, et friand d’anecdotes sur les classiques (mais pas que) du hiphop, ce livre est fait pour vous !

Merci Brice et félicitations pour le travail !

Lire la chronique sur Samples.fr

Yann
Samples.fr 16 janvier 2018

- Bonnes feuilles : Les petites histoires des plus grands samples du hip-hop

On le sait: un sample bien senti peut propulser une production hip-hop au rang de hit. Ce que l’on connaît souvent moins, ce sont le contexte et les anecdotes entourant le choix des extraits à copier.

Notre collaborateur Brice Miclet, dont vous pouvez régulièrement lire sur Slate les articles sur la musique, a publié le 18 janvier 2018 Sample! Aux origines du son hip-hop, aux éditions Le mot et le reste.

Nous en publions ci-dessous un extrait de la note de l’auteur, ainsi que trois des cent fiches que compte l’ouvrage.

Lire les bonnes feuilles de Sample! sur Slate.fr

La Rédaction
Slate 20 janvier
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