Parution : 18/01/2018
ISBN : 9782360544967
256 pages (14,8 X 21 cm)

Sample!

Aux origines du son hip-hop

Sample! permet de comprendre l’essence du hip-hop, sa diversité, sa technique, son inspiration, sa curiosité, son rôle révolutionnaire dans l’espace musical.
« Sample ! » est une injonction. Celle que les producteurs hip-hop se lancent à eux-mêmes depuis près de quarante ans. En allant piller les musiques qui les entouraient, ces musiciens ont donné naissance à l’un des courants musicaux les plus importants de notre époque et redéfini le principe de composition musicale, quitte à se frotter aux avocats et à provoquer de retentissants procès. Se pencher sur les samples marquants du hip-hop, c’est explorer de nombreuses portes d’entrée vers cette musique, révéler les secrets de fabrication de hits tels que « California Love » de 2pac ou « Hard Knock Life » de Jay-Z ou partir à la redécouverte d’artistes oubliés ou trop peu connus. C’est parcourir les ponts dressés entre le hip-hop et ses origines soul, jazz et funk, ses relations avec le rock, le classique, la chanson française, la musique tibétaine etc. C’est découvrir l’histoire des technologies qui ont permis ce travail, celle de labels mythiques, de producteurs talentueux. C’est embrasser toute la richesse du hip-hop.

Revue de presse

- Chronique de Sample! Juliette Arnaud France Inter // Par Jupiter ! 20 février 2018
- Sample! Vincent Caffiaux Starwax #46 2e trimestre
- Interview - Le sample selon Brice Miclet, auteur d'un bouquin sur le sujet (pratique) Romain Sourdoreille 14 février 2018
- "Sample!", l’essence du hip-hop par Brice Miclet Luc Frelon FIP // Sous les jupes de Fip 12 février 2018
- Track ID - Interview de Brice Miclet Jérémie Léger Konbini 8 février 2017
- Sample ! Les derniers secrets du hip-hop Jean-Paul Deniaud Trax Février 2018
- Interview : Brice Miclet avec Puzupuzu Thomas Corlin Radio Néo // Chaos 30 janvier 2018
- Interview - Sampler comme jamais : une histoire du sample David Blot & Sophie Marchand Nova // Nova Club 29 janvier 2018
- Basique. Sample. Emmanuel Dosda MIX MAGAZINE Février 2018
- Sample! le premier livre de Brice Miclet Julie Creuilly The Backpackerz 27 janvier 2018
- Le Don du sample Rebecca Manzoni France Inter // Pop & Co 29 janvier 2018
- Interview de Brice Miclet - 5 samples qui ont changé l'histoire du hip-hop Antoine Mbemba Vice // i-D 23 janvier 2018
- Bonne feuille : Comment un sample a fait de « It's The Hard Knock Life » de Jay-Z un hit Brice Miclet Nova 22 janvier 2018
- Interview de Brice Miclet 2/5 Ellen Ichters RTS // Pony Express 23 janvier 2017
- Interview de Brice Miclet 1/5 Ellen Ichters RTS // Pony Express 22 janvier 2018
- Tour des échantillons - Sample! Greg L'abcdrduson 23 janvier 2017
- Livre - Sample! Yann Samples.fr 16 janvier 2018
- Bonnes feuilles : Les petites histoires des plus grands samples du hip-hop La Rédaction Slate 20 janvier

- Chronique de Sample!

Juliette Arnaud chronique le livre de Brice Miclet en musique dans l’émission “Par Jupiter !” de Charline Vanhoenacker et Alex Vizorek.

Une chronique à réécoutée sur le site de France Inter

Juliette Arnaud
France Inter // Par Jupiter ! 20 février 2018

- Sample!

À moins de végéter depuis des lustres sur une île déserte, impossible d’ignorer l’impact du sampling sur la musique moderne. Indissociable du hip-hop, cette technique de collage est analysée par le journaliste Brice Miclet. Particulièrement éclairante, l’introduction puise aux fondements du genre avec DJ Kool Herc, inventeur du merry-go-round (merci James Brown) et plus généralement du breakbeat. Liées à l’apparition des boîtes à rythmes, les méthodes d’échantillonnage sont soigneusement décrites. Tout comme les différentes générations de samplers. Toutefois l’intérêt principal du livre réside dans la sélection discographique, soit une centaine de morceaux rap et autant de samples. L’auteur rappelle ainsi que le légendaire « Planet Rock » d’Afrika Bambaataa ne repose pas sur un extrait littéral du « Trans-Europe Express » de Kraftwerk, mais bien sur une adaptation d’Arthur Baker. Et pourquoi « Buffalo Gals » de Malcom McLaren reste un puzzle sonore tristement formaté. Cas d’école, « Funky Drummer » de papa James est évoqué par le biais de Public Enemy, grâce aux travaux révolutionnaires de la Bomb Squad. Alors que l’imparable « Walk On The Wild Side » de Lou Reed renvoie A Tribe Called Quest à l’épineuse question du droit d’auteur… Si la scène rap hexagonale occupe la portion congrue, les anecdotes sont souvent touchantes. C’est le cas de ce prélude de Chopin recyclé maladroitement par NTM. Enfin la palme de la singularité est décernée à Jedi Mind Tricks qui transpose la Nordiste Edita Piekha, compositrice méconnue sous nos cieux mais égérie du bloc de l’Est. Prévert aurait adoré…

Télécharger le #46 de Starwax sur leur site

Vincent Caffiaux
Starwax #46 2e trimestre

- Interview - Le sample selon Brice Miclet, auteur d'un bouquin sur le sujet (pratique)

Dans son livre « Sample ! Aux origines du son hip-hop » aux superbes éditions Le mot et le reste, Brice Miclet explore l’histoire du sample sous un nouveau jour. On ne s’y intéresse ici pas uniquement d’un point de vue purement judiciaire ni technique. Que nenni. Le journaliste musique évoque cette tradition de collage à travers ses histoires, comme autant de contes urbains entre hip-hop, emcees, beatmakers et musiques du monde (entier). Alors, on lui a ouvert les guillemets.

LE sample – selon toi

Je dirais le sample de « All I Do Is Think Of You » des Jackson 5 par J Dilla sur « Time : The Donut Of The Heart ». Ça n’est pas un choix hyper original, mais c’est le parfait exemple d’un morceau soul qui me laisse complètement indifférent, et qui samplé sans pour autant être extrêmement modifié (c’est un sample bien grillé, quand même), devient un instrumental magnifique. Ça fait plusieurs années que j’écoute ce titre au casque tous les matins ou presque.

Le choix de sample le moins malin

Je pense que les exemples sont nombreux, mais qu’ils se situent au sein des grands procès de l’histoire du sampling. Il y a des fois où on se demande comment les mecs ont pu à ce point donner le bâton pour se faire battre. Quand DJ Quik sample la bande originale du film de Bollywood Jyoti pour en faire le titre « Addictive » de Truth Hurts, c’est hallucinant qu’il ne demande pas l’autorisation. Surtout quand on voit le budget mis sur l’album de Truth Hurts, ça allait quand même avoir pas mal d’écho… Evidemment, il y a eu un procès énorme, et ça a coûté à Truth Hurts sa carrière. Pour le coup, ça, c’est vraiment pas malin.

Le sample que tu as zappé

Il y en a une bonne centaine, mais puisqu’il faut choisir, je dirais celui de « A Day In The Life » de Les DeMerle samplé sur « Time’s Up » de O.C.. C’est une boucle de basse très simple, mais hyper bien boostée, qui donne une ambiance très ténébreuse au morceau. Je crois que je l’ai enlevé pour laisser la place à « 93 ‘Til Infinity » des Souls Of Mischief. C’est un mal pour un très bien.

Le sample que tu ajouterais à l’édifice

Il y en a deux : l’intro de « Skylark » de ce chanteur génial mais complètement oublié qui s’appelle Jackie Paris, et une autre intro, celle de « Am I A Good Man » de Them Two. Le titre de Them Two a déjà été samplé, mais mal, je trouve. La descente de basse, les choeurs fous, les grands coups de cymbales… Y’a un truc à faire, clairement. Ah, et si quelqu’un pouvait réussir à sublimer mon morceau de soul préféré, « I’ve Learned It All The Hard Way » de Howard Tate, je lui paye une bouffe. Mais ça va être dur de me séduire…

Le plus long chemin d’un original à un sample

Bonne question… Le problème, c’est qu’il y a toujours un replay à un certain moment, c’est-à-dire que le sample est rejoué par des musiciens ou refait avec des sons générés en MAO. Pour moi, ça enlève une étape. Par contre, des exemples où un titre sample un titre qui sample déjà un autre titre, à trois étages, disons, il y a en a pleins… J’aime beaucoup « In My Bed » d’Amy Winehouse qui sample « Made You Look » de Nas qui sample lui-même « Apache » d’Incredible Bongo Band. Mais des exemples à quatre étages qui soient intéressants musicalement et sans replay, je n’en connais pas.

L’artiste samplé le plus riche du monde

Paul McCartney, vu qu’il est l’artiste le plus riche au monde et qu’il a été samplé. Après, ceux qui sont vraiment devenus riches grâce aux samples, ce sont souvent des compositeurs de musique de films ou de générique radio et télé. David Axelrod, Alan Hawkshaw, etc. Ils ont touché énormément de royalties grâce au hip-hop.

L’artiste qui a le plus samplé

Pour rester dans des noms connus, et par le fait que sa productivité est gigantesque et que sa musique est basée sur le sampling, je dirais Madlib. Il a quatre tonnes de vinyles chez lui, ça lui fait pas mal de matière première.

Le sample qui te donne envie d’étrangler un lémurien

Sans hésiter, le sample de « Every Breath You Take » de The Police par Puff Daddy sur « I’ll Be Missing You ». C’est vraiment le type de morceau qui tue la magie du sampling. Déjà, c’est un morceau franchement naze, et en plus ça sample l’un des riff de guitare les plus connus de l’histoire. En fait, c’est juste une mauvaise reprise. Biggie ne méritait pas ça (la chanson est en son hommage).

Le type de musique qui n’a pas été samplé

C’est plutôt qu’à ma connaissance, il n’y a pas de style de musique qui n’a pas été samplé au moins une fois. Aujourd’hui les diggers sont absolument partout, tous les pays ont été visités… Je suis cependant assez surpris de voir le peu de samples cubains parmi les grands albums de l’histoire du hip-hop. Quand on sait quel vivier de dingue représente la musique enregistrée de ce pays, c’est assez surprenant…

Allez vous procurer le bouquin, vous aurez l’air moins con en soirée gangsta rap – Cognac. Ça peut aider.

Lisez la chronique chez Sourdoreille

Romain
Sourdoreille 14 février 2018

- "Sample!", l’essence du hip-hop par Brice Miclet

Brice Miclet et l’invité d’Émilie Blon-Metzinger et Luc Frelon pour Sous les Jupes de Fip, accompagné par le groupe pyché rock d’Istanbul Altın Gün en session live et le chanteur-guitariste de Glasgow Gareth Dickson.

Réécouter l’émission en podcast sur le site de FIP

Luc Frelon
FIP // Sous les jupes de Fip 12 février 2018

- Track ID - Interview de Brice Miclet

Brice Miclet se prête au jeu du Track ID à l’occasion de la sortie du livre. Une vidéo à revoir sur le site de Konbini.

À lire : Sample !, le premier grand livre à la gloire du sampling dans le hip-hop.

Disponible depuis le 18 janvier, Sample ! Aux origines du son hip-hop, le premier livre du journaliste musical Brice Miclet, retrace quarante ans d’histoire du sampling.

La littérature musicale est aujourd’hui si volumineuse qu’il est difficile de ne pas trouver son bonheur en librairie, y compris sur des sujets pointus ou très spécialisés. Il en est pourtant un, très important dans l’histoire du quatrième art, qui n’avait jusqu’alors jamais été traité.

Composante essentielle de la musique électronique et essence même du hip-hop, le sampling – l’échantillonnage qui consiste à reprendre des morceaux existants pour en créer de nouveaux −, est bel et bien absent du flot d’ouvrages spécialisés en la matière.

Constatant cela, Brice Miclet, journaliste passionné par le hip-hop, a pris le problème à bras-le-corps en écrivant un ouvrage des plus complets : Sample ! Aux origines du son hip-hop (éditions Le mot et le reste).

Paru aux éditions Le mot et le reste, cet ouvrage de 256 pages commence par une savante leçon d’histoire énumérant tous les types de samples, les techniques de sampling et les innovations technologiques qui se sont développées jusqu’à aujourd’hui.

Des évolutions cycliques faites de hauts et de bas, toujours remises dans leurs contextes politique, social et culturel. Si l’art du sampling ne fut d’abord maîtrisé que par une poignée de DJ, il s’est rapidement transmis jusqu’à arriver à la portée de nombreux artistes un tant soit peu diggers, faisant du hip-hop une musique à la richesse infinie.

Mais le sampling a aussi son lot de sombres histoires, faites de procès retentissants, particulièrement lors de l’émergence du mouvement dans les années 1970–1980. En effet, la pratique a beau avoir donné certaines des plus belles pépites du genre, elle n’en reste pas moins un vol, une spoliation égoïste des empreintes sonores issues du travail des instrumentistes. Un “vol bienveillant”, comme aime le qualifier Brice Miclet – mais un vol quand même, si bien que les batailles judiciaires pour violation de droits d’auteur ne manquent pas.

L’histoire du sampling en 100 morceaux

Une fois le décor planté, l’auteur nous embarque au cœur de son travail : un voyage en cent étapes dont chaque escale se concentre sur un titre samplé, à travers son histoire et de multiples anecdotes. Mais choisir 100 morceaux sur une période longue de quarante ans n’est pas une mince affaire, au vu des innombrables classiques que nous a offerts le hip-hop.

Pour pallier ce problème, Brice Miclet s’est donc montré ingénieux en choisissant de n’aborder qu’un sample par artiste. “Sinon on a vite fait de prendre 50 sons de Dr. Dre et 50 de DJ Premier”, s’amuse-t-il. Reste, une fois encore, à faire des choix pertinents.

“Comme toute liste, c’est très subjectif, mais j’ai voulu dépasser mes affinités. J’ai donc tenté de trouver un équilibre entre les périodes. Mais ce qui a fait la différence dans mes choix, ce sont surtout les anecdotes à raconter autour du sample en question.

Dans ma démarche, j’ai voulu aller bien au-delà d’un simple intérêt musical et aller au fond des choses – c’est forcément plus intéressant.”

Ainsi, du premier morceau de rap officiellement reconnu, “Rapper’s Delight” du Sugarhill Gang, à “Yah” de Kendrick Lamar, en passant par “What’s The Difference” de Dr. Dre (qui sample ce bon vieux Charles Aznavour), “California Love” de 2Pac, “Hard Knock Life” de Jay Z ou encore “Mask Off” de Future, ce sont donc 100 morceaux de rap américain et français, plus ou moins célèbres, qui sont décortiqués.

Sample ! Aux origines du son hip-hop est le bouquin idéal pour parfaire sa connaissance du hip-hop. Pour les mélomanes simplement curieux, il est aussi un excellent moyen de revisiter certains classiques (et d’en découvrir des nouveaux).

Jérémie Léger
Konbini 8 février 2017

- Sample ! Les derniers secrets du hip-hop

Pourquoi personne n’y avait pensé plus tôt ? C’est la question que l’on se pose en découvrant ces 100 histoires des samples les plus célèbres, ou les plus étonnants, de la culture hip-hop. Un livre érudit à glisser entre toutes les mains.
Si l’histoire du hip-hop ne se lasse point d’être contée, à grand renfort de beaux livres, de recueils d’images, d’autobiographies, de BD ou de séries télé, restait un pan essentiel qui n’avait jusqu’ici été exploré : la culture du sampling. Des sites dédiés, comme l’incontournable Whosampled, se proposent bien de cataloguer les innombrables ramifications que cette technique de production a engendrées. Mais aucune publication sérieuse ne s’était proposé d’en raconter les histoires, souvent délicieuses, qui se tapissent dans l’ombre de certains de ses plus célèbres emprunts. Le livre Sample ! Aux origines du son hip-hop, tout juste paru chez les éditions Le mot et le reste et écrit par Brice Miclet. Journaliste spécialiste de la musique pour diverses publications, dont Trax, répare enfin cet impair. En brisant quelques idées reçues au passage.
Le pionnier Afrika Bambaataa reprenant, sur le séminal Planet Rock, un sample du Trans-Europe Express des Kraftwerk ? Que nenni. Et ce, même si le New-Yorkais a ensuite perdu son procès (et beaucoup d’argent) face aux robots de Düsseldorf. En remontant le fil de l’histoire – « c’était un gros boulot de recherches pour ce morceau »–, Brice Miclet pointe un usage méconnu et pourtant répandu du hip-hop – par commodité ou pour s’éviter des ennuis judiciaires : celle de rejouer, avec les mêmes machines (ici le Fairlight CMI) ou les mêmes instruments, en studio, les passages désirés par le producteur hip-hop. Ce qu’il appelle le replay. Ainsi, et contrairement aux idées reçues, Dr. Dre n’a en fait jamais samplé Woman to Woman de Joe Cocker pour le mythique California Love de Tupac : « Dr. Dre a fait rejouer les pianos et les cuivres de l’original », explique l’auteur.
Mais au-delà des anecdotes, souvent croustillantes, relevées au long des 100 chapitres du livre, et du détail de l’usage inventif, par le hip-hop, des machines – le célèbre grain « sale » du son du Wu-Tang Clan vient en fait d’une contrainte technique –, Sample ! est avant tout une plongée dans le vaste spectre des musiques de la seconde moitié du XXe siècle. Chaque échantillon est inscrit dans son contexte de production ou d’emprunt, et l’on recroise avec plaisir les figures essentielles ou méconnues des musiques contemporaines, parfois très éloignées du hip-hop, mais que les producteurs du genre n’ont cessé de convoquer. Avec force de références, on se passionne ainsi pour la reprise du célèbre sample de batterie Amen Break du groupe The Winstons (1969) par N.W.A, la base de la jungle/ drum’n’bass. On s’amuse en découvrant que la moitié des Daft Punk, Thomas Bangalter, a vu son Extra Dry (Roulé, 1998) samplé par Jay Dilla et Slum Village – pour le morceau Raise It Up. Et on lit avec attention l’histoire des emprunts des fondateurs de Ninja Tune, Coldcut, de l’icône du grime Dizzee Rascal ou des prouesses électroniques de Timbaland pour Missy Elliott.
Principalement focalisé sur les productions américaines – « ce livre met en avant des innovations, des histoires, et des techniques inédites du sampling ; et les Américains ont inventé beaucoup de choses » – certains architectes français du son, deuxième terre du rap, sont toutefois présents. À commencer par Philippe Zdar, moitié de Cassius, pour son travail sur l’instru Qui sème le vent récolte le tempo de MC Solaar, ou de l’inévitable DJ Mehdi, qui a tant contribué au succès du 113 – ici pour Tonton du Bled. Publié mi-janvier, extrait de la profusion des livres sur la musique parus avant la période des fêtes, Sample ! peut tabler sur un bel écho médiatique, et, de fait, une meilleure exposition pour les lecteurs.
C’est tout le mal que l’on souhaite à cet ouvrage déjà essentiel pour tout amateur de hip-hop, et plus loin, de musique en général.

Jean-Paul Deniaud
Trax Février 2018

- Interview : Brice Miclet avec Puzupuzu

Un chaos aux racines du sample avec Brice Miclet, auteur de Sample, Aux Origines du Son Hip-hop au Mot & le Reste (lancement au bar le Hangar à Paris le 1er février), et Puzupuzu, producteur électro et fin connaisseur de boucles, à découvrir aux auditions électro d’Ile de France des Inouis du Printemps de Bourges jeudi 1er février au Trabendo.

Réécouter l’émission sur le site de Radio Néo

Thomas Corlin
Radio Néo // Chaos 30 janvier 2018

- Interview - Sampler comme jamais : une histoire du sample

David Blot et Sophie Marchand accueillent Brice Miclet dans le Nova Club pour parler de son dernier ouvrage.

Une émission à réécouter sur le site de Nova

David Blot & Sophie Marchand
Nova // Nova Club 29 janvier 2018

- Basique. Sample.

Des sites comme WhoSampled permettent une “exploration de l’ADN de la musique” et dévoilent les secrets parfois bien gardés des tubes de rap, mais ils n’ont pas l’érudition et la pédagogie de Brice Miclet qui, avec son ouvrage Sample! (édité par Le mot et le reste) s’aventure “aux origines du son hip-hop”, genre se nourrissant de breakbeats, notes de cuivres et autres extraits volés à des artistes plus ou moins célèbres. Selon le journaliste, “ce qui a construit le genre, c’est sa capacité à absorber, par des procédés artistiques, techniques et technologiques, les autres styles musicaux, via le sampling.” Parmi les cent focus, il est bien sûr question de “l’art du mariage entre les échantillons” de DJ Shadow, Q-Tip empruntant la ligne de basse à Lou Reed (qui empochera les bénéfices de Can I kick it), de Missy Elliott piochant dans Heart of Glass de Blondie ou What’s The Difference de Dr Dre faisant les poches de Charles Aznavour (Parce que tu crois)... Aujourd’hui, le sample n’a plus trop le vent en poupe, la “faute” à l’armée d’avocats entourant les musiciens ? “Il n’est pas mort, il est seulement devenu une corde de plus à l’arc de nombreux jeunes producteurs émergents”. Sampleur et sans reproches !

A lire ici

Emmanuel Dosda
MIX MAGAZINE Février 2018

- Sample! le premier livre de Brice Miclet

Sorti le 18 janvier aux éditions Le mot et le reste, Sample ! Aux origines du son hip-hop retrace les quarante ans du sample à travers un livre initiatique. En plus d’un propos historique, Brice Miclet dissèque les plus gros samples qui ont fait le succès du genre hip-hop, sur la base d’une centaine de fiches descriptives.

Redonner au sample ses lettres de noblesse

“Sampling est juste un mot plus long pour dire vol. Celui qui affirme honnêtement que le sampling est une forme de créativité n’a jamais fait quoi que ce soit de créatif”. Cette phrase assassine qui tente de mettre à mal l’essence même du sample a été prononcée lors d’une procédure de justice opposant De La Soul, et son brillant producteur Prince Paul, aux membres du groupe The Turtles. À l’origine de l’affaire, The Turtles accusait le groupe new-yorkais, en la personne de son célèbre producteur, d’avoir samplé illégalement le titre « You Showed Me » pour réaliser « Transmitting Live fom Mars » extrait de l’album 3 Feet High & Rising. Au total The Turtles avait exigé 2,5 millions de dollars de dommages et intérêts auprès de la justice américaine.

En apparence cette simple anecdote narrée dans Sample : aux origines du son hip-hop est édifiante et suffit à re-contextualiser l’environnement plutôt hostile dans lequel le sample a dû jouer des coudes à une époque où l’enjeu était de s’imposer comme légitime et créatif ; là où les principaux détracteurs du genre ne voyaient dans l’action de sampler qu’une pure et simple violation des ayant-droit et une négation de la créativité musicale.

L’évolution du sampling au rythme des machines

Ce cas – précisément un cas d’école à la fin des années 80 / début des années 90 – donne une idée de l’accueil réservé au sample à l’aube des Nineties. Comme le décrit Brice Miclet dans son livre, après avoir été savamment exploré et organisé autour de techniques distinctes, le sampling a fait des émules, et a su se trouver des ambassadeurs de premier plan ; à commencer par son « presque » théoricien Marley Marl à travers le titre « The Symphony ». Dans la genèse du hip-hop, les références en matière de sample ne manquent pas, des plus lointaines comme sur le titre « Rapper’s Delight » par Sugarhill Gang sample de « Good Times » de Chic, aux plus proches de nous, à l’image du titre « Mask Off » de Future sample de « Prison Song » de Tommy Butler feat. Carlton Williams.

Tel que le présente l’auteur, le sample a traversé ces trente dernières années en trébuchant et se relevant. À la manière d’un équilibriste, tatônnant encore et toujours, faisant face à la défiance des artistes samplés et à un arsenal juridique de plus en plus contraignant ; à commencer par l’application du Fair Use Act et la démocratisation des systèmes de clearance, astreignant les deejays à reverser des royalties aux artistes samplés. À tel point que certains hits absolument “bankables” se sont parfois retrouvés n’être générateurs d’aucun profit, à l’image de l’excellent « Can I Kick It » sample de « Walk On The Wild Side » et pour lequel la maison de disque Jive a été contrainte d’arroser Lou Reed de royalties.

De cette chasse au sampler, l’industrie musicale fait grise mine et se retrouve la victime collatérale d’un genre qui n’est plus rentable, du fait d’une explosion de bataillons de contentieux. Face à cela, les deejays, n’ont eu d’autres moyens que de s’adapter et d’user de subterfuges par le biais de multiples techniques, tels que le chopping notamment pour pouvoir réutiliser, tout en déconstruisant, les morceaux initiaux.

Savant mélange de références musicales

Dans Sample : aux origines du son hip-hop, la première partie porte donc un coup de projecteur sur les typologies de sample, les techniques et évolutions technologiques qui ont permis de démocratiser ce procédé et d’en faire l’ADN du hip-hop, accessible à de nombreux artistes. En parallèle d’une chronologie décortiquée au travers de prismes multiples, à la fois politique, culturel et social, le livre offre un voyage initiatique et invite à découvrir des titres samplés, associant des anecdotes à chacun des morceaux et leurs auteurs, brossant également les influences des artistes et analysant également les techniques, instruments mobilisés. Aussi, en plus de ce retour en arrière, Brice Miclet nourrit ainsi le lecteur d’une foultitude de références musicales au sens large, bâtissant des ponts entre titres disco, soul et hip-hop et démontrant que le hip-hop par le biais du sample regorge de pépites musicales qui ont pour la plupart, une histoire et un sens.

Finalement, l’ouvrage est un parfait prétexte pour revisiter les plus grands classiques du genre hip-hop, et peaufiner vos playlists à souhait. Sans tomber dans une analyse superficielle, cette rétrospective est une parfaite occasion de creuser davantage ce qu’il se cache derrière les plus gros cartons de ces trente dernières années. La rédaction recommande !

Lisez la chronique sur le site de Backpackerz

Julie Creuilly
The Backpackerz 27 janvier 2018

- Le Don du sample

À l’occasion de la parution de l’ouvrage Sample ! Aux origines du son hip-hop de Brice Miclet (éditions Le Mot et Le Reste), Rebecca Manzoni se penche sur les samples : des échantillons de musique pré-existants, piochés à droite et à gauche et réutilisés dans des nouveaux morceaux.

Écouter la chronique de Rebecca Manzoni sur le site de France Inter

Rebecca Manzoni
France Inter // Pop & Co 29 janvier 2018

- Interview de Brice Miclet - 5 samples qui ont changé l'histoire du hip-hop

Dans un nouveau livre, Brice Miclet dresse une liste de 100 samples ayant marqué le hip-hop des années 1970 à nos jours. On lui a demandé d’en choisir 5 et de les commenter pour nous.

Qu’est-ce qui nous fait aimer la musique ? Les notes d’un morceau, l’histoire qui se cache derrière, les souvenirs personnels qu’il nous évoque, la performance technique qu’il étale ? Sûrement un peu tout ça. Le hip-hop, comme tout autre genre de musique, traine avec lui ces composantes, qui en font l’un des plus écoutés au monde. Il est aussi un brassage presque inédit de toutes les autres musiques. Un style qui a su s’approprier au fil du temps, sans peur, sans honte, des rythmiques et des sons venus d’ailleurs. Le hip-hop, c’est d’abord une incessante exploration musicale qui joue depuis sa naissance sur un prisme, un élément incontournable : le sample.

Le sample, c’est cet échantillon musical récupéré ailleurs, dans la chanson d’un autre, le beat d’un autre. C’est cette pincée d’inconnu ou de souvenir qui nous fait dire : « Ah, mais, c’est pas un sample de [insérer nom d’artiste peu connu qu’on ressort pour se faire mousser] ? », qui nous fait nous creuser le crâne en soirée pour en trouver l’origine. C’est ce qui fait le sel de, pelle-mêle, « Can I Kick It? » de Tribe Called Quest, « C.R.E.A.M » du Wu-Tang, « California Love », de Tupac, « Work It » de Missy Elliot, « I’ll Be Missing You » de Puff Daddy, « My Name Is… » d’Eminem ou « Tonton du Bled » de 113 !

Dans son nouveau livre, Sample !, Brice Miclet, journaliste musical, retrace l’histoire du hip-hop en racontant le sample – de ses débuts dans les block parties du Bronx dans les années 1970 à l’utilisation qui en est faite aujourd’hui par Gucci Mane ou Kendrick Lamar. Il y décrit la genèse, la démocratisation, l’affirmation commerciale, les révolutions technologiques, les démêlés judiciaires imparables et, finalement, comment le sample a été, et est encore, une composante incontournable du hip-hop. En choisissant 100 samples, pour l’écrasante majorité issus du répertoire américain, de toutes les époques, Brice Miclet dresse le portrait d’un mouvement né dans la rue, raconte comment les musiciens pionniers du rap sont allés piller les répertoires alentours pour créer l’un des courants musicaux les plus importants de notre époque. On lui a posé quelques questions, et demandé de choisir cinq samples à commenter parmi sa liste.

Quel est ton rapport personnel, ton rapport d’auditeur au hip-hop ?
J’ai commencé à en écouter à 9 ans, environ. J’ai découvert ça avec les Neg’Marrons, mais je me suis orienté vers le rap américain rapidement. J’ai tout de suite plus été West Coast, même si à 13 ans, avec Nas, j’ai eu mon déclic East Coast. Pour ce qui est du sample : je fais de la musique, j’ai une formation musicale, donc je me suis toujours intéressé à d’autres sortes de musique. Le rock d’abord, puis le jazz, les musiques jamaïcaines, etc. Et le lien entre tout ça, entre ma passion pour le hip-hop et les autres musiques auxquelles je m’ouvrais, c’est le sample.

C’est un vaste sujet. Comment l’as-tu délimité ?
J’avais déjà une décision un peu arrêtée : me concentrer sur le hip-hop américain. C’est un choix vraiment subjectif, mais je considère que le hip-hop américain a beaucoup plus innové au niveau technique et technologique que le hip-hop français à ce niveau-là. Et puis même avant ça, je me suis limité au hip-hop. J’aurais très bien pu m’ouvrir aux musiques électroniques. Pour la liste, on avait décidé avec la maison d’édition de prendre un seul sample par artiste. Ça ouvre vachement, tu ne te retrouves pas avec 5 fois le même artiste. Après, il fallait aussi représenter les différentes époques, je voulais avoir un cheminement. Le premier sample date de 1979, le dernier de 2017. Il fallait retracer les époques, les différentes scènes : le Juice Crew de Marley Marl, les débuts du G-Funk, la scène alternative avec MF Doom, et montrer que le sample n’est pas mort, donc mettre un paquet de sample des années 2000–2010. Et puis aller aussi trouver des artistes samplés de derrière les fagots. Des samples colombiens, algériens, indiens, russes, français… Faire un panorama.

On retrouve quand même quelques morceaux français dans le bouquin : Mc Solaar, NTM… Pourquoi ces quelques-uns ont réussi à passer la douane ?
Parce que le bouquin s’adresse à un public français, et ça me paraissait dommage de pas montrer ce que certains producteurs avaient fait. J’ai pris volontairement des samples d’artistes très connus. Je sais que le rap français explose aujourd’hui, donc c’est bien de montrer à ce public-là, qui peut être jeune, que le rap français aussi fait partie de l’histoire du sample hip-hop.

Le sampling est une technique assez largement connue, mais en lisant ton livre on se rend compte qu’il y a quand même beaucoup de spécificités techniques et historiques. Est-ce que toi, avec tes connaissances déjà établies, tu as eu des surprises en écrivant ce bouquin ?
Oui. J’ai déjà découvert beaucoup de sons. Je suis allé chercher des morceaux planqués, des vieilles perles soul. Mais ce qui m’a vachement surpris, c’est le nombre de replays : des sons qui sont échantillonnés mais, qui au lieu d’être bouclés avec des machines, sont réjoués par les musiciens. C’est ce qui se faisait dans le hip-hop du début des années 1980, ce que faisait Sugarhill Gang, notamment. J’ai été assez surpris de voir qu’il y en avait encore pas mal dans les années 1990. Dr. Dre l’a beaucoup fait, par exemple. Un des intérêts et une des difficultés de ce livre, c’était de déceler ce qui était du replay et ce qui ne l’était pas. Ce n’est pas toujours facile. Le replay, je ne considère presque plus ça comme du sampling, parce qu’on n’extrait pas l’empreinte sonore du morceau préexistant, mais on rejoue.

En parcourant la liste, à part quelques exceptions, les samples vont généralement puiser dans les décennies 1960–1970. Comment expliquer qu’au fil du temps, ces décennies restent décisives dans les choix de samples ?
Quand le hip-hop est né dans la première moitié des années 1970, les DJ comme Kool Herc, Bambataa ou Grandmaster Flash passaient des disques relativement récents. Les gens écoutaient la musique de leur époque. Quand le hip-hop a commencé à se former, il s’est formé à partir de ces musiques-là. Les DJ samplaient des sons de l’année même, ou 2, 3 ans avant. C’est simplement le reflet de l’époque à laquelle le hip-hop est né. Ça a façonné le son hip-hop, tout le reste s’est construit autour de ce sons des années 1970. À partir de la fin des années 1980, le hip-hop a commencé à s’ouvrir à plein d’autres musiques. Aujourd’hui, le hip-hop sample des choses qui lui sont vachement contemporaines. En 2012, Kendrick Lamar va sampler un morceau de 2009. Mais oui, tout part de ces années-là. Elles sont fondatrices.

Justement, tu parles de la fin des années 1980, du hip-hop qui s’ouvre à d’autres genres. Ton premier choix c’est « Rhymin & Stealin » des Beastie Boys (1986), un sample rock. Pourquoi ce morceau ?
Parce que c’est un des premiers sur lequel j’ai écrit, déjà, et surtout parce que c’est le premier morceau de leur album License to Ill, un album mythique du hip-hop. Le premier album hip-hop à s’être hissé tout en haut des charts US générales. Il s’ouvre sur la batterie de « When The Levee Breaks » de Led Zeppelin, un riff rythmique, rock, mythique. Ce début d’album montre que le hip-hop peut sampler beaucoup de choses, pas seulement la soul, mais aussi les classiques rock. Et puis c’est aussi révélateur du son Def Jam. C’est un titre important. Ce sample a été vachement utilisé par la suite, notamment par Cold Cut, avec « More Beats & Pieces », que j’aborde aussi dans le bouquin, ou pour « Kim » d’Eminem, basé sur la même batterie ultra-lourde, assez lente.

Ton deuxième choix c’est « Alone Again » de Biz Markie (1991), qui fait office de sample jurisprudence.
Ouais, ça fait partie des samples jurisprudence, mais celui-ci est vraiment très important. C’est le moment où la législation sur le sample change. En 1991, Biz Markie sample un titre de Gilbert O’Sullivan, « Alone Again (Naturally) ». Mais Biz Markie c’est un rappeur un peu loufoque : il détourne le morceau, prend la boucle du couplet sans en changer le tempo ni la tonalité. Il en fait un truc comique, et Gilbert O’SUllivan n’aime pas du tout, pour lui c’est un manque de respect pour sa musique, en plus il n’a pas donné l’autorisation. Il porte plainte, Biz Markie perd, et le juge fait jurisprudence, dit qu’à partir de maintenant il faut l’autorisation des artistes samplés pour les sampler. C’est le début des gros deals entre maisons de disques, des artistes samplés qui commencent à réclamer un paquet de royalties. C’est un peu schématisé, parce qu’il y a eu plusieurs procès qui vont amener à cette législation. Mais celui-ci est le plus symbolique. Ce qui est rigolo c’est que c’est pour un morceau un peu nul de Biz Markie. Clairement pas son meilleur, en tout cas. Le jeu n’en valait pas la chandelle, quoi. Il marque en tout cas la fin de l’impunité dans le sample hip-hop.

Qu’est-ce que ça induit, artistiquement ? Moins de liberté, de créativité ?
C’est surtout que ça commence à coûter cher, de sampler. On dit souvent qu’ensuite il y a eu moins de samples dans le hip-hop, mais c’est assez faux. Le hip-hop à ce moment-là a commencé à devenir très lucratif, donc les maisons de disques pouvaient allonger les biftons pour payer les artistes samplés. Je ne sais pas si ça a changé grand-chose sur le son hip-hop, je ne pense pas personnellement. Ça a simplement changé la manière de fonctionner.

C’est marrant aussi que ce soit ce mec-là, O’Sullivan, qui lance la fronde. Avant lui, le rap n’était pas assez populaire pour que les artistes samplés viennent se plaindre ?
Il y en a qui se sont plaint avant, quand même. Les grands spécialistes c’était Kraftwerk, qui enchaînaient procès sur procès. Afrikaa Bambataa a perdu contre eux. Mais oui, malgré Run-DMC, les Beasties Boys, LL Cool J, toute l’école Def Jam, qui avaient déjà fait du chemin, globalement, le mouvement n’était pas encore énorme à l’époque. C’est à la toute fin des années 1980 et au début des années 1990 que le hip-hop a pris une autre dimension, au niveau des ventes. Et puis les artistes samplés ont commencé à s’apercevoir de ce qu’il se passait dans le hip-hop. Avant ça, ils n’avaient juste pas conscience d’être samplés, pour une bonne partie. Certains artistes, un peu sortis du circuit musical, ont vu là l’occasion de revenir sur le devant de la scène et de gagner du fric. Après, des procès il y en a eu à la pelle pendant les années 1990.

Il y a des artistes, qui se sont réveillés juste pour se faire rembourser d’un sample passé ?
Il y en a. J’ai des exemples, mais je ne pourrais pas affirmer qu’ils sont revenus juste pour ça. Labi Siffre, par exemple. Il n’était plus très actif mais il est revenu et a gagné plusieurs procès. C’est lui qui est samplé sur « My Name Is… » d’Eminem. Il y a un autre exemple : Sting. Quand The Police se fait sampler par Puff Daddy sur « I’ll Be Missing You », Sting n’est pas sorti du circuit musical mais il a vu une grosse occasion de se faire du fric. Je crois d’ailleurs qu’il a gagné plus d’argent grâce au sample que durant sa carrière avec The Police.

Comment c’est possible ?
À l’époque, « I’ll Be Missing You » est devenu le titre le plus passé en radio de tous les temps, sur une certaine période. Ça a été un hit monstrueux. Sting a demandé 100% des royalties à Puff Daddy. Et chose marrante, les deux autres membres de The Police n’ont pas touché un centime de ce sample-là, alors que c’est la guitare d’Andy Summers qui était samplée. Je raconte dans le bouquin une interview dans les années 2000, pour laquelle le groupe se réunit de manière un peu exceptionnelle, ils n’avaient plus donné d’interview ensemble depuis longtemps. Ils discutent tous les trois, et Stewart Copland dit « Andy, tu devrais réclamer des royalties à Sting, c’est ta guitare qui a été samplée. Il se paye des châteaux en Toscane et nous, on n’a rien. » Et Sting répond: « Non, on n’a pas de châteaux. En Toscane on appelle ça des palazzos, si tu veux je te prêterai une chambre. »

Sympa, Sting. Le troisième sample que tu as choisi c’est « Mind Playing Tricks On Me » des Geto Boys (1991).
Celui-là, c’est déjà parce que c’est un de mes morceaux préférés de hip-hop en général. Geto Boys, c’est un groupe que j’adore, complètement déglingué. C’est un choix purement musical. Déjà, le sample vient d’Isaac Hayes, « Hung Up On Me Baby », sorti en 1974. Il y a plusieurs samples dans le même morceau. Deux samples sur les couplets, des descentes de guitare, des amas de mélodies. Et sur le refrain, juste une mélodie, jouée par Isaac Hayes à la gratte, couplée avec un breakbeat, un sample de batterie tiré de « The Jam » de Graham Central Station. Les deux, la guitare d’Isaac Hayes et le breakbeat, qui sont deux morceaux qui n’ont rien à voir à la base, matchent parfaitement. Rythmiquement, il y a un petit roulement de caisse-claire sur le breakbeat qui colle parfaitement à la guitare, à tel point que les rappeurs ne posent même pas sur le refrain, ce qui est assez rare. C’est l’exemple parfait du collage hip-hop.

On continue avec un classique, « Regulate » de Warren G (1994).
Ouais, un morceau très connu. C’est la manière de sampler à la West Coast, en prenant une boucle souvent plus longue. Ici elle fait bien quatre mesures, c’est un sample de Michael McDonald, « I Keep Forgettin ». C’est l’archétype du sample West Coast, très fidèle à l’original, pas du tout dénaturé. Le sample est tellement long et fidèle qu’on est parfois proche de la reprise. Et puis c’est un morceau super kiffant, c’est l’explosion de Warren G sur la scène nationale. Ça montre qu’il n’y a pas que Dr.Dre ou les Above the Law qui savent faire du G-Funk. C’est un gros hit.

Comme on va passer de 1994 à 2017, je vais faire un bond en avance et te demander l’état du sampling dans le hip-hop aujourd’hui, comparé aux années 1990.
Dans le hip-hop, le sample a toujours été une manière de s’ouvrir à de nouvelles sonorités, d’accéder à de nouveaux sons que les machines ne permettaient pas toujours de créer. Quand la MAO s’est développée, les producteurs hip-hop se sont retrouvés avec d’autres sonorités à leur disposition. Ils les ont vachement utilisés, parce que ça reste ça, la volonté première des producteurs hip-hop : faire de nouveaux sons. À une époque, le sample était vraiment la manière de faire. Avec la MAO, c’est devenu une des manières. Aujourd’hui on a des albums où il y a pas de samples du tout, d’autres où il y a plein de samples – les albums de Kendrick. À partir des années 2000 le pourcentage de samples dans les sons hip-hop a sûrement baissé, mais c’est aussi parce que le nombre d’artistes a explosé à ce moment-là.

Et ça donne notamment ton dernier choix : « Mask Off » de Future (2017).
Ouais. C’est marrant, parce qu’on a là un tube ultra-moderne dans le son. C’est son plus gros hit, l’un des plus gros hits hip-hop de 2017. C’est un morceau résolument moderne, qui a tourné sur Internet, qui a donné le « Mask Off Challenge », alors que tout ce tube et tout ce côté moderne part d’un sample de flûte traversière d’une comédie musicale, Selma. C’est un sample assez référencé, cette comédie musicale retrace le combat de Martin Luther King, elle est sortie dans les années 1970. Créée en 1972 et mise en vinyle en 1976. Il ne doit pas y avoir tant de gens qui se rendent compte que ce tube très moderne est basé sur un son de 1976. C’est vraiment un riff, en plus, et un riff lourd de sens, c’est le son principal de la comédie musicale. Ça a du sens.

Et puis c’est marrant de voir Future s’approprier un morceau très politique pour parler de bagnoles et de Percocet.
Ouais, alors il y a des gens qui ont décelé des références à la surpopulation carcérale aux Etats-Unis dans « Mask Off », donc le lien peut être fait ici, quand même. Mais c’est avant tout un lien musical. On a une idée préconçue et plutôt fausse du sample, il est souvent perçu comme un hommage à un artiste. La plupart du temps c’est d’abord un lien musical. « Mask Off » est un très bon exemple de cette ambiguïté.

Pour finir, tu aimerais que les gens retiennent quoi du livre ?
J’aimerais qu’on retienne que le sample n’est pas une pratique caduque ou désuète. C’est une pratique encore très actuelle. Dans le sample, il y a souvent un côté un peu passéiste, réservé aux « puristes ». Peut-être que la culture du sample est moins forte qu’avant, mais elle est toujours très importante dans le hip-hop, et j’ai abordé pas mal de sons modernes pour souligner ça. Ce n’est pas un livre qui s’intéresse uniquement au passé, mais aussi au hip-hop d’aujourd’hui, avec Kendrick, Future, Kaytranada, Lupe Fiasco, Gucci Mane, Drake, etc. J’espère que les gens comprendront ça : le sample, c’est loin d’être fini.

Retrouvez l’interview de Brice Miclet sur le site de i-D

Antoine Mbemba
Vice // i-D 23 janvier 2018

- Bonne feuille : Comment un sample a fait de « It's The Hard Knock Life » de Jay-Z un hit

Le journaliste Brice Miclet publiait le 18 janvier son livre Sample! Aux origines du son hip-hop aux éditions Le mot et le reste. Il y compile cent histoires qui nous offrent une nouvelle lecture de morceaux légendaires. En voici l’une d’entre elle, celle du morceau « It’s The Hard Knock Life » de Jay-Z.

Retrouvez la bonne feuille sur le site de Nova

Brice Miclet
Nova 22 janvier 2018

- Interview de Brice Miclet 2/5

Ellen Ichters interview Brice Miclet dans son “Pony Music” à l’occasion de la sortie de Sample!. Une interview, tout en musique, diffusée en cinq parties, tous les matins de la semaine.

Réécouter l’interview de Brice Miclet en podcast

Ellen Ichters
RTS // Pony Express 23 janvier 2017

- Interview de Brice Miclet 1/5

Ellen Ichters interview Brice Miclet dans son “Pony Music” à l’occasion de la sortie de Sample!. Une interview, tout en musique, diffusée en cinq parties, tous les matins de la semaine.

Réécouter l’interview de Brice Miclet en podcast

Ellen Ichters
RTS // Pony Express 22 janvier 2018

- Tour des échantillons - Sample!

Sample !, avec son point d’exclamation qui sonne comme un mot d’ordre, est le titre du premier livre en français exclusivement dédié au sampling dans le hip-hop. Comme c’est généralement le cas dans cette collection, l’auteur, Brice Miclet, débute par une étude générale, abordant divers aspects le long d’un développement chronologique, avant de s’attarder sur 100 exemples, incontournables ou méconnus, qui amènent de Cloud One samplé par/pour Spoonie G (1979) jusqu’à Billy Paul samplé par/pour Kendrick Lamar (1976/2017). Passionnant, comme d’habitude chez Le mot et le reste.

Lire la chronique sur L’abcdrduson

Greg
L'abcdrduson 23 janvier 2017

- Livre - Sample!

J’ai été contacté sur twitter il y a quelques jours par Brice Miclet, l’auteur du livre « SAMPLE ! Aux origines du son hip-hop »… Et forcément il faut que je vous en parle !

SAMPLE !

C’est le genre d’initiative qui fait plaisir ! Un livre en français qui parle de samples, on ne pouvait pas passer à côté. Sorti prévue le 18 janvier 2018, « SAMPLE ! Aux origines du son hip-hop » est édité par Le mot et le reste. L’ouvrage se veut accessible à tous, et permet d’avoir une compréhension générale de l’importance du sample dans la musique et la culture hiphop.

Des anecdotes, plein !

L’intérêt numéro un du livre – à mon sens – réside dans les très nombreuses anecdotes. Passé l’histoire du sample et les pionniers du sampling, riche en informations, Brice Miclet s’est plongé dans des dizaines de titres afin d’analyser leur origine et le ou les samples qu’ils utilisent. Un véritable travail de fourmi qui passe en revue les histoires de samples qui ont fait la création des morceaux phares du hiphop, mais aussi ceux un peu plus obscurs.

Cette culture du sample fête ses 40 ans : passée d’une méthode de création obscure et décriée, le sampling s’est élevé au rang d’art. Même si certains producteurs vont jouer la facilité avec le sample, on ne peut que saluer le travail incroyable que certains arrivent à produire avec de extraits de vieux morceaux. Un ouvrage qui nous (re)plonge dans cette culture du collage qui puise ses origines dans le funk, le jazz, le rock, le disco, le classique et même la chanson française. Un ouvrage qui salue aussi l’évolution technologique des outils qui permettent de sampler.

Bref, si vous êtes curieux de connaître l’origine des morceaux hiphop à base de samples, en savoir plus sur une culture qui célèbre ses 40 ans, et friand d’anecdotes sur les classiques (mais pas que) du hiphop, ce livre est fait pour vous !

Merci Brice et félicitations pour le travail !

Lire la chronique sur Samples.fr

Yann
Samples.fr 16 janvier 2018

- Bonnes feuilles : Les petites histoires des plus grands samples du hip-hop

On le sait: un sample bien senti peut propulser une production hip-hop au rang de hit. Ce que l’on connaît souvent moins, ce sont le contexte et les anecdotes entourant le choix des extraits à copier.

Notre collaborateur Brice Miclet, dont vous pouvez régulièrement lire sur Slate les articles sur la musique, a publié le 18 janvier 2018 Sample! Aux origines du son hip-hop, aux éditions Le mot et le reste.

Nous en publions ci-dessous un extrait de la note de l’auteur, ainsi que trois des cent fiches que compte l’ouvrage.

Lire les bonnes feuilles de Sample! sur Slate.fr

La Rédaction
Slate 20 janvier
Réalisation : William Dodé - www.flibuste.net - Mentions légales