Parution : 24/05/2018
ISBN : 9782360545414
266 pages (14,8 X 21 cm)

Red Flag

Une histoire du rock chinois

Arrivé tardivement sur le territoire, récemment exposé à la culture occidentale, le rock chinois grandit sur un terreau sans équivalent et offre, depuis les années quatre-vingt, un nouveau souffle inattendu au genre.
Depuis l’ouverture de la Chine en 1978, les musiques alternatives connaissent un essor fulgurant à l’image de l’évolution du pays. À Pékin, la scène indépendante fédère un nombre croissant de groupes, labels, disquaires et clubs, autour d’une même veine contre-culturelle qui transcende les obédiences musicales traditionnelles. Depuis les années quatre-vingt dix, des communautés de musiciens qui veulent s’éloigner de la musique pop préfabriquée de l’État, explorent le rock occidental, s’en inspirent et utilisent les musiques amplifiées comme exutoire. Textes politiques ou chroniques du quotidien, les artistes lui donnent plusieurs formes mais connaissent les limites à ne pas franchir pour ne pas alarmer le Parti. En quarante ans, la Chine a vu grandir les héritiers de la révolution culturelle, la génération de l’enfant unique et celle d’Internet et de la surconsommation : d’acte de rébellion, le rock est devenu mode de vie et, en dépit des chocs générationnels, préserve le désir commun d’empowerment.

Revue de presse

- Playlist - Le rock chinois à tous les temps Coraline Aim Mowno 25 février 2019
- Sélection de Noël Florence Santrot Grazia 22 novembre 2018
- Livre de la semaine Olivier Valerio Radio P.FM // Easy Rider 8 juillet 2018
- "Red Flag", un ouvrage qui retrace l'histoire méconnue du rock chinois Ellen Ichters RTS 1er juin 2018
Pony Music : Interview de Coraline Aim pour " Red Flag - histoire du rock chinois" X/5 Ellen Ichters Pony Express sur la RTS Fin mai 2018

- Playlist - Le rock chinois à tous les temps

1976, alors qu’en Occident on danse sur les chansons de David Bowie ou de Queen, Mao meurt et une fenêtre s’ouvre en Chine sur le reste du monde. Depuis l’ouverture en 1978, les musiques alternatives évoluent au rythme fulgurant du pays. Des communautés de musiciens et d’artistes qui veulent s’éloigner de la pop d’État explorent le rock occidental, et s’en inspirent pour créer une scène d’une veine contre-culturelle.

Si le rock a évolué aussi vite que le pays, c’est grâce à quelques étrangers qui ont apporté leur cassettes, leurs CDs et leurs instruments de musiques avec eux, là où le rock, le blues, la musique classique n’existent pas. Ils ont aidé à apprendre les codes, à monter une tournée, à faire de la promo, à faire un flyer. En 1990, on découvre le heavy metal, les premiers groupes de rock reprennent Iron Maiden et AC/DC. Même si cela n’intéresse qu’une trentaine de personnes, le punk est en vogue tout juste 20 ans après la sortie de Never Mind The Bollocks, Here’s the Sex Pistols (1977). Pékin attire alors les jeunes artistes et musiciens qui se retrouvent dans les bars de la capitale pour jouer devant quelques personnes, la communauté grossit et les genres évoluent peu à peu.

Alors que le pays accueille la planète entière en 2008 pour les JO, la musique indé vit son âge d’or dans les caves pékinoises, et trouve un son spécifique qui sera encore repris dix ans plus tard. Évidemment, le rock est politique, surtout en Chine. Mais s’il a pu incarner des actes de rébellion à l’aube des années 1990, il est aujourd’hui un mode de vie et représente encore et toujours un même désir commun d’empowerment. En quarante ans, le pays a vu grandir les héritiers de la Révolution culturelle, la génération de l’enfant unique, celle d’Internet et de l’hyperconsommation et, parmi les 1,5 milliard d’habitants, une communauté répond à un état d’esprit engagé pour certains, hype pour d’autres.

Je vais en Chine depuis 2004. Lors de ce premier voyage, je passe presqu’un mois à Pékin sans parler un mot de chinois, à errer dans les rues, à visiter les grands monuments, et à faire la fête dans des petits bars dont je parle dans ‘Red Flag‘ quinze ans plus tard. C’était la Chine d’avant les Jeux Olympiques de 2008, mais le pays commençait déjà à préparer l’événement qui allait montrer au reste du monde l’image de super puissance qu’elle s’apprêtait à devenir. En rentrant en France, je décide de repartir pour un temps plus long. Je m’installe à Shanghai en 2006 pour apprendre le Mandarin. Là, je découvre une petite scène rock. Shanghai est à l’époque une ville de plus ou moins 18 millions d’habitants et il n’y a qu’une seule salle pour y voir des concerts. Yuyintang est toute petite et affreusement sale, ça pue la bière, la clope et la mauvaise viande grillée, mais c’est un petit sanctuaire paradisiaque et festif où résonnent les guitares. On sent surtout qu’on est très loin de la Chine de la surconsommation. Je ne me rends pas du tout compte à l’époque que je suis témoin de l’émergence d’une scène. J’y vois jouer les groupes qui sont aujourd’hui les pionniers de l’indé chinois.

La communauté rock n’est pas à Shanghai : c’est à Pékin que tout se passe. Quand j’y vais en week-end, j’en profite pour aller à D-22, la salle qui a permis au rock chinois de devenir ce qu’il est aujourd’hui. Malgré la censure très forte, il y règne une certaine liberté. D-22 a été le QG de la communauté musicale pré-2008 et a permis aux musiciens de se côtoyer. Aller écouter un concert en Chine, c’est se retrouver face à des plateaux sans véritable cohérence pour nous qui sommes habitués à nos salles occidentales où un groupe de brit pop ne jouera jamais avant un groupe de hardcore. C’est pour ces raisons que tout va extrêmement vite : malgré soi, on entend des choses différentes en permanence, tout le monde joue ensemble, ce qui aide les musiciens à évoluer, à explorer les différents genres et à rattraper les décennies de retard qu’ils ont sur l’Occident.

J’écris mon premier article sur le sujet en 2009. En 2013, je suis de nouveau en Chine quelques semaines, et j’en profite pour faire un reportage sur l’évolution de la scène rock pékinoise. Il n’y a aucune info, et je finis par écrire le livre dont j’ai besoin, sorti en mai 2018 aux Éditions Le Mot et le Reste. Je me rapproche des labels, des groupes, des directeurs de salles, des quelques vendeurs de disques, je me mets à côtoyer les punks, les rockers, les anticapitalistes et les anarchistes. Il y a peu de monde qui s’intéresse au rock dans ce pays de 1,5 milliard d’habitants, et ceux qui en font partie sont très heureux de raconter ce qu’ils font. L’article se transforme en livre dans lequel j’ai tenté de décrire, à travers la musique, l’évolution du pays depuis la mort de Mao. Dans Red Flag, j’ai choisi de raconter une Chine qu’on n’imagine pas en Occident, celle des caves underground, de la contre-culture qui se manifeste contre le Parti, et d’une petite communauté qui, par la musique, souhaite s’éloigner de l’hyper capitalisme, et ne pas répondre à l’éducation chinoise ‘nice job, nice house, nice car’.

Rendez-vous sur Mowno pour lire l’article et découvrir les deux playlists concoctées par Coraline Aim

Coraline Aim
Mowno 25 février 2019

- Sélection de Noël

Noël 2018 : 13 livres à offrir pour être sûr de faire plaisir

Dans cet essai, Coraline Aim se penche sur l’histoire du rock chinois depuis 1978, année où les musiques alternatives ont été autorisées dane la pays. “En 40 ans, la Chine a vu grandir les héritiers de la révolution culturelle, la génération de l’enfant unique et celle d’Internet et de la surconsommation : d’acte de rébellion, le rock est devenu mode de vie et, en dépit des chocs générationnels, préserve le désir commun d’empowerment.”

La sélection en ligne(page)/9

Florence Santrot
Grazia 22 novembre 2018

- Livre de la semaine

L’équipe de Easy Rider vous explique pourquoi vous ne pouvez pas passer à côté du livre de Coraline Aim.

Réécouter le podcast de l’émission

Olivier Valerio
Radio P.FM // Easy Rider 8 juillet 2018

- "Red Flag", un ouvrage qui retrace l'histoire méconnue du rock chinois

Dans son ouvrage Red Flag, la journaliste française Coraline Aim retrace l’histoire du rock chinois qui, depuis les années 1980, s’épanouit sur un terreau sans équivalent, entre censure et créativité débridée.
“Depuis l’ouverture de la Chine en 1978, les musiques alternatives connaissent un essor fulgurant à l’image de l’évolution du pays. À Pékin, la scène indépendante fédère un nombre croissant de groupes, labels, disquaires et clubs, autour d’une même veine contre-culturelle qui transcende les obédiences musicales traditionnelles”, relève la journaliste française Coraline Aim dans ”Red Flag, une histoire du rock chinois” (Le Mot et le Reste).

Les groupes s’inspirent du rock occidental dans un répertoire fait de textes politiques ou chroniques du quotidien tout en veillant à ne pas franchir les limites imposées par le Parti communiste qui a la censure aisée.

Ces héritiers de la Révolution culturelle impose peu à peu le rock comme un mode de vie alternatif. Ils découvrent aussi quelques groupes occidentaux sur scène qui les influenceront durablement: ainsi des synthétiseurs de Jean-Michel Jarre, qui est le premier artiste occidental à se produire live pour cinq concerts en Chine en 1981, avant la pop de Wham! en 1983. Tandis que U2, Björk ou Radiohead restent pour leur part interdit de territoire chinois malgré d’énormes festivals rock comme le Strawberry à Shangaï qui se sont développés et ouvert depuis aux groupes américains et européens.

Naissance de l’hymne du rock chinois en 1986
C’est le 9 mai 1986 que naît la chanson contestataire Je n’ai rien de Cui Jian, qui devient l’hymne du rock chinois et celui des étudiants protestataires de la place Tiananmen tout en signant sa véritable naissance. Par la suite, le chanteur Cui Jian, considéré comme l’un des pionniers du rock chinois, sera invité sur scène par les Rolling Stones qui respectent cette figure hautement symbolique.

Suivront d’autres formations comme Breathing (Huxi), Cobra, Zang Tianshuo’s 1989, Chi Zhigiang, Dou Wei, Kaiser Kuo, Zheng Jun ou, plus récemment, Infaillible et Black Panther (Hei Bao), l’un des groupes les plus connus.

Oscillant longtemps entre essor et déclin au rythme de la censure médiatique notamment du régime, le rock chinois connaît un regain avec l’avènement d’Internet qui va permettre de doper sa créativité et d’investir à peu près tous les sous-genres du rock.

Pour écouter l’interview dans Pony Express de Coraline Aim et/ou regarder un extrait live du pionnier du rock chinois Cui Jian cliquez ici

Ellen Ichters
RTS 1er juin 2018

Pony Music : Interview de Coraline Aim pour " Red Flag - histoire du rock chinois" X/5
Coraline Aim s’est faite interviewer par Ellen Ichters pour l’émission Pony Express sur la RTS. L’interview est divisé en un feuilleton de 5 épisodes dont 3 sont déjà disponibles en cliquant ici
Ellen Ichters
Pony Express sur la RTS Fin mai 2018
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