Parution : 16/08/2012
ISBN : 9782360540631
432 pages (148 x 210)

26.00 €

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Protest Song

la chanson contestataire dans l’Amérique des sixties

Par un singulier paradoxe, une génération entière a adopté cette musique comme univers sonore de ses propres révoltes et, ce faisant, a contribué docilement à l’expansion culturelle de l’empire le plus dominateur du moment, les États-Unis. Là où certains pensaient que la révolution s’exportait en musique, des réseaux de ventes se formaient, une industrie se constituait et, imperceptiblement, transformait ceux qui se croyaient compagnons d’armes en consommateurs fidèles.

La décennie des turbulentes sixties a amené bien des transformations tant sur les plans économiques, sociaux et culturels. L’histoire s’était comme accélérée. La révolution musicale qu’a provoquée le rock en est l’un des faits marquants, « parce que première à être vraiment globale et populaire ».
Ce livre étudie la révolution musicale et sociale des sixties à travers le prisme de la chanson contestataire américaine. Il s’ouvre sur l’arrivée de Bob Dylan à New-York en 1961 et se referme en 1972, alors que Joan Baez chante sous les bombes américaines, à Hanoï. Entre temps, les auteurs nous auront plongé dans l’évolution des bandes-son qui accompagnèrent toutes les revendications (droits civils, pacifisme, féminisme, nouvelle gauche, droits des amérindiens, etc.), depuis le revival folk, où le texte primait, jusqu’aux explosions de la guitare électrique, devant lesquelles le texte s’efface peu à peu, en passant par la british invasion et ses apports.

Revue de presse

- Interview - L'air de la révolte Claire Chazal France 5 / Entrée libre 16 février 2017
- Protest Song Dissidences 27/02/2014
- Coup de coeur de La Matinale Christophe Bourseiller France Musique 03 avril 2013
- Protest Song Olivier VERDUN La Cause littéraire 11 janvier 2013
- La victoire en chantant Rodéric Mounir Le Courrier 4 novembre 2012
- Protest Song Noé Gaillard Murmures OCTOBRE 2012
- Protest Song Olivier VALERIO Radio P.FM // Easy Rider 14 octobre 2012
- Il y en a qui contestent Julien Broquet Focus Vif 31 août 2012

- Interview - L'air de la révolte

De Bob Dylan à Beyoncé, retour sur le revival de la protest song américaine et son histoire.

Entrée Libre a fait appel à Charles Gancel pour parler de son ouvrage et la chanson protestataire.

Revoir le reportage sur le site de France 5

Claire Chazal
France 5 / Entrée libre 16 février 2017

- Protest Song

Magnifique article sur le Protest Song du magazine Dissidences.

À retrouver ici : Protest Song

Dissidences 27/02/2014

- Coup de coeur de La Matinale
Le livre Protest Song de Yves Delmas et Charles Gancel était le coup de coeur de Christophe Bourseiller dans La Matinale de France Musique. // Podcast en écoute ICI
Christophe Bourseiller
France Musique 03 avril 2013

- Protest Song

Le livre que signent Yves Delmas et Charles Gancel aux Éditions Le Mot Et Le reste, Protest Song. La chanson contestataire dans l’Amérique des Sixties, se définit d’emblée non comme un livre d’Histoire mais d’histoires, non comme un documentaire, mais un concert. Il s’agit, au fil des morceaux de l’époque, depuis l’arrivée de Bob Dylan à New York en 1961 jusqu’au concert de Joan Baez en 1972, chantant sous les bombes américaines à Hanoï, de retracer, à travers le prisme de la chanson contestataire américaine, la révolution musicale et sociale des années soixante.

Un parcours de plus de dix ans, qui plonge le lecteur dans les tribulations de l’Amérique d’alors, traversée par trois grands mouvements : la lutte pour les droits civiques des Noirs, le triomphe de Dylan et du protest song traditionnel (1961–1964) ; la naissance du folk-rock, la guerre du Viêtnam, la radicalisation noire et la contre-culture (1965–1968) ; la troisième est marquée par l’opposition à la guerre du Viêtnam, puis par le reflux du protest song. Le livre, très érudit, retrace donc une décennie de turbulences qui ont amené de profondes transformations tant sur les plans économiques, sociaux et culturels.

Par un singulier paradoxe dont l’histoire a le secret, le message contestataire des Sixties participera à l’hégémonie de l’empire américain qu’elle n’avait pourtant cessé de prendre pour cible : « une génération entière a adopté cette musique comme univers sonore de ses propres révoltes et, ce faisant, a contribué docilement à l’expansion culturelle de l’empire le plus dominateur du moment, les Etats-Unis. Là où certains pensaient que la révolution s’exportait en musique, des réseaux de ventes se formaient, une industrie se constituait et, imperceptiblement, transformait ceux qui se croyaient compagnons d’armes en consommateurs fidèles ».

L’intérêt de ce tableau en paroles et en musiques, qui nous conduit du revival folk, où le texte primait, aux explosions de la guitare électrique, devant lesquelles le texte s’efface peu à peu, en passant par les apports de la british invasion, est de dresser un parallèle saisissant entre l’évolution des bandes-son et les revendications qui ont contribué très largement à façonner, pour le meilleur et pour le pire, les États-Unis d’aujourd’hui – droits civils, pacifisme, féminisme, droits des Amérindiens, des Noirs, etc.

LA CAUSE LITTÉRAIRE

Olivier VERDUN
La Cause littéraire 11 janvier 2013

- La victoire en chantant

CHANSON Un livre, «Protest Song», retrace l’émergence du genre dans les sixties. Du flower power aux Printemps arabes en passant par les banlieues, la contestation a toujours forgé ses hymnes.

Une chanson peut-elle changer le monde? Sans doute pas. Mais combien ont accompagné un mouvement contestataire, parfois au prix de la vie de leur auteur? Si les chansons ont valeur de symbole, elles ont aussi l’avantage de survivre aux dictateurs et aux bourreaux. Et auparavant, elles participent à leur discrédit moral. Aujourd’hui, les réseaux sociaux amplifient la diffusion des hymnes protestataires: ainsi de «Yalla irhal ya Bachar» («Allez dégage Bachar»), qui a valu au Syrien Ibrahim Qachouch d’être égorgé par les sbires du régime, ses cordes vocales arrachées par vengeance. «Kelmti horra» d’Emel Mathlouthi, hymne à la liberté d’expression repris par la foule pendant la Révolution de jasmin tunisienne, a fait le tour de la Toile. Quant au rappeur marocain Mouad Belghouat, alias Lhaqed («l’enragé»), il purge une peine d’un an de prison pour outrage à la police de Mohammed VI, l’ami des élites françaises.
Sous nos latitudes, les hymnes contestataires se font rares. Le rap, dans une certaine mesure, a repris le flambeau dans une veine provocatrice parfois dérangeante, taxée d’«anti-France» par certains dans l’Hexagone. En Grande-Bretagne, les chantres du grime – dérivé du hip hop – ont annoncé et commenté les émeutes de l’été 2011, dans le style «journalisme direct» qui caractérise les musiques urbaines. Mais on est loin de l’audience qu’ont pu avoir les saillies punk des Clash, tels «White Riot» ou «Guns of Brixton», relatives à des émeutes et violences policières. Rendons à César ce qui lui revient, le poète Linton Kwesi Johnson tenait des propos prophétiques dès 1978, en scandant «All Wi Doin’ Is Defendin’» («Tout ce qu’on fait c’est se défendre»).

TROIS ASPIRATIONS AU CHANGEMENT
L’âge d’or de la chanson contestataire, ce sont les années 1960, rappelle un ouvrage très complet, Protest Song d’Yves Delmas et Charles Gancel, paru chez Le Mot et le Reste. Les auteurs ont circonscrit leur récit à la période qui s’ouvre avec l’arrivée de Bob Dylan à New York, en 1961, et se referme avec la désescalade au Vietnam en 1972. L’ouvrage replace habilement cette décennie charnière dans son contexte politique et historique. Les Etats-Unis, promesse de liberté et culture de la violence, melting pot bâti sur le génocide des Indiens et l’esclavage, idéal démocratique doublé d’un impérialisme belliqueux. Les Sixties représentent ce point de rupture entre les aspirations égalitaires d’une génération et les résistances d’un système pétri de contradictions. Les «Protest Songs» concentrent trois aspirations au changement convergentes: mouvement pour les droits civiques des Noirs, opposition à la guerre du Vietnam et contre-culture. Alors que la communication de masse et l’industrie du divertissement installent leur domination.
Au-delà d’un conteur populaire de la trempe de Dylan, capable de toucher le grand public, on relèvera l’influence de pionniers comme Woody Guthrie et Pete Seeger, figures de la gauche étasunienne engagées aux côtés de la classe ouvrière et persécutées pour «activités anti-américaines». Woody Guthrie fut l’auteur en 1940 de l’emblématique «This Land Is Your Land», repris par Neil Young, Johnny Cash, Bruce Springsteen ou Ani Difranco. Le texte décrit le périple du narrateur à travers une terre qui, malgré les injustices et la pauvreté, «est la nôtre». Sur la guitare de Guthrie, on peut lire «cette machine tue les fascistes». Ses chansons country parfois inspirées de vieux gospels ont accompagné d’innombrables grèves avant que les folkloristes de Greenwich Village ne s’intéressent à lui.
Avant la jonction idéologique entre les activistes noirs du Black Panther Party et les gauches étudiante, syndicaliste et hédoniste, le mouvement pour les droits civiques de Martin Luther King a compté sur ses propres forces. Et sur des mantras comme «We Shall Overcome», ou «Oh Freedom» d’Odetta, capables de cimenter les marches de défiance face à la police du Sud raciste. En 1939, la chanteuse de jazz afro-américaine Billie Holiday avait tenu à interpréter «Strange Fruit», terrible complainte sur les lynchages écrite par un juif russe du Bronx, militant communiste, Abel Meeropol.
Les Amérindiens à leur tour ont brandi des chants de mémoire et de revendication – Buffy Sainte-Marie avec «Bury my Heart at Wounded Knee» («Enterre mon cœur à Wounded Knee») en rappel du massacre du 29 décembre 1890, et le pacifiste «Universal Soldier». Aux consciences folk Phil Ochs, Joan Baez, Donovan et Dylan a succédé l’énergie du rock et des entertainers soul-funk affranchis James Brown, Edwin Starr, Marvin Gaye, Stevie Wonder, Sly and the Family Stone.
Tous ces chants ont soudé la contestation et inspiré les luttes à venir. Protest Song éclaire avec force traductions de chansons cette éclosion. On lui adjoindra l’excellente compilation du même nom (au pluriel), éditée par Not Now. Tous les grands noms folk et leurs ancêtres blues, gospel et country y figurent. A l’exception notable de Bob Dylan, dont l’engagement reste sujet de controverses…
«La contestation a besoin d’une bande-son»

Yves Delmas et Charles Gancel ont eu la chance de voir épuisée la première édition de Protest Song (Textuel, 2005). La réédition chez Le Mot et le Reste est pour eux l’occasion de corriger de menues erreurs et d’ajouter des éléments négligés lors du premier jet. Entretien avec Yves Delmas, un passionné de rock et d’histoire, qui voulait relever le défi d’un ouvrage solidement documenté et dûment sourcé.

Vous situez le déclin des «protest songs» en 1972, quand les Etats-Unis entament leur retrait du Vietnam.
Yves Delmas: Il fallait bien s’arrêter quelque part. On aurait pu choisir Altamont, en décembre 1969, qui marque la fin du rêve communautaire (concert tristement célèbre des Rolling Stones soldé par un mort, ndlr). Mais l’inflexion de la politique américaine au Vietnam, avec la baisse substantielle du nombre d’appelés, marque un vrai tournant dans la contestation. Les militants de la première heure se rangent, beaucoup soutiennent la candidature du démocrate McGovern contre Nixon. A l’image d’Abbie Hoffman et Jerry Rubin, du Youth International Party, qui publient leur manifeste Vote! Avec l’étouffement du Black Panther Party par la répression policière, il y a une conjonction de phénomènes qui explique le reflux de la contestation.

C’est le moment où John Lennon et Yoko Ono quittent l’activisme pour se concentrer sur la vie de famille, loin des médias. Mouvement symptomatique?
– Lennon est un personnage compliqué. Il passe la seconde moitié des années 1970 à pétrir son pain et jouer les papa poule dans sa résidence new-yorkaise, après avoir milité le poing levé et subi les persécutions du FBI. Plus à gauche que les autres Beatles, il avait été très frustré par les consignes du manager Brian Epstein de ne pas aborder la question du Vietnam dans les médias. Il s’était rêvé chantre de la contre-culture, mais son engagement sera marqué par une certaine confusion. A un moment, il flirte même avec l’IRA.

Une compilation de 50 «Protest Songs» emblématiques ignore superbement Bob Dylan, cela vous surprend?
– Dylan, c’est le traître absolu! Il a déçu tout le monde et s’en délecte. Sa posture est très assumée: «Je ne vous ai jamais rien promis.» Sa faculté de conteur prodigieux lui a énormément servi: en 1963, on ne voit que lui, il n’a que 22 ans. L’idole, le surdoué, devient brusquement le «jaune» lorsqu’il tourne le dos au folk pour devenir une rockstar. Mais il a très largement sa place au panthéon des «Protest Songs» avec au moins dix titres, dont le prophétique «Blowin’ in the Wind» et «The Lonesome Death of Hattie Carroll», qui raconte un fait divers réel, le meurtre d’une jeune domestique noire. Il n’a même pas besoin de mentionner que le coupable est un Blanc, c’est une évidence. Tout le génie de Dylan, même si on lui a reproché ce choix.

L’électricité est-elle incompatible avec un message protestataire?
– «Star-Spangled Banner» par Jimi Hendrix est aussi subversif qu’un texte de Tom Paxton (figure de la scène folk étasunienne, ndlr). Mais avec l’électricité, le texte passe en retrait, la subversion devient plus formelle. «Born in the USA» de Springsteen est un bon exemple: voilà une pure chanson engagée dont on a tellement peu écouté le texte que certains l’ont compris à l’envers. On ne compte pas les politiciens conservateurs qui ont utilisé cette chanson.

La conclusion de votre livre brocarde le «rock-charité» des années quatre-vingt, incarné par «We Are The World» et «Live Aid».
– Le mauvais goût mêlé à la bonne conscience! Le milieu des années quatre-vingt n’est pas la meilleure période pour la musique (rire). Si l’on excepte quelques joyeux survivants de l’après-punk, les Clash, Smiths, Elvis Costello, c’est le désert. En France, par contre, Renaud et Trust ont fait vibrer la corde contestataire.

Les «Protest Songs» sont révolues?
– Les rebelles ont vieilli, ils sont devenus amis avec Tony Blair et Obama… Le mouvement altermondialiste n’a pas eu d’emblèmes à la hauteur des enjeux défendus, Manu Chao faisant figure de belle exception. Citez-moi un hymne contestataire des cinq ou dix dernières années, je serais bien incapable de vous en citer un.

LE COURRIER

Rodéric Mounir
Le Courrier 4 novembre 2012

- Protest Song

En dessous de la mention de copyright figure une petite information : le présent ouvrage est la réédition du même publié en 2005 par les éditions Textuel. Les éditions Le Mot et le Reste ont donc l’heureuse initiative de remettre sur le marché un ouvrage que ceux qui ont pris conscience du monde dans le foisonnement musical des sixties auront plaisir à découvrir (se faire offrir). Et les autres ? me direz-vous ! Et bien ils trouveront là matière à réflexion et à connaissance comme dans un livre d’Histoire.

Car c’est bien d’un livre d’Histoire qu’il s’agit, même si au second degré on s’amusera ou s’attristera du comportement de certains tel qu’il est aussi rapporté ici.

Un rapide coup d’œil à l’index des noms cités montre que le personnage, la personne la plus citée dans ces pages est Bob Dylan (la note en bas de la page 173 est très intéressante). Et il est indéniablement avec son maître, Woody Guthrie, le seigneur (directement et indirectement) de la chanson contestataire. Peut-être devrais-je dire qu’il fut, mais comme cinquante ans plus tard on chante, on écoute encore ses chansons (Blowin in the wind, All along the watchtower, etc.)... Les autres (Phill Ochs, Donovan, Barry McGuirre, etc.) ne sont pas tous de simples ou vulgaires suiveurs, ils ont eu aussi une certaine part de notoriété avec leurs chansons. Le lecteur se surprendra sans doute à fredonner un We shall overcome en en lisant l’extrait des paroles mais surtout de Strange Fruits. Aujourd’hui il replacera ce qu’il a chanté dans le courant de l’histoire politique internationale et peut-être se souviendra-t-il qu’en Europe aussi on a une longue tradition de chanson contestataire. Après lecture ou mieux pendant fouillez votre discoCDthèque pour dénicher ce que vous avez conservé ou voir ce qu’il vous manque…

Bonnes écoutes.

Noé Gaillard
Murmures OCTOBRE 2012

- Protest Song

Protest Song est le livre de la semaine dans l’émission hebdomadaire Easy Rider.
Une chronique à réécouter ICI

EASY RIDER

Olivier VALERIO
Radio P.FM // Easy Rider 14 octobre 2012

- Il y en a qui contestent

IL Y EN A QUI CONTESTENT
FOLK OU ÉLECTRIQUE, LA GUITARE A CRISTALLISÉ LA PROTESTATION DANS L’AMÉRIQUE DES ANNÉES 60. BOB DYLAN, PHIL OCHS, JOAN BAEZ, JANIS JOPLIN… UN LIVRE RACONTE
Si aujourd’hui la protest song et le chanteur engagé ont pour ainsi dire disparu, si le folk et le rock ont été vidés de leur substantifique moelle, devenant à la fois une arme de guerre aux mains des puissants, la B.O. du soldat qui fait feu, décérébré par son walkman, et un élément incontournable de toute campagne électorale, la guitare est encore dans les années 60 l’emblème de la liberté. Une liberté sociale, politique et générationnelle que raconte en long, en large et en travers l’ouvrage d’Yves
Delmas et de Charles Gancel réédité par Le Mot et Le Reste. Protest Song, La Chanson contestataire dans l’Amérique des sixties étudie en musique la révolution sociale et culturelle d’une décennie mouvementée où le cours de l’histoire s’est accéléré. Le livre épluche les trois grands mouvements qui ont ébranlé les Etats-Unis entre 1961 et 1972: la lutte pour les droits civiques, la contre-culture et l’opposition à la Guerre du Vietnam. Il décortique aussi le triomphe de Bob Dylan et de la protest song, la naissance du folk rock, le déclin et la naissance de la rock music docile et l’après-Protest, l’émergence souvent poisseuse du rock humanitaire…
Le folk aux avant-postes
Sur plus de 400 pages, Charles Gancel, nouvelliste, musicien, spécialiste de la musique américaine des années 60, et Yves Delmas dressent la bande son de la contestation.
Du revival folk où le texte prime jusqu’à l’explosion des guitares électriques en passant par la british invasion et le rôle des Beatles, ils rendent hommage à ceux qui contestent, qui revendiquent et qui protestent.
“Droits civiques, pacifisme antinucléaire, opposition à la Guerre du Vietnam.Écologie, famines, pauvreté... Chaque fois que les États-Unis font un virage vers la gauche, la musique folk figure aux avant-postes.”
Protest Song… , c’est donc Joan Baez qui impose la non-ségrégation du public dans les salles où elle se produit et qui, ayant déterminé que 60% de ses impôts sont consa-
crés aux dépenses militaires, retient pendant 10 ans la somme correspondante pour l’octroyer à des associations caritatives, l’administration fiscale sur le dos.
C’est Buffy Sainte-Marie et Peter Lafarge qui expriment l’humiliation et la spoliation des Indiens… Puis évidemment Bob Dylan (son père spirituel Woody Guthrie), Phil Ochs, les Byrds, Janis Joplin, le Jefferson Airplane, Jimi Hendrix, Woodstock, Zappa, le Grateful Dead, le MC5…
Ouvrage documenté, passionnant et instructif, cette nouvelle édition (l’original date de 2005) est accompagnée d’une conclusion qui met en lumière les sixties au regard de notre époque. Dans le temps, pendant que la “révolution” s’exportait, une industrie naissait. Celle qui se fissure aujourd’hui alors que se remettent à poindre quelques contestataires et musicaux soubresauts. Bientôt le retour des guitares rebelles?

Julien Broquet
Focus Vif 31 août 2012
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