Parution : 16/09/2021
ISBN : 9782361398699
240 pages (14,8 x 21cm)

Nina Simone

Un travail de longue haleine qui permet de proposer la biographie la plus complète sur Nina Simone.
De sa jeunesse américaine dans le Sud ségrégationniste à ses dernières années passées en France, la vie de Nina Simone se lit comme un roman. Enfant prodige blessée par le racisme, elle fait ses débuts dans les clubs d’Atlantic City avant de triompher sur les scènes du monde entier. Très tôt engagée dans la lutte pour les droits civiques, elle mêle avec succès art et militantisme, mais des problèmes personnels graves viennent entraver sa carrière. Après des années de galère, notamment parisiennes, elle renoue avec le succès grâce au triomphe inattendu de la réédition de 1987 de « My Baby Just Cares For Me ». Cette biographie met en lumière le parcours d’une artiste, tardivement reconnue comme la créatrice majeure qu’elle a été, ainsi que son influence, qui dépasse largement le cadre de la musique.

Revue de presse

- Nina Simone Sophie Chambon Dernières Nouvelles du Jazz 12 octobre 2021
- Nina Simone Guy Donikian La Cause Littéraire 11 octobre 2021
- Interview de Frédéric Adrian Laurent Sapir et Sébastien Vidal TSF Jazz // Caviar et champagne 6 octobre 2021
- Nina Simone Dominique Boulay Paris Move 1er octobre 2021
- Nina Simone RTBF La Première // Le Mug' d'ouverture 29 septembre 2021
- Nina Simone Laurent Sapir TSF Jazz 27 septembre 2021
- Nina Simone Agnes Léglise Rock&Folk septembre 2021
- Nina Simone Thierry Sartoretti RTS // L'écho des pavanes 24 septembre 2021
- Ils sont fascinés par Bach ! Stéphane Bern et Matthieu Noël Europe 1 // Historiquement vôtre 14 septembre 2021
- Nina Simone Ulrick Parfum Soul Bag 16 septembre 2021
- La vie tumultueuse de Nina Simone Ombline Roche Europe 1 // La partition 16 septembre 2021
- Nina Simone Laure Albernhe et Mathieu Beaudou TSF Jazz // Les Matins 16 septembre 2021
- Nina Simone Alex Dutilh Jazz Culture // France Musique 16 septembre 2021
- Nina Simone, black life’s matter Guillaume Malvoisin PointBreak 8 septembre 2021
- Nina Simone Thibaut Allemand LM Magazine 4 septembre 2021

- Nina Simone

A voir le nombre de critiques de la biographie de Frédéric Adrian, on mesure, près de vingt ans après sa disparition, survenue en avril 2003, la fascination qu’exerce toujours Nina Simone. A quel point Eunice Waymon contribua à forger sa légende, à devenir ce personnage tragique, cette figure iconique de la communauté afro-américaine, c’est ce que montre ce spécialiste de la Great Black Music, dans son Nina Simone, paru aux excellentes éditions marseillaises Le Mot et le Reste. L’originalité de ce travail est de ne pas imprimer la légende justement mais de donner à lire un récit au-delà du mythe, de s’en tenir aux faits et aux dates, à toutes les parutions critiques lors des concerts, tournées, sorties de disques. Un travail d’archiviste-chercheur qui démêle le vrai du faux, raconte à partir de plus de mille cinq cents coupures de presse, la vie tragique de cette diva, extravagante, colérique, blessée par le racisme dès son plus jeune âge. Sans se laisser trop influencer par ce que l’on sait d’elle ni sur ses dernières années, navrantes à plus d’un titre. Oublier le mythe, les réactions imprévisibles d’un phénomène qu’on venait voir, attendant l’incident, la crise comme avec Judy Garland ou même l’actrice Vivien Leigh.
L’auteur s’est appuyé sur une documentation sérieuse, une bibliographie copieuse en anglais dont la propre autobiographie de Nina Simone I put a spell on you, parue en 1992, évitant l’écueil d’une vision trop personnelle privilégiant un angle particulier, musique ou vie privée avec anecdotes croustillantes, scandales et autres caprices de la diva. Il ne raconte pas la vie de Nina Simone telle qu’on l’imagine, il n’écrit pas de roman même si, par bien des aspects, sa vie fut un roman, de sa jeunesse dans le sud ségrégationniste à ses dernières années en France à Carry le Rouet, près de Marseille. On reste au plus près de la femme, pas du personnage, restituant la vitalité extraordinaire, le caractère bien trempé, les aspirations spirituelles, mais aussi la mélancolie, la déraison, la conviction que sa couleur et son sexe avaient été ses malédictions.
Les 231 pages se lisent d’un trait, pris au piège dès la première phrase, acte de (re)naissance de la musicienne. […]

Incisif, passionnant, ce livre à l’écriture simple et fluide, est l’histoire d’une vocation contrariée qui donnera l’une des carrières les plus singulières. Clarifiant les points délicats d’une vie tourmentée toujours au bord de la chute, déjouant toute caricature, c’est une vraie entreprise de démolition de tous les clichés, au fil de pages qui dessinent le portrait en creux d’une icône du mouvement des Droits civiques autant qu’une femme en prise à sa bipolarité (qu’on ne nommait pas ainsi à l’époque) et à son alcoolisme. Si elle fait du jazz, c’est à sa manière. […]

Ce n’est pas l’un des moindres mérites de la biographie de Frédéric Adrian que de citer de larges extraits des grandes plumes de l’époque, les Lucien Malson, Maurice Cullaz et autres chroniqueurs au Monde, Jazz Magazine ou Jazz Hot, secouant présent et passé dans notre mémoire à la façon d’un shaker.

L’article est à retrouver en intégralité sur les Dernières Nouvelles du Jazz

Sophie Chambon
Dernières Nouvelles du Jazz 12 octobre 2021

- Nina Simone

Eunice Kathleen Waymon est née le 21 février 1933, Nina Simone est née, elle, un après-midi de juin 1954, dans un petit club d’Atlantic City, le Midtown Bar. Entre ces deux dates, la vie de la future Nina Simone va osciller entre musique, très tôt, et prise de conscience du monde dans lequel elle est née. […]
C’est là que va naître la musique de Nina Simone, ce style très personnel, qui aujourd’hui encore séduit par sa richesse, son énergie, dont elle usera aussi pour délivrer, parfois avec hargne, son message anti-raciste qui occupera une grande partie de sa vie, jusqu’à causer chez la géniale chanteuse des troubles psychiques, perturbant à de nombreuses reprises les concerts « déconcertants » qu’elle donnera.
Frédéric Adrian offre ici un portrait qui fait une large place à l’évolution musicale de Nina Simone. S’il porte l’attention sur les difficultés personnelles de Nina Simone, c’est pour mieux expliciter sa trajectoire musicale, qui, une fois encore, constitue l’essentiel de l’ouvrage, et c’est tant mieux.

Une chronique à retrouver en intégralité sur La Cause Littéraire

Guy Donikian
La Cause Littéraire 11 octobre 2021

- Interview de Frédéric Adrian

Ogres et ogresses

Personnalités et personnages hors-normes pour ce numéro de rentrée de Caviar pour tous Champagne pour les autres avec Thomas de Pourquery et son nouvel album Back In The Moon, Nina Simone racontée par Frédéric Adrian, ou encore l’incroyable histoire de Stéphanie St Clair, la marraine de Harlem au temps de la Prohibition… Autant de profils particulièrement dissipés, subversifs, parfois le poing levé... Bref, des tempéraments débordants, perchés, dévoreurs… ogres et ogresses par rapport à un environnement général parfois bien fade, sachant que ces mêmes ogres et ogresses — c’est en tout cas le titre générique de ce numéro de rentrée de Caviar et champagne — peuvent aussi faire preuve d’une véritable finesse d’âme…

Réécouter l’émission sur TSF Jazz

Laurent Sapir et Sébastien Vidal
TSF Jazz // Caviar et champagne 6 octobre 2021

- Nina Simone

La Diva est décidément à l’honneur par les temps qui courent. Frédéric Adrian, de son côté, publie son “Nina Simone” aux Editions Le Mot et Le Reste. Lui qui est journaliste et qui nous a déjà proposé les biographies de Marvin Gaye, Otis Redding, Stevie Wonder ou Ray Charles au Castor Astral nous permet de faire plus ample connaissance avec Nina Simone tout en nous livrant une histoire des Etats-Unis qui n’a pas grand chose à voir avec l’imagerie habituelle… Et voici que le label Frémeaux & Associés édite un superbe coffret dans lequel on retrouve 7 LPs ou 4CDs de Madame Nina Simone. Du premier album qu’elle enregistra en 1959, Little girl blue, en passant par les suivants qu’elle enregistra ensuite pour Colpix Records, The amazing Nina Simone, 1959, Nina Simone at Town Hall, 1959, Nina Simone sings Ellington, 1962, Nina at Newport, 1960, Forbidden fruit, 1961, Nina Simone at the Village Gate, 1962, et les titres de sept 45 tours enregistrés entre 1960 et 1962. L’amateur éclairé aura ainsi tout loisir d’écouter attentivement et d’approfondir minutieusement sa connaissance de l’œuvre de la petite fille pauvre née à Tryon, en Caroline du Nord, et le profane de découvrir une œuvre majeure de La musique américaine. En tout, vous avez ici 77 chansons de différents compositeurs, parmi les plus grands, qu’elle a immortalisées de manière définitive: Duke Ellington, Billie Holiday, George & Ira Gershwin, Cole Porter, Oscar Brown (le titre devenu culte “Forbidden Fruit”) et une multitude d’autres que je n’ai pas la place de citer ici mais qui méritent toute votre attention. Une œuvre essentielle du patrimoine musical mondial!

Une chronique à retrouver sur Paris Move

Dominique Boulay
Paris Move 1er octobre 2021

- Nina Simone

Frédéric Adrian était dans Le Mug d’ouverture sur La Première RTBF pour parler de sa biographie de Nina Simone.

Réécouter l’émission

RTBF La Première // Le Mug' d'ouverture 29 septembre 2021

- Nina Simone

Dans la biographie si captivante et attentionnée que lui consacre Frédéric Andrian, Nina Simone est appréhendée à la bonne distance, elle qui a tant souffert d’en manquer…
[…]

Ainsi Frédéric Adrian nous raconte-t-il, et toujours à la bonne distance comme dans ses autres biographies dédiées à la Great Black Music, ce que fut Nina Simone et ce qu’elle aurait aimé être. Il lui faut pour cela zigzaguer avec la légende: l’enseignement reçu à la prestigieuse Julliard School ? Il n’a guère duré plus de six semaines. Le Curtis Institute qui refuse de la prendre ? Difficile d’y voir le “racisme institutionnel ” à l’œuvre alors que d’autres jeunes filles noires en sont sorties diplômées. En revanche, la blessure originelle du récital où les parents de Nina Simone sont invités à laisser leurs places du premier rang à un couple blanc est bien attestée.

Et pourtant, de Gershwin (I Love You Porgy) aux chansons folk israéliennes, on ne peut pas vraiment taxer de pré-woke les débuts de la chanteuse. La bombe qui tue quatre fillettes noires dans une église de l’Alabama en 1963 change la donne, inspirant à Nina Simone l’un de ses titres les plus forts, Mississippi Goddam. Rencontrant un peu plus tard Martin Luther King, elle lui assène: “Moi, je ne suis pas une non-violente ! ”, ce à quoi le pasteur lui répond: “Pas de problème, ma sœur ”... Dans cette veine “droits civiques ” qui ne diminue en rien son succès malgré les craintes de son entourage, elle force parfois le trait, prenant pour cible ses admirateurs blancs mais aussi le public noir à qui elle reproche son apathie dans le contexte racial du moment.

Quelle cogneuse ! Surtout contre elle-même… Car lorsqu’elle ne vitupère pas sur scène ou ailleurs, Nina Simone parle d’abord à Eunice Kathleen Waymon, son vrai nom et son double qu’elle affronte dans un redoutable tête-à-tête dont la dimension pathologique est désormais connue. “Eunice est extrêmement douce et terrifiée par à peu près tout, dira-t-elle, et Nina prend soin d’Eunice. Nina a toujours été là, mais il faut qu’elle se détende. Elle travaille trop durement ”...

Bien plus tard, devant Thierry Ardisson, elle lâche: “En fait, je suis très simple, et les gens me demandent d’être profonde tout le temps ”. Ce n’est pas le moindre mérite du travail de Frédéric Adrian, outre les formidables archives de presse qu’il restitue, que de nous raconter cette bouleversante quête d’apaisement chez Nina Simone, telle l’inaccessible étoile.

Nina Simone, Frédéric Adrian (Editions Le Mot et le Reste). L’auteur sera l’un des invités de Caviar pour tous, Champagne pour les autres, sur TSFJAZZ, le mercredi 6 octobre, entre 19h et 20h.

Une chronique à retrouver sur TSF Jazz

Laurent Sapir
TSF Jazz 27 septembre 2021

- Nina Simone
Réussir une carrière de musicien est une construction complexe et quels que soient les atouts naturels, parmi les classiques éléments du cocktail — talent, charisme, timing, pif, etc —, s’il manque un certain équilibre mental, le risque de vautrage est immense. Les exemples n’en manquent pas, le club des vingt-sept au premier rang de ces sorties de route, mais aussi Sinéad O’Connor, Brian Wilson, Syd Barrett ou, encore récemment sur les premières pages des tabloïds du monde entier, Britney Spears. Qu’auraient fait les médias d’aujourd’hui d’une chanteuse aussi géniale que Nina Simone ? […] et entame la brillante carrière qu’on lui connait. Mais qu’on ne connait pas aussi bien que notre collègue Frédéric Adrian, notoirement obsédé et ultime spécialiste de blues, jazz, R&B, soul et autres funks et qui, après Ray Charles, Stevie Wonder, Otis Redding et Marvin Gaye, nous raconte maintenant la vie de la petite Eunice Waymon […]. Jeune, talentueuse mais noire, Nina Simone n’a bien sûr jamais eu la carrière facile et, quoique pudique, le récit subtilement détaillé d’Adrian permet toutefois d’entrevoir les difficiles errements que son insécurité et ses troubles mentaux provoquaient. […] Adrian, ici encore, raconte sobrement et avec précision la magnifique et déchirante épopée de la “grande prêtresse de la Soul”, révoltée devant les atroces injustices subies mais aussi folle de rage que fabuleusement douée et dont la force sous-tend ce récit parfaitement circonstancié et toujours bienveillant.
Agnes Léglise
Rock&Folk septembre 2021

- Nina Simone

Ce ne sont pas les ouvrages sur la chanteuse et pianiste qui manquent. Avec son très documenté “Nina Simone” (parution chez l’éditeur Le mot et le reste), Frédéric Adrian, spécialiste de soul et rhythm’n’blues, livre un ouvrage qui écarte l’anecdotique ou le mythologique au profit des faits et de l’œuvre de cette diva de la musique afro-américaine disparue en 2003. Passionnant.

Écouter l’interview de Frédéric Adrian dans l’émission

Lire la chronique associée

Thierry Sartoretti
RTS // L'écho des pavanes 24 septembre 2021

- Ils sont fascinés par Bach !

Historiquement Vôtre réunit 3 personnages fascinés par Jean-Sébastien Bach : le compositeur Johannes Brahms qui, toute sa vie, s’est nourri de l’œuvre musicale de Bach, l’a réinterprétée sur scène, et a décortiqué avec soin l’art du contrepoint, puis elle, elle se sentait bien, “feeling good” même, quand elle l’écoutait : Nina Simone était fascinée par Bach, qu’elle considérait tout simplement comme un dieu. Et Alexandre Astier, le comédien, humoriste et réalisateur de “Kaamelott” qui l’a carrément incarné dans un seul-en-scène.

Frédéric Adrian était l’invité pour parler de Nina Simone.

Une émission à réécouter sur Europe 1

Stéphane Bern et Matthieu Noël
Europe 1 // Historiquement vôtre 14 septembre 2021

- Nina Simone

Depuis sa mort, Nina Simone (1933–2013) a atteint un statut iconique qu’elle était loin d’avoir de son vivant. Quel contraste avec les années 1980 ou 1990, durant lesquelles elle consacra une partie de son temps à saccager sa réputation et à user la patience de ses fans les plus endurcis… Célébrée par des artistes venus d’univers aussi variés que la musique, le cinéma ou la littérature, le temps efface peu à peu de la mémoire collective ses frasques et son caractère impossible pour ne conserver d’elle que l’essentiel : le talent fou, la volonté d’indépendance, l’engagement au profit des droits civiques, l’indignation devant toutes les formes d’injustice, en particulier celles subies par les Noirs ou les femmes.

Son héritage discographique est extrêmement hétérogène et copieux et il faut toute l’expertise de Frédéric Adrian pour synthétiser en 240 pages un parcours tel que le sien, de son enfance en Caroline du Nord à sa semi-retraite en Provence en passant par tous les événements fondateurs de sa vie : l’affront raciste subi par ses parents lors du récital qu’elle donna à 12 ans, son bref passage à la Julliard School puis son échec au concours d’entrée du Curtis Institute (deux faits que la chanteuse a souvent relatés et qu’Adrian démystifie habilement), sa naissance artistique dans les bouges d’Atlantic City, bien éloignés de ses rêves de concertiste classique… Chaque fait est minutieusement daté et contextualisé (fruit d’un long travail de recherche documentaire), rendant la lecture fluide et agréable malgré la masse d’informations dispensées.

Sans rien omettre des troubles et addictions dont souffrait Nina Simone, l’ouvrage reste avant tout centré sur son œuvre. On apprécie d’ailleurs la reproduction des pochettes des albums originaux, procédé habile qui rythme le récit tout en incitant le lecteur à découvrir les nombreux trésors dispensés par cette voix majeure de la musique populaire du XXe siècle.

Un article à retrouver sur SoulBag

Ulrick Parfum
Soul Bag 16 septembre 2021

- La vie tumultueuse de Nina Simone

Chaque matin, Ombline Roche vous raconte l’histoire qui se cache derrière un artiste. Un rendez-vous incontournable pour mieux apprécier l’œuvre de son auteur. Aujourd’hui, Nina Simone.

Une émission à réécouter sur Europe 1

Ombline Roche
Europe 1 // La partition 16 septembre 2021

- Nina Simone

Aujourd’hui sort une biographie extrêmement documentée de Nina Simone (Ed. Le mot et le reste) , signée du journaliste de Soul Bag Frédéric Adrian. L’auteur a épluché plus de 1500 articles de la presse française et internationale pour raconter Nina Simone au-delà de la légende : “L’objectif était de rendre au maximum la complexité de la personne et de l’œuvre en évitant de se focaliser sur un angle unique (les droits civiques, le féminisme, la folie…).”

Retrouvez l’émission sur TSF Jazz

Laure Albernhe et Mathieu Beaudou
TSF Jazz // Les Matins 16 septembre 2021

- Nina Simone

De sa jeunesse américaine dans le Sud ségrégationniste à ses dernières années passées en France, la vie de Nina Simone se lit comme un roman. Enfant prodige blessée par le racisme, elle fait ses débuts dans les clubs douteux d’Atlantic City avant de triompher sur les scènes du monde entier.

Alex Dutilh a présenté la biographie de Nina Simone, écrite par Frédéric Adrian, dans son émission Open Jazz sur France Musique.

À lire ici

Alex Dutilh
Jazz Culture // France Musique 16 septembre 2021

- Nina Simone, black life’s matter

Frédéric Adrian livre son Nina Simone le 16 septembre prochain chez Le Mot et le Reste. Blues, jazz et autres sortes de groove dans une fuite en avant magistralement documentée. Revue de 240 pages de biographie et de blackbeautifulleries splendides.

« Le blues n’est pas de la musique, c’est un état d’esprit. » Ainsi parlait Skip James, ou un autre fantôme sorti des boues du fleuve aux 4 s et 2 p. Peu importe. Ici, on ne valide jamais le portrait d’une femme par la parole de l’homme. Mais une fois la chose dite, l’état d’esprit et pas la musique, les questions abondent comme abondent les alluvions dans les eaux du Mississippi. Prenez Nina Simone, prenez cette femme-continent. Écoutez quelques disques en diagonale si c’est possible, et mille questions vous tomberont du tympan. Pourquoi Nina chante-t-elle avec la puissance d’une trompette dans My Man’s Gone Now ? Pourquoi elle réussit à faire entendre un ricanement dans la plainte de son Backlash Blues ? Pourquoi elle rend furieusement féminin Duke Ellington ? Pourquoi I’m Gonna Leave You est-il une des plus belles hymn song féministe sur le market ? Pourquoi c’est Bach qui s’invite dans l’élégie ferme et amoureuse de Love Me Or Leave Me ? Pourquoi Nina Simone a la street cred’ en high level chez les rappeurs ? Pourquoi, pourquoi et des centaines d’autres comment. Jusqu’ici on aura eu que du partiel, que de la géo tronquée pour cartographier la dame-continent. Du docu classe et fouillé, de la réédition exhumée, du live interrogateur. Mais rien d’aussi complet que le Nina Simone de Frédéric Adrian.

Le blues, Adrian, il connait. Boss de publication chez Soul Bag, il a pu arpenter la chose bleue. Biographe d’Otis Redding ou encore de Ray Charles, il connait l’intranquillité qui se planque en loucedé dans le groove. Sa bio de Nina Simone frappe d’emblée par le boulot phénoménal de recherche, son évitement fluide des ornières universitaires et son sens insensé du style simple. Ce bouquin ne fait pas le malin mais joue avec le malin. Il a la réponse agile et ne cherche pas les interrogations hâbleuses. Dès l’intro qui dévoile le sens pseudo d’Eunice Kathleen Waymon, on met le pied dans un récit au long cours qui ne vous lâche pas. Sinueux, toujours élégant, jamais bavard. Des promesses de carrière R&B à la catastrophe du concert à Nassau en 1969, des talents classiques en dérivation obligatoire vers le blues et le jazz aux rencontres avec Aznavour et Lanston Hughes, Frédéric Adrian tire son fil comme Pénélope troussait ses broderies. Avec une patience et une classe badass.
On est loin, par exemple, des approximations un peu trop poussées sur la gonade du Strange Fruit que David Margolick consacrait à Billie Holiday, on se rapproche davantage de la double somme parfaite tissée par Peter Guralnick sur les cendres du King Presley. Ici, dans son Nina Simone, Frédéric plante ses dramas et laisse parader sa Queen. Sans rien forcer d’admiration ou d’interprétation. Le regard du rédacteur a l’oreille vissée à sa platine. Bien entendu, il y a les détails du personnel et des sessions. Jamais redondant. Bien sûr, il y a les citations circonstanciées, les anecdotes fondatrices. Toujours nécessaires. Mais rien de cela, jamais, ne vient troubler la fluidité d’une récit impeccable, sage et fascinant. Boulot de gentleman aux pieds d’une femme trouble partie rejoindre les Gals From Joe’s.

Un article à retrouver dans PointBreak

Guillaume Malvoisin
PointBreak 8 septembre 2021

- Nina Simone

Nina Simone, quelle carrière. Et quelle vie, aussi ! Bien moins douce que ses disques pourraient le laisser penser. Jugez plutôt : pianiste surdouée et amoureuse de Bach, elle se voit refuser l’Institut Curtis de Philadelphie – car noire, pense-t-elle. Elle erre dans les pianos-bars, se fait un nom, se trouve un manager qui la mènera au firmament… mais qui, mari violent, la mettra plus bas que terre. Alcoolique, en proie à de multiples démons, elle s’enfuit en Afrique, en France, cherche un sens à sa vie et sera diagnostiquée bipolaire bien trop tard. Cette vie de souffrance et de coups d’éclats, de génie et d’horreurs, Frédéric Adrian n’en omet rien. Évidemment, il n’oublie pas, non plus, de décortiquer des enregistrements mythiques.

Une chronique à retrouver sur LM Magazine

Thibaut Allemand
LM Magazine 4 septembre 2021
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