Parution : 18/10/2012
ISBN : 9782360540556
432 pages (148 x 210)

23.00 €

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Musiques savantes Tome I

De Debussy au mur de Berlin 1882-1962

Avec ce type de lecture ludique et ingénieuse, la multiplicité des musiques dites savantes ne s’impose pas comme un kaléidoscope complexe mais comme un puzzle sonore facile à composer et à comprendre. Une belle réussite.

Frédéric Isoletta – Zibeline

La musique du XXe siècle se caractérise par une diversité stylistique sans précédent. Cette dernière est favorisée par la mondialisation galopante, la révolution de l’enregistrement et les crises majeures que traverse l’humanité, qui remettent totalement en question notre vision du monde. Les musiques savantes vont embrasser un champ de recherche très étendu, empruntant une multitude de chemins entre des voies extrêmes.

Au fil de la présentation d’œuvres emblématiques choisies dans ce répertoire immense, et à l’aide d’introductions historiques traitant des événements du siècle, des compositeurs remarquables, des courants majeurs et des écoles, cet ouvrage offre une approche synthétique des recherches musicales tous azimuts de la première moitié du siècle, jusqu’aux portes des années soixante. Surtout, il présente un regard pertinent sur la manière dont l’histoire des hommes agit directement sur les compositions et comment, en retour, les œuvres en offrent une relecture passionnante au travers du prisme musical.

Loin de présenter une somme exhaustive, souvent décourageante, il propose une porte d’entrée à tous les amateurs curieux de musique mais encore timides vis-à-vis de ce monde musical singulier, en leur ouvrant de nombreuses pistes pour aller plus loin.

Un second volume présentera la suite du parcours, des années soixante à nos jours, en s’interrogeant aussi sur les horizons possibles.

De Debussy à Boulez, de Stravinski à Stockhausen, de Bartók à Messiaen en passant par Milhaud, Varèse, Copland, Britten, Bernstein, Schaeffer, Henry, Cage et tant d’autres…

Revue de presse

- Découvrir la musique du 20e siècle Laurent Mettraux Revue Musicale Suisse-Romande Décembre 2015
- Musiques savantes Tome I, Guillaume Kosmicki Eric Darsan Ericdarsan.blogspot.com 1 Avril 2015
- Guillaume Kosmicki Musiques savantes – De Debussy au mur de Berlin (1882-1962) Laurent Bergnach Anaclase
- Musiques savantes T.2 - À venir Le Mensuel du Golfe Octobre - Novembre 2013
- Musiques savantes Tome I, Guillaume Kosmicki Jean-Marc Warszawski Musicologie.org 31 janvier 2013
- Musiques savantes Tome I, Guillaume Kosmicki Christophe Bourseiller France Musique // La Matinale 30 janvier 2013
- Premier XXe Frédéric Isoletta Zibeline Février 2013
- Musiques savantes 1882-1962 Pierre Massé Classica février 2013
- Musiques savantes Tome I, Guillaume Kosmicki Franpi Barriaux Citizen Jazz 21 Janvier 2013
- Guide de survie dans la jungle du XXe siècle Luca Sabbatini Le Courrier 22 décembre 2012
- MUSIQUES SAVANTES, PORTE D'ENTRÉE FRANCESCA GUERRASIO RES MUSICA 21 DÉCEMBRE 2012
- Livres de fin d'année Raymond Sérini Nouvelle Vague 14 novembre 2012
- Wake Up Call - La Matinale Juliana CANAL B 1er NOVEMBRE 2012
- Musiques savantes Tome I, Guillaume Kosmicki ADRIEN LANDIVIER Le Mouv' // Glitch 27 OCTOBRE 2012
- Musiques savantes Tome I, Guillaume Kosmicki Jordan SAÏSSET VENTILO N°306 16 OCTOBRE 2012

- Découvrir la musique du 20e siècle

Faire découvrir la diversité des oeuvres importantes du 20e siècle, tel est le but des deux premiers tomes d’un ouvrage qui en comprendra trois, parus aux éditions Le mot et le reste.

Dans ses présentations, en général sur trois à six pages, de 123 oeuvres emblématiques des années 1882 à 1962 (tome 1) et 1963
à 1989 (tome 2), Guillaume Kosmicki ne se contente pas seulement d;une approche vivante des compositeurs et des oeuvres choisies, il les replace également dans leur époque et en relation tant avec le passé qu’avec le futur. Pensant que “tout artiste est forcément le fruit de son époque et de la société dans laquelle il s’inscrit ou refuse de s’inscrire”, il fait preuve d’ouverture d’esprit face aux différentes esthétiques qui forment la richesse de la musique du 20e siècle. Le but de l’auteur n’est pas l’exhaustivité (on n’y trouvera par exemple ni Sibelius, ni Szymanowski, ni Nancarrow), mais de brosser un vaste panorama (de Liszt à Tavener, de Joplin à Pan, en passant
par Cage, Xenakis, Ligety ou Grisey) d’un siècle où la musique s’est diversifiée à l’extrême. Un équilibre a été recherché dans le premier volume entre les différents genres présentés : opéra, ballet, musique de chambre, musique symphonique, oeuvres pour piano, oeuvres vocales. Le second volume reflète également l’éclatement des genres et l’ouverture progressive des frontières vers d’autres musiques.

Aucune analyse froide ou hermétique, car le but recherché reste de faire découvrir ou redécouvrir des jalons essentiels de la musique savante occidentale, et cela aussi bien aux musiciens ou mélomanes qu’aux néophytes.
Pour ces derniers, un glossaire des principaux termes musicaux utilisés se trouve à la fin de l’ouvrage. Après avoir mis l’eau à la bouche du lecteur, Guillaume Kosmicki propose une version sur disque de chaque pièce analysée ainsi qu’un choix complémentaire d’oeuvres à écouter. Dans de vastes introductions à chaque période, l’auteur fait preuve de talent pour décrire le contexte historique, sociologique et culturel, de même que les grands mouvements sous-jacents qui tissent la trame dans laquelle s’insèrent les compositeurs et leurs oeuvres.

Laurent Mettraux
Revue Musicale Suisse-Romande Décembre 2015

- Musiques savantes Tome I, Guillaume Kosmicki

Sorti fin 2012, ce premier tome se présente à juste titre comme « une porte d’entrée solide » aux musiques dites savantes à travers la présentation de plus de soixante-dix œuvres et compositeurs répartis en cinq périodes, le tout très justement introduit et complété par un indispensable glossaire, un index des compositeurs, d’importantes bibliographie et webographie, ainsi qu’un appel à fréquenter les bibliothèques, disquaires et concerts. De Debussy au mur de Berlin, pour chacune des œuvres chroniquées, Guillaume Kosmicki présente tour à tour : la biographie, la formation et les influences du compositeur, les caractéristiques, la mise en œuvre et interprétations de ses compositions, la progression narrative et la succession instrumentale du morceau choisi. Sans jamais céder à l’anecdote, et parfois en termes très techniques, il permet ainsi au lecteur d’aborder les musiques savantes par différents biais et lectures — linéaire ou transversale, historique ou musicale – en fonction de ses connaissances et centres d’intérêt.

« De l’écriture, tout découle », et notamment cette « exigence de recherche et de composition » caractéristique des musiques savantes ainsi que son appartenance historique à une élite et leur opposition à l’oralité de la culture populaire. A travers une longue introduction, Guillaume Kosmicki parvient à nous résumer l’évolution millénaire de cette « musica reservata » consacrée au XIXe par l’établissement de trois catégories — savantes, populaires et traditionnelles – subjectives et bouleversées au siècle suivant au gré des usages, de la technique, et surtout de l’Histoire et de sa marche vers la marchandisation. Une évolution menant à la prédominance du timbre dans la composition, « seul langage commun qui resort véritablement des cent dernières années, toutes musiques confondues ».

Didactique, historique, proposant à la curiosité du lecteur, du mélomane, du musicien ou du compositeur, tout autant de réponses que de questions, Musiques savantes se révèle être une mine d’or pour qui s’intéresse au travail de composition. A la conception du génie qui, tel Bach, déclare « ça leur plaira plus tard » et se voit le plus souvent considéré « en avance sur son temps », Guillaume Kosmicki répond — conscient que cette position est aussi celle de notre époque — « Nous n’adhérons pas à ce type de définition, car tout artiste est forcément le fruit de son époque et de la société dans laquelle il s’inscrit (ou refuse de s’inscrire, ce qui revient au même) quand bien même il n’est pas compris immédiatement par le plus grand nombre » comme l’illustre la réception de l’incontournable Sacre du printemps de Stravinsky, choquant en 1913 et triomphant en 1914.

Mélomane, à défaut encore d’être musicien, écrivain et chroniqueur, c’est avec bonheur en résumé que je me suis plongé dans cette véritable bible musicale consacrée à la création et à ces musiques aux multiples aspérités, découvertes au lycée grâce à un professeur d’histoire passionné et à côté desquelles j’étais passé en réalité. Encore tout cela n’est-il qu’un aperçu des richesses offertes par ces incontournables Musiques savantes que je vous invite à découvrir par vous même en compagnie du passionnant ouvrage de Guillaume Kosmicki. Quant à moi je vous donne rendez-vous dans deux semaines avec Moondog qui étonnamment n’y figure pas – peut-être verrons-nous pourquoi – à l’occasion de la conférence d’Amaury Cornut intitulée Moondog à travers le XXe siècle.

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Eric Darsan
Ericdarsan.blogspot.com 1 Avril 2015

- Guillaume Kosmicki Musiques savantes – De Debussy au mur de Berlin (1882-1962)

En ce début de XXIe siècle, nombre de musicographes souhaitent rendre compte de ce qu’était la musique durant les dix décennies précédentes. Il y a cinq ans, par exemple, Jean-Yves Bras proposait sa vision des différents courants musicaux de l’époque [lire notre critique de l’ouvrage], tandis que, déjà auteur d’un livre essentiel sur les musiques électroniques [lire notre critique de l’ouvrage], Guillaume Kosmicki fait aujourd’hui l’inventaire des musiques savantes apparues entre 1882 et 1962. Le pluriel se justifie car, libéré d’une transmission orale qui nécessitait une certaine stabilité – « trop changer, c’est oublier » – et désormais lié au développement de l’écriture, l’art musical ne peut qu’évoluer et se diversifier, de surcroît lors d’une période riche en développements technologiques (radio, disque, électroacoustique, etc.).

Kosmicki a séparé la tranche temporelle abordée en plusieurs autres, introduites par quelques pages d’histoire politico-artistique. « Point de couture entre les siècles », 1880–1905 voit la bourgeoisie cultiver la liberté individuelle propice aux entreprises de spectacle, mais aussi au romantisme, à l’impressionnisme, au vérisme, à l’expressionnisme, etc. En 1905–1918, tandis que les États-Unis connaissent leurs premiers compositeurs d’envergure (Ives, Cowell), la modernité souffle sur une Europe bientôt traumatisée (atonalité, Ballets russes, etc.), tentée par un néo-classicisme rassurant. L’entre deux-guerres, 1818–1939, ouvre la voie à des innovations dadaïstes, dodécaphoniques ou prolétariennes (Neue Sachlichkeit, Gebrauchsmusik, etc.) – mais aussi au terme d’entarte Musik (musique dégénérée) dont beaucoup de représentants involontaires perdent la vie entre 1939 et 1945, quand d’autres créateurs résistent ou se compromettent – comme l’évoquait encore récemment Michael Hans Kater [lire notre critique de l’ouvrage]. « Reconstruire un monde » après d’innombrables génocides (Japon, Pologne, Allemagne, etc.), c’est ce qui va occuper la génération de 1925 en 1945–1962 – ou, si l’on préfère, « reconquérir […] les différents stades de l’écriture », comme l’écrit Boulez (1952). Paradoxalement, c’est une période de rupture avec le grand public, séduit par d’autres musiques moins cérébrales – tel le jazz, au carrefour des expressions traditionnelles, populaires et savantes, auquel Kosmicki accorde sa place –, voire seulement dansantes. À l’Est, les compositeurs évoluent en vase clos tandis que l’avant-garde de l’Ouest cultive son identité nationale loin de Darmstadt.

L’originalité de ce calendrier musical est de présenter une œuvre par an – grosso modo, bien sûr, puisque les années 1883 à 1889 ne sont pas illustrées, tandis que Mathis der Maler, Porgy and Bess et le Concerto à la mémoire d’un ange sont créés tout trois en 1935, de même que Metastaseis, Le marteau sans maître et Déserts en 1954. Le choix est inévitablement subjectif, quoique emblématique des bouleversements en cours. On ne s’étonnera pas de voir au moins deux fois le nom de certains qui ont conçu des chefs-d’œuvre dans la même poignée d’années (Cage, Debussy, Messiaen, Prokofiev, Schaeffer) ou sur le long terme (Bartók, Berg, Britten, Hindemith, Ravel, Schönberg, Stravinsky, Varèse, Webern). Sachant qu’un second volume se prépare (1962–2012), il est probable de voir réapparaître les noms de Berio, Boulez et Ligeti…

En deux ou trois pages, l’œuvre est inscrite dans son temps, ainsi que les recherches de son créateur à la vie rapidement brossée : Liszt émancipe la dissonance, Franck profite des qualités du grand orgue romantique, Fauré développe la mélodie de salon, Puccini renonce aux standards italiens, Janáček soigne la psychologie de drames intérieurs, Bartók collecte les chants paysans, Cowell invente le cluster, Strauss explore l’expressivité en amont de Schönberg, Mahler incarne le dernier romantique et Ravel un apôtre du piano moderne, Ives s’intéresse à la spatialisation et Satie à la « musique d’ameublement », Hindemith et Falla lorgnent les modèles passés tandis qu’Honegger et Antheil exploitent la richesse du quotidien, ou Milhaud les accents venus d’ailleurs – on pourrait encore citer Křenek, Barraqué ou Partch [lire notre dossier], moins attendus, que nous sommes heureux de ne pas voir oubliés.

« Porte d’entrée solide » à tous les curieux (avec glossaire et conseils d’écoute) ou, pour le spécialiste, alternative à une approche souvent thématique du XXe siècle, le fabuleux travail de Guillaume Kosmicki enrichit la culture de chacun et nourrit ses envies de (re)découvertes.

Musiques Savantes – Anaclase

Laurent Bergnach
Anaclase

- Musiques savantes T.2 - À venir

Après s’être penché sur le cas des free parties, des musiques électroniques et sur celui des musiques “savantes” de 1882 à 1962 dans un premier tome, le musicologue morbihannais Guillaume Kosmicki s’attaque désormais à la période contemporaine. Dans Musiques savantes : De Ligeti à la fin du monde, et après… 1963 – 2013, titre de son quatrième ouvrage dont la sortie est prévue en mai 2014, l’auteur s’intéresse à l’évolution des “musiques savantes”. Derrière ce barbarisme se cache ‘notamment la musique classique contemporaine mais pas que. Le jazz peut en faire partie également”, précise le pensionnaire de l’Orchestre de chambre de Vannes.
Dans son futur ouvrage, Guillaume Kosmicki croisera son objet d’étude avec le contexte historique. Décolonisation, fin de la Guerre froide, mondialisation… “Cette musique évolue avec son temps et demeure actuelle aujourd’hui encore.” Témoignages d’artistes et mise en relief de soixante-dix œuvres compléteront son propos. Que les mélomanes morbihannais se rassurent, “ce sera un ouvrage de vulgarisation, à la portée de tous”.

Le Mensuel du Golfe Octobre - Novembre 2013

- Musiques savantes Tome I, Guillaume Kosmicki

Voici un livre érudit, qui présente environ quatre-vingts œuvres de musiques savantes au pluriel et remarquables selon l’auteur, composées dans une période comprise entre 1882 et 1962. Ce qui est déjà d’une certaine originalité au regard des périodisations scolaires traditionnelles.

Contrairement à la vague positiviste illustrée par l’aventure Wikipédia, c’est un livre rédigé, non seulement l’auteur a un point de vue sur les œuvres qu’il présente, mais encore, les organise-t-il dans une vaste fresque et en moments privilégiés, justifiés par une réflexion personnelle.

Donc un livre érudit, mais aussi un livre savant, puisqu’on y réfléchit et qu’on y problématise. C’est un livre d’auteur.

Peut-être “Guide des musiques savantes” aurait-il été un titre plus judicieux. Car, même s’il discute cette idée de musique savante, qu’il en montre les limites et l’illogisme, l’auteur ne fait pas ce qu’il devrait faire : s’en débarrasser radicalement. Ce qui éviterait de déplacer sans fin cette aporie et d’en plomber les questions de l’élitisme ou du populaire, de l’écriture ou de l’oralité. D’autant qu’en art, la conception et l’accueil du public ne sont pas consubstantiels.

Guillaume Kosmicki donne corps à deux idées fortes. D’une part la musique est pour lui comme une analogie de la vie sociale. Une des richesses de ce livre est de considérer la musique comme un élément des dynamiques historiques. D’autre part il associe savant et écriture.

C’est donc à juste titre que des œuvres de Duke Ellington, Louis Armstrong, ou Thelonious Monk figurent au catalogue, tout comme celle du fabuleux Harry Partch, trop original, évoquant trop la culture indienne américaine pour espérer quelque reconnaissance. Mais dans cette optique de désenclavement, des compositeurs comme József Kozma, Paul Delmet, ou Gus Viseur, voire Boris Vian ou Django Reinhardt, illustrant d’importants courants musicaux, depuis la musique de film jusqu’au musette swing, en passant pas la chanson, auraient eu une entière légitimité à être évoqués.

Si j’apprécie au plus haut point la volonté de placer le propos et la documentation érudite dans une dynamique historique, je relève toutefois quelques simplifications, qui ne sont pas le fait de l’auteur, mais des manuels d’histoire de la musique. L’écriture n’est pas fondamentalement élitiste. Au départ, elle est confiée à des employés (il y a toujours des employés aux écritures), et les philosophes grecs enseignent oralement. Au IXe siècle, l’apparition des neumes n’est pas celle de l’écriture de la musique, mais de sa sacralisation à l’église (lire Olivier Cullin à ce propos). Il est vrai que la pratique de la notation neumée va se fondre avec l’apparition de la notation musicale et en effet — chose extraordinaire — on va pouvoir concevoir la composition musicale et sa transmission de manière conceptuelle, mais ce n’est pas ce qui lui donne un caractère savant ou, ce qui n’est pas la même chose, élitiste (il y avait des pratiques musicales savantes avant le IXe siècle). Cela dépend de l’usage social auquel est destinée la musique, et de la confusion entre notation musicale et écriture sémantique, qui ferait de la musique un art à comprendre plus qu’à écouter. En fait on est entre arts bruts, par exemple avec les recherches (sophistiquées) de John Cage, ou un Harry Partch, et l’harmonie des sphères, avec par autre exemple les Structures de Boulez. De ce point de vue, des compositeurs voulant tenir les deux bouts, comme André Jolivet, Henri Tomasi, voire Jean Françaix, absents du panorama auraient été bienvenus.

Si la musique, comme tout art est un élément des dynamiques historique, je ne pense pas qu’elle en soit une analogie, mais plutôt une émanation fantasmagorique (un élément de la superstructure de la société selon Karl Marx). C’est ici, une autre source des quelques simplifications, à mon sens, que j’ai relevées. Par exemple, on ne peut pas dire que le Romantisme soit l’art bourgeois par excellence, parce que les caractères musicaux du romantisme (lesquels en vrai ?) correspondent aux caractères sociaux et existentiels de la bourgeoisie.

C’est pourquoi le titre du livre met le mur de Berlin au regard de Claude Debussy, égalité entre événement politique et événement musical. De ce point de vue, je me méfierais en faisant de l’histoire, de la mémoire collective issue de la guerre froide. Personnellement, je ne reprendrais pas sans étude critique, la rengaine du Chostakovitch « subissant les foudres du Parti et de la censure », pas seulement parce qu’il fut un compositeur particulièrement apprécié et célébré, mais il faudrait ce faisant, pour que cela ait un sens autre que seulement antisoviétique, réfléchir à ce qu’est la liberté de création en général, aux politiques de programmation, aux dictats académiques y compris en France (en passant : à l’interdiction des rassemblements technos). Se demander pourquoi on se régale sans restriction des musiques du XVIIe siècle, œuvres de compositeurs assujettis aux princes et à l’église, et pourquoi, par exemple, à propos de Thelonious Monk, on évoque seulement dans ce livre des oppositions entre noirs et blancs, alors que les noirs étaient privés de droits civiques. Je ne suis pas contre, a priori, l’idée que la sujétion, la privation de libertés, voire l’esclavage, aient motivé des créations artistiques de qualité, et que là, l’intolérance fut catastrophique, surtout quand il s’agit de l’œuvre géniale de Chostakovitch : il faut y aller voir.

Un livre érudit, rédigé, savant… et qui fait discuter, une rareté dont il faut profiter, le temps n’étant pas à cet air.

Jean-Marc Warszawski
Musicologie.org 31 janvier 2013

- Musiques savantes Tome I, Guillaume Kosmicki

Guillaume Kosmicki était l’invité de La Matinale pour parler de son nouvel ouvrage : MUSIQUES SAVANTES, DE DEBUSSY AU MUR DE BERLIN (1882–1962). Tome 1

Podcast en écoute ICI

Christophe Bourseiller
France Musique // La Matinale 30 janvier 2013

- Premier XXe

Difficile de réunir au sein d’un même ouvrage la totalité d’un vingtième siècle musical plus que pléthorique ? Guillaume Kosmicki et les éditions Le Mot et le Reste s’en sont chargés. En attendant le second volume qui couvrira les années soixante à nos jours, Musiques Savantes, de Debussy au mur de Berlin (1882–1962), offre de multiples portes d’entrées à tous les amateurs curieux et mélomanes soucieux de parfaire leurs connaissances. Articulé en cinq grandes parties introduites par un préambule historique, l’ouvrage fonctionne par entrées présentant œuvres remarquables, emblématiques ou indispensables à la compréhension d’une époque, d’un courant artistique. Avec ce type de lecture ludique et ingénieuse, la multiplicité des musiques dites savantes ne s’impose pas comme un kaléidoscope complexe mais comme un puzzle sonore facile à composer et à comprendre. Une belle réussite.

Article à retrouver ICI

Frédéric Isoletta
Zibeline Février 2013

- Musiques savantes 1882-1962
Un guide bienvenu, car plutôt rare, sur les musiques du XXe siècle, qui part de Debussy, fait une pause sur les deux guerres (qui voient la confrontation des styles, entre Falla, Berg, Mossolov, Varèse, Cage et Monk…) et se fixe, malheureusement un peu trop, sur les Modernes des années 1950 et 1960. Le demi-siècle manquant est annoncé dans un second volume.
Pierre Massé
Classica février 2013

- Musiques savantes Tome I, Guillaume Kosmicki

Spécialiste réputé, auteur de l’excellent Musiques électroniques, des avant-gardes aux dance floors, le musicologue Guillaume Kosmicki propose aujourd’hui aux éditions Le Mot et le Reste un ouvrage traitant des musiques écrites occidentales qui, outre son historiographie très documentée, trace un parcours amoureux au cœur d’une musique jugée parfois radicale à sa création et pourtant souvent devenue universelle. Il présente pour cela soixante-treize œuvres classées en six périodes distinctes, liées aux événements mondiaux qui ont morcelé le siècle en question et courent de La lugubre gondole de Frantz Liszt au War Requiem de Benjamin Britten.

Après avoir défini ce qu’il entend par « musiques savantes » et les distances qu’il convient pourtant de prendre avec cette expression imparfaite, utilisée faute de mieux, il envisage de manière linéaire la fécondité d’une période où l’on trouve, comme il l’écrit, « une diversité stylistique encore jamais rencontrée dans l’histoire de la musique ». De l’approche inédite du timbre à l’introduction de l’électroacoustique et même du jazz, cet ouvrage ausculte en profondeur tout ce qui constitue le langage des musiques exigeantes de notre temps. L’auteur raccroche l’univers des compositeurs aux réalités de l’Histoire : exil et oppression pour Hindemith lorsqu’il écrit Mathis der Maler en 1935, propagande pour Chostakovitch lorsqu’il compose sa Symphonie n°7 « Leningrad » sous les bombes en 1941… Mais aussi scandales et révolution de Stravinski et son Sacre du printemps, jusqu’au Déserts de Varèse, auquel Kosmicki voue une sincère – et bien compréhensible – admiration. Chaque œuvre dispose d’une entrée indépendante où une large part est faite à la didactique et à la critique. Servi par une écriture fluide, l’ensemble est envisagé avec beaucoup de passion et permettra même aux lecteurs les plus pointus de trouver les clés nécessaires à la découverte de Mossolov, ou de Scelsi.

Et le jazz dans tout ça ? Il est partout, répondra le provocateur. L’auteur a l’excellente idée de ne pas cloisonner les musiques au profit de LA musique, qui s’irrigue dans cette période, bien plus que dans d’autres, de l’ensemble de ses vaisseaux. On retrouve ainsi Ellington (Ko-Ko) bien assis entre John Cage et Luigi Dallapicola ou encore Monk (’Round Midnight) à la suite de Prokofiev… Mais aussi, de loin en loin, l’influence de cette musique sur Satie, Berio, et bien sûr Bernstein et Gershwin. Cet ouvrage est d’ailleurs indispensable à ceux qui voudraient comprendre ce qui pétrit largement le jazz contemporain. Un second tome est en préparation, qui évoquera la période allant de 1962 à nos jours… Prenons déjà les paris : Coltrane ? Zappa ? Aphex Twin ? Levinas ? Braxton ? Les choix seront sans doute cornéliens. On en salive d’avance !

CITIZEN JAZZ

Franpi Barriaux
Citizen Jazz 21 Janvier 2013

- Guide de survie dans la jungle du XXe siècle

Guillaume Kosmicki propose un parcours musical à l’usage des mélomanes curieux.
Qui a encore peur de la musique moderne? Avec l’avènement du disque, puis de la radio et plus encore d’internet, le XXe siècle a rapproché l’art musical savant et les pratiques plus intuitives de la musique populaire. La technologie a bouleversé les habitudes d’écoute, la rapidité de diffusion des musiques même les plus obscures, aussi bien que la composition elle-même. Résultat: les barrières entre les styles tombent, les limites des genres deviennent floues, les esthétiques se mélangent, l’écoute se «mondialise». L’heure est au remix global, et la «génération electro» n’hésite plus désormais à mettre côte à côte sur ses platines ou ses playlists le souffle hypnotique de Miles Davis, les illusions sonores de György Ligeti, les incantations instrumentales de Mulatu Astatqé et les martèlements entêtants de Squarepusher.
Les mélomanes qui ont biberonné aux vinyles improbables et aux MP3 de toutes provenances recherchent avant tout l’excitation de nouveaux territoires à défricher. Mais comment s’y retrouver dans la joyeuse cacophonie des styles du XXe siècle? Malgré son titre austère, Musiques savantes, de Debussy au Mur de Berlin 1882–1962 de Guillaume Kosmicki ouvre des pistes utiles pour explorer cette fascinante et labyrinthique période de l’histoire de la musique.
Plutôt qu’une «somme exhaustive» mais à la lecture facilement «décourageante», le jeune chercheur préfère proposer une forme plus accessible: une sélection de septante-trois œuvres représentatives d’autant de courants différents dans la musique du XXe siècle (et de la toute fin du XIXe siècle). Chacune est brièvement commentée et inscrite dans le parcours créatif de son compositeur. Forcément subjective, d’une ambition à la fois vaste et mesurée, l’approche de Guillaume Kosmicki souhaite offrir une «porte d’entrée» aux «amateurs curieux mais encore timides vis-à-vis de ce monde musical singulier», et elle y parvient.
Aux côtés des titres incontournables, Sacre du printemps, Pierrot lunaire et autre Boléro, le choix abonde en musiques «charismatiques», susceptibles d’avoir un impact immédiat sur les oreilles curieuses: du Ballet mécanique de George Antheil aux percussions de Ionisation d’Edgar Varèse, en passant par le piano préparé de John Cage, les rythmes machinistes d’Alexandre Mossolov ou la musique concrète de Pierre Schaeffer.
PAS D’EXCLUSION
Loin de ne s’intéresser qu’aux avant-gardistes, Guillaume Kosmicki rappelle que le lyrisme appuyé de Barber, Bernstein ou Britten a pu cohabiter avec les épines sonores de Barraqué, Boulez, Stockhausen ou Xenakis, sans que ces esthétiques si radicalement opposées ne s’excluent mutuellement. Et si au moins une figure majeure brille par son absence (Sibelius!), quelques incursions du côté de la note bleue viennent souligner à quel point une musique d’origine populaire comme le jazz a pu s’élever au rang d’art et contribuer au rapprochement actuel entre les genres. L’apprenti mélomane trouvera dans Musiques savantes de quoi apaiser sa soif de nouveauté. Le second tome, à paraître, prolongera l’invitation à la curiosité jusqu’à nos jours. Un livre pour ne pas écouter idiot.

LE COURRIER

Luca Sabbatini
Le Courrier 22 décembre 2012

- MUSIQUES SAVANTES, PORTE D'ENTRÉE

Sous le titre de Musiques savantes, ce livre embrasse un champ de recherche très large qui s’étend de la fin du XIXe siècle jusqu’à la première moitié du XXe siècle. Exactement quatre-vingts ans caractérisés par la diversité musicale et deux événements historiques importants : la mondialisation conséquente à la fin du romantisme à la construction du mur de Berlin.

Raconter en environ quatre cent pages les diversités stylistiques de ces années, encadrer les frontières des nouveaux langages musicaux, différencier les genres musicaux et faire un choix de compositeurs à présenter à travers une ou deux œuvres de référence, n’était a priori pas simple. Malgré tout, le musicologue Guillaume Kosmicki déjà auteur de Musique électroniques, des avant-gardes aux dance floors pour les éditions Le Mot et le Reste, offre une somme, bien entendu, non exhaustive des recherches musicales les plus significatives.

Le livre présente une sélection chronologique des œuvres les plus représentatives des courants musicaux et les plus emblématiques des créations des compositeurs. Le choix étant subjectif, l’auteur précise bien, dans l’introduction à cet ouvrage qu’il convient de prendre ses suggestions pour ce qu’elles sont : une piste qui pousse les amateurs timides à se familiariser avec ce siècle hétérogène, et une porte à franchir pour les plus curieux assoiffés de connaissances. Il faut donc se méfier du titre un peu obscur et vaguement élitisme, car Musiques savantes prend en considération beaucoup de répertoires se démarquant tout simplement des musiques populaires. A côté des Ragtimes de Scott Joplin, on trouve en effet Tosca de Giacomo Puccini, Parade d’Erik Satie, Ecuatorial, Désert et Ionisation d’Edgar Varèse, Ko-ko de Duke Ellington, Round Midnight de Thelonious Monk, Cinq Etudes de bruits de Pierre Schaeffer etc. Une panoplie d’œuvres, de styles et de compositeurs qui ont en commun la recherche sur le timbre. La dernière œuvre présentée War Requiem de Britten, avec son hommage aux victimes du conflit mondial, encadre idéalement une période d’horreur et ouvre sur de nouveaux horizons qui seront présentés, par le même auteur, dans le deuxième volume de Musiques Savantes.

RES MUSICA

FRANCESCA GUERRASIO
RES MUSICA 21 DÉCEMBRE 2012

- Livres de fin d'année

Encore une belle moisson de livres en cette fin d’année à offrir à vos amis ou à vous même. Aux éditions Le mot et le reste, Guillaume Kosmicki explore dans « Musiques savantes » la diversité sans précédent de la musique du XXe siècle de Debussy à Boulez jusqu’à Stravisky et Messian. De leur côté, les éditions Fetjaine font dans la diversité avec « Bowie les années studio » de Paolo Hewitt qui présente toute la carrière et le génie créatif du musicien caméléon, « Desperate Rockwives » de Pierre Mikailoff qui raconte le destin de ces femmes qui unirent leur destin à des vedettes du rock pour le meilleur ou pour le pire et un superbe coffret qui rend hommage au légendaire groupe Led Zeppelin à travers un livre illustré et des documents rares. Puis, aux éditions Camion Blanc, Chris Salewicz nous conte avec force détail la vie de Bob Marley et son parcours atypique pour devenir le plus grand artiste de reggae de l’histoire et une icône emblématique. Dans deux ouvrages passionnants aux éditions Rivages, David Linskey nous relate dans « 33 révolutions par minute » la naissance de la protest-song moderne et les principaux hymnes qui ont accompagné les grands moments de l’histoire contemporaine. Retour en France avec les éditions du Cherche-Midi et l’ouvrage de Pascal Spizzo : « Cabrel par Cabrel » dans lequel le barde d’Astaffort se livre pour la première fois sans détours. Enfin, pour terminer ce tour d’horizon, dans « Profondeur de chant » (éditions de l’Archipel), Alain Wodraka analyse en détail le cheminement artistique d’Yves Duteil qui fête quarante ans de chansons cette année.

NOUVELLE VAGUE

Raymond Sérini
Nouvelle Vague 14 novembre 2012

- Wake Up Call - La Matinale

Ce matin-là, Guillaume Kosmicki était l’invité de la matinale de radio CANAL B et présentait son ouvrage Musiques savantes. Une émission à réécouter ICI

CANAL B

Juliana
CANAL B 1er NOVEMBRE 2012

- Musiques savantes Tome I, Guillaume Kosmicki

Glitch recommande aussi la lecture de Musiques savantes de Guillaume Kosmicki, paru ce mois ci dans l’excellente maison d’édition Le mot et le reste.

“GLITCH – LE MOUV”: http://www.lemouv.fr/diffusion-glitch-ep-9

ADRIEN LANDIVIER
Le Mouv' // Glitch 27 OCTOBRE 2012

- Musiques savantes Tome I, Guillaume Kosmicki

Dans un monde obsédé par la simplification, où l’amalgame entre savoir et élitisme est monnaie courante, ce que l’on nomme « musiques savantes » fait parfois l’objet de mépris car bien souvent méconnu. Si au départ, elles diffèrent des musiques dites populaires en cela qu’elles s’écrivent, elle n’en demeurent pas moins à l’origine de la plupart des grands bouleversements esthétiques du siècle dernier – dont il est principalement question ici. Après s’être fait remarquer grâce à Musiques électroniques et, surtout, Free Party, une histoire, des histoires, le musicologue Guillaume Kosmicki nous invite à revivre l’histoire et rebondit sur une sélection pertinente d’œuvres – de Debussy à Cage, de Stravinsky à Schaeffer. L’ouvrage s’arrêtant en 1962, un second tome est prévu afin de couvrir le spectre jusqu’à nos jours. On vous en reparle, car ce premier volet est d’ores et déjà à mettre dans toutes les mains.

VENTILO

Jordan SAÏSSET
VENTILO N°306 16 OCTOBRE 2012
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