Parution : 14/06/2012
ISBN : 9782360540549
424 pages (148 x 210)

26.00 €

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L’Autobiographie

Yes, King Crimson, Earthworks et le reste

Traduit de l’anglais par Aymeric Leroy

En 2009, après une formidable carrière de quarante ans qui l’a vu jouer dans trois des plus grands groupes de rock progressif de tous les temps (Yes, King Crimson et Genesis), devenir leader du quartette Earthworks, jouer avec nombre de grandes personnalités de la musique et passer du rock progressif au jazz électro et au jazz acoustique, le batteur Bill Brufford décide de se retirer de la scène pour laisser la place aux plus jeunes. Dès lors, il se consacre à l’écriture de ses mémoires. Cet exercice, il le réalise avec la plus grande honnêteté et la plus grande exigence, portant un regard aigu, sans amertume, ni naïveté, ni complaisance, aussi bien sur son propre parcours que sur l’industrie de la musique et ses évolutions.
Son autobiographie se lit d’une seule traite, tant elle convoque d’images personnelles et vivantes de ces quarante années de concerts, d’enregistrements et de passion de la musique. Elle a le double intérêt de nous plonger de plain pied dans l’univers de ce musicien qui apporta nombre d’innovations stylistiques au jazz acoustique du xxie siècle et de mieux discerner les ressorts (contrats, contraintes techniques, logiques économiques et de pouvoir, etc.) du véritable champ de bataille de la musique dans lequel tout musicien se débat.

Revue de presse

- L'Autobiographie. Yes, King Crimson, Earthworks et le reste Michel Nicolas Prog-Résiste #80 2e trimestre 2015
- L'Autobiographie. Yes, King Crimson, Earthworks et le reste Stéphane Fougère Traverses n°33 Juin 2013
- King Médéric trafique Fripp/Crimson Bruno Pfeiffer Ça va jazzer, libération.fr 24 novembre 12
- L'Autobiographie. Yes, King Crimson, Earthworks et le reste Olivier Renault Artpress n°393 Octobre 2012
- L'Autobiographie. Yes, King Crimson, Earthworks et le reste Sophie Chambon les Dernières Nouvelles du Jazz 14 septembre 2012

- L'Autobiographie. Yes, King Crimson, Earthworks et le reste

Dans le cadre du festival Prog-Résiste, le magazine du même nom chronique quatre de nos ouvrages qui reviennent sur ce genre musical.

À RETROUVER EN INTÉGRALITÉ ICI :

Partie 1

Partie 2

Michel Nicolas
Prog-Résiste #80 2e trimestre 2015

- L'Autobiographie. Yes, King Crimson, Earthworks et le reste

En 2009, le label Summerfold publiait le communiqué de presse suivant : « BRUFORD quitte le service actif. Le batteur de YES, de KING CRIMSON et d’EARTHWORKS cesse de se produire en public à compter du 1er janvier 2009. Au terme d’une carrière exemplaire de quarante ans qui l’a vu oeuvrer successivement dans le rock progressif et le jazz électronique puis acoustique, BRUFORD a décidé de raccrocher ses baguettes pour se consacrer à diverses « activités annexes ».

Depuis, larmes d’effroi et sanglots d’incompréhension n’ont cessé de se déverser, notamment parmi les fans de rock progressif, qui espèrent bien, certainement encore aujourd’hui, que cette décision ne soit pas irrévocable. Ce n’est pas la
lecture de cette autobiographie qui risque de rassurer… Il n’est que de constater le désabusement qui hante de bout en bout les lignes des deux derniers chapitres. C’est dit, Bill BRUFORD est passé à autre chose. Par exemple à l’écriture de cet ouvrage. A-t-il cherché à se justifier ? Ou s’est-il réveillé un jour persuadé qu’il lui fallait désormais jouer le rôle du Sage, tel le Yoda de Star Wars, et livrer son expérience et ses conseils en pâture à ses jeunes batteurs écervelés et utopistes ?

Malgré une épaisseur dépassant les 400 pages, cette Autobiographie ne semble même pas avoir cette prétention. Elle fait seulement le point sur le parcours d’un batteur doué d’une étonnante conscience musicale qui lui a permis (ou obligé) de tracer un itinéraire peu commun. Quarante ans passés sur les routes des concerts, des répétitions et des studios d’enregistrement ont permis à Bill BRUFORD de se forger une réputation plus qu’honorable (combien de fois l’aton vu classé parmi les palmarès des dix meilleurs batteurs au monde ?). Il est à craindre hélas pour lui que sa célébrité reste attachée à l’époque où il n’était « que » le batteur de ces dinosaures du prog’ que sont YES, KING CRIMSON et UK. Dès lors que le « brillant Billy » a pris sa carrière en mains et qu’il a formé les groupes BRUFORD et EARTHWORKS et qu’il s’est tourné vers le jazz (sa passion première), son auditoire a été divisé au moins par deux. Et moins connues encore sont ses collaborations, pourtant consignées sur CD, avec Michiel BORSTLAP, Patrick MORAZ, Pete LOCKETT, Jamaaladeen TACUMA, Kazumi WATANABE, ou au sein du groupe BLUE et du WORLD DRUMMERS ENSEMBLE.

Toutes ces années ont ainsi permis à Bill BRUFORD de faire des rencontres que beaucoup auraient aimé pouvoir consigner dans son propre calepin. Et depuis ses débuts dans les années 1960 jusqu’à la première décennie du XXIe siècle, le monde a changé, et le regard de BRUFORD sur sa carrière et sur la musique en général, sa raison d’être et son environnement, a de même évolué. Le batteur est passé de l’enthousiasme arrogant de la jeunesse au doute hyperbolique du vétéran. Une vie rondement menée, en somme.

Des histoires sur les enregistrements de disques, des anecdotes sur la vie en tournée, des portraits de musiciens célèbres fréquentés au quotidien, BRUFORD en a à raconter. Sur Jon ANDERSON, sur Chris SQUIRE, sur Robert FRIPP, sur Jamie MUIR, sur Tony LEVIN, sur Adrian BELEW, sur Phil COLLINS, sur Allan HOLDSWORTH, mais aussi sur ses managers : Brian LANE, Sam ALDER, etc. Certains sont un peu égratignés ou moqués par endroits, mais rien qui puisse avoir de grandes conséquences sur leur réputation. Car BRUFORD, en bon Anglais éduqué de classe moyenne, manie forcément très bien le « british humor », pour la plus grande délectation de ses lecteurs. Ses remarques piquantes et affûtées sont aussi marquantes et font réfléchir. Au passage, quelques cous de stéréotypes sur la vie des musiciens sont aussi tordus, pour leur plus grand bien.

BRUFORD narre les événements comme on suivrait les scènes d’un film, c’estàdire avec le sens du suspense et de la comédie. Ce musicien « normal », au mode de vie pas très rock n’roll (il a une femme et des enfants, ce qui est déjà louche) a eu son lot d’événements et de galères « anormales », comme cette fois où il est largué en pleine nuit dans un hameau des Alpes par un couple qui lui avait promis, à Rome, de le ramener en voiture jusqu’en Angleterre ; comme cette batterie électronique high tech qui plante quelques secondes avant le lever du rideau (moment de grande solitude qui a sans doute pesé sur sa décision de revenir à la batterie acoustique) ; comme ces fameuses sessions d’enregistrement de l’album Union de YES, complètement manipulées par des producteurs et autres conseillers financi… pardon « artistiques » ; comme cette autre session un rien houleuse pour Al DI MEOLA, qui s’est fait un peu trop attendre pour un Tony LEVIN qui n’aime pas être traité de la sorte…

Croustillantes sans êtres voyeuristes, ces tranches de vie sont dévoilées par BRUFORD sans chercher à suivre la chronologie des événements. Car le batteur livre également pêlemêle ses réflexions éclairées sur le monde du rock, le milieu du jazz et l’univers parfois (souvent) impitoyable de l’industrie musicale, ainsi que sur la musique en général, son environnement, son évolution et son devenir, nourries autant de son vécu que de lectures à caractère sociologique, philosophique…

L’ouvrage est ainsi découpé en chapitres thématiques dont les titres sont des questions d’interview, apparemment souvent posées, du genre : « Pourquoi avez-vous quitté YES ? », « Travailler avec Robert FRIPP, c’est comment ? »,
« Est-ce que c’est différent dans le jazz ? », « D’accord, mais pendant la journée, vous faites quoi ? »

Parue en anglais en 2009, l’autobiographie de BRUFORD s’offre aujourd’hui aux lecteurs francophones grâce à une traduction scrupuleuse et avertie d’Aymeric LEROY, dont on devine l’intérêt et la passion pour le sujet. Le propos de Bill BRUFORD pouvait-il être mieux servi ? La lecture est en tout cas un vrai régal, en dépit des quelques passages avec mots manquants, mots en double, grammaire aléatoire et phrases au sens flottant, quiont échappé à une relecture affinée.

Que l’on soit lecteur côté public ou côté musicien, on trouvera toujours dans cette Autobiographie de quoi maintenir son attention en éveil, du grain à moudre pour repenser ce que l’on croyait savoir, ou simplement sourire, ce qui est déjà beaucoup au vu et su de tout ce qu’à traversé l’auteur. BRUFORD n’a pas cherché à nous dire que la vie de musicien est plus exaltante qu’une autre, mais qu’elle est juste aussi accidentée qu’une autre.. peut-être même un peu plus…

Stéphane Fougère
Traverses n°33 Juin 2013

- King Médéric trafique Fripp/Crimson

Démarrons sur un enchaînement de postulats irréfutables.
Un : Médéric Collignon chevauche en tête de la jeune génération française des jazzmen.
Deux : le groupe génial et fondateur du Progressive Rock des années 70 s’appelle King Crimson.
Trois : Collignon a craqué sur le groupe, particulièrement le leader, le guitariste ombrageux Robert Fripp, qui compose quasiment tout.
Quatre : Collignon réalise un album entier à partir de quatre périodes de Fripp (1968 à 2003).
Résultat? Respect! King Médéric renouvelle l’enchantement
[...]
Il était impossible de jeter le gant au parcours mythique de Fripp : Collignon l’a fait.

Livre conseillé : Bill Bruford – Yes, King Crimson, Ed. Le Mot et le Reste

http://jazz.blogs.liberation.fr/pfeiffer/2012/11/king-m%C3%A9d%C3%A9ric-trafique-frippcrimson.html

Bruno Pfeiffer
Ça va jazzer, libération.fr 24 novembre 12

- L'Autobiographie. Yes, King Crimson, Earthworks et le reste

Il aurait été décevant de voir le subtil, élégant et inventif batteur Bill Bruford nous livrer une autobiographie linéaire, commençant sagement par l’enfance pour nous raconter ses années de formation, puis celles avec ses groupes : Yes, King Crimson, Uk, Earthworks. Maître des polyrythmes et des contretemps, le musicien dont l’appétence pour les formes nouvelles ne s’est jamais démentie en a choisi une pour l’écriture de se riche vie : les réponses aux “questions fréquemment posées”, des plus simples (“Comment avez-vous débuté dans le métier?”), aux plus techniques (“Comment faites-vous pour avoir ce son génial?”).
Le lecteur n’entre pas dans la vie privée des groupes et musiciens que Bruford a fréquentés. Malgré quelques petites pointes (les éternels retards de Chris Squire, l’égocentrisme de Robert Fripp) qui n’entachent en rien le génie de ces musiciens, les amateurs d’indiscrétions sont priés d’aller voir ailleurs. C’est à une autre intimité que nous convie Bruford, celle du travail. La grande confusion des enregistrements studio avec Yes, la rigueur du travail avec King Crimson, son admiration pour l’extraordinaire virtuosité d’un Tony Levin ou d’un Jeff Berlin. Ou encore son goût pour les nouvelles technologies (il fut l’un des premiers à utiliser une batterie électronique), son retour à l’acoustique, au jazz. Régression ? Au contraire : une résistance, une offensive par l’inventivité et l’improvisation dans un système où tout peut se falsifier… Bruford écrit aussi un livre politique : il analyse sans complaisance le marché musical, le cynisme des coulisses de la “fabrique du bonheur humain” dans laquelle il a trimé plus de quarante ans, se frayant un parcours singulier, critique, ludique… En musique !

ARTPRESS

Olivier Renault
Artpress n°393 Octobre 2012

- L'Autobiographie. Yes, King Crimson, Earthworks et le reste

2009, Bill Bruford a soixante ans. Les temps changent, il ne prend plus son pied sur la route. L’ a-t-il jamais pris d’ailleurs ? Après quarante ans d’ une carrière dédiée à la musique et à la batterie, il décide de raccrocher et nous livre son autobiographie sans détour, une somme pas vraiment anecdotique. C’est la première fois qu’il nous est donné de suivre la vie (compliquée) d’un musicien célèbre, Bill Bruford s’expliquant sans langue de bois sur ses participations dans divers groupes : Yes, à ses débuts à 19 ans en 1968, King Crimson avec des sorties et retours sur 20 ans, son passage à Genesis quand Phil Colllins abandonna un temps les baguettes pour se mettre à chanter, mais aussi son aventure dans l’anarchique Gong, dans la ” fournaise ardente ” UK, sans oublier la création de ses propres groupes, Bruford puis le quartet de jazz moderniste Earthworks. Intéressant point de vue qui n’est pas celui d’un fan même érudit, mais d’un musicien au cœur de la tornade entre pop, rock et jazz. Comme le déclarait Miles Davis en 1969, Bill Bruford est obligé de ” changer ”, d’accepter ” comme une malédiction ” sa feuille de route. Bruford est un Anglais éduqué, de la classe moyenne de l’après guerre, qui plongea dans l’underground sans vraiment jamais réussir à choisir entre ces musiques : né en 1949, ses références sont jazz, ses batteurs préférés sont Max Roach et Art Blakey, la pop des Beatles et des Stones ne l’intéresse pas plus que cela. Comme il arrive au bon moment, il participe à la naissance du rock prog qu’il contribuera à développer. Travailleur acharné, scrupuleux, sans complaisance, Bill Bruford décrit de l’intérieur la vie d’un groupe de rock progressif (il en donne une des meilleures définitions page139 ), les galères de la vie d’artiste, déjouant ainsi certaines idées reçues. On apprend beaucoup sur l’industrie du disque, les conditions d’enregistrement, les concerts et la vie en tournées, de la fin des années soixante aux années deux mille. Cupidité de managers et de producteurs plus que contestables, naïveté des musiciens qui se laissent déposséder de leur travail. Ses anciens compagnons, Ian Anderson, John Wetton, Robert Fripp, Phil Collins, Alan Holdsworth, Chris Squire, s’ils ne sont pas toujours épargnés, sont jugés sans trop exagérer le trait, avec humour même.
Le Mot et le Reste a réussi le tour de force, après le très complet Rock progressif d’Aymeric Leroy, expert en la matière, d’évoquer en deux livres King Crimson et Bill Bruford, l’une de ses principales figures. La traduction de Leroy est parfaite, avec juste ce qu’il faut de recul pour mettre en valeur la construction en chapitres précis, aux titres attractifs, découpant ce parcours en épisodes savoureux que l’on lira à son rythme et selon son désir. Le dernier chapitre ” Lâcher prise ” pourrait se lire en premier, dévoilant ainsi le retour sans indulgence sur une vie pas si exceptionnelle et pourtant exaltante. Au moment du bilan, au delà des mirages du show business, cette introspection constitue une analyse rigoureuse d’un milieu controversé, passionnant pour l’amateur, désespérant pour l’artiste. Et fait la part des choses entre succès, célébrité et talent. Suivant une chronologie finement établie, la narration, sans être platement linéaire, suit cet univers rock en expansion dont les contours ne sont pas encore complètement connus. Un parcours rarement chaotique malgré certains repentirs, avec une ligne assumée de la part d’un musicien authentique qui a marqué de sa personnalité presque tous les albums qu’il a enregistrés. Bruford a su gérer sa carrière, sans tomber dans l’exaltation mystique de Yes, la sombre démesure de King Crimson. Sans aucun scandale, menant une vie familiale rangée, c’est au fond un type très ordinaire … sauf qu’il a traversé l’histoire de la musique populaire des quarante dernières années, participé à quelques-uns des plus grands groupes, alors que les rock stars explosaient en vol …
Absolument indispensable, enlevé, percutant et instructif !
NB : un index suffisant et une iconographie (photos, pochettes…) très bien insérée dans le texte.

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Sophie Chambon
les Dernières Nouvelles du Jazz 14 septembre 2012
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