Parution : 22/01/2010
ISBN : 9782915378917
136 pages (14,8 x 21 cm)

16.00 €

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La Monte Young

une biographie suivie d’une introduction à la musique minimaliste

Cette musique déroule le temps lentement, se déplie et se déploie, mais ne se feuillette pas à la légère. Et elle est essentiellement un exercice de solitaire, ou en tout cas une musique que l’on écoute à la maison le plus souvent seul et lorsque l’on voudrait voir la nuit tomber très vite.
Impossible de la faire tenir dans un ipod, impossible non plus d’en parler dans les dîners mondains. Essayez d’expliquer à votre voisin de table ou de bureau que vous écoutez un disque de La Monte Young, il commencera par ne pas vous comprendre, vous demander de répéter ce nom étrange, pour finir par se dire que vous n’êtes sans doute pas tout à fait normal.
Ce qu’il ignore, c’est qu’au-delà de La Monte Young, existe un univers foisonnant de musiciens anxieux et avides de créer une musique suspendue, tenue longtemps, lentement, qui prend son temps.

Et tout La Monte Young tient bien dans cette impossibilité, cette inaccessibilité au monde qui contraste violemment avec les années deux mille, celles du désir de communiquer, de vouloir être connu, d’exprimer sa voix. Dans un monde où tout le monde peut avoir un blog ou faire de la musique grâce à des logiciels, La Monte Young est à la fois un anachronisme et un modèle : parfois, pour faire œuvre, il faut se faire oublier et laisser les autres œuvrer pour vous.

Finalement, les disques de La Monte Young sont arrivés chez moi presque par hasard. J’en ai trouvé un, en CD, abandonné dans un rayon d’une Fnac. D’autres m’ont été trouvés ici et là, en France, en Allemagne, ailleurs, par des amis qui connaissaient ma passion dévorante pour tout ce qui touchait à ce compositeur et son histoire. Avec les années, j’ai acheté des exemplaires de son disque sur Shandar, de ceux qu’il a produits pour Pandit Pran Nath, trouvé quelques CD, dont des bootlegs assez somptueux. J’ai même possédé plusieurs exemplaires de chacun de ses vinyles, j’en ai offert, échangé, revendu, racheté, perdu, retrouvé, je ne sais plus. Mais parmi eux tous, il y en a un qui m’obsède plus que tous les autres. Il s’agit du Black Record, sorti en 1969 et édité à 2 000 exemplaires par Édition X, un label appartenant au galeriste munichois Friedrich Muller. Ce disque de bout de nuit, de bout du monde est encore disponible à la vente sur le site de l’artiste. Mais qui ne se sépare pas de ses exemplaires, signés, pour moins de 300 dollars pièce.

Revue de presse

- La Monte Young Entretien / Benoît Bidoret Gonzai Janvier 2011
- La Monte Young Sébastien Banse Les lettres françaises Novembre 2010
- La Monte Young Bester Gonzai Juillet 2010
- Joseph Ghosn sur les traces de la Monte Young: interview Blog Arbobo Juin 2010
- Ça plane pour lui Franck Mallet Classica Juin 2010
- La Monte Young Aurelio Levisandri Starx wax Juin 2010
- La Monte Young Éric Deshayes Traverses Mai 2010
- La Monte Young Jérôme Provençal Les Inrockuptibles 21 avril 2010
- La Monte Young Eric Serva Tapage nocturne / France Musique Mars 2010
- La Monte Young Pierre Durr Revue et Corrigée # 83 Mars 2010
- Lire la musique Guy Darol Le magazine des Livres Mars 2010
- La Monte Young Eric Fillion machinemusic.org Mars 2010
- La Monte Young Radio Aligre - Songs of praise radio show Février 2010
- La Monte Young Blog Alainfinkielkrautrock Février 2010
- La Monte Young Eric Deshayes Site Néosphères Février 2010
- Un livre sur La Monte Young Tsugi.fr Février 2010
- La Monte Young Renaud Monfourny Blogs les Inrocks Février 2010
- Interview Blog - The offline people Janvier 2010
- La Monte Young Guillaume Belhomme Blog - le son du grisli Février 2010

- La Monte Young

Le passeur/prescripteur, saint vertueux du journalisme, déserte le papier culturel. Aux côtés des blogueurs acharnés offrant des sons mutants perdus, quelques plumes savent où regarder. Encore jeunes souvent, ils sont les futurs héros ; immigrés-web de ce qu’on aimera appeler encore rock-critique, cette drôle de crèche. Au milieu des bœufs et des ânes, on oublie les yeux plus gonzo que les tripes. Joseph Ghosn guette les bons signaux, descendus d’un ciel encombré.

La suite sur Gonzai

Entretien / Benoît Bidoret
Gonzai Janvier 2011

- La Monte Young

Lamonte Young est né en 1935 dans une famille pauvre de l’Idaho, au nord-ouest des Etats-Unis. Son premier instrument est le saxophone, et son oncle est son premier professeur. Au lycée, il découvre le jazz, le bop de Charlie Parker et Dizzy Gillespie, mais il délaisse vite le genre, non sans avoir probablement reconnu des préoccupations analogues chez quelques-uns des instaurateurs du free jazz qu’il aura croisés : Don Cherry ; Ornette Coleman ; Eric Dolphy.

Les premières compositions qui exercent son art durant ses années de formation portent témoignage que les théories de Schoenberg et de la musique indienne l’ont instruit également. En Allemagne, il apprécie la valeur des préceptes de Karlheinz Stockhausen et des oeuvres de John Cage. De retour aux Etats-unis, à New York, où il fixe sa résidence, c’est dans le loft de Yoko Ono qu’il programme une série de concerts qui l’associe à ses confrères de l’époque : Terry Jennings, Henry Flynt, Terry Riley… Deux ans plus tard, il rencontre Marian Zazeela, une plasticienne et musicienne qui est restée, depuis, sa femme et sa première collaboratrice. Avec elle, il forme un groupe, the Theater of Eternal Music, qui compte aussi Tony Conrad, Angus MacLise et John Cale. Les deux derniers rejoindront par la suite le Velvet Underground de Lou Reed. Lamonte Young ne s’approchera pas plus près que cela de la célébrité. Il ne l’a pas cherché ; au contraire. Si son influence reste considérable, non seulement sur la musique minimaliste (Rhys Chatham, Charlemagne Palestine…), mais aussi sur le shoegazing britannique ou encore le Krautrock allemand, son oeuvre, rare et singulière, est aujourd’hui impossible – ou presque – à trouver.

Comment évoquer alors un musicien que l’on n’entend plus ? Joseph Ghosn a choisi de répondre à cette question à travers l’évocation de sa quête patiente de ces disques, ces éditions précieuses au tirage limité ou épuisé et au prix conséquemment prohibitif : « Je garde d’abord en mémoire les moments étranges durants lesquels j’avais ses disques à portée de main, tout en étant dans l’incapacité de les acheter. » Minutieusement, à travers les catalogues de maisons de disque défuntes et les vitrines des disquaires, Ghosn établit le parcours et la discographie d’un compositeur inclassable, et analyse l’oeuvre, album après album. Il en tire le portrait d’un musicien obsédé par la volonté d’aller « à l’intérieur d’un son » ; un concepteur érudit, en perpétuelle évolution, guidé par le désir de recréer quelque chose de l’écho primitif des grands vents qu’il entendait souffler sur la vallée de l’Idaho où il a vu le jour ; – un pionnier.

Certains collectionneurs conservent jalousement leurs trésors. Joseph Ghosn n’est pas de ceux-là : sa discographie sélective sur le minimalisme, qui complète l’ouvrage, est une invitation à les partager.

Les lettres françaises

Sébastien Banse
Les lettres françaises Novembre 2010

- La Monte Young

[...]

Identité : La Monte Young. Profession : Explorateur du temps. Type musical : undefined. Avec autant d’incertitudes accrochées sur sa blouse, l’œuvre de Young avait bien peu de chances d’atteindre le système nerveux. A force d’usure et d’érosion du temps, en dépit de ses propres défauts (la complexité, l’abstraction, l’antipop quasi terroriste) et d’une aversion pour les médias, La Monte se décortique avec facilité sous la plume d’un Ghosn passionné par son sujet, passionnant pour ses lecteurs – qu’on pourrait facilement réunir dans un ascenseur sans que quiconque n’ait à craindre le manque d’oxygène. Elégante introduction des masses à la musique d’un punk d’avant l’heure, le tout suivi d’une excellente discographie sélective des disques minimalistes, la biographie de l’ancien journaliste des Inrocks (depuis passé expert dans les « musiques obliques) walks on the deep side of Monte Young.

Un sacré tour de force à lire en écoutant, écoutant, écoutant le père de la répétition.

Site Gonzai

Bester
Gonzai Juillet 2010

- Joseph Ghosn sur les traces de la Monte Young: interview

Voilà deux noms connus sans l’être. La Monte Young, musicien rare sur disque comme en concert, père du minimalisme, qu’on croise parfois au détour d’une compilation ou d’une anthologie. Joseph Ghosn, journaliste passé par Magic, les Inrocks, aujourd’hui directeur éditorial de la rédaction des sites : gqmagazine.fr, vogue.fr, glamour.fr.

Joseph, d’aussi loin qu’il me souvienne a toujours été aussi pointu, aussi connaisseur de culture underground, qu’il défend en beauté sur son blog.
Alors qu’il sort un ouvrage consacré aux romans graphiques, son autre grande passion, nous nous retrouvons chez lui pour évoquer La Monte Young, dont il a publié une biographie.

Un mur impressionnant de BD en tous genres nous accueille, et le sourire doux de Joseph est presque aussi grand que sa collection de vinyls, dont quelques uns de sa propre production. On va discuter de La Monte Young mais aussi de minimalisme, d’écriture, et se laisser par son érudition jamais arrogante et son sens de la précision jamais pris en défaut.
J’appuie sur la touche “enregistrer” alors qu’il me parle d’une manifestation autour de Pierre Schaeffer à laquelle il participait en tant que musicien.

À réécouter:
Blog Arbobo

Blog Arbobo Juin 2010

- Ça plane pour lui
Parmi les pères spirituels du minimalisme américain, aux côtés de Terry Riley, Philip Glass et Steve Reich figure La Monte Young, né en 1935. Resté fidèle à des principes énoncés dès le début des années soixante, il est paradoxalement le moins connu de tous, le plus marginalisé. Grâce à cet ouvrage, assorti d’une discographie élargie à d’autres musiciens, on en sait plus désormais sur ce “vieux” hippie de la côte Ouest que l’auteur qualifie alternativement d’anachronisme et de modèle dont la dernière et mémorable prestation en France se déroula à l’occasion de l’exposition “La Beauté” en Avignon 2000.
Franck Mallet
Classica Juin 2010

- La Monte Young

Joseph Ghosn ancien journaliste des Inrockuptibles qui continue, par l’intermédiaire de son excellent blog et de ses articles dans des magazines plus généralistes à communiquer sa passion des musiques expérimentales et hors norme, nous livre ici la biographie d’une des légendes, de la musique minimaliste. La Monte Young est le type de musicien dont le nom circule dans un cercle d’amateurs restreints mais
dont personne n’a jamais réellement entendu la musique. Joseph Ghosn, en commençant par raconter la façon dont il a eu échos pour la première fois du nom de La Monte Young (par le biais de Spacemen 3) puis en prenant le parti pris d’une simple biographie descriptive pour ensuite arriver à un aspect plus analytique de sa musique parvient à nous faire partager si passion pour ce véritable phénomène et à remettre en perspective son apport à la musique actuelle (notamment en évoquant ses “disciples” ou contemporains plus médiatisés comme Terry Riley, Charlemagne Palestine, Tony Conrad ou Rhys Chatham).
S’il insiste sur l’importance qu’a eu sa rencontre avec Prandit Pran Nath et, plus généralement sur l’influence de la musique indienne sur tout un courant musical drone et minimaliste, il n’oublie pas la musique contemporaine et agrémente son ouvrage d’une “discographie sélective sur le minimalisme” qui outre les classiques du genre , évoque ses héritiers spirituels les plus récents, de Jim O’Rourke à Basic Channel en passant par Robert Hood ou Earth.

Aurelio Levisandri
Starx wax Juin 2010

- La Monte Young

C’est d’abord avec une certaine déception que l’on découvre que ce La Monte YOUNG, serti d’une magnifique couverture en léger relief imitation vinyle, n’est finalement pas une « biographie suivie d’une introduction à la musique minimaliste », comme cela fut pré-annoncé par la maison d’édition, mais une « biographie suivie d’une discographie sélective sur le minimalisme », une différence d’échelle assez importante qui aboutit à un livre relativement court (à peine 120 pages). A vrai dire la musique minimaliste est aujourd’hui suffisamment connue pour que l’on se passe d’un ouvrage encyclopédique qui n’apporterait finalement pas beaucoup d’eau au moulin.

Pour ceux qui souhaitent tout de même une approche d’ensemble, ils iront lire le dossier Une revue minimale du minimalisme par Romain RIOBOO (TRAVERSES n° 13) et les textes de Daniel CAUX, référence absolue en la matière, aujourd’hui disponibles dans Le Silence, les couleurs du prisme et la mécanique du temps qui passe. Ancien collaborateur aux Inrockuptibles, Joseph GHOSN ne s’est donc pas embarrassé d’une introduction analytique et conceptuelle. Il a préféré une première approche nettement plus accessible et surtout très subjective en employant d’emblée la première personne.

Certains trouveront cette approche passionnante, mais elle peut aussi paraître agaçante, puisque le sujet c’est autant La Monte YOUNG que joseph GHOSN et ses excursions à New York, à Avignon, à la FNAC (où il n’acheta finalement pas le coffret The Well Tuned Piano…).. L’effet de style est sympathique mais un peu trop envahissant. Passée cette remise à échelle, le livre de joseph GROSN tient ses promesses. Il apporte une très bonne biographie de La Monte YOUNG, dynamique, une très bonne discographie commentée, très utile pour le lecteur qui voudra investir dans les pièces de collection que sont devenus les disques du compositeur américain. Il donne aussi une brève discographie sélective permettant de s’orienter dans les musiques expérimentales, post-rock (Jim O’ROURKE, SUNN O) et (un peu) techno minimale en prenant pour fil conducteur les drones et motifs répétés.

L’ouvrage tient ses promesses, mais il lui manque malgré tout une analyse un peu approfondie des conceptions musicales de La Monte YOUNG. Et c’est dommage, car cela aurait permis d’entrouvrir des contrées conceptuelles autrement plus vertigineuses. L’éternité en musique, ce n’est pas rien quand même…

Éric Deshayes
Traverses Mai 2010

- La Monte Young

Un ouvrage concis et dense sur le pionnier américain de la musique minimaliste.

Joseph Ghosn a longtemps écrit pour Les Inrocks, distillant sans compter son amour pour les romans graphiques et les musiques d’outre-mode. À l’intérieur de son panthéon musical, le courant minimaliste occupe une place maximale. Ainsi, il n’est pas surprenant qu’il consacre un livre à La Monte Young, figure emblématique (beaucoup le citent en référence) et énigmatique (peu ont eu l’occasion de l’approcher ou de le voir jouer). Plutôt que d’inspecter à la loupe la vie de La Monte Young (dont il retrace cependant les grandes lignes, des années de formation en Californie, marquées par la composition de Trio for Strings, à la phase de maturité new-yorkaise, étroitement partagée avec Marian Zazeela, épousée en 1963), l’auteur préfère se concentrer sur sa musique, avec laquelle il entretient manifestement une intense relation, de l’ordre de la communion, une musique dont on pourrait presque dire qu’elle est politique tant elle ne cède en rien à aucun des canons esthétiques et populaires de l’époque, refusant de se laisser enfermer dans un carcan temporel court, et créant son propre système d’exploitation. Deux discographies détaillées, l’une consacrée à La Monte Young, l’autre à ses pairs et à ses émules, achèvent de faire de cet ouvrage une somme, mince mais dense, sur le minimalisme.

Jérôme Provençal
Les Inrockuptibles 21 avril 2010

- La Monte Young

Une biographie dans un style un peu rock’n’roll, originale, simple et immédiatement instructive. Originale par son approche puisque qu’on s’étonne (avant de comprendre) pourquoi son auteur nous raconte dans les premières pages, et avec force détails, les circonstances de sa non-rencontre puis de sa rencontre (purement discographique) avec ce célèbre et pourtant méconnu pionnier de la musique minimaliste.

Une biographie simple parce que tout ou presque tout de la vie et l’œuvre du musicien semble être résumée en 136 pages. Et pourtant cette histoire est aussi longue que riche puisque la Monte Young, toujours en vie, est né en 1935 dans une cabane en rondins de l’Idaho mais qu’il jouera du jazz et de la musique classique avec quelques uns des plus grands musiciens du XXème siècle. En tant que compositeur, il s’intéressera de très près à la musique dodécaphonique, au sérialisme, au minimalisme tout en consacrant une importante partie de son travail à de nombreuses expérimentations autour de l’évolution d’un son sur la durée. Une biographie également immédiatement instructive car, sans avoir jamais écouté une de ses œuvres, on comprend très vite dans quel univers musical La Monte Young a évolué, quels ont étés les autres musiciens (souvent méconnus ou oubliés) qui se sont inscris dans cette mouvance et quel a été son apport sur les générations d’artistes pop et électroniques.

Beaucoup d’entre vous se souviennent de l’auteur : Joseph Ghosn qui sévissait régulièrement dans les colonnes des Inrocks, son approche claire (souvent partiale et sans détour) d’un compositeur aussi complexe que La Monte Young est une belle démonstration d’un savoir communicatif d’une touchante sensibilité.

Tapage Nocturne

Eric Serva
Tapage nocturne / France Musique Mars 2010

- La Monte Young

Quelques mois après la sortie du livre de Daniel CAUX Le silence, les couleurs du prisme & la mécanique du temps qui passe aux Editions de l’éclat, qui reprenait dans son chapitre sur les “répétitifs” quelques articles qu’il avait consacrés à La Monte Young, voici que paraît un livre sur celui qui fut l’un des précurseurs des musiques dites “minimales”.
Son auteur en est un jeune musicologue qui n’a croisé la route du compositeur américain qu’il y a un peu plus d’une dizaine d’années, soit hors de toute production récente, sinon de prestations et de performances. Il semble avoir toutefois rattrapé son accession tardive à l’univers sonore de La Monte Young en réussissant, à force de persévérance, à (re)trouver une grande partie de la production – rare – du sujet de son étude.
Cette quête constitue d’ailleurs la première partie d’un livre qui continue, dans ses chapitres ultérieurs à faire le point chronologique de la créativité du compositeur: sa rencontre avec le jazz des années 50 (entre autres avec Don Cherry), sa singularité comme étudiant en musicologie avec sa composition trio for string, première composition qualifiée de minimaliste, ses happenings dans le loft de Yoko Ono puis dans le sien… avec la création du Dream Syndicate et du Theater of Eternal Music, sa rencontre déterminante avec le chanteur indien Pandit Pran Nath pour le travail des notes, leur durée… lié à une certaine ascèse que l’on retrouve dans plusieurs enregistrements de la série des “Drift Studies”. Un chapitre particulier est réservé au Well tuned piano. Avant de fournir une discographie commentée incluant de manière non exhaustive, mais judicieusement certaines productions proches de l’esthétique du compositeur, Joseph Ghosn consacre un court chapitre aux créateurs liés à l’univers sonique de La Monte Young.
Cet ouvrage, s’il n’apporte que quelques informations anecdotiques aux aficionados de longue date de La Monte Young, a le mérite d’exister, de mettre en avant un créateur indispensable des musiques actuelles, mais risque d’être la source d’une épidémie d’arrachage de cheveux devant l’impossibilité pour de nouveaux convaincus d’acquérir, à des prix raisonnables, l’œuvre du maître.

Pierre Durr
Revue et Corrigée # 83 Mars 2010

- Lire la musique

(...)
Le minimalisme s’oppose au rap pour autant que la retenue n’est pas amie de la dépense. L’exubérance de la vie vite, la vie qu’il faut brûler avant que la mort ne s’en charge, est antinomiste du minimalisme dont la philosophie coïncide avec l’éveil au seul présent du bouddhisme mahayana. Peu de livres se sont fait l’écho de cette formule modelée dans les années 1960 et dont le précurseur pourrait être Yves Klein (Conférence à la Sorbonne, 1959), si l’on en croit Joseph Ghosn.

Tout l’ouvrage qu’il consacre à La Monte Young porte d’ailleurs à le croire. Il est d’un auteur passionné, longtemps journaliste aux Inrockuptibles, et qui a amassé, au fil des ans, les pépites sonores du minimalisme. Ce mouvement connecté à Fluxus et à l’art minimal des Donald Judd, Sol LeWitt et Richard Serra se développe à partir de La Monte Young né en 1935 dans l’Idaho où il s’étourdit du vent qui siffle autour de la maison, « s’interrogeant sur sa provenance, sa musicalité. »

Influencé par la musique indienne, et particulièrement les ragas d’Ali Akbar Khan, il recherche longtemps la possibilité d’aller à l’intérieur d’un son avant de découvrir la technique du temps long, les drones qui ralentissent l’égrènement des heures. Joseph Ghosn retrace le parcours d’un homme, véritablement hors du temps, et de sa compagne Marian Zazeela. Tout en déroulant le récit d’une vie, il nous fait croiser les grandes figures de ce mouvement : John Cale, Pandit Pran Nath, Terry Riley, Morton Subotnick, Charlemagne Palestine, Philip Glass et Steve Reich.

L’ouvrage est un hymne à la musique qui plonge en soi, dans un monde de réminiscences. « Impossible de la faire tenir dans un ipod, impossible non plus d’en parler dans les dîners mondains », remarque Joseph Ghosn dans un soupir qui nous persuade, s’il en était besoin, qu’il n’y a décidément aucune passerelle entre les beats ultrarapides du rap et l’impression de temps suspendu que délivre un disque de Tangerine Dream. Complétée d’une discographie studieusement commentée, où la présence de Lou Reed surprend un peu, cette biographie fait progresser le point de vue du grand Michael Nyman qui, dans son indispensable Experimental Music (Éditions Allia, 2005), allumait les curiosités en présentant les Compositions de La Monte Young comme une « méthode d’expérimentation immédiate du temps démesuré dans le cadre d’une structure simple ».

Guy Darol
Le magazine des Livres Mars 2010

- La Monte Young
machinemusic.org
Eric Fillion
machinemusic.org Mars 2010

- La Monte Young
Songs of praise radio show
Radio Aligre - Songs of praise radio show Février 2010

- La Monte Young
Alainfinkielkrautrock
Blog Alainfinkielkrautrock Février 2010

- La Monte Young

La Monte Young, par le radicalisme de sa musique, à base de sons continus, par la rareté de ses disques et pour avoir frayé avec de futurs membres du Velvet Underground, est une figure mythique pour les adeptes de Pop expérimentale.
Joseph Ghosn fait le choix de la première personne pour nous relater son parcours initiatique dans la découverte de La Monte Young, d’un texte reproduit sur une pochette d’album des Spacemen 3 à ses pérégrinations dans les lieux où sa musique était publiquement produite en passant par sa collecte de disques. Cette approche subjective est un peu irritante, ou alors plutôt réussie si on aime le genre rock critic égocentrique. Elle est suivie d’une biographie dans laquelle on apprend notamment que La Monte Young coiffa au poteau Eric Dolphy pour l’obtention d’une place de saxophoniste dans un orchestre d’université. Cette partie est instructive mais reste cependant un peu trop évasive sur la portée philosophique de la musique de La Monte Young.
Elle est suivie d’une très utile discographie commentée du compositeur américain. Vient ensuite une sélection discographique sur le minimalisme, intéressante même si les appréciations sont parfois lapidaires. Elle met en lumière les principaux continuateurs de la musique minimaliste “tendance dure” longtemps restés dans l’ombre du succès public de la tendance “répétitive” (de Steve Reich et Philip Glass notamment). La sélection de Joseph Ghosn met aussi en lumière les filiations plus récentes à travers les mouvances du post-rock et de la techno minimale.

L’ouvrage offre ainsi un rapide tour d’horizon de l’univers en expansion des drones et affiliés.

Néosphères

Eric Deshayes
Site Néosphères Février 2010

- Un livre sur La Monte Young

Il est difficile encore aujourd’hui de saisir l’impact de La Monte Young sur la musique électronique et expérimentale. Joseph Ghosn, passé par la case Inrockuptibles pendant huit années à parler de musique, s’est penché sur l’une de ses idoles pour en dresser un portrait plus qu’une biographie, disponible depuis fin janvier.

Le compositeur américain est souvent considéré comme l’un des précurseurs de la musique minimaliste et de la drone. Il représente aussi une énorme influence sur différents génies musicaux, John Cale du Velvet Underground en disant notamment : La Monte Young est probablement ce qui constitua le meilleur de mon éducation et de mon ouverture musicale. Lou Reed, Brian Eno, Andy Warhol et bien d’autres ont tous reconnu son impact incroyable.

En dernière de couverture, l’auteur exprime en quelques lignes toute son admiration : La musique de La Monte Young n’a pas de codes comme la pop, ni de poses comme le rock. Elle déroule le temps lentement, se déplie et se déploie, mais ne feuillette pas à la légère. Impossible de la faire tenir dans un iPod, impossible non plus d’en parler dans les diners mondains. Essayez d’expliquer à votre voisin de table ou de bureau que vous écoutez un disque de La Monte Young, il commencera par ne pas vous comprendre, vous demander de répéter ce nom étranger, pour finir par se dire que vous n’êtes sans doute pas tout à fait normal. Une musique dont on pourrait presque dire qu’elle est politique tant elle ne cède en rien à aucun des des canons esthétiques et populaires de l’époque, refusant de se laisser enfermer dans un carcan temporel court et créant son propre système d’exploitation.

Tsugi.fr

Tsugi.fr Février 2010

- La Monte Young

On a tous découvert des groupes à travers la musique, un groupe en amenant un autre, comme un jeu de domino qui nous fait remonter le temps. Joseph Ghosn a ainsi découvert La Monte Young dans le texte d’une pochette de disque de Spacemen 3. Il a creusé, et cette biographie (oserait-on biographie autofictionnelle ?) est autant une approche de la vie et de l’art (mystérieux) de cette figure centrale du minimalisme – qui a influencé tout le monde, du Velvet Underground à Glenn Branca -, que la quête musicale menée par l’auteur.

C’est juste passionnant.

Blogs les Inrocks

Renaud Monfourny
Blogs les Inrocks Février 2010

- Interview
the offline people
Blog - The offline people Janvier 2010

- La Monte Young

Une fois évoquée sa première rencontre avec le compositeur (un nom au dos d’une pochette d’un disque de Spacemen 3) et donnés quelques exemples des affres avec lesquelles doit faire tout collectionneur de disques – assez naïfs pour sacrifier à l’ère du temps (manquait encore un souvenir de lycée), ces chapitres ne sont toutefois qu’une introduction au sujet (et un appât de quatrième de couverture) –, Ghosn peut exposer le parcours de La Monte Young (et celui de sa compagne Marian Zazeela). S’il pare au plus pressé, le texte est vif et complet, se chargeant en plus d’écrire en filigrane une histoire du minimalisme américain qui commande à d’autres figures d’intervenir : Terry Riley, Philip Glass, Maryanne Amacher, Rhys Chatham, Charlemagne Palestine… En amateur éclairé, Ghosn a la bonne idée de ne pas chercher à établir ici la moindre hiérarchie pour se concentrer davantage sur son portrait du musicien en créateur irréductible et en homme qui échappe toujours différemment aux convenances de son temps.

Alors, la lecture est rapide, sans doute pour permettre au lecteur d’aller entendre la musique du compositeur – « Il est temps, dit-elle, de tout arrêter pour écouter, écouter, écouter » – et celle des références d’une discographie sélective du minimalisme proposée ensuite. Là, quelques manques (l’auteur privilégiant l’influence du minimalisme sur la pop ou la musique expérimentale au détriment de celle ayant touché quelques compositeurs et interprètes de musique contemporaine, par exemple), mais une autre bonne idée : celle d’aller voir au-delà de tout présupposé et conseille en conséquence d’aller chercher tel enregistrement d’Yves Klein, Alvin Lucier ou Oren Ambarchi, aussi bien que les inévitables pièces de Terry Riley, Steve Reich ou Phill Niblock. C’est pourquoi l’ouvrage fait figure d’introduction plus que satisfaisante aux répétitions de La Monte Young comme à une autre façon de penser la musique (et ses représentations).

le son du grisli

Guillaume Belhomme
Blog - le son du grisli Février 2010
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