Parution : 21/01/2021
ISBN : 9782361397135
384 pages (14,8 x 21 cm)

La ballade de Robert Johnson

Jonathan Gaudet fait parler les morts pour raconter l’histoire d’un musicien qui aurait vendu son âme au diable en échange d’un talent inouï. Une entreprise littéraire passionnante.
Né pauvre dans le Mississippi du début du XXe siècle et 
mort à seulement 27 ans, Robert Johnson fait figure de météore dans l’univers de la musique américaine. Au cours de sa carrière chaotique, il n’a enregistré que vingt-neuf chansons qui l’installèrent pourtant comme l’un des plus grands bluesmen de tous les temps. En vingt-neuf chapitres habilement agencés, Jonathan Gaudet imagine la brève existence d’un homme dont la légende dit qu’il aurait vendu son âme au diable en échange de la renommée. Vingt-neuf morceaux devenus des références ; vingt-neuf routes qui se rejoignent dans la nuit ; vingt-neuf âmes patientant à la croisée des chemins.

Revue de presse

- La Ballade de Robert Johnson Sophie Chambon Dernières Nouvelles du Jazz 11 avril 2021
- La Ballade de Robert Johnson Claire Julliard L'Obs 4 mars 2021
- Robert Johnson, le blues est un roman Joe Farmer RFI // L'épopée des musiques noires 25 février 2021
- La Ballade de Robert Johnson Thierry Boillot L'Alsace 23 février 2021
- La Ballade de Robert Johnson Ronan Manuel Radio Rennes // Bon Vieux Temps février 2021
- La Ballade de Robert Johnson Made by frenchies Made by frenchies 19 février 2021
- La Ballade de Robert Johnson Daniel Rolland Culture hebdo 16 février 2021
- La Ballade de Robert Johnson Paule Martigny Blog des Arts 11 février 2021
- Robert Johnson, la légende d’un vagabond glorieux Jérôme Estebe La Tribune de Genève 23 janvier 2021
- Robert Johnson, le blues et le diable Serge Hartmann Dernières Nouvelles d'Alsace 25 javier
- La Ballade de Robert Johnson Alexandre Alvarez Le Suricate magazine 21 janvier 2021
- La Ballade de Robert Johnson Alex Dutilh France Musique / Open Jazz 20 janvier 2021

- La Ballade de Robert Johnson

On sait depuis Alain Gerber que le jazz est un roman. Le Québécois Jonathan Gaudet suit cette piste en écrivant une histoire romancée absolument passionnante de la vie du bluesman Robert Johnson dont on ne sait presque rien, si ce n’est qu’il mourut à 27 ans, en 1938, dans des circonstances mystérieuses, après avoir écrit 29 chansons dont “Sweet home Chicago”, “Hellhound on my trail”, “Love in vain”.
[...]
Obéissant à une contrainte qui se révèle astucieuse, l’auteur structure son récit en 29 chapitres dont les titres sont tout trouvés, puisqu’ils correspondent aux chansons composées par Robert Johnson. Ce qui n’est pas un mince avantage pour le lecteur néophyte mais aussi pour l’amateur de blues qui découvrent ainsi les chansons de Robert Johnson et peuvent plonger dans la musique de cet auteur-compositeur fécond. Objectif atteint et coup double puisque La ballade de Robert Johnson fait partie de la collection Musiques de la maison d’édition marseillaise Le Mot et Le Reste.

Les écrits de Jonathan Gaudet balancent selon un mouvement imprévisible et implacable, au fil de ce qui semble une minutieuse enquête dans la mémoire des témoins survivants. Chaque chapitre donne en effet la parole à un personnage qui a connu Robert Johnson, de l’adolescence à sa mort, a partagé un épisode marquant à ses côtés. Et par leur regard et leur voix, se constitue un portrait fragmenté mais complet, recomposé au plus juste.
[...]

Avec cette construction savamment tissée à partir de rares éléments d’une vie qui s’est achevée trop vite, l’auteur donne à ce personnage imaginé une vérité historique et une certaine innocence. Il signe un roman très visuel, façon road movie. Un biopic potentiel dont les épisodes accrocheurs devraient inspirer des cinéastes. Ses inventions romanesques sont si plausibles qu’elles pourraient être authentiques. Ce récit plein de vivacité est aussi prétexte à une réflexion désenchantée sur la situation des Noirs dans le Sud, la vie épuisante sur les plantations. La condition dramatique des femmes donne lieu à des descriptions pleine de compassion de la mère, la soeur et de la femme de Robert Johnson morte en couches.

Faisant preuve d’une audace formelle des plus convaincantes pour retracer l’itinéraire trop vite interrompu d’un être doué, “un garçon qui voulait avaler le monde” et qui devint une légende, Jonathan Gaudet a réussi un livre inspiré et créatif que l’on abandonnera à regret, une fois terminé.

Une chronique à retrouver en intégralité dans les Dernières Nouvelles du Jazz

Sophie Chambon
Dernières Nouvelles du Jazz 11 avril 2021

- La Ballade de Robert Johnson
Bluesman itinérant et fascinant, Robert Johnson, mort à 27 ans en 1938, fait l’objet de nombreuses légendes. Dont celle de son “pacte avec le diable”. Dans un vibrant roman polyphonique, Jonathan Gaudet retrace le parcours de cet enfant noir né sans père dans l’Etat du Mississippi. Fils d’une cueilleuse de coton, il décide de consacrer sa vie à la musique et de s’y faire un nom. Il bourlinguera de ville en ville, de femme en femme, dans le climat brûlant et misérable du sud des Etats-Unis. Rien de tel que la fiction pour cerner un mythe au plus près.
Claire Julliard
L'Obs 4 mars 2021

- Robert Johnson, le blues est un roman

L’année 2021 marque le 110ème anniversaire de la naissance du bluesman Robert Johnson dont la saga a suscité de nombreux écrits au fil des décennies. Ces derniers mois, plusieurs ouvrages ont, à nouveau, conté l’histoire épique de ce fascinant guitariste. Les biographies ne manquent pas, mais rendre son épopée palpitante et crédible est devenu une vraie gageure. Jonathan Gaudet a choisi de romancer l’aventure tumultueuse d’un homme noir effronté, indomptable, pétri de talent, bousculé par la vie et trop tardivement célébré. “La ballade de Robert Johnson” (Ed. Le mot et le reste) est le film d’une existence fugace qui parvient toujours à nous émouvoir et à nous interroger.

Né le 8 mai 1911 au cœur du Mississippi, Robert Leroy Johnson a longtemps été décrit comme un personnage énigmatique, dont la légende tenace veut qu’il ait croisé le diable et vendu son âme en échange d’une virtuosité guitaristique incontestable. Cette fable ne repose évidemment sur aucun fait avéré, mais perdure malgré tout dans l’esprit des conteurs du blues. La réalité est tout autre et, même si des zones d’ombre subsistent, la vie de Robert Johnson fut beaucoup moins romanesque qu’elle ne le fut présentée. Confronté à la dureté de l’Amérique raciste du début du XXe siècle, ce jeune Afro-Américain de la campagne sudiste dut batailler pour exister et faire valoir son talent.

Bien que sujette à controverses, la disparition de Robert Johnson en août 1938 rejoint, dans l’imaginaire de Jonathan Gaudet, la thèse la plus souvent envisagée : l’empoisonnement. Cette liberté d’interprétation du réel chiffonnera certainement les partisans de l’authenticité biographique mais qu’importe… Redessiner les contours d’une vie n’altère pas sa valeur. Jouer avec les moments-clé d’une époque révolue participe à sa vigueur présente. Certes, Robert Johnson ne foula jamais la prestigieuse scène du Carnegie Hall de New York mais il était bien là, ce 23 décembre 1938, invisible mais perceptible, absent mais incontournable, dans le feu des projecteurs mais poussière d’étoiles au firmament du blues.

Une émission à écouter sur RFI

Joe Farmer
RFI // L'épopée des musiques noires 25 février 2021

- La Ballade de Robert Johnson

Auteur canadien, Jonathan Gaudet a puisé les sources de son roman aux frontières du mythe et de la vérité sur Robert Johnson. Avec lui, les morts ont la parole et c’est une grande page de l’Histoire du blues qui nous est enfin révélée.

La réplique du film L’Homme qui tua Liberty Valence est devenue célèbre : « Quand la légende dépasse la réalité, on publie la légende ». Et concernant Robert Johnson, la légende est au-dessus du tout. Pionnier du blues, le musicien est né et a grandi dans le Mississippi rural. Élevé par sa mère, le jeune Johnson n’a jamais connu son père et subira la discipline de ses beaux-pères successifs. La religion ne l’intéresse pas plus que le travail harassant qu’on lui « offre » à la plantation. En dehors des femmes, sa seule passion, c’est la musique.
Robert est un habitué des juke joints, ces baraques improbables que les descendants d’esclaves transforment en cabaret. Il y croise notamment Son House, vénérable bluesman qui se dit impressionné par ce jeunot aux progrès fulgurants.
D’une plantation à l’autre, le bruit circule : Johnson aurait croisé le diable à un carrefour et échangé son âme contre un jeu de guitare qui mettrait le monde à ses pieds.

Un incroyable héritage
Ainsi, Robert Johnson devint le héros du Crossroads. Il en fait une chanson et en écrit 28 autres. Toutes sont enregistrées avec les moyens du bord à San Antonio et le témoignage rustique de ces captations datant de 1936 et 1937, allait fasciner toute la noblesse du rock moderne. Les Rolling Stones, Eric Clapton, Led Zeppelin, Lynyrd Skynyrd, Johnny Winter, Red Hot Chili Peppers, The White Stripes et des dizaines d’autres intégreront Robert Johnson à leur répertoire. Le créateur de Sweet Home Chicago et de Love In Vain, lui, mourrait à 27 ans au même âge que Jim Morrison, Janis Joplin, Kurt Cobain et autres membres du morbide « club des 27 »... Comme si la malédic- tion lui avait survécu.
On ne connaît que quelques pho- tos de Robert Johnson. La légende dépasse la réalité. Elle inspire à Jonathan Gaudet ce roman passion- nant, décliné en 29 chapitres dont chacun porte le titre d’une chanson. Il est conseillé de lire chacun d’eux en réécoutant les enregistrements du pionnier. D’un épisode à l’autre, les témoins font revivre toute l’histoire. Un drame en fait. Robert Johnson a composé des chansons qui ont contribué à changer le monde. Il ne saura jamais à quel point son héritage a été pillé mais aussi bonifié. Son pacte avec le démon, finalement, n’aurait-il pas bel et bien marché ?

Une chronique à retrouver dans L’Alsace

Thierry Boillot
L'Alsace 23 février 2021

- La Ballade de Robert Johnson

“BonVieuxTemps très bluesy cette semaine avec l’excellent auteur et musicien Québécois Jonathan Gaudet pour son livre “La Ballade de Robert Johnson”, aux éditions Le Mot et Le Reste. Et puis, à écouter, Dolly Parton, Dr Feelgood, Steve Earle, Jonathan Gaudet, John Renbourn, Marc Robine, Greg Brown et évidemment Robert Johnson!...”

À écouter sur Soundcloud

Ronan Manuel
Radio Rennes // Bon Vieux Temps février 2021

- La Ballade de Robert Johnson

La Ballade de Robert Johnson est dans la playlist du weekend de Made by frenchies !

“Né pauvre dans le Mississippi du début du xxe siècle et mort à seulement 27 ans, Robert Johnson fait figure de météore dans l’univers de la musique américaine. Au cours de sa carrière chaotique, il n’a enregistré que vingt-neuf chansons qui l’installèrent pourtant comme l’un des plus grands bluesmen de tous les temps.

En vingt-neuf chapitres habilement agencés, Jonathan Gaudet imagine la brève existence d’un homme dont la légende dit qu’il aurait vendu son âme au diable en échange de la renommée. Vingt-neuf morceaux devenus des références ; vingt-neuf routes qui se rejoignent dans la nuit ; vingt-neuf âmes patientant à la croisée des chemins.”

À retrouver sur Made by frenchies

Made by frenchies
Made by frenchies 19 février 2021

- La Ballade de Robert Johnson

Sur un bluesman cinquième meilleur guitariste de tous les temps

Si vous aimez les légendes entourant un artiste alors là vous allez être servi concernant la vie en étoile filante du bluesman Robert Johnson mort en 1938 à 27 ans, âge maudit comme on sait dans la musique pop. Le magazine Rolling Stones le consacre cinquième meilleur guitariste de tous les temps. Pourtant à ses débuts, on ne donne pas cher pour ses talents de guitariste. Mais le gars s’obstine et parvient à dominer les cordes. En complément de cet instrument il s’accompagnera aussi à l’harmonica dont il concevra un support pour pouvoir jouer des deux en même temps. Notre compatriote québécois Jonathan Gaudet a érigé sur lui 29 “tombeaux” comme on disait jadis au Siècle des Lumières pour illustrer la mémoire d’un grand. Ce chiffre correspondant, aux vingt-neuf chansons qui nous sont parvenues. Parlant de faits légendaires on a insinué qu’il avait entrepris un pacte avec le diable pour pouvoir atteindre à la notoriété. On ne sait pas non plus de quoi est-il mort au juste, empoisonnement par un tenancier de bar jaloux, pneumonie ou syphilis ? Puis on ne connaît pas le lieu réel de sa sépulture. Bref, notre biographe a érigé une sorte de romance basée sur des faits réels. Primo il nous donne le goût d’aller entendre l’artiste. Ce que cela pourrait faire aussi un sacré film musical en hommage à celui qui fut l’inspiration de tant d’auteurs-compositeurs-interprètes aux États-Unis dont Eric Clapton pour qui Johnson fut l’inspiration d’un de ses albums.

Une chronique à retrouver sur Culture hebdo

Daniel Rolland
Culture hebdo 16 février 2021

- La Ballade de Robert Johnson

Jonathan Gaudet auteur de plusieurs romans, né au Québec en 1977, partage son temps entre l’enseignement, la musique et l’écriture. Il scande sa ballade en 29 chapitres en regard des 29 chansons enregistrées, 29 morceaux devenus des références dans l’univers de la musique américaine, et 29 routes d’une vie. Robert Johnson (1911–1938) est né dans le delta du Mississippi. À la fin des années 1920, il se met à la guitare et confectionne un support à son harmonica pour utiliser les deux instruments simultanément. Il est devenu une légende et une grande source d’inspiration pour des artistes comme Jimi Hendrix, Jimmy Page, Bob Dylan, Bryan Jones, Eric Clapton, Keith Richards qui a livré cette anecdote dans une interview au magazine Rolling Stone : lorsqu’il entend pour la première fois un disque de Robert Johnson, en 1962, chez Brian Jones, il lui demande « Qui est-ce ? » Jones répond que c’est Robert Johnson, un obscur chanteur/guitariste de blues. Richards insiste : « Non, je veux dire, qui est cet autre type qui joue de la guitare avec lui ? » Jones lui dit que c’est Johnson lui-même. Il n’y a pas de second guitariste. Keith, très impressionné, s’exclame : « ce type doit avoir deux cerveaux ! » Robert Johnson meurt le 16 août 1938 dans des circonstances mystérieuses. Il figue dans la funeste liste du Club des 27.

Une chronique à retrouver sur le Blog des Arts

Paule Martigny
Blog des Arts 11 février 2021

- Robert Johnson, la légende d’un vagabond glorieux

Deux récentes biographies en français narrent la carrière d’étoile filante du bluesman ambulant, mort à 27 ans en 1938.

L’édition française s’est entichée du blues sudiste des années 30, si rustique, si chaud, si bon. Voilà une preuve de bon goût. Viennent en effet de sortir deux biographies du mystérieux, magnifique et influent Robert Johnson. Empoisonné par un mari cocu en 1938, Robert Johnson, c’est 27 ans de vie sur notre Terre; 29 chansons gravées, mille fois scrutées, pillées, reprises; c’est aussi dix doigts longs et agiles; trois photos connues; et une cascade de bitures autant que de conquêtes féminines. Johnson, c’est un vagabond génial à la carrière éclair autant que flamboyante, pleine d’ombres et de légendes. Il fallait bien deux biographies pour démêler tout ça.

[...]

Dans «La ballade de Robert Johnson», en librairie cette semaine, le romancier québécois Jonathan Gaudet opte pour une fiction à partir d’étapes avérées de la vie du musicien. En 29 chapitres aux noms des 29 chansons de Johnson, il construit un récit choral, où les voix des proches, exégètes et conquêtes amoureuses se mêlent pour narrer cette existence éblouissante et chaotique.

Une chronique à retrouver en intégralité sur La Tribune de Genève

Jérôme Estebe
La Tribune de Genève 23 janvier 2021

- Robert Johnson, le blues et le diable

Un personnage de roman sous la plume de Jonathan Gaudet

De quoi expliquer la légende d’un Johnson qui aurait vendu son âme au diable, à un carrefour perdu dans la campagne, en échange de son génie musical et de sa virtuosité à la guitare. Les auteurs y rappellent combien le blues fut pour beaucoup de noirs pratiquants une « musique du diable » vilipendée par les pas- teurs dans les églises, parce qu’associée aux lieux de perdition où elle se jouait – un univers où s’imbriquaient l’alcool, les jeux, la prostitution, les bagarres…
C’est aussi la toile de fond du roman choral du Québécois Jonathan Gaudet, La Ballade de Robert Johnson (chez Le Mot et le Reste, 375 pages, 24 €). En 29 chapitres, dont chacun reprend le titre d’une des 29 chansons de Johnson parvenues jusqu’à nous, l’auteur fait revivre ceux qui ont croisé la route du bluesman.
Si Et le diable a surgi est écrit d’une façon froidement documentaire, sur le mode d’une enquête, La ballade de Robert Johnson est un texte davantage ancré dans l’exercice littéraire. Celui d’une fiction dont Jonathan Gaudet maîtrise cependant les éléments historiques, donnant une épaisseur à Johnson et à sa trajectoire. Mais dans chacun des deux livres, l’homme et l’artiste prennent le pas sur le mythe et la légende. Et Robert Johnson n’en ressort que plus grand.

L’article sur Robert Johnson est à retrouver en intégralité sur DNA

Serge Hartmann
Dernières Nouvelles d'Alsace 25 javier

- La Ballade de Robert Johnson

Le 16 août 1938 mourrait le bluesman Robert Johnson, laissant au monde vingt-neuf chansons, trois photographies et une légende faustienne. Le style musical novateur de Johnson fut tel qu’il aura impacté des générations de musiciens jusqu’à nos jours, parmi lesquels Bob Dylan, les Rolling Stones, Eric Clapton ou encore Peter Green.

[...]

Si l’on ne possède que trois clichés du musicien maudit, les informations fiables le concernant étaient encore plus rares jusqu’à la publication du livre Up Jumped the Devil: The Real Life of Robert Johnson en 2019.

Partant de ce récent exposé historique, l’auteur Jonathan Gaudet livre aujourd’hui La ballade de Robert Johnson, roman en vingt-neuf chapitres liés à chacune des chansons du bluesman.

Vingt-neuf narrateurs se succéderont ainsi pour livrer leur témoignage, à mi-chemin entre histoire et fiction. À travers ces reconstitutions, Jonathan Gaudet tâchera de combler les lacunes de nos connaissances sur le sujet. Processus d’écriture intéressant dans la mesure où la majorité de ce que l’on sait de Robert Johnson nous vient justement des témoignages de divers musiciens ayant croisé sa route.

Sur fond de crise de 1929 et de ségrégation raciale, La ballade de Robert Johnson nous emmène donc sur les routes d’Amérique, au cœur même du Blues.

Dans cette logique, Jonathan Gaudet tâchera de ne rien omettre, allant jusqu’à intégrer à son récit certaines des controverses récentes concernant l’artiste, en abordant notamment une prétendue photographie de Johnson et Johnny Shines découverte en 2005 et dont l’authenticité a depuis été contestée.

C’est là un des gros défauts du roman. À force d’intégrer trop d’éléments – jusqu’à en sélectionner certains de moindre importance – l’auteur en vient parfois à parasiter son propre récit en visant une trop grande exhaustivité. En résulte un ouvrage qui n’est ni réellement un roman, ni un livre d’histoire, et tend parfois à s’égarer dans des considérations de moindre importance par rapport à la narration.

[...]

Il s’agit d’un infime détail bien entendu. Mais un détail qui poussera parfois le lecteur à ne plus pouvoir se situer entre la réalité et la fiction, et à perdre le fil de sa lecture.

Ainsi, La ballade de Robert Johnson pourra parfois désarçonner son lectorat et aurait probablement gagné en fluidité soit en s’assumant comme un livre d’histoire, soit en embrassant pleinement le mythe faustien de l’âme vendue au diable à la croisée des chemins pour livrer une fiction complète.

Néanmoins, il faut reconnaître à l’auteur d’avoir su créer un récit nettement plus agréable à lire qu’une somme historique pure et dure. Plus encore, La ballade de Robert Johnson est parcouru d’extraordinaires références au blues qui, si l’on prend la peine de les écouter, donneront une saveur particulière – disons même une musicalité – à ce roman.

[...]

Ainsi, La ballade de Robert Johnson permet de se créer une bonne connaissance de ce sujet passionnant par le biais d’un roman à la fois abordable et agréable à lire. Si l’on peut lui reprocher certains défauts dans la narration, il n’en reste pas moins une lecture tout à fait intéressante.

Une chronique à retrouver en intégralité sur Le Suricate magazine

Alexandre Alvarez
Le Suricate magazine 21 janvier 2021

- La Ballade de Robert Johnson

La Ballade de Robert Johnson de Jonathan Gaudet était le livre présenté dans la rubrique Jazz Culture du 20 janvier !

“On peut vivre les anecdotes de Robert Johnson dans ce roman.”

Une chronique à écouter sur France Musique / Open Jazz à partir de 44’‘48

Alex Dutilh
France Musique / Open Jazz 20 janvier 2021
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