Parution : 16/01/2020
ISBN : 978236139
432 pages (14,8 x 21 cm)

Juke

110 portraits de bluesmen

À travers une centaine de portraits, l’ouvrage raconte autant d’histoires incroyables dont les scénarios étaient écrits d’avance.
Après avoir été rédacteur en chef de la revue spécialisée Blues Again, Christian Casoni souhaite donner un véhicule plus généraliste au blues et propose ses services à Rock&Folk. Intéressé par son idée de reconnecter les fans de rock à cette musique, Philippe Manœuvre lui donne les clefs de la rubrique Beano Blues. À partir de là, Casoni a le champ libre pour parler de la musique du diable. Il décide de le faire sur un ton qu’il veut légèrement sacrilège, et met au ban le traitement savant d’une musique qui n’est pas l’aïeul du rock mais le rock’n’roll lui-même ! Car au fil de cette anthologie d’articles, le journaliste tend à montrer que s’adresser aux fans des Stooges et des White Stripes, c’est inévitablement parler à ceux de Howlin’ Wolf, Elmore James ou Hound Dog Taylor.

Revue de presse

- Juke Noé Gaillard Daily Passions 16 janvier 2020
- Interview et plateau avec Christian Casoni Laurent Sapir & Sébastien Vidal TSF Jazz // Caviar & Champagne 23 janvier 2020
- Jazz au Trésor : Christian Casoni Alex Dutilh France Musique // Jazz au Trésor 4 février 2020
- Juke Laurent Chalumeau 27 janvier 2020
- Juke Alain Vollerin Le blog des arts 29 janvier 2020

- Juke

Pour vous expliquer le premier mot du titre de cet ouvrage, j’ai deux propositions qui se rejoignent. Un Juke c’est un bar dansant, et j’ai revu la fin du film de John Huston « Asphalt jungle/ Quand la ville dort » quand le seul rescapé du coup s’attarde pour regarder une jeune fille danser… Juke c’est le titre d’un instrumental d’harmonica, enregistré pour figurer sur un titre de Muddy Waters par Marion Walter Jacobs dit Little Walter (page 228). Et bien sûr j’ai comme d’habitude consulté en premier la table des matières pour savoir lesquels des 110 bluesmen je connaissais… (un bon nombre à ma grande surprise). J’en profite pour regretter l’absence d’un index, voire d’une discographie en 110 albums… Je passe sur ma surprise devant l’absence d’un Ray Charles ou d’un Lyle Lovett et mon étonnement devant la présence d’un Chuck Berry que j’aurais plutôt vu côté rock’n’roll. Mais l’auteur se justifie fort bien et dans un style enlevé et foisonnant d’images. Les lecteurs qui écoutent la musique sans connaître le vocabulaire correspondant aux techniques musicales des instruments seront peut-être parfois un peu déroutés mais ils percevront l’enthousiasme et l’humour un peu décalé qui stigmatise certains traits des portraiturés.

Avant d’entamer la lecture et surtout de regarder la table des matières, faites un passage dans votre discothèque pour y trouver les bluesmen que vous aimez. Mettez CD ou vinyle en position et commencez à lire. Vous arriverez vite à « entendre » certains mots techniques et vous comprendrez la dernière phrase de l’avertissement au lecteur : « Les bluesmen ne faisaient la guerre à personne, et ce sont eux qui l’ont gagnée ».

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Noé Gaillard
Daily Passions 16 janvier 2020

- Interview et plateau avec Christian Casoni

La notion de “Tout-monde”, la créolisation ou encore la conscience qu’on ne peut pas saisir l’importance du jazz sans prendre en compte l’esclavage… L’écrivain, conteur et essayiste martiniquais Patrick Chamoiseau, prix Goncourt 1992 pour“Texaco”, est une voix qui nous est chère, comme le fut en son temps celle d’Édouard Glissant.

Autant dire que lorsqu’on a appris qu’il signait les notes de pochette de “Soley”, le nouvel album du pianiste Grégory Privat, lui aussi né en Martinique, l’invitation fut très vite lancée pour les réunir dans ce troisième numéro de “Caviar pour tous, champagne pour les autres”, en direct du Jean-Louis La Nuit qui nous accueille pour cette émission mensuelle depuis novembre dernier. Ce nouveau disque de Grégory Privat, sur son label Buddham Jazz, il sort la semaine prochaine, le 31 janvier, et le pianiste sera aussi en concert lundi et mardi prochain au Duc des Lombards. Quant à Patrick Chamoiseau, il va devenir lundi prochain le nouveau titulaire d’une chaire d’écrivain en résidence à Scences Po.

Autre invité de marque dans cette émission, l’historien afro-américain Gerald Horne, de passage au festival Sons d’Hiver cette semaine (mercredi à 19h au Hangar d’Ivry-sur-Seine) pour son livre qui va sortir le 21 février aux éditions Otium, “Paul Robeson, artiste et révolutionnaire”, au sujet de ce chanteur et militant noir un peu oublié aujourd’hui mais qui fut en son temps une véritable icône de la lutte contre la ségrégation… Ce même Paul Robeson qu’une exposition au Musée du Quai Branly, à Paris, en 2018, caractérisait justement comme un homme… du tout-Monde!

Beaux échanges en perspective, avec également le concours du journaliste Christian Casoni pour son livre, “Juke: 110 portraits de bluesmen”, anthologie fraternelle et enlevée d’articles consacrés au blues et publiés par l’auteur dans la revue Rock & Folk. avec à la clé une plume ironique, taquine, voire sacrilège (une plume façon “tout-Monde”, peut-être), comme pour mieux en finir avec tout traitement savant d’une musique aussi populaire-et actuelle. Notre ami Bruno Guermonprez, qui coanime l’émission 59 rue des Archives, a déjà salué ce livre sur les réseaux en évoquant un “verbe généreux, presque gouailleur et toujours rusé, faisant briller une connaissance précise et foisonnante jamais sèche. Grand et fort comme du Saint-Simon !”

Pour clore ce plateau royal, un concert en direct avec sur scène le guitariste Thomas Naïm !

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Laurent Sapir & Sébastien Vidal
TSF Jazz // Caviar & Champagne 23 janvier 2020

- Jazz au Trésor : Christian Casoni

À l’occasion de la sortie du livre de Christian Casoni, Alex Dutilh déterre quelques perles et inédits du blues.

La séquence des perles et des inédits ressortis de l’oubli. Cette semaine, quelques incunables de la grande histoire du blues à l’occasion la publication de « Juke, 110 Portraits de bluesmen », signé Christian Casoni, aux éditions Le Mot et le reste.

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Alex Dutilh
France Musique // Jazz au Trésor 4 février 2020

- Juke

Le discours petit Blanc empathique sur la zique noire d’antan, c’est comme tout : ça dépend comment c’est fait.
Avec le temps, et c’est heureux, on a appris a détecter ce qui, dans l’inconditionnelle sacralisation blanche du beulouze, initialement sincère et bien intentionnée, pouvait à force se faufiler de « blackface » et de « minstrelsy » plus ou moins consciente (pleurnicher sur l’enfance de Muddy Waters, c’est moins ardu que d’obtenir « la vérité pour Adama »). On a su démasquer également comment son invocation commode avait pu camoufler les paresse et beauferie d’un certain « klassic wack » cliché et chevelu.
Rien de tout ça ici. Ni faux Tosches citant Eschyle à propos des feulements d’un métayer priapique ivre d’alcool à lampe, ni sous Manœuvre ressassant la sourate des trois accords sacrés et douze mesures magiques, Christian Casoni propose dans « Juke » (beau titre ! « Fuck » s’est un temps appelé comme ça) un annuaire ou herbier qui vire chemin faisant à la délectable « curiosité littéraire ».
« 110 portraits » de Bluesmen donc. Pour moitié inconnus (de moi, en tous cas. Or, sans jouer au Lomax de la Porte de Lilas, ça donne quand même idée de l’emplacement du curseur). Son inventaire se picore, un lascar à la fois, deux max. C’est un livre qu’on range aux tines. Et ce sont les inconnus qu’on vient à préférer. Ces vies obscures, dérisoires, oppressées et grandioses nonobstant, finissent, dans leurs répétition et similitudes même, par prendre un tour abstrait, fictif, presque poétique.
Le regard est éclairé et éclairant. La prose plus proche de Jimmy Vaughn que de Stevie Ray (autrement dit, moins de notes, mais murement pesée et réfléchie chacune avant d’être jouée).
Toute la musique qu’il aime… Ça tombe bien, nous aussi. Et donc, par conséquent, ce livre est réussi.

Laurent Chalumeau
27 janvier 2020

- Juke

Par Christian Casoni, né en 1958, tour à tour postier, professeur, illustrateur et dessinateur de presse. Il est rédacteur en chef de « Blues again » et pigiste pour Rock & Folk. Philippe Manœuvre lui a confié la rubrique Beano Blues, pour parler du chant des jukes. Ce copieux ouvrage est une anthologie d’articles. Ce sont des portraits, des nécros pour la plupart, rédigés dans l’esprit de nouvelles de série noire. Il faut savoir que la majorité de ces bluesmen étaient natifs de Louisiane, issus de milieux misérables. Certains, trop hélas, ont vu enfants leurs pères assassinés par le Ku Klux Klan. Ces éléments sont importants pour comprendre l’âme de cette musique. Christian Casoni restitue dans son style personnel les facettes de ces destins torturés, de ces vies souvent courtes, de ces musiciens géniaux, guitaristes, harmonicistes, trompétistes, etc, et ces voix inoubliables. Dans l’avertissement aux lecteurs il écrit : « Une révolution musicale inexplicable qui a exterminé, pour le meilleur ou pour le pire, tous les dinosaures académiques des âges précédents. » Un aperçu des portraits : Bessie Smith l’impératrice, Robert Lockwood, Memphis Slim, Muddy Waters, John Lee Hoocker, Fats Domino, Ike Turner, Chuck Berry, BB King qui disait que chanter le blues c’était être noir deux fois. Et, un texte étonnant sur le blues français, avec une dizaine de portraits. En fin d’ouvrage « Bluesmen noirs, producteurs juifs ». Juifs et Noirs se renvoyaient une image de persécutés. Un ouvrage formidable qui se lit avec délice et émotion. Une source inestimable pour les musiciens et les amateurs.

La chronique en ligne

Alain Vollerin
Le blog des arts 29 janvier 2020
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