Parution : 20/02/2020
ISBN : 9782361391690
512 pages (14,8 x 21 cm)

Joy Division

Sessions 1977-1981

Le son célèbre son de Joy Division décortiqué, des démos de Warsaw aux premiers singles de New Order.
Il y a quarante ans, le suicide de Ian Curtis mettait un terme à l’histoire de Joy Division, l’une des formations les plus novatrices de l’histoire du rock anglo-saxon. Au terme d’une carrière météorique, le groupe britannique laissait deux albums emblématiques, Unknown Pleasures et Closer, ainsi qu’une poignée de singles appelés à faire date, « Transmission », « Atmosphere » ou encore « Love Will Tear Us Apart ». Mieux encore, les quatre musiciens léguaient un son unique, ciselé sous la férule d’un producteur de génie, Martin Hannett, et qui n’a pas cessé depuis lors d’inspirer les musiciens du monde entier. L’étude qui suit se propose de revenir sur les chansons qui ont fait leur carrière, depuis leurs débuts sous le nom Warsaw à la longue transition d’un an conduisant les survivants de Joy Division à se réinventer via New Order.

Revue de presse

- Joy Division Aurélia Laballe France 2 // Basique 23 mars 2020
- Joy Division Maxime Lachaüd Obsküre Magazine 16 mars 2020
- Joy Division Stanislas Chapel Trinity Webzine 3 mars 2020
- Ian Curtis, encore, toujours Hugues Blineau Pop News 16 février 2020

- Joy Division

Le livre de Pierre-Frédéric Charpentier est dans les essentiels de Basique.

Une émission à revoir sur le site de France 2

Aurélia Laballe
France 2 // Basique 23 mars 2020

- Joy Division

Les livres sur Joy Division se comptent par dizaines et, à première vue, on pourrait se demander ce qu’y a à ajouter sur une formation musicale, certes mythique mais qui a duré à peine plus de deux années ? Les écrits biographiques des trois anciens membres, Peter Hook, Bernard Sumner et Stephen Morris, auraient pu suffire.
Mais Pierre-Frédéric Charpentier, historien et auteur d’un autre livre chez Le Mot Et Le Reste consacré à The Clash, s’est livré à une démarche à la fois ludique et chronologique pour marquer les quarante ans de la disparition du chanteur Ian Curtis : conter l’histoire du groupe au travers de tous les enregistrements, officiels ou rares, qui sont parvenus jusqu’à nous. Répétitions, soundchecks, sessions en studio, démos, mixages différents, voire chansons perdues ou hypothétiques. Le livre se base ainsi entièrement sur la musique du quatuor mancunien, partant des débuts punk et de l’énergie brute jusqu’à la maîtrise inégalée d’une esthétique sonore coldwave laissant la part belle aux expérimentations synthétiques et funèbres.

Le volume s’étale ainsi sur plus de cinq cents pages, et on évolue dans cette aventure, morceau par morceau. L’auteur n’a pas choisi de s’arrêter à la mort tragique de Ian Curtis par pendaison le 18 mai 1980. En effet, de nombreux enregistrements et bootlegs sont parus à titre posthume, mais même les débuts de New Order, menés par les trois musiciens restants (la période Movement et Everything’s gone green), sont tellement marqués par le deuil qu’il était impossible de ne pas les traiter ici. C’est d’ailleurs peut-être les parties les plus intéressantes car les moins analysées auparavant.
En effet, que dire de plus aujourd’hui sur ces chefs-d’œuvre intemporels que sont Unknown Pleasures et Closer ? Qui aurait pu d’ailleurs croire que des objets aussi sombres et précieux auraient pu devenir des objets de consommation planétaires (je pense notamment à la couverture du premier album) ?

[…]

Pierre-Frédéric Charpentier se lance donc dans un recensement de toutes les traces sonores et ravira ainsi les complétistes. Cela dit, si l’approche est louable, la lecture peut se révéler rébarbative : les morceaux, pas si nombreux, sont abordés dans toutes leurs différentes versions, les secondes sont mentionnées quand il est supposé se passer des événements techniques (pas forcément nécessaire pour une œuvre aussi émotionnelle et intense) et les corrections et relectures ont manqué (p. 215). Nous sommes donc face à un travail de recherche sérieux, mais pas forcément facile à digérer. Il n’en reste pas moins un outil précieux pour aller chercher des versions rares, remixées et inédites que le fan aurait laissé passer, pour voir les concerts du groupe répertoriés, pour se replonger dans les méthodes d’enregistrement peu orthodoxes de Martin Hannett ou pour retrouver les paroles des chansons, toujours aussi fortes et troublantes.

Sur le plan discographique, ce livre est en effet très fourni et donne l’envie de se replonger dans cette histoire musicale à la fois terrible (la douleur, la dépression et la perte en sont indissociables) et profondément belle. Charpentier en revient aussi aux influences diverses et extra musicales (Werner Herzog, J.G. Ballard, Eraserhead, etc.) et il est appréciable de ne pas tomber dans un ouvrage qui fait de la psychologie de comptoir. La puissance des compositions, à la fois austères et hantées, de Joy Division ont quelque chose de bien plus irrationnel que cela.

La chronique complète en ligne

Maxime Lachaüd
Obsküre Magazine 16 mars 2020

- Joy Division

Il fut un temps où les écrits sur le rock étaient denrée rare, encore plus lorsqu’il s’agissait de musiques alternatives et indépendantes. Mais, depuis quelques années, on assiste au contraire à une recrudescence de livres originaux ou traduits qui revisitent des pans entiers de l’histoire musicale et lorsque le sujet touche à un sujet aussi « mythique » que Joy Division la liste d’ouvrages disponibles devient vertigineuse.

On s’interroge alors toujours sur la pertinence d’un enième livre sur le groupe. Passée cette réserve initiale, la découverte de l’objet en question « Joy Division – Sessions 1977–1981 » de Pierre-Frédéric Charpentier éteint très vite toute crainte. En effet, la forme du livre est réellement singulière, l’auteur choisissant d’aborder le groupe en accompagnant chronologiquement chacun des enregistrements studio, ces fameuses sessions comme le sous-titre l’indique. Le lecteur se voit donc entraîné de semaine en semaine, de mois en mois à travers l’aventure si courte et intense du quatuor.

L’auteur scrute dans ces replis intimes et ces phases de questionnement parfois esthétiques, parfois existentiels, un groupe en mutation accélérée du punk rugueux des premiers pas aux ultimes spasmes sonores allant vers des champs glacés et synthétiques, en passant par la relation « attraction-désastre » avec Martin Hannett qui offrira au groupe un son qu’il n’envisageait pas, mais qui deviendra son identité.

Dans ce livre, la musique est au centre, le son est le noyau, une musique portée par des individus qui sortent transformés par une alchimie étrange reposant sur des personnalités antagonistes, de l’amitié, des conflits et de profonds traumatismes. De cette énergie de groupe naîtra une des musiques les plus troublantes et fondatrices de l’after-punk et des disques parmi les plus fondamentaux de l’histoire du rock.

Au fil de la lecture, comme souvent dans les très bons livres sur la musique on est happé et saisi de l’envie de remettre les disques sur la platine, d’explorer toutes les nuances et détails décryptés par l’oreille d’entomologiste de Pierre-Frédéric Charpentier. L’analyse souvent judicieuse de l’évolution des titres session après session, le recours à des extraits des paroles de Ian Curtis est parfaitement dosé et souligne la plongée et les spasmes de l’auteur-chanteur aux prises avec la dépression.

L’autre grande force de cet ouvrage est son choix marqué de ne jamais verser dans le marécage de la « petite histoire » et du faits divers, en restant concentré sur la musique, l’art qui, à eux seuls, dressent un portrait poignant et terrassant de Joy Division.

On ressort de cette lecture troublé et envoûté, le livre réussissant à faire partager de l’intérieur l’histoire de quatre jeunes mancuniens à la trajectoire entre « Licht und Blindheit » (lumières et ténèbres) pour reprendre le titre du disque paru sur Sordide Sentimental en 1980.

[…]

Au final ce livre est incontournable pour les amateurs de Joy Division, même ceux qui pensent avoir totalement épuisé le sujet seront surpris tant par la structure que par le contenu. Sans oublier une qualité d’écriture rare, une langue au cordeau, sobre et précise, jamais baroque ou outrancière. Une lecture plus que recommandée !

La chronique intégrale est disponible sur Trinity Webzine

Stanislas Chapel
Trinity Webzine 3 mars 2020

- Ian Curtis, encore, toujours

Certains se souviennent avec émotion que chaque année Bernard Lenoir célébrait la mort du chanteur de Joy Division en diffusant tous les 18 mai, à sa date anniversaire, l’une de ses chansons dans son émission. L’année 2020 marquera les 40 ans du décès tragique de Ian Curtis. Les éditions Le Mot et le Reste, qui rééditent dans quelques jours le premier livre de Peter Hook sur l’Haçienda, publieront le 20 février « Joy Division, sessions 1977–1981 », ouvrage-somme de Pierre-Frédéric Charpentier, qui reviendra sur la chronologie des enregistrements des mancuniens, et sur l’importance capitale de son producteur, Martin Hannett.

Adepte du financement participatif, les éditions du Boulon viennent quant à elles de lancer une nouvelle campagne pour « Twenty-four Hours », récit des 24 dernières heures de la vie de Curtis, signé de l’auteur bordelais Diego Gil.

éditions du Boulon

Des signes parmi d’autres – Peter Hook repasse par la France à l’automne prochain pour une énième tournée commémorative – , qui nous rappellent que le mythe Curtis n’est pas prêt de s’éteindre.

La chronique en ligne

Hugues Blineau
Pop News 16 février 2020
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