Parution : 22/11/2018
ISBN : 9782360548668
256 pages (14,8 x 21 cm)

Jingle Bells

L’improbable histoire des chansons de Noël

À travers une galerie de cent artistes, entre standards indémodables et titres obscurs, ce livre nous fait découvrir l’histoire improbable et les secrets inavoués des chansons de Noël.
Comme la bûche et le sapin, les chansons de noël reviennent chaque année avec les mêmes refrains, pétris de bons sentiments. Avec quelques ingrédients « magiques » et un peu de marketing, elles ont conquis la planète et les records de vente, et même sauvé la carrière de Mariah Carey ! Leur répertoire abrite le pire et le plus kitch de ce qui se fait en musique, mais aussi le meilleur et le plus inattendu. Qui pensait entendre les Sex Pistols ou Run DMC invoquer « l’esprit de noël » ? Dans l’ombre des crooners, tous les artistes de renom se sont pliés à la tradition, d’Elvis Presley à Lady Gaga, en passant par Miles Davis, Jimi Hendrix, Venom et même Snoop Dog. Oui, les bad boys du rock, du funk et du rap ont chanté « Vive le vent » et « O Holy Night ». Mais que les fans se rassurent, les Christmas carols ne sont pas tous aussi saints qu’ils le prétendent.

Revue de presse

- Interview Steven Jezo-Vannier - Jingle Bells : étude des chants de Noël Thomas Schwoerer Arte 24 décembre 2018
- Les chansons de Noël ne sont pas aussi sages que vous le pensez Brice Miclet Konbini 26 décembre 2018
- Le père Noël, en crooner ou en ordure Roderic Mounir Le Courrier 21 décembre 2018
- Interview Steven Jezo-Vannier - Jingle Bells Ellen Ichters RTS // Pony Music 10 décembre 2018
- L'histoire des chansons de Noël enfin retracée dans un étonnant ouvrage Olivier Horner RTS Culture 14 décembre 2018
- L'improbable histoire des chansons de Noël Rebecca Manzoni France Inter // Pop & Co 17 décembre 2018

- Interview Steven Jezo-Vannier - Jingle Bells : étude des chants de Noël

Thomas Schwoerer et son équipe ont interviewé Steven Jezo-Vannier dans la réserve aux cent milles vinyles de la médiathèque musicale de Paris.

Incontournable standard des fêtes, l’album de Noël. Une recette éprouvée mais toujours efficace, avec des succès qui donnent le vertige, et des interprètes qui varient du crooner au rappeur. Si le modèle est importé des Etats-Unis, la tradition, elle s’exporte dans le monde entier. Steven Jezo-Vannier a analysé le phénomène dans un ouvrage.

Revoir l’interview de Steven sur le site d’Arte

Thomas Schwoerer
Arte 24 décembre 2018

- Les chansons de Noël ne sont pas aussi sages que vous le pensez

Peuplées de doubles sens, parodiées par des rappeurs, imprégnées d’histoires d’orphelins et de soldats morts au combat, les chansons de Noël ne sont pas uniquement des morceaux sirupeux et stéréotypés.

“All I Want For Christmas Is You”, “Petit Papa Noël”, “White Christmas”… Les classiques des chansons de Noël nous reviennent en tête chaque année à la même période. Une tradition qui truste les charts en Angleterre et aux États-Unis depuis près de soixante-dix ans, avec son lot de recettes aseptisées, de paroles naïves, de kitsch, mais aussi de provocation, de double sens et de parodies. Le répertoire de Noël est bien plus divers et étonnant qu’on ne pourrait le croire. Une richesse folle qui a poussé l’auteur Steven Jezo-Vannier à y consacrer son nouveau livre, Jingle Bells, l’improbable histoire des chansons de Noël. Et il n’y a pas que Bing Crosby, Mariah Carey et Tino Rossi à y découvrir, mais aussi Snoop Dogg, Prince, The Moog Machine, Johnny Cash, Stevie Wonder, Renaud, Jimi Hendrix, Eazy-E ou encore Arcade Fire.

Une institution populaire incontournable

“Ce répertoire est totalement intégré à la tradition, c’est un passage obligé, chaque année, explique Steven Jezo-Vannier. Aux États-Unis, il y a eu un nouveau souffle très fort dans les années 1940, où il a été récupéré par l’industrie musicale qui l’a désacralisé et en a fait un objet pop. C’est le titre “White Christmas” de Bing Crosby, en 1942, qui change la donne. On s’aperçoit qu’il y a un filon. C’est tout de suite le carton absolu, la pièce fondatrice au répertoire Noël moderne. On sort des églises. Du coup, on instaure une tradition motivée par l’appât du gain, c’est vrai.”

En Angleterre, il y a une course effrénée pour savoir quel titre sera premier des ventes le soir de Noël. L’institution populaire est très forte. Il est d’ailleurs de bon ton de dire que la France échappe à ce phénomène. Une idée que l’auteur tempère pour deux raisons : “D’abord, si on revient en arrière, il y a le succès gigantesque de Petit papa Noël de Tino Rossi, sorti en 1946, qui reste le plus grand succès musical français encore aujourd’hui. Alors certes, on ne l’entend plus beaucoup de nos jours, mais il a marqué tout le monde. La musique de Noël s’imprime dans l’enfance, quasiment avant que l’on ait des filtres de goûts culturels. Elle entre en résonance avec la fête de Noël elle-même, qui est une fête nostalgique, un rituel où l’on fait tous les ans le même repas avec les mêmes gens, la même déco, et donc la même musique. Et puis je tempère parce qu’on a un certain snobisme en France. Il faut bien se rendre compte que les magasins, les radios, la télé utilisent tous la musique de Noël. Il y a un climat laïc dans le pays qui amène de la réticence, mais surtout une frontière très ténue entre le chant religieux et le chant profane.”

Merry Muthfuckin’ X-mas !

Cette année, les poids lourds du genre se nomment John Legend (oui, oui), Katy Perry ou même Roch Voisine. Mais le boss du catalogue de Noël depuis bientôt dix ans, c’est Michael Bublé. “Quand il sort son album Christmas en 2011, il le fait avec producteur qui a déjà fait des chansons de Noël. Il joue sur le côté gendre idéal, crooner, évocation de la tradition des années 1940, un petit côté Sinatra…” Les ventes sont colossales. Mais Steven Jezo-Vannier fait remarquer un fait surprenant : “Les chansons de Noël tristes ont plus de succès. Les seules qui rivalisent avec les grands standards des années 1940, c’est “All I Want For Christmas Is You” de Mariah Carey, qui raconte une rupture amoureuse, “Last Christmas” de Wham!, idem, et “Fairytale of New York” de The Pogues, qui parle de violence conjugale.”

Même le rap s’est plié à l’exercice, souvent par parodie et provocation. Kurtis Blow avec “Christmas Rappin’” dès 1980, Run-DMC avec “Christmas In Hollis” en 1988, Eazy-E avec “Merry Muthfuckin’ X-mas” en 1992, Ludacris avec “Ludacrismas” en 2007, Snoop Dogg avec ”‘Twas The Night Before Christmas”, Ghostface Killah avec “Ghostface X-mas” en 2008, Run The Jewels avec “A Christmas F*cking Miracle” en 2013, Lil Jon avec “All I Really Want For Christmas” il y a quelques jours… La liste est longue.

Des doubles sens en pagaille

Beaucoup de ces chansons rap sont un peu cradingues, portées sur le sexe. Mais si la vulgarité est ici explicite, elle n’est pourtant pas l’apanage du hip-hop. “Dans les années 1940, l’industrie pense que les chansons de Noël sont enfantines. On y glisse donc des doubles sens dédiés aux parents. Dans “I Saw Mommy Kissing Santa Claus” (notamment interprété par les Jackson 5), par exemple, il y a ce gamin qui surprend le Père Noël en train de se faire chatouiller la barbe par sa maman. On est dans l’œil de l’enfant, mais les adultes se demandent si c’est le Père Noël, si c’est un amant, si c’est le père qui jour au Père Noël avec sa femme etc. Ella Fitzgerald chantait “Santa Claus Got Stuck In My Chimney” (“Le Père Noël est bloqué dans ma cheminée”), le double sens est évident. Quand les rappeurs s’y mettent de manière provocante, ils mettent tout de même un pied dans la tradition. On est dans la respectabilité, mais on la bouscule.”

Tout au long de son livre, l’auteur remarque que les traumatismes de la seconde guerre mondiale ont durablement imprégné le répertoire de Noël, en France et aux États-Unis notamment. “White Christmas” sort deux semaines après l’attaque de Pearl Harbor, et est chanté aux soldats pendant la guerre. Le texte original de “Petit Papa Noël” racontait la demande d’un enfant de libérer son père des prisons allemandes, Tino Rossi en ayant fait changer les paroles pour rendre la chanson plus légère.

Mi-euphorisantes, mi-anesthésiantes, les chansons de Noël peuvent apparaître aux yeux de beaucoup de gens comme une injonction malsaine à être heureux, comme un filon surexploité par l’industrie du disque, comme une régression musicale et intellectuelle. Mais cela serait nier la complexité du répertoire, son ancrage extrêmement profond dans la culture anglo-saxonne et les artistes qui se sont attelés à l’ouvrir à d’autres styles et concepts bien moins formatés. En tout cas, il y a de quoi composer des playlists bien sympas pour le réveillon de Noël.

Lire l’article sur Konbini

Brice Miclet
Konbini 26 décembre 2018

- Le père Noël, en crooner ou en ordure
Une centaine d’hymnes à l’esprit de Noël entonnés par des chanteuses à voix ou de vils métalleux sont décortiqués par l’auteur de cette bible consacrée à une tradition bien ancrée. Qu’est-ce que Judy Garland, les Petits Chanteurs à la croix de bois, Renaud, les Sex Pistols et Lady Gaga ont en commun? Tous ont succombé à ce plaisir coupable consistant à enregistrer des chants de Noël. A un moment de la carrière d’un artiste, même le plus incorrect, l’exercice s’impose. Kitschissime ou au douzième degré, l’hymne à l’esprit de Noël et à son pépère Santa Claus inspire à Steven Jezo-Vannier, spécialiste de la contre-culture et de l’univers rock, une anthologie aussi poilante qu’essentielle. Jingle Bells, l’improbable histoire des chansons de Noël paraît en cette fin d’année chez Le Mot et le reste. L’auteur a plongé dans un abondant répertoire pour établir un fait : « Cet univers n’est pas l’apanage des chanteurs opportunistes et vieillissants. Des chanteurs de la trempe de Nat King Cole et Bob Dylan ont chanté Noël, car derrière la logique commerciale se cache une tradition de la reprise, profondément ancrée dans la culture musicale américaine. » Prince, Mariah Carey et Kanye West ont repris le flambeau. L’auteur commence par rappeler les origines chrétiennes «douteuses» de la fête de la Nativité: si celle-ci a été fixée au 25 décembre, c’était moins pour coller à la date supposée de la naissance de Jésus que pour se greffer sur les célébrations du solstice d’hiver et s’attirer ainsi les faveurs des païens. Dès le XVe siècle, les chansons de Noël sortent des églises et se mêlent aux traditions populaires, se développant avec la Réforme protestante. Des compositeurs comme Haendel, Bach puis Berlioz ou Saint-Saëns donnent au genre ses lettres de noblesse. Gospel, blues et jazz prennent le relais. Portés par une industrie culturelle en pleine explosion, les chants de Noël gagnent en popularité. Parents et enfant communient sur les mêmes airs. La période des fêtes poussant à la régression et à la consommation, le marché ne peut se passer du recyclage de «Jingle Bell», «Let It Snow», «White Christmas» ou «Santa Claus is Coming to Town». Ce préambule posé, l’auteur passe en revue une centaine de classiques et curiosités, où le plus cul-cul côtoie… le plus cochon («Santa Claus got stuck in my chimney», le père Noël est resté coincé dans ma cheminée, par Ella Fitzgerald) ou le subversif, tel ce «Happy Xmas (War is over)», entonné par John Lennon contre la guerre au Vietnam. Dans «’Twas the Night Before Christmas», le rappeur Snoop Dog narre les turpitudes d’un papa Noël libidineux, alcoolo et fumeur de shit. Et Ronnie James Dio, chanteur de metal inventeur du geste de la main «à cornes», transforme carrément le gentil barbu en démon incitant les gosses à semer le chaos. A Noël, tout est permis, surtout le pire !
Roderic Mounir
Le Courrier 21 décembre 2018

- Interview Steven Jezo-Vannier - Jingle Bells

Ellen Ichters a interviewé Steven Jezo-Vannier pour qu’il vous parle de son anthologie dédiée aux chansons de Noël. Le résultat de cette rencontre sera diffusé en dix temps dans l’émission Pony Music sur la RTS. Un calendrier de l’Avent qui tombe à pic.

Tous les épisodes à réécouter sur la RTS :
1/10
2/10
3/10
4/10
5/10
6/10

Ellen Ichters
RTS // Pony Music 10 décembre 2018

- L'histoire des chansons de Noël enfin retracée dans un étonnant ouvrage

Dans “Jingle Bells, l’improbable histoire des chansons de Noël”, Steven Jezo-Vannier plonge dans les origines d’une tradition protéiforme devenue un marché lucratif. Il s’attarde aussi sur une centaine de titres de ce registre décrié ou adulé.

“Chaussez vos raquettes pour un parcours en cent chansons, plein de surprises à gros rubans rouges”, annonce Steven Jezo-Vannier en préambule de son récent et instructif ouvrage “Jingle Bells, l’improbable histoire des chansons de Noël”. Le sujet, déjà insolite et unique, jugé passionnant ou rédhibitoire, a désormais son histoire.

Le livre s’attache à percer avec une bonne dose d’humour les secrets inavoués de ce lucratif marché qu’est la ritournelle de fin d’année, à travers une galerie de cent artistes, entre standards indémodables et titres obscurs. Avec quelques ingrédients “magiques” et un peu de marketing, ces chansons ont en tout cas conquis la planète et les records de vente, et même sauvé la carrière de Mariah Carey, relève l’auteur français, spécialiste de la contre-culture et de l’univers rock.

Comme la bûche et le sapin, les chansons de Noël reviennent chaque année avec les mêmes refrains, pétris de bons sentiments. [...] Leur répertoire abrite le pire et le plus kitsch de ce qui se fait en musique. [...] Mais que les fans se rassurent, les Christmas Carols ne sont pas tous aussi saints qu’ils le prétendent.
Steven Jezo-Vannier dans “Jingle Bells, l’incroyable histoire des chansons de Noël”

Mais derrière la face kitsch de ces chants pérennes qui ont le mérite de ne pas trop se prendre au sérieux se trouve aussi le meilleur et le plus inattendu: ainsi de l’album “A Christmas Gift For You” de Phil Spector ou du “R2-D2 We Wish You A Merry Christmas” où “Bon Jovi souhaite un joyeux Noël au droïde de Star Wars”. Qui pensait encore entendre les Sex Pistols ou Run DMC invoquer l’esprit de Noël?, interroge le livre qui évoque aussi bien les crooners habitués du genre que les artistes de renom qui se sont pliés à cet exercice traditionnel: d’Elvis Presley à Lady Gaga via Jimi Hendrix, les Beatles, Pink Floyd, Arcade Fire ou Snoop Dog. Sans parler des anti-chansons de Noël de Miles Davis (“Blue Xmas”) ou “Don’t Believe in Christmas” des Sonics et de certains titres contestataires qui ont même subi les foudres de la censure.

Ce qui fait dire à Steven Jezo-Vannier que “la musique de Noël ne ressemble à aucune autre, ni dans ses caractéristiques ni dans l’usage que le public en fait”. Sans qu’il affirme pour autant qu’il s’agit vraiment d’un genre musical à part entière puisque le concept est flou et que tous les styles ne répondent pas aux mêmes critères.

“Le répertoire jouit d’une richesse et d’une diversité uniques. Il renferme des centaines de morceaux, de quoi dresser un tableau bien plus vaste que ce livre [...]. Dans le nombre, il existe une quantité insensée de reprises, de compilations et de 45-tours. Par nature, la musique de Noël est consommable, pour ne pas dire jetable. Les maisons de disques, qui n’ignorent aucun marché, ont conscience qu’elle s’apprécie annuellement.”
Steven Jezo-Vannier dans “Jingle Bells, l’incroyable histoire des chansons de Noël”

Ce singulier univers musical transcende ainsi tous les styles musicaux. Un syncrétisme que reflète parfaitement la chanson aussi incontournable que symbolique qu’est “Jingle Bells” (“Vive le vent” pour sa traduction française), créée en 1857. Elle a été interprétée par le chanteur country Willie Nelson aussi bien que par Afrika Bambaataa, le père fondateur du hip-hop, Duke Ellington, les Beatles, Luciano Pavarotti, Al Green, Gwen Stefani, Frank Sinatra et Etta James.

De ses origines religieuses remontant à la tradition biblique à la tradition de la reprise dont la culture américaine est particulièrement empreinte, de la spécificité française à la tonalité plus grave liée au courant de la chanson réaliste de l’entre-deux-guerres aux nombreuses déclinaisons dans le folklore européen, la chanson de Noël a conquis la planète de façon protéiforme au fil des siècles.

Après avoir exploré les racines historiques et les déclinaisons du genre, “Jingle Bells” s’attarde enfin sur une centaine de titres. Et passe en revue les classiques: “White Christmas” chanté par Bing Crosby” et “The Christmas Song” façon Nat King Cole, les scansions rap de Run-DMC dans “Christmas in Hollis”, le sucré fondant de “Last Christmas” par Wham!, les plus rock “Merry Christmas (I Don’t Want to Fight Tonight” des Ramones et “Petit Papa Noël” de Trust ou “La fille du Père Noël” de Jacques Dutronc.

Lire l’article sur le site de la RTS

Olivier Horner
RTS Culture 14 décembre 2018

- L'improbable histoire des chansons de Noël

Pour la parution du livre Jingle Bells de Steven Jezo-Vannier (Le Mot et Le Reste), et parce que la période l’impose, Pop & Co s’intéresse à l’histoire de ces mélodies, rassurantes et réconfortantes pour certain·e·s, anxiogènes et déprimantes pour d’autres, qui vont nous accompagner pour les prochaines semaines.

Rebecca Manzoni et son équipe vous parle de l’anthologie de Steven Jezo-Vannier.

À réécouter sur le site de France Inter

Rebecca Manzoni
France Inter // Pop & Co 17 décembre 2018
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