Parution : 17/10/2013
ISBN : 9782360541072
304 pages (148x210)

23.00 €

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Je reprends la route demain

Quarante ans de vie en rock

EXTRAIT

Vivez l’éphémère et votre douce vie de teens, claquez des doigts sous les néons et commandez des milkshakes à la vanille. Avant que les dandies une fois encore ne meurent sous les coups de boutoirs du réel, il vous faudrait attendre dix ans pour ressortir la soie, le satin, le velours, le cuir et l’électricité...

Cette anthologie présente une sélection de chroniques – parues dans Best et Rock&Folk – de Patrick Eudeline, qui débuta sa carrière prolifique de critique rock à l’âge de dix-neuf ans, en 1973. La dope, le Velvet, le jazz et le blues, les idoles déchues, les modes vestimentaires intimement liées à la musique, Eudeline analyse subjectivement le cadre artistique et social dans lequel ses contemporains et lui-même évoluent, dans un style littéraire très fin de siècle. Bercé par les écrits de Nick Kent et Yves Adrien, il délaisse les codes trop longtemps figés de la profession pour montrer que l’écriture du rock peut être aussi incarnée que le rock lui-même. Cette cinquantaine de chroniques permet de constater que l’ancien punk ne regarde pas le passé avec nostalgie et le futur avec dégoût mais qu’il garde cette même volonté de trouver, que ce soit chez NTM ou Daft Punk, quelque chose de différent, qui bouscule ou nourrit l’auditeur et qui se garde bien d’être convenable.

Revue de presse

- Interview-Portrait de Patrick Eudeline (février 2014) Les Obsédés Textuels 9 février 2014
- Je reprends la route demain Phil2guy Concert and co
- Le Survivant Cédric Bru Les Obsédés textuels 07 novembre 2013
- Je reprends la route demain Buzz On Web 22 octobre 2013

- Interview-Portrait de Patrick Eudeline (février 2014)

Les chiens aboient, le rock passe, et nous n’avions aucun doute sur le fait qu’un homme ayant été assis sur les mêmes bancs de collège que votre serviteur ne pouvait pas être complètement bon mais pour le reste, il nous semblait judicieux d’aller faire parler cette éternelle augure.

Pour être franc, même si nous avions déjà questionné Harlan Coben, Jean D’Ormesson ou Patricia McDonald, nous étions prêt à renier nos signatures pour rencontrer le meilleur chantre de notre adolescence. Celui qui avait fait pogoter les mots comme personne, celui qu’un mois on adorait, détestait le suivant, mais qui restait le Best.

Plutôt qu’une banale interview, nous avons opté pour la narration, le portrait tiré à part en quelque sorte. Ceci est donc le récit d’une interview de Patrick Eudeline.

Interview – Les obsédés Textuels

Les Obsédés Textuels 9 février 2014

- Je reprends la route demain

La maison d’édition phocéenne Le Mot et le Reste n’en finit décidément pas de publier des ouvrages passionnants sur le rock et ses dérivés. La preuve en est une fois de plus avec Je reprends la route demain de Patrick Eudeline, ouvrage paru l’automne dernier, qui regroupe une quarantaine d’articles de celui qui est certainement un des plus éminents rock critique de ce pays, en activité depuis déjà plus de quatre décennies.
Selon Patrick Eudeline « Le Rock, on ne glose pas dessus, on raconte à la première personne l’effet qu’il a sur la vie ; ce qui compte, c’est de raconter de l’intérieur ce que le rock fait vivre » ; il revendique en cela l’héritage des grands critiques rock anglo-saxons comme Nick Kent ou Lester Bangs, qui considéraient que le rock est avant tout une aventure qui doit se vivre le plus intensément possible. A priori, Patrick Eudeline est un personnage qui peut paraître un peu agaçant à plusieurs égards : son image et ses postures de dandy punk pointilleux sur le choix des boots en python, sa fascination pour certains clichés destroy ou même ses tics stylistiques (« donc, point barre… »). Mais passons outre tout cela, Patrick Eudeline fut quand même un des principaux acteurs de la punkitude « made in France » avec son groupe Asphalt Jungle et ses articles pour le magazine Best au tournant des années 70 et 80. Il a été et reste un véritable passeur à la plume toujours pertinente et élégante.

Je reprends la route demain, titre choisi d’après une chanson d’Antoine, regroupe assez peu d’articles rédigés pour Best (qui avaient été à l’honneur dans un précédent ouvrage, Gonzo) mais majoritairement ceux qu’il a écrits depuis la fin des années 90 pour Rock & Folk. Il aborde les sujets les plus divers de la rock culture au sens large : le punk, bien sûr, Daft Punk, Ozzy Osbourne, les Stones et même Brel et Rimbaud, et toujours sous un angle inédit. Par exemple, dans son très bel article sur Johnny Thunders, il insiste sur le fait que les New York Dolls étaient autant influencés par les mélodies et la romance des Shangri-Las ou du doo wop que par Les Stones ou les Small Faces, cassant ainsi leur image purement punk. Il vante aussi bien les mérites d’Antoine (dont « les Elucubrations » furent pour lui une révélation), de Scott Walker, de la Pop Bubblegum, du Lou Reed période Berlin ou, plus improbable, ceux de Dick Rivers ou Hughes Aufray (ici joyeusement “réhabilités”). A la lecture de tous ces articles dans leur ensemble, force est de reconnaître son éclectisme et une vision finalement assez éloignée des clichés rock’n’roll. Patrick Eudeline est un amoureux du format chanson, d’un songwriting de qualité et de la mélodie quel que soit le genre musical. Son intention est de montrer le dénominateur commun à tous les artistes : la qualité du songwriting et de l’interprétation et un certain sens de l’esthétique.

Bien sûr, il arrive à nous donner envie de réécouter ou découvrir toutes ces choses. Il traite également de sujets plus actuels comme les Pussy Riot (qui sont pour lui la dernière incarnation de la vraie punkitude), le come-back inespéré d’Indochine, la musique à l’heure d’internet ou encore le phénomène hype Lana Del Rey, et ceci avec un regard subtil et détaché, toujours un peu suspicieux ou narquois mais jamais vachard pour autant. L’auteur a surtout l’art d’écrire ces articles comme on raconte une histoire. Il nous raconte ainsi sa propre histoire du rock, n’oubliant jamais justement de faire part de l’effet que celui-ci a eu sur son existence, grâce à d’amusantes anecdotes autobiographiques, sans tomber dans l’auto-complaisance. Je reprends la route demain est donc un ouvrage érudit et passionnant, jamais ennuyeux, qui se lit comme un bon roman. (Re)découvrir tous ces articles ainsi regroupés montrent non seulement la cohérence et l’originalité de la vision de Patrick Eudeline mais rappelle également le brillant écrivain qu’il est.

Je reprends la route demain – Concert and co

Phil2guy
Concert and co

- Le Survivant

Même si notre homme nous précède de trois ans et demi sur l’agenda du Collège Stanislas, nous sommes des enfants des fifties, avons humé le même air montparnassien, vu sa gare se construire, fantasmé sur les nymphettes du Lycée Montaigne. Nous nous sommes souvent croisés sans jamais bien nous connaître et avons surtout découvert la vie dans les années soixante.
Celle-ci avait un nom : le rock’n’roll.

Patrick Eudeline règle pacifiquement des comptes avec la vie depuis cette époque, honnie par lui, d’une adolescence myope, parentalement incomprise et dont rêves et fantasmes ne collaient pas avec l’avenir qu’on lui avait dessiné. Sans arme ni violence. Avec le seul pouvoir des mots et des nouveaux symboles.
De fait, la nouvelle culture (contre-culture…) qui débarquait de Londres ou de Greenwich Village avait tout pour le séduire, lui donner des yeux en les cachant définitivement et lui faire rejoindre les tristes héros
romantiques d’une littérature qu’il dévorait déjà.

En s’opposant à l’autorité parentale, scolaire et culturelle de ces années pré soixante-huitardes, maussades mais non sans quelques parfums d’interdit, Patrick allait à la suite – mais jamais à la traîne – de certains grands rock critics anglo-saxons ou français (Lester Bangs, Nick Cohn, Yves Adrien, Philippe Paringaux…) inventer une littérature protéiforme et polymorphe qui, à la relecture de ses articles, privilégia toujours la douleur à la joie, l’analyse aux faits, le messianisme à l’incantation.

Patrick pris tôt la plume et, comme son “vrai faux ami” Philippe Manœuvre, c’est le récemment disparu Lou Reed qui l’inspira. A dix huit ans écrire sur une créature aussi “chargée” et méphitique que le leader du Velvet laisse des traces qu’aucun traitements de choc, fix à haute dose et amours blessées ne peuvent effacer.

Il devint vite un des rock critics vedette du mensuel Best où son style unique fit des merveilles entre Hervé Picard, Sacha Reins et Christian Lebrun. Il écrivit sur tout ce qui l’obsédait, du Velvet à B.O.C, des vestes cintrées aux guitares rares n’ayant pas peur de jouer “les gars du drugstore” dans une écurie de baba cool.

Dans Je reprends la route demain, compilation d’articles publiés dans Best et Rock&Folk entre 1973 et 2013, Eudeline confesse que Nick Kent et Yves Adrien furent les seules personnes à l’avoir jamais intimidé. Et, c’est vrai qu’il plaça toujours Adrien, “l’ermite de Vernon”, l’auteur du séminal Je chante le rock électrique au dessus de bien des âmes. Pourtant, à notre avis, Patrick ne finira jamais par nous les briser menues avec des inepties à la Orphan et autres religiosités kitsch !

En fait, Je reprends la route demain, est sa deuxième compilation d’articles après Gonzo, publiée en 2001 chez Denoël où, tel un authentique rescapé, il nous avait écrit en guise de dédicace « Bon, ben, garçon, never mind O.D hein ! comme on disait. » En effet, ressentait-il le besoin de mettre à plat ces textes doloristes et précis qui hésitaient encore entre Pacadis et Nick Toshes ?

Car, il faut bien le dire, on faillit perdre le garçon au mitan des eighties quand, aspiré par la drogue, il n’était plus que l’ombre de lui même. Combien de fois nous le vîmes dans le métro parisien, le teint crayeux et les yeux rivés à d’encombrantes partitions qu’il tentait de comprendre (on sut plus tard que c’était du Varese, John Cage, dodécaphonisme et Cie, ses jardins secrets…)

Et puis, comme il le raconte, Philippe Manœuvre, grand opportuniste mais éleveur de champions sans égal, lui fit signe pour venir chez le concurrent Rock&Folk raconter le punk et ce fut le superbe Je suis une légende. Il tenait là son Je chante le rock électrique.

Dès lors, chaque mois, il revint difficilement, – nous entendons encore Manœuvre nous confier en 2000, “Je mets autant de temps à récupérer l’article d’Eudeline que l’ensemble des articles du journal” – mais sûrement mettre sa patte de velours milleraies dans les colonnes du mensuel rock, y apposant même son label La Vie en Rock où il philosophe désormais sur autant de totems et de tabous.
C’est donc reparti depuis quinze ans. Ajoutées au vingt cinq premières, on arrive bien à quarante années d’écriture maniaque sur un sujet qui n’intéresse plus personne avec des références empruntées à un monde englouti.

Patrick Eudeline, c’est aussi ça : le survivant d’un continent perdu (éternel fumeur et mod démodé...) qui, tel Brando, tentant de capter à pas d’heure un radio amateur comme on cherche un frère d’armes, s’échine à sauver de l’oubli les ruines de son adolescence psychédélique. Pour si peu. « Juste de quoi payer ses clopes, sa dope et le reste… » écrit-il, désabusé ricanant.
Évoquant les frères d’armes, nous revient les nombreux portraits qu’il brosse. Eudeline, au fil de tous ses textes convoquent les musiciens disparus, copains fracassés par la maladie ou la pompe, auteurs et artistes instigateurs de ses névroses. Cette nostalgie, mélancolie endémique, le porte à rester pour nous tous l’incarnation des chanteurs oubliés (P.J Proby, Marty Wild, Scott Walker pour les plus connus…) boots en daim, vestes Renoma et guitares vintage en partage.

On finira par ce qui aurait du être le début, son goût sans faille, musqué, irrésistible et critique pour la musique comme media libertaire. Dans le livre, il évoque la mauvaise idée de Lester Bangs d’imiter ses copains rock stars et de faire des disques. Patrick Eudeline, plus malin ou mieux servi par l’histoire, s’embarqua au moment du punk (il frôlait les 30 ans…) dans l’aventure Asphalt Jungle et réussit en en faire un groupe culte alors qu’il n’y avait pas lieu de sortir le clairon.

Mais toujours cette passion, cette envie d’hommage, de décalque… Il suffit de nous rappeler le jeune homme en Perfecto blanc qu’il était au premier des deux concerts des Pistols au Chalet du Lac en 1976, scrutant Johnny Rotten pour être bien sûr qu’aucun (des)accord d’Anarchy in the UK ne lui échappe, ni que nul détail vestimentaire du “Pourri” ne déserte sa mémoire.
Nous vous laisserons comprendre le titre énigmatique de ce superbe recueil et – si ce n’est pas encore le cas – découvrir cet auteur exigeant (son premier roman Ce siècle aura ta peau et son dernier Vénéneuse valent bien des Despentes), fragmentaire et passionnant.

C’est bien simple, de tous ces articles, nous n’avons pu retenir aucune erreur prédictive ni quelque faute de goût.

Cédric Bru
Les Obsédés textuels 07 novembre 2013

- Je reprends la route demain

C’était en 2002, dans une célèbre boite de nuit Parisienne, on fêtait les 25 ans du Punk en France. Idée terrifiante pour une soirée qui ne l’était pas moins. Accoudé au bar, les vétérans du Punk en France se racontaient les uns aux autres, tel des grognards demi-solde, avec ces mots terribles, « tu fais quoi en ce moment ? », ou « ils ont quel âge les tiens ? ». En plein milieu de la soirée, Patrick Eudeline est monté sur la petite scène pour un concert. A lui seul, il incarnait ce que le punk avait pu avoir de romantique ou d’artistique. Quand il attaqua ’‘Polly Magoo’’, le titre qui l’a rendu mythique (du moins chez certains), je vis quelques uns de ces vétérans (!) sourirent comme devant un vieux feuilleton télévisé. Ils ne le savaient pas mais moins de trois ans plus tard une armée de lycéens allait prendre des guitares et se mettre à jouer ce rock sixties si cher à Eudeline. Au printemps 2005, au Gibus allait se tenir un festival (Passe ton bac d’abord !) qui allait le consacrer comme icones de ces gamins, que la critique allait appeler les Baby Rockers. Là encore il allait jouer ’‘Polly Magoo’’, mais le public répondit présent et ce fût un succès devant des gamins qui avaient moins de la moitié de son âge.

C’est ça Patrick Eudeline, une sorte de phare dans la nuit musicale. Chanteur Punk (avec Angel Face puis Asphalt Jungle), rock critic (Best, Rock and folk, Nova…), écrivain (6 romans à son actif), mais surtout chroniqueur depuis 1996 dans Rock&Folk, d’une rubrique absolument géniale : la vie en rock ! C’est précisément une rétrospective de ses meilleurs textes, majoritairement pris dans ce Rock&Folk devenu presque indispensable depuis qu’il écrit dedans, qu’est ce Je reprends la route demain. Des textes qui démontrent que Eudeline est, peut être le dernier romantique de Paris ou du moins l’un des derniers dandys. Eudeline le seul aujourd’hui à défendre le rock comme une entité totale, soigné son look, sa culture littéraire ou cinématographique est presque aussi important que la musique. Eudeline le seul à savoir créer des ponts entre aujourd’hui et hier, le seul à vraiment nous expliquer pourquoi la littérature classique de la fin du 19 éme siècle et la nouvelle vague ont plus fait pour la culture pop rock que n’importe quel groupe des années 60.

Eudeline est un merveilleux passeur, un merveilleux conteur (précipitez vous sur ses romans !). Mais surtout un grand auteur : un livre indispensable donc !

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Buzz On Web 22 octobre 2013
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