Parution : 15/03/2018
ISBN : 9782360545117
352 pages (14,8 x 21 cm)

23.00 €

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Jean-Claude Vannier

L’arrangeur des arrangeurs

Raconter le parcours de celui qui a travaillé avec Gainsbourg, Barbara, Higelin, Polnareff, Nougaro, Bashung etc, c’est raconter l’histoire d’une chanson française qui plaçait à équivalence textes et arrangements.

Lorsque le nom de Jean-Claude Vannier surgit, c’est l’album culte composé avec Serge Gainsbourg Histoire de Melody Nelson qui s’impose naturellement. Cette œuvre ne représente pourtant qu’une infime partie des projets sur lesquels le plus grand arrangeur français a travaillé. Barbara, Jacques Higelin, Brigitte Fontaine, Françoise Hardy, Claude Nougaro, Michel Polnareff, Gilbert Bécaud, Alain Bashung etc, la liste est longue de ceux qui virent la touche Vannier sublimer leurs textes. Cet autodidacte qui a appris les bases de son métier dans un Que sais-je ? a permis l’existence de tubes comme « Que je t’aime », « Tous les bateaux, tous les oiseaux », « Super nana », « Laisse-moi t’aimer », mais a également beaucoup composé pour le cinéma. Peu disert sur son parcours, Jean-Claude Vannier a néanmoins décidé de se livrer, pour une biographie ponctuée de ses commentaires et de ceux de nombreuses personnalités ayant travaillé à ses côtés.

Les auteurs ont mis en ligne un blog qui apporte du contenu inédit. Un supplément d’âme au livre à retrouver ICI

Revue de presse

- Petits arrangements entre amis Emmanuel Dosda Megamix mars 2018
- L'arrangeur des arrangeurs Rémi Foutel et Julien Vuillet Starwax printemps 2018
- Foule sentimentale - Invité Jean-Claude Vannier Didier Varrod France inter - Foule sentimentale 16 mars 2018

- Petits arrangements entre amis
Quand deux gaillards qui se contrefichent de la chanson française s’attaquent au sujet, ils le prennent par la face musicale, allant rencontrer un des plus grands arrangeurs, Jean_Claude Vannier, n’ayant au départ qu’une connaissance superficielle de la carrière du responsable de l’orchestration du mythique Histoire de Melody Nelson de Gainsbourg, qui lui lancera : ”Avec ton talent tu mériterais presque d’être juif.” Le duo de journalistes Rémi Foutel et Julien Vuillet a transformé l’essai d’un papier dans le magazine electro Starwax en ouvrage au long cours hyperdocumenté, fruit de quatre années de labeur et d’entretiens, pour les éditions Le mot et le reste. Bien connu des diggers et autres producteurs de hip-hop, Vannier a été dépouillé par les Beatnuts comme par Dr. Dre, par Jay-Jay Johanson ou Beck. Avant cette vague d’hommages / pillages par des artistes ayant l’oreille pour dégotter la boucle parfaite, l’arrangeur des arrangeurs” a prêté ses talents à Polnareff, Nougaro, Brigitte Fontaine ou même Mike Brant et Hebert Léonard que le tandem s’est surpris à fredonner (et apprécier ?) durant l’écriture du livre. C’est dire le génie d’un control freak aimant parfois le “bazar invraisemblable”, mais toujours précis lorsqu’il s’agit d’accroches mélodiques imparables. Avec ce passionné de l’expérimentation, l’utilisation d’instruments rares, de field recording ou de sons issus d’objets trouvés au fond d’une poubelle, la pire variétoche devient captivante.
Emmanuel Dosda
Megamix mars 2018

- L'arrangeur des arrangeurs

L’ARRANGEUR DES ARRANGEURS… C’EST LE SURNOM DONNÉ, AU DÉBUT DES ANNÉES 70 , À JEAN CLAUDE VANNIER. FIGURE INCONTOURNABLE D’UN ÂGE D’OR DE LA CHANSON FRANÇAISE, LE MUSICIEN FAIT DÉSORMAIS L’OBJET D’UN VÉRITABLE CULTE CHEZ LES DIGGERS. C’EST ÉGALEMENT LE SOUS-TITRE DE SA BIOGRAPHIE, FRUIT DE CINQ ANNÉES D’ENTRETIENS ACCORDÉS PAR L’INTÉRESSÉ À RÉMI FOUTEL ET JULIEN VUILLET, EX-RÉDACTEUR EN CHEF DE STAR WAX. LE LIVRE PARAÎT AU MOIS DE MARS, AUX ÉDITIONS LE MOT ET LE RESTE.

En mai 2013. vous réalisiez une interview de Jean-Claude Vannier pour Star Wax Magazine. Cinq ans plus tard, vous achevez enfin sa biographie. Vous n’êtes pas trop stressés?
C’est sûr que, présenté sous cet angle, ça a l’air long (rires). Mais rien n’avait été écrit jusqu’à présent sur Vannier. Il a donné quelques interviews, mais qui tournent souvent autour des mêmes sujets, essentiellement “Histoire de Melody Nelson”. Une grande partie de sa carrière est peu documentée et méconnue. Tout l’aspect biographique également. Il y a eu un gros travail de recherche, de recueil de témoignages.

Quand vous dites qu’une partie de la carrière de Jean-Claude Vannier est méconnue. Quelle période ?
Pas à une période en particulier, mais plusieurs aspects de sa carrière. En dehors de “L’Enfant Assassin Des Mouches”, personne ne connaît les disques qu’il a sorti sous son nom, ses albums de chansons par exemple ; paradoxalement, ses arrangements pour les stars également, des figures comme Johnny Hallyday, Sylvie Vartan, Michel Polnareff et Mike Brant. Au début des années 70, il était pourtant quasiment impossible d’écouter la radio sans entendre du Vannier.

On parle souvent d’arrangements et d’arrangeurs, mais sans savoir ce que cela désigne précisément. Qu’est-ce qu’un compositeur attendait de Vannier quand il l’engageait ?
C’est un sujet inépuisable. Mais pour faire court, le rôle d’un arrangeur c’est d’adapter la mélodie que lui présente un compositeur pour qu’elle puisse être jouée par un orchestre, de répartir les instruments et de diriger ensuite les musiciens. Après, dans la pratique, c’est très variable. Quand il s’agit d’un compositeur doué, l’arrangeur est un simple orchestrateur. Mais dans certains cas, il peut être co-compositeur voir compositeur. Vannier nous a dit que parfois l’artiste débarquait et sifflotait une mélodie. Et qu’il devait se débrouiller avec ça…

Quelle était la spécificité de Vannier par rapport aux autres arrangeurs ? Pourquoi on l’appelait lui plutôt qu’un autre ?
Il avait une patte, un style bien à lui. Ce n’est pas pour rien que les musiciens l’appelaient “l’arrangeur des arrangeurs”. En même temps, au fil des entretiens avec Vannier et d’autres, on s’est rendu compte que le nombre d’arrangeurs et de musiciens à Paris était très limité à cette époque : cinq ou six arrangeurs et deux équipes de musiciens, des “requins” soit, en tout et pour tout, une cinquantaine de personnes. C’était un petit milieu. Ils travaillaient à un rythme dingue, parfois deux ou trois sessions dans la même journée. Au-delà du seul cas de Vannier, ce livre est aussi un hommage à tous ces hommes de l’ombre qui ont œuvré à créer des chansons que tout le monde connaît et dont les interprètes et les compositeurs déclarés sont souvent les seuls à tirer les dividendes.

À l’heure de la M.A.O, où la plupart des producteurs font leur propre mix, voire mastering, le travail d’arrangeur a-t-il encore un sens ?
C’est une activité en perte de vitesse depuis la généralisation de l’usage des synthétiseurs dans les années 80. Et d’un point de vue économique, il risque d’être de plus en plus difficile de se payer un orchestre pour la journée. Mais il y aura toujours des compositeurs qui auront envie de faire appel à des vrais musiciens et il faudra bien que quelqu’un leur fournisse des partitions ( ... ) Le fait qu’il n’y ait plus d’arrangeur et d’ingénieur du son qui interviennent pour finaliser le tout en studio explique peut être le fait que, quand tu écoutes les radios commerciales actuellement, tu as l’impression que tous les titres sont interchangeables…

Difficile d’évoquer les hommes de l’ombre sans penser à “Histoire de Melody Nelson” de Serge…
Dans la chanson française, ce 33 tours est un cas d’école. Sans Vannier, “Histoire de Melody Nelson” n’aurait pas été le même disque. Mais Gainsbourg n’a pas eu besoin de lui pour composer d’autres albums aussi inspirés. Nous avons abordé le sujet doucement, par petites touches, et il a fini par en parler comme il ne l’avait jamais fait avant. Nous avons croisé ses propos avec ceux de l’ingénieur du son, Jean-Claude Charvier, des fous furieux du sillon comme Andy Votel et Jane Birkin. Pour les bandes originales qu’ils ont enregistrées ensemble et où l’on peut s’interroger sur le partage des rôles, nous avons questionné les arrangeurs français de Gainsbourg : Alain Goraguer, Jean-Pierre Sabar et Slim Pezin.

Vannier a-t-il dévoilé quelques scoops à propos de l’“Histoire de Melody Nelson ?”
Oui, il a notamment expliqué sa façon d’écrire la musique. Pour cela, nous lui avons fait écouter l’album. C’était un moment magique. Mais l’un des scoops du livre, à nos yeux, ce sont toutes les collaborations qu’il a menées avec d’autres artistes et qui végètent aujourd’hui dans un certain anonymat. Il a dirigé Léonie, Michel Corringe, Barbara ou Christophe, er surtout Claude Nougaro, avec qui il a enregistré un album concept génial : “Plume d’Ange”· C’est un autre chapitre. Dans une moindre mesure, certains de ses disques avec Brigitte Fontaine sont également peu connus.

J’imagine que Vannier vous a raconté des anecdotes…
Il en a évoqué beaucoup, il est assez doué pour ça. La plus étonnante est sans doute celle où il explique comment il a joué avec Jimi Hendrix. Mais notre préférée reste celle où Françoise Hardy découvre en studio qu’il a convoqué, au bas mot, une dizaine de flûtistes, oubliant au passage qu’elle détestait la flûte, et qu’il lui dit pour éviter la crise : “Ne vous inquiétez pas, Françoise, on ne les entendra pas…”

Ce livre est-il biographique ?
Ce livre est en partie biographique, spécialement le premier chapitre, qui traite de son enfance jusqu’à ses débuts dans le métier. Sa vie personnelle est indissociable de sa vie professionnelle, comme tour le monde. Mais on s’est quand même concentré sur la musique, sur la vie en studio, le fonctionnement de l’industrie musicale de l’époque, plus que sur sa vie personnelle et familiale…

Concernant l’organisation, à deux c’est mieux ?
On a beaucoup réfléchi à la façon dont on voulait aborder le sujet en amont, comment élaborer le plan ensemble. Ensuite on a écrit certains chapitres à deux. Et on s’est réparti les autres, en fonction de nos connaissances, de nos goûts, de nos envies… Que ce soit pour le travail de recherche ou d’écriture, on a travaillé ensemble ou chacun de notre côté, en se tenant tous les jours informés, l’un l’autre, de ce que l’on faisait pour éviter d’être redondants. Ça demande une certaine organisation mais c’est bien de pouvoir confronter son point de vue avec celui de quelqu’un d’autre.

Quand vous écrivez, vous êtes moins drôles que dans la vraie vie. Comment comptez-vous tenir en haleine le lecteur sur 400 pages ?
On s’est fait à l’idée qu’on ne serait jamais aussi drôle que toi, mais la carrière de Vannier est tellement vaste qu’il y aurait largement de quoi faire un deuxième tome, sans s’ennuyer et sans jamais se répéter. Par contre, à ce rythme-là, il ne sera prêt qu’en 2023 (rires)... Plus sérieusement, il y a une partie critique et analyse bien sûr, mais le fait d’avoir recours à de nombreux témoignages permet de rendre le texte plus vivant. Il y a plein d’anecdotes, comme on le disait à l’instant. Et ne t’inquiète pas, il y a quelques images aussi.

Et sinon vous avez bu beaucoup de bière pour l’inspiration ?
Après chaque interview de Vannier, on prenait un pot pour débriefer. On a fini par prendre nos habitudes dans un petit rade, près de chez lui. De temps en temps, on se voyait aussi autour d’un verre pour faire le point, histoire de savoir dans quelle direction on allait. Manque de chance, on est tombé un soir sur un pickpocket ultra-doué : il a réussi à nous voler un sac qui se trouvait à nos pieds ! Il ne devait sûrement pas aimer la musique de Vannier (rires).

Ce livre vous a-t-il fait dépenser pas mal d’euros ?
Certains disques rares de Vannier ne sont pas donnés en effet. On n’a pas pu tous se les procurer, ça aurait bouffé tous nos à-valoir (rires). Mais on a pu tout écouter, c’est le principal. Grâce à internet, une mémoire collective en ligne est en train de se constituer. En termes de recherche, c’est un outil formidable, même s’il faut constamment croiser les sources. Après, même si le digging est de plus en plus à la mode, on n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise. On a trouvé l’album “Madame” qu’il a fait avec Barbara, ou le 45 tours “En Alabama” qu’il a enregistré avec Léonie, des petits bijoux soit dit au passage, à des prix dérisoires. On a connu aussi quelques déboires avec des disquaires. Il est vrai que passer deux heures dans un magasin et ressortir avec un seul 45 tours dans une simple pochette générique attire les soupçons (rires). Et quand le vendeur constate que c’est écrit “arrangements : Jean-Claude Vannier” là il multiplie le prix par cinq ! Le principal intéressé trouve cet engouement complètement exagéré.

Pourquoi un livre sur Jean-Claude Vannier ? Tout le monde s’en moque des musiciens retraités… (rires)
Dans notre interview de 2013, on avait indiqué dans l’introduction qu’il avait arrêté d’arranger il y a quarante ans. Ce qui a probablement induit en erreur certains lecteurs dont tu sembles faire partie (rires). En fait, Vannier a arrêté d’être un arrangeur pour la chanson commerciale il y a quarante ans, alors qu’il aurait pu continuer à profiter de la poule aux oeufs d’or. Mais il n’a jamais cessé de faire de la musique. ll continue de composer pour le cinéma. Il a notamment écrit la bande originale de “Microbe et Gasoil” de Michel Gondry, il y a trois ans. Son dernier album solo remonte à 2014, mais a priori il devrait ressortir quelque chose sous peu. Comme beaucoup de gens pensent qu’il ne fait plus rien et préfèrent alimenter la spéculation sur Discogs plutôt que de s’intéresser à ce qu’il fait, on n’entend pas beaucoup parler de ses disques. Mais il est loin d’être à la retraite.

Et Jean-Claude, achète-t-il des vinyles?
Il écoute assez peu de musique actuelle, il préfère en faire. Il possède une platine vinyle, des albums, mais ce n’est pas un collectionneur, loin s’en faut. Concernant le fétichisme actuel autour de ses disques, ces vieux vinyles que les gens achètent une fortune, il oscille entre l’amusement et la consternation. Nous lui avons fait écouter énormément de titres qu’il a arrangés et, pour une bonne partie d’entre eux, il les découvrait sur disque. Il a beaucoup écrit. Pour l’essentiel, il ne possède aucun 45 ou 33 tours qu’il a arrangés, même ceux qui lui tiennent à coeur. Nous lui en avons offert quelques-uns, enregistrés avec Nougaro, Jonasz ou Corringe.

Quid de la maison d’édition Le mot et le reste ?
Ils ont laissé le temps que nous estimions nécessaire pour faire nos recherches. C’est une faveur en soi. Nous ne saurons jamais trop les remercier de leur patience, mais également du dialogue que nous avons eu lors de la finalisation du livre. Et puis ce sont tout de même eux qui ont suggéré l’idée de ce projet, après avoir lu l’interview de Jean-Claude Vannier parue dans Star Wax numéro 27.

Vous avez du contenu non publié ?
Nous avons réalisé de nombreux entretiens avec des interprètes comme Alice Dona, Michel Jonasz, Brigitte Fontaine ; des collègues arrangeurs comme Jean-Claude Petit, Christian Gaubert et Gabriel Yared ; des musiciens tels Bernard Lubat, Jacques Di Donato et Jean Schultheis ; mais aussi Sébastien Poitrenaud, le parolier des Fleurs de Pavot et Jean Gaunet, son régisseur… La liste est longue, et nous n’avons utilisé que quelques extraits de chaque entretien pour le livre. On publiera progressivement certains d’entre eux, ainsi que des photos inédites sur notre blog : larrangeurdesarrangeurs.wordpress.com

Rémi Foutel et Julien Vuillet
Starwax printemps 2018

- Foule sentimentale - Invité Jean-Claude Vannier

Nouveaux albums, surprises, lives, interviews, rencontres et musique dans la Foule sentimentale.

Jean-Claude Vannier a travaillé avec tout le monde, de Françoise Hardy à Serge Gainsbourg, en passant par Alain Souchon, Michel Polnareff ou France Gall. Arrangeur, auteur…un personnage incontournable dont la vie est mise en avant dans le livre “Jean-Claude vannier, l’arrangeur des arrangeurs” écrit par Rémi Foutel et julien Vuillet aux éditions Le mot et le reste.

Emission à réécouter”: https://www.franceinter.fr/emissions/foule-sentimentale/foule-sentimentale-16-mars-2018

Didier Varrod
France inter - Foule sentimentale 16 mars 2018
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