Parution : 18/05/2017
ISBN : 9782360543366
336 pages (14,8 x 21 cm)

Histoire du rock à Marseille

(1960-1980)

Un travail de mémoire attendu qui retrace la naissance et l’évolution de la scène rock marseillaise. Le livre sera accompagné d’une compil’ CD.
Marseille, comme tant d’autres villes, a bénéficié de l’élan insufflé par les années soixante et a vu une scène rock émerger, une scène aux mille visages portée par la jeunesse. En acteur de ce mouvement, Robert Rossi a souhaité préserver la mémoire de cette période très peu documentée. Pendant dix ans, il a eu à cœur de rencontrer les groupes, de rassembler les souvenirs et d’exhumer les archives. Ce travail de mémoire a nécessité des bornes pour être exhaustif. L’espace ? Marseille intra-muros. L’époque ? Les groupes formés avant 1980. C’est ainsi qu’au fil des pages on rencontre le rock marseillais de Quartiers Nord, le rock’n’roll du Johnny Hallyday local Rocky Volcano, la pop psyché de Santa Maria et Choc, le rock fusion anarchiste de Barricade, le proto-punk de Wild Child ou la new wave de Leda Atomica. C’est toutes les origines d’une histoire qui continue de s’écrire que l’on retrouve dans ce livre.

Lire un extrait

Revue de presse

- Sorties Vieux-Port - Lectures Jacques Bonnadier Dialogue RCF 26 mai 2017
- Reportage sur "Histoire du rock à Marseille" C.Pesci France 3 PACA 2 mai 2017
- 1960-1980, les débuts de l'histoire du rock à Marseille Patrick Coulomb Blog Rock On Mars 29 avril 2017

- Sorties Vieux-Port - Lectures

Aux éditions marseillaises Le mot et le reste vient de paraître une Histoire du rock à Marseille, 1960–1980, signée Robert Rossi, un livre qui manquait à notre bibliographie musicale de la ville. Nul mieux que Robert « Rock » Rossi n’était à même de l’écrire, ce livre ; non seulement parce qu’il est lui-même un rocker de première bourre, co-fondateur d’un des groupes les plus emblématiques de ce demi-siècle, le groupe « Quartiers Nord », mais aussi parce que cet auteur-compositeur-chanteur est, par ailleurs, docteur en Histoire contemporaine et qu’il s’est frotté à ce titre à des recherches approfondies sur des sujets tels que les revue satiriques à la fin du XIXe siècle et qu’il a publié une thèse énorme suivie d’un très gros bouquin sur le journaliste marseillais Léo Taxil, roi des fumistes, 1854–1907.
Avec cette Histoire du rock à Marseille, Robert Rossi reconstitue donc les principaux épisodes de l’apparition et du développement du grand mouvement d’émancipation culturelle et sociale qui, à Marseille comme ailleurs, s’est traduit dès la fin des années 50 dans la musique populaire par des sonorités et des rythmes nouveaux. « Rock’n’roll et yéyés », « Style anglais », « « Rythm’n’blues phocéen », « Pop Psyché », « L’expérience blues rock marseillaise », « Rock fusion alternatif », « Progressif néo-romantique », « Déferlante hard », « Rock’n’roll déjanté », « Proto-punk, punk et post-punk » et enfin « Rock marseillais »… telles sont les catégories dans lesquelles il classe successivement les groupes – près de deux cents au total – qu’il recense. Sa recherche, Robert Rossi l’a faite dans divers documents d’archives à sa disposition, dans la presse, mais avant tout grâce aux temoignages qu’il a recueillis auprès des artistes eux-mêmes. Et il peut donc raconter les aventures de plus de soixante groupes qui ont fait – et pour certains continuent à faire – l’histoire du rock à Marseille : de Rocky Volcano et des Dynamycks à Léda Atomica et à Quartiers Nord, en passant par les 5 Gentlemen, South California, Caronna Machination, Gédéon, Sepher, Verte Fontaine ou encore Alanda et Albert et sa fanfare poliorcétique…
Au total, 320 pages précieuses, illustrées musicalement d’un CD de 12 titres « historiques » collé sur la 3e de couverture.

Jacques Bonnadier
Dialogue RCF 26 mai 2017

- Reportage sur "Histoire du rock à Marseille"
Retrouvez le reportage de France 3 PACA dans l’édition du 2 mai, à partir de 3.58 minutes.
C.Pesci
France 3 PACA 2 mai 2017

- 1960-1980, les débuts de l'histoire du rock à Marseille

ll n’y a pas 36000 groupes de rock à Marseille, ni même 36, dont le nom ait débordé du cadre d’un milieu rock, certes vivant, mais hélas assez peu connu du reste des Marseillais. Et encore moins au-delà. Mais Quartiers Nord est de ceux-là. Depuis la fin des années 70, à travers plusieurs configurations différentes, mais avec toujours le même leader et chanteur, Quartiers Nord poursuit sa route, entre blues, hard-rock et opérette marseillaise… Ce chanteur, Robert ‘Rock’ Rossi, est aussi historien (auteur d’une thèse sur le journaliste, auteur et agitateur Leo Taxil), et, avec une certaine logique, il s’est plongé lui-même dans l’histoire du rock marseillais… En commençant par ses premières années, par la genèse de ce mouvement et l’ensemble des groupes nés avant les années 80.

Il en est sorti un petit pavé de plus de 300 pages, d’une belle densité, publié chez Le Mot et le Reste, où l’on croise tous ceux qui ont fait le rock marseillais depuis les années 60. Autant de trajectoires relatées avec une passion communicative par un Rossi qui a fait de sa plume d’habitude enlevée un outil exceptionnellement sobre et élégant au service de cet univers, qu’il connaît évidemment sur le bout des doigts. Et qu’il retranscrit ici avec précision, grâce à de nombreux entretiens.

“J’ai considéré, commence Rock Rossi, que c’était une nécessité de commencer cette histoire du rock par les années 1960–1970… J’attendais depuis des années que quelqu’un fasse ce travail, pour que cette mémoire ne disparaisse pas…” Mais personne ne s’y est mis à sa place. Le voilà donc en accoucheur de la mémoire d’une famille culturelle marseillaise, pas forcément la plus tranquille, mais qu est la sienne. “J’ai commencé à travailler là-dessus en 2006, avec les plus anciens, avant qu’ils ne soient morts… En fait, cela a commencé en partie grâce à Marc Touché, un sociologue qui avait travaillé sur nous (Ndlr : Quartiers Nord), qui avait également recueilli un long témoignage de Rocky Volcano (Ndlr : l’auteur du premier 45 tours “officiel” du rock marseillais, “Comme un volcan”, en 1961). C’est comme ça que j’ai commencé. Je savais que Claude Djaoui (Ndlr : guitariste de jazz qui a été au contact de nombreux musiciens marseillais de rock) avait été son guitariste, alors je suis allé le voir, avec dans l’idée d’écrire seulement, à ce moment-là, une introduction à l’histoire du rock à Marseille…”

Robert Rossi contacte alors des éditeurs, notamment L’écailler du Sud, qui avait publié le livret de l’opérette-rock de Quartiers Nord 2001, L’Odyssée de L’Estaque, mais le livre ne se fait pas en ces années 2006–2007… “Je travaillais sur ma thèse, le groupe était très occupé par les opérettes, les concerts, les répets. Puis, début 2015, c’est Alain Battaglia (Ndlr : directeur du centre musical Hypérion, aux Cinq-Avenues, et fils du fondateur de Battaglia Musique) qui me relance. Il m’a conseillé d’aller voir l’Alésien Gérard Alméras, ce qui m’a étonné parqu’Alméras était un chef d’orchestre de bal, mais il m’a expliqué qu’il avait fait du rock dans sa jeunesse, notamment avec les Korrigans, les Atoms, des groupes qui existaient en 1960 et dont je n’avais pas entendu parler. J’ai donc décidé de reprendre moi-même les recherches, avec d’abord les anciens. Je suis donc allé à la rencontre de Claude Olmos (Ndlr : membre notamment d’un des mythes fondateurs du rock marseillais, des années 60, Les 5 Gentlemen), de Richard Kennings” (Ndlr : auteur de plusieurs 45 tours dans les années 60), et l’aventure de ce livre pouvait commencer. “C’était très différent de mon travail précédent (Ndlr : sa thèse sur Léo Taxil) parce que cette fois je ne pouvais pas consulter des archives, ou très peu, mais on a essayé d’être précis”.

Pour son éditeur, Yves Jolivet, Nantais installé à Marseille où il a fondé la maison d’édition Le Mot et le Reste, spécialisée dans les livres sur la musique, et en particulier le rock et la pop, “la mémoire s’est estompée à Marseille, beaucoup plus qu’à Rennes, à Nantes ou à Lyon, les ruptures musicales ici ont été plus violentes”. Pour autant, estime Robert Rossi, “il y a une scène rock vivante à Marseille. Même si elle n’a pas connu la même reconnaissance que les scènes de Rennes ou de Lyon. Peut-être qu’on était trop loin de Paris, pour les groupes à l’époque c’était plus difficile d’aller voir les maisons de disques, du coup on n’a pas eu de vedette, et la scène locale, qui était pourtant très développée, est restée ignorée.”

Au fil des pages de ce livre, le lecteur musicien reconnaîtra les siens, mais toutes les Marseillaises et les Marseillais qui ont suivi des concerts dans les années 70–80 retrouveront aussi des noms qu’ils avaient peut-être oubliés, des souvenirs de soirées, des refrains entendus… On ne va pas tout vous lister ici (plus de 200 groupes et plus de 500 musiciens sont répertoriés dans l’index), mais notez quand même : vous allez reprendre contact avec les Dynamicks, les Torpedos, Leda Atomica, Nitrate, Special Service, Barricade, Lawlessness, Cops and Robbers, etc, vous allez rediscuter avec Jo Corbeau, Phil Spectrum, Eddy Milton (et son Parcmètre), François Billard, Jacques Menichetti, Kino Frontera, Fred Bert, Jacques Saruggia, et même retrouver les disparus du rock’n’roll marseillais, comme Jean-Luc Scinicariello, Nicolas “Zaroff” Bufferne, Patrick Capozzi, disparu il y a quelque semaines à peine, etc. Le tout est illustré de photos en noir et blanc, petit format, et agrémenté d’un cd de 12 titres pour ainsi dire “historique” avec des morceaux de Barricade, de Rush Rock’n’Roll, de Fuzz, Wild Child ou encore Nitrate.

Ne reste plus à Robert Rossi qu’à écrire la suite, l’histoire du rock d’aujourd’hui, avec les groupes nés après 1980… Il a du boulot !

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Patrick Coulomb
Blog Rock On Mars 29 avril 2017
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