Parution : 20/10/2016
ISBN : 9782360542277
288 pages (14,8 X 21 cm)

Hair Metal

Sunset Strip Extravaganza!

Jean-Charles Desgroux a une très belle plume. Il la manie comme d’Artagnan avec son épée, Luke Skywalker avec son sabre laser, Tiger Woods avec ses clubs, Ron Jeremy ou Rocco Siffredi avec leur…
Laurent Karila – Hard Force

L’appellation de Hair Metal est caractérisée par la capillarité exubérante de musiciens ayant cédé à une normalisation favorisée par MTV. Mais derrière l’apparat, un pan entier de l’histoire du rock’n’roll des années 1980 reste mésestimé, souvent par ignorance ou cliché : si Bon Jovi et Guns N’ Roses, deux des plus grands mastodontes de l’époque, répondent à cette étiquette, un gouffre les sépare musicalement. Du rock’n’roll des Rolling Stones au hard-rock de Led Zeppelin en passant par le glam anglais, le punk des Dead Boys, le shockrock d’Alice Cooper, le hard FM ou la décadence des New York Dolls, des centaines de groupes aux influences éclectiques ont alimenté le marché américain et vendu plus de disques que n’importe quel autre courant musical en une décennie aussi folle qu’épicurienne. Outre l’hégémonie de Mötley Crüe, on retrace par conséquent un ensemble d’œuvres majeures ou méconnues qui forment aujourd’hui cette anthologie, dont la route commune reste principalement le Sunset Strip de Los Angeles, et le déclencheur, un certain Van Halen à la fin des années 1970.

Lire un extrait

Revue de presse

- Le guide Noisey du Hair metal Lelo Jimmy Batista Noisey 19 octobre 2016
- Interview de Jean-Charles Desgroux M@x Born Ultra Rock
- Hair Metal Rock&Reviews 25 octobre 2016
- Hair Metal Roseline Artal Plugged décembre 2016
- Capillotracté Roseline Artal My Rock décembre 2016
- Rock books Xavier Bonnet Rolling Stones décembre 2016
- Plein les cheveux Guillaume Ley Guitar Part Janvier 2017
- Le coup de cœur d'Aurélie Aurélie Ouï FM // Bring The Noise 20 décembre 2016
- Interview avec Jean-Charles Desgroux Dragon artnroll 1 décembre 2016
- Lu récemment… Cédric Bru Les Obsédés Textuels 8 décembre 2016
- Interview de Jean-Charles Desgroux Colin Pradier Librairie Mollat 17 novembre 2016
- Scorpions et caniches ! Philippe Lageat Rock Hard Novembre 2016
- 10 Hair Metal bands who should have been huge Jean-Charles Desgroux Classic Rock 9 novembre 2016

- Le guide Noisey du Hair metal

À l’occasion de la sortie du livre « Hair Metal » chez Le Mot Et Le Reste, on vous rappelle tout ce qu’il faut savoir sur le genre musical le plus outrancier jamais apparu sur cette planète.
Si vous avez moins de 35 ans, il est probable que vous n’ayez jamais écouté de Hair Metal autrement que de manière ouvertement ironique, ce qui fait de vous 1/ une personne de votre espace et de votre temps et 2/ un être faible et dégueulasse. Car le Hair Metal, forme la plus commerciale, sexuée et outrancière du heavy metal (également appelée « glam metal », « pop metal », « lite metal » ou, de manière plus vague et générale, « hard FM »), ne se limite pas forcément à un ramassis d’obscènes ananas péroxydés emballés dans du spandex et des foulards de gitanes, hurlant leur soif de cul et de vengeance sur fond de guitares imitant le hénissement du mustang.

Comme dans tout genre et sous-genre (à part bien sûr l’alternadulte, seule catégorie réellement indéfendable de ces 60 dernières années, et dont le terrain s’étend de Nickleback à Stiltskin, en passant par les Cranberries), on trouve en effet dans le Hair Metal de l’entrée de gamme, du matériel médiocre, de l’excellence pure et du parfaitement navrant. Le tout est de s’avoir s’orienter et se repérer.

Le hair metal s’écoutant de préférence sous forme de clips, entre 1987 et 1991, dans une petite ville des Vosges ou du Midwest, pendant de longs après-midis d’ennui devant MTV, ce guide didactique sera exclusivement basé sur des vidéos et non sur des disques. Des suggestions d’écoute et de lectures seront toutefois proposées aux moins frileux d’entre vous.

Avant-propos : des questions, des réponses

« Sérieux, ces groupes, c’est juste pose et compagnie, non ? »
Non. Ok, ils sont sapés comme des strip-teaseuses marseillaises prêtes à te laisser glisser un doigt dans la pantoufle contre un Perroquet, mais ils ne cherchent finalement rien d’autre que du bon temps. Les mecs sont là pour s’amuser. Et personne ne pose quand il s’amuse. Si vous voulez voir de vrais poseurs, dirigez-vous plutôt vers Sonic Youth ou The Jesus And Mary Chain, des groupes qui se forcent à faire la gueule depuis plus de 30 ans. Même quand ils reprennent Madonna ou font les débiles sur des voies ferrées, on se croirait à la Biennale de Belleville.

« Ok, mais avoue qu’il faut avoir sacrément mauvais goût pour écouter Ratt ou Skid Row »
Oui, bien sûr. Mais c’est important, le mauvais goût. C’est comme les bactéries de ta flore intestinale. Tu peux vivre sans, mais c’est moins bien. Penses-y la prochaine fois que tu te taperas un petit Terry Riley, pépouze, en contemplant ta discothèque avec la bienveillante satisfaction d’un maître de plantation qui a rendu leur liberté aux esclaves du comté, et leur a payé des cours de diction et l’intégrale de Patti Smith, espèce de suprémaciste de merde.

« Je rêve où tu parles pas de Kiss et des New York Dolls ? »
Ce guide est consacré aux piliers certifiés du Hair Metal qui ont incarné le genre et ses codes durant les années 80, pas aux pionniers qui ont les ont influencé de manière plus ou moins directe – à savoir : New York Dolls, Hanoï Rocks, Kiss, Van Halen, Queen, Alice Cooper, Twisted Sister, etc.

« Ok, mais, mec, t’as oublié Guns ‘N Roses ! »
J’ai mis tout un tas de groupes de côté – Cinderella, Britny Fox, Love/Hate, Voodoo X, Tesla, White Lion, Faster Pussycat, Great White, Tigertailz, ou Toilet Boys pour les plus récents – mais je n’ai pas oublié Guns ‘N Roses. Guns ‘N Roses va bien au-delà du Hair Metal. C’est un groupe qui mérite son guide Noisey à lui tout seul, que je suis d’ailleurs en train d’écrire à cet instant très précis. Mais faisons les choses dans l’ordre et lis d’abord celui-ci.

LE GUIDE NOISEY DU HAIR METAL

David Lee Roth « Yankee Rose » (Warner Bros.) 1986
David Lee Roth est le seul type au monde qui pourrait entrer dans un wagon de métro en hurlant « Mesdames et messieurs, David Lee Roth ! » sans que personne ne trouve ça déplacé ou super flippant. David Lee Roth est ce genre de mec. Un concentré de sexe, de divertissement, de bruit et de spectacle à très haut degré de pureté. Un type qui a mené de front un des groupes de rock les plus exubérants de l’Univers, et qui prenait des breaks de 3 mois pour aller fabriquer des cabanes et chasser l’alligator à mains nues avec des tribus indigènes d’Amazonie. Un genre de mélange ultra-dosé entre la mégalomanie et la puissance monétaire de Kanye West, la coolness absolue de Snoop Dogg, et les poses de diva outrée de Nicki Minaj, multiplié par les possibilités vocales de Frank Sinatra et le train de vie de Dean Martin. Ce type est tellement excessif que sur « Yankee Rose » – extrait de son premier album solo, réalisé un an à peine après son départ de Van Halen – il réussit ce tour de force de mettre en scène une gigantesque caricature du Hair Metal (grand écart facial, spandex, gestes explicites, nudité partielle, dance moves mongoloïdes), alors que le concept de Hair Metal n’existe pas encore dans l’esprit du public. Oui, David Lee Roth est ce genre de mec.

Oeuvres recommandées : Outre les deux premiers albums de Van Halen qui sont des chefs d’oeuvres indiscutables, vous pouvez éventuellement tenter Eat’em And Smile, son premier album solo, sur lequel on trouve quelques titres valables -en plus de « Yankee Rose » (et qui a la particularité d’exister dans une version intégralement chantée en espagnol). À noter que son autobiographie Crazy From The Heat est une lecture de choix (épuisée aux USA mais toujours disponible en Angleterre).

Puissance cheveu : 04/10. David Lee Roth soigne son apparence mais ne priorise pas sur le cheveu. Même au sommet de sa gloire, il était tout à fait capable de faire des interviews télévisées avec des cheveux bordéliquement agencés ou non-lavés depuis trois jours.

Whitesnake « Still Of The Night » (Geffen) 1987
Le clip de « Still Of The Night » est le Citizen Kane du hair metal. La référence absolue. Le ground zero. La vidéo qui a lancé l’ère du cheveu sur MTV. Pourtant, back en 1987, c’est la merde pour Whitesnake. Le groupe a un contrat avec Geffen et vient de terminer un album, mais David Coverdale, le chanteur-leader, n’a plus une thune et continue à mener une vie de playboy milliardaire – il vit au Mondrian Hotel de Los Angeles et conduit une Jaguar XJ qu’il n’a même plus les moyens d’assurer. Il subsiste en enregistrant des pubs radio pour une marque d’aspirine, et en faisant le coup du « désolé, j’ai oublié mon portefeuille » lors des déjeuners avec les cadres de son label. C’est durant un de ces rendez-vous qu’il fait la connaissance de Marty Callner, réalisateur désigné pour le tournage du clip de « Still Of The Night », censé remettre Whitesnake sur les rails. Geffen a, pour cela, doté Callner d’un budget de 125 000$. Seul problème : Coverdale a viré tous ses musiciens après l’enregistrement de l’album et n’a donc plus de groupe. Des requins de studio sont donc recrutés à la hâte pour faire bonne figure dans le clip.

Le résultat est évidemment catastrophique : outre le fait que le morceau dure plus de 6 minutes et est donc impossible à playlister en radio, on ne croit pas une seconde à ce groupe monté de toute pièces. Callner sort alors 35 000$ de sa poche pour tourner des plans supplémentaires avec un top-model. Après avoir envisagé un temps Claudia Schiffer, son choix se porte finalement sur Tawny Kitaen, la girlfriend du moment de Coverdale. Strike thermonucléaire : le clip sera programmé plus de 50 fois par semaine sur MTV, et aura les honneurs du très convoité titre de « Hip clip of the week ». Scandalisé, Jeff Ayeroff, de Warner Bros., fera part de son mécontentement à la chaîne : « Mais enfin, les gars, Whitesnake est tout sauf hip ! » Ce à quoi Sam Kaiser, le programmateur de MTV, lui répondra : « Ce n’est peut être pas hip pour toi ou moi, mais, crois-moi, c’est super hip en Iowa ». Oui, Jeff, le hair metal, c’est exactement comme les Enfants du Maïs : une force surpuissante venue transformer les gamins des régions rurales en tarés cosmiques et en démons du sexe.

Oeuvres recommandées : Si la vue de David Coverdale poings serrés en train de serpenter autour de son pied de micro ne suffit pas à vous contenter, vous pouvez essayer 1987, l’album dont est extrait « Still Of The Night », qui est assez plaisant, pour peu que les ambiances « Je roule vers nulle part sur l’autoroute au volant de ma Jag pour me calmer et me poser les vraies questions sur l’existence après une énième prise de burnes avec ma meuf nymphomane et complètement ingérable » vous parlent. Si vous voulez aller encore un peu plus loin dans ce monde de soie, de folie, et de luxure, vous pouvez enchaîner avec Slip Of The Tongue, mais, très franchement, je vous conseillerai d’y réfléchir à deux fois, et d’aller peut être faire un tour en Jag sur le périph en attendant de vous calmer.

Puissance cheveu : 08/10. On est ici sur de beaux volumes, obtenus après rinçage à l’eau froide (indispensable pour éviter un graissage trop rapide), et après-shampooing spécial cheveux bouclés. Un soin de base, qui permet un nettoyage efficace, tout en donnant du ressort aux mèches. Pour un résultat optimal, appliquez un concentré réparateur. Il nourrira vos longueurs et vos pointes et préviendra les fourches. Terminez sur un spray en halo et une noisette de sérum, et voilà. Let’s dance.

Mötley Crüe « Girls, Girls, Girls » (Elektra) 1987
Il y a un truc à propos de ce clip qui résume Mötley Crüe à lui tout seul : dans les commentaires du DVD Mötley Crüe Greatest Video Hits, le groupe explique très sérieusement ceci : « Sur les images de « Girls, Girls, Girls », tu nous vois rouler en Harley et aller dans des clubs de strip-tease, parce qu’à l’époque, eh bien, on passait nos soirées à rouler en Harley et à sortir dans des clubs de strip-tease ». Vous voyez, c’est exactement ce que je vous disais plus haut : le hair metal, c’est la vraie vie, c’est du Ken Loach à 100 %. C’est juste que les mecs portent du spandex et ne bossent pas dans une putain de mine du Yorkshire.

Oeuvres recommandées : Too Fast For Love, leur premier album, est un classique, même s’il renvoie à une période assez particulière, où le groupe était suffisamment rongé par la haine pour jouer avec des groupes punk de L.A. au son vaguement similaire (les Stepmothers, entre autres). Il y a bien sûr quelques bons morceaux sur Shout At The Devil et Dr. Feelgood, et Girls Girls Girls est vraiment trop pété pour qu’on puisse totalement le détester. Mais la vraie pièce incontournable, c’est la biographie The Dirt, co-écrite par le groupe avec le journaliste Neil Strauss. Ce n’est pas seulement la bio musicale la plus hallucinante disponible sur le marché, c’est aussi et surtout le plus beau livre sur le rock que vous aurez jamais l’occasion de lire. Que vous aimiez ou non le groupe et ce qu’il représente n’a aucune importance. Ces types ont juste réussi à faire jaillir de terre une histoire à mi-chemin entre un spin-off porno des Feux de l’Amour, un remake heavy metal de Voyage Au Bout De L’Enfer, et un épisode de South Park en 3D, et c’est tout ce que vous avez besoin de savoir.

Puissance cheveu : 02/10. Une catastrophe. En plus de 30 ans de carrière, la seule chose que ces mecs ont utilisé pour nourrir leur cuir chevelu, c’est du lubrifiant et une quantité inhumaine de transpiration. Si l’on excepte le brushing Farrah Fawcett de Vince Neil sur la période 1983–1985, il n’y a absolument rien à sauver de ce holocauste laineux.

Def Leppard « Pour Some Sugar On Me » (Mercury) 1987
Un jour, il faudra que quelqu’un écrive un livre sur Hysteria, quatrième album de Def Leppard et de loin le disque le plus inhumain des années 80. Des choeurs au son de caisse claire, chaque élément, chaque détail, sonne comme s’il avait été conditionné pendant de longs mois dans un silo souterrain, avant d’être placé dans un accélérateur de particules et fragmenté par des protons à haute énergie, le tout sous la supervision d’une équipe de chercheurs suisses alémaniques ne parlant pas un mot d’anglais. Écoutez « Rocket ». On dirait que la ligne de basse est sous cellophane, c’est fascinant.

Le disque a coûté la somme insensée de 7 millions de dollars et a bien failli être un bide fracassant. Les deux premiers singles (« Women » et « Animal ») se sont en effet complètement ramassés, et lorsque le groupe sort « Pour Some Sugar On Me », il joue clairement sa dernière carte. Par chance, le titre sera un hit phénoménal, principalement grâce à son clip, réalisé par Wayne Isham (LE réalisateur Hair Metal, à qui l’on doit la quasi-intégralité des vidéos de Mötley Crüe et Bon Jovi), et aux clubs de strip-tease du monde occidental, où le titre est joué en boucle depuis 25 ans. A l’arrivée, pas moins de sept (SEPT !) singles seront extraits de Hysteria, qui se vendra à plus de 30 millions d’exemplaires dans le monde.

Oeuvres recommandées : Il n’y a qu’une question à se poser quand on écoute un disque de Def Leppard : est-ce que ça sonne bien sur les enceintes d’une Porsche 911 GT3 lancée à 240 km/h sur une autoroute allemande ? Rien d’autre n’a d’importance. Mais si vous y tenez vraiment, je vous dirais que High ‘N’ Dry, Pyromania et Hysteria sont plus que recommandés : ils sont obligatoires. Si vous ne deviez écouter que trois disques de tout ce guide, je vous conseillerais ces trois là, sincèrement. Mis bout à bout, ils donnent l’impression de raconter l’histoire d’un délinquent juvénile du nord de l’Angleterre en cavale, qui finit par se transformer en robot de lumière après s’être injecté le contenu d’une fiole phosphorescente qui lui a été offerte en rêve par une strip-teaseuse aveugle.

Puissance cheveu : 01/10. Def Leppard a traversé les âges avec un guitariste alcoolique au dernier degré et un batteur manchot. Leurs cheveux étaient et sont toujours le cadet de leur soucis.

Poison « Talk Dirty To Me » (Capitol) 1986
C’est dingue, mais Poison est un des groupes qui, aussi loin que je me souvienne, n’a JAMAIS été considéré autrement que comme une gigantesque bande de pipes, et pour être tout à fait honnête, c’est super mérité, vu que ce sont un peu les Wolves In The Throne Room du hair metal : des mecs qui se sentent oblgés d’aller jusqu’au coude dans l’excès et le ridicule pour faire oublier le fait qu’ils sont écolos, végétariens et de gauche. Le seul truc qui les sauve, c’est leur guitariste, C.C. Deville qui, outre le fait qu’il est techniquement débile je ne saurais que trop vous recommander de jeter un oeil à ses interviews a également une tronche à arrêter les montres. Disons que si quelqu’un essayait de faire une sculpture du visage de Meg Ryan avec des saucisses de foie de veau, qu’il se foirait, et qu’il tentait de rattrapper le désastre en faisant un cendrier en forme de C. Jérôme, le résultat aurait à peu près la gueule de C.C Deville.

Oeuvres recommandées : Le seul disque à peu près écoutable de Poison, c’est Flesh & Blood. En fait, je ne sais pas s’il est réellement plus écoutable que le reste, mais au moment de sa sortie, le single « Unskinny Bop » passait genre 14 fois par jour sur MTV, alors j’ai peut être juste fini par m’y habituer.

Puissance cheveu : 09/10. C.C. Deville mis à part, on est ici sur du très haut de gamme. Vous avez vu ces reflets ? Sublime.

Ratt « Slip Of The Lip » (Atlantic) 1986
À la base, je voulais mettre le clip de « Body Talk » parce que Warren De Martini fait plein de flex clownesques avec sa guitare et que le morceau était dans la B.O. de Golden Child, L’Enfant Sacré du Tibet, de loin le rôle le plus ingérable d’Eddie Murphy. J’aurais aussi pu choisir « Round And Round », vu que c’est le tube du groupe (celui qu’écoute Mickey Rourke dans la scène de The Wrestler où il explique à Marisa Tomei que Kurt Cobain a ruiné la musique), et que le clip est réalisé par Don Letts -ce qui est assez pathétique quand on y pense. Mais finalement, j’ai opté pour « Slip Of The Lip », pour une seule et unique raison : le type en chapeau de cowboy qu’on voit à la 21è seconde, est en réalité un ex-flic qui était chargé de la sécurité du groupe, et il a été retrouvé un matin, pendant le tournage du clip, menotté, ligoté et complètement nu dans sa chambre d’hôtel. Quand l’équipe lui a demandé ce qu’il s’était passé il a juste répondu : « Je faisais la fête avec deux filles et ces putes m’ont dépouillé ». Welcome to the jungle.

Oeuvres recommandées : Guitares gratte-ciel, chanteur qui en fait des caisses, ambiance de teuf pourrie par la présence d’une ex sociopathe : Ratt est en fait une version street et sleazy du U2 période The Unforgettable Fire. Ce qui signifie que même si c’est le genre de merde qui coule toute seule, il y a quand même là-dedans un truc super crispant et totalement inacceptable. Si vous y tenez vraiment, vous pouvez essayer Dancing Undercover, qui mérite bien 20 minutes de votre temps, ne serait-ce que pour son titre.

Puissance cheveu : 01/10. Fourches, frisottis, cheveux blancs qui traînent, c’est quoi ce bordel ? Vous tenez une mercerie, les gars, ou quoi ?

Desmond Child
Le seul artiste de ce guide dont je ne présenterai pas de clip, et ce pour deux raisons : 1/ Desmond Child est beaucoup trop BIG pour être résumé à un clip, et 2/ la photo ci-dessus résume à peu près tout. Desmond Child est au hair metal ce que James Joyce est à la littérature, Stanley Kubrick au cinéma, Stan Lee à la bande dessinée et Gérard Holtz à la haine de soi : à la fois une synthèse, un superlatif, et une escroquerie.

Compositeur-producteur-cachetonneur pour Kiss (« I Was Made For Loving You », c’est lui), Bon Jovi (« Livin’ On A Prayer », c’est lui), Alice Cooper (« Poison », c’est lui) et Aerosmith (« Crazy », c’est lui), Desmond Child est un compositeur multimillionnaire, ultra-demandé, et un rien mégalo – il ne supporte pas que ses titres ne devienne pas des tubes, et a, par exemple, refilé à un titre écrit pour Bonnie Tyler (« If You Were A Woman, And I Was A Man », bide monumental) à Bon Jovi (qui le rebaptisera « You Give Love A Bad Name » et en fera un méga-carton). Et quand Desmond n’a personne pour sublimer son oeuvre, il prend les choses en main lui-même, comme c’est le cas sur son seul et unique album solo, le terrifiant Discipline, où il atomise des hymnes way over the top qu’il a eu la mauvaise idée de cramer sur des groupes allemands (« The Price Of Lovin’ You », écrit à l’origine pour Bonfire), et enquille une paire de ballades à faire passer Michael Bolton pour GG Allin (« You’re The Story Of My Life », « Love On A Rooftop »).

Oeuvres recommandées : Il faut bien le reconnaître, « The Price Of Lovin’ You » est vraiment un super morceau de Stallone rock. Mais ça s’arrête là. Vraiment.

Puissance cheveu : 09/10. Le mec est multi-millardaire. Son pubis est probablement mieux géré que vos plus belles permanentes.

Skid Row « Youth Gone Wild » (Atlantic) 1989
Mené par l’ultra-charismatique Sebastian Bach (un genre de mélange entre Albator, le mec qui voulait votre peau au lycée, et Clara Morgane), ce groupe de petites frappes du New Jersey a tout écrasé sur son passage entre 1989 et 1992. Leur deuxième album, Slave To The Grind, a d’ailleurs mis un zbeul impérial à la première place des charts US le 29 juin 1991, en détrônant rien de moins que Paula Abdul, Mariah Carey et Vanilla Ice. Un succès historique, puisqu’il s’agit, avec Out Of Time de R.E.M. et Niggaz4life de N.W.A., d’un des trois premiers disques à avoir gatecrashé le Billboard grâce aux normes SoundScan (système de comptage de ventes d’album mis en place au printemps 1991 aux USA, et basé non plus sur les ventes déclarées par les chaînes de magasins américains, mais sur les ventes effectives par code barre dans l’ensemble des points de vente et de distribution des États-Unis, du Canada, du Royaume-Uni et du Japon), qui joueront un rôle majeur dans le succès, quelques mois plus tard, de Nirvana.

Bref, niveau thunes les mecs se sont mis bien, mais le fait est que, 23 ans plus tard, Skid Row reste considéré au mieux comme un plaisir honteux, alors que ces mecs sont juste l’équivalent white trash des Geto Boys, alternant célébrations ultra-ordurières d’une vie faite de sexe et de violence, et power-ballads racontant la chute de gamins fugueurs de 15 ans qui prennent perpète pour un coup de schlass. Un groupe qui écrit un morceau intitulé « Youth Gone Wild » ne peut pas avoir tort. Un groupe dont le chanteur a « Youth Gone Wild » tatoué sur le bras, encore moins.

Oeuvres recommandées : Slave To The Grind est un chef d’oeuvre absolu. Sincèrement. Je pèse mes mots. Tout, sur ce disque, défonce de A à Z et continuera à défoncer à travers les âges et les siècles.

Puissance cheveu : 09/10 pour Sebastian Bach, 01/10 pour le reste du groupe. Tu peux enlever le bonhomme du New Jersey, mais tu peux pas enlever le New Jersey du bonhomme, tu me suis ?

Extreme « Get The Funk Out » (A&M) 1990
En voilà d’autres qui mériteraient bien mieux que leur réputation de groupe-à-slows avalé par le trou noir Nirvana. Pour tout dire, pendant un temps, on a même cru que ce serait eux, Nirvana. Il faut dire que quand on les a vus débarquer dans un long couloir de clips avec leur plans fusion, leur looks de pirates-indiens, leurs gros refrains en plastique, leur chanteur qui ressemblait à Julien Clerc déguisé en Anthony Kiedis, et le jeu de guitare complètement baisé de Nuno Bettencourt, on s’est dit qu’on tenait probablement un truc. Et puis après ils ont fait ça, et toutes les filles qui s’appelaient Nathalie en ont fait leur chasse gardée.

Oeuvres recommandées : J’aimerais vraiment pouvoir dire Pornograffitti, leur deuxième album, parce qu’on y trouve de purs moments de pure ouferie (« It’s A Monster ») et des trucs presque à moitié aussi oufs (« He-Man Woman Hater »), mais il y a vraiment beaucoup, beaucoup, beaucoup trop de merde sur ce disque, à commencer par « Suzi Wants Her All Day What ? », qui est probablement le morceau le moins logique de toute l’histoire de l’électricité.

Puissance cheveu : Si le reste du groupe mérite à peine un 06/10, Nuno Bettencourt est, lui, le seul 10/10 de cette liste. Ses cheveux sont comme la charge ordonnée de 20 étalons arabes au large du détroit d’Ormuz par un nuit sans lune.

Vixen « Edge Of A Broken Heart » (EMI) 1988
Lamborghinis blanches et Ferraris jaune banane, walking gloves en daim bleu et stilettos léopard, couplet Pat Benatar et refrain Bonnie Tyler, toi sur le dos d’un dragon volant et mes couilles en flamme sur l’horizon du couchant. Il y’a des jours comme ça où je tuerais pour retourner ne serait-ce qu’une après-midi dans les années 80. Accessoirement, le seul groupe féminin de cette sélection, mais en même temps c’est pas comme si j’avais le choix, c’était elles ou Phantom Blue. Et même si le premier album de Phantom Blue défonce (je vous le recommande), niveau clips, Vixen est vraiment au-dessus.

Oeuvres recommandées : Le premier album. Plus exactement, la première face du premier album. Bon, ok, le premier morceau.

Puissance cheveu : 04/10. Le hair metal est le seul genre musical où des types passent leur temps à essayer de choper des filles moins bien fagotées qu’eux.

Warrant « Cherry Pie » (Columbia) 1990
Ok, on franchit le Rubicon, destination planète gol-mon. Si Skid Row sont les Geto Boys du white trash, Warrant en sont les 2 Live Crew. Du cul, du cul, du cul, et rien d’autre que du cul, le tout avec l’approche et la subtilité d’un gamin de 8 ans qui viendrait de boire son premier verre de Suze. Le clip de « Cherry Pie » est passé tellement de fois sur MTV que j’ai l’impression qu’il fait partie de moi, au même titre que mes doigts, mon acouphène à l’oreille droite et la cicatrice que je me suis fait en cours de gym en tombant du cheval d’arçon au printemps 1986.

Oeuvres recommandées : Le clip de « Cherry Pie » est absolument tout ce que vous aurez besoin de connaître au sujet de Warrant. Bobbie Brown, la fille qu’on voit dans la vidéo, a par la suite raté tout un tas d’auditions qui auraient pu faire d’elle la Sharon Stone fuck-off des années 90. Au lieu de ça, elle a sombré dans la drogue et l’alcool et le plus gros highlight de son CV cinématographique s’est résumé à une très courte apparition dans Last Action Hero. La société-internet restant prête à se repaître des plus infimes miettes du passé, elle a pu sortir, il y a quelques années, une biographie intitulée Dirty Rocker Boys, dans laquelle elle raconte, entre autres, qu’elle a emballé Leonardo DiCaprio sur « Waterfalls » de TLC quand il avait 19 ans, et que le gamin avait un machin « qui mettait à l’amende celui de Tommy Lee ».

Puissance cheveu : 01/10. D’un point de vue strictly capillaire, ces mecs étaient à Ratt ce que votre prof de français était à votre prof de géo : la même chose, en plus sale.

Winger « Can’t Get Enuff » (Atlantic) 1990
Winger est, techniquement, un groupe conçu en maison de disque à destination d’une cible bien précise : les MILFs et les filles-mères du Midwest. Et vu le succès de leurs deux premiers disques, on peut dire que le contrat a été dûment rempli. Si je vous dis, en plus, que pour le clip de « Can’t Get Enuff », le groupe a demandé à Michael Bay alors jeune connard arrogant fraîchement engagé dans la boîte de prod de David Fincher (qui ne pouvait pas le blairer, mais reconnaissait sa puissance de feu) de tourner un truc qui « ressemble à une pub pour Coca-Cola », je crois qu’il vous suffit de fermer les yeux pour sentir de votre fauteuil le filtre orange, les peaux moites et les ventilateurs.

Oeuvres recommandées : On est ici dans les toutes dernières couches de l’enfer, sachez-le bien. Mais In The Heart Of The Young a deux-trois titres assez catchy, si vous cherchez bien.

Puissance cheveu : 08/10. On n’atrappe pas les quadras rousses d’Iowa avec un dégradé au rasoir, puto.

Nelson « After The Rain » (Geffen) 1990
Le terminus, le boss de fin, la queue du chinois. Fondé par les deux jumeaux du chanteur de country Ricky Nelson, Matthew et Gunnar, Nelson est un concentré de toutes les forces négatives de la musique occidentale, présentées à un exceptionnel degré de pureté dans le cadre d’un spectacle haut-budget à portée sociale et identitaire. En d’autres termes, Skrillex avec la force de frappe de Céline Dion.

Oeuvres recommandées : Restez éloignés de tout ce qui porte le nom de Nelson, toute votre vie. Vous remarquerez que ce n’est pas une tâche particulièrment ardue.

Puissance cheveu : 09/10. Cascade de blé platine à son plus haut degré de perpendicularité avec la terre des anciens, il faut bien l’admettre.

Lelo Jimmy Batista est le rédacteur en chef de Noisey France. Ses cheveux sont plus épais que la moquette de la salle d’attente d’un chiropracteur indien circa 1987.

Lire le guide du hair metal sur Noisey

Lelo Jimmy Batista
Noisey 19 octobre 2016

- Interview de Jean-Charles Desgroux

Non contents de confier à Jean-Charles DESGROUX deux heures complètes de playlist en l’honneur de la sortie de son livre HAIR METAL SUNSET STRIP EXTRAVAGANZA!, nous avons profité de l’occasion pour en savoir un peu plus sur ce journaliste et auteur (à succès).
Qui est-il ? D’où vient-il ? Réponses ci- dessous :

UR : Bonjour Jean-Charles, peux-tu s’il te plait, te présenter à nos lecteurs ? Quel est ton parcours journalistique ?

Jean-Charles : Salut ! J’ai démarré comme pigiste chez Rock Sound en 2002, commençant par chroniquer un peu tout et n’importe quoi, production néo-metal du moment, extrême, et généralement du hard FM au black, death, indus, whatever ! Ça tombait bien, je ratissais large le spectre du metal, tout m’intéressait. Puis j’ai continué avec une partie de l’équipe dans des mags toujours axés très « teenagers », en m’occupant d’une bonne partie du metal chez Rock One, multipliant les interviews et les chroniques (des dizaines chaque mois !). En 2007 j’intègre un magazine plus adulte : Crossroads, où j’ai une liberté d’action totale, et où je me régale à rédiger de gros articles de fond sur mes idoles : j’interview Ozzy, Iggy Pop, Alice Cooper, Blackie Lawless, et des dizaines d’autres. Après l’arrêt du mag, c’est Rock&Folk qui vient me proposer de collaborer avec eux : je suis ravi, le magazine est quand même une référence – et j’y travaille toujours. Parallèlement, je rencontre Christian Lamet et, tout en devenant potes, je travaille avec lui chez Hard Force, mon mag de chevet, ainsi que Metal XS sur un format TV/video. Au-delà de ça, j’ai dû collaborer à 4 ou 5 autres magazines, multipliant les opportunités en vue d’une seule chose : m’éclater !

UR : Je me suis laissé dire que ta passion pour le genre hard Rock ou Metal ne date pas d’hier.

Jean-Charles : en effet, je suis tombé dans le chaudron fin 88 début 1989 : j’étais en 4ème, genre laissé pour compte et en-dehors des « bons cercles », et un mec me file une cassette d’Iron Maiden, « SeventhSon of A SeventhSon », complètement par hasard : je ne connaissais RIEN de RIEN au hard-rock, et là, je suis transi, amoureux, touché par la Grâce. Quelques secondes après l’intro de « Moonchild », je savais que mon destin allait changer et que ma vie ne serait plus jamais la même. Une révélation, et j’ai suivi cette voie sans fléchir, avec une passion exponentielle depuis mes 13 ans.

UR : Quels sont les autres ouvrages signés de ta main ?

Jean-Charles : j’ai sorti « Du Cauchemar à la Réalité », la toute première biographie française sur mon idole OZZY OSBOURNE en 2007 chez Camion Blanc. Par la suite, même si j’avais d’autres projets en tête, je n’ai rien fait d’autre que d’écrire des centaines d’articles avant de me décider à aller tenter une aventure plus ambitieuse chez Le Mot Et Le Reste, selon de nombreux amateurs, la meilleure référence en ouvrages musicaux en France. Après des mois d’attente, ils me valident un premier projet chez eux : la biographie d’ALICE COOPER, sortie en juin 2015…
UR : Ce livre sort moins d’un an après celui sur Alice Cooper paru en 2015, es-tu donc un insatiable journaliste hyperactif ?
Jean-Charles : A peine plus d’un an après en fait ; c’est exactement ça : insatiable, hyperactif, boulimique, un peu too-much quand-même : je n’arrête pas et ne sais pas dire non, à commencer par moi-même… J’ai l’ambition de sortir un livre tous les 15–18 mois !

UR : Qu’est ce qui te pousse à écrire, d’une part, et, d’autre part, à vouloir mettre le courant Hair Metal à l’honneur ?

Jean-Charles : C’est avant tout l’envie de transmettre : j’ai tout appris, à 90%, par tous les magazines et les brillants journalistes qui m’ont transmis toute cette culture, toutes ces infos. En même temps que l’achat de disques, j’ai, depuis 1989, acheté TOUS les magazines français qui sortaient chaque mois, jusqu’à aujourd’hui… tout en ayant racheté des stocks des années 80, Enfer et compagnie, et je me suis, entre autres, abonné à Classic Rock depuis le n°1 ! Après, le hair-metal, c’est mon adolescence, même si je n’ai découvert tout ça qu’en 1989, depuis la province ! Non, je n’étais pas à L.A. en 1987, mais j’ai toujours fantasmé sur l’idée de vivre ça… j’aime tant de styles de rock différents, mais le hair-metal est un peu plus affectif, le truc qui ne me fera jamais grandir définitivement. Et, en plus, le hair-metal n’est PAS un style de musique : c’est une attitude, un look, un style de vie, un modèle, une caricature, tout ce qu’on veut mais, musicalement, il y a tant de tendances musicales différentes en son sein : c’est ce que j’ai voulu démontrer dans le livre, en en dressant un très vaste portrait.

UR : Ce style, souvent raillé pour son look, te semble-t-il sous-estimé ?

Jean-Charles : mais carrément ! Comme je le disais, c’est tout sauf UNE définition musicale : certes, les majors du disque, le marketing, les radios et surtout MTV ont essayé de formater TOUS les groupes de hard-rock des années 80, sauf exception. Alors, oui, nombreux sont ceux qui ont joué le jeu, parfois en serrant des dents, mais en sortant tout de même des chefs d’œuvre ! Alors, stigmatiser tous ces groupes pour leurs looks ? C’est injuste. Beaucoup ont fait de la merde, je suis d’accord, mais vous allez pouvoir vous ruiner en allant dénicher un paquet de disques absolument jouissifs qui appartiennent, bon gré mal gré, à cette étiquette.

UR : Le Grunge a balayé ce style et a mis pas mal de ces groupes sur la touche, à l’époque et encore maintenant. As-tu un peu de rancœur ou cela, remis dans son contexte, te parait-il logique ?
Jean-Charles : De la rancœur, non. A l’époque, j’étais un peu dégoûté de voir Pearl Jam remplacer Mötley Crüe en couverture des magazines, mais j’ai très vite appris à aimer tous ces groupes alternatifs, Seattle et autres, Tout en continuant, sans relâche depuis 25 ans, à vénérer mes groupes. Après, rétrospectivement, il fallait que ça change : mille groupes sont venus saturer un marché caricatural, oui, et ça a débordé. Même si ça a hélas empêché d’autres excellents groupes, le cul entre deux chaises, de vraiment exploser, comme Love/Hate ou Bang Tango. Mais on va dire que oui, il fallait secouer un peu le système : toutes les révolutions sont bonnes à prendre, même si on sait qu’elles sont orchestrées pour les mêmes raisons, quelles qu’elles soient !

UR : Musicalement parlant, Guns N’ Roses ne ressemble pas à Poison, Styper ne ressemble pas à KISS. Penses-tu que certains combos sont, malgré eux, affiliés à ce courant musical ?

Jean-Charles : OUI ! On me reproche parfois d’avoir mis les Guns dans le même panier ! Ce n’est quand-même pas moi qui leur ai fait porter des cuirs moulants, du maquillage, du lipstick et des coiffures fantasques à faire rougir Michael Monroe entre 1985 et début 1987 ! Ils ont joué un jeu, puis ont affiné leur véritable image, leur identité plus directe, street et sale. Sleaze donc : on tolère Faster Pussycat ou L.A. Guns sous l’appellation Hair Metal, mais c’est pareil, non ? Un autre exemple : Cinderella. Ok pour les looks, ok pour la production du premier album, mais sinon ? « Night Songs » ce n’est qu’un putain d’album rock’n’roll, plus inspiré par AC/DC et Aerosmith que Bon Jovi, non ?!

UR : Certains groupes se reforment avec plus ou moins de pertinence, d’autres sortent toujours des albums. Doit-on s’en réjouir ?

Jean-Charles : oui. Certaines générations n’ont pas eu le bonheur d’être témoin de ça. On joue clairement le jeu revivaliste, nostalgique : aux States, les festivals Rocklahoma ou autres, c’est pareil que Stars 80’s ! C’est fait pour les ex-groupies ménopausées et les bons WASPs qui votent Républicain, mais c’est juste du fun, une capsule dans le temps. Et ça attire aussi les plus jeunes, qui veulent peut-être un peu plus s’amuser que ceux qui pleurnichent en écoutant Radiohead. Après, la qualité des albums, bof bof… on veut écouter les tubes, comme tout le monde. Je préfère franchement découvrir un nouveau groupe avec sa personnalité singulière, que me taper un quinzième album d’une version de L.A. Guns avec un seul membre d’origine…

UR : Te réjouis tu qu’enfin certains de ces groupes, grâce à l’évolution de la qualité de la production, aient un son bien meilleur que dans les années 80 ?

Jean-Charles : J’aimais le son des anciens : les Beau Hill, Michael Wagener, etc… La prod’ d’aujourd’hui est trop propre, rutilante et, finalement, aseptisée, et manque de cachet. J’adore Steel Panther et leur son est mortel, parce que ça colle avec leur vision des années 2010. Après, écouter du Quiet Riot ou du Ratt avec une production ultra-metal et moderne, je ne suis pas fan… Ok plutôt pour une bonne remasterisation des classiques… bien que je les réécoute en vinyle ! Pas les 180 grammes à la con, arnaque du siècle, mais bien mes vieux pressages que j’ai précieusement gardés ou que je continue à chiner !

UR : Y a-t-il un groupe que tu regrettes de ne pas avoir pu voir sur scène ?

Jean-Charles : Ecoute, il y en a 1000 ! Pour le coup, étant un petit provincial né trop tard, mon premier concert c’était Love/Hate et Ozzy Osbourne à la Cigale en mars 1992 ! Alors, tu imagines que j’ai raté tous les concerts cultes des années 80 ! Mais tous mes potes, mes amis un poil plus âgés, y étaient tous… alors ils m’ont tout raconté… comme des grands frères !

UR : La multiplication des festivals en France te semble-t-elle bénéfique à la scène française orientée hard FM / AOR / Hair Metal ? Existe-t-elle vraiment ?

Jean-Charles : Non. Pas grand-chose à se mettre sous la dent. Je suis un fan aveugle du Hellfest, que je soutiens à 100%, et dont les détracteurs bornés, hyper-exigeants et snobs m’emmerdent. Mais il faut se rendre à l’évidence : ce n’est pas le concept du Sweden Rock ! Au mieux avons-nous eu Mötley, Twisted, Steel Panther, Sebastian Bach. Mais c’est tout, grosso modo. Peut-être pourrions-nous suggérer à Ben Barbaud une septième scène, la « Sunset Strip Extravaganza » ?!

UR : Le buzz médiatisé de BLACKRAIN, il y a quelques années, est-il, selon toi, un bon signe ?

Jean-Charles : Bon signe je ne sais pas… moi je les imagine davantage exploser ailleurs qu’en France. Notre pays a des limites quasi-infranchissables pour cette culture-là. Le rock fun, ensoleillé, sexy, festif, dans notre pays de névrosés et de dépressifs ? Allons… Moi BlackRain je les soutiens à mort, je suis super fan, mais je vois leur potentiel ailleurs… comme Gojira dans une autre mesure…

UR : Question difficile : conseille à nos lecteurs 5 albums à écouter en priorité, choisis dans cette anthologie !

Jean-Charles : Ah ah ah ! J’ai déjà vachement écrémé ! De quelques centaines de références j’ai réduit à 100 pour le livre et tu m’en demandes 5 ? pffff… !!! MOTLEY CRUE « Shout At The Devil », RATT « Out Of The Cellar », le premier VAN HALEN, « Appetite » des GUNS et « Slippery When Wet » de BON JOVI… mais trop dur !

UR : Question encore plus difficile : quels sont tes 5 préférés ?

Jean-Charles : Bon, alors spontanément, à chaud, aujourd’hui à 17h00, je dis MOTLEY CRUE « Shout At The Devil », LOVE/HATE « Blackout in the Red Room », RATT « Out Of The Cellar », le premier STEELHEART et allez, le premier W.A.S.P. ! Mais cette question est in-dé-cente !

UR : As-tu un souvenir positif et réjouissant au cours de tes rencontres, avec un ou des artistes, que tu voudrais partager avec nous ?

Jean-Charles : oh la vache, des souvenirs j’en ai 1000 ! C’est ce qui me construit : les projets et la course aux souvenirs qui vont avec ! Mais je dirai que celui qui restera gravé à jamais, au plus profond de mon cœur et de mes tripes, c’est ma rencontre avec Ozzy Osbourne en avril 2007. Trente minutes d’entretien en tête à tête dans le studio B d’Abbey Road, là où les Beatles ont enregistré tous leurs disques. Ca faisait 18 ans que je rêvais de pouvoir lui parler, et dans un tel endroit… Tu imagines l’émotion ?!

UR : Pour conclure, as-tu un autre projet en cours ?

Jean-Charles : j’en ai un nouveau que je démarre exactement cette semaine ! Mais c’est top-secret ! Rendez-vous fin 2017 ! Et après, il y en aura un paquet d’autres !

UR : Merci à toi.

Jean-Charles : C’est moi qui te remercie pour ton soutien !

Lire l’interview sur le site d’Ultra Rock

M@x Born
Ultra Rock

- Hair Metal

Après une excellente et originale biographie sur Alice Cooper, Jean-Charles Desgroux revient avec ce livre sur ce genre de rock intitulé Hair Metal, appelé ainsi à cause de la capillarité des musiciens jouant ce type de rock. Le Hair Metal trouve son apogée pendant toutes les années 80 avant de céder face au grunge puis retenter une percée.

Jean-Charles Desgroux dans une première partie, nous retrace tout l’historique de cette musique, née surtout dans les bas-fonds de Los Angeles. On assiste à la naissance de Guns’n’Roses, de Great White, de Bon Jovi (qui vient cependant du New Jersey) mais aussi Dokken, Poison, Twisted Sister, Van Halen, Ratt et tant d’autres du même calibre. L’auteur revient brièvement sur les monstres du hard rock que sont Led Zeppelin, Alice Cooper etc… Une soixantaine de pages très intéressantes et instructives sur ce pan d’histoire du rock. La naissance des groupes, leur déchéance, la drogue, la mort, les overdoses, les disques, les tubes, les histoires sordides, les groupes qui ont survécu, ceux qui se sont tués à force d’excès. Ça se lit comme un roman, c’est très bien écrit, le style est audacieux. Jean-Charles Desgroux sait de quoi il parle, il s’est extrèmement bien documenté et est un grand fan de rock.

Et puis, il y a une centaine de chroniques sur les disques représentatifs de ce genre de metal. Chroniques parmi lesquelles on retrouve les belles The Runaways avec Lita Ford et Joan Jett, mais aussi Icon, Ratt, Bon Jovi, Autograph, Great White, Tesla, Mötley Crüe, Kiss, les inévitables Guns’n’Roses, White Lion avec Mike Tramp, The Cult, Badlands, Ozzy Osbourne mais aussi, ô belle surprise ! nos français de BlackRain pour leur album Licence to Thrill.

On se balade entre œuvres majeures, connues de tous et œuvres moins connues mais tout aussi importantes comme ce magnifique album de Icon sorti en 1984 ou encore ces superbes albums de Autograph, London, Kix, Winger.

L’auteur nous propose une promenade originale faite de souvenirs pour le lecteur (“mais je l’ai cet album !”), nous rappelle le temps où MTV était la chaine reine au sommet du monde musical. Ça se lit bien, il y a quelques anecdotes et le style n’est jamais pompeux.

Le livre est sorti le 20 octobre et c’est donc une lecture que je conseille à tous les amoureux et fans de hard rock même si pour beaucoup d’entre eux, survivants musicaux de cette époque, le hair est parti mais le metal est bien toujours vivant en nous.

Lire la chronique en ligne

Rock&Reviews 25 octobre 2016

- Hair Metal
C’est plusieurs centaines d’albums, et autant d’artistes, que Jean-Charles Desgroux a choisi de dépeindre ici, qu’il s’agisse de véritables stars, comme Ace Frehley, Vince Neil, Aerosmith ou encore les Guns N’ Roses, ou plus de légèrement plus obscures, tels Teeze, Sae Hags, et Lynch Mob. Et si ces artistes naviguent dans divers univers, du glam au rock’n’roll en passant par le hard FM, tous ont en commun une capillarité détonante,des inspirations musicales des plus riches, et surtout, un lieu mythique : le Sunset Strip.
Roseline Artal
Plugged décembre 2016

- Capillotracté
Jean-Charles Desgroux a fait le tour de sa discothèque, fort bien remplie, pour mettre en avant des artistes, connus, comme Ace Frehley, Vince Neil, Aerosmith ou encore les Guns N’ Roses, ou plus obscures, tels Teeze, Sae Hags, et Lynch Mob. Le point commun, mis à part des coupes de cheveux toutes plus folles les unes que les autres? Un lieu mythique : le Sunset Strip.
Roseline Artal
My Rock décembre 2016

- Rock books
Historiquement, le hair metal n’a vécu que cinq ou six ans, dans la seconde moitié des années 80. Le temps d’une longue introduction et d’une centaine de focus sur des albums (où se côtoient Van Halen, Kiss, Mötley Crüe, Bon Jovi et d’autres), Jean-Charles Desgroux démontre méticuleusement que rien n’est moins simple. Reste toutefois une question sans réponse : comment est-il possible que personne, parmi tout ce petit monde, ne soit parvenu à décrocher un poste au service marketing chez Jacques Dessange ou Jean-Louis David?
Xavier Bonnet
Rolling Stones décembre 2016

- Plein les cheveux
Ah, quelle est long l’époque bénie où porter une permanente et enfiler des spandex (et des groupies) était devenue une norme sur le Sunset Strip de Los Angeles. Bien que certains portent encore fièrement certains artefacts de ce temps révolu, à la fois glam et hard fm, ce sont surtout les années 80 qui ont marqué les esprits. En grand fan du courant Hair Metal, Jean-Charles Desgroux, déjà auteur de biographies sur Alice Cooper et Ozzy Osbourne, vous fait (re)découvrir cette période à travers un livre passionnant. Une première partie raconte l’histoire du Hair Metal en question, pendant qu’une seconde vous présente une centaine d’albums incontournables. Le type en connaît un rayon, on vous le garantit. Un vrai beau voyage à travers une galaxie qui comporte autant de médiators que d’eyeliner. C’mon!
Guillaume Ley
Guitar Part Janvier 2017

- Le coup de cœur d'Aurélie

Noël, c’est dans quelques jours, et Aurélie de BRING THE NOISE a une idée cadeau pour les retardataires.

Voir le coup de cœur d’Aurélie sur la page de Bring The Noise

Aurélie
Ouï FM // Bring The Noise 20 décembre 2016

- Interview avec Jean-Charles Desgroux

Release party au Dr Feelgood des Halles le 16 novembre 2016.

Rendez-vous au Dr Feelgood afin d’y rencontrer le sympathique auteur du livre, ou plutôt une anthologie des meilleurs albums de Hair Metal et Glam Rock des années 80 à nos jours. L’ambiance est à l’image de la musique que l’on peut y entendre, entraînante et conviviale. Le bar est blindé de monde et l’ambiance sympathique dans l’esprit du moment. On peut y croiser des membres du groupe Black Rain. Leur guitariste avec l’auteur JC Desgroux fait un blind test pour faire gagner quelques CD de Mötley et autres sympathiques combos de l’époque !! Il y a une bonne participation du public présent. Malgré quelques petites difficultés à approcher le monsieur mais on peut comprendre qu’il soit très occupé, c’est quand même sa soirée ;), avec Mamy on finit par l’attraper et lui poser quelques questions sur son livre. Pour nous faire patienter, il nous prête un exemplaire du livre que je pourrais détailler un peu plus longuement dans un prochain article.

ANR : Hair Metal, comment t’es venu l’idée de regrouper toute une époque sous ce terme ?

JC Desgroux : J’étais au Rainbow, le bar à Los Angeles, au restaurant mythique des années 80, du Sunset boulevard, j’y vais tous les étés depuis 10 ans avec ma femme et ma fille en vacances et on va y manger à chaque fois. Je suis fasciné depuis que je suis gamin par le Hair metal, le Glam metal des années 80. On était en train de dîner un soir, il y avait la même musique qui passe ce soir : Mötley Crüe, Bon Jovi… j’ai regardé ma femme et ma fille et je leur ai dit « Hey, j’ai super envie d’écrire un livre sur cette époque-là ». J’ai grandi avec, ça fait partie de mon adolescence, de mon ADN. Et voilà l’idée m’est venue pendant l’été 2015. Peu de temps après j’ai contacté mon éditeur ? Je leur ai soumis l’idée, ils ont accepté et c’était parti.

ANR : Tu as mis combien de temps pour rédiger ce livre, et plus précisément pour choisir les 100 albums qui forment l’anthologie ? Quels en ont été les critères ?

JC Desgroux : C’est très subjectif évidemment. Evidemment, on ne pouvait pas passer outre les classiques, Bon Jovi, Ratt, Mötley Crüe, Twisted Sister, WASP… après c’est ce qui me paraissait le plus représentatif de la scène de l’époque entre la fin des années 70 et les Runaways et Van Halen qui ont construit cette scène à Los Angeles et aujourd’hui avec Black Rain, Steel Panther et tous ceux au milieu qui ont construit cette folie musicale. Complètement subjectif.

ANR : Et de nos jours, comment se prolonge l’état d’esprit du Hair Metal d’après toi ?

JC Desgroux : Aujourd’hui, c’est un peu mort si ce n’est la douce nostalgie. Il y a une relève qui existe grâce à des groupes comme Black Rain que je plébiscite et que je soutiens depuis le début. Ces mecs-là sont précieux en France, car ici on n’a pas été très touché par cette vague à l’époque, ce n’est pas dans notre culture ni notre ADN. Il y a quelques groupes en France qui font ça bien. En Scandinavie il y a quelques groupes de relève. On va dire aujourd’hui que le public est composé au ¾ de nostalgiques : des quadras, des quinquas qui ont vécu ça pendant leur adolescence et qui continue à fantasmer dessus.

ANR : En effet, j’ai vu ça à Europe hier soir. Le public, il faut l’avouer comportait beaucoup de la vieille génération des années 80…

JC Desgroux : Je n’ai pas pu venir, mais comme tu le dis, c’est un public de nostalgiques. C’est cohérent par rapport aux gens qui vont se pencher sur le bouquin.

ANR : Alors quel type de public penses-tu toucher le plus ?

JC Desgroux : des nostalgiques bien sûr, des gens qui ont 40, 50 ans. C’est la musique de leur jeunesse, des instants figés et on a tous des velléités à vouloir garder une part de ces moments d’insouciance et de rébellion au bout de tant d’années. Donc oui une grande part de nostalgiques.

ANR : Le livre est déjà sorti depuis près d’un mois, quels en ont été les retours ?

JC Desgroux : Pour l’instant les retours sont bons. Les partenaires avec qui je travaille ont l’air assez enthousiaste par rapport au livre. Encore une fois c’était un pari risqué pour la France. On est tellement à des années lumières de cet univers complètement festif et hédoniste. Ici, on est plutôt dans la dépression… Ca me tenait à cœur de faire une soirée ici, en plein milieu du mois de novembre. On a tous notre hommage et notre cœur avec ce qui s’est passé il y a un an mais il faut tourner la page et penser à des choses gaies et surtout un peu d’insouciance dans ce monde ! C’est ce que je veux, ne pas se prendre la tête !

ANR : MERCI BEAUCOUP POUR TES RÉPONSES ET A BIENTÔT !!

Et sur ce, la soirée se finit pour nous, mais pas pour tout le monde, un deuxième blind test étant prévu avec encore des cadeaux sympathiques à remporter !

Consultez l’interview sur le site ANR

Dragon
artnroll 1 décembre 2016

- Lu récemment…

Au tournant des années soixante-dix, le rock se remettait de plusieurs séismes. Le punk a la courte vie avait offert une nouvelle image de la rock star (Johnny Rotten, Joe Strumer…) et son after n’avait rien proposé de plus glamour (Ian Curtis, Talk Talk, Pet Shop Boys…) Tant de kids continuait à écouter les disques de Led Zep de leur grands frères en mimant dans la glace les légendaire déhanchés du couple Page Plant. Parti des États Unis et le plus souvent de L. A, un noyau de groupes tonitruants, “vêtus de peaux de bêtes, échevelés, livides” allait tout bousculer sur leur passage, accompagner la création du CD et servir de vitrine à la toute puissante MTV. Rassemblés sous le nom de Hair Metal, Jean Charles Desgroux (Alice Cooper. Remember the Coop’) revient sur l’aventure de ces groupes aux ventes titanesques et aux vies électriques qui n’eurent pas l’heur de plaire aux intellos du rock mais qui constituèrent pourtant un phénomène hors norme collant au plus près à la magie du rock et ses sacro saints principes : sex, drug and rock’n’roll… C’est Van Halen qui ouvrit en 1978 les hostilités grâce à une cover mémorable de You Really Got Me. A un moment où Aerosmith, seule figure tutélaire avec Alice Cooper et son shock rock du rock américain, piquait du nez pour repartir de plus belle quelques années plus tard, Van Halen réévalua le guitar héro et le frontman sexy. Brushing, costumes bariolés aux looks gypsie et jean moulant reprenaient vie sur les scènes du Sunset Strip de L.A où avaient débutés Les Doors entre autres. Pendant une décennie, chapeauté par David Geffen qui les signait à tour de bras, une armée de groupes testostéronés et ultra defoncés allait exploser les ventes et les amplis. Le trio Van Halen, Mötley Crüe, Guns N’ Roses constitueraient la Sainte Trinité de ce culte braillard. Avec leurs homologues (Pantera, Izzy Osbourne, Poison, Bon Jovi ou Def Leppard), ces machines de guerre ne firent pas de prisonniers mais à leur décharge ne se ménagèrent pas non plus pour arriver exsangues aux portes du grunge. Fin de l’histoire ?

Retrouvez la chronique sur le site des Obsédés Textuels

Cédric Bru
Les Obsédés Textuels 8 décembre 2016

- Interview de Jean-Charles Desgroux

La librairie Mollat vous propose une interview filmée de Jean-Charles Desgroux pour présenter son anthologie sur le Hair metal !

Visionner l’interview de l’auteur

Colin Pradier
Librairie Mollat 17 novembre 2016

- Scorpions et caniches !

À l’heur d’envoyer sa liste au Père Noël, réjouissons-nous de la sortie de deux bouquins épatants rédigés par des compatriotes passionnés. Le premier, Hair Metal, est l’œuvre du journaliste Jean-Charles Desgroux, déjà l’auteur d’Alice Cooper. Publié chez l’excellent Le mot et le reste, il réhabilite, via une sélection de 100 albums et 100 groupes (des Runaways en 1976 à Reckless Love en 2010), et en l’espace de 288 pages, ce style souvent décrié, mais ô combien riche et varié.

[…]

Lire la chronique dans son intégralité

Philippe Lageat
Rock Hard Novembre 2016

- 10 Hair Metal bands who should have been huge

A new book celebrates hair metal and the Sunset Strip scene of the 1980s. We asked its author to pick 10 bands who deserved to become megastars but fell short.

You might laugh at them. Fair enough. But when it comes to partying, getting girls and really rockin’ ‘til the break of dawn, is there anything better than a good glam metal night? This is especially true in these troubled, shoe-gazin’ times, when Hair Metal bands are the ultimate antidote to boredom and depression. But enough of your old Mötleys, Ratts and Bon Jovis: Dig deeper and go crazy for those 10 unsung hair metal heroes.

Teeze
Imagine five colourful ghouls dressed like flashy hobos wearing more make-up than Twisted Sister. Then think of a collision between the sharp metal hooks of Ratt’s first EP, the skills of Randy Rhoads-era Quiet Riot, W.A.S.P.’s outrageousness and Crüe’s finest moments: Looking For Action is definitely the undiscovered gem of 1984, a perfect tune that deserves its place on any imaginary Greatest Hits of The Strip.

London
Those guys were absolute losers. They never got big beyond the three blocks around Gazzarri’s [an infamous nightclub on Sunset Strip], but they were also pioneers on the scene: Blackie Lawless, Izzy Stradlin, Fred Coury and even Nikki Sixx himself all passed through the ranks. They were probably most famous for being captured by Penelope Spheeris for her Decline of Western Civilization Part II: The Metal Years movie, a document that showed the bright side of fame as well as the failure. Of their three albums, 1986’s Don’t Cry Wolf is their best.

Jetboy
Jetboy were actually from San Francisco, but they ruled the Sunset Strip and were local favourites and serious mainstream hopes alongside underground competitors Poison and Guns N’ Roses. Considered unmanageable by the majors, these bad boys were named after the New York Dolls tune of the same name and embraced the legacy of Hanoi Rocks: goth, blues, and in-your-face hard-rock. Feel The Shake coulda been an AC/DC classic.

Sea Hags
Franticly seeking the next Guns N’Roses after Appetite… exploded, the major labels cannibalised themselves with fake gypsies’n’outlaws. From the Bay Area, Sea Hags should have been the golden challengers if they hadn’t been even more self-destructive than their glorious peers. Mixing Aerosmith, Dead Boys, goth, psycho and a bit of The Cult in their sleazy rock’n’roll, Sea Hags recorded one beautifully dangerous LP. At the very end of the 80’s, were there any more exciting tunes than Doghouse or Too Much T-Bone? Instead Winger and Nelson shone on Dial MTV.

Cats In Boots
What happens when two punks from Ohio meet two Japanese rockers? Cats In Boots’ album Kicked & Klawed is a jewel, an irresistible recipe built from AC/DC, Skid Row, Van Halen, Motley Crue & Guns N’ Roses. Not sure what to think about it ? Just feel the electricity run through your whole body as Shot Gun Sally plays. The rest is just pure chemical addiction.

[…]

Découvrez la suite de la sélection de Jean-Charles Desgroux sur le site du magazine Classic Rock

Jean-Charles Desgroux
Classic Rock 9 novembre 2016
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