Parution : 21/01/2016
ISBN : 9782360541911
288 pages (14,8 x 21 cm)

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Free Jazz

S’infiltrant dans nos films, nos séries, nos albums de rap et d’électro, le free jazz est de retour sur le devant de la scène.

Julien Broquet – Focus, Le Vif

Maxime Delcourt dresse en soixante portraits le paysage mondial du free jazz de 1959 à nos jours. Lorsque le 16 novembre 1959, à New York, Ornette Coleman invente le free jazz, il suscite la même panique de James Joyce en 1922 avec Ulysse. On l’accuse d’être un destructeur, un dangereux fabricant de dissonances, un imposteur. Il ouvre plutôt un éventail de possibilités insoupçonnées, invitant les jazzmen à s’affranchir des conventions et règles musicales du jazz, à dynamiter les processus musicaux et à accorder une place centrale à l’expression spontanée. C’est dans les années soixante que le free jazz afro-américain se développe parallèlement au mouvement des droits civiques. Tous les grands musiciens noirs américains participent du bouleversement et du renouveau de la société, l’expression et la forme de leur engagement variant d’une légende à l’autre : Ornette Coleman, Albert Ayler, Archie Shepp, Sun Ra, Don Cherry etc. À l’approche de mouvements contestataires en Europe, nombreuses sont les figures du free jazz qui viennent bousculer le vieux continent, apportant un modèle, une idée à détourner, à adapter. En France notamment, les associations de Brigitte Fontaine et l’Art Ensemble of Chicago ou François Tusques et Don Cherry émergent de ce creuset expérimental.

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Revue de presse

- Free jazz Philippe Renaud Improjazz Mai 2016
- Mauro Gargano, Suite en 14 rounds Alex Dutilh France Musique // Open Jazz 29 janvier 2016
- Jazz Culture : Free Jazz de Maxime Delcourt Alex Dutilh France Musique 29 janvier 2016
- Le free jazz, une musique d'intellos? Julien Broquet focus.levif.be 11 février 2016

- Free jazz

C’est en rappelant les évènements essentiels de la lutte et résistance des noirs américains pour obtenir les mêmes droits que les blancs que l’auteur situe la création du free jazz dans une longue introduction d’une trentaine de pages, en citant également les principaux ou premiers musiciens, les premiers labels (ESP), la presse et les festivals d’un mouvement de révolte qui gagnera rapidement l’Europe et principalement la France.
Ensuite Maxime Delcourt dresse une soixantaine de portraits de ces musiciens aventureux, à commencer par Charles Mindus dans cinq albums sur une période qui courre de 1956 (l’incontournable Pithecanthropus Erectus) à 1976 (Mingus à Antibes). Puis, toujours à partir de 1956, Cecil Taylor dans Jazz Advance va “emprunter les marges”. Suivent Sun Ra, Ornette Coleman, incontestable pierre angulaire du mouvement, Dolphy bien sûr, l’étonnant Jimmy Giuffre, Max Roachn George Russell et bien entendu John Coltrane. L’ordre de passage de ces musiciens est dicté par les années de production de leurs premiers pas vers une autre façon de faire du jazz, tout en militant pour une reconnaissance d’égalité à travers leur musique. Le cas de Bill Dixon est à ce point intéressant, lui qui en 1964 fondera l’éphémère Jazz Composer’s Guilde Association, pour justement défendre les musiciens d’avant-garde.
Si la majorité des portraits dressés ici concerne des musiciens noirs américains, place est cependant donnée à des musiciens français largement impliqués dans cette scène. Citons François Tusques, Siegfried Kessler, Jacques Thollot, Bernard Vitet, Jac Berrocal, Claude Delcloo, Michel Portal, Jef Gilson et le groupe Barricade. De même, bien que la free jazz ait peu concerné le pianiste et la musique d’Afrique du Sud en général, Chris McGregor est présent dans le livre, en raison sans doute de son combat contre l’apartheid et aussi par sa prestation colique dans le disque hypnotique In His Good Time (Ogun). Parmi les européens, on trouve bien évidemment Peter Brötzmann, plus hétéroclite Cornelius Cardew ou l’universel John Tchicai.
*Le cadre de ce livre est solidement posé. Et, comme toujours, dès que les frontières sont délimitées, il faut aussi sortir du cadre pour voir ce qui se passe au-delà. Mais avec free Jazz, on peut se faire une idée assez précise de ce que ces rebelles ont apporté à la musique “différente”.

Philippe Renaud
Improjazz Mai 2016

- Mauro Gargano, Suite en 14 rounds

Alex Dutilh vous parle du livre de Maxime Delcourt dans son émission “Open Jazz”. Une petite chronique qui loue la démarche de l’auteur.

Réécouter l’émission

Alex Dutilh
France Musique // Open Jazz 29 janvier 2016

- Jazz Culture : Free Jazz de Maxime Delcourt

Dans Free Jazz qui paraît aux éditions Le Mot et le Reste, Maxime Delcourt dresse en soixante portraits le paysage mondial du free jazz de 1959 à nos jours.

Lorsque le 16 novembre 1959, à New York, Ornette Coleman invente le terme free jazz, il suscite la même panique que James Joyce en 1922 avec Ulysse. On l’accuse d’être un destructeur, un dangereux fabricant de dissonances, un imposteur. En fait, il ouvre plutôt un éventail de possibilités insoupçonnées, invitant les jazzmen à s’affranchir des conventions et règles musicales du jazz, à dynamiter les processus musicaux et à accorder une place centrale à l’expression spontanée. C’est dans les années soixante que le free jazz afro-américain se développe parallèlement au mouvement des droits civiques. De nombreux grands musiciens noirs américains participent du bouleversement et du renouveau de la société, l’expression et la forme de leur engagement variant d’une légende à l’autre : Ornette Coleman, Albert Ayler, Archie Shepp, Sun Ra, Don Cherry, etc.

A l’approche des mouvements contestataires en Europe, nombreuses sont les figures du free jazz qui viennent bousculer le vieux continent, apportant un modèle, une idée à détourner, à adapter. En France notamment, les associations de Brigitte Fontaine et l’Art Ensemble of Chicago ou de François Tusques et Don Cherry émergent de ce creuset expérimental.

Retrouvez cet article sur le site de France Musique

Alex Dutilh
France Musique 29 janvier 2016

- Le free jazz, une musique d'intellos?

S’infiltrant dans nos films, nos séries, nos albums de rap et d’électro, le free jazz est de retour sur le devant de la scène. Alors qu’elle fait l’objet d’un ouvrage chez Le Mot et le Reste, zoom sur cette musique réputée d’intellos.

Le 11 juin dernier, à New York, son père, le saxophoniste Ornette Coleman, décédait d’un arrêt cardiaque à l’âge de 85 ans. Le free jazz, lui, est toujours là. Eternel incompris. Son histoire est depuis le début une affaire de malentendus. En 1961, quelques-uns des spectateurs venus assister à un Free Jazz Concert d’Ornette à Cincinnati pensent ainsi se rendre à un gig de jazz gratuit.

“J’aime appréhender le terme free jazz de manière étymologique, commence Maxime Delcourt qui vient de sortir un livre sur le sujet (Free Jazz chez Le Mot et le Reste). Le free jazz, c’est un jazz libéré de ses codes. De ses structures préétablies. Mais aussi libéré de la domination blanche. Comme beaucoup de styles musicaux, le jazz a été récupéré par les Occidentaux. Et le free, c’est une réappropriation par les Noirs de leur culture.” Caractérisé par le retour à l’improvisation collective, cette nouvelle expression artistique correspond en effet à une prise de conscience politique des musiciens afro-américains. Elle apparaît, à l’orée des sixties, dans un climat social et politique agité. La communauté black conteste, revendique et proteste. La guerre du Viêtnam bat son plein.

“Lorsque tout a commencé pour moi, c’était une période de révolution assez intense aux Etats-Unis, explique Archie Shepp à l’auteur. D’un point de vue politique, il y avait Malcolm X et Martin Luther King. D’un point de vue musical, il y avait John Coltrane, dont la pièce Alabama ne laisse que peu de doutes sur l’engagement. C’était une époque où les jeunes questionnaient l’avenir, où la plupart des délaissés étaient en quête d’actions, où le free jazz militait pour l’émancipation, le respect de tous et la déstructuration des ghettos. Je ne pouvais donc que me sentir impliqué. Le fait de combiner une démarche esthétique à un propos socio-politique était plus une nécessité qu’une envie. [...] Ça faisait partie de notre vie quotidienne. On se sentait obligés d’accompagner les mouvements sociaux, ce que ne faisaient pas les politiques. Eux, ils disparaissaient des rues une fois les élections passées.”

[...]

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Julien Broquet
focus.levif.be 11 février 2016
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