Parution : 20/06/2019
ISBN : 9782361390228
154 pages (14,8 x 21 cm)

Et les Beatles montèrent au ciel

Le concert du rooftop

La très éclectique Valentine del Moral raconte cet épisode majeur dans l’histoire de la musique moderne avec éducation, un luxe de détails, un sens certain du suspense, et pas mal d’humour…

Claude Perrier – Livres Hebdo

C’est leur dernier concert et les Beatles ne le savent pas encore. Après deux ans d’absence scénique, les Fab Four choisissent de se produire sur un toit terrasse dans un vent furibond, sans filles hystériques, devant un public clairsemé. De ce mythique concert du Rooftop donné en janvier 1969, Valentine del Moral tire un récit décalé. Elle pose un regard vif, informé, parfois drôle sur ces quarante-deux minutes de légende aux allures bibliques. Ringo y apparaît en Saint-Esprit, George en Fils, John et Paul en Pères. Les fidèles lèvent la tête, les femmes au tombeau – Yoko en tête – s’exposent. Producteurs-évangélistes, apôtres-roadies, centurions-bobbies s’unissent pour que les Beatles nés dans une Cavern de Liverpool achèvent leur carrière en montant au ciel.

Revue de presse

- Édito Jean-Claude Vantroyen Le Soir 6 juillet 2019
- Books Éric Starck Émile juin 2019
- Focus sur le livre "Et les Beatles montèrent au ciel" Michel Dufranne RTBF // La Matinale 1 juillet 2019
- Quatre garçons dans le vent glacé, sur le toit d'un immeuble Jérôme Estèbe La Tribune de Genève 28 juin 2019
- L'ascension des Beatles en plein Londres Jean-Claude Vantroyen Le Soir 29 juin 2019
- Barouf on the roof Libération 28 juin 2019
- Et les Beatles montèrent au ciel Pierre Ahnne le nouveau blog littéraire de Pierre Ahnne 24 juin 2019
- Et les Beatles montèrent au ciel Wollanup Nyctalope 20 juin 2019
- Quand les Beatles envisageaient de donner leur dernier concert en Tunisie Ayda Labassi Huffington Post 22 juin 2019
- Quatre récits à glisser dans sa valise cet été Julien Bordier L'Express 23 juin 2019
- Et les Beatles montèrent au ciel Serge Hartmann Les Dernières Nouvelles d'Alsace 24 juin 2019
- Quatre scarabées sur le toit Jean-Claude Perrier Livres Hebdo 17 mai 2019

- Édito

Yesterday m’a emballé. Ce film de Danny Boyle, où les Beatles n’existent pas mais où un artiste se souvient de toutes leurs chansons, réveille une belle nostalgie chez les gens de mon âge et sert d’excellente introduction à leur musique pour les plus jeunes. Et pousse à en savoir davantage. En lisant par exemple. En français, on ne peut manquer Revolution in the Head (Le mot et le reste), où Ian MacDonald analyse tous les titres des Beatles. Ni Ils montèrent au ciel : le rooftop concert des Beatles (même éditeur) de Valentine del Moral, qui narre le dernier concert des Beatles, le 30 janvier 1969, sur le toit de leur compagnie Apple Records (on en a parlé dans ces pages dernier).

[…]

C’est un fameux magical mystery tour !

Jean-Claude Vantroyen
Le Soir 6 juillet 2019

- Books

C’est leur dernier concert et les Beatles ne le savent pas encore. Après deux ans d’absence
scénique, ils se produisent sur un toit terrasse dans un vent furibond, sans filles
hystériques, devant un public clairsemé. De ce mythique concert du Rooftop l’auteur
tire un récit décalé. Elle pose un regard vif, informé, souvent drôle sur ces 42 minutes
aux allures christiques. Une pépite à déguster.

Éric Starck
Émile juin 2019

- Focus sur le livre "Et les Beatles montèrent au ciel"

Michel Dufranne chronique le livre de Valentine del Moral qui l’a “emporté”, dans La Matinale de La Une.

Écoutez la chronique sur le site de la RTBF

Michel Dufranne
RTBF // La Matinale 1 juillet 2019

- Quatre garçons dans le vent glacé, sur le toit d'un immeuble
Il est midi le 30 janvier 1969. Une bise assassine fouette Londres. Sur le toit de l’immeuble du 3 Savile Row, les Beatles, après trois ans d’absence scénique, entament leur tout dernier concert. Ils jouent en boucle, durant 42 minutes, une demi-douzaine de titres devant un public clairsemé autant que grelottant. Cet épisode insolite, qui donnera la matière au disque et au film «Let It Be», est entré dans la légende. Il constitue le fil rouge de «Et les Beatles montèrent au ciel», essai docte, historique et amusant de l’auteure française Valentine del Moral. Pour elle, cette ultime prestation live s’apparente à une scène biblique. Ringo, c’est le Saint-Esprit; George, le Fils; Paul et John, les Pères. Sans oublier les femmes au tombeau (coucou Yoko!), les apôtres, évangélistes, etc. Sur l’ensemble d’un bouquin, la métaphore pourrait vite tourner au barbant exercice de style. Érudite et malicieuse, la dame, qui connaît tout autant ses Beatles que les Saintes Écritures, s’en tire avec brio en zébrant son propos d’anecdotes authentiques, descriptions taquines, clins d’œil à la culture pop et allégories mythologiques. Surtout, elle parvient, sur la base de ces trois petits quarts d’heure de concert, à éclairer le crépuscule de la plus belle histoire du rock.
Jérôme Estèbe
La Tribune de Genève 28 juin 2019

- L'ascension des Beatles en plein Londres
On est le 30 janvier 1969. Les Beatles ont décidé de faire un dernier concert, quelque chose de pas ordinaire. John, Paul et Ringo, surtout Ringo, ont convaincu George. Le guitariste déteste les concerts, il a peur de ces fans en délire qui parviennent à grimper sur la scène. Mais pour ce concert-là, il n’y aura pas de fans. Rien que des techniciens qui filment et quelques amis, plus Yoko, bien sûr, et Maureen, la femme de Ringo. Le concert se donnera sur le toit de l’immeuble d’Apple, le label des Beatles, en plein Savile Road, au cœur de Londres. Paul est le premier qui y grimpe, en veste et chemise blanche. Puis Ringo en ciré rouge, John en col roulé noir sur veste brune, George enroulé dans une pelisse sans forme. Dans le film de Michael Lindsay-Hogg, qui immortalise sur pellicule les sessions de l’album Let it be, et qui a déployé ses caméras et ses câbles sur le rooftop, on entend distinctement Ringo lancer, dès son arrivée : « Quel est le meilleur moyen de s’en aller ? » Pas un sourire entre eux. Comme s’il s’agissait d’un devoir, d’un pensum. Et pourtant, quand John compte one two three four, la magie opère. Leur Get back est formidable, ça swingue, ça enthousiasme, ça fait surgir la banane. Même George esquissera un sourire. C’est ce concert, vingt minutes ou un peu plus, que Valentine del Moral raconte. Avec des tas de détails, réels ou inventés, que sais-je, sur les Beatles certes mais aussi sur les passants qui, surpris par la musique qui sort du haut de cet immeuble, lèvent la tête, s’attroupent, commentent, sur les employés des banques voisines qui grimpent sur leur toit, sur les bobbies alertés et qui ne savent comment traiter ce problème : nuisance, ordre public ou, simplement, bonne musique ? C’est déjà pas mal, cette accumulation d’anecdotes autour de ce concert exceptionnel. Mais l’autrice va plus loin. Elle en fait une histoire christique. Ce concert sur leur toit est une véritable ascension pour les quatre garçons qui, là, étaient bien dans le vent et le froid de janvier, et on devrait mettre une majuscule à ascension. Et les Beatles montèrent au ciel est une interprétation biblique des Fab Four. Avec leurs disciples, leurs miracles, leurs stigmates, leurs apôtres, leurs évangélistes et même leur Marie-Madeleine… Un récit mystique. Oh non ! Ne craignez rien de ce genre : c’est seulement une façon assez ironique de voir les choses. L’évangile selon les Beatles. Ou mieux : l’évangile des Beatles selon Valentine del Moral. C’est une bonne lecture.
Jean-Claude Vantroyen
Le Soir 29 juin 2019

- Barouf on the roof

Pour les Beatlemaniaques, le 30 janvier 1969 est marqué d’une pierre noire, même si l’événement est historique. Ce jour-là,le quatuor de Liverpool donnait son ultime concert, sur le toit de l’immeuble où se trouvaient les bureaux de sa société, Apple Corps : 42 minutes d’une performance organisée à la dernière minute et interrompue par la police londonienne. En 150 pages au ton décalé et fourmillant d’anecdotes, Valentine del Moral raconte cet improbable et incroyable concert du rooftop, dernier soubresaut d’un groupe en fin de vie qui n’avait pas encore réalisé que la séparation était inéluctable.

Lisez cette chronique sur le site de Libération

Libération 28 juin 2019

- Et les Beatles montèrent au ciel

Il fut un temps ou on était soit Beatles, soit Rolling Stones. Pop inventive et sautillante ou rock poisseux, il fallait choisir. Pour ma part, j’étais plutôt amateur du second. Quoique, en y réfléchissant, pas tout le temps : de Help à Penny Lane au moins, j’achetais tous les 45-tours.

On n’échappe jamais tout à fait aux Beatles. Et Valentine del Moral le sait bien : libraire en livres anciens, diplômée de muséologie, elle est sans doute plus consciente que quiconque du fait que les quatre garçons (garçons pour toujours, éternellement jeunes) font partie d’un indéniable patrimoine.

Leur carrière proprement dite est pourtant courte : 1962–1969. En janvier de cette dernière année, tout près de la rupture, donc, ils enregistrent leur dernier disque et tournent avec Michael Lindsay-Hogg le documentaire qui s’intitulera Let it be (1970). C’est dans ce double cadre que, le 30 du mois, ils se produisent sur le toit de l’immeuble abritant, au 3, Saville Road, à Londres, leur propre société : Apple. Concert privé, et le plus public qui soit, tous les passants des environs se trouvant contraints de lever les yeux et d’entendre une musique tonitruante tombée du ciel. Sans parler des jeunes gens travaillant dans le quartier, qui se hâtent de grimper sur les toits voisins pour profiter de « cette session d’enregistrement qui ne devait être qu’une scène de film, qui devient un concert, qui va se révéler un des épisodes majeurs de la culture pop » (1).

Valentine del Moral raconte le rooftop concert. C’est-à-dire qu’elle décrit les images enregistrées par les caméras de Lindsay-Hogg, placées sur le toit, mais aussi dans la rue, pour un micro-trottoir improvisé, et dans l’entrée de l’immeuble, où elles filmeront l’intervention de la police après 42 minutes de musique non autorisée.

[…]

Si bien que, en fin de compte, la fascination des uns et des autres, et de l’auteure elle-même, habilement interrogée, renvoie le lecteur à son propre regard. Cette histoire de musique est, au moins autant, une affaire de regard. Ce qui serait moins évident si on se cantonnait dans le reportage, auquel l’exactitude et le souci de précision exhaustive pourraient faire penser. L’écriture, cependant, nerveuse et bondissante comme la musique qu’elle évoque, suffirait à situer clairement ce petit livre dans le champ de la littérature. Quel genre ? Comédie — unités de lieu et de temps parfaites, personnages en costumes trois pièces montant se percher sur les toits, policiers un brin abrutis… ? Roman ? Les incessantes incursions dans la conscience des témoins pourraient y faire songer. Et, surtout, la mise en œuvre de thématiques structurantes, au premier rang desquelles la référence au christianisme, annoncée dès le titre, et qui prend vite des allures de métaphore filée : Paul, « ressuscité le trentième jour du mois de janvier », « revient (…) des morts » après deux ans de silence ; lui et ses trois complices constituent « une Trinité à quatre » avec Pères (Paul et John), Fils (George) et Saint-Esprit (Ringo) ; les Fab Four, montant au ciel, ne diffèrent pas « en cela (…) de Jésus, l’Agneau de Dieu qui, par son sacrifice, sauve (…) l’humanité » ; la foule qui s’agglutine dans la rue, « comme la multitude qui accompagnait Jésus sur les bords du lac de Tibériade, (…) attend inconsciemment un miracle. Une multiplication des pains ou un truc du genre ».

… Ou comment reprendre les mots d’une très vieille histoire pour dire la naissance d’une ferveur qui est aussi une des formes les plus caractéristiques de notre modernité.

Lisez toute la chronique en ligne

Pierre Ahnne
le nouveau blog littéraire de Pierre Ahnne 24 juin 2019

- Et les Beatles montèrent au ciel

“ C’est leur dernier concert et les Beatles ne le savent pas encore. Après deux ans d’absence scénique, les Fab Four choisissent de se produire sur un toit terrasse dans un vent furibond, sans filles hystériques, devant un public clairsemé.”

le 30 janvier 1969, à Londres, sur le toit de l’immeuble abritant leur maison de disques, les Beatles jouent un concert, enfin pour être plus proche de la vérité que nous raconte Valentine Del Moral, ils se font filmer pour mettre un terme à leur nouveau film “ Let it be” qui illustrera l’album éponyme à venir. Depuis un concert houleux à San Francisco fin 66, le groupe, fatigué de terminer les concerts à moitié à poil, les oreilles saignant sous les hurlements des groupies n’est plus remonté au front. Les plus grands rockers du début des 60’s sont devenus les icônes de la pop mais ont perdu de leur fureur primitive, obladi oblada…

Les Beatles ne sont plus un groupe mais ce matin là, quatre garçons dans le vent de janvier faisant de la promo, tout heureux de se retrouver tous les quatre après les tentatives de départ de Ringo Starr ou de George Harrison, la mort supposée de Paulo et les guerres d’égo entre ce dernier et Jésus Lennon. Tournant aux amphets à leurs débuts à Hambourg, ils ont depuis découvert et adopté la marijuana avec Dylan, le LSD avec leur dentiste, la coke, l’héro et Yoko Ono et tout cela, a laissé des traces. C’est cet événement que U2 n’a nullement inventé dans son clip “where the streets have no name” que nous raconte avec intelligence et beaucoup de malice Valentine del Moral.

[…]

Le concert n’est pas fameux, déconnecté de la réalité d’un groupe de rock de l’époque, pas un des sommets de la carrière des Quatre de Liverpool mais intelligemment, brillamment, l’auteure en fait une des pierres angulaires d’un mythe qu’elle construit habilement et qu’elle déconstruit tout aussi allègrement.

A savourer “while my guitar gently weeps”.

Lire la totalité de l’article sur Nyctalope

Wollanup
Nyctalope 20 juin 2019

- Quand les Beatles envisageaient de donner leur dernier concert en Tunisie

Les Beatles auraient envisagé de donner leur dernier concert en Tunisie, au sein de L’Amphithéâtre antique d’El Djem.
Dans son livre, “Et les Beatles montèrent au ciel”, la journaliste Valentine Del Moral relate, minute par minute, l’histoire du dernier concert des Beatles, son avant et son après, dans un récit décalé.

Le 30 janvier 1969, après deux ans d’absence, les Beatles donnent leur dernier concert, avant leur séparation en 1970. Le concert du Rooftop, un concert mythique. “Ils se produisent sur un toit terrasse dans un vent furibond, sans filles hystériques, devant un public clairsemé”, décrit le résumé. C’était dans un froid glacial, sur le toit de l’immeuble abritant leur maison de disque. “Ringo y apparaît en Saint-Esprit, George en Fils, John et Paul en Pères”. 42 minutes, cinq titres en boucle : Get back, Don’t let me down, I’ve got a feeling, One after 909, Dig a Pony.

Les Beatles sont interrormpus par la police, à cause de plaintes du bruit et des problèmes de circulation. Oui, on se demande aussi comment ont-ils osé ces agents !

Pour revenir au livre, Valentine Del Moral y reconstruit les événements et les dialogues, comme si elle y était. Un voyage dans le temps qu’elle partage avec ses lecteurs.

Les Beatles, en Tunisie ?
Avant de monter sur ce toit, les Beatles auraient envisagé de donner ce concert en Tunisie, au sein de L’Amphitéâtre antique d’El Djem. Nova Book enregistre cet extrait (retranscris ci-dessous).

[…]

Retrouvez toute la chronique sur le Huffpost Maghreb

Ayda Labassi
Huffington Post 22 juin 2019

- Quatre récits à glisser dans sa valise cet été

Quarante-deux minutes. C’est la durée exacte du concert d’adieu que les Beatles donnent ce 30 janvier 1969, à midi, sur le toit de l’immeuble de leur compagnie Apple Corps, au 3 Savile Row, avant d’être interrompus par les bobbies. Les quatre garçons dans le vent de Londres – l’hiver anglais est plutôt frisquet – ont le temps de jouer neuf prises de cinq chansons. Qui a eu l’idée de ce happening aérien, loin de l’hystérie collective qui accompagnait les sorties des Fab Four quand ils arpentaient encore les scènes du monde ? On ne sait plus très bien. Peu importe. John, Paul, George et Ringo sont là, prêts à jouer devant la caméra de Michael Lindsay-Hogg.

Depuis le début de l’enregistrement de Let It Be, le réalisateur capte l’ambiance délétère qui règne au sein des Beatles. L’album donnera son nom au film, sorti en 1970, témoin de l’agonie du plus grand groupe du monde. Valentine del Moral raconte ce chant du cygne en plein air dans ses moindres détails, à partir d’une étude scrupuleuse des plans tournés à l’époque – le réalisateur Peter Jackson prépare un nouveau montage à partir des 55 heures de rushs de Let it Be. Ce véritable tour de force littéraire s’accompagne d’arrêts sur images informatifs et malicieux qui éclairent cette Ascension et filent la métaphore religieuse. Les Beatles étant plus populaires que Jésus, dixit saint John Lennon, ils devaient bien eux aussi monter au ciel.

Retrouvez cette chronique sur le site de L’Express

Julien Bordier
L'Express 23 juin 2019

- Et les Beatles montèrent au ciel

Par un froid de canard, le 30 janvier 1969, les Beatles firent une dernière apparition sur le
toit de leur label, à Londres. Avant de tirer leur révérence et « monter au ciel », raconte
Valentine del Moral qui fait de ce fameux concert du rooftop un récit christique.

Lassés par l’hystérie collective qui entourait chacun de leur concert, les Beatles ne s’étaient plus
produits en public depuis le 29 août 1966 à San Francisco, bouclant alors une tournée américaine éprouvante. Trois bonnes années plus tard, George Harrison, l’esprit désormais empli de la sagesse du Bouddha, demeurait le plus réfractaire à tout projet consistant à monter sur scène et à affronter la horde des fans. L’idée refit pourtant surface à la faveur du film que Michael Lindsay-Hogg consacrait au making off de l’album Let it be , initialement appelé Get back. Aux séances d’enregistrement, il jugea bon d’ajouter quelques prises dans lesquelles les Fab Four joueraient ailleurs qu’en studio. Mais où ? Comment concilier concert et absence de tout public ? Pour McCartney, la bonne solution était celle d’un naughty concert (un concert canaille). Les idées fusent : Lennon propose un asile de fous, Ringo la cathédrale de Liverpool (on peut rêver mieux comme plan canaille) quand McCartney la joue charitable avec un orphelinat et que Yoko Ono, vrai faux cinquième membre des Beatles, en artiste conceptuel, propose un concert devant des sièges vides symbolisant «tous les gens de la terre».

[…]

De ce cultissime concert du rooftop, dernière apparition « publique » des Beatles avant l’implosion finale, Valentine del Moral fait le récit christique dans son passionnant Et les Beatles montèrent au ciel. On y voit un groupe quasi déifié planétairement effectuer son Ascension sous le regard de l’Évangéliste Lindsay-Hogg. Une Ascension-Apothéose tant les Beatles alignent des titres puissants dont ce Get back entêtant qui aurait dû donner son titre à l’album avant que Let it be, à la solennelle mélodie, ne l’emporte. Si tel saint Thomas, il fallait voir pour croire, avec les images du rooftop, les fans des Beatles. n’avaient plus aucun doute sur la divinité rock dont étaient nimbées leurs idoles.

Retrouvez toute la chronique sur le site des DNA

Serge Hartmann
Les Dernières Nouvelles d'Alsace 24 juin 2019

- Quatre scarabées sur le toit

Le 30 janvier 1969, à l’heure du déjeuner, il faisait à Londres un vrai temps de chien. Froid, pluie, et un résidu de smog dissipé par un vent à recoiffer un hippie. Pourtant, sur le rooftop du siège de leur compagnie, Apple, au 3, Savile Row, Mayfair, La Mecque des tailleurs, les Beatles, Paul, Ringo, George et John, s’installent et commencent à jouer et à chanter, en plein air, sans public ou presque, juste quelques intimes, leurs femmes {Pattie Harrison, Yoko Ono, Maureen Starr, mais pas Linda McCartney, enceinte), et leurs collaborateurs, accompagnés du pianiste Billy Preston, un de leurs complices « d’appoint», comme Eric Clapton. C’est George Harrison, pourtant réputé cool, qui avait imposé cette idée, après bien des propositions extravagantes. Exténué par toutes ces années marathon de disques et de shows, toutes ces fans hystériques, il était devenu agoraphobe, et avait même refusé que le groupe s’approche du bord de la toiture, afin de saluer les quelques Londoniens, qui, d’en bas, avaient fini par comprendre ce qui se passait, et, à défaut de voir, écoutaient. Quelques petits futés, travaillant alentour, étaient montés sur les toits de leurs propres bureaux, et ont pu assister, de loin, au spectacle. Unique, mythique, culte.

[…]

La très éclectique Valentine del Moral raconte cet épisode majeur dans l’histoire de la musique moderne avec érudition, un luxe de détails, un sens certain du suspense, et pas mal d’humour, dans un style assez “rock critic”, comme si elle y avait assisté, et nous avec elle. Tout au long du livre, elle établit des parallèles entre cette « Ascension » des Beatles (« plus populaires que Jésus », avait fanfaronné imprudemment Lennon dans une interview, en mars 1966) et des épisodes des Evangiles concernant le Christ. Un peu tiré par les cheveux parfois, mais original, et il est vrai qu’il est beaucoup question de religion dans les paroles des chansons des Beatles. Let it be, par exemple.

Jean-Claude Perrier
Livres Hebdo 17 mai 2019
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