Parution : 18/02/2021
ISBN : 9782361396770
300 pages (14,8 x 21 cm)

Eric Clapton

blues power

Cinquante ans de carrière remis en perspective dans la seule biographie française disponible.
Au même titre que Jimi Hendrix, Jeff Beck ou Jimmy Page, Eric Clapton a marqué l’histoire
du rock en tant que guitariste, d’abord avec les Yardbirds puis avec John Mayall et surtout
chez Cream, au sein duquel il grave ses premiers classiques et repousse les limites de la guitare blues. En 1974, il rencontre un énorme succès avec l’album 461 Ocean Boulevard, notamment grâce sa reprise de « I Shot The Sheriff ». Ce disque marque le début d’une carrière prolifique et inégale, une période marquée par des succès populaires comme « Cocaine », « Tears in Heaven » « Layla » mais aussi par un alcoolisme destructeur. Jean-Sylvain Cabot retrace la carrière de ce musicien de génie, remontant une discographie qui s’étoffe encore de nos jours, émaillée de coups durs qui ne l’empêchent pas de se renouveler et de revenir sur le devant de la scène, décennie après décennie.

Revue de presse

- Eric Clapton, Blues power Sylvain Bonnet Boojum 26 février 2021
- Eric Clapton, Blues Power Frédéric Augé Ballad into blues, rock and folk of the seventies 22 février 2021
- Eric Clapton, une vie en Blues Alexandre Alvarez Le Suricate Magazine 19 février 2021

- Eric Clapton, Blues power

Du Hard-rock à Clapton
Ancien journaliste à Rock&Folk, spécialiste du hard-rock auquel il a consacré deux ouvrages aux Éditions Le mot et le reste — Hard & Heavy sonic attack (1968–1978) en 2009 et Hard & Heavy Zero Tolerance for Silence (1978–2010) en 2010 —, Jean-Sylvain Cabot propose ici de revenir sur l’itinéraire de Slowhand alias Eric Clapton, premier Guitar Hero de l’histoire du rock. À travers son histoire, cinquante années de rock défile sous nos yeux.

L’âge d’or du rock
La lecture de Eric Clapton blues power permet de constater une évidence : tout fan de rock a quelque chose de Clapton en lui. Des Yardbirds en passant à ses albums en solo, de For Your Love à Layla, Clapton a habité le rock et ses métamorphoses. Soliste de blues, il refuse le virage pop des Yardbirds et part chez John Mayall : cela ne l’empêchera pas de fonder Cream, groupe majeur mais surfait de pop psychédélique qui fait de lui une méga star.

Ami de George Harrison, il joue le magnifique solo de While My Guitar Gently Weeps sur l’album blanc en 1968. Et il tombe fou amoureux de Patti, la femme de George, à qui il consacrera la chanson Layla (elle avait déjà inspiré Something à Harrison : quelle femme !).

Entre rock pépère et fulgurances
Guitariste surdoué, Clapton est pourtant un songwriter moyen, capable au mieux de jolies ritournelles (Wonderful tonight). Il aime donc puiser dans le répertoire des autres (I shot The Sheriff de Marley, After Midnight et Cocaine de J.J. Cale) et a constamment besoin de quelqu’un avec lui à qui se référer ou se mesurer : George Harrison, Duane Allman sur Layla, Delaney Bramlett, etc. Malgré son alcoolisme, ses albums des années 70 sont très sympathiques mais Clapton y répugne à jouer des solos, à être le dieu de la guitare qu’il était une décennie auparavant. Dans les années 80 il gagne beaucoup d’argent avec des albums… qu’on va oublier.

Son Unplugged et la chanson Tears In Heaven achèvent de faire de lui un mythe vivant. Il livrera ensuite des albums de blues (l’excellent Me & Mr Johnson), de pop, subira les influences de l’électro. Clapton, âgé, ne prend plus de risques depuis longtemps mais sa constance finit par être attachante. Il restera en tout cas à jamais l’homme de Layla, chanson et album.

Une chronique à retrouver sur Boojum

Sylvain Bonnet
Boojum 26 février 2021

- Eric Clapton, Blues Power

Si les annonces de sorties discographiques ont été annoncées sur ce blog la semaine dernière au fur et à mesure de la communication des maisons de disques, la principale actualité des derniers jours est marquée par la parution de l’excellente biographie de Jean- Sylvain Cabot consacrée à Eric Clapton et intitulée « Blues Power ».

Je vois et entends déjà les sceptiques et les pisse-vinaigres habituels. Une biographie de plus sur Clapton, nous savons déjà tout de lui, donc une de plus ou de moins, aucun intérêt. Eh bien, contrairement à ce que certains pourraient croire, cet ouvrage mérite incontestablement d’être mis à l’honneur, tellement il est bien construit et passionnant de bout en bout. La meilleure preuve étant que ses 300 pages le composant ont été dévorées en 24 heures par votre serviteur. Mais au-delà de cette anecdote, attardons-nous un peu sur ses atouts.

Le premier est tout simplement qu’il est rédigé en Français et non traduit de l’Anglais, ce qui, à ma connaissance, est une véritable nouveauté concernant les livres sur Eric Clapton, si l’on excepte l’ouvrage de David Perrault « Eric Clapton, la vie en blues » (sorti en 2003). Ensuite la maitrise du sujet par l’auteur est évidente (je n’ai relevé aucune erreur ou omission significative). Mais c’est surtout la manière dont est construit l’ouvrage qui interpelle favorablement, même si certaines et certains d’entre vous seront peut- être un peu décontenancés au début de sa lecture. La vie de notre guitariste nous est contée à partir de sa discographie et de son état psychologique et physique du moment, ce qui présente l’immense mérite d’afficher cohérence et clarté.

Autre détail fort agréable et méritant d’être souligné, c’est essentiellement la partie musicale de la vie d’Eric Clapton qui nous est relatée en détail. L’auteur n’accorde que peu de place à son enfance et à ses histoires sentimentales et au contraire fait preuve d’une remarquable précision sur les musiciens l’ayant accompagné tout au long de sa carrière et sur son environnement musical, ce qui, vous en conviendrez certainement avec moi, est le plus important. Cependant, ce livre n’élude pas totalement les problèmes de drogues, d’alcools et sentimentaux de notre guitariste tout au long de sa vie, mais il n’en fait pas son axe central qui reste la musique sur les 300 pages, même si certaines périodes auraient mérité un traitement plus approfondi (Mayall).

Enfin et ceci est certainement, à mes yeux, le principal atout de ce bel ouvrage, l’auteur fait preuve à chaque instant d’une objectivité remarquable, n’hésitant pas à qualifier comme il se doit les « August », « Pilgrim » et « Happy Xmas » qui lui possède en plus la particularité (je cite) » de donner l’envie de se pendre ». [...] Un tel sens de l’objectivité est suffisamment rare dans une biographie pour être mentionné et salué.

Avec « Blues Power », Jean- Sylvain Cabot signe un passionnant ouvrage, qui certes ne bouleversera pas le savoir des « Claptoniens » purs et durs, mais qui comblera un très large public par son style, son objectivité et sa conception. Bravo à lui.

Une chronique à retrouver sur Ballad into blues, rock and folk of the seventies

Frédéric Augé
Ballad into blues, rock and folk of the seventies 22 février 2021

- Eric Clapton, une vie en Blues

Parmi les rares musiciens encore en activité passé la septantaine, Eric Clapton continue sa carrière en toute discrétion. Auteur d’une quarantaine d’albums studio réalisés en solo ou au sein de groupes mythiques comme les Yardbirds, Cream, John Mayall & the Bluesbreakers, Delaney & Bonnie, Blind Faith ou Derek & the Dominos, le légendaire guitariste a derrière lui une carrière s’étendant sur près de soixante années.

Peut-être en raison de la relative discrétion de l’artiste, il existe pourtant assez peu de livres lui étant consacrés. C’est ainsi que cette nouvelle publication signée Jean-Sylvain Cabot est la bienvenue. D’autant qu’elle constitue un objet réellement intéressant !

Si, dans un premier temps, on pourra être étonné par la structure du livre qui prend la forme d’un passage en revue chronologique de chacun des albums de l’artiste, il s’agit d’une excellente idée. Car si cette apparence brut peut décontenancer, c’est justement l’une des meilleures façons d’aborder la vie et la carrière d’Eric Clapton. Ou du moins une façon encore peu exploitée jusqu’ici.

Car le musicien aura connu quantité de hauts et de bas au cours de sa carrière, évènements devant toujours être mis en parallèle avec sa production musicale et ses rencontres. Ses addictions à la drogue dans les années 70 auront mené George Harrison à l’inviter au Concert for Bangladesh (1971), tandis que Pete Townshend aura organisé pour lui le Rainbow Concert (1973).

À la fin des années 80, c’était l’alcool qui l’entraînait vers le fond, et Phil Collins produit pour lui les albums Behind the Sun (1985) et August (1986). Tandis que la mort de son fils Conor en 1991 l’aura mené à trouver une paix intérieure transpirant dans le célèbre Unplugged (1992), gratifié de six Emmy Awards.

Ainsi, l’approche de Jean-Sylvain Cabot permettra de redécouvrir chaque album d’Eric Clapton au travers du prisme de son état d’esprit ou de santé à différents moments de sa vie.

Mais l’auteur ne s’arrête pas là, parvenant à intercaler dans sa narration toutes sortes d’éléments hautement intéressants comme le départ de l’artiste des Yardbirds, sa participation au film Tommy (1969) des Who, ses cures de désintoxication, son dérapage raciste en 1976 ou encore Turn up Down, son album inédit de 1980.

Dans son entreprise, Jean-Sylvain Cabot n’oubliera que peu de choses.

Pour chercher la petite bête et en lien avec la récente disparition de Sean Connery, on regrettera de ne pas trouver mention du film Circasia, dans lequel ce dernier apparaissait aux côtés d’Eric Clapton, John Huston, Richard Harris, Shirley MacLaine et Burgess Meredith, pour un court métrage réalisé en 1975 au profit de la Central Remedial Clinic et du Variety Club of Ireland.[...]

Au-delà de cela, l’auteur parviendra à prendre suffisamment de distance par rapport à son sujet d’étude, chose peu évidente si l’on suppose qu’on n’écrit pas 300 pages sur un artiste que l’on détesterait. Ainsi, malgré la sympathie que J.-S. Cabot porte à Eric Clapton, il parvient à maintenir son objectivité, allant jusqu’à rappeler qu’une des chansons de l’artiste évoque plutôt l’envie de se pendre que la magie de Noël, ou qu’à sa sortie des Yardbirds, Clapton se prenait bien trop au sérieux, pétri d’un flagrant complexe de supériorité. Eric Clapton Blues Power n’est ainsi pas dénué d’humour ou de distance critique.

En résumé, voilà un livre qui parvient à replacer chacun des albums d’Eric Clapton dans son contexte, mettant ainsi en parallèle la vie de l’artiste avec la musique qui l’aura toujours sauvé. S’il y manque quelques rares anecdotes amusantes ou méconnues, Blues Power n’en reste pas moins une production réellement intéressante. On regrettera presque qu’aucun lexique ne soit intégré au livre, permettant de rapidement retrouver un personnage ou une information, tant l’ouvrage est riche.

Une chronique à retrouver sur Le Suricate magazine

Alexandre Alvarez
Le Suricate Magazine 19 février 2021
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