Parution : 19/05/2016
ISBN : 9782360542048
208 pages (148 x 210)

21.00 €

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Electrosound

Machines, musiques & cultures

Electrosound est le catalogue de l’exposition qui sera présentée à l’Espace Fondation EDF à Paris, du 25 mai au 1er octobre 2016.

Publié à l’occasion de l’exposition Electrosound organisée à Paris à l’Espace Fondation EDF, Electrosound, le livre, à la fois catalogue et ouvrage historique de référence, se consacre à l’évolution, aux usages, aux courants et aux esthétiques de la musique électronique. Tout comme l’exposition, il balaie un large spectre des musiques électroniques, allant de 1945 à nos jours, des pionniers et chercheurs de l’après-guerre jusqu’au triomphe actuel et populaire de l’electro. À travers le prisme des instruments ou des technologies comme le home-studio, les premiers sampleurs, les synthétiseurs Moog, le MIDI, le logiciel Ableton Live, les firmes Roland ou EMS, le circuit-bending et le do it yourself, sans oublier les dernières recherches en matière de spatialisation et de traitement du son, les textes du catalogue évoquent la manière dont chacun de ces outils se révèle emblématique d’une époque, d’une esthétique, d’un contexte sociotechnique, de la pratique des artistes et des ingénieurs qui ont façonné la musique électronique du XXe et XXIe siècle.
Richement illustré en photos d’époques et en encadrés, le livre comporte par ailleurs de nombreux témoignages, citations et entretiens d’artistes comme Jean-Michel Jarre ou Kraftwerk.

• Commissaires de l’exposition :
Jean-Louis Frechin et Uros Petrevski (Nodesign)
• Commissaire associé : Jean-Yves Leloup
• Graphisme : Encore
• Auteurs : Mark Brend, RolandCahen, Éric Deshayes, Jean-Louis Frechin, Mathieu Guillien, David Korn, Olivier Lamm, Jean-Yves Leloup, François Pachet, Uros Petrevski, Jean-Philippe Renoult, David Toop

Revue de presse

Entretien – L'émergence des musiques électroniques en France selon Jean-Yves Leloup Nonfiction.fr 3 février 2017
- Comment la musique électronique est passée des laboratoires de recherche aux clubs Yann Perreau Les Inrockuptibles 29 septembre 2016
- Machines, vocodeur et autres synthétiseurs Matthieu Conquet France Culture // Continent Musiques 24 septembre 2016
- Electrosound Arnaud Devillard Sciences et avenir Août 2016
- Jean-Yves Leloup est l'invité de La Matinale Nicolas Herbeaux LCI // L'invité de La Matinale 7 août 2016
- Les livres de juillet François Girodineau Silence Is Sexy 4 juillet 2016
- Interview de Jean-Yves Leloup Mélanie Bauer France Inter // Back To Back 1 août 2016
- Electro : déjà la rétro ! Judicaël Lavrador Beaux-Arts Magazine Juin 2016
- L'euphorie électro Connaissances des Arts Juillet - Août 2016
- Interview - Jean-Yves Leloup : 25 ans à coucher sur le papier la musique de vos nuits blanches Ingrid Luquet-Gad Les Inrockuptibles 23 juin 2016
- Notre sélection de lectures musicales pour l'été Ellen Ichters RTS // pl3in le poste 27 juin 2016
- Des sons et du sens Olivier Pernot Trax Juin 2016

Entretien – L'émergence des musiques électroniques en France selon Jean-Yves Leloup

À l’occasion de l’exposition « Electrosound, du lab au dancefloor » de la Fondation EDF qui s’est déroulée du 25 mai au 2 octobre 2016, Jean-Yves Leloup, commissaire associé, journaliste culturel des musiques électroniques et auteur de Musique Non Stop : pop mutations & révolution techno (Le Mot et Le Reste, 2015), a répondu à nos questions à propos des mutations électroniques dans la musique.

Spécialiste du genre, ses réflexions portent largement, en plus de la problématique spécifique de la mise en exposition, sur l’histoire des musiques électroniques à travers les contextes technique, économique, géographique, social et culturel. Autant de portes d’entrée qui animeront par ailleurs des chroniques et des recensions sur Nonfiction.fr pour comprendre et interroger « l’électro ».
En partenariat notamment avec Ascidiacea, collectif actif sur les scènes artistiques et médiatiques de la création sonore et numérique, et le comité de l’Ethnomusicology Review de l’UCLA (USA), nous chercherons à appréhender cet objet spécifique, actuel et encore assez peu étudié : la musique électronique.
Pierre angulaire d’un projet qui vous accompagnera pendant plusieurs mois, cet entretien vidéo avec Jean-Yves Leloup apporte de nombreuses pistes de réflexion sur l’apparition, les mutations et la démocratisation des musiques électroniques.

Découvrez la video de l’entretien de J-Y. Leloup ici

Nonfiction.fr 3 février 2017

- Comment la musique électronique est passée des laboratoires de recherche aux clubs

Une exposition et deux livres retracent l’histoire fascinante des musiques électroniques, des “laboratoires” et de la “musique des bruits” des défricheurs des années 1920 aux dancefloors d’aujourd’hui. Une contre-culture qui a su s’imposer comme le genre musical désormais le plus populaire auprès des jeunes. Essentiel.

En cet après-midi de fin septembre, une foule peu commune, pour un lieu d’art contemporain, déambule dans l’espace de la fondation EDF. Collégiens, lycéens, étudiants et même des enfants de 8–10 ans. Si certains sont probablement en sortie de classe, la plupart sont ici de leur plein gré. Il faut dire que le sujet de l’expo a de quoi intéresser la nouvelle génération: selon une enquête de France Musique, la musique électronique est devenue le genre musical le plus écouté des 15— 24 ans. Une popularité liée à la révolution du numérique certes, mais aussi à la facilité d’accès et de création désormais, avec tout type d’engin électronique, à commencer par le téléphone portable.

« Ce mec devait se demander à l’époque : est-ce qu’un jour on se souviendra de moi ? » s’amuse une adolescente qui observe une ondioline cet instrument en bois, à clavier, inventé en 1940 en France, qui utilise un système de tube à vide, nous dit le cartel. L’exposition est passionnante, qui fait découvrir ces instruments extraordinaires, la plupart d’entre eux disparus de la circulation ou oubliés car obsolètes, à la fois bijoux de technologie, de lutherie, d’innovation et d’inventivité. Exposées ici comme des œuvres d’art à part entière, ces machines façonnèrent l’histoire du genre pour se confondre au fur et à mesure avec la musique elle-même, reprenant le rêve technologique de Marshall Mc Luhan, le medium est le message. Des fondations, le Thérémine inventé par le russe Lev Termen en 1920, instrument à vent permettant, en bougeant ses mains, de jouer avec l’air comme s’il s’agissait des cordes d’une harpe, jusqu’à la révolution contemporaine du home-studio en passant par le Atari ST des années quatre vingt qui proposa les premiers logiciels de MAO Musique Assistée par Ordinateur, c’est toute l’histoire d’un mouvement, avec ses schisme et son esthétique, qui est ici retracée. Une formidable aventure humaine, technologique et musicale où prédominent les principes d’audace, de créativité et de fun, car il s’est toujours s’agit, avant tout, de s’amuser (et de danser). Certes les pionniers visionnaires en costume-cravate ont des regards sérieux, mais de leurs photos se transmet ce « plaisir de laboratoire », comme le dit joliment l’un des commissaires de l’exposition, Jean -Yves Leloup. Des groupes les plus connus aux défricheurs oubliés par l’Histoire, les principaux acteurs de cette révolution toujours en marche ponctuent le parcours. On comprend ainsi comment cette musique, d’abord savante et expérimentale, a pénétré peu à peu la culture populaire jusqu’aux quidams mixant désormais sur leurs portables des sons qu’ils téléchargent sur des groupes Facebook. Au sol, une frise historique rappelle, année par année, les événements qui jalonnent cette histoire, dressant un parallèle entre les engins électroniques exposés et ce qui se passe dans la culture mainstream. Car l’un influe sur l’autre, la musique captant le zeitgeist de son époque, les révolutions technologiques influençant, en échange, celle-ci.

Au premier étage, dans un espace intitulé « Atelier », on peut expérimenter soi-même les instruments phares de l’électro– synthétiseur, séquenceur, vocodeur. Certains pianotent sur un Mini-Moog de 1972, d’autres s’éclatent sur une boite à rythmes TR808 de 1984. D’autres encore se sont emparés du Collective Loop, une forme de séquenceur circulaire auquel on peut jouer avec son I-phone. Une gigantesque salle de jeu où l’on redevient un enfant, ébahi face aux machines, robots accessibles et sensuelles, expérience presque magique qui donne envie de s’y mettre, de bricoler, d’inventer des sons. Au sous-sol, une chambre obscure reproduit l’atmosphère du club – amplis de toutes tailles au mur, boule disco au dessus de la tête, et une grande platine devant soi. Turntabling et V-Jing sur 33 tour : chacun est invité, d’un coup de main, à faire apparaître l’un des clips d’une centaine de noms de référence du mouvement. L’exposition se clôt en beauté avec les photos de Jacob Khrist, qui documente depuis six ans cette scène festive électro parisienne en pleine effervescence. On pénètre avec lui dans ces lieux industriels, usines désaffectées, interzones, squats, etc. « En quête de sons » s’intitule ce travail remarquable, d’autant plus frappant qu’on le découvre en silence. Des clichés d’anonymes s’oubliant au rythme de la musique, les yeux fermés, en communion avec le DJ, insouciants de leur apparence. Mouvements de corps, cannettes de bière, sourires ; joie, ferveur, charme brut d’une jeunesse résolument acquise à la cause de l’électro. Impression de replonger dans l’atmosphère unique des premières raves des nineties, comme si rien n’avait (trop) changé. La jeunesse ne vieillit pas, comme la musique qu’elle écoute : elle se métamorphose. La boucle est bouclée.

Si l’exposition se termine dans quelques jours, deux livres viennent compléter la réflexion, et l’expérience. Electrosound d’abord, le catalogue de l’expo ouvrage aussi instructif qu’accessible sur le thème. Et, dans un autre registre, la bande dessinée culte Le chant de la machine, de David Blot et Mathias Cousin. Initialement publié en 2000, cette réédition replonge, dans un style délicieusement old school à la Robert Crumb, aux tous débuts de l’aventure à laquelle participa activement David, pilier de radio Nova et initiateur, avec d’autres, des mythiques soirées Respect du Queen en 1996. Ce n’est pas pour rien que les Daft Punk lui rendent hommage, en préface de l’album. A noter enfin : un programme spécial Nuit Blanche ce samedi à l’espace Fondation EDF (plus d’infos dessous).

Lire l’article sur le site des Inrocks

Yann Perreau
Les Inrockuptibles 29 septembre 2016

- Machines, vocodeur et autres synthétiseurs

Histoire(s) de l’expérience et du son, avec la compositrice Emmanuelle Gibello et une visite guidée au cœur de l’exposition Electrosound, du lab au dancefloor à la Fondation EDF, avec son co-commissaire Jean-Yves Leloup et le musicien Jonathan Fitoussi.

Passé, présent et futur de la musique électronique avec en première partie d’émission, déambulation au cœur des machines et de l’évolution de l’électro à l’exposition Electrosound, du lab au dancefloor à la Fondation EDF (à voir jusqu’au 2 octobre) avec le co-commissaire Jean-Yves Leloup, journaliste et auteur notamment de Digital Magma : de l’utopie des raves parties à la génération mp3 (éd. Le Mot et le Reste) et le musicien et expérimentateur Jonathan Fitoussi. Du Thérémine par Clara Rockmore au synthétiseur Buchla, en passant le Oramics Graphic Sound créé par Daphne Oram, une des pionnières de l’électro jusqu’au vocodeur utilisé par Kraftwerk, Continent Musiques explore tout un pan de l’histoire musicale, au gré des inventions sonores et matérielles.

Réécouter l’émission de Matthieu Conquet sur le site de France Culture

Matthieu Conquet
France Culture // Continent Musiques 24 septembre 2016

- Electrosound
Ce livre accompagne une exposition éponyme sur la musique électronique qui se tient à Paris, jusqu’au 2 octobre. Mais il en est bien plus que le simple catalogue. C’est une aventure technologique et artistique qui est racontée là, entre analyses, anecdotes, interviews. Passionnant.
Arnaud Devillard
Sciences et avenir Août 2016

- Jean-Yves Leloup est l'invité de La Matinale

Jean-Yves Leloup était l’invité de La Matinale sur LCI pour parler de l’exposition Electrosound et du catalogue attenant.

Pour revoir l’interview de Jean-Yves Leloup c’est ICI

Nicolas Herbeaux
LCI // L'invité de La Matinale 7 août 2016

- Les livres de juillet

Nous connaissons déjà le journaliste J-Y Leloup pour son travail remarquable sur la musique électronique depuis plus de vingt ans (lire notre interview). On le découvre désormais curateur pour la Fondation EDF, qui organise une exposition sur le sujet depuis le 25 mai dernier, et qu’on pourra encore voir jusqu’au 2 octobre, rue Récamier dans le 7ème arrondissement à Paris. Montrer l’immatériel, voilà un défi que Leloup a su relever haut la main. Il propose néanmoins ce catalogue édité avec le concours du Mot et le Reste pour approfondir son approche. Mais il s’agit en fait ici d’un véritable ouvrage qui offrira aux néophytes comme aux connaisseurs une bonne occasion de faire le tour de la question. Passionnant, Electrosound propose d’abord une écriture à plusieurs mains et sous différents formats (articles, interviews, illustrations) qui retrace l’histoire de la musique électroniques en cinq volets, de ses balbutiements avant guerre jusqu’à 2016. On lira des entrées sur une sélection de techniques, d’instruments, de courants et d’artistes qui ont tous su marquer de leur emprunte un genre aujourd’hui au cœur de la création musicale contemporaine.

Retrouvez les livres de juillet sur Silence Is Sexy

François Girodineau
Silence Is Sexy 4 juillet 2016

- Interview de Jean-Yves Leloup

Le journaliste Jean-Yves Leloup est notre premier invité cette semaine

De la musique électronique plein les poches, il vient nous parler de l’exposition “Electrosound, du lab au dancefloor” présentée à la fondation EDF jusqu’au 2 octobre 2016.

Au programme :

Le titre pour faire aimer la musique éléctronique à ta mamie

Jean-Yves Leloup a choisi ‘Avril 14th _- _Vanessa Wagner & Murcof
Mélanie a répondu ‘Space – Magic Fly’

Le titre utopie des rave parties

Jean-Yves Leloup a choisi ‘Papua New Guinea – The Future Sound Of London’
Mélanie a répondu ‘808 state – Pacific State’

Titre Invité : Radiomentale

Un titre au croisement de l’art et de la musique

Mélanie a choisi ‘Jukebox babe – Alan Vega’
Jean-Yves Leloup a répondu ‘Same Time Tomorrow – Laurie Anderson’

Un titre qui magnifie l’image

Mélanie a choisi ‘Ping pong song – Shawn Lee’s Ping Pong Orchestra’
Jean-Yves Leloup a répondu ‘The Park – François-Eudes Chanfrault’

Titre Inter : Canopée – Polo et Pan

Réécouter l’émission sur le site de France Inter

Mélanie Bauer
France Inter // Back To Back 1 août 2016

- Electro : déjà la rétro !

De Chicago à Berlin, l’épopée d’un art musical total

Derrière les platines ou devant les laptops, des pionniers aux DJ stars, l’exposition retrace l’histoire de la musique électronique, sous la houlette d’un des meilleurs historiens et praticiens du genre, Jean·Yves
Leloup. Pilier de Radio FG dans les années 1990. Il forme aujourd’hui avec Éric Pajot le duo RadioMentale. Didactique, le show envisage cette musique pétrie de pulsations et de sons neufs sous tous ses aspects : techniques, sociaux, géographiques et artistlques. L’electro est nécessairement
liée au développement des machines, mises a l’épreuve dès les années 1950 par des musiciens avant-gardistes qui leur arrachent les premiers grincements stridents et ludiques. Ce qui fait de Pierre Schaeffer ou de Robert Moog les aïeux de tous les DJ contemporains. Dans les années 1980, l’ordinateur bouleverse la vie des foyers et les études du petit dernier, mais aussi le line-up sur le dancefloor que l’invention du synthétiseur et de la boite à rythmes avait déjà bien chauffé. Puis la
révolution numérique des années 2OOO achève de mettre tous les fichiers sonores en partage : si bien que l’electro est en tête de pont du débat sur la propriété intellectuelle et le copyleft (l’anti-copyright). À travers photographies et machines, l’exposition documente ces bouleversements successifs mais cerne aussi les subtiles nuances existant entre les différentes veines: techno de Detroit ou de Berlin, deep house de Chicago, French touch parisienne, les variations rythmiques n’auront plus de
secret pour les profanes.

Judicaël Lavrador
Beaux-Arts Magazine Juin 2016

- L'euphorie électro
L’Espace Fondation EDF devient le temple de la musique électronique, retraçant son histoire depuis la fin des années 1960, et donnant accès à de nombreux instruments mythiques (synthétiseurs, boîtes à rythme) et à la Boombox, espace d’écoute et d’exploration musicale.
Connaissances des Arts Juillet - Août 2016

- Interview - Jean-Yves Leloup : 25 ans à coucher sur le papier la musique de vos nuits blanches

Depuis le début des années 1990, Jean-Yves Leloup, journaliste, animateur radio, auteur et curateur, fait œuvre de passeur. L’engagement d’une vie ? La musique électronique, longtemps boudée par les médias frileux de l’Hexagone, dont il sera un défenseur de la première heure. Entretien.

Depuis quelques années, le curseur des revivals pointe sur les 90s. Attifés de leur survêt Fila, bob sur la tête et collier tattoo pour parfaire la panoplie, les club kids d’aujourd’hui se prennent à brûler pour une décennie musicale qu’ils n’ont vécue que par ouï-dire – ou plutôt, par captations vidéo lo-fi diggées sur YouTube. Les raves et leur ancêtre les free-party, les info-lines, l’ecsta à 150 francs, et surtout, l’âge d’or de la musique électronique : une ère bénie.

Bénie, vraiment ? En France, les débuts du genre ne se font pas dans l’allégresse. Loin s’en faut. Car contrairement à ses voisins outre-Atlantique, outre-Manche, teutons ou du Bénélux, l’Hexagone ignore la nouvelle venue. Durant les premières années, l’accueil a tout d’une chasse aux sorcières, les médias dominants fustigeant les méfaits de la drogue et la débauche tout azimuts, forcément associées à ces sonorités venues de l’espace. Pour ceux qui s’attachent à défendre le genre, la tâche est d’autant plus ardue : la critique musicale prend des allures de rébellion. Les rares qui s’y hasardent, durant ces années de traversée du désert (et des parkings bétonnés), endossent le rôle de véritables passeurs, contribuant à faire sortir de l’ombre une musique contrainte de se vivre dans la confidentialité.

Jean-Yves Leloup est de ceux-là. “Le John Peel français”, avait même lancé un ami à qui je parlais de mon entrevue avec lui. Coéquipier de l’aventure du magazine Coda, le principal (sinon l’unique) magazine dédié à la musique électronique au début des 90s, animateur de radio sur Radio FG et Nova, critique pour Libération, Actuel, Tsugi ou Trax, sa contribution à l’introduction de la musique électronique auprès du grand public sera décisive. Également impliqué dans le monde de l’art contemporain, membre collectif le Bureau des Vidéos et commissaire d’exposition, son approche le mène à élargir le spectre, et à replacer la musique électronique dans un contexte dont on la coupe souvent : son rôle social certes, son lien avec les autres disciplines artistiques aussi, mais surtout son histoire, alors qu’il est d’usage de la fantasmer comme la musique du futur. Son histoire justement, et ses racines plongées dans le terreau des musiques planantes des années 1970 ou de la new wave, voilà le fil que déroule Jean-Yves Leloup à la Fondation Electra EDF à Paris, dans le cadre de l’expo Electrosound dont il assure le co-commissariat aux côtés d’Uros Petrevski et Jean-Louis Fréchin. Nous l’avons rencontré pour évoquer les prémisses de la scène techno française, le paysage médiatique de l’époque, mais aussi le rôle du critique musique aujourd’hui.

Pour beaucoup, vous avez joué le rôle du passeur, introduisant le grand public à un genre encore méconnu à l’orée des années 1990 en France : la musique électronique. De votre côté, comment s’est faite la rencontre ?

Jean-Yves Leloup – Ce qu’on oublie souvent, c’est que Kraftwerk ou Jean-Michel Jarre passaient assez souvent à la radio ou à la télévision à la fin des années 1970 et au début des années 1980. Ils étaient présents dans le paysage audiovisuel français au même titre que toute la pop synthétique britannique ou la new wave, deux genres par ailleurs fortement marqués par l’électronique. Les ados comme moi, on écoutait ça au même titre que Lou Reed, les chanteurs français ou la pop décrite dans les premiers numéros des Inrocks. Même à cette époque, la musique électronique infusait l’ensemble de la société : Jacno avait composé un morceau de Nesquik, François de Roubaix [compositeur de musique de films dans les années 70, connu pour son usage du synthé, et inspiration majeure de la musique électronique des années 90, dont Sébastien Tellier ou Air, ndlr] le générique de la série d’animationChapi Chapo, et même le jingle de l’aéroport de Paris, que l’on doit au compositeur de musique électro-acoustique Bernard Parmegiani. C’est aussi ce qu’on essaye de montrer dans l’expo à la Fondation Electra : que la musique électronique n’apparaît pas subitement, qu’elle s’inscrit dans une histoire et un contexte social global. Ensuite, ce qui a été assez important pour moi, c’est que je me suis retrouvé à travailler pour Radio FG en 1989 pour mon service civil. C’était l’époque où avaient lieu les toutes premières raves en France. Je me suis vraiment retrouvé au milieu du cyclone, puisque la radio, avec ses émissions, était le point de rendez-vous des DJs et des producteurs, ainsi que le point d’information pour toutes les raves party et les soirées en club. Et en même temps, j’avais aussi un recul sur ce mouvement en train de naître : j’avais écouté du rock, j’avais déjà un pied dans le monde de l’art contemporain et de la vidéo, et surtout, à ce moment, je n’avais pas vingt ans mais plutôt vingt-six.

En Allemagne, la techno a été vécue comme la musique de la réunification, un vrai engouement populaire et de masse. Alors qu’en France, j’ai l’impression que ça a d’abord été une contre-culture vécue d’abord sur le mode de la clandestinité… Parce que la presse a refusé de s’en faire l’écho ?*

Côté radio, il y a eu une radio privée qui s’appelait Maximum et qui a passé un peu ce genre de programmes, mais elle a pas duré très longtemps. Radio Nova avait elle-aussi quelques émissions ponctuelles et spécialisées, notamment Docteur Beat. Ensuite, à partir du début des années 1990, ça s’est surtout passé chez Radio FG. Puis Nova lui a emboîté le pas avec une couverture plus régulière et en invitant des DJs à l’antenne. Côté radio, c’était surtout ces deux-là, avec ensuite quelques émissions spécialisées sur les FM locales, régionales ou indépendantes. Côté presse papier, le premier magazine dédié à la cause, ça a été le mensuel Coda. J’ai écrit dedans dès le premier numéro : Jean-Philippe Renoult était rédacteur en chef, et moi rédacteur en chef adjoint. Mon premier article était une chronique assez négative sur un album ambient de Sven Väth vraiment pas bon – mais je n’ai pas osé relire mes papiers dedans depuis. On continué l’aventure jusqu’en 1998. Il y a avait aussi un petit magazine qui s’appelait Zipper mais qui n’a pas survécu très longtemps, et quelques fanzines papiers. A cela, il faut ajouter deux sites Minitel : le 3615 FG et le 3615 RAVE de Libération, qui transmettait des infos sur les rave party. Il y avait donc effectivement une certaine rareté de l’information.

[…]

Retrouvez l’intégralité de l’interview sur le site des Inrocks

Ingrid Luquet-Gad
Les Inrockuptibles 23 juin 2016

- Notre sélection de lectures musicales pour l'été

“Digeste et passionnant”. Ellen Ichters sélectionne quelques livres pour vous accompagner cet été.

Ce livre raconte le voyage du son électrique et les relations ténues qui ont toujours existé entre les dernières innovations technologiques et la musique. Il s’agit du catalogue de l’exposition Electrosound: Machines, musiques et cultures, présentée à l’Espace Fondation EDF, à Paris. Cet ouvrage synthétique évoque les artistes qui ont mis en avant les instruments, mais aussi leurs créateurs. Les illustrations, nombreuses et colorées, font de ce livre un excellent compagnon de vacances.

Écoutez l’émission sur le site de Pl3in le poste

Ellen Ichters
RTS // pl3in le poste 27 juin 2016

- Des sons et du sens
“La jeunesse actuelle est érudite et elle est très en demande de mise en perspective.” Pour plonger dans l’histoire de la musique électronique, de ses instruments et de son esthétique, l’Espace Fondation EDF à Paris présente l’exposition Electrosound. Un livre accompagne ce panorama. “L’idée était de réaliser un ouvrage qui fasse écho à l’exposition mais qui fonctionne aussi seul”, précise le journaliste Jean-Yves Leloup, commissaire de l’exposition avec l’agence NoDesign. Le recueil est découpé en différentes parties, des laboratoires d’après-guerre à la culture populaire actuelle (sous l’œil de l’ami photographe Jacob Khrist), en passant par les années synthétiques et l’avènement du PC. “Nous voulions créer une continuité entre les époques, avec une articulation éditoriale.” En fouillant dans les archives, Leloup a trouvé des clichés rares et une épique de journalistes spécialistes l’entoure dans la rédaction de ce livre pédagogique et historique.
Olivier Pernot
Trax Juin 2016
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