Parution : 19/01/2017
ISBN : 9782360542369
432 pages (14,8 x 21)

26.00 €

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Cured

Two Imaginary Boys

Entre 1980 et 1982, The Cure a enregistré une trilogie d’albums (Seventeen Seconds, Faith, Pornography) qui a défini le son de la new wave et donné naissance à la culture gothique. Lol Tolhurst, un des fondateurs du groupe, publie ces jours-ci Cured, Two Imaginary Boys, une passionnante autobiographie qui revient sur cette période.

Joseph Ghosn – Grazia

Pour la première fois depuis les trente-sept ans d’existence de Cure, un des membres de la première heure raconte leur histoire, le co-fondateur, co-parolier et ami de longue date du leader Robert Smith : Lol Tolhurst. Smith préfère laisser les chansons parler en son nom, faisant de Cured l’unique témoignage du groupe qui a aidé plusieurs générations d’adolescents à surmonter leurs angoisses. Tolhurst s’est replongé dans leurs années de gloire (1976–1989) pour en tirer l’histoire inédite de Cure, levant le voile sur le fascinant Robert Smith. Depuis l’enfance de Smith et Tolhurst jusqu’à l’apogée du groupe, Cured surprend autant qu’il éclaire le lecteur. Révélant les hauts et les bas de cette histoire hors-norme qui constitua sa vie, Lol Tolhurst revient sur son parcours personnel, porté au triomphe puis dans une profonde détresse avant de trouver le pardon et la rédemption.

Lire un extrait

Revue de presse

- "C'est la vérité". The Cure, entretient avec Lol Tolhurst Jerome Reijasse Rock&Folk Mars 2017
- Un homme imaginaire P.B Yonne Mag 18 février 2017
- The Cure : gothiques cools Jean Rouzaud novaplanet.com 13 février 2017
- Cured Mäx Lachaud Obskure Magazine Février 2017

- "C'est la vérité". The Cure, entretient avec Lol Tolhurst

Batteur puis claviériste du groupe de Robert Smith dans ses grandes années, Lol Tolhurst raconte de l’intérieur la fascinante aventure new wave.

Cure ou The Cure. Au choix. Un groupe. Un groupe, anglais, pas comme les autres. Ceux nés après la mort de Kurt Cobain ne peuvent simplement pas comprendre ce que la bande à Robert Smith a représenté pour des millions de fans au cœur des années 80. Au moins cinq albums obligatoires, dont “Pornography”, en 1982, qui a influencé plusieurs générations, de la pop au hardcore, du metal au hip hop. Un style inclassable. Ecouter Cure, c’est plonger dan l’inconnu. C’est peut-être le seul groupe à n’appartenir à aucune famille. On a parlé de new wave, de cold wave, les formules étaient creuses, loin du compte. Cure est Cure et rien d’autre. Capable d’écrire une chanson à la noirceur définitive et une pop song aérienne et à la naïveté improbable sur le même album. Cure aimait Bowie, Captain Beefheart, Wire, les Stranglers, Hendrix, Nick Drake et ça ne s’entend même pas. Jamais !

[...]

ROCK&FOLK: Première question, Lol: Vous êtes né le jour de la mort de Buddy Holly. Y voyez-vous comme un signe?
Lol Tolhurst: J’ai essayé d’établir une connexion (rires). L’un s’en va et un autre arrive… Mais je ne sais pas si c’est bien crédible tout ça (rires)…

R&F: Avez-vous envoyé votre livre à Robert Smith?
Lol Tolhurst: Oui, bien sûr j’ai donné le tout premier exemplaire à Robert. Avant la publication. Pas pour obtenir on accord, je voulais juste être complètement transparent. J’ai décidé d’écrire ce livre en 2013. A l’époque, j’étais allé avec ma femme à Hawaï pour voir les Cure jouer là-bas, pour la première foi. Et c’est là que j’ai dit à Robert que j’allai écrire un livre. Et quand je m’y suis mis, je lui envoyais régulièrement des chapitres. C’était la meilleure façon d’éviter le moindre problème. Quant à Simon (Gallup, le second bassiste historique), je ne sais pas s’il l’a lu mais il m’a dit qu’il était ravi que je l’écrive, que c’était une très bonne idée…

R&F: À vous lire, on devine que la batterie, dans votre vie, relève presque de l’accident…
Lol Tolhurst: Ouais, probablement. Et c’est pour la même raison que Michael Dempsey est devenu le bassiste. Parce qu’il jouait déjà de la guitare. Quand on commence, on doit parfois faire un choix par défaut. Mais j’ai appris à aimer ça.

R&F: “Cured”, votre livre, est-il avant tout une forme de catharsis ?
Lol Tolhurst: Absolument ! Il fallait que je le fasse. Il y a souvent des jeunes musiciens qui me posent de questions. Je leur dis que s’ils font ce métier pour l’argent, le succès, les filles, ils se trompent. Il faut le faire parce que c’est plus fort que soi, parce qu’on ne peut pas ne pas le faire. Et ce livre, je ne pouvais pas ne pas l’écrire. Je voulais en premier lieu m’expliquer ma vie à moi-même. Les Cure, ma relation avec Robert, sont comme une colonne vertébrale dans le livre, sur laquelle j’ai pu accrocher mes sentiments.

R&F: Une chose très frappante c’est que, malgré la souffrance, les addictions, vous n’êtes jamais aigri, jamais en mode vengeance. Pourtant, vous avez traversé des épreuves, comme ce procès terrible qui vous opposera au groupe après votre éviction. La seule personne que vous n’épargnez pas, c’est vous finalement…
Lol Tolhurst: Je voulais être honnête, ne pas tricher sur ce que j’ai pu ressentir et faire. Mais il y a certaines choses que j’aurais pu écrire et que j’ai choisi d’ignorer parce qu’elles ne m’auraient pas permis d’aller mieux. Et puis, les livres de règlements de compte, très peu pour moi. J’ai lu l’autobiographie de Morrissey. La première partie où il raconte sa jeunesse à Manchester est formidable mais ensuite, il ne fait que déverser sa haine sur ses anciens amis, c’est ennuyeux et pénible. Moi, je suis resté en contact avec tous mes amis d’enfance et d’adolescence : Robert, Simon, Porl, Michael… Et je ressens encore beaucoup d’amour pour chacun d’eux. C’est aussi ce que je voulais dire dans ce livre.

[...]

Retrouvez l’interview en intégralité dans le numéro de Rock&Folk en kiosk ce mois-ci.

Jerome Reijasse
Rock&Folk Mars 2017

- Un homme imaginaire
Voici la première autobiographie de l’un des membres fondateurs de The Cure, groupe désormais mythique. Lol Tolhurst fut, dans un premier temps, le batteur de The Cure avant d’en devenir le claviériste à partir de 1983. Il en fut évincé, en 1988, pour cause d’addiction à l’alcool, devenue intolérable pour sa propre survie et celle du groupe. C’est son ami d’enfance et âme damnée de la bande qui lui annonça la nouvelle. Robert Smith en était malade, mais la décision était indispensable pour l’avenir du groupe. Ce livre retrace magistralement et subjectivement l’histoire de ces “deux garçons imaginaires”. Dans cet ouvrage truffé d’anecdotes, connues ou non selon le degré d’addiction aux Cure, on découvre un aspect de l’un des membres les plus honnêtes et sincères des Cure, qui ne sera adoubé qu’à l’occasion d’un retour court et improbable en 2011. Ce livre,qui se lit comme un roman, peut également être appréhendé comme une lettre de motivation pour vivre une nouvelle aventure avec les potes des débuts. On souhaite que Lol Tolhurst y parvienne !
P.B
Yonne Mag 18 février 2017

- The Cure : gothiques cools

Garçons sensibles et imaginatifs

Avec The Cure, on touche à un groupe à part, à un mouvement d’ados sensibles et décalés, mais aussi à un combo aux sonorités envoutantes, aux mélodies marquantes. Cure, les rois du « climat ».

Corbeaux noirs

Leur look de corbeaux noirs, post gothiques, un peu raté, m’avait bloqué façon Indochine…Au début, ils se sont beaucoup cherchés, comme Depeche Mode, dans un style new-wave assez garçon coiffeur, et qui leur valu bien des vannes de drogués, habillés dans une poubelle et autre finesse sur leur identité sexuelle…

Très anglaise, cette identité de « look » puis d’attitude qui font un groupe pop ou rock. Finalement, les chiffons noirs, les manteaux longs, les coupes de freaks hiboux, crêpés à la laque, leur ont réussi. Mecs à part.

Seventeen Secunds ou Faith, deux albums tristes, atmosphériques, pluie et vitres mouillées sur la pochette, et des envolées de guitares cristallines parfaites franchissant les cieux de l’adolescence prolongée et nostalgique, mais le tout parfaitement dominé et contrôlé par un excellent groupe.

Le livre de Lol Tolhurst, ex batteur, puis clavier jusqu’en 1988 (autant dire longtemps), intitulé Cured. Two imaginary Boys, chez Le Mot et Le Reste, est à part, écrit par un membre rejeté (puis récupéré 10 ans plus tard). Récit d’une peine, d’une désintoxication…

L’éternelle histoire des potes d’enfance, du succès grisant, des anecdotes de tournées, puis la fatigue, la dope, le divorce ou split fatal et les procès nuls et ruineux jusqu’au bout de la haine.
Mais avec ce témoignage triste et vrai, on se souvient de ces gars de la banlieue sud de Londres (Crawley), et des surprises qu’ils ont réussi à créer, au milieu d’un tsunami de groupes excités, puis de leur solidité, de leur durée, et des concerts réussis, envoûtant des foules de fans.

C’est l’histoire parfaite des modes : venant de partout et de nulle part, d’une alchimie entre quelques garçons, puis de l’inspiration d’un leader (Robert Smith), symbolique, représentatif d’une inspiration commune et décalée.

Avec le 3e volet de Pornography, avec le livre de Camus, L’Etranger, dont ils tirent un titre scandale Killing an arab, on vit pointer la provoc et la culture punk, la maturité pour ces ados romantiques ?

En réalité Cure restait Cure, mais le succès rend imprudent, ou trop culotté et ces Anglais gauchistes, altermondialistes et banlieusards devaient rester proches de leur public, représentatifs de leur frange et finalement forts de leur position unique sur la brillante scène british.

Avec Cure, émotion, ressenti, amitié… et un idéalisme peut-être un peu court, mais nourri d’originalité, et surtout de l’excentricité british à laquelle on pardonne beaucoup car, une fois encore, les morceaux sont bons, et les albums vraiment attachants, mélodiques, avec basse et batterie parfaites pour laisser décoller des guitares sorties de nulle part, « atmosphériques » comme on dit.

Déprime cool ?

L’esthétique gothique, morbide, dépressive… trouve un équilibre relâché et presque cool, avec ces éternels gamins, dans une pop inattendue. L’héritage des poètes anglais : Byron, Shelley, Milton, Blake… jouent en fond culturel, même si c’est un amalgame approximatif. Les grands succès sont souvent le fruit de ces rapprochements bizarres.

Cure a fait son trou, en forme de tombeau, un vieux cliché qui date des Count Five, des Damned ou des Cramps, et de tous leurs enfants vampires mais qui fonctionne encore ?

Retrouvez l’article de Jean Rouzaud sur le site de Nova

Jean Rouzaud
novaplanet.com 13 février 2017

- Cured

Autant vous prévenir de suite, ce premier livre de Lol Tolhurst, traduit en français par David Gressot, n’est pas une biographie des Cure mais bien une autobiographie. Bien sûr il y est question des Cure vu que le groupe a marqué durablement la vie de celui qui en fut le batteur originel et qui traversa toute la grande période, de 1977 à 1989, mais ce recueil de souvenirs parle avant tout d’une rédemption, celle d’un être qui s’est perdu et noyé dans les délires et les affres de l’alcool et qui a dû passer par un certain nombre d’épreuves pour revenir au monde.
Le texte se déroule de façon chronologique et l’auteur se focalise avant tout sur ses souvenirs et ce qu’il en retient plus que ce sur quoi le fan aimerait qu’il s’attarde. Au centre du récit, il y a une amitié, celle de deux garçons qui se sont rencontrés alors qu’ils n’avaient que cinq ans et qui vivront des tas de choses fortes ensemble : découverte de la musique, premiers concerts, succès international, joie et doutes de la création… Pourtant, peu de choses sont dites au bout du compte sur qui est vraiment Robert Smith. On sent chez Lol une profonde admiration pour son camarade et on voit aussi la différence fondamentale entre les parents aimants et encourageants de Robert (dont un père qui brasse sa propre bière) et ceux de Lol (un père alcoolique distant, une mère pieuse qui mourra d’un cancer pendant l’enregistrement de Faith, le troisième album du groupe). Ils furent tous deux les premiers punks de Crawley, une bourgade du sud de Londres où règnent ennui, chômage et tensions sociales. Là bas, les jeunes excentriques et efféminés comme Lol et Robert y font face aux insultes permanentes des skinheads. Dès l’adolescence, ils collectionnent les vinyles, écoutent les émissions radio de John Peel, vont voir de vieux nanars au cinéma et lisent autant qu’ils peuvent. Au rythme de trois répétitions par semaine chez les parents de Robert, ils bossent dur pour maîtriser leurs instruments et fantasment des vies à la marge loin des paysages mornes qu’ils connaissent et des asiles psychiatriques. Le 20 décembre 1976, ils donnent leur premier concert sous le nom de Malice, avant de se rebaptiser Easy Cure puis The Cure pour le côté plus punk.

Les révélations se feront assez vite en écoutant The Stranglers, l’album Low de David Bowie, Siouxsie & the Banshees mais surtout Wire dont l’attitude minimaliste définira leur orientation musicale. Les choses vont s’accélérer avec la rencontre de Chris Parry de Polydor qui allait créer le label Fiction Records en 1978. Mis de côté lors du mixage du premier album Three Imaginary Boys, dont on leur a imposé la pochette, les Cure resteront frustrés par ce disque. Le succès sera néanmoins immédiat et le groupe va entamer des tournées interminables. On sent que Lol se régale de nous conter ces anecdotes sur la route et souvenirs de club. Déjà très porté sur l’alcool, ce dernier causera le renvoi d’une tournée avec Generation X, et pour cause, il avait uriné sur le leader, Billy Idol. De l’Europe aux États-Unis, les concerts sont complets mais c’est vraiment avec l’arrivée de Matty Hartly au synthé et de Simon Gallup à la basse (alors que Michael Dempsey part rejoindre The Associates) que le projet trouvera une nouvelle direction qui leur convient. Ils posent alors leurs instruments dans de nombreux clubs mythiques, le Hurrah’s de New York, le SO36 de Berlin, etc. Lol rassemble les souvenirs de tournée en pagaille. Sur l’année 1980–81, ils ont fait pas moins de 250 représentations. Ils rencontrent alors aussi bien Mission of Burma que The Specials, se font arrêter pour ivresse en Hollande et fournissent des pots de vin aux douaniers. Créativement à leur pic avec la trilogie Seventeen Seconds – Faith–Pornography – ce dernier étant pour Lol ce qu’ils ont fait de mieux, un album qui aurait d’ailleurs dû être produit par Conny Plank -, leur consommation de drogue et de breuvages alcoolisés augmente, à quoi s’ajoute une fatigue permanente. Leurs teints sont blafards, ce qui colle parfaitement aux atmosphères musicales sombres et dévastées qu’ils explorent alors. C’est à cette époque que Lol est obligé de se traîner un seau pendant les concerts car sa vessie trop petite ne lui permet pas d’assurer l’intégralité des concerts sans faire plusieurs pauses pipi. Pas très romantisme noir, vous me direz? Hé bien, oui, les Cure aiment la bière et le football. Les tensions entre Simon et Robert sonneront le glas de cette période de suractivité. C’est là que Lol vient en France se ressourcer et produit au passage le premier album d’And Also the Trees et le premier maxi de Baroque Bordello.

Lol Tolhurst s’attarde ensuite longuement sur l’enregistrement de « Let’s Go To Bed », « The Walk » et « The Lovecats » car c’est durant Japanese Whispers qu’il sera actif plus que jamais dans les compositions et qu’il passera de la batterie aux synthétiseurs. Par la suite, on sent bien que le projet ne devient plus que la vision de Robert Smith et lui même se voit de plus en plus devenir comme un employé. Ils jouent dans des stades, enchaînent les télévisions, explorent de nouvelles contrées (le Japon, l’Amérique du Sud… ) mais sa dépendance devient pesante pour tout son entourage. Il devient un boulet jusqu’à l’enregistrement de Disintegration où Robert lui envoie une lettre sans appel. Accablé, Lol va alors traverser une longue période de dépression. Rongé par la tristesse et l’esprit de vengeance, il s’aventure dans un procès à la Cour de Justice qu’il perdra en 1994. Il entre dans des cercles concentriques d’autodestruction. Sa vie personnelle est tout aussi compliquée. La cure de désintoxication s’impose. Il faudra qu’il parte en Californie et qu’il se lance dans une véritable quête spirituelle au sein de la Vallée de la Mort pour revenir plus serein afin de pouvoir retrouver le goût de la créativité (notamment avec ses projets Presence ou Levinhurst) et de demander le pardon. Les retrouvailles en mai 2011 pour la tournée Reflections marquent un moment charnière pour lui : la réconciliation avec la personne qui a compté le plus dans sa vie, Robert Smith. Une histoire d’amitié, de trahison et d’amour.

Cured alterne ainsi des moments drôles et d’autres bien plus poignants. Lol émeut, car on sent bien que pour lui la musique a été une échappatoire et qu’il a réussi, malgré les nombreux coups durs, à remonter la pente. Le style n’est pas parfait, un peu à l’image de son auteur qui a toujours dit qu’il n’était pas un bon musicien mais qu’il avait la volonté de l’être. Le livre se lit néanmoins avec grand plaisir. Les pages sur la première période sont très éclairantes pour savoir d’où le groupe vient. En revanche, les amateurs du Cure de la deuxième moitié des années 80 – en gros de Head on the Door à Disintegration – seront frustrés car à cette période, Lol était comme absent à lui même et comme en dehors du groupe. Les pages sur la traversée du désert des années 90 sont, quant à elles, assez dures. Mais Cured demeure un beau témoignage, des années d’innocence à la chute jusqu’à la rédemption et réconciliation avec le monde et avec soi même.

Mäx Lachaud
Obskure Magazine Février 2017
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