Parution : 19/01/2017
ISBN : 9782360542369
432 pages (14,8 x 21)

26.00 €

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Cured

Two Imaginary Boys

Entre 1980 et 1982, The Cure a enregistré une trilogie d’albums (Seventeen Seconds, Faith, Pornography) qui a défini le son de la new wave et donné naissance à la culture gothique. Lol Tolhurst, un des fondateurs du groupe, publie ces jours-ci Cured, Two Imaginary Boys, une passionnante autobiographie qui revient sur cette période.

Joseph Ghosn – Grazia

Traduit de l’anglais par David Gressot
Pour la première fois depuis les trente-sept ans d’existence de Cure, un des membres de la première heure raconte leur histoire, le co-fondateur, co-parolier et ami de longue date du leader Robert Smith : Lol Tolhurst. Smith préfère laisser les chansons parler en son nom, faisant de Cured l’unique témoignage du groupe qui a aidé plusieurs générations d’adolescents à surmonter leurs angoisses. Tolhurst s’est replongé dans leurs années de gloire (1976–1989) pour en tirer l’histoire inédite de Cure, levant le voile sur le fascinant Robert Smith. Depuis l’enfance de Smith et Tolhurst jusqu’à l’apogée du groupe, Cured surprend autant qu’il éclaire le lecteur. Révélant les hauts et les bas de cette histoire hors-norme qui constitua sa vie, Lol Tolhurst revient sur son parcours personnel, porté au triomphe puis dans une profonde détresse avant de trouver le pardon et la rédemption.

Lire un extrait

Revue de presse

- Cured Jean-Christophe Mary TouteLaCulture.com 10 mai 2017
TouteLaCulture.com
- Les années Cure racontées par le batteur et clavier du groupe Jean-Christophe Mary France Net Infos 12 mai 2017
Interview de Lol Tolhurst - The Cure à vie Thomas Mafrouche Plugged avril-mai 2017
- Dans «Cured» Lol Tholhurst, batteur et clavier de The Cure se mets à nu et raconte ses années au sein du groupe. Jean-Christophe Mary BSC News Mai 2017
- Cured, Two Imaginary Boys Goûte Mes Disques 10 mai 2017
- Cured, Two Imaginary Boys Pascal Julou Foutraque.com 2 mai 2017
- « Cured » ou les mémoires émouvantes de Lol Tolhurst Ivlo Dark addict-culture.com 21 mars 2017
- Cured Lyonel Sasso Magic mars - avril 2017
- Cured la chronique Éric Chouan Chog radio // Mission Encre noire 7 mars 2017
- Backstage Frédéric Isoletta Zibeline mars 2017
- Interview de Lol Tolhurst François Barras 24 Heures 25 février 2017
- Cured David Blot & Jean Rouzaud Nova // Le Nova club 16 février 2017
- "C'est la vérité". The Cure, entretien avec Lol Tolhurst Jérôme Reijasse Rock&Folk Mars 2017
- Un homme imaginaire P.B Yonne Mag 18 février 2017
- The Cure : gothiques cools Jean Rouzaud novaplanet.com 13 février 2017
- Cured Mäx Lachaud Obskure Magazine Février 2017

- Cured

« CURED LOL THOLHURST », LE PARCOURS DU GROUPE QUI A INVENTÉ LE ROCK GOTHIQUE RACONTÉ DE L’INTÉRIEUR

Pour la première fois depuis les trente-sept ans d’existence de Cure, un des membres de la première heure raconte leur histoire, le co-fondateur, co-parolier et ami d’enfance du leader Robert Smith : Lol Tolhurst. Batteur devenu clavier du groupe, le musicien s’est replongé dans leurs années de gloire (1976–1989) pour en tirer l’histoire inédite de Cure.

Révélant les hauts et les bas de cette histoire hors-norme que fut sa vie au sein de The Cure, Lol Tolhurst revient sur son parcours personnel, porté au triomphe puis dans une profonde détresse avant de trouver la rédemption.

Durant une décennie (1976 à 1989 !), The Cure va révolutionner les canons de la musique new wave et lui insuffler une bonne dose de folk pop gothique et de rock psychédélique. Des cheveux hirsutes- la coiffure arachnéenne de Robert Smith- au teint blafard, vêtements amples et sombres, The Cure invente aussi l’imagerie du rock gothique new wave des 80’s. Sans oublier les fameuses séances de beuverie et drogues parties qui font partie de la vie quotidienne du groupe en tournée. C’est au milieu des 60’s que Lol Tolhurst rencontre Robert Smith. Ils ont cinq ans. Cette solide amitié qui se construit à l’école, au collège et se prolonge dans la maison familiale des Smith donnera naissance à la formation mythique que l’on connait. La rébellion, cette envie d’être différents qui unit les deux jeunes gens, vont être le déclencheur de ce qui deviendra Thye Cure, l’un des groupes les plus vénérés de sa génération. Pourtant rien n’était gagné pour ces adolescents issus de Crawley, une bourgade du sud de Londres où règnent ennui, chômage et tensions sociales. Lol Tolhurst raconte de l’intérieur l’épopée du groupe qui exercera une influence majeur sur cette jeunesse anglaise qui s’ennuie ferme dans l’Angleterre Thatchérienne des 80’s.

On suit pas à pas les répétions longues et douloureuses où ils travaillent leurs instruments- Robert à la guitare et Lol à la batterie (puis plus tard aux claviers), leur premier concert le 20 décembre 1976 sous le nom de Malice, avant qu’ils optent pour Easy Cure et finalement The Cure.

Côté anecdote, on apprend que Lol souffre du manque de considérations de ses parents alors que Robert est issue d’une famille soudée et aimante. Lol se verra adjoindre un second batteur Roger O’Donnell en raison de de son incapacité à jouer sur scène car trop ivre. L’auteur sera finalement remercié par Robert Smith en raison de cet alcoolisme sévère après l’enregistrement de « Disintegration ». On découvre des anecdotes intéressantes, parfois drôles, comme leur première erreur de signature avec un label allemand puis la rencontre avec Chris Parry créateur du label Fiction Records en 1978. D’autres plus cocasses comme cet « incident » où complétement ivre Lol urine sur Billy Idol dans les toilettes d’une logs , d’autres moins amusantes telles les altercations constantes de Robert avec les skinhead.

On découvre son éviction du groupe suite à son alcoolisme paralysant et le douloureux procès qui suivi , procès qu’il perdra finalement contre son ami Robert Smith. Au fil des pages on est ému par cette belle dynamique et de cette profonde amitié que Robert Smith et lui ont su développé au cours de toutes ces années. Un ouvrage qui alterne passages drôles et émouvants et dresse un portrait émouvant de l’histoire du groupe.

Lire l’article sur TLC.com

Jean-Christophe Mary
TouteLaCulture.com 10 mai 2017

« CURED LOL THOLHURST », LE PARCOURS DU GROUPE QUI A INVENTÉ LE ROCK GOTHIQUE RACONTÉ DE L’INTÉRIEUR

Pour la première fois depuis les trente-sept ans d’existence de Cure, un des membres de la première heure raconte leur histoire, le co-fondateur, co-parolier et ami d’enfance du leader Robert Smith : Lol Tolhurst. Batteur devenu clavier du groupe, le musicien s’est replongé dans leurs années de gloire (1976–1989) pour en tirer l’histoire inédite de Cure.

Révélant les hauts et les bas de cette histoire hors-norme que fut sa vie au sein de The Cure, Lol Tolhurst revient sur son parcours personnel, porté au triomphe puis dans une profonde détresse avant de trouver la rédemption.

Durant une décennie (1976 à 1989 !), The Cure va révolutionner les canons de la musique new wave et lui insuffler une bonne dose de folk pop gothique et de rock psychédélique. Des cheveux hirsutes- la coiffure arachnéenne de Robert Smith- au teint blafard, vêtements amples et sombres, The Cure invente aussi l’imagerie du rock gothique new wave des 80’s. Sans oublier les fameuses séances de beuverie et drogues parties qui font partie de la vie quotidienne du groupe en tournée. C’est au milieu des 60’s que Lol Tolhurst rencontre Robert Smith. Ils ont cinq ans. Cette solide amitié qui se construit à l’école, au collège et se prolonge dans la maison familiale des Smith donnera naissance à la formation mythique que l’on connait. La rébellion, cette envie d’être différents qui unit les deux jeunes gens, vont être le déclencheur de ce qui deviendra Thye Cure, l’un des groupes les plus vénérés de sa génération. Pourtant rien n’était gagné pour ces adolescents issus de Crawley, une bourgade du sud de Londres où règnent ennui, chômage et tensions sociales. Lol Tolhurst raconte de l’intérieur l’épopée du groupe qui exercera une influence majeur sur cette jeunesse anglaise qui s’ennuie ferme dans l’Angleterre Thatchérienne des 80’s.

On suit pas à pas les répétions longues et douloureuses où ils travaillent leurs instruments- Robert à la guitare et Lol à la batterie (puis plus tard aux claviers), leur premier concert le 20 décembre 1976 sous le nom de Malice, avant qu’ils optent pour Easy Cure et finalement The Cure.

Côté anecdote, on apprend que Lol souffre du manque de considérations de ses parents alors que Robert est issue d’une famille soudée et aimante. Lol se verra adjoindre un second batteur Roger O’Donnell en raison de de son incapacité à jouer sur scène car trop ivre. L’auteur sera finalement remercié par Robert Smith en raison de cet alcoolisme sévère après l’enregistrement de « Disintegration ». On découvre des anecdotes intéressantes, parfois drôles, comme leur première erreur de signature avec un label allemand puis la rencontre avec Chris Parry créateur du label Fiction Records en 1978. D’autres plus cocasses comme cet « incident » où complétement ivre Lol urine sur Billy Idol dans les toilettes d’une logs , d’autres moins amusantes telles les altercations constantes de Robert avec les skinhead.

On découvre son éviction du groupe suite à son alcoolisme paralysant et le douloureux procès qui suivi , procès qu’il perdra finalement contre son ami Robert Smith. Au fil des pages on est ému par cette belle dynamique et de cette profonde amitié que Robert Smith et lui ont su développé au cours de toutes ces années. Un ouvrage qui alterne passages drôles et émouvants et dresse un portrait émouvant de l’histoire du groupe.

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TouteLaCulture.com

- Les années Cure racontées par le batteur et clavier du groupe

« Killing An Arab, Let’s Go to Bed, The Walk et Love Cats In between Days, Close To me Just Like Heaven, ou Lovesong…des tubes de Cure et quels tubes !

Pour la première fois depuis les trente-sept ans d’existence de Cure, un des membres de la première heure raconte leur histoire, le co-fondateur, co-parolier et ami d’enfance du leader Robert Smith : Lol Tolhurst. Batteur devenu clavier du groupe, le musicien s’est replongé dans leurs années de gloire (1976–1989) pour en tirer l’histoire inédite de Cure.

Révélant les hauts et les bas de cette histoire hors-norme que fut sa vie au sein de The Cure, Lol Tolhurst revient sur son parcours personnel, porté au triomphe puis dans une profonde détresse avant de trouver la rédemption.

Durant une décennie (1976 à 1989 !), The Cure va révolutionner les canons de la musique new wave et lui insuffler une bonne dose de folk pop gothique et de rock psychédélique. Des cheveux hirsutes- la coiffure arachnéenne de Robert Smith- au teint blafard, vêtements amples et sombres, The Cure invente aussi l’imagerie du rock gothique new wave des 80’s. Sans oublier les fameuses séances de beuverie et drogues parties qui font partie de la vie quotidienne du groupe en tournée. C’est au milieu des 60’s que Lol Tolhurst rencontre Robert Smith. Ils ont cinq ans. Cette solide amitié qui se construit à l’école, au collège et se prolonge dans la maison familiale des Smith donnera naissance à la formation mythique que l’on connait. La rébellion, cette envie d’être différents qui unit les deux jeunes gens, vont être le déclencheur de ce qui deviendra Thye Cure, l’un des groupes les plus vénérés de sa génération. Pourtant rien n’était gagné pour ces adolescents issus de Crawley, une bourgade du sud de Londres où règnent ennui, chômage et tensions sociales. Lol Tolhurst raconte de l’intérieur l’épopée du groupe qui exercera une influence majeur sur cette jeunesse anglaise qui s’ennuie ferme dans l’Angleterre Thatchérienne des 80’s.

On suit pas à pas les répétions longues et douloureuses où ils travaillent leurs instruments- Robert à la guitare et Lol à la batterie (puis plus tard aux claviers), leur premier concert le 20 décembre 1976 sous le nom de Malice, avant qu’ils optent pour Easy Cure et finalement The Cure.

Côté anecdote, on apprend que Lol souffre du manque de considérations de ses parents alors que Robert est issue d’une famille soudée et aimante. Lol se verra adjoindre un second batteur Roger O’Donnell en raison de de son incapacité à jouer sur scène car trop ivre. L’auteur sera finalement remercié par Robert Smith en raison de cet alcoolisme sévère après l’enregistrement de « Disintegration ». On découvre des anecdotes intéressantes, parfois drôles, comme leur première erreur de signature avec un label allemand puis la rencontre avec Chris Parry créateur du label Fiction Records en 1978. D’autres plus cocasses comme cet « incident » où complétement ivre Lol urine sur Billy Idol dans les toilettes d’une logs , d’autres moins amusantes telles les altercations constantes de Robert avec les skinhead.

On découvre son éviction du groupe suite à son alcoolisme paralysant et le douloureux procès qui suivi , procès qu’il perdra finalement contre son ami Robert Smith. Au fil des pages on est ému par cette belle dynamique et de cette profonde amitié que Robert Smith et lui ont su développé au cours de toutes ces années. Un ouvrage qui alterne passages drôles et émouvants et dresse un portrait émouvant de l’histoire du groupe.

Lire l’article sur le site de France Net Infos

Jean-Christophe Mary
France Net Infos 12 mai 2017

Interview de Lol Tolhurst - The Cure à vie

Membre fondateur de The Cure, Laurence Tolhurst, aka Lol, a joué sur les plus grands disques du groupe. Jusqu’à ce qu’il se fasse éjecter en 1989, pour abus de boisson. Presque trente ans après le drame de sa vie, le musicien publie ses mémoires, Cured : Two Imaginary Boys, et en profite au passage pour se réconcilier avec lui-même. De passage à Paris, nous avons rencontré ce très discret personnage, mais ô combien important dans la discographie de la formation culte !

Ce livre nous est apparu comme un acte de rédemption. Vous y abordez avec beaucoup d’honnêteté les moments très difficiles que vous avez vécu à la fin des 80’s, notamment cette addiction à l’alcool qui vous a conduit à quitter The Cure en 1989. Ce livre était-il un moyen de faire la paix avec vous-même ?

Lol Tolhurst : C’est tout à fait ça. Quand l’idée de ce livre a germé, la première chose que j’ai eu envie de faire, c’est de raconter ma vie afin de me permettre de la comprendre moi-même, de l’analyser avec du recul. Je n’ai jamais vraiment pris le temps de m’asseoir et de réfléchir à tout ce qui m’est arrivé. Et c’est important, parfois, de regarder en arrière. Ça aide à comprendre comment on en est arrivé là. Réfléchir à tout ça m’a apporté un nouvel éclairage sur ma vie, ça m’a aussi permis de me réconcilier avec beaucoup de choses. Avec The Cure et Robert Smith, évidemment, mais aussi avec mon père et ma mère. C’était une expérience très profonde, très égoïste aussi, mais elle m’a été d’une grande aide, parce qu’elle m’a amené une certaine sérénité.

Pourquoi avoir écrit ce livre maintenant, et pas plus tôt ?

L. T. : Vous pourrez vous-même répondre à cette question quand vous aurez mon âge [il vient de fêter ses 58 ans, NdR] ! Je peux vous dire que si j’avais écrit ce livre il y a dix, ou vingt ans, il n’aurait pas été aussi bon. Et certainement pas aussi honnête ! Parce qu’il y a de la distance entre aujourd’hui et mes problèmes de l’époque, avec l’alcool et avec Robert Smith. C’est presque comme si tout cela s’était déroulé dans une autre vie ! J’en suis désormais détaché. Faire ce livre m’a aidé à remettre les choses en ordre dans ma tête, à les comprendre avec lucidité. Ce que j’aurais été bien incapable de faire dans les 90’s. À ce moment-là, j’avais trop de rancœur, de fureur et de regrets en moi. Je n’étais pas capable de voir les choses avec discernement. Finalement, ces sentiments se sont estompés avec le temps, et de mon histoire avec The Cure, il ne reste aujourd’hui que de l’amour. De l’amour pour ce groupe, pour Robert Smith et pour les choses merveilleuses que nous avons accomplies ensemble.

LA FORCE D’UNE AMITIÉ

Effectivement, dans ce livre, il y a beaucoup d’amour et de tendresse pour Robert Smith. Une amitié qui a démarré lors de votre tout premier jour d’école, en maternelle.

L. T. : Vous savez, avec Robert nous avons grandi en Angleterre dans les 70’s, une époque très dure, qui portait encore beaucoup de stigmates de la guerre. Une époque où les hommes devaient être viriles et forts. Et avec Robert, on s’est toujours battu contre ça. C’est l’idée derrière le fameux Boys Don’t Cry (rires). Et quand les gens me demandent pourquoi la musique de The Cure est si spéciale, si importante aux yeux de toute une génération, je crois que c’est parce qu’elle a permis aux jeunes hommes de l’époque d’accepter leurs émotions, de ne pas se cacher derrière des postures misogynes. Je voulais que ce livre raconte toute la force de notre amitié, que deux hommes peuvent être proches et avoir beaucoup d’amour l’un pour l’autre. Robert a chamboulé ma vie entière, il est au centre de mon existence.

On comprend à la lecture de ces mémoires que vous avez toujours été là pour lui, comme lorsque vous le protégiez lors des bagarres de rue avec des skinheads récalcitrants. Avec le recul, ne pensez- vous pas que vous avoir renvoyé de The Cure a aussi été, pour Robert, un moyen de vous protéger à son tour ?

L. T. : C’est la manière dont je vois les choses aujourd’hui, vous avez raison. Je ne l’ai pas compris sur le moment, bien sûr, parce que j’avais trop de colère en moi, mais c’est l’une des révélations que j’ai eu en écrivant ce bouquin. J’en ai parlé il y a quelque temps avec Robert, et je lui ai dit : « Tu sais, je crois que si tu ne m’avais pas viré du groupe, je serais mort aujourd’hui ». À la fin des 80’s, je me suis laissé emporter par l’enfer des tournées et tous les excès. Je n’aurais sincèrement pas survécu à une autre tournée avec The Cure.

L’ENFER DE PORNOGRAPHY

Dans ce livre, vous partagez le sentiment de beaucoup de fans de The Cure à propos de l’importance de l’album Pornography. Le groupe était alors composé de Robert Smith, du bassiste Simon Gallup et de vous. Pensez-vous que ce trio est la meilleure chose qui soit arrivée à The Cure ?

L. T. : J’en suis persuadé. Pour moi, ce fut le line-up idéal. Juste derrière, je mettrais celui de Kiss Me, Kiss Me, Kiss Me, avec l’ajout de mon ami d’enfance Porl Thompson. Mais pour en revenir à Pornography, nous avons atteint à ce moment précis le pic de puissance de toute la carrière du groupe. Puissant en termes de son et d’émotions. Mais faire ce disque a été une expérience pour le moins intense. C’était une sorte de descente aux enfers, un terreau très noir dont est sorti quelque chose d’infiniment beau. Mais je ne pense pas que je pourrais refaire un tel disque aujourd’hui. C’était trop extrême, trop stressant. Nous venions de passer trois années épuisantes, en enchaînant le studio et la scène sans jamais prendre de vacances. Nous étions à bout. À la fois physiquement, mais aussi mentalement. Et à ce moment-là, nous avons fait le choix suicidaire de vivre en communauté afin d’écrire ce disque. Juste nous trois, Robert, Simon et moi. C’était une très mauvaise idée. Nous vivions les uns sur les autres, nous sautant à la gorge dès que nous en avions l’occasion. Ça nous a mis dans un état de détresse psychologique qui a beaucoup joué dans la noirceur de Pornography. D’ailleurs, ce n’est pas un hasard si Simon a quitté le groupe juste après. Il était, tout comme nous tous, au bord du gouffre. Tout était exacerbé à cette époque, et la moindre connerie pouvait dégénérer en baston. C’était extrêmement violent. Et après avoir terminé cet album, nous avons tous pris conscience que les choses ne seraient plus jamais vraiment les mêmes entre nous… C’est un peu comme si nous avions sacrifié notre amitié pour faire ce disque.

Vous racontez bien ce climat de tension, notamment avec cette fameuse bagarre qui éclata entre Simon et Robert, le 27 mai 1982, après un concert de The Cure à Strasbourg. Quelle relation aviez-vous avec Simon à l’époque ?

L. T. : (long silence) J’aime Simon de tout mon cœur, parce qu’il a toujours été quelqu’un de vrai et d’honnête. Mais en ce temps-là, j’avais parfois du mal à gérer ses nombreux changements d’humeur. Il était un peu bipolaire. Quand il était dans un bon jour, c’était le type le plus adorable. Mais quand il était mal luné, c’était une véritable boule de négativité. J’aimais une version de lui, et je détestais l’autre. Récemment, Simon m’a écrit ces mots : « J’aurais aimé que plus jeune, nous eûmes été plus gentils l’un envers l’autre ». Ça m’a beaucoup touché, et ça m’a fait du bien. Plus je vieillis et plus je réalise que les gens avec lesquels j’ai grandi me connaissent mieux que quiconque. Robert, Simon et moi sommes devenus des hommes au même moment, nous avons expérimenté et vécu des choses importantes en même temps. Peu importe le temps qui passe, la distance et les blessures, au fond nous serons toujours trois frères.

BOWIE OUVRE LE CHAMP DES POSSIBLES

Vous racontez aussi l’importance de David Bowie sur votre génération. Comme beaucoup d’autres futurs artistes, vous étiez devant votre téléviseur le 6 juillet 1972, lorsqu’il interpréta Starman dans l’émission Top Of The Pops.

L. T. : Cette performance a changé ma vie à jamais ! J’ai regardé cette vidéo sur YouTube il y a quelques jours, et les sensations sont toujours aussi fortes. C’était un extra-terrestre, c’est d’autant plus vrai lorsque vous regardez le public derrière lui, sur le plateau TV. Il était différent du reste du monde, ça saute aux yeux ! Robert et moi n’avions jamais vu une chose pareille, il irradiait quelque chose d’unique. David Bowie a été une sorte de déclic, comme si par magie, il nous avait soufflé à l’oreille l’idée de former un groupe. Et puis vous savez, il a grandi à 10km seulement de notre petite ville, alors le voir à la TV, avec toute cette flamboyance, c’était aussi un moyen de nous rassurer et de nous conforter dans l’idée qu’un changement de vie était possible. J’ai un ami qui a travaillé sur la pièce Lazarus, à Broadway, le dernier projet de David Bowie. Et quelques semaines avant son décès, David lui a offert une petite statuette de dauphin. Il lui a dit : « Je la porte avec moi depuis Berlin, c’est l’objet qui m’a inspiré les paroles de la chanson Heroes. Je ne l’ai jamais quitté, mais aujourd’hui je te le donne ». Je crois qu’il savait qu’il était en train de mourir, et que distribuer ses objets personnels était un moyen de remercier les gens qui comptaient pour lui. Une sorte de dernier sacrement…

Il y a quelques années, vous êtes apparu sur scène aux côtés de The Cure. Le feriez-vous à nouveau ?
L. T. : Ce n’est pas au programme, mais si Robert m’appelle, oui, avec plaisir ! Faire ce livre m’a appris que tout est possible, qu’il ne faut jamais dire jamais. Alors pourquoi pas ?

Les avez-vous sur scène récemment ?

L. T. : Oui, en mai dernier, à Los Angeles. En discutant avec Robert, après le concert, j’ai réalisé à quel point nous étions toujours aussi proches. On ne se voit pas beaucoup, mais lorsque c’est le cas, nous ne parlons pas de musique, ni de The Cure. Nous parlons juste de nos familles, parce que je connais la sienne et qu’il connaît la mienne, et que c’est ce qui compte le plus à nos yeux. Je crois que je suis la seule personne à laquelle il peut se confier à propos de ces sujets, très personnels.

Lui avez-vous donné le livre ?
L. T. : Oui, ce soir-là, en mai.

Avez-vous eu un retour de sa part ?
L. T. : Non, parce qu’il est en tournée. Mais vous savez, quand quelque chose déplaît à Robert, vous ne tardez pas à avoir de ses nouvelles. Alors comme on dit, pas de nouvelle, bonne nouvelle ! (rires)

The Cure VS The Smiths
Lol Tolhurst revient sur cette guerre sans merci que se livraient les fans de The Cure et de The Smiths dans les 80’s, en Angleterre : « Il y avait de grosses tensions entre les fans des deux groupes. Je crois que c’est un truc avec lequel a beaucoup joué Morrissey. Vous connaissez son sens de la provoc’, il a en quelque sorte entretenu ça… À l’époque, si vous vouliez avoir un peu de notoriété en tant qu’artiste, il fallait vous attaquer à Robert Smith. Ça marchait à tous les coups. D’une certaine manière, cette guéguerre avec The Cure a contribué à la notoriété de The Smiths, en tout cas en Angleterre. Quoi qu’il en soit, ils écrivaient eux-aussi pour les laissés pour compte, pour la jeunesse anglaise désabusée. Il y a beaucoup de similitudes entre les deux groupes. Mais en ce qui me concerne, j’adore les albums de The Smiths, et aussi ceux de Morrissey. J’ai lu son autobiographie récemment. J’ai surtout aimé la première partie, dans laquelle il décrit bien la vie à Manchester à l’époque. Mais j’ai un peu été agacé par la seconde partie, dans laquelle il déverse sa haine et explique à quel point il déteste telle ou telle chose. J’aurais préféré qu’il s’en tienne à la musique. J’ai entendu dire qu’il avait refusé de s’entourer d’un agent littéraire. Il aurait mieux fait, car il l’aurait sans doute aidé à canaliser certaines choses. Mais que voulez-vous, je crois que personne n’est capable de canaliser Morrissey ! ».

Thomas Mafrouche
Plugged avril-mai 2017

- Dans «Cured» Lol Tholhurst, batteur et clavier de The Cure se mets à nu et raconte ses années au sein du groupe.

“Killing An Arab”, “Let’s Go to Bed”, “The Walk” et “Love Cats In between Days”, “Close To me Just Like Heaven”, ou “Lovesong”…des tubes et quels tubes !

Pour la première fois depuis les trente-sept ans d’existence de Cure, un des membres de la première heure raconte leur histoire, le co-fondateur, co-parolier et ami d’enfance du leader Robert Smith : Lol Tolhurst. Batteur devenu clavier du groupe, le musicien s’est replongé dans leurs années de gloire (1976–1989) pour en tirer l’histoire inédite de The Cure. Révélant les hauts et les bas de cette histoire hors-norme que fut sa vie au sein de The Cure, Lol Tolhurst revient sur son parcours personnel, porté au triomphe puis dans une profonde détresse avant de trouver la rédemption.
Durant une décennie (1976 à 1989 !), The Cure va révolutionner les canons de la musique new wave et lui insuffler une bonne dose de folk pop gothique et de rock psychédélique. Des cheveux hirsutes – la coiffure arachnéenne de Robert Smith – au teint blafard, vêtements amples et sombres, The Cure invente aussi l’imagerie du rock gothique new wave des 80’s. Sans oublier les fameuses séances de beuverie et drug parties qui font partie de la vie quotidienne du groupe en tournée. C’est au milieu des 60’s que Lol Tolhurst rencontre Robert Smith. Ils ont cinq ans. Cette solide amitié qui se construit à l’école, au collège et se prolonge dans la maison familiale des Smith donnera naissance à la formation mythique que l’on connait. La rébellion, cette envie d’être différents qui unit les deux jeunes gens, vont être le déclencheur de ce qui deviendra The Cure, l’un des groupes les plus vénérés de sa génération. Pourtant rien n’était gagné pour ces adolescents issus de Crawley, une bourgade du sud de Londres où règnent ennui, chômage et tensions sociales. Lol Tolhurst raconte de l’intérieur l’épopée du groupe qui exercera une influence majeur sur cette jeunesse anglaise qui s’ennuie ferme dans l’Angleterre Thatchérienne des 80’s. On suit pas à pas les répétions longues et douloureuses où ils travaillent leurs instruments – Robert à la guitare et Lol à la batterie (puis plus tard aux claviers) – leur premier concert le 20 décembre 1976 sous le nom de Malice, avant qu’ils optent pour Easy Cure et finalement The Cure.
Côté anecdote, on apprend que Lol souffre du manque de considérations de ses parents alors que Robert est issue d’une famille soudée et aimante. Lol se verra adjoindre un second batteur Roger O’Donnell en raison de de son incapacité à jouer sur scène car trop ivre. L’auteur sera finalement remercié par Robert Smith en raison de cet alcoolisme sévère après l’enregistrement de «Disintegration». On découvre des anecdotes intéressantes, parfois drôles, comme leur première erreur de signature avec un label allemand puis la rencontre avec Chris Parry créateur du label Fiction Records en 1978. D’autres plus cocasses comme cet « incident » où complètement ivre Lol urine sur Billy Idol dans les toilettes d’une loge, d’autres moins amusantes telles les altercations constantes de Robert avec les skin head. On découvre son éviction du groupe suite à son alcoolisme paralysant et le douloureux procès qui suivi, procès qu’il perdra finalement contre son ami Robert Smith. Au fil des pages on est ému par cette belle dynamique et cette profonde amitié que Robert Smith et lui ont su développer au cours de toutes ces années. Un ouvrage qui alterne passages drôles et émouvants et dresse un portrait émouvant de l’histoire du groupe.

Jean-Christophe Mary
BSC News Mai 2017

- Cured, Two Imaginary Boys

Devenue mythique pour les fans du groupe, la misérable petite ville de Crawley n’a pourtant rien pour séduire. Banlieue londonienne moyenne où la morosité ambiante des 70’s n’a d’égal que l’amertume des bières qui se vident dans le pub du coin, c’est pourtant ce paysage peu réjouissant qui va voir naître The Cure. Originaire du coin, Laurence « Lol » Tolhurst et Robert Smith grandissent ensemble, nourrissent une passion commune pour la musique et les fringues façon « friperie ». Pas à pas, Cured nous invite à suivre l’histoire des Two imaginary boys depuis leur rencontre sur les bancs de l’école primaire, en passant par leurs premiers concerts dans les coins de bars miteux et l’enregistrement des premiers albums, jusqu’à leur succès interplanétaire et les grosses scènes qui vont avec. En trame de fond, on retrouve l’amitié profonde qui lie Lol et Robert, mais surtout l’admiration que nourrit le premier pour le deuxième. Les anecdotes sont nombreuses (vous saviez que le jeune Lol avait pissé sur Billy Idol ?), pas toujours intéressantes et c’est peut-être là que le bât blesse dans ce livre, car avoir vécu une histoire incroyable et pouvoir la raconter sont deux choses diamétralement opposées. Si les premières années de pure extase et d’insouciance sont les plus exaltantes pour Lol, ce sont aussi celles qui manquent le plus de relief dans ce récit. Paradoxalement, et comme s’il était plus facile de créer l’empathie chez le lecteur, ce sont les années d’autodestruction et de déchéances que va traverser l’auteur qui sont les mieux relatées. Poursuivi par l’alcool comme par son ombre, Tolhurst décrit de façon très humaine et réaliste les répercussions que va voir son comportement sur sa vie, son groupe et ses relations. On perçoit alors vite le côté cathartique recherché par Laurence Tolhurst et la nécessité pour lui d’exprimer ses regrets, de clamer haut et fort son admiration pour son ami (le respect de Lol pour Robert est infini) et l’occasion de dire publiquement que les années sombres sont bel et bien derrière lui. Cured n’est pas l’histoire de The Cure, ce livre est l’histoire vraie de Laurence Tolhurst, un jeune anglais banal et rêveur – et accessoirement membre de The Cure – confronté à ses pires démons lorsqu’il se retrouve propulsé en star internationale.

Retrouvez cette chronique sur le site de Goûte Mes Disques

Goûte Mes Disques 10 mai 2017

- Cured, Two Imaginary Boys

Cured, Two Imaginary Boys est la première biographie écrite par un membre des Cure. Lol Tolhurst fait partie des membres fondateurs du groupe. À la batterie, puis au synthé, il a fait partie du groupe de 1976 à 1989, de l’album Three Imaginary Boys à Desintegration, soit la meilleure période discographique des Cure, avec le sommet Seventeen Seconds/Faith et Pornorgraphy, l’album préféré de Lol. En 1989 il se fait virer du groupe à cause de son addiction à l’alcool. L’alcool, les bars, on les trouve présents tout au long de sa bio, telle une maladie qui vous ronge, jusqu’à devenir désagréable avec son entourage. Son père alcoolique, aurait du lui servir de mauvais exemple.

Pour raconter sa vie au sein des Cure, Lol écrit d’une façon simple. Pas d’exercice de style, même si par moment il s’envole dans des passages imagés, pas d’humour (à l’inverse de la bio de Peter Hook pour son fabuleux Unknown Pleasures, Joy Division vu de l’intérieur), mais de la rédemption (le dernier chapitre), des déceptions, un bilan mitigé, mais aussi fort heureusement beaucoup de bons moments (les ¾ du livre). Lol connait Robert Smith depuis l’enfance. Ils étaient voisins à Crawley, une ville nouvelle de la banlieue de Londres. Ils ont grandie ensemble, créé le groupe, découverts le business impitoyable de la musique rock. Il ne rentre pas dans le détail de la création, l’écriture des albums, sauf pour Kiss Me, Kiss Me enregistré dans le sud de la France. Il s’attarde plus sur les concerts, les tournées, les fêtes, les afters. Lol aime partir en tournée et découvrir le monde. Chose qu’il n’aurait pas connu, s’il était resté vivre à Crawley en travaillant à l’usine. Il parle peu des groupes de la même époque. Il dit juste que Wire fut une influence. Il parle de sa famille, son milieu social, ses rencontres amoureuses et surtout de Robert Smith, son meilleur ami, qui l’a viré du groupe en 1989. Suivra un procès qu’il va perdre et des longues années sans contact avec Robert, Simon Gallup et les autres membres du groupe. Fort heureusement, ils ont fini par se réconcilier. Il parle aussi de l’après Cure avec Presence puis Levinhurts créé avec sa 2ème femme.
Pour finir cette chronique, un passage du livre qui résume bien son bonheur au sein des Cure : « En tant qu’artiste, le plus beau cadeau que j’ai reçu est la liberté émotionnelle et le sentiment de mieux me connaître à chaque étape de ma vie grâce aux Cure. Les paroles de nos chansons ont toujours résonné en moi. Elles m’ont accompagné et m’ont beaucoup aidé à la vie. C’était pour moi une sorte de journal intime. Tout ce sur quoi on écrivait était très personnel, mais ça parlait à tous le monde, ce qui rend ces chansons presque sacrées quand j’y pense. Ou plutôt sacrées dans mon esprit. » (Page 176).
Si vous êtes fan des Cure, cette bio, malgré ses petites imperfections est vivement recommandée, pour percer un peu de l’intérieur « du dernier grand groupe de rock anglais » dixit Robert Plant de Led Zeppelin.

Lire l’article sur Foutraque.com

Pascal Julou
Foutraque.com 2 mai 2017

- « Cured » ou les mémoires émouvantes de Lol Tolhurst

C’était il y a dix ans, je venais de remporter un jeu concours lancé par un forum consacré au groupe mythique The Cure. La récompense était un exemplaire de l’album House by The Sea de Levinhurst. Un disque généreusement signé par ses membres, à savoir Cindy Levinson et Laurence Tolhurst plus communément appelé Lol.

De manière impulsive, j’écrivis naïvement aux intéressés afin de les remercier pour leur délicate attention à mon égard. Sincèrement, je ne pensais pas obtenir de réponse. Pourtant, j’allais recevoir un message sur ma page Myspace. C’était Lol en personne qui établissait le contact avec moi. Pendant quelques semaines, nous avons entretenu une correspondance épisodique en échangeant simplement sur la musique qui nous touche. À la lueur de cette magnifique occasion, j’avais pu constater que l’extrême gentillesse de l’homme et son accessibilité vis-à-vis des fans n’étaient pas pures légendes. Preuve confirmée, il y a peu, par bon nombre de mes amis qui auront eu la chance de croiser l’intéressé à l’occasion de séances de dédicaces programmées suite à la publication de ses mémoires dans un recueil dont il va être question dans les lignes qui suivent.

e parle bien de mémoires, Lol Tolhurst ne mettant pas en avant une vision détaillée de son existence au sein d’une formation marquant encore les esprits. Si le sous-titre « Two Imaginary Boys » illustre en filigrane sa proximité avec l’icône new-wave de toute une génération, il parvient surtout à se détacher des habituelles biographies consacrées au phénomène The Cure pour ne retenir qu’une vision intime de son vécu. À l’intérieur mais aussi en marge d’une chronologie rabâchée. C’est donc un réel plaisir de découvrir quelques anecdotes qui nous embarquent dans les frémissements punks et bagarreurs de Crawley.

Au début de son récit, nous sommes au cœur de cette banlieue anglaise dont la peinture est loin d’être attractive, malgré une nostalgie sous-jacente. L’idée d’échapper à une routine figée en ces lieux est relativement forte et explique en grande partie l’insistance chez de jeunes garçons à fuir un quotidien peu avenant. J’ai envie de vous dire surtout chez Lol, dont les relations avec un père en proie aux tourments de l’alcool (et ses dérives) n’ont fait qu’inciter ce fils à trouver une échappatoire.

Ce besoin d’amour, qui émane du livre, témoigne de cette hypersensibilité chez celui qui va devenir assez vite un batteur appliqué dans les formations qui précèderont celle que nous connaissons bien (The Obelisks, Malice puis Easy Cure – dont il sera à l’initiative du nom).

Au fil des chapitres, Lol Tolhurst n’aura de cesse de marquer une admiration mêlée d’affection à l’encontre de son ami Robert Smith. Évocation alors des débuts mouvementés avec le troisième larron, Michael Dempsey, remplacé rapidement par le bassiste-héros Simon Gallup… Trio en pleine ascension vers les sommets (avec le concours du précieux mentor Chris Parry). De cette époque devenue culte, on retiendra avec amusement les quelques péripéties d’une vessie capricieuse (Billy Idol doit encore s’en souvenir), outre quelques confidences épiques à la suite de plusieurs concerts mémorables.

Au-delà de ces tranches de vie, le livre se penche longuement sur les états d’âme tourmentés de son auteur. La douleur immense suite au décès de sa maman alors que The Cure se trouve en pleine tournée imbibée des nappes du mystique Faith. Le combat souvent perdu par KO face aux folies démoniaques de l’alcool, une emprise qui causera son inévitable éviction à l’issue d’un album Disintegration (titre en raccord avec le contexte) dont les crédits sur le livret résonnent encore d’un « other instrument » redoutablement parlant. Un procès médiatisé pour enfoncer une tête dans la haine et des finances dans le gouffre. C’est avec un certain courage que Lol Tolhurst revient sur ces périodes sombres de son existence. Épisodes qu’il décrit avec force et pudeur tout en prenant du recul sur ses propres erreurs, tel un miraculé. Son mea culpa, empli de dignité, trouvera sa prise de conscience spirituelle dans le désert de Mojave. Seul contre la rudesse des éléments, il parvient à prendre sa destinée en main. Il en ressortira métamorphosé avec le panache propre aux individus qui ne réfutent pas la repentance.

C’est avec la larme à l’œil que nous lisons le compte rendu d’un chemin vers la guérison et au-delà du processus, une rédemption marquée par cette réconciliation que certains pensaient impossible. Le lien était trop fort pour être brisé à jamais. Derrière les lignes qui nous font revivre la scène entre deux vieux amis qui tombent dans les bras l’un de l’autre, il y a le lecteur, totalement bouleversé par l’instant décrit. Apothéose des retrouvailles pour nos protagonistes le 31 mai 2011 à Sydney où The Cure rejouera l’intégralité de ses trois premiers albums dans le cadre du projet Reflections. Plus de vingt ans après son départ forcé, Lol Tolhurst, derrière ses percussions et son clavier, retrouve, avec une émotion débordante, ses plus vieux amis. Si le clin d’œil symbolique ne sera pas pour autant un signe de ralliement avec l’équipe, il marque aux yeux du public la reconnaissance d’un artiste au sein d’un mythe encore vivant. Une page se tourne alors, avec pour décor la sérénité retrouvée en pleine cité des anges.

La chronique en ligne ici

Ivlo Dark
addict-culture.com 21 mars 2017


- Cured la chronique

“Une histoire forte comme un roman. Vous tenez en mains avec ce livre l’histoire d’une rédemption, celle d’un homme plongé trop vite dans un univers irréel, celui des célébrités et de l’industrie de la musique, qui cherchera une sortie qui aboutira en ce livre… Le début du livre est écrit avec un souffle romanesque qui ne ferait pas tache dans l’univers d’un Irvine Welsh, le créateur de _Trainspotting_… Ce qui vous fascinera encore une fois le livre fermé, c’est cette sensation de sauter dans le vide pour échapper à une vie banale et ennuyeuse… C’est publié aux éditions Le mot et le reste, définitivement une collection que je vous encourage à explorer.

Réécouter l’émission dans sa totalité

Éric Chouan
Chog radio // Mission Encre noire 7 mars 2017

- Backstage

Intime et passionnant, Cured – Two Imaginary Boys_, n’est pas une biographie comme les autres du célèbre groupe The Cure, c’est un témoignage historique, vu de l’intérieur, par un de ses membres les plus éminents : le co-fondateur et co-parolier Lol Tolhurst. Grand ami du leader légendaire Robert Smith, dont la rencontre à l’âge de cinq et six ans sur le chemin de l’école est dépeinte. Celui qui fut également le batteur puis le claviériste du groupe jusqu’à son éviction lors de la sortie de Disintégration, raconte, sans filtre, cette histoire d’amitié entre deux copains, les hauts et les bas du groupe et son parcours personnel, lui l’alcoolique repenti. L’envers du décor et l’envol vers les sommets des imaginary boys à la new wave teintée de coldwave sombre est remarquablement décrit à travers trois grandes parties : voilà à quoi ça ressemblait, ce qui s’est passé et comment les choses sont à présent. Riche de photos d’archives inédites (dont une partie de la collection personnelle de l’auteur), l’ouvrage passionnera les adeptes de ce groupe mythique au look singulier et aux titres immortels.

Lire l’article sur le site de Zibeline

Frédéric Isoletta
Zibeline mars 2017

- Interview de Lol Tolhurst

Lol Tolhurst n’est pas un homme religieux mais il se souvient de ce vieillard, un soir de 1995 dans le désert californien, qui posa sa main sur son front et lui glissa quelques mots d’encouragement. Le lendemain, l’ancien batteur et clavier de The Cure pouvait enfin commencer à panser les plaies de son éviction, sept ans plus tôt. «Quand tu es alcoolique, tu dois croire en quelque chose en dehors de toi qui puisse te donner un sens pour arrêter», dit-il au téléphone. Il lui a fallu plus de temps encore pour trouver «en dehors de lui» un autre instrument de guérison, cette biographie qui sort maintenant et qui met en mots son histoire — Cured, Two Imaginary Boys est aussi celle de Robert Smith et d’un groupe à part. Coup de fil à Lol Tolhurst, 58 ans et heureux de vivre.

Dès son titre, «Cured» (guéri) joue sur la fonction d’exutoire de livre. Vous «deviez» l’écrire?
Oui, absolument. J’aurais d’ailleurs pu le faire plus tôt, mais je ne pense pas que j’aurais eu le recul nécessaire pour apprécier les événements avec la bonne perspective. Il m’a fallu du temps pour comprendre ce qui s’est vraiment passé. Je suis heureux car les réactions jugent mon livre honnête et clair. Certains aimeraient y voir plus de drame et de misère – ça continue de m’étonner que l’on court après cette vision – là, me concernant. Je suppose que mes années d’errance ont projeté de moi une image d’un seul bloc d’un mec affreusement glauque.

Peut-être que les trois albums composant «la trilogie cold wave» ont imposé The Cure comme un groupe particulièrement morbide?
La musique a toujours été pour nous de l’art, elle ne nous représentait pas tels que nous étions réellement. Sinon, nous serions déjà morts! (Rire)

En termes de contre-pied, on est étonné de vous savoir résident de Los Angeles depuis 1995!
J’ai découvert la Californie en tournée avec The Cure, j’en suis tombé amoureux et j’ai refait ma vie ici. Pas le meilleur choix pour vivre en anonyme: les deux endroits sur la planète où Cure est archiconnu sont la France et la Californie. Je dois toujours me laver les dents avant d’aller au supermarché, je sais qu’on me reconnaîtra. Mais même lors de mon procès avec le groupe, les fans ont toujours été sympas, jamais haineux. Ils m’ont aidé à tenir.

Écrire votre biographie, était-ce aussi écrire par ricochet celle (pas encore rédigée) de Robert Smith?
J’ai voulu être très prudent sur ce point et préciser en prélude qu’il s’agit là de mes mémoires, de ce dont je me souviens. Cela dit, le début du livre ne raconte que des choses que seuls Robert et moi pouvons savoir – nous nous connaissons depuis l’âge de 5 ans! Je pense qu’il les raconterait de la même manière. Je lui ai demandé s’il avait l’intention d’écrire sa biographie. Il m’a répondu qu’au mieux, il avait en lui de quoi faire un comic book de 16 pages, rien de plus! Il est comme David Bowie, il ne se raconte que dans son art. Pour moi, en revanche, ma biographie était une façon cathartique de révéler qui je suis, ce qui s’est passé. Tout le processus a été une grande aide.

Robert Smith s’est-il montré inquiet de votre projet?
Il ne me l’a pas dit, en tout cas. Il me connaît assez bien pour savoir que je suis la seule personne qui écrira de façon constructive et bienveillante notre histoire commune. Je suis le seul à savoir où les corps sont enterrés! (Rire) Je lui ai envoyé une copie des épreuves finales. Connaissant Robert, je sais que j’aurais entendu parler de lui très vite s’il y avait eu quoi que ce soit qui lui aurait déplu.

En 2011, vous êtes remonté sur scène avec The Cure. Etait-ce un univers totalement différent que les concerts de 1988?
Oui, tout est plus organisé, cadré, sécurisé. En 1988, on faisait des concerts de stade comme si on jouait dans un club. Les coulisses étaient un vrai bordel. Là, je découvrais des backstages avec des espaces pour les enfants! Mais c’est normal, nous avons tous grandi, fondé des familles – bien que nous ayons peu changé. On dit que sur scène, on n’a pas d’âge. Rien de plus vrai.

Au Paléo en 2012, Smith nous avait reçus sans ôter son mascara. L’avez-vous vu sans rouge à lèvres?
Rarement! Il a ce look depuis Pornography, c’était juste une évolution du punk et de notre fascination pour les poètes romantiques français. Une fois que Robert a trouvé quelque chose qu’il aime, il n’en change pratiquement jamais plus. Ses pédales d’effets, par exemple, sont toujours les mêmes que celles qu’il a adoptées au milieu des années 1980. Il a acheté la compagnie qui les fabriquait pour être certain d’avoir toujours le même son!

À cette époque, le groupe passe de la scène rock aux hit-parades pop. Comment avez-vous ressenti ce changement d’échelle?
C’était à la fois inattendu et espéré car nous pensions avoir mérité ce succès, depuis huit ans que nous vivions sur la route de façon frugale. L’aspect déconcertant, c’était de passer d’un public de mecs mutiques à une foule de filles hurlantes. Et puis, Robert est devenu une icône pop, la presse nous envisageait de façon plus légère. Ça nous frustrait un peu mais nous jouions le jeu.

Avez-vous plus souffert de votre éviction du groupe ou de la perte d’une amitié?
L’amitié, clairement. Quand nous nous sommes réconciliés en 2000, ce fut une immense joie pour tout le monde. Jouer dans The Cure, connaître la gloire, le succès, j’ai adoré mais, au final, ça reste accessoire. L’amitié, ça ne se négocie pas.

La Chronique

Malheur aux gentils

Il sourd une tristesse infinie dans le regard de Lol Tolhurst. Dans nos souvenirs et sur les photos d’archives apparaît un visage banal, pataud. Des cheveux trop frisés pour être crêpés, un corps trop massif pour rivaliser avec la grâce féline de Robert Smith. «Le Cure» le moins glam. L’éternel second couteau qui doit moins à son talent propre qu’aux circonstances sa place au panthéon rock. Dans sa biographie sans fard (un comble pour The Cure), le musicien de 58 ans ne s’en cache pas : batteur moyen, clavier par défaut quand le groupe est devenu plus «pop», il a épaulé Robert Smith de son amitié dès les bancs d’école, «weirdos» de leur bled du sud londonien. Ses percussions dépressives, pourtant, rythment les trois grands albums du groupe (Faith, 17 Seconds et Pornography). Sans entrer dans trop de détails, d’une plume précise, chronologique et sage, tout en révérence (et en relative discrétion) envers un Robert Smith qui ne se résolut à le virer qu’une fois le cap du delirium tremens franchi, Lol Tolhurst se livre en gentil malheureux, bouffé par un alcoolisme atavique puis par la culpabilité d’avoir perdu sa place dans l’un des plus grands groupes du monde, celui de ses rêves d’adolescence. Il y replonge avec noblesse.

François Barras
24 Heures 25 février 2017

- Cured

Jean Rouzaud profite de son créneau chez David Blot & Sophie Marchand pour parler de l’autobiographie de Lol Tolhurst.

À réécouter en podcast sur le site de Nova

David Blot & Jean Rouzaud
Nova // Le Nova club 16 février 2017

- "C'est la vérité". The Cure, entretien avec Lol Tolhurst

Batteur puis claviériste du groupe de Robert Smith dans ses grandes années, Lol Tolhurst raconte de l’intérieur la fascinante aventure new wave.

Cure ou The Cure. Au choix. Un groupe. Un groupe, anglais, pas comme les autres. Ceux nés après la mort de Kurt Cobain ne peuvent simplement pas comprendre ce que la bande à Robert Smith a représenté pour des millions de fans au cœur des années 80. Au moins cinq albums obligatoires, dont “Pornography”, en 1982, qui a influencé plusieurs générations, de la pop au hardcore, du metal au hip hop. Un style inclassable. Ecouter Cure, c’est plonger dan l’inconnu. C’est peut-être le seul groupe à n’appartenir à aucune famille. On a parlé de new wave, de cold wave, les formules étaient creuses, loin du compte. Cure est Cure et rien d’autre. Capable d’écrire une chanson à la noirceur définitive et une pop song aérienne et à la naïveté improbable sur le même album. Cure aimait Bowie, Captain Beefheart, Wire, les Stranglers, Hendrix, Nick Drake et ça ne s’entend même pas. Jamais !

[...]

ROCK&FOLK: Première question, Lol: Vous êtes né le jour de la mort de Buddy Holly. Y voyez-vous comme un signe?
Lol Tolhurst: J’ai essayé d’établir une connexion (rires). L’un s’en va et un autre arrive… Mais je ne sais pas si c’est bien crédible tout ça (rires)…

R&F: Avez-vous envoyé votre livre à Robert Smith?
Lol Tolhurst: Oui, bien sûr j’ai donné le tout premier exemplaire à Robert. Avant la publication. Pas pour obtenir on accord, je voulais juste être complètement transparent. J’ai décidé d’écrire ce livre en 2013. A l’époque, j’étais allé avec ma femme à Hawaï pour voir les Cure jouer là-bas, pour la première foi. Et c’est là que j’ai dit à Robert que j’allai écrire un livre. Et quand je m’y suis mis, je lui envoyais régulièrement des chapitres. C’était la meilleure façon d’éviter le moindre problème. Quant à Simon (Gallup, le second bassiste historique), je ne sais pas s’il l’a lu mais il m’a dit qu’il était ravi que je l’écrive, que c’était une très bonne idée…

R&F: À vous lire, on devine que la batterie, dans votre vie, relève presque de l’accident…
Lol Tolhurst: Ouais, probablement. Et c’est pour la même raison que Michael Dempsey est devenu le bassiste. Parce qu’il jouait déjà de la guitare. Quand on commence, on doit parfois faire un choix par défaut. Mais j’ai appris à aimer ça.

R&F: “Cured”, votre livre, est-il avant tout une forme de catharsis ?
Lol Tolhurst: Absolument ! Il fallait que je le fasse. Il y a souvent des jeunes musiciens qui me posent de questions. Je leur dis que s’ils font ce métier pour l’argent, le succès, les filles, ils se trompent. Il faut le faire parce que c’est plus fort que soi, parce qu’on ne peut pas ne pas le faire. Et ce livre, je ne pouvais pas ne pas l’écrire. Je voulais en premier lieu m’expliquer ma vie à moi-même. Les Cure, ma relation avec Robert, sont comme une colonne vertébrale dans le livre, sur laquelle j’ai pu accrocher mes sentiments.

R&F: Une chose très frappante c’est que, malgré la souffrance, les addictions, vous n’êtes jamais aigri, jamais en mode vengeance. Pourtant, vous avez traversé des épreuves, comme ce procès terrible qui vous opposera au groupe après votre éviction. La seule personne que vous n’épargnez pas, c’est vous finalement…
Lol Tolhurst: Je voulais être honnête, ne pas tricher sur ce que j’ai pu ressentir et faire. Mais il y a certaines choses que j’aurais pu écrire et que j’ai choisi d’ignorer parce qu’elles ne m’auraient pas permis d’aller mieux. Et puis, les livres de règlements de compte, très peu pour moi. J’ai lu l’autobiographie de Morrissey. La première partie où il raconte sa jeunesse à Manchester est formidable mais ensuite, il ne fait que déverser sa haine sur ses anciens amis, c’est ennuyeux et pénible. Moi, je suis resté en contact avec tous mes amis d’enfance et d’adolescence : Robert, Simon, Porl, Michael… Et je ressens encore beaucoup d’amour pour chacun d’eux. C’est aussi ce que je voulais dire dans ce livre.

[...]

Retrouvez l’interview en intégralité dans le numéro de Rock&Folk en kiosk ce mois-ci.

Jérôme Reijasse
Rock&Folk Mars 2017

- Un homme imaginaire
Voici la première autobiographie de l’un des membres fondateurs de The Cure, groupe désormais mythique. Lol Tolhurst fut, dans un premier temps, le batteur de The Cure avant d’en devenir le claviériste à partir de 1983. Il en fut évincé, en 1988, pour cause d’addiction à l’alcool, devenue intolérable pour sa propre survie et celle du groupe. C’est son ami d’enfance et âme damnée de la bande qui lui annonça la nouvelle. Robert Smith en était malade, mais la décision était indispensable pour l’avenir du groupe. Ce livre retrace magistralement et subjectivement l’histoire de ces “deux garçons imaginaires”. Dans cet ouvrage truffé d’anecdotes, connues ou non selon le degré d’addiction aux Cure, on découvre un aspect de l’un des membres les plus honnêtes et sincères des Cure, qui ne sera adoubé qu’à l’occasion d’un retour court et improbable en 2011. Ce livre,qui se lit comme un roman, peut également être appréhendé comme une lettre de motivation pour vivre une nouvelle aventure avec les potes des débuts. On souhaite que Lol Tolhurst y parvienne !
P.B
Yonne Mag 18 février 2017

- The Cure : gothiques cools

Garçons sensibles et imaginatifs

Avec The Cure, on touche à un groupe à part, à un mouvement d’ados sensibles et décalés, mais aussi à un combo aux sonorités envoutantes, aux mélodies marquantes. Cure, les rois du « climat ».

Corbeaux noirs

Leur look de corbeaux noirs, post gothiques, un peu raté, m’avait bloqué façon Indochine…Au début, ils se sont beaucoup cherchés, comme Depeche Mode, dans un style new-wave assez garçon coiffeur, et qui leur valu bien des vannes de drogués, habillés dans une poubelle et autre finesse sur leur identité sexuelle…

Très anglaise, cette identité de « look » puis d’attitude qui font un groupe pop ou rock. Finalement, les chiffons noirs, les manteaux longs, les coupes de freaks hiboux, crêpés à la laque, leur ont réussi. Mecs à part.

Seventeen Secunds ou Faith, deux albums tristes, atmosphériques, pluie et vitres mouillées sur la pochette, et des envolées de guitares cristallines parfaites franchissant les cieux de l’adolescence prolongée et nostalgique, mais le tout parfaitement dominé et contrôlé par un excellent groupe.

Le livre de Lol Tolhurst, ex batteur, puis clavier jusqu’en 1988 (autant dire longtemps), intitulé Cured. Two imaginary Boys, chez Le Mot et Le Reste, est à part, écrit par un membre rejeté (puis récupéré 10 ans plus tard). Récit d’une peine, d’une désintoxication…

L’éternelle histoire des potes d’enfance, du succès grisant, des anecdotes de tournées, puis la fatigue, la dope, le divorce ou split fatal et les procès nuls et ruineux jusqu’au bout de la haine.
Mais avec ce témoignage triste et vrai, on se souvient de ces gars de la banlieue sud de Londres (Crawley), et des surprises qu’ils ont réussi à créer, au milieu d’un tsunami de groupes excités, puis de leur solidité, de leur durée, et des concerts réussis, envoûtant des foules de fans.

C’est l’histoire parfaite des modes : venant de partout et de nulle part, d’une alchimie entre quelques garçons, puis de l’inspiration d’un leader (Robert Smith), symbolique, représentatif d’une inspiration commune et décalée.

Avec le 3e volet de Pornography, avec le livre de Camus, L’Etranger, dont ils tirent un titre scandale Killing an arab, on vit pointer la provoc et la culture punk, la maturité pour ces ados romantiques ?

En réalité Cure restait Cure, mais le succès rend imprudent, ou trop culotté et ces Anglais gauchistes, altermondialistes et banlieusards devaient rester proches de leur public, représentatifs de leur frange et finalement forts de leur position unique sur la brillante scène british.

Avec Cure, émotion, ressenti, amitié… et un idéalisme peut-être un peu court, mais nourri d’originalité, et surtout de l’excentricité british à laquelle on pardonne beaucoup car, une fois encore, les morceaux sont bons, et les albums vraiment attachants, mélodiques, avec basse et batterie parfaites pour laisser décoller des guitares sorties de nulle part, « atmosphériques » comme on dit.

Déprime cool ?

L’esthétique gothique, morbide, dépressive… trouve un équilibre relâché et presque cool, avec ces éternels gamins, dans une pop inattendue. L’héritage des poètes anglais : Byron, Shelley, Milton, Blake… jouent en fond culturel, même si c’est un amalgame approximatif. Les grands succès sont souvent le fruit de ces rapprochements bizarres.

Cure a fait son trou, en forme de tombeau, un vieux cliché qui date des Count Five, des Damned ou des Cramps, et de tous leurs enfants vampires mais qui fonctionne encore ?

Retrouvez l’article de Jean Rouzaud sur le site de Nova

Jean Rouzaud
novaplanet.com 13 février 2017

- Cured

Autant vous prévenir de suite, ce premier livre de Lol Tolhurst, traduit en français par David Gressot, n’est pas une biographie des Cure mais bien une autobiographie. Bien sûr il y est question des Cure vu que le groupe a marqué durablement la vie de celui qui en fut le batteur originel et qui traversa toute la grande période, de 1977 à 1989, mais ce recueil de souvenirs parle avant tout d’une rédemption, celle d’un être qui s’est perdu et noyé dans les délires et les affres de l’alcool et qui a dû passer par un certain nombre d’épreuves pour revenir au monde.
Le texte se déroule de façon chronologique et l’auteur se focalise avant tout sur ses souvenirs et ce qu’il en retient plus que ce sur quoi le fan aimerait qu’il s’attarde. Au centre du récit, il y a une amitié, celle de deux garçons qui se sont rencontrés alors qu’ils n’avaient que cinq ans et qui vivront des tas de choses fortes ensemble : découverte de la musique, premiers concerts, succès international, joie et doutes de la création… Pourtant, peu de choses sont dites au bout du compte sur qui est vraiment Robert Smith. On sent chez Lol une profonde admiration pour son camarade et on voit aussi la différence fondamentale entre les parents aimants et encourageants de Robert (dont un père qui brasse sa propre bière) et ceux de Lol (un père alcoolique distant, une mère pieuse qui mourra d’un cancer pendant l’enregistrement de Faith, le troisième album du groupe). Ils furent tous deux les premiers punks de Crawley, une bourgade du sud de Londres où règnent ennui, chômage et tensions sociales. Là bas, les jeunes excentriques et efféminés comme Lol et Robert y font face aux insultes permanentes des skinheads. Dès l’adolescence, ils collectionnent les vinyles, écoutent les émissions radio de John Peel, vont voir de vieux nanars au cinéma et lisent autant qu’ils peuvent. Au rythme de trois répétitions par semaine chez les parents de Robert, ils bossent dur pour maîtriser leurs instruments et fantasment des vies à la marge loin des paysages mornes qu’ils connaissent et des asiles psychiatriques. Le 20 décembre 1976, ils donnent leur premier concert sous le nom de Malice, avant de se rebaptiser Easy Cure puis The Cure pour le côté plus punk.

Les révélations se feront assez vite en écoutant The Stranglers, l’album Low de David Bowie, Siouxsie & the Banshees mais surtout Wire dont l’attitude minimaliste définira leur orientation musicale. Les choses vont s’accélérer avec la rencontre de Chris Parry de Polydor qui allait créer le label Fiction Records en 1978. Mis de côté lors du mixage du premier album Three Imaginary Boys, dont on leur a imposé la pochette, les Cure resteront frustrés par ce disque. Le succès sera néanmoins immédiat et le groupe va entamer des tournées interminables. On sent que Lol se régale de nous conter ces anecdotes sur la route et souvenirs de club. Déjà très porté sur l’alcool, ce dernier causera le renvoi d’une tournée avec Generation X, et pour cause, il avait uriné sur le leader, Billy Idol. De l’Europe aux États-Unis, les concerts sont complets mais c’est vraiment avec l’arrivée de Matty Hartly au synthé et de Simon Gallup à la basse (alors que Michael Dempsey part rejoindre The Associates) que le projet trouvera une nouvelle direction qui leur convient. Ils posent alors leurs instruments dans de nombreux clubs mythiques, le Hurrah’s de New York, le SO36 de Berlin, etc. Lol rassemble les souvenirs de tournée en pagaille. Sur l’année 1980–81, ils ont fait pas moins de 250 représentations. Ils rencontrent alors aussi bien Mission of Burma que The Specials, se font arrêter pour ivresse en Hollande et fournissent des pots de vin aux douaniers. Créativement à leur pic avec la trilogie Seventeen Seconds – Faith–Pornography – ce dernier étant pour Lol ce qu’ils ont fait de mieux, un album qui aurait d’ailleurs dû être produit par Conny Plank -, leur consommation de drogue et de breuvages alcoolisés augmente, à quoi s’ajoute une fatigue permanente. Leurs teints sont blafards, ce qui colle parfaitement aux atmosphères musicales sombres et dévastées qu’ils explorent alors. C’est à cette époque que Lol est obligé de se traîner un seau pendant les concerts car sa vessie trop petite ne lui permet pas d’assurer l’intégralité des concerts sans faire plusieurs pauses pipi. Pas très romantisme noir, vous me direz? Hé bien, oui, les Cure aiment la bière et le football. Les tensions entre Simon et Robert sonneront le glas de cette période de suractivité. C’est là que Lol vient en France se ressourcer et produit au passage le premier album d’And Also the Trees et le premier maxi de Baroque Bordello.

Lol Tolhurst s’attarde ensuite longuement sur l’enregistrement de « Let’s Go To Bed », « The Walk » et « The Lovecats » car c’est durant Japanese Whispers qu’il sera actif plus que jamais dans les compositions et qu’il passera de la batterie aux synthétiseurs. Par la suite, on sent bien que le projet ne devient plus que la vision de Robert Smith et lui même se voit de plus en plus devenir comme un employé. Ils jouent dans des stades, enchaînent les télévisions, explorent de nouvelles contrées (le Japon, l’Amérique du Sud… ) mais sa dépendance devient pesante pour tout son entourage. Il devient un boulet jusqu’à l’enregistrement de Disintegration où Robert lui envoie une lettre sans appel. Accablé, Lol va alors traverser une longue période de dépression. Rongé par la tristesse et l’esprit de vengeance, il s’aventure dans un procès à la Cour de Justice qu’il perdra en 1994. Il entre dans des cercles concentriques d’autodestruction. Sa vie personnelle est tout aussi compliquée. La cure de désintoxication s’impose. Il faudra qu’il parte en Californie et qu’il se lance dans une véritable quête spirituelle au sein de la Vallée de la Mort pour revenir plus serein afin de pouvoir retrouver le goût de la créativité (notamment avec ses projets Presence ou Levinhurst) et de demander le pardon. Les retrouvailles en mai 2011 pour la tournée Reflections marquent un moment charnière pour lui : la réconciliation avec la personne qui a compté le plus dans sa vie, Robert Smith. Une histoire d’amitié, de trahison et d’amour.

Cured alterne ainsi des moments drôles et d’autres bien plus poignants. Lol émeut, car on sent bien que pour lui la musique a été une échappatoire et qu’il a réussi, malgré les nombreux coups durs, à remonter la pente. Le style n’est pas parfait, un peu à l’image de son auteur qui a toujours dit qu’il n’était pas un bon musicien mais qu’il avait la volonté de l’être. Le livre se lit néanmoins avec grand plaisir. Les pages sur la première période sont très éclairantes pour savoir d’où le groupe vient. En revanche, les amateurs du Cure de la deuxième moitié des années 80 – en gros de Head on the Door à Disintegration – seront frustrés car à cette période, Lol était comme absent à lui même et comme en dehors du groupe. Les pages sur la traversée du désert des années 90 sont, quant à elles, assez dures. Mais Cured demeure un beau témoignage, des années d’innocence à la chute jusqu’à la rédemption et réconciliation avec le monde et avec soi même.

Mäx Lachaud
Obskure Magazine Février 2017
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