Parution : 18/02/2016
ISBN : 9782360541942
160 pages (14,8 x 21 cm)

15.00 €

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Voisins animaux

5 février 1854

J’ai si longtemps suivi ces traces que mes pensées se sont enrenardées ; bien que cheminant en sens inverse du renard, chaque pas me rapprochait davantage de lui. Aussi étrange que cela puisse paraître, j’ai cru plusieurs fois repérer son odeur, sans même me baisser.

Sélection de Michel Granger
Traduit de l’américain par Brice Matthieussent
Naturaliste amateur mais passionné, Thoreau offre une multitude d’observations stimulantes sur plus d’une soixantaine d’animaux et un questionnement foisonnant par lequel il compte élargir le champ de l’expérience humaine. À partir de la sélection du volumineux Journal de Thoreau (1837–1861) et de Walden (1854), Michel Granger a composé un recueil des principaux textes dans lesquels le philosophe américain de la nature interroge son rapport aux animaux. Alors qu’ils sont disséminés dans son œuvre, le regroupement de ces extraits présente un panorama cohérent de sa réflexion sur l’animalité ; l’anthologie révèle un intérêt, tout au long de sa vie, pour ceux que Thoreau (1817–1862) appelle ses « voisins », ses « co-habitants », voire ses « amis » ; elle montre la persévérance de sa quête méthodique d’information sur ceux qu’il perçoit comme des semblables. Il faut bien entendre la provocation anticonformiste qui sous-tend la préférence pour les « voisins animaux » et le rejet des habitants de Concord auxquels il reproche d’être englués dans le culte de l’argent et les traditions.

Lire un extrait

Revue de presse

- Voisins animaux Noé Gaillard Daily Books 19 mai 2016

- Voisins animaux

Une sélection de 63 observations d’animaux réalisées par Henry D. Thoreau pendant son séjour à Walden. Et une certaine façon de voir le monde que le titre nous donne déjà à comprendre. En effet, en considérant les animaux comme nos voisins, Thoreau nous propose implicitement d’essayer de vivre avec eux comme nous vivons avec nos voisins : « en bonne intelligence ».

On notera ensuite que les animaux sont présentés par ordre alphabétique – ce qui implique à mon sens qu’ils peuvent être lus à la convenance de chacun – et que le premier est – à tout seigneur, tout honneur – l’abeille (on se souviendra d’un proverbe qui dit que l’homme disparaîtra lorsqu’il n’y aura plus d’abeille). Le dernier animal présenté est le vison, il est simplement décrit et l’on note la manière d’observer de Thoreau : immobilité et patience. J’ai pour ma part relevé le nom d’un animal que je ne connaissais pas : la Barbotte brune… c’est un poisson – avec un nom pareil, j’aurais pu m’en douter !. Et un des premiers que je suis allé lire est le cheval, avec le chat, le chien, le coq et le cochon, le bœuf et la vache il fait partie des « civilisés ». L’observation est particulière parce qu’elle s’appuie sur le rapport entre l’agriculteur qui utilise la force de l’animal sans avoir passé de « contrat » avec lui. Comme dit Thoreau, l’homme n’éduque pas le cheval, il l’utilise.

Pour tous ceux qui observent des animaux soit occasionnellement en des endroits précis, soit régulièrement parce qu’ils habitent un lieu de nature, ce livre ne peut être que passionnant. Pour les autres, on peut souhaiter qu’il leur donne envie d’observer à leur tour… commencez par les araignées et leurs toiles ou les fourmis, si les oiseaux sont trop loin… Et puis vous avez peut-être un chat, un chien ou un poisson rouge à domicile (la fausse immobilité des poissons d’aquarium est fascinante).

Bonne lecture.

Lisez cette chronique sur le site de Daily Books

Noé Gaillard
Daily Books 19 mai 2016
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