Parution : 06/09/2018
ISBN : 9782360548101
208 pages (148x210)

Un court instant de grâce

André Bucher dit l’éveil et la fierté à défendre sa terre, dans un récit somptueux de maîtrise et de poésie… C’est beau… Intensément beau!

Mathieu Lartaud – Decitre Grenoble

Avec la complicité des saisons et des éléments qui ne comptent pas se plier aux règles que les hommes croient leur imposer, Émilie s’occupe tant bien que mal d’une terre qui se mérite, dernière gardienne des lieux depuis la mort de son mari et le départ de son fils. Ce quotidien solitaire bascule avec le retour providentiel de son amour d’enfance, Victor, et l’arrivée d’entrepreneurs bien décidés à décimer la forêt environnante pour nourrir un gargantuesque projet de centrale à biomasse ironiquement loué comme écologique. S’ensuivra une lutte, un réveil de la vallée et de ses protagonistes qui se pensaient endormis, entre intérêts politiques, prises de conscience, paresse intellectuelle et résistances acharnées. Chacune et chacun jouera son rôle et donnera au récit sa force, à l’image de l’indomptable montagne de Palle qui domine les lieux et tire sa beauté de ses contrastes.

Revue de presse

- Interview - Balade dans la Drôme en compagnie de l'écrivain et paysan écolo André Bucher Denis Cheissoux France Inter // CO2 mon amour Samedi 13 octobre
- Les coups de cœur des libraires et les bibliothécaires La rédaction La Dépêche 15 octobre 2018
- Un court instant de grâce Patrick Beguinel Litzic.com 9 octobre 2018
- Un court instant de grâce Yvon Bouëtté Eireann Yvon 17 juillet 2018

- Interview - Balade dans la Drôme en compagnie de l'écrivain et paysan écolo André Bucher

Défense de sa terre et de ses arbres… Ce sont les mots d’ordre de nouvel opus d’André Bucher

Au menu

Une balade dans la Drôme, à Montfroc, sur les terres d’André Bucher, écrivain et paysan écolo.
Denis Cheissoux est allé le rencontrer chez lui à l’occasion de la sortie de son dernier ouvrage joliment intitulé Un court instant de grâce (publié chez Le mot et le reste). La montagne de Lure et la montagne de Palle ne sont pas loin, et déjà se dessine une résistance pour préserver les arbres et les forêts environnants. Pionnier de l’agriculture bio en France, André Bucher nous conte son refus de déboiser pour replanter des pins.

Réécouter l’émission en podcast sur la page de CO2 mon amour

Denis Cheissoux
France Inter // CO2 mon amour Samedi 13 octobre

- Les coups de cœur des libraires et les bibliothécaires

La cinquième édition de la rentrée littéraire d’automne s’est déroulée à la Mémo. Près de 600 romans sont attendus cette année, le choix ne sera pas aisé. Qui, mieux que les libraires de la Femme Renard, du Bateau Livre et les bibliothécaires de la Mémo, pour nous guider dans ce dédale ? Une centaine de lecteurs avertis ont participé à cette soirée, impatients de découvrir les coups de cœur de cette cuvée littéraire automnale. En tout, 28 ouvrages très divers ont été mis en avant dont Un court instant de grâce d’André Bucher.

Lire l’article sur le site de La Dépêche

La rédaction
La Dépêche 15 octobre 2018

- Un court instant de grâce

Qui n’aime pas quand, lors de la coupe de France de football, le petit Poucet gagne contre l’ogre de 1ére division ? Qui n’aime pas quand l’opprimé se révolte et renverse un état ? Nous avons tous une certaines propension à défendre la veuve et l’orphelin, mais dans la réalité, les événements et leur conclusion ne donnent pas toujours gain de cause au plus faible des deux. Dans Un court instant de Grâce d’ André Bucher (aux Éditions Le mot et le reste), nous suivons le combat d’un petit village contre l’implantation d’une centrale à biomasse.

Émilie vit seule dans sa ferme, sur les contreforts de la montagne de Palle. Elle y est seule depuis la mort de son mari et voit d’un mauvais œil l’ONF implanter une centrale à biomasse à proximité. Cette usine incinère le bois des forêts pour produire de l’énergie, sans se soucier du fait qu’elle détruise l’écosystème. Entre écologistes fervents et industriels convaincus, la guerre est déclarée. Pourtant Émilie, elle, ne veut simplement pas que sa terre soit détruite en vertu du profit et d’une écologie bafouée.

Bon, ne vous attendez pas à un combat de zadistes contre les forces de l’ordre ou autres incidents guerriers, mais plus à un roman d’amour, de celui qu’un homme ou une femme, en l’occurrence, éprouve pour sa terre, le lieu où il a vécu toute sa vie, qu’il a apprise à dompter et à respecter.

Ce roman est très particulier dans sa forme car il est très poétique, possède une rythme lent, comme implanté dans la terre où vit l’héroïne, une terre qui vit au rythme des saisons, et haletant quant à la finalité de cette implantation subie (et de l’histoire d’amour entre Émilie et son amour de jeunesse retrouvé également).

Nous sentons sous la plume d’André Bucher une énorme tendresse pour ces lieux, loin de tout, où les gens vivent de peu de choses. En usant de ce ton poétique, il tisse une ode à la nature, à sa beauté, à ce qu’elle donne à l’homme et qu’il semble bien aveugle à voir ou à accepter. Il décrit aussi les relations entre les hommes, cupides ou bien totalement désintéressé, visant leurs intérêts personnels ou le bien de la communauté. Tout y est décrit avec finesse, sans pathos, avec une acuité moqueuse ou empathique. L’humour y est subtilement disséminé, apportant un léger relâchement dans tout le sérieux que vivent les différents protagonistes du roman.

Mais il vous faut absolument vous donner un exemple du ton utilisé par André Bucher pour que vous compreniez quelle est la poésie qui émane de ces presque 200 pages, car ainsi il vous sera plus facile de comprendre le style de cet auteur délicat :

« Un rire de neige masquait le chagrin hivernal des chênes toujours en délicatesse d’un futur feuillage.

Elle pensait à un drap couleur crème, tombé du ciel en plein sommeil. Qui donc rendre responsable de ce prodige ? Tout ce blanc lui filait le tournis. Un coloris délicat qui étouffait les taches d’encre de la mélancolie ? »

Au final, nous obtenons un roman romantique, bien campé sur une réalité concrète mais totalement originale dans son approche du sujet. Nous en ressortons comme d’un rêve, légèrement euphorique, abreuvé par ses descriptions flamboyantes et son charme léger comme une bulle de champagne.

Un court instant de grâce est un livre à conseiller aux amoureux de la vie, tout simplement.

Retrouvez la chronique du livre sur Litzic.com

Patrick Beguinel
Litzic.com 9 octobre 2018

- Un court instant de grâce

Note : 4, 5 / 5.

Instant tellement rare…
Neuvième roman de cet auteur dont j’ai lu, il y a longtemps « Déneiger le ciel » qui concourait à l’époque pour le prix « Cezam ».
Nous sommes dans la France profonde, loin des villes et des lieux touristiques. La France des oubliés qui se dépeuple et qui meure à petit feu. Il y a une montagne parfois nommée « Pâle » parfois « Palle ». Cette montagne boisée va devenir le sujet d’affrontement entre les rares habitants de ce hameau perché difficile d’accès.
Nous sommes en décembre 2015. Émilie est une femme du pays, elle vit seule depuis le décès d’Edouard, son époux, mort accidentellement. Leur fils Serge est parti voir ailleurs depuis 2009, loin dans le Nord. Il n’avait pas la vocation pour cette vie rude qui l’attendait en restant au pays. Le travail est rare, les hivers longs et froids, les femmes à marier encore plus rares que le travail. Seule solution pour la jeunesse, l’exil.
Mais la situation pourrait changer, la forêt intéresse des hommes d’affaires. La création d’une centrale à biomasse est envisagée. Pour cela il faut du bois, beaucoup de bois. Petit à petit les arbres plusieurs fois centenaires seront abattus et la forêt rasée. La résistance s’organise, Émilie en devient le symbole, elle est aidée en cela par Victor, son tout premier amour… ils avaient dix ans tous les deux. Dans le village deux clans s’affrontent, parfois au sein de la même famille. Le maire est ouvertement pour, ses arguments sont toujours et partout pareils, la création de postes, du travail à venir etc…etc… sauf que souvent les gens embauchés ne sont pas de la région ! Il pense aussi à sa réélection !
Les réunions publiques sont houleuses et les incidents se multiplient. Émilie est projetée à terre et blessée. Une jeune femme venant de la ville et prête à tout est dépêchée sur place. Elle use de son charme mais sans grand résultat. Serge revient pour tenter de convaincre sa mère de ne pas s’opposer à ce projet.
Émilie et Victor, aidés de quelques voisins, résistent malgré les menaces et intimidations…
Émilie, un personnage féminin lumineux. Humaniste et pleine de bonté mais opiniâtre pour défendre sa forêt et son monde. Une grande dame, un des plus beaux portraits de femme toute simple, une découverte au cours de mes dernières lectures. Beaucoup d’autres personnages dans cette fable moderne… quel monde laisserons-nous à nos enfants et petits-enfants ?
Une très belle écriture que j’ai beaucoup appréciée, les descriptions de la nature sont particulièrement réussies. Un roman écologiste que je recommande. Le pot de terre contre le pot de fer. Parfois la détermination de certains fait reculer le massacre de la nature qui, lui est uniquement dicté par le profit à court terme.

Extraits :
– « Les pâtures du vent », plaisantaient les rares bergers qui venaient là, sur le penchant, estiver leurs troupeaux.
– Il fallait aussi compter avec un autre genre de paroissiens, les corbeaux. Des raconteurs d’histoires souvent tristes, quelquefois drôles.
– Émilie n’aspirait plus qu’à se métamorphoser en ourse, enfouie dans le poudrin, avant de sombrer dans un grand tourbillon onirique.
– À cet instant précis, elle se sentait seule, vraiment seule et désemparée. À ne pouvoir se répéter que des histoires sans paroles de peur que les mots de se gèlent.
– Il accédait à un autre continent, à la fois déroutant et familier.
– Ce qui la dérangeait, chez eux, provenait du fait qu’ils n’étaient pas vraiment des militants.
– Il n’avait donc d’autre solution que de la convaincre en lui faisant miroiter son propre intérêt.
– Il paraît que dans le subconscient d’un chasseur existe un écologiste qui prend des somnifères…
– Il avait découvert la poésie sur les bancs de l’école mais comme de nombreux jeunes, il s’en était détourné durant l’adolescence, avant de se mettre sur le tard à la lecture et d’apprécier les œuvres de Dylan Thomas, John Milton, Walt Whitman, William Butler Yates et e.e.cummings, pour ne citer qu’eux.

Lisez la chronique sur le blog de Yvon Bouëtté

Yvon Bouëtté
Eireann Yvon 17 juillet 2018
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