Parution : 22/08/2019
ISBN : 9782361390532
128 pages (14,8 x 21,0cm)

Sur le bout de la langue

Ahmed Kalouaz parvient une nouvelle fois à saisir, en quelques pages, le potentiel romanesque du quotidien d’hommes et de femmes, avec la franchise et la douceur qui caractérisent son écriture.
Anciens amoureux, amis de toujours, bergers du Vercors, réfugiés maliens, immigrés algériens, ouvriers syndiqués… dans ces nouvelles, chacun trimbale son passé, avec plus ou moins de joie ou de tristesse, de regrets ou de nostalgie, mais toujours avec la certitude d’avoir été et d’être encore. Il n’est pas question de s’apitoyer ici, le futur reste toujours à écrire, pour plus ou moins longtemps. Pas de jugements non plus, mais un éventail précieux de vies et de paysages dissemblables pour montrer la complexité humaine et la riche diversité qui en découle.

Revue de presse

- Sur le bout de la langue Brigitte Aubonnet Encres vagabondes 14 octobre 2019
- La langue dans quelques-uns de ses états Lucie Cauwe LU cie & co 25 septembre 2019

- Sur le bout de la langue

La langue est l’art d’allier et d’harmoniser les mots pour exprimer la vie. Avec beaucoup de délicatesse, de tendresse et de respect, nous voyageons au cœur des émotions humaines. Même sur des thèmes douloureux comme la perte des mots chez une vieille dame, le décès d’un être cher, la pauvreté… beaucoup de sensibilité et de beauté émane de l’écriture d’Ahmed Kalouaz. L’amour, l’amitié s’expriment dans l’alliance poétique des mots pour évoquer l’indicible au fil de vingt-trois courtes nouvelles :

Il n’est jamais facile de vieillir et de perdre l’usage fluide de la parole : « Reconstruire des phrases qui se lézardent. Quand je retrouve le fil, il est trop tard, l’oiseau volette, et j’ai oublié l’enchaînement. C’est venu doucement, comme des clés que l’on égare, des cheveux qui blanchissent. Et l’on se retrouve honteux d’être surpris à chercher ce que l’on veut dire. »

Comment vivre après la perte d’un proche ? « Je fais dix pas vers la rive du lac. J’ai déposé l’urne sur une pierre, ouvert la bouteille. Les verres sont pleins. C’est la fin, nous sommes ensemble. Sans toi, je vais prendre patience. »

[…]

Le racisme dans les stades de foot est un mal qui malheureusement perdure : « Si je te parle de cette histoire ancienne, c’est que j’ai vu hier à la télé, le malheur d’un joueur noir comme moi, à qui des spectateurs ont lancé des cris de singe pendant un match. Le pauvre a pris le ballon dans ses mains pour arrêter le match, s’est tourné vers les arbitres et les dirigeants, avec l’air de demander de l’aide, d’implorer même, que ces gens aillent saisir l’individu par la veste, le virer du stade. Mais comme d’habitude, le match a repris. »

Voici des tranches de vie avec leurs bonheurs, leurs angoisses, leurs malheurs, leurs quêtes, leurs deuils… qui nous permettent aussi de rêver grâce à l*’écriture poétique d’Ahmed Kalouaz qui ouvre les portes de l’espoir.*

La chronique intégrale est en ligne

Brigitte Aubonnet
Encres vagabondes 14 octobre 2019

- La langue dans quelques-uns de ses états

On connaît sans doute mieux Ahmed Kalouaz comme écrivain pour la jeunesse. Il a notamment publié plus de dix romans pour ados au Rouergue. Mais l’écrivain né en Algérie en 1952 et arrivé en France peu après a aussi une œuvre considérable de dramaturge, de poète, de romancier, d’auteur de récits et de recueil de nouvelles en littérature générale chez divers éditeurs, dont “La brune” au Rouergue et Le mot et le reste. Justement, son dernier titre en date est un superbe recueil de nouvelles, “Sur le bout de la langue” (Le mot et le reste, 114 pages). Vingt-deux textes suivent celui qui donne son titre à l’ouvrage.

[…]

Toute la force de son écriture précise, descriptive sans excès, est qu’il leur donne vie. Ils rient ou ils sont tristes (“Le mot perdu, c’est la lumière qu’on n’arrive pas à retenir, la journée qui s’enfuit”). Ils philosophent mais ne pleurent pas sur eux-mêmes. Au contraire, ils ont de la force. Ils résistent. Que ce soit dans une quête amoureuse, dans des rêves, dans des histoires de leur passé (“Je n’aime pas dormir sans toi”), ils ont toujours l’idée qu’il y a aujourd’hui (“Marceau répondait tout en ne comprenant rien à ce qui se passait. Il ne connaissait pas de Cory, ni depuis huit jours ni depuis toujours”) et même demain. L’écrivain nous fait apprécier, aimer ses personnages qui ont souvent les mêmes références que nous, que ce soit en cinéma ou en balades ou en actualités, en prise avec leur vie qui est parfois un peu la nôtre. Qui appartient en tout cas à notre paysage familier. Ahmed Kalouaz donne une très belle présence à ces anonymes qui nous entourent et nous rappelle ainsi, par la vigueur de sa belle langue, combien peut être riche la diversité des humains. Comme l’énonce le grand-père de la dernière nouvelle: “Regarde bien, ici, nous avons le monde sur le bout de la langue.”

Toute la chronique est en ligne

Lucie Cauwe
LU cie & co 25 septembre 2019
Réalisation : William Dodé - www.flibuste.net - Mentions légales