Parution : 07/01/2021
ISBN : 9782361397029
120 pages (14,8 x 21 cm)

Encabanée

“Ce n’est pas seulement un roman d’apprentissage, de passage à l’âge adulte, ce n’est pas seulement un Thoreau au féminin et en raccourcit ni un texte sur le rapport vivant, c’est aussi une femme qui commence à écrire.”

Marie Richeux — France Culture // Par les temps qui courent

Lassée de participer au cirque social et aliénant qu’elle observe quotidiennement à Montréal, Anouk quitte son appartement pour une cabane rustique et un bout de forêt au Kamouraska, là où naissent les bélugas. Encabanée dans le plus rude des hivers, elle apprend à se détacher de son ancienne vie et renoue avec ses racines. Couper du bois, s’approvisionner en eau, dégager les chemins, les gestes du quotidien deviennent ceux de la survie. Débarrassée du superflu, accompagnée par quelques-uns de ses poètes essentiels et de sa marie-jeanne, elle se recentre, sur ses désirs, ses envies et apprivoise cahin-caha la terre des coyotes et les sublimes nuits glacées du Bas-Saint-Laurent. Par touches subtiles, Gabrielle Filteau-Chiba mêle au roman, récit et réflexions écologiques, enrichissant ainsi la narration d’un isolement qui ne sera pas aussi solitaire qu’espéré.

Revue de presse

- Interview de Gabrielle Filteau-Chiba Matthieu Delaunay La Relève et La Peste 25 janvier 2021
- La librairie francophone Emmanuel Khérad France Inter // La librairie francophone 23 janvier 2021
- Encabanée Scarlett Lea Touch Book 25 janvier 2021
- Encabanée Véronique Cassarin-Grand L'Obs 21 janvier 2021
- Encabanée Noé Gaillard Daily Passions 18 janvier 2021
- Encabanée Fanny Les libraires masqués du Grenier 13 janvier 2021
- Encabanée Erik Poulet-Reney Couleur Papier // Triage FM 13 janvier 2021
- Gabrielle Filteau-Chiba et sa cabane au Canada Marie Richeux France Culture // Par les temps qui courent 11 janvier 2021
- Sélection livre Hervé Marchioni France Bleu Loire Océan 10 janvier 2021
- Encabanée Les notes Les notes 8 janvier 2021
- Cinq romans de la rentrée littéraire 2021 pour bien commencer l'année Thomas Messias Slate 9 janvier 2021
- Encabanée Dominique Lin France Bleu Vaucluse 8 janvier 2021
- Encabanée Amadine Farges Encres vagabondes 8 janvier 2021
- Ecabanée, bribes d'une révolte intérieure Vincent Penninckx Le Suricate Magazine 7 janvier 2021
- Vivre et écrire dans le Kamouraska Isabelle Kortian Cause Commune // Le monde en questions 4 janvier 2021

- Interview de Gabrielle Filteau-Chiba

A l’occasion de la parution en France d’ Encabanée , l’autrice Gabrielle Filteau-Chiba a bien voulu prendre le temps de délier sa pensée de romancière des bois et des bêtes et d’en dire davantage sur ses passions et de la joie de vivre « en cabane ».

LR&LP : Encabanée est l’histoire presque autobiographique d’une femme qui quitte son appartement confortable de Montréal pour partir en forêt et plonger en elle-même. Le livre relate dix jours de cette expérience, mais vous y avez passé beaucoup plus de temps, pouvez-vous raconter la genèse de cette « fuite verte » ?
En 2012, c’était l’année des manifestations étudiantes au Québec, le « Printemps Érable », je travaillais comme traductrice dans une super boîte et avais décidé de prendre une semaine de vacances dans le Bas-Saint-Laurent.
Des amis louaient une maison à Kamouraska, j’ai planté ma tente dans leur cour et l’opération séduction a été si efficace avec la plage, les chutes cachées en forêt, les joyaux de la nature, que finalement, je suis restée cinq semaines.
Les humains étaient aussi beaux que la nature, une communauté alternative se tissait, j’ai trouvé que je me verrais ici et j’ai cherché des maisons ou des terrains à vendre. Et j’ai trouvé une cabane, avec un jardin juste à côté d’une rivière poissonneuse avec des pommiers qui donnaient déjà pas mal de fruits… Pour l’autonomie et le futur, c’était génial !

L’interview est à retrouver en intégralité sur La Relève et La Peste ou sur Mediapart

Matthieu Delaunay
La Relève et La Peste 25 janvier 2021

- La librairie francophone

Aujourd’hui on soutient le festival de la BD d’Angoulême qui commence en partie le week-end prochain, nous recevons une grande comédienne qui publie un livre confidence sur sa mère, figure culte du cinéma et on part en forêt sous la neige, au Canada.

La comédienne Sarah Biasini publie un livre touchant sur la maternité. Elle raconte son histoire personnelle liée à sa maman, Romy Schneider, disparue prématurément. Un récit qui explore le lien entre une mère et sa fille : “La beauté du ciel” publié aux Editions Stock.

C’est le Grand Prix d’Angoulême 2020. Emmanuel Guibert est déjà sur place pour une exposition, en marge du Festival de la Bande Dessinée d’Angoulême qui va décerner prochainement le Prix 2021. Il publie un petit bijou graphique qui imagine la rencontre entre un balayeur et un smartphone et vous allez l’entendre le sujet va bien plus loin et nous concerne tous ! : “Le smartphone et le balayeur” publié aux Editions Les Arènes BD.

Nous irons aussi dans une forêt canadienne sous la neige avec la québécoise Gabrielle Filteau-Chiba qui publie chez un éditeur Québécois et un éditeur français. Elle porte un regard singulier sur la nature qui va forcément vous ressourcer ! : « Encabanée » publié aux Editions Le Mot et le reste.

Une émission à réécouter sur France Inter

Emmanuel Khérad
France Inter // La librairie francophone 23 janvier 2021

- Encabanée

St Bruno de Kamouraska, une cabane , une rivière, une forêt ; comme une liste des indispensables à la survie émotionnelle. Tout ceci, tellement loin de Montréal et de ses lumières, de sa pollution, de son agitation et des attraits fantasmés voici ou nous emmènent Gabrielle Filteau-Chiba avec son roman « Encabanée ». Dans son livre l’auteur nous parle d’Elle qui effectue les gestes simples du quotidien, simples mais essentiels à la survie dans cet hiver glacial : allumer le feu, l’entretenir, éloigner les dangers, s’alimenter, se chauffer et garder la raison.

Elle, elle écrit aussi un journal de bord pour ne pas sombrer dans une folie de solitude et de froid et Elle lit pour s’abreuver de la connaissance des autres (d’ailleurs ce roman m’a donné envie de lire Anne Hebert).

Elle est aussi à la recherche des origines, les origines de la Terre Mère, de la femme des origines délestée de tous les attributs et concessions de notre monde occidental moderne. Elle sans inutile sérieux se définit comme « féministe rurale ».

Et dans cette immense solitude glaciale qu’elle s’est choisie, elle est aussi très humainement en manque de l’autre, du toucher, du regard de l’autre. Elle vit une expérience de survie incroyable de sensations parfois à la limite de la folie en allant chercher au plus profond de son être l’énergie de continuer vers le dépouillement de toute chose inutile.

[...]

Ce roman nous parle d’une femme qui décide de tout larguer pour retrouver un sens à sa vie en allant chercher au plus froid de l’hiver dans une simple cabane isolée dans une forêt l’essence même de sa vie. Elle y fait de belles rencontres tant avec elle-même qu’avec un homme fort de ses convictions.

Le livre est court mais dense, il nous donne envie de revenir à l’essentiel, de nous dépouiller de toute chose futile et inutile qui nous empêche d’être à l’écoute de nous même, tellement nous sommes le nez dans le guidon.

Une très belle lecture.

Une chronique à retrouver sur le blog Lea Touch Bookhttps://leatouchbook.blogspot.com/2021/01/encabanee-gabrielle-filteau-chiba.html

Scarlett
Lea Touch Book 25 janvier 2021

- Encabanée
Gabrielle Filteau-Chiba n’est pas une écologiste de salon. Cette traductrice qui vivait à Montréal en a eu assez de son travail dans un bureau avec vue sur un mur de briques et, plus encore, de “la folie des grandeurs des temps modernes” qui bousille la nature autant que les hommes. À l’hiver 2013, pour mener une vie conforme à ses valeurs, elle a liquidé tout ve qu’elle possédait en ville pour aller s’installer dans une cabane sans électricité ni eau courante ni chauffage sur un terrain qu’elle avait acheté dans un coin paumé du Kamouraska. Anouk, son double de papier et narratrice de ce court roman à la langue savoureuse en mauduit (pour ceux qui buteraient sur certaines expressions québécoises, un glossaire figure en fin d’ouvrage), fait le récit, entre détresse et autodérision, des premiers jours dans cet ermitage où une sévère vague de froid (-40°C) va mettre à rude épreuve son corps et ses idéaux. Par chance, un “gros matou plus noir que la nuit, aux yeux orange citrouille” viendra bientôt lui tenir compagnie, suivi de peu par un militant écologiste en cavale. Gabrielle a gagné son pari. Si la cabane a été depuis remplacée par une maison, elle vit désormais cette rude et somptueuse nature et se bat pour la préserver.
Véronique Cassarin-Grand
L'Obs 21 janvier 2021

- Encabanée

Si vous avez appris à aimer lire avec Croc-Blanc et Belliou la fumée de Jack London ou avec H.D. Thoreau (même éditeur), ce petit livre est pour vous. Vous remarquerez en couverture la présence de l’animal (plus un coyote qu’un loup sans doute), la présence de l’humain se manifeste elle par l’existence de la cabane et de la clôture. Attention ! Il ne s’agit pas d’un simple récit de plus à propos d’un retour à la nature. Commencez par lire le glossaire en fin de volume pour ne pas avoir à interrompre votre lecture, pour comprendre par exemple les mots « bibitte » et « mardi ». L’auteure est Québécoise et utilise les mots de sa langue dont certains ont changé de sens.

S’il me fallait qualifier ce livre d’un mot je dirais qu’il est né d’un refus. Gabrielle refuse de continuer à vivre selon le modèle de société qui est le nôtre. Et celui qu’elle rencontre a transformé son refus en action collective. Gabrielle se retrouve seule avec son chat dans un hiver de forêt dans une région du Québec et à proximité d’une voie ferrée sur laquelle circulent des trains porteurs de pétrole lourd. Gabrielle réapprend à vivre, c’est-à-dire : couper du bois pour le feu, remplir d’eau ou de neige les citernes nécessaires, pelleter la neige pour assurer les chemins, marquer son territoire. Elle se blesse au visage et ne peut traiter sa blessure qu’à la gomme de pin… Elle écrit et dessine, et s’apprivoise. Et survient Rio (pour Riopelle) qui a attaqué la voie ferrée.

C’est fort bien écrit, je veux dire que ce n’est ni un brûlot politique ni un tract. C’est une histoire de personne comme vous et moi dont les choix impliquent une autre vision du monde et de soi (et vice versa). Elle ne force pas notre adhésion, mais je la trouve très convaincante.

Bonne lecture de transport en commun pour donner envie.

Une chronique à retrouver sur Daily Passions

Noé Gaillard
Daily Passions 18 janvier 2021

- Encabanée

Cela te tente un aller direct dans les bois ? Si ton « Oui » est franc et direct, alors cette histoire est totalement faite pour toi. Tu vas t’enfoncer dans les grands espaces blancs, prendre refuge au sein d’une cabane, faire rougeoyer ton feu et lire l’histoire d’Anouk.

Anouk est cette jeune femme qui n’en peut plus de Montréal, de la sloche sur les grandes artères bouchées, des lumières qui brisent le ciel parfois étoilé, du rythme inutilement brutal de sa vie.Alors elle part Anouk, elle va s’encabanée dans ces bois du Bas-Saint-Laurent, et c’est son journal que tu vas parcourir jour après jour.

« La grange est remplie de vieux outils rouillés que je trie. Égoïne, chignole, hache – charpentières de l’Apocalypse ou planches de Salut – armes fantasques de palissade serpente de ronces que j’érigerais autour de mon cœur affolé, de mon corps meurtri et de ma terre, trop belle pour être protégée de la nature humaine. »

Il y a de la poésie de l’instant, l’engagement de l’héroïne, miroir de l’auteure, elle aussi encabanée dans le Haut-Kamouraska. Avec une plume proche de son essentiel, Gabrielle Filteau-Chiba construit l’histoire d’Anouk, il y a ses listes numérotées, ses coups de griffe à l’encontre de l’humanité, le récit qui, en lui-même, donne des contours à cet univers gelé immaculé.

Et un jour, une rencontre, par n’importe laquelle puisqu’il ne peut en être autrement dans cette région reculée, sauvage mais pas tant que cela, le monde de la destruction n’étant jamais loin.« Encabanée », c’est aussi la question du désir, de la solitude, de la peau, de cette chaleur humaine manquante puis follement attachante. Anouk dit son corps mais aussi sa Marie-Jeanne, Gilles Vigneault et d’autres plumes rattachées à la sienne.

C’est le charme de cet ouvrage, car ce n’est pas l’histoire d’une performance, d’une aventure extrême, c’est avant tout la place d’une femme en forêt, d’un être reconsidérant son monde et ses propres valeurs.

Entre les planches de cette cabane, il y a le refuge de la colère, la résistance au froid et ses tourments poétiques, la jouissance de l’instant jouxtant le hurlement des coyotes, le crépitement du feu tandis qu’au loin, un braconnier tue sa proie.

« Que toutes les courbes de ma route avaient comme unique dessein de me mener ici pour survivre à un hiver froid, mais couronné d’étoiles et de perles de sagesse, je ne saurais le dire avec certitude. Destin ou non, les couleurs de cette nuit blanche ont réveillé en moi une palette d’espérance, bien plus que tous les amants du monde. »

Coup au cœur engagé.

Une chronique à retrouver sur Les libraires masqués du Grenier

Fanny
Les libraires masqués du Grenier 13 janvier 2021

- Encabanée

Inspirée par son choix de vie dans son chalet au cœur des bois, près de la rivière Kamouraska à Saint-Bruno au Québec, Gabrielle Filteau-Chiba en a fait un roman, dont le lien est l’écologie, la défense de la nature, de notre Terre-mère.

On songe immédiatement à Henry David Thoreau, à son livre « Walden ou la vie dans les sous-bois », mais aussi à l’expérience de Sylvain Tesson, sa vie d’ermite dans les forêts de Sibérie. Anouk, l’héroïne de ce petit roman intitulé « L’Encabanée », tente quant à elle l’expérience de son « féminisme rural », dit-elle. Ayant fait provision de nourriture, d’alcools, de livres, donc de l’essentiel pour survivre aux grands froids et à la solitude, et soumise aux tâches physiques, elle se confie le soir à son journal de bord, toujours dans ce souci légitime de laisser une trace, à la lumière des bougies et du poêle à bois. A l’écart des vitres et des murs du chalet, non loin du fleuve glacé, elle n’a que des coyotes pour voisins. Elle a voulu fuir la ville et tout le système de ses contemporains qui leur grille les ailes. Elle refuse cette vie matérielle (un titre dans l’œuvre de Marguerite Duras), et toutes ses formes de pollutions. Sa vénération au silence et à la présence des arbres et du végétal la porte au-delà de ses espérances. Sauf qu’en contradiction son féminisme pourtant haut clamé, est parfois saturé et légèrement trahi lorsque son esprit vagabonde et tangue vers le manque d’un homme certains soirs [...]

Est-ce que sa bonne étoile aura finalement guidé un amant transit de froid jusqu’à sa porte ?
Toujours est-il que l’auteure a, par ailleurs, et sans cause à effet, très judicieusement glissé dans cette fiction son rappel à la protection de la nature en faisant la lumière sur la lutte des écologistes québécois contre l’industrie pétrolière qui pollue leurs eaux, et qui, de ce fait, contrarie l’espèce des bélugas qui naissent là, dans le fleuve Kamouraska…

Un roman engagé écrit dans l’esprit de la langue québécoise, selon des tournures typiques, qu’un glossaire sympathique et prévenant traduit à la fin de l’ouvrage pour le plaisir du lecteur dépaysé.

Une chronique de l’émission Couleur Papier sur Triage FM

Erik Poulet-Reney
Couleur Papier // Triage FM 13 janvier 2021

- Gabrielle Filteau-Chiba et sa cabane au Canada

Gabrielle Filteau-Chiba était l’invitée de Marie Richeux dans son émission Par les temps qui courent sur France Culture afin de discuter de son premier roman Encabanée et de son expérience de ses jours passés seule dans le bois du Kamouraska.

Une émission à réécouter sur France Culture

Marie Richeux
France Culture // Par les temps qui courent 11 janvier 2021

- Sélection livre
Encabanée est le coup de coeur de la librairie Les Bien-Aimés à Nantes. La libraire le présente sur France Bleu. À écouter en ligne.
Hervé Marchioni
France Bleu Loire Océan 10 janvier 2021

- Encabanée

Lasse de sa vie professionnelle et d’une une société qu’elle juge superficielle, Anouk décide de quitter Montréal et de s’« encabaner » dans un refuge au Kamouraska, dans le Bas-Saint-Laurent. C’est dans cette cabane, coupée du monde et confrontée à un hiver très rude, qu’elle va tenter de trouver un nouveau sens à sa vie, en effectuant un retour aux sources dans la nature. Jusqu’au jour où un homme frappe à sa porte, lui demandant de le cacher quelques jours.

Ce court récit propose un voyage à la fois réel et intérieur. Sous forme de carnet de bord, la narratrice, dont le livre est en partie tiré de sa propre expérience, offre un récit poétique où nature et introspection sont omniprésentes : il s’agit de retrouver le sens de la vie dans une société soumise à l’immédiateté et au consumérisme. Mais au-delà d’un simple plaidoyer pour une quête de sens, l’ouvrage se fait porte-voix d’un combat écologique militant et engagé. La force de l’auteure est de faire prendre conscience de notre impact sur la planète, renvoyant chacun à la liberté de trouver son rôle et sa place dans la protection de la nature. (E.M et A.-M.D)

Une chronique à retrouver dans Les notes

Les notes
Les notes 8 janvier 2021

- Cinq romans de la rentrée littéraire 2021 pour bien commencer l'année

Quatre autrices et un auteur réfléchissent à la façon dont la vie les confronte, ou confronte leurs personnages, à la solitude.

En ce début d’année civile, une nouvelle fournée d’ouvrages de grande qualité débarque sur les étalages des librairies. Ces cinq artistes dont c’est le premier ou le deuxième livre tirent incontestablement leur épingle du jeu.

«Encabanée», voyager en soi-même

Le plus court roman de cette sélection (une centaine de pages), décrit la vie de solitude choisie par Anouk. Dans une cabane rustique située au fond des bois du Kamouraska, cette jeune femme québécoise renoue avec elle-même, se délectant d’une vie de dénuement à laquelle elle aspirait depuis longtemps.
Encabanée nous est présenté comme le journal d’Anouk, double fictionnel de l’autrice Gabrielle Fiteau-Chiba, qui vit cette existence ascétique avec intensité, alternant phases d’allégresse et vraies périodes de doute. Du Sylvain Tesson sans le vernis réactionnaire, en quelque sorte. Car même lorsqu’elle se remémorre certains instants de son ancienne vie, la narratrice sait rester humble et lucide.
Dans son dernier acte, Encabanée injecte un surcroît de tension en modifiant soudainement la donne. Loin de dénaturer l’ensemble, ce rebondissement dont on ne révèlera rien vient au contraire approfondir la réflexion de l’écrivaine sur les bienfaits de la solitude et sur la dimension très politique de la quête de son héroïne.

Extrait
«J’ai lu quelque part que l’eau salée soigne toutes les peines de l’âme: la mer, la sueur et les larmes. J’ai mis toutes les chances de mon côté en partant pour le Bas-Saint-Laurent avec une pelle, une hache et mon dégoût de la société. Reste à voir qui rira le dernier. Si le froid me laisse du lousse1. Si le printemps existe toujours. Parfois je crains que l’hiver ne se soit installé pour de bon.»

Découvrez l’article et les autres romans de la sélection sur Slate

Thomas Messias
Slate 9 janvier 2021

- Encabanée

Ceux qui me suivent le savent, j’aime faire découvrir des auteurs en dehors des autoroutes de l’édition. La maison Le Mot et le reste, basée à Marseille, fait partie de ces éditeurs indépendants que je suis pour la qualité, la diversité et l’originalité de ses parutions. Je vais commencer cette année 2021 par ce premier roman de Gabrielle Filteau-Chiba, Encabanée, paru initialement au Québec aux éditions XYZ.

Encabanée est un de ces termes imagés typiquement québécois que l’on retrouve tout le long de ce roman et qui donnent une touche particulière aux lecteurs français, nous permettant presque d’entendre le savoureux accent de Gabrielle Filteau-Chiba. Son écriture fluide et subtile nous embarque dans ce huis clos avec l’hiver de la forêt canadienne, un journal intime entre les éléments et l’auteure en quête de retour sur elle-même. Pas facile de quitter le confort de la ville pour aller affronter le froid, la solitude et la nature sauvage sur fond de cris de coyotes. Tout est réduit au minimum vital pour mieux réapprendre les valeurs et révéler les vrais besoins. C’est le moyen pour Anouk, le personnage central, de tout remettre à plat et de passer à la phase suivante de sa vie.

Reste une visite inattendue qui va bouleverser cette solitude.

L’auteure, concernée de près par l’environnement et la défense de la nature a vécu cet isolement dans son chalet sur une terre près de la rivière Kamouraska à Saint-Bruno, sans électricité et sans eau courante. On ne peut inventer les morsures du froid, le besoin vital de feu, de nourriture, d’eau et de sommeil.
« Je me suis imaginé des choses qui ne sont peut-être pas arrivées. Dans un délire d’avoir froid et de ne pas dormir. Tes peurs prennent plus de place. Tu ne sais plus s’il y a quatre ou quarante coyotes dehors », dit Gabrielle Filteau-Chiba. (Source : Le Journal de Québec)

Ce journal intime, censé n’être lu que par son auteur, s’adresse à tout le monde, disséminant ici et là un effet miroir, une question, un regard sur notre société, l’environnement, etc. Pas de leçon, juste l’expérience de cette femme qui tente de quitter la ville, sans y être réellement préparée.

[...]

La chronique est à lire en intégralité sur le blog de Dominique Lin

et aussi sur France Bleu Vaucluse

Dominique Lin
France Bleu Vaucluse 8 janvier 2021

- Encabanée

Anouk, jeune femme lassée de la ville et du mode de vie qu’on y adopte – « l’eau embouteillée, la propagande sur écran, la méfiance entre voisins, l’oubli collectif de nos ancêtres et de nos combats, l’esclavage d’une vie à crédit et les divans dans lesquels on s’incruste » –, quitte Montréal pour une cabane au Kamouraska.
Là, sur les rives du fleuve Saint-Laurent, alors que sa voiture se recouvre bientôt de neige, Anouk fait l’expérience de la vie solitaire au cœur de la nature. Le journal qu’elle tient les premiers jours de cette nouvelle existence ne cache pas les difficultés qui sont les siennes, le froid qui s’insinue partout, les coyotes qui rôdent, les mauvais gestes qui causent des blessures et le corps qui crie ses manques. Mais le chemin vers le « féminisme rural » dans lequel s’est engagée la narratrice regorge aussi de beauté : l’aurore et ses pastels, lire, écrire et dessiner jusqu’à ce que la nuit tombe. Et, aussi isolée que soit la cabane, on peut tout de même y adopter un chat, y rencontrer un homme aussi inspirant que mystérieux…

Dans ce court récit écrit sous forme de vrai-faux journal, Gabrielle Filteau-Chiba décrit sans faux-semblants la beauté et la dureté de cette région sauvage, mais ce manifeste en faveur de la Nature ne serait certainement pas le même sans l’attachement au Québec et notamment à sa langue qui transparaît à chaque page : « Le vent porte l’odeur musquée des feuilles mortes sous la neige, et j’attends un printemps précoce comme on espère le Québec libre. »
En effet, non contente de se placer sous le patronage du Karoumaska d’Anne Hébert, grande femme de lettres francophone, l’auteure parsème son récit de citations et de références à la littérature québécoise. Pour le lecteur français, les mots québécois qui émaillent le récit donnent ainsi une certaine poésie à cette belle chronique d’une renaissance : « C’est ici, au bout de ma solitude et d’un rang désert, que ma vie recommence. »

Une chronique à retrouver sur Encres vagabondes

Amadine Farges
Encres vagabondes 8 janvier 2021

- Ecabanée, bribes d'une révolte intérieure

Inspiré du rude hiver qu’elle a passé dans sa cabane du Bas-du-Fleuve en 2013, Encabanée, le premier roman de Gabrielle Filteau-Chiba est une pause nécessaire en ces temps où le monde s’emballe mais également un cri de colère face à une société qui a oublié ses racines.

En 2012, Gabrielle Filteau-Chiba, traductrice de métier, habite Montréal. Elle a 25 ans, un emploi qu’elle aime bien, mais éprouve une sorte de malaise par rapport au cirque social et aliénant de la grande ville. Pour changer d’air, elle rend visite à des amis qui louent une maison dans les terres derrière Kamouraska. Elle y reste cinq semaines, décide d’acheter un terrain avec une petite cabane dessus. Elle retourne à Montréal, le temps de vendre tout ce qu’elle possède et la voilà, à l’hiver 2013, prête à passer l’hiver dans sa cabane.

A la manière d’un Sylvain Tesson ou Henry David Thoreau, elle nous fait ressentir à travers une dizaine d’évocations ses peurs et ses petites joies, ses réflexions profondes par rapport à un environnement hostile mais tellement fragile. Car Encabanée n’est pas un roman de survie mais plutôt une ode à la beauté et un appel à la défense des régions sauvages du Québec. Un appel qui résonne encore plus à l’heure actuelle où de plus en plus de gens réalisent la vacuité de la société moderne et la nécessite de se reconnecter à quelque chose de plus profond et authentique.

Bien entendu, comme dans toute cette littérature de cabane, le lecteur réalisera que la vie sauvage est loin d’être aussi romantique qu’elle n’y paraît au premier abord et que se frotter aux éléments peut vous décourager avant de trouver la foi. Néanmoins, il y a quelque chose d’attirant dans cet isolement et ce renoncement à la société de consommation.

Encabanée ne vous poussera peut-être pas à partir dans la seconde dans les grandes étendues sauvages, mais déclenchera chez certains lecteurs un processus de réflexion par rapport à leur propre existence et leur lien avec la société actuelle. Un ouvrage à acquérir pour ceux qui se sentent à l’étroit dans notre société moderne.

Une chronique à retrouver en intégralité sur Le Suricate Magazine

Vincent Penninckx
Le Suricate Magazine 7 janvier 2021

- Vivre et écrire dans le Kamouraska

Isabelle Kortian a reçu Gabrielle Filteau-Chiba autour de son récit Encabanée.

EN PLATEAU (VIRTUEL) :
Gabrielle Filteau-Chiba, romancière québécoise et militante de la cause environnementale, publie Encabanée, son premier roman, aux éditions Le mot et le reste.

CONTEXTE :
Traductrice de formation, Gabrielle Filteau-Chiba a quitté le confort d’une vie citadine à Montréal, sa ville natale au Québec, pour vivre durant trois ans dans les conditions les plus rudimentaires d’une cabane sans eau et sans électricité, perdue dans les forêts du Kamouraska. Encabanée, son premier roman (et premier volet d’un triptyque), est né de cette expérience extrême qui l’a marquée et profondément transformée.

Est-ce la peur de « s’encanailler », de s’embourgeoiser, qui conduit la narratrice à s’encabaner et affronter solitude et coyotes dans les nuits glacées du Bas-Saint-Laurent ? La peur de se laisser vaincre par l’usure du temps, les compromis et les démissions, l’apathie et le cynisme, pousse-t-elle l’ex-étudiante engagée et jeune femme promise à une brillante carrière, à larguer les amarres et vivre sans filet ? Caprice bobo ou décision irréversible ? Coup de tête ? Coup de foudre pour le Kamouraska.
« Fini, la facilité de se démerder en ville, grâce à ta belle gueule », déclare Anouk en se constituant prisonnière de l’hiver, sans grande préparation. Avec comme seule compagnie, celle d’un journal de bord soumis aux aléas de l’encre gelée de sa plume, et celle des souris, ses colocataires.

Comment fait-on pour survivre quand l’eau de la rivière est gelée, qu’il fait moins 40 à l’extérieur et qu’il faut sortir chercher du bois ? Le froid qui vous empêche de dormir. La peur de s’endormir et mourir de froid, car le feu s’est éteint dans la cheminée. La neige pour tout horizon.
L’épreuve du froid comme métaphore. Oui et non. Un baptême du feu. Douter mais ne pas renoncer. Assumer ses rêves et ses illusions. Ses erreurs. Faire l’expérience de ses propres limites. Oser aller au bout de soi-même. Entrer dans le vif du sujet, être et non pas paraître. En quoi vaincre la frilosité libère, est facteur d’émancipation ? En passer par là pour trouver et puiser en soi les ressources inconnues, la force et le courage. La sève et le sel de la vie. La cabane comme une boîte de Pandore. Renaître. Attendre le printemps. Comme une aurore boréale.

Pour Gabrielle Filteau-Chiba, l’écriture n’est pas un exercice futile. Elle passe par une difficile mise à nu de soi-même dans lequel subsiste l’essentiel, délesté du superflu. Il faut éprouver que l’on est soi-même vivant pour prendre réellement conscience de ce qu’est la vie, que les autres sont des vivants, que la nature est vivante et mérite notre respect et notre bienveillance. Engagée dans la lutte environnementale, la romancière québécoise écrit comme elle vit, en harmonie, en osmose avec la nature, dont elle se sent un élément. Sa prose poétique rend hommage aux générations qui nous précèdent, aux Amérindiens, aux premières nations, à la solidarité qui unit tous les vivants. Avec vigueur et fraîcheur, elle porte l’aube d’un monde nouveau. Son récit est celui d’une conversion, la sortie de l’adulescence et l’entrée dans l’âge adulte, celui de l’éco-responsabilité. Planter un arbre, lutter contre la déforestation, en manifestant pacifiquement, en dessinant, en écrivant, sont chaque fois une merveilleuse façon de cultiver l’espoir, de remporter de petites victoires qui, s’ajoutant les unes aux autres, font sens.

Les petites rivières font les grands fleuves.

L’interview est à écouter dans l’émission Le monde en questions sur la radio Cause Commune

Isabelle Kortian
Cause Commune // Le monde en questions 4 janvier 2021
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