Parution : 21/05/2021
ISBN : 9782361397968
312 pages (14,8 x 21cm)

À l’abri du mal

Le destin de deux justiciers de fortune qui se pensaient à l’abri du mal.
Au cœur des Pyrénées, dans la vallée de la Himone, coule la Lisette, cours d’eau paisible dont la beauté n’est altérée que par la présence de l’usine Laely et de ses rejets toxiques. C’est sur la rive, non loin de ce monstre de ferraille, que le corps d’une jeune femme brûlée au troisième degré est retrouvé. L’hypothèse de l’accident chimique est sur toutes les lèvres. Convaincus qu’il ne peut en être autrement, Mélanie, une saisonnière idéaliste en manque de combats, et son compagnon Abdel, ouvrier de l’usine et lascar repenti, vont se mettre en quête d’une justice que personne ne semble vouloir appliquer. Avivée par une écriture tranchante, une imprévisible spirale de violence va déferler sur les personnages et piétiner leurs espoirs. Seule la montagne, majestueuse, pourra alors rivaliser avec la noirceur de l’âme humaine.

Revue de presse

- À l'abri du mal Bruno Chiron Bla bla blog 1 août 2021
- À l'abri du mal Fanny H Collectif Polar 12 juillet 2021
- À l'abri du mal E.M. et M.D Les notes 11 juin 2021
- À l'abri du mal Jean-Michel Isebe Polarmaniaque 24 mai 2021
- À l'abri du mal W Cassiopée Mediapart / Le coin des polars 23 mai 2021

- À l'abri du mal

[…]

La mort de cette jeune femme est d’autant plus un choc dans ce village peuplé de gens modestes qu’il semble que la cause en soit une usine, construite comme un défi à la nature.

On peut lire À l’abri du mal comme un polar écologique, un sous-genre en vogue en cette période où l’environnement est dans tous les esprits. Sauf que Sylvain Matoré brouille les pistes en passant d’un personnage à un autre : la mort d’une jeune femme innocente devient le prétexte à une opération de pieds nickelés qui va vite montrer ses limites, pour ne pas dire qu’elle va s’avérer vaine et destructrice à bien des égards.

Personne n’est réellement à sauver dans cette histoire dense et crépusculaire où “les cols et les pics se tirent la bourre”. Face aux éléments, aux montagnes, à une rivière insaisissable et à une vallée semblant vivre en autarcie, l’homme se révèle dans toute sa cruauté, son égoïsme, ses penchants et, finalement, son animalité naturelle.

Une chronique à retrouver en intégralité sur Bla bla blog

Bruno Chiron
Bla bla blog 1 août 2021

- À l'abri du mal

Après plusieurs délits et un séjour en prison, Abdel retourne sur un lieu de vacances qu’il a connu enfant : Larmenvielle. La chance a l’air de lui sourire enfin. Il fait la rencontre d’une dame agée qui le loge et lui trouve très rapidement un emploi à l’usine du coin : Laely. Il rencontre également l’amour en la personne de Mélanie, un petit bout de femme aux idées bien arrêtées.

Ils forment un couple d’écorchés vifs. Pourtant, elle vient d’une famille stable mais elle a quand même touché à la drogue, a trainé dans des squats et a visité le monde.

Chasser le naturel, il revient… lentement et sûrement. Abdel fréquente un autre couple Marco et Angèle qui trafiquent régulièrement à droite, à gauche.

Et puis un corps est découvert dans un ruisseau jouxtant Laely, celui d’une jeune femme, Marion Bourdin. Rien ne sera plus jamais pareil dans la petite vie de ce quatuor paumé.

Les rejets de l’usine sont-ils mis en cause ? Quels méfaits se cachent en son sein ? Qui protège qui ? Mélanie reproche souvent à son compagnon son emploi dans cette entreprise polluante et destructrice de la nature…

L’enquête sera menée par le commandant Desourd, monsieur muscle, et l’officier Brunelle qui apprendront tout deux à travailler ensemble.

Sylvain Matoré détaille avec une grande attention les lieux et les paysages notamment les villages, les vallées, les cours d’eaux et leur proximité. On visualise vraiment l’endroit où se déroule l’action, il arrive à nous les faire ressentir.

Il installe ses personnages en nous les décrivant précisément physiquement et mentalement afin de mieux entrer dans l’histoire. Cela nous permet de bien connaître chacun d’eux pour mieux comprendre leur fonctionnement. Puis, petit à petit, nous entrons dans l’enquête qui ne sera pas facile.

L’auteur met l’accent sur l’écologie et la pollution de l’eau. Malgré les normes en vigueur, certaines entreprises ne les respectent toujours pas et arrivent à contourner le règlement. Sylvain Matoré nous explique très bien comment cela se passe en nous donnant un exemple de tricherie. Il décrit également le fait que dès qu’il se passe quelque chose de grave, on soupçonne aussitôt la personne qui a déjà connu des démêlés avec la justice ou qui a la peau colorée.

Cet auteur est une découverte pour moi et j’ai bien aimé le sujet principal dont il traite et la façon dont il l’écrit. A mon avis, la fin s’ouvre sur une suite alors donc peut-être, à suivre…

Une chronique à retrouver sur Collectif Polar

Fanny H
Collectif Polar 12 juillet 2021

- À l'abri du mal

[...]
Le roman démarre comme une intrigue policière sur fond d’abus de pouvoir et de malversations, mais dévie progressivement vers une sombre étude de mœurs, mettant en lumière la complexité de la nature humaine. L’auteur dépeint des personnages aux psychologies fouillées qui tentent de vivre avec leurs fragilités et leur blessures intimes, chacun ayant une vision de la société façonnée par son éducation et son statut social, dans une série de portraits s’attachant particulièrement aux marginaux, aux rebelles. Alternant entre de belles descriptions de paysages majestueux, qui font écho parfois aux caractères et dont la dimension analogique est soulignée, et la descente aux enfers de personnages incapables de maîtriser leur destin, ce roman offre une atmosphère particulière captivante.

La chronique est à retrouver en intégralité sur Les notes

E.M. et M.D
Les notes 11 juin 2021

- À l'abri du mal

Une vallée pyrénéenne très enclavée, un monstre industriel agroalimentaire posé comme un furoncle au milieu d’une nature exubérante et d’une montagne majestueuse, et parmi ces éléments, de petites communautés d’autochtones dont ceux du minuscule village de Peyradol. Un quatuor de paumés à la marge de la société, Abdel le seul un tantinet intégré, Mélanie, au travail intermittent, Marco, dealer de petite envergure et Angèle qui joue de ses charmes vénéneux traversent cet opus couleur d’obsidienne. Un corps féminin est retrouvé sur les rives de la Lisette, baignant dans des rejets ammoniacaux. Évidemment, tous les regards, dont ceux de la maréchaussée locale se tournent vers l’usine et ses responsables ou ses irresponsables. Mais les gendarmes Jérôme Desourd et Stéphanie Brunelle vont multiplier les impairs et se fourvoyer à chaque fois , se laissant conditionner par les apparences. Les personnages sont particulièrement attachants dans ce roman noir haletant, oppressant, presque éprouvant pour les nerfs du lecteur. L’écriture en est remarquable et n’autorise aucune pause, vous allez être englouti tels les héros, dans leur descente abyssale et ne pouvoir y échapper!
Extrait :“Alors, elle a pensé ce cadavre comme une victime du système, un des dommages collatéraux de l’usine à fric globalisée, l’usine à pomper les ressources de la Terre jusqu’à la moelle, l’épuiser, l’essorer, pour transformer ces matières en billets, et recracher de la crasse pour finir de l’achever.”
C’est une superbe découverte que cet ouvrage.

Une chronique à retrouver sur Polarmaniaque

Jean-Michel Isebe
Polarmaniaque 24 mai 2021

- À l'abri du mal

Comme un parfum de désespérance….
Dans cette vallée des Pyrénées, au cœur d’un petit village de montagne, il n’y pas grand-chose à faire. Mais la vie est calme, proche de la nature et la plupart s’en contentent. Surtout que l’usine Laely donne du boulot aux gens du coin. Bien sûr Jean-Paul Lanteau, le patron, n’est pas toujours très honnête dans sa charte de bonne conduite. Les déchets toxiques, censés être recyclés, sont parfois « échappés » dans la Lisette, la belle rivière sauvage qui coule à proximité. Mais on fait comme si on ne savait pas, et puis d’abord, il ne dépasse pas un certain taux et rien de grave n’en découle, n’est-ce pas ?
[...]

Cette lecture m’a captivée. J’ai apprécié l’omniprésence des Pyrénées, de l’environnement, des lieux présentés, tous sont évoqués avec beaucoup de doigté et d’intelligence. Ce n’est pas seulement l’aspect écologique, mais tout un ensemble qui démontre combien il est important de respecter le rythme naturel de chaque coin du monde pour vivre en harmonie. Ce roman policier, outre l’intrigue, est un véritable plaidoyer pour que le lecteur prenne conscience de certains faits. C’est très bien pensé cette « double entrée ». Les personnages ne sont pas trop caricaturaux, ils sont parfois dans le mal-être ou la toute puissance mais sans exagération. On comprend vite que certains vont être entraînés plus loin que ce qu’ils souhaitaient et qu’ils risquent de souffrir. L’écriture est belle, parfois poétique, enrichie par des approches très visuelles des lieux, j’avais presque l’impression de contempler des photos. L’atmosphère, teintée de désespérance, est lourde de sens. À nous de ne pas oublier, une fois le livre refermé.

Une chronique à retrouver sur Mediapart

W Cassiopée
Mediapart / Le coin des polars 23 mai 2021
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