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Parution : 19/11/2015
ISBN : 9782360541874
462 pages (240 x 300)

29 €

White Light / White Heat - Nouvelle édition

Le Velvet Underground au jour le jour

Plusieurs livres ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© publiĂ©s sur le Velvet Underground. Mais peu sont allĂ©s aussi loin dans le dĂ©tail et les anecdotes que l’ouvrage de Richie Unterberger.

Maxime Lachaud, ObskĂŒre Magazine

traduction de Marie-Anne Lucas

Le Velvet Underground est un des plus grands groupes de l’histoire du rock. Cette formation de lĂ©gende, dont l’aura mythique empĂȘche parfois de bien la connaĂźtre, est nĂ©e de la rencontre de personnalitĂ©s fortes et disparates : Lou Reed, John Cale, Nico
 Sans parler d’Andy Warhol qui produisit le groupe et dessina cette pochette devenue une image -icĂŽne du XXe s. : la fameuse banane, Peel Slowly and See
! S’il connut peu de succĂšs commercial du temps de son existence, le Velvet a durablement influencĂ© la scĂšne artistique et musicale, donnant une empreinte fondatrice aux courants punk, new-wave et no wave qui ont suivi.
White Light / White Heat, du nom de leur album sans doute le plus exigeant, ou le Velvet Underground au jour le jour, est l’ouvrage le plus complet et le plus documentĂ© paru Ă  ce jour sur le groupe. Depuis la prĂ©histoire du groupe jusqu’à l’explosion en 1973 puis les quelques rares retrouvailles (une tournĂ©e europĂ©enne en 1993), tout y figure de maniĂšre encyclopĂ©dique : les concerts, les enregistrements, les changements de casting et de management, les interviews


Revue de presse

- Le premier album du Velvet Underground fĂȘte ses 50 ans Benjamin Cocquenet Culturopoing.com 23 avril 2016
- Pas V.U. pas pris. Une sélection de livres indispensables sur le Velvet Undergound Silence is sexy 2 avril 2016
- Tout savoir sur le Velvet Underground Philippe Richard Ouest-France 31 mar 2016
- L’univers du Velvet Underground à la Philarmonie de Paris Pauline Leduc Livreshebdo.fr 29 mars 2016
- Notre sĂ©lection de livres rock pour les fĂȘtes Philippe Richard Ouest-France 22 dĂ©cembre 2015
- L'almanach V.U. François-Xavier Béague Let's Motiv mai 2012
- White Light / White Heat JérÎme Provençal Les Inrockuptibles 2 mai 2012
- Interview de Richie Unterberger MĂ€x Lachaud ObskĂŒre Magazine mars/avril 2012
- White Light / White Heat MĂ€x Lachaud ObskĂŒre Magazine mars/avril 2012

- Le premier album du Velvet Underground fĂȘte ses 50 ans

Tout le monde le sait : Le Velvet Underground a 50 ans. Pour cet anniversaire, CULTUROPOING s’associe aux Ă©ditions LE MOT ET LE RESTE qui Ă©ditent deux ouvrages essentiels pour saisir l’importance d’un mythe qui rĂ©sonne encore et qui n’est pas prĂšs de s’éteindre.

En avril 1966, Lou Reed, John Cale, Sterling Morrisson et Moe Tucker, accompagnĂ©s du mannequin Nico, s’enferment dans le studio de Scepter Records de New-York pour accoucher, sous le sceau d’un pacte faustien, d’un album devenu mythique.
Cinquante ans plus tard, malgrĂ© une aura sulfureuse mĂątinĂ©e d’hĂ©roĂŻne, le syndrome du « vieux beau » menace cette piĂšce maĂźtresse du rock contemporain au risque de sĂ©culariser la subversion qui l’anime et de standardiser la crĂ©ation qui l’habite. Pourtant, l’album Ă  la banane rĂ©siste : il hante encore nos platines comme au premier jour et accompagne inlassablement les fins de soirĂ©es Ă©thyliques. Objet sĂ©duisant et mystĂ©rieux, il Ă©largit toujours davantage son influence et convertit toujours plus d’adorateurs.
D’une intensitĂ© qui semble inĂ©puisable, l’expĂ©rience velvetienne reste une expĂ©rience intime et trĂšs intĂ©rieure, quelque chose Ă  la fois d’évident et d’essentiel pour chaque auditeur dont la vivacitĂ© ne pourra nous ĂȘtre volĂ©e par les musĂ©es et la pipolisation.

« On ne devient pas un groupe comme le Velvet Underground sans s’adresser Ă  toutes les dimensions de l’existence »
Richard Unterberger, « White light, white heat : le Velvet Undergroud au jour le jour » (Éditions Le mot et le reste, Réédition mars 2016).

« S’adresser Ă  toutes les dimensions de l’existence » : il y a peut-ĂȘtre lĂ  une clĂ© pour mieux comprendre l’éternelle jeunesse d’une expĂ©rience qui semble faire peau neuve Ă  chaque audition, encore aujourd’hui et sĂ»rement demain. Embrasser l’existence toute entiĂšre, c’est en visiter les moindre recoins et secrets, sonder ce qui l’anime en profondeur et qui parfois la dĂ©passe. C’est oublier le fait, mettre de cĂŽtĂ© la petite histoire et les anecdotes pour s’approcher d’idĂ©es essentielles et fondatrices, oser s’emparer de concepts Ă  l’inĂ©luctable omniprĂ©sence : c’est cĂŽtoyer la vie comme la mort, explorer les tensions multiples entre moi et le monde. Des idĂ©es universelles qui soulĂšvent autant de questions essentielles dont l’auditeur est Ă  la fois le centre et l’enjeu. A travers ses multiples formes, la littĂ©rature est dĂ©jĂ  habitĂ©e par cette agitation mĂ©taphysique et sait mettre en jeu l’essentiel d’une vie. PrivilĂšge de l’ñge : le rock, lui, est encore bien jeune et il n’est, en 1966, qu’un adolescent naĂŻf et insouciant qui dĂ©couvre son corps et sa sexualitĂ©. S’il a dĂ©jĂ  connu ses premiers flirts et quelques belles Ă©rections, c’est en compagnie du Velvet Underground que le rock visitera les arcanes complexes de l’existence humaine, Ă  la rencontre de quelque chose qui vient de loin, quelque chose de primitif et de profond qui la prĂ©cĂšde et lui survivra, quelque chose d’archaĂŻque qui sommeille, en nous, dans le monde et au-delĂ .
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Retrouvez l’intĂ©gralitĂ© de l’article sur le site Culturopoing.com

Benjamin Cocquenet
Culturopoing.com 23 avril 2016

- Pas V.U. pas pris. Une sélection de livres indispensables sur le Velvet Undergound

Alors que la Philharmonie de Paris s’apprĂȘte Ă  ouvrir ses portes Ă  une exposition monumentale autour de l’un des groupes les plus influents de l’histoire du rock (indĂ©), entre le 30 mars et le 21 aoĂ»t 2016 (informations ici), Silence is sexy vous propose une courte sĂ©lection de publications majeures sur le Velvet, Ă  dĂ©couvrir en librairie ou Ă  chiner chez le brocanteur. De quoi permettre Ă  ceux qui auront la chance d’y aller de faire de sĂ©rieuses rĂ©visions avant de s’extasier comme des enfants gĂątĂ©s devant l’édition originale de l’album Ă  la banane d’Andy Warhol, et Ă  ceux qui seront recalĂ©s par manque de places ou parce qu’ils habitent loin de se consoler avec de beaux livres. Trois publications diffĂ©rentes mais qui se complĂštent.

White Light White Heat, Richie Unterberger (Le Mot et le Reste, 2012, réédition 2015, 461 p.) Les Ă©ditions marseillaises ont eu la trĂšs bonne idĂ©e de rééditer rĂ©cemment la somme dĂ©jĂ  publiĂ©e en 2009 (2012 pour la premiĂšre Ă©dition française) par le journaliste amĂ©ricain spĂ©cialisĂ© dans les sixties. Le terme de “somme” n’est pas anodin, puisque l’auteur s’est employĂ© Ă  retracer de maniĂšre rigoureuse et ultra prĂ©cise l’histoire du Velvet, de ses dĂ©buts (voire un peu avant) jusqu’à sa lente disparition. Grand format illustrĂ© de superbes photos, l’ouvrage fourmille de dĂ©tails, Ă©grainĂ©s au fils d’un rĂ©cit passionnant qui n’est autrement rythmĂ© que par les mois, les semaines et parfois mĂȘme les jours qui ont forgĂ© le mythe. A la lecture de ce livre, on sait tout de la maniĂšre dont les disques ont Ă©tĂ© enregistrĂ©s, dont les membres sont devenus amis puis ennemis, et pourquoi le couple Nico-Reed n’a pas tenu
 Un trĂšs bel objet, avec du fond en plus !

Retrouvez cette chronique sur le site silence-is-sexy.com

Silence is sexy 2 avril 2016

- Tout savoir sur le Velvet Underground

Tout est dit dans le titre. Tous les faits et gestes marquants du groupe et de ses membres, agencĂ©s de façon chronologique. Évidemment un must pour les fans. Mais le nĂ©ophyte ne commencera pas par ce sommet d’érudition velvetienne.

Niveau de fan requis : 5/5

Retrouvez cette chronique sur le site de Ouest-France

Philippe Richard
Ouest-France 31 mar 2016

- L’univers du Velvet Underground à la Philarmonie de Paris

Plusieurs livres accompagnent le 50Ăšme anniversaire du cĂ©lĂšbre “album Ă  la banane”, qui suscite, au MusĂ©e de la Musique du 30 mars au 21 aoĂ»t, une exposition “immersive” retraçant le parcours du mythique groupe de rock amĂ©ricain, The Velvet Underground.

“Comment un groupe boudĂ© par le succĂšs durant sa brĂšve existence (1965-1970) s’est il progressivement rĂ©vĂ©lĂ© jusqu’à devenir la lĂ©gende rock par excellence ?” C’est Ă  cette question que se propose de rĂ©pondre l’exposition “The Velvet Underground – New York Extravaganza” qui s’ouvre mercredi 30 mars, et jusqu’au 21 aoĂ»t, Ă  la Philharmonie de Paris. Pour ce faire, le MusĂ©e de la Musique propose aux visiteurs un parcours en six Ă©tapes, autant chronologique que thĂ©matique, permettant d’apprĂ©hender l’univers d’un groupe mais aussi d’une Ă©poque. Une exposition immersive tant elle s’appuie sur de multiples supports : photos, musique, films, Ɠuvres d’artistes contemporains, archives tĂ©lĂ©visuelles, etc.

Pour accompagner cet Ă©vĂ©nement et pousser plus loin l’immersion, plusieurs livres permettent aux fans comme aux nĂ©ophytes d’apprĂ©hender les multiples facettes du groupe. Le trĂšs beau catalogue de l’exposition est une coĂ©dition La DĂ©couverte-Dominique CarrĂ©-Philharmonie de Paris, signĂ©e par ses deux commissaires, Christian Fevret et Carole Mirabello. En librairie depuis le 24 mars, il sera suivi d’une version album disponible le 14 avril.

Chez Actes Sud, avec The Velvet underground, Philippe Azoury et Joseph Ghosn, signent une histoire du groupe qui se mĂȘle Ă  celle du New York des annĂ©es 60, parue le 26 mars. C’est sur la personnalitĂ© d’une de ses figures emblĂ©matique que se concentre Philippe Margotin dans Lou Reed et le Velvet underground, un beau livre richement illustrĂ© prĂ©vu le 20 mai chez Chronique.

Deux ouvrages ont par ailleurs Ă©tĂ© consacrĂ©s au groupe par les Ă©ditions Le Mot et le reste : la réédition, en novembre 2015, de White light, white heat : le Velvet Underground au jour le jour de Richie Unterberger, biographie parue initialement en 2012 mais Ă©puisĂ©e depuis lors ; et Nico : femme fatale, en librairie depuis le 19 fĂ©vrier, un portrait de la chanteuse du Velvet Underground que l’auteur, Serge FĂ©ray, a plusieurs fois rencontrĂ© avant sa mort.

Retrouvez cet article sur le site Livreshebdo.fr

Pauline Leduc
Livreshebdo.fr 29 mars 2016

- Notre sĂ©lection de livres rock pour les fĂȘtes

Des pochettes de disques, des guitares, des groupes cultes, des mouvements explorés en détail et une pincée de sable du désert.

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La fille dans le groupe

L’histoire du groupe culte amĂ©ricain Sonic Youth vu par la bassiste Kim Gordon. MĂȘme si ce livre respire l’amertume de sa sĂ©paration d’avec le chanteur-guitariste Thurston Moore et la colĂšre d’une femme trompĂ©e, c’est un excellent tĂ©moignage de premiĂšre main sur l’underground new-yorkais des annĂ©es 1980 et 1990.

Le Velvet jour aprĂšs jour

Le Velvet Underground est l’un des groupes les plus influents de l’histoire du rock, mĂȘme s’il ne connut qu’un succĂšs modeste lors de ses annĂ©es d’activitĂ©. L’éditeur marseillais Le mot et le reste réédite l’ouvrage de Ritchie Unterberger qui documente, jour aprĂšs jour, l’histoire de cette formation lĂ©gendaire. À signaler que le Velvet Underground sera au cƓur de l’actualitĂ© en 2016, avec l’ouverture d’une grande exposition Ă  la Philharmonie de Paris, en mars.

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Indie ou psyché ?

C’est l’une des spĂ©cialitĂ©s de l’éditeur Le mot et le reste : faire dĂ©couvrir un style musical Ă  travers une large sĂ©lection de disques commentĂ©s, certains fameux, d’autres obscurs. On conseille le trĂšs bon Indie pop de Jean-Marie Pottier, explorant la musique british, et le plus pointu Rock psychĂ©dĂ©lique de David Rassent, qui explore ce genre protĂ©iforme, depuis ses dĂ©buts en 1966, jusqu’à ses formes les plus rĂ©centes.

Retrouver la sélection sur le site de Ouest-France

Philippe Richard
Ouest-France 22 décembre 2015

- L'almanach V.U.

A peine cinq annĂ©es d’existence, quarante de rayonnement, et combien de commentaires ? Encore plus souvent citĂ© qu’écoutĂ©, le Velvet Underground doit beaucoup Ă  la critique rock, intarissable sur ce sĂ©isme musical. Avec Richie Unterberger, la fascination atteint le stade pathologique.

L’incroyable postĂ©ritĂ© Ă©ditoriale du groupe trouve souvent un public dans l’évocation de son environnement esthĂ©tique, social, voire mondain (le N_Y des 60s, Warhol et la Factory). Ici, ne privilĂ©giant aucun angle, le critique se fait mĂ©morialiste et retrace pour les inconditionnels ce qui fut aussi, prosaĂŻquement, un quotidien. Des annĂ©es de formation Ă  la gloire relative (66-70), et de l’amĂšre dissolution Ă  nos jours, aucun dĂ©tail n’est Ă©pargnĂ© : le travail d’Unterberger rassemble la totalitĂ© des informations disponibles – glanĂ©es par ses propres soins, ou Ă©parpillĂ©es dans les ouvrages de ses devanciers. Jusqu’au dernier compte-rendu du moindre concert


Une austĂšre chronologie ?
La lecture en est d’autant plus instructive : de cette succession d’interviews, de coupures de presses, d’anecdotes, le lecteur tire sa propre comprĂ©hension du genre d’équilibre instable qui fait et dĂ©fait toues les grandes formations rock. Et saisit qu’en marge des Ă©tincelles du couple Lou Reed – John Cale, par exemple, le discret Morrison entretenait la radicalitĂ© du groupe avec une foi de vestale (tandis que Nico pratiquait la manipulation Ă  un niveau olympique). À l’heure des come-backs, des tribute bands et des concerts reconstituĂ©s, cette somme dĂ©finitive rejoue dans l’ordre tous les Ă©pisodes de ce mythe new-yorkais. Mais n’essayez pas de le refaire Ă  la maison. Et pour l’hygiĂšne de vie, prĂ©fĂ©rez quand mĂȘme la mĂ©thode Servan-Schreiber.

LET’S MOTIV

François-Xavier Béague
Let's Motiv mai 2012

- White Light / White Heat

Un beau livre maniaque sur le plus grand groupe de rock de l’histoire.

Que d’encre a coulĂ© depuis la sortie en mars 1967 sur le label Verve du premier album, Ă  la trĂšs stylĂ©e pochette bananĂ©e, d’un jeune groupe new-yorkais gravitant dans la galaxie Warhol. Quarante-cinq ans aprĂšs, l’étoile Velvet Underground brille toujours au firmament du rock.
De cette incandescence persistante tĂ©moigne notamment l’abondance de publications consacrĂ©es Ă  Lou Reed et sa bande. À l’initiative de l’excellente maison marseillaise Le Mot et le Reste vient de s’ajouter, traduit en français, un volume de choix (et de poids) avec le White Light/White Heat – Le Velvet Underground au jour le jour de Richie Unterberger. Retraçant la trajectoire du groupe avec force dĂ©tails et citations, ce livre constitue une vĂ©ritable somme Ă  l’usage des nĂ©ophytes comme des auditeurs plus avertis. Presque aussi large qu’un album et Ă©pais qu’un dictionnaire, il se prĂȘte sans doute davantage Ă  la consultation qu’à la lecture dans la continuitĂ©.
Attention, toutefois : dùs qu’on l’ouvre, on n’a plus du tout envie de le refermer


LESINROCKS

JérÎme Provençal
Les Inrockuptibles 2 mai 2012

- Interview de Richie Unterberger

Plusieurs livres ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© publiĂ©s sur le Velvet Underground. Mais peu sont allĂ©s aussi loin dans le dĂ©tail et les anecdotes que l’ouvrage de Richie Unterberger, paru aux Etats-Unis il y a trois ans et qui bĂ©nĂ©ficie d’une traduction française Ă©ditĂ©e par Le Mot et le Reste. Ce critique musical, spĂ©cialiste des annĂ©es soixante, a mis toute sa passion pour explorer chronologiquement et jour aprĂšs jour l’évolution de ce groupe devenu culte, ainsi que les projets parallĂšles de ses membres durant les annĂ©es d’acitivitĂ© de cette entitĂ© singuliĂšre qui a su insuffler – du moins dans ses deux premiers albums – un esprit d’avant-garde dont on ressent encore l’impact sur des formations actuelles. Les drones de violons de John Cale et les incantations de glace de Nico n’ont, il est certain, pas laissĂ© de marbre de nombreux artistes que vous pouvez lire dans les pages d’ObskĂŒre.

ObskĂŒre : Quels furent tes sentiments la premiĂšre fois que tu as entendu la musique du Velvet ?
Richie Unterberger : Je fus d’abord trĂšs surpris. Ils Ă©taient rĂ©putĂ©s ĂȘtre si radicaux que quand j’ai Ă©coutĂ© leur premier album, celui avec la banane, je ne m’attendais pas Ă  une chanson aussi belle et mĂ©lodique que “Sunday Morning”. Bien sĂ»r il y avait aussi les titres plus agressifs et bruyants : “I’m waiting for the man”, “Venus in furs”, “All tomorrow’s parties”. Mais il y avait aussi ces trĂšs belles ballades, “Femme fatale” et “I’ll be your mirror”. Donc ils m’ont surtout semblĂ© bien plus variĂ©s que l’image que je m’en Ă©tais faite. C’était fou toutes les idĂ©es qu’il y avait dans ce mĂȘme album – l’équilibre entre les jolies chansons, la noirceur proto-goth et les titres avant-gardistes, mais aussi la façon dont les morceaux touchaient Ă  des Ă©motions humaines comme l’amour, le sexe, les drogues et la quĂȘte incessante pour un sens plus profond Ă  l’existence. Ils n’ont pas fait d’autres albums studio avec le mĂȘme Ă©quilibre et la mĂȘme richesse, bien qu’ils aient embrassĂ© un spectre trĂšs large d’expressions textuelles et musicales.

On est surpris de voir que les deux premiers albums, qui ont Ă©tĂ© les plus influents, ont Ă©tĂ© trĂšs mal reçus, alors que les deux suivants ont suscitĂ© des rĂ©actions trĂšs enthousiastes alors qu’ils sont moins marquants. Bizarrement, le premier album des Stooges, produit par Cale, sera bien plus acceptable pour la critique de l’époque. White Light / White Heat, l’album Ă  la banane, tout comme The Marble Index et Desert Shore de Nico, Ă©taient jugĂ©s comme ennuyeux et morbides.
Je pense que la rĂ©action critique aux deux premiers albums du Velvet et aux disques de Nico Ă©tait plus perplexe que vraiment nĂ©gative. C’était si inhabituel par rapport au rock de l’époque. Ils ne savaient tout simplement pas quoi en penser. Les troisiĂšme et quatriĂšme album du Velvet ont Ă©tĂ© mieux accueillis car ils Ă©taient aussi bien plus accessibles. L’album The Velvet Underground de 1969 Ă©tait constituĂ© essentiellement de jolies chansons et Loaded en 1970 s’apparentait plus Ă  du rock conventionnel. Il faut se rappeler que c’était le dĂ©but de la critique rock, et quand les premiers disques du Velvet sont sortis, il y avait trĂšs peu de journalistes expĂ©rimentĂ©s, en particulier aux Etats-Unis.
A la fin des annĂ©es soixante, des critiques comme Lester Bangs et Lenny Kaye commençaient Ă  ĂȘtre publiĂ©s et ils avaient aimĂ© les premiers albums du Velvet et avaient Ă  prĂ©sent l’opportunitĂ© de parler intelligemment des deux suivants. C’est aussi vrai pour le premier album des Stooges, qui aurait sĂ»rement reçu des critiques trĂšs mauvaises ou aurait Ă©tĂ© ignorĂ© s’il Ă©tait sorti un an ou deux plus tĂŽt.

C’est quand John Cale quitte le groupe que leur son devient plus acceptable. Penses-tu que l’aspect intransigeant venait avant tout de lui ?
Il a été dit que Reed aurait viré Cale en partie car ses idées devenaient trop bizarres et que Reed voulait suivre une direction rock plus traditionnelle.

Quel est ton titre préféré du Velvet ?
La version live de “White Light / White Heat” sur l’album 1969 Live. Elle est bien supĂ©rieure et plus longue que celle qui apparait sur leur second album. L’équilibre parfait entre le rock blanc et le bruit blanc.

OBSKUREMAGAZINE

MĂ€x Lachaud
ObskĂŒre Magazine mars/avril 2012

- White Light / White Heat

Le Velvet Underground a Ă©tĂ© avant tout la rencontre entre des personnes que rien ne destinait Ă  se connaĂźtre. Quels points communs entre Lou Reed, rockeur new-yorkais de Brooklyn Ă  qui les parents avaient fait subir des Ă©lectrochocs pour ses prĂ©sumĂ©es dĂ©viances sexuelles, John Cale, esthĂšte gallois passionnĂ© par l’avant-garde, ou Nico, mannequin allemand Ă  la beautĂ© mĂ©lancolique ? Et que dire d’Andy Warhol, artiste excentrique et controversĂ©, sans qui le premier album du groupe n’aurait sĂ»rement jamais vu le jour ? C’est pour le moins un destin atypique que les leurs, et Richie Unterberger a dĂ©cidĂ© de suivre l’évolution de chaque membre sĂ©parĂ©ment, au jour le jour, au sein du Velvet mais aussi dans ses projets personnels. Selon lui, la force du groupe est celle d’avoir abordĂ© des sujets qu’aucun autre musicien de rock n’avait traitĂ©s auparavant, tout en y mettant beaucoup d’honnĂȘtetĂ© et d’humanitĂ©. Il se distingue ainsi des historiens de la musique qui en ont fait les stĂ©rĂ©otypes d’un groupe inaccessible servant de contrepoint Ă  la mode hippie et la culture peace & love. Il analyse Ă©galement en dĂ©tail chaque morceau, ainsi que toutes les versions alternatives publiĂ©es sur de nombreux live ou bootlegs. Mais il ne s’arrĂȘte pas au Velvet et se penche aussi sur tous les enregistrements que John Cale a produits dans les annĂ©es soixante, notamment le premier album des Stooges et bien Ă©videmment les albums de Nico, The Marble Index et Desert Shore, premiĂšres Ɠuvres vĂ©ritablement gothiques de l’histoire du rock. Il s’intĂ©resse aussi aux expĂ©rimentations de John Cale en compagnie de compositeurs contemporains et minimalistes comme Terry Riley, La Monte Young ou Tony Conrad. Cette alternance entre Ă©vĂšnements factuels et apprĂ©ciations personnelles rend la lecture de cet ouvrage particuliĂšrement agrĂ©able, et on ressort avec dĂ©lectation nos albums d’époque qui en sont la bande-son idĂ©ale. Riche en anecdotes, l’ouvrage tente d’éclaircir certains mythes autour du groupe, tout en Ă©gratignant parfois les personnages (la mythomanie de Nico). MĂȘme les fans les plus assidus devraient y apprendre des choses.

80%

OBSKUREMAGAZINE

MĂ€x Lachaud
ObskĂŒre Magazine mars/avril 2012