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Parution : 30/10/2009
ISBN : 9782915378962
380 pages (14,8 x 21 cm)

24 €

Visiting Jazz

Quand les jazzmen américains ouvrent leur porte

Un livre dangereux, c’est-Ă -dire indispensable. Dangereux pour tous ceux, ils sont nombreux, qu’on se repent d’avoir lus docilement jusqu’à la derniĂšre page. Ici, c’est l’inverse: on en veut presque Ă  l’auteur d’avoir brusquement stoppĂ© ses investigations Ă  la lettre Z, sous le prĂ©texte futile qu’elle est la derniĂšre de l’alphabet.
Michel Barbey, Le Temps

Journaliste musical spĂ©cialisĂ© dans le jazz, Thierry PĂ©rĂ©marti anime depuis dix ans, une rubrique « At home with
 » pour Jazzman. L’idĂ©e consiste Ă  rencontrer Ă  leur domicile d’importants acteurs de l’histoire du jazz. Visiting Jazz regroupe quelques dizaines de ces entrevues menĂ©es sur les cĂŽtes ouest et est des États-Unis. À travers ces interviews et les photos qui les accompagnent, vous pourrez ainsi rencontrer sur le seuil de la porte, dans un canapĂ© ou en chaussettes, les grands noms du jazz : Gato Barbieri, Ray Ellis, Chico Hamilton, Freddie Hubbard, Pharoah Sanders, Lalo Schifrin, Michel Petrucciani, Joe Zawinul


Revue de presse

- Visiting Jazz Michel Barbey Le Temps (Suisse) août 2010
- Visiting Jazz Sophie Chambon Site Sefronia février 2010
- Visiting Jazz Thierry Giard Site Culture Jazz février 2010
- Interview de Thierry Pérémarti lechoixdeslibraires.com novembre 2009
- Visiting Jazz Xavier Prévost France Musique - Le bleu, la nuit... 2 janvier 2010
- Meilleur livre jazz de 2009 Laurent Sapir TSF Jazz
- Visiting Jazz jazzapart.free 8 janvier 2010
- Visiting Jazz La Frange
- Visiting Jazz Franck Bergerot Jazz magazine janvier 2010
- Dans l'intimité des jazzmen So jazz décembre 2009
- Visiting Jazz Jean-Marc Gelin Site les derniÚres nouvelles du Jazz décembre 2009
- Visiting Jazz Paul Maugendre Blog mystere jazz
- Visiting Jazz Franck Médioni France Musique / Jazzistique décembre 2009
- Visiting Jazz Alex Dutilh France Musique / Open jazz 4 décembre 09
- Visiting Jazz Jacques Chesnel citizenjazz.com novembre 2009
- Visiting Jazz Laurent Sapir TSF Jazz novembre 2009

- Visiting Jazz

Un livre dangereux, c’est-Ă -dire indispensable. Dangereux pour tous ceux, ils sont nombreux, qu’on se repent d’avoir lus docilement jusqu’à la derniĂšre page. Ici, c’est l’inverse: on en veut presque Ă  l’auteur d’avoir brusquement stoppĂ© ses investigations Ă  la lettre Z, sous le prĂ©texte futile qu’elle est la derniĂšre de l’alphabet. Simple, gĂ©niale et, logiquement, reprise par d’autres, l’idĂ©e de Thierry PĂ©rĂ©marti consiste Ă  surprendre les musiciens de jazz dans leur biotope, ce «chez soi» dont on les imagine souvent privĂ©s. Le rĂ©sultat est
 simplement gĂ©nial. D’abord parce qu’il ­rĂ©vĂšle l’envers sĂ©dentaire de ces nomades par accident, et qu’on trouve dans ces pages, confirmĂ©s ou dĂ©mentis par leur environnement familier, certains aspects de leur personnalitĂ© entrevus lors de leurs dĂ©placements. Il leur Ă©chappe aussi des confidences de jardin secret, plus difficiles Ă  formuler entre deux avions que dans la quiĂ©tude d’un living-room. La vie de ces 78 portraits tient aussi Ă  la concision de l’auteur, qui mĂȘle dans un intelligent Ă©quilibre Ă©lĂ©ments biographiques et paroles rapportĂ©es.

Les Ă©lus? Des stars, des Ă©mergents, des obscurs, des gars qu’on croyait locataires de l’autre monde depuis longtemps. Certains, plus pathĂ©tiques, drĂŽles ou Ă©corchĂ©s que la moyenne, nous collent Ă  l’imaginaire: Gato Barbieri, icĂŽne dĂ©boulonnĂ©e, malade et apeurĂ©e; Jack Costanzo Ă©chouĂ© dans une maison Lego; Ray Ellis ruminant, la mĂ©moire Ă©carquillĂ©e, l’insuccĂšs critique de Lady In Satin, avant-dernier album de Billie Holiday par lui confectionnĂ©; Jim Hall en ex-voisin de Jimi Hendrix, lui l’acoustique viscĂ©ral dĂ©connectĂ© des rĂ©alitĂ©s Ă©lectroniques. On y apprend, entre autres choses insoupçonnĂ©es, que les vaches sont sensibles au be-bop mais pas aux ballades (le scoop vient de Sheila Jordan); ou, plus sociologique, que le statut de musicien de studio faisait autrefois de vous le paria de la profession (Plas Johnson tĂ©moigne). Visiting Jazz, c’est un peu le «tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les musiciens de jazz» et que les dictionnaires ne vous disent pas. Le respect rusĂ© de l’auteur pour ses interviewĂ©s stoppe net les dĂ©rives voyeuristes inhĂ©rentes au projet. Plus paparazzi que lui, on aimerait pour notre part plus de photos, plus de confidences, plus de tout: Ă  quand le making of de ce brĂ©viaire qui oublie de se prendre au sĂ©rieux?

Le Temps

Michel Barbey
Le Temps (Suisse) août 2010

- Visiting Jazz

Un livre Ă©patant qui nous permet d’entrer dans l’intimitĂ© de jazzmen amĂ©ricains (un format identique pour chacun, deux pages et une photo). C’est au journaliste Thierry PĂ©rĂ©marti que l’on doit cette belle idĂ©e de proposer une sĂ©rie de rencontres au domicile mĂȘme des musiciens. Il nous fait ainsi partager un instantanĂ© de vie, d’autant qu’il opĂšre seul avec un minimum de matĂ©riel, prenant lui-mĂȘme une “snapshot” pour illustrer son propos. Comme l’écrit Alex Dutilh dans une prĂ©face sensible et juste, il s’agit “d’un vrai geste journalistique de “mĂ©diateur“
 oĂč le vrai lĂącher prise que nous recherchons tous dans la musique s’opĂšre dans la conversation”. L’essentiel de cette musique rĂ©side dans l’instant et l’échange immĂ©diat. C’est ce qu’a parfaitement rĂ©ussi l’auteur de ce livre : un sens aiguisĂ© de la formule, une poĂ©sie de l’anecdotique se dĂ©gagent de ces entretiens enregistrĂ©s entre dĂ©cembre 1998 (le premier “at homisĂ©â€ fut Milt Jackson) et mai 2009 (le dernier Jack Costanzo)* qui constituĂšrent par ailleurs l’essentiel d’une rubrique tenue dans le journal Jazzman.

Sur dix ans, le journaliste-enquĂȘteur a ainsi approchĂ© au plus prĂšs des jazzmen, qu’ils soient musiciens culte (Roy Haynes, Wayne Shorter, Horace Silver, Lalo Schiffrin, Pharoah Sanders
), ou “seconds couteaux”, voire inconnus du grand public. VoilĂ  donc l’histoire du jazz amĂ©ricain et de ses acteurs, en un condensĂ© Ă©mouvant, l’expression multiforme d’une “communautĂ©â€ des plus attachantes. Thierry PĂ©rĂ©marti obtient avec cette “carte blanche” un rĂ©sultat Ă©tonnant, dĂ©gagĂ© des contraintes de l’actualitĂ© et de la promotion, de la recherche de scoops : c’est un travail d’écriture, plus prĂšs du portrait littĂ©raire que des clichĂ©s de l’analyse critique. La musique que nous aimons est au centre de ces vies, modestes souvent. On s’attache trĂšs vite Ă  ces “short stories” que l’on lit d’un trait, Ă  ces pages que l’on dĂ©couvre avec plaisir, Ă©motion souvent, nostalgie toujours. VoilĂ  un coup gagnant, une formule juste qui tente quelque chose d’autre : si on avait songĂ© ou espĂ©rĂ© pareille dĂ©marche, Thierry PĂ©rĂ©marti l’a rĂ©ussie. Merci Ă  lui et Ă  la maison d’édition marseillaise Le Mot et le Reste pour cet ouvrage que nous recommandons vivement Ă  ceux qui aiment vraiment le jazz.

*Costanzo est Ă  juste titre un pionnier, le monsieur qui a popularisĂ© et mis Ă  la mode les bongos dans la culture amĂ©ricaine
Le seul survivant du Nat King Cole and his Trio”

Sefronia

Sophie Chambon
Site Sefronia février 2010

- Visiting Jazz

Un ouvrage important. Une pierre de plus dans la grande histoire du jazz qui se bĂątit aussi par l’écrit.

culturejazz

Thierry Giard
Site Culture Jazz février 2010

- Interview de Thierry Pérémarti

1) Qui ĂȘtes-vous ?
Un journaliste franco-amĂ©ricain dans le monde du jazz, passionnĂ© autant par la musique que par les musiciens. Un chroniqueur qui s’est dĂ©tournĂ© de la critique pour s’inventer portraitiste de jazz, friand de rencontres, de rendez-vous et de tĂȘte Ă  tĂȘte ; qui a passĂ© de trĂšs nombreuses annĂ©es Ă  poser des questions, Ă  Ă©couter des rĂ©ponses, Ă  ne rien dire aussi quand il n’y a rien Ă  dire.

2) Quel est le thĂšme central de votre livre ?
L’intimitĂ© de ces hommes et de ces femmes «jazzmen» qui savaient pour la plupart que la notoriĂ©tĂ© leur Ă©chapperait et jusqu’à la reconnaissance mĂȘme par le public au sens large ; qui vivent une vie artistique Ă  haut risque, qui ont fait des choix, et des concessions, avec dĂ©termination et rigueur, en se trompant, en recommençant l’ouvrage, en triomphant aussi. Il y est question de courage, de doutes, d’orgueil, d’abnĂ©gation, de libertĂ©, et c’est en allant chez eux, en leur rendant visite qu’ils rĂ©vĂšlent ce qu’ils sont.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de votre livre, laquelle choisiriez-vous ?
«Il y a des notes qu’on ne trouve pas» ou «et maintenant que vas-tu foutre de tout ce baratin ?»

4) Si votre livre était une musique, quelle serait-elle ?
Mais justement mon livre est fait de 78 musiques trùs personnelles et authentiques, dont je ne suis ni le compositeur, ni l’arrangeur, encore moins le producteur, mais uniquement l’interprùte.

5) Qu’aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en prioritĂ© ?
L’épaisseur de ces personnages
 leur singularité  leur caractĂšre rĂ©vĂ©lĂ© au quotidien.

lechoixdeslibraires.com

lechoixdeslibraires.com novembre 2009

- Visiting Jazz

France Musique – Le bleu, la nuit


Xavier Prévost
France Musique - Le bleu, la nuit... 2 janvier 2010

- Meilleur livre jazz de 2009

tsfjazz

Laurent Sapir
TSF Jazz

- Visiting Jazz

jazzapart.free

jazzapart.free 8 janvier 2010

- Visiting Jazz

Thierry PĂ©rĂ©marti a animĂ© pendant dix ans, la rubrique » At home with
 » pour Jazzman, parcourant d’est en ouest les Etats-Unis pour rencontrer les grands noms du jazz. Ce livre est un regroupement de ces passionnantes entrevues menĂ©es au domicile des plus grands artistes de cette musique, ainsi que des photos prises dans l’intimitĂ© de Gato Barbieri, Ray Ellis, Chico Hamilton, Freddie Hubbard, Michel Petrucciani, Pharoah Sanders, Lalo Schifrin, Joe Zawinul
 A lire en Ă©coutant leurs disques, pour les dĂ©couvrir sous un nouveau jour.

LaFrange

La Frange

- Visiting Jazz

(
) Surpris dans leur intimitĂ©, ils Ă©voquaient avec d’autant plus de facilitĂ© leur passĂ© ou leur activitĂ© prĂ©sente qu’ils Ă©taient entourĂ©s de ces souvenirs concrets qui meublent et dĂ©corent un intĂ©rieur d’artiste ou des objets non moins concrets de leur travaux en cours (partitions, instruments). Ils dĂ©voilaient bonheurs, fiertĂ©s, colĂšres et frustrations ainsi que leurs penchants intimes, leurs petits travers, leurs manies quotidiennes et hobbies.
Soit 78 portraits “At Home” avec des artistes dans leur grande majoritĂ© installĂ©s en Californie oĂč rĂ©sidait l’auteur jusqu’à l’étĂ© dernier, et qui sont dĂ©sormais rassemblĂ©s dans un seul et mĂȘme ouvrage.

Franck Bergerot
Jazz magazine janvier 2010

- Dans l'intimité des jazzmen

L’idĂ©e Ă©tait toute simple, encore fallait-il la rĂ©ussir : pendant une dizaine d’annĂ©es, Thierry PĂ©rĂ©marti, correspondant amĂ©ricain de la revue Jazzman a animĂ© la rubrique “At home with
”.
Aujourd’hui, ces entrevues Ă  domicile avec des musiciens cĂ©lĂšbres et moins cĂ©lĂšbres sont regroupĂ©s dans Visiting jazz – quand les jazzmen amĂ©ricains ouvrent leur porte.

So jazz décembre 2009

- Visiting Jazz

On se souvient avec un petit pincement au cƓur de ces pages que signait Thierry PĂ©rĂ©marti dans feu le mensuel Jazzman. Deux petites pages oĂč, pendant plus de 10 ans le journaliste qui vit Outre Atlantique nous racontait ses visites auprĂšs des jazzmen amĂ©ricains. Des interviews faites lĂ  oĂč toute interview digne de ce nom devrait se dĂ©rouler, dans l’intimitĂ© de leur appartement, dans leur salon, leur jardin ou leur bureau, au plus prĂšs de leur quotidien. C’est que Thierry PĂ©rĂ©marti n’a pas son pareil pour briser vite la glace et approcher une certaine forme de complicitĂ© avec son sujet. Quelques minutes au plus prĂšs du cƓur de ces anciennes gloires passĂ©es et pour quelques-unes (rares), encore actives de l’histoire du jazz. Je me souviens encore, non sans Ă©motion de ma lecture de cette rencontre avec Freddie Hubbard parue quelques jours avant la mort du trompettiste (Rencontre mise Ă  nue oĂč le trompettiste nous dĂ©voilait sa volontĂ© farouche de revenir sur scĂšne). Allant de la cĂŽte ouest Ă  la cĂŽte Est, ces deux pĂŽles essentiels, le journaliste est aller puiser dans le who’s who d’un jazz captĂ© au travers de moments Ă©mouvants parce qu’emprunts de simplicitĂ©. Ces moments oĂč l’interviewer et l’interviewĂ© se laissent aller Ă  une discussion sans but, sans objet, dans le flottement d’un souvenir suscitĂ© par Thierry PĂ©rĂ©marti que l’on sent en amour total de ses sujets, de ceux qui ont tant d’heures de gloire Ă  leu actif qu’ils en incarnent le jazz . Henry Grimes, ce rescapĂ© qui, pour le coup a repris du service aprĂšs des annĂ©es d’errance, en tĂ©moigne. C’est alors un dĂ©filĂ© des hĂ©ros du jazz : 77 musiciens captĂ©s ainsi entre 1999 et 2009 qui pour certains ont disparu depuis (Zawinul, Hubbard, Anita O’Day
.), d’autres restant encore trĂšs prĂ©sents aujourd’hui ( Erskine, Shorter, Frisell 
.). Et toujours quel que soit leur statut, ils livrent Ă  leur nouvel « ami » français bien autre chose que ce que l’on a l’habitude de lire dans les interviews un peu « conventionnelles », des moments de souvenirs intimes.
Pourtant si au hasard des pages actu du mensuel on se trouvait happĂ©s par ces rencontres hors du temps et chaque fois dĂ©calĂ©es par rapport Ă  la frĂ©nĂ©sie boulimique de l’actu du jazz, l’alignement dans un ouvrage unique de ces brĂšves interviews de ces musiciens pour beaucoup Ă  la retraite, donne l’impression d’un jazz sĂ©pia tout droit sorti de la rĂ©sidence de Bleuets version limite sĂ©nile du jazz Ă  l’heure du thĂ© et des petits gĂąteaux dans le salon juste avant la promenade de 17h. C’est le revers de la mĂ©daille de ces hĂ©ros fatiguĂ©s dont on avait oubliĂ© que malgrĂ© leur habit de lumiĂšre il s’agissait aussi d’hommes et de femmes qui tondent leur pelouse, jouent avec leur chien et font la cuisine. Moyenne d’ñge Ă  tout casser 75 piges.

Mais l’on passe outre cette vision un pue passĂ©iste du jazz. Car l’écriture magnifique et dĂ©licate de Thierry PĂ©rĂ©marti suffit Ă  nous Ă©mouvoir, Ă  nous Ă©merveiller avec les yeux de gosses qui rencontreraient pour de vrai leurs hĂ©ros en chair et en os. Et nous sommes un peu dans l’émerveillement de ceux qui dĂ©couvrent ainsi la profonde humanitĂ© de ceux qu’ils ont tant idolĂątrĂ©.
L’ouvrage est prĂ©cĂ©dĂ© d’une trĂšs belle prĂ©face d’Alex Dutilh qui fut durant toutes ces annĂ©es le RĂ©dacteur en Chef de Jazzman et qui laissa Ă  PĂ©rĂ©marti cette belle libertĂ©. Cette audace du dĂ©calage.

les dnj

Jean-Marc Gelin
Site les derniÚres nouvelles du Jazz décembre 2009

- Visiting Jazz

Ce n’est pas en convoquant dans un cafĂ© ou dans un studio de tĂ©lĂ©vision ou de radio, endroits dĂ©nuĂ©s d’intimitĂ© et de repaires, un artiste, peintre, Ă©crivain, musicien que celui-ci peut le mieux s’exprimer, se confier, se rĂ©vĂ©ler, se dĂ©voiler. L’auteur de cet ouvrage a prĂ©fĂ©rĂ© se rendre dans l’intimitĂ© mĂȘme de ceux qu’il dĂ©sirait interviewer. Les langues se dĂ©lient mieux et les visages se prĂȘtent plus facilement Ă  l’objectif. Ainsi William Claxton, photographe lui-mĂȘme, a acceptĂ© de se faire prendre le portrait, ou encore Anita O’Day, qui selon son agent n’acceptera jamais de poser devant l’objectif. Sauf que non seulement elle a bien voulu poser mais de plus en compagnie de l’auteur. Anita O’Day qui depuis nous a quittĂ©, l’entretien ayant eu lieu le 28 novembre 2000. Elle disparaissait le 23 novembre 2006. Des entretiens humoristiques, dĂ©voilant la face cachĂ©e des instrumentistes ou des interprĂštes, poignant Ă©galement, Ă©mouvant parfois. Ainsi Michel Pettrucciani dont l’entretien Ă©tait programmĂ© pour le 7 janvier 1999, et dont la premiĂšre rencontre eut lieu le 31 dĂ©cembre 1998 pour une sĂ©ance photographique. Il dĂ©cĂ©dait peu aprĂšs, le 6 janvier 1999, alors que la veille, sur son lit d’hĂŽpital, il avait choisi le clichĂ© devant figurer sur cet ouvrage. Plus anecdotiques, les entretiens accordĂ©s par Pete Christlieb, dans son garage, en train de rĂ©parer des dragsters, engins qu’il ne conduit plus, ses fils ayant pris la relĂšve. Ou encore Roy Haines, qui dĂ©laissant sa batterie, se met au piano et dĂ©sirant imiter Thelonius Monk « fait » du Cecil Taylor. Ou encore John Heard, qui abandonne sa contrebasse en 1988 pour passer Ă  autre chose, se consacrant Ă  la peinture et la sculpture. Mais en 1992, il repique au truc, Ă  son grand Ă©tonnement. Horace Silver qui vit presque en ermite, non pas parce qu’il n’a pas d’amis, mais par besoin de solitude, pratiquant un rĂ©gime presque exclusivement vĂ©gĂ©tarien, relevant de maladie cardiaque, annulant ses tournĂ©es, mais toujours habitĂ© de nombreux projets. Et puis tant d’autres de Gato BarbiĂ©ri jusqu’à Joe Zawinul, en passant par Kenny Burell, Lou Donaldson et ses clubs de golf, Henri Grimes, que tout le monde pensait mort depuis des dĂ©cennies et qui a Ă©tĂ© retrouvĂ© par hasard au bout d’une longue enquĂȘte par un assistant social fĂ©ru de jazz, et qui depuis a entamĂ© une renaissance musicale, Jim Hall et son chien, et combien d’autres photographiĂ©s dans leur jardin, en short, ou dans le salon habillĂ© comme s’ils allaient sortir en concert, ou Ă©pluchant des champignons comme Chico Hamilton, se pavanant devant leur voiture, et le plus souvent photographiĂ©s en compagnie de leurs instruments, l’objet indispensable de leur profession et de leur passion. Sans oublier Buddy Collette, Ray Ellis, Milt Jackson, Al Jarreau, Pharoah Sanders, Lalo Schiffrin, et combien d’autres qui ne sont pas forcĂ©ment connus du grand public. En tout prĂšs de 80 entretiens, et autant de photos, qui relĂšvent de la bonne franquette. Des restitutions d’entretiens plutĂŽt, car il n’agissait pas de reproduire une conversation, un dialogue, mais d’insĂ©rer quelques Ă©changes dans un rĂ©cit vivant, empreint souvent de sensibilitĂ©, de regrets parfois, de projections sur l’avenir souvent. Et ces entretiens, qui sont datĂ©s, se dĂ©roulent de 1998 jusqu’à 2009 et ont fait l’objet de publications dans Jazzman, une revue aujourd’hui disparue par sa fusion avec Jazz Magazine. Un ouvrage qui se lit en grappillant au hasard de l’inspiration, avec une certaine nostalgie pour certaines de ces pages.

mystere jazz

Paul Maugendre
Blog mystere jazz

- Visiting Jazz

Jazzistiques

Franck Médioni
France Musique / Jazzistique décembre 2009

- Visiting Jazz

Open jazz

Alex Dutilh
France Musique / Open jazz 4 décembre 09

- Visiting Jazz

De Roy Haynes, Wayne Shorter et Horace Silver en 1999 Ă  Pete Christlieb et John Hassell en 2009, l’auteur a rencontrĂ© chez eux (cf les « At Home » parus dans la revue Jazzman) 78 musiciens dont la plupart acteurs de l’histoire du jazz.
Ces entretiens accompagnĂ©s de photos sont consacrĂ©s soit Ă  des personnages ayant pour diverses raisons plus ou moins abandonnĂ© (et regrettĂ©) leurs activitĂ©s, soit Ă  des musiciens toujours en forme et en mouvement, soit encore Ă  des disparus. Beaucoup de souvenirs, d’anecdotes et de considĂ©rations sur le jazz et leur carriĂšre font de ce livre une mine de renseignements dont on se dĂ©lectera si on n’a pas encore eu l’occasion de les Ă©couter.
Je n’ai pas voulu introduire ici de distinctions ou d’apprĂ©ciations personnelles – ce qui ne m’empĂȘche pas, bien sĂ»r, des prĂ©fĂ©rences ; question de goĂ»ts et d’affinitĂ©s
 tout comme vous.

citizenjazz.com

Jacques Chesnel
citizenjazz.com novembre 2009

- Visiting Jazz

Il a Ă©tĂ© la plume amĂ©ricaine de Jazzman avec, au programme, des dizaines d’entrevue dans l’environnement intime des dieux, des demi-dieux ou alors des simples troubadours du jazz, “cette kyrielle d’illustres anonymes, Ă©crit-il, dont on ne sait que faire, sans trop savoir pourquoi la notoriĂ©tĂ© les a dĂ©jouĂ©s “. Thierry PĂ©rĂ©marti a su ainsi crĂ©er un rendez-vous singulier avec les lecteurs de la revue, et en mĂȘme temps, trĂšs curieusement, le simple fait de regrouper ses articles dans un livre joliment intitulĂ© Visiting Jazz donne un tout autre Ă©clairage Ă  son travail.

Gato Barbieri reçoit en kimono, mais il a besoin d’ĂȘtre allongĂ© au lit pour se confier
 Anita O’Day est prĂȘte Ă  bavarder Ă  condition qu’on lui apporte une boĂźte de chocolats. C’est entre deux paniers de basket que Marcus Miller, complĂštement en nage, accepte le micro-cravate
 L’interview “à domicile ” n’a pas forcĂ©ment lieu entre quatre murs
 Une partie de pĂȘche, un terrain de golf, une virĂ©e en Cadillac, un rendez-vous au parc, assis sur l’herbe
 Dis moi oĂč tu reçois, je te dirai qui tu es
 Et quand ça se passe Ă  la maison, mĂȘme si on vous accueille en chaussettes ou en pyjama, le tĂȘte-Ă -tĂȘte n’a vraiment rien de pantouflard


Surtout lorsqu’on est, parfois, un peu en bout de course
 Il y a ceux que Thierry PĂ©rĂ©marti croyait morts et qui sont toujours en vie, et puis aussi ceux qui ne sont pas trĂšs bien portants, qui ont dĂ©cidĂ© de ne plus se cacher, qui disent l’amertume, la sueur, la prĂ©caritĂ©, la bagarre quotidienne pour vivre de son instrument, quitte Ă  se faire oublier en jouant les obscurs sidemen dans les grands studios, comme ce fut le cas pour de nombreux musiciens de la West Coast
 Ceux lĂ  n’ont mĂȘme pas le coeur Ă  entretenir les vieux mythes du jazz cool “doux et blanc “, comme le murmure Teddy Edwards qui, lui, Ă©tait fougueux et noir


L’ouvrage Ă©videmment doit beaucoup aux qualitĂ©s d’écriture de Thierry PĂ©rĂ©marti
 Son art du portrait tient parfois en quelques mots: Bobbie Hutcherson, Ă©crit-il, “vient des annĂ©es Blue Note, des sixties version Martin Luther King et des ghettos qui brĂ»lent “
 De Sheila Jordan il souligne que “son amour du jazz est indestructible. IrrĂ©vocable. Grandiose. Intact comme le rĂȘve de cette adolescente qu’elle fut et qui, de club en club, courait aprĂšs Charlie Parker“
 Quand la plume est ce point concise et passionnĂ©e, et quand elle est au chevet de ce qu’il y a de plus authentique chez les jazzmen et jazzwomen de l’autre rive de l’Atlantique, on devine alors que ce Visiting jazz de Thierry PĂ©rĂ©marti va bien au-delĂ  de la simple visite de courtoisie.

Tsfjazz

Laurent Sapir
TSF Jazz novembre 2009