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Parution : 21/10/2014
ISBN : 9782360541522
384 pages (148 x 210)

Unknown Pleasures - Nouvelle édition

Joy Division vu de l'intérieur

Passionnant pour tout fan de Joy Division qui se respecte, trĂšs Ă©clairant sur les dĂ©buts et l’histoire de ce combo hyper influent et savoureusement parsemĂ© d’anecdotes bien salĂ©es et souvent drĂŽles, le trĂšs enlevĂ© livre signĂ© Peter Hook Unknown Pleasures, Joy Division vu de l’intĂ©rieur, se dĂ©vore d’une seule traite

Pierre Andrieu – ConcertAndCo

Traduit de l’anglais par Suzy Borello

À la fin des annĂ©es 1970, inspirĂ©s par l’énergie du punk, et notamment des Sex Pistols, Peter Hook et son vieil ami d’école Bernard Sumner, Ă  qui se sont joints Ian Curtis, chanteur-compositeur et Stephen Morris Ă  la batterie, ont dĂ©marrĂ© un groupe qui, 35 ans plus tard, continue d’influencer la musique pop. Avec quelques instruments rassemblĂ©s Ă  la va-vite et un vieux van, voilĂ  les quatre jeunes gars de Manchester et de Salford partis Ă©cumer les pubs et les clubs d’Angleterre. Le premier concert sous le nom de Joy Division est catastrophique : la nouvelle basse de Peter Hook est en rade, plus de la moitiĂ© du petit public de trente pĂ©quins est constituĂ©e d’amis de Peter, et une bagarre Ă©clate. Ce n’est pas grave, ils continuent et en 1980, ils sortent deux albums et sont sur le point de tourner en AmĂ©rique. Tout s’enchaĂźne. Joy Division a mĂ©tamorphosĂ© le visage de la musique. Parrains de la scĂšne alternative actuelle, les membres du groupe ont revitalisĂ© le rock Ă  l’ùre du post-punk, Ă©laborant un son nouveau, sombre, hypnotique et intense, qui influencera The Cure, Morrissey, Radiohead et de nombreux autres. Peter Hook fut au cƓur de ce son nouveau qui dĂ©finit et inspira une gĂ©nĂ©ration, marquĂ©e par la mĂ©lodieuse ligne de basse de « Love Will Tear Us Apart ». Dans le mĂȘme style brut et enlevĂ© de son prĂ©cĂ©dent ouvrage, L’Haçienda, la meilleure façon de couler un club, Peter Hook tĂ©moigne de l’histoire intĂ©rieure de Joy Division. On plonge littĂ©ralement dans l’histoire de ce groupe de lĂ©gende !

Revue de presse

- Unknown pleasures de Peter Hook publié aux éditions Le Mot et le Reste Frédéric Isoletta Zibeline 5 Mai 2015
- Unknown Pleasures Noé Gaillard Daily Books 18 février 2015
- Le mot et le reste : cinq ouvrages d'une rentrée musicale Adrien Sourdoreille 21 octobre 2014
- Unknown Pleasures Joy Division vu de l’intĂ©rieur – Peter Hook Claire Shut Up And Play the books
- Unknown Pleasures Pierre Andrieu ConcertAndCo.com 04 juillet 2013
- De New Order, Buzzcocks et David Guetta Jackie Berroyer Vibrations avril 2013
- Livres - Musiques François Gorin Télérama 24 avril 2013
- Unknown pleasures - Joy Division vu de l'intérieur Sophie Chambon Les derniÚres nouvelles du jazz Samedi 20 avril 2013
- Le livre de la semaine Patrick Beaumont La Gazette Nord-Pas de Calais 12 avril 2013
- Le livre sur Joy Division par l'ex-New Order Peter Hook arrive en France Maxence Grugier Fluctuat 17 janvier 2013
- Unknown Pleasures Thomas Baltes Guitar Part Mars 2013
- Interview - Basse, biĂšre & rock'n'roll BenoĂźt Carretier Tsugi mars 2013
- Carnet de souvenirs MĂ€x Lachaud ObskĂŒre Avril 2013
- Ice Age Emmanuel Dosda Poly.fr 22 mars 2013
- Rire Jaune avec Joy Division - Coup de coeur Philippe Richard Ouest France 25 février 2013
- Livres - Spécial Manchester Hervé Crespi Start Up Février 2013
- Livres et DVD Ali Tération Vice février 2013
- Interview de Peter Hook Basile Farkas Rock&Folk Mars 2013
- Moche Division Sophian Fanen Libération 15 février 2013
- Peter Hook: "Avec Joy Division, on se marrait beaucoup" Igor Hansen-Lov L'Express 2 février 2013
- Peter Hook : de Joy Division Ă  l’Hacienda, interview premiĂšre fois Ondine Benetier Les Inrockuptibles 1er fĂ©vrier 2013
- 3 questions à Peter Hook Stéphane Davet M le magazine du Monde 15 décembre 2012

- Unknown pleasures de Peter Hook publié aux éditions Le Mot et le Reste

Unknown Pleasures, Joy Division vu de l’intĂ©rieur est un ouvrage qui oscille entre le cru, le tragique et le drĂŽle. Certes, Manchester Ă  la fin des annĂ©es 70 ne ressemble pas tout Ă  fait Ă  Miami, mais grĂące Ă  la gouaille de son bassiste, qui fondera plus tard New Order, Joy Division dĂ©voile tous ses secrets sans chichis et nous offre une vĂ©ritable invitation au voyage au cƓur de cette Ă©poque si riche musicalement, qui fait encore rĂȘver bon nombre de colders.

CONSULTER L’INTÉGRALITÉ DE L’ARTICLESURZIBELINE

Frédéric Isoletta
Zibeline 5 Mai 2015

- Unknown Pleasures

Les connaisseurs en matiĂšre de musique « populaire » de la pĂ©riode de la fin des annĂ©es 1970 ne seront pas surpris par le sous titre : Joy Division vu de l’intĂ©rieur. Bien sĂ»r, il y a ceux qui ont retenu que Peter Hook est un des fondateurs du groupe et les autres, ceux qui se contentent d’écouter cette musique. Parfois sans mĂȘme savoir l’origine du nom du groupe. Ceux qui sont dans ce cas peuvent se rassurer, Peter donne l’explication.

En exergue une petite phrase donne le ton : « Ce livre contient la vĂ©ritĂ©, toute la vĂ©ritĂ©, rien que la vĂ©rité  enfin, d’aprĂšs mes souvenirs ! » et elle est signĂ©e Peter Hook. Au fil de la lecture, vous comprendrez vite pourquoi un Ă©diteur a pu dĂ©cider de faire traduire ce livre et de le publier. D’une part, je le crois sans la moindre complaisance, ce qui est Ă©crit, racontĂ©, vise Ă  expliquer, Ă  faire comprendre et non Ă  justifier des comportements particuliers (violence, alcool). D’autre part, Peter Hook se raconte et raconte le groupe et les rapports entre ses membres. Surtout les rapports avec Ian Curtis – chanteur compositeur – dont le suicide mettra fin au groupe. ConsidĂ©rant sans doute que les lecteurs de son livre auront dans leur discothĂšque un ou deux LP ou CD – avez-vous remarquĂ© l’assez grand nombre d’appellations diffĂ©rentes pour ce qui est des vinyles en opposition au vulgaire CD ? Serait-ce une marque de noblesse ? – l’auteur nous propose ce que l’on appellera faute de mieux des grilles d’écoute, des sous-titres, des dĂ©cryptages. Et ce pour deux albums : Unknown Pleasures et Closer en nous recommandant de lire en Ă©coutant.

En ce qui me concerne, et je ne pense pas ĂȘtre le seul, Ă  la fin des annĂ©es 70 je n’écoutais pas ce genre de musique, en revanche le faire aujourd’hui – avec le recul et l’ñge venu – cela a son charme.

Alors bonne lecture-écoute.

RETROUVER LA CHRONIQUESUR LE SITE DE DAILYBOOKS

Noé Gaillard
Daily Books 18 février 2015

- Le mot et le reste : cinq ouvrages d'une rentrée musicale

Contrairement aux idĂ©es reçues, Merci pour ce moment n’est pas le seul bouquin sorti en cette rentrĂ©e. La maison d’édition Le mot et le reste créée Ă  Marseille en 1996 par Yves Jolivet est l’incontournable au regard des derniĂšres sorties et celles prĂ©vues Ă  l’automne. Voici une sĂ©lection de cinq ouvrages sur la musique pour s’en mettre plein la tĂȘte, sur la musique underground, Kraftwerk, les albums Ă©lectro, Sun Ra et Joy Division. Les fils d’actus, c’est dĂ©jĂ  le passĂ©. Le papier : le futur.

Peter Hook c’était dĂ©jĂ  pliĂ© Ă  l’exercice de l’écriture en narrant ses (mĂ©s)aventures rock dans L’Haçienda, la meilleure façon de couler un club. Il a de nouveau troquĂ© sa basse (et ses platines depuis 2010) contre la plume pour raconter sa vision des faits sur le groupe de cold wave qu’il a créé, bouleversant la musique durant la fin des annĂ©es 70 , notamment Ă  l’étĂ© 1979 avec un album icĂŽne de la scĂšne underground: Unknow pleasures. ParsemĂ©es d’anecdotes dignes du mythe Joy Division, le crĂ©ateur de New Order fait un devoir de mĂ©moire Ă  Ian Curtis et au reste de la bande racontant leur histoire commune, celle de jeunes anglais de Manchester partis de trois fois rien et crĂ©ant un univers sombre et incisif qui aura influencĂ© des gĂ©nĂ©rations d’artistes. Dans un ton plus drĂŽle et lĂ©ger que le biopic Control du gĂ©nie photographique Anton Corbijn et, et dans les coulisses du groupe, ce tĂ©moignage ravira les fans engendrĂ©s durant trois dĂ©cennies.

LA TOTALITÉ DE L’ARTICLEEST À RETROUVERSUR LE SITE DE LA SOURDOREILLE

Adrien
Sourdoreille 21 octobre 2014

- Unknown Pleasures Joy Division vu de l’intĂ©rieur – Peter Hook

Unknown Pleasures Joy Division vu de l’intĂ©rieur, c’est le tĂ©moignage d’un insider. Joy Division, groupe mancunien mythique des annĂ©es post-punk, racontĂ© Ă  travers les yeux de son bassiste Peter Hook, depuis passĂ© par New Order et Ă  prĂ©sent leader de Peter Hook and The Light.

De la rencontre du groupe au grĂ© des premiers concerts des Sex Pistols Ă  leur premier enregistrement foireux, de Warsaw Ă  Joy Division, Peter Hook raconte avec honnĂȘtetĂ© et humilitĂ© son vĂ©cu au sein du lĂ©gendaire instigateur de la new wave. AprĂšs le livre de Deborah Curtis, Ian Curtis et Joy Division, Histoire d’une vie, on touche enfin du doigt la fulgurance et l’impact du groupe de l’intĂ©rieur. « Hookie » nous livre Ă  la fois une mĂ©moire intacte et un recul nĂ©cessaire sur l’une des pĂ©riodes musicales les plus passionnantes que l’Angleterre ait connue ; de la difficultĂ© de trouver leurs premiĂšres dates et d’acheter du matĂ©riel dĂ©cent avec leur moyens (trĂšs) limitĂ©s, Ă  leurs premiers concerts sans spectateurs, en passant par les critiques sur leur nom rappelant les temps les plus sombres de notre histoire. Cependant, comme tout ouvrage s’attaquant au champ de la biographie, l’histoire qu’il raconte (autant que celle de Debbie Curtis d’ailleurs), doit ĂȘtre accueillie avec prĂ©caution. Car si les tĂ©moignages les plus vivaces et passionnants viennent toujours des protagonistes du rĂ©cit, ils sont aussi les moins objectifs.

Par ailleurs, Unknown Pleasures est aussi l’occasion de dĂ©couvrir une constellation dense de groupes parfois oubliĂ©s de la scĂšne de Manchester au sein de laquelle Joy Division gravitait : Buzzcocks, Slaughter and the Dogs, The Damned, Magazine, et bien d’autres. On comprend Ă©galement les influences des diffĂ©rents membres du groupe, de David Bowie Ă  Kraftwerk en passant par Iggy Pop et les New York Dolls.

Unknown Pleasure – Shut up and Play the book

Claire
Shut Up And Play the books

- Unknown Pleasures

Passionnant pour tout fan de Joy Division qui se respecte, trĂšs Ă©clairant sur les dĂ©buts et l’histoire de ce combo hyper influent et savoureusement parsemĂ© d’anecdotes bien salĂ©es et souvent drĂŽles, le trĂšs enlevĂ© livre signĂ© Peter Hook Unknown Pleasures, Joy Division vu de l’intĂ©rieur, se dĂ©vore d’une seule traite
 L’auteur, qui a son franc parler et peut se targuer d’avoir un caractĂšre bien trempĂ©, raconte la genĂšse de Joy Division, les plans galĂšres, les rencontres importantes, les engueulades mĂ©morables, l’écriture des morceaux et les concerts affligeants de mĂ©diocritĂ© ou devenus cultes
 Venant du bas de l’échelle sociale et n’ayant pas eu une jeunesse facile, le cultissime bassiste mancunien, plutĂŽt brut de dĂ©coffrage, ne s’embarrasse pas de figures de style ou de dĂ©tours
 Il va Ă  l’essentiel, narre les choses en ayant le souci de dire la vĂ©ritĂ© (Ian Curtis Ă©tait un jeune homme plutĂŽt normal, quand il avait bu il savait faire le con comme tout apprenti rock star
 ), appelle un chat un chat et taille dans le vif. Ses rapports conflictuels avec son ancien ami Bernard Sumner, guitariste et claviĂ©riste de son Ă©tat, son statut de bassiste/roadie/conducteur de van la nuit et de travailleur le jour mais aussi les blagues ultra lourdingues que se faisaient les musiciens entre eux, tout est Ă©voquĂ© sans fard, permettant de replacer les choses dans leur contexte. De maniĂšre plutĂŽt touchante, le gars Peter avoue parfois n’ĂȘtre pas sĂ»r Ă  100% de tout ce qu’il Ă©crit (la faute au temps qui passe, Ă  la drogue et Ă  l’alcool), mais son bouquin – traduit en français par Suzy Borello – fourmille de dĂ©tails croustillants, ce qui permet d’en savoir vraiment plus sur la maniĂšre dont les titres de Joy Division ont Ă©tĂ© créés, enregistrĂ©s, produits et distribuĂ©s de maniĂšre totalement do it yourself. On apprend en particulier que les compositions partaient quasiment toutes d’une ligne de basse mĂ©lodique jouĂ©e dans les aigus, que l’apport de Curtis Ă©tait prĂ©pondĂ©rant pour transformer un morceau de prime abord assez banal en potentiel tube, que le gĂ©nial producteur Martin Hannett bidouillait tout un tas de trucs essentiels dans le dos des musiciens et que les qualitĂ©s de guitariste de Barney et celles du batteur Stephen Morris ont permis de concevoir des chefs-d’oeuvre intemporels. Les influences du groupe (Sex Pistols, Clash, Buzzcocks, Velvet Underground, Bowie, Stooges, Doors
 ) et la maniĂšre dont elles ont marquĂ© les premiers morceaux de Warsaw et la suite sont, bien Ă©videmment, abordĂ©es
 Hooky parle aussi de choses trĂšs personnelles Ă  propos de son sentiment de culpabilitĂ© aprĂšs le suicide de Ian C., sans omettre de faire allusion Ă  ce qui pourrait expliquer ce geste funeste : les tournĂ©es incessantes, les histoires de cƓur et l’épilepsie du regrettĂ© leader. *Il faut donc lire Unknown Pleasures, Joy Division vu de l’intĂ©rieur si l’on veut en savoir (beaucoup) plus sur un groupe dont presque tous les titres – mis en boite il y a plus de 30 ans mais sonnant terriblement actuels – donnent des frissons Ă  chaque nouvelle Ă©coute
 *

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Pierre Andrieu
ConcertAndCo.com 04 juillet 2013

- De New Order, Buzzcocks et David Guetta

Il avait dĂ©jĂ  Ă©crit un livre sur Haçienda, le fameux club de Manchester. Il vient d’en Ă©crire un autre sur Joy Division et il en Ă©crira un, si ce n’est dĂ©jĂ  fait, sur New Order. “New Order”. Il se plaint que les journalistes les aient fatiguĂ©s avec la sempiternelle question sur le nom et l’esthĂ©tique du premier groupe. Le rapport avec la chose nazie. Il dit dans le livre qu’aprĂšs le suicide de Ian Curtis, leur chanteur, finit ce genre de conneries, on doit continuer et pas refaire les mĂȘmes erreurs. Et voilĂ  qu’ils appellent leur groupe Ordre Nouveau. En fait, ça leur a plutĂŽt rĂ©ussi. Peter Hook c’est le type qui fait le bilan et qu’il s’aperçoit qu’il a Ă©tĂ© con mais qu’il ne l’a pas Ă©tĂ© complĂštement, et qu’il a Ă©tĂ© crĂ©atif. Ses basses un peu enfantines oĂč il joue souvent sur les aigus ont donnĂ© un ton et guidĂ© les mĂ©lodies de la plupart des chansons. Dans certains morceaux, lĂ  oĂč l’on croirait entendre une guitare en arriĂšre-plan, c’est en fait la basse six cordes qu’il venait d’acheter sur les conseils de Bernard. Il explique tout ça dans son livre, et c’est un tĂ©moignage trĂšs intĂ©ressant pour ceux qui s’intĂ©ressent Ă  tout ça. Est-ce que c’est trĂšs intĂ©ressant pour ceux qui s’en foutent ? J’irais d’une litote. Moi, je ne m’en fous pas. Je m’intĂ©resse Ă  la musique et Ă  son histoire, et dans l’histoire trĂ©pidante et populaire, ces gens de Manchester ont comptĂ©. Ils ont apportĂ© quelque chose qui participe Ă  l’évolution. Certains artistes font leur truc et leur truc ne fait pas de petits, mais ceux-lĂ  ont ouvert des portes. En mĂȘme temps, il reconnaĂźt qu’il a mis assez longtemps Ă  comprendre l’apport du producteur Martin Hannett. Il aurait aimĂ©, Ă  l’époque, un son plus dur.

Le livre est truffĂ© d’anecdotes et de rĂ©flexions sur la musique. Les deux principaux albums sont dĂ©taillĂ©s titre par titre par ce musicien qui avoue ne pas avoir d’oreille et qui a Ă©tĂ© le plus heureux des hommes quand il a vu arriver les accordeurs Ă©lectroniques : fini de se faire humilier sur scĂšne par Bernard Sumner, le guitariste, qui lui accordait sa basse en se foutant de sa gueule.

À leurs dĂ©buts, avant d’embaucher Ian Curtis, ils cherchaient un chanteur, ils en ont essayĂ© plusieurs, mais le problĂšme, c’est qu’ils Ă©taient tous mauvais. C’est un problĂšme, en effet. Mais il rectifie : en fait, ils n’étaient pas mauvais comme il fallait. Les Buzzcocks avant eux avaient Ă©tĂ© les petits coqs (cocks) de Manchester, ils ont tournĂ© ensemble. C’était les Buzzcocks qui avaient le profil arty et Ă©taient les petits voyous des quartiers.
Ce cĂŽtĂ© arty l’agaçait quand il a pris de l’ampleur chez Curtis. Ce qui semble le plus fou Ă  Hooky, c’est qu’il parlait mĂȘme d’ouvrir une librairie avec son amoureuse belge, qui a Ă©tĂ© au cƓur du drame puisque Ian Curtis Ă©tait mariĂ© et que cet Ă©cartĂšlement s’ajoutait Ă  sa maladie.
Il Ă©tait Ă©pileptique. Au fond, Curtis Ă©tait simplement un type curieux de toutes choses, avec la fibre artistique, et qui ne voulait pas s’en tenir, bien qu’il n’ait pas Ă©tĂ© le dernier, au comportement d’ados attardĂ©s : fauches, farces et attrapes

Notre auteur dit que c’est beaucoup plus tard qu’il a compris les paroles des chansons de Ian Curtis. Avant ça, il n’y avait pas prĂȘtĂ© attention. Tout comme les autres membres du groupe, il avait assez Ă  faire avec la musique. Et c’est assez fou de le voir dĂ©clarer dans un magazine qu’il rĂȘve d’un remix de “Blue Monday” par devinez qui ! Carl Craig ? Non, David Guetta. Au fond, je ne suis pas trĂšs au courant : peut-ĂȘtre que Guetta a fait des progrĂšs, comme un Jean-Michel Jarre qui serait devenu une sorte d’Eno.
J’ai signĂ© tout de mĂȘme la pĂ©tition “Non aux 400 000 euros de subvention pour le concert de David Guetta Ă  Marseille”. Probablement en vain. La vieille crapule qui dirige la ville n’a rien Ă  faire de nos prĂ©occupations artistiques et de la justice sociale.

J’ai lu le livre de Peter Hook et je n’ai pas lu celui de la bonne femme crapule – Ă  caution quasi-queer – qui a piĂ©gĂ© le cochon. Ce dernier n’ayant pas rĂ©ussi Ă  faire interdire le livre, il s’en est vendu plus de 20 000 en quinze jours. ForcĂ©ment. Lorsqu’on voit la moitiĂ© de la couverture de Voici avec un bandeau, c’est foutu, ça veut dire que c’était dans un numĂ©ro prĂ©cĂ©dent qu’il y avait la photo sensationnelle de la star qui n’est pas plus sexy que votre cousine finalement aux vues de ces photos-vĂ©ritĂ©s. Quand on voit ça disais-je, on sait qu’on a ratĂ© le numĂ©ro d’avant. Tandis qu’avec le livre de la bonne femme crapule, le bandeau indique que c’est dedans, le croustillant, et pas dans le bouquin d’avant. La une du livre est une pub. Attention, atteinte Ă  la vie privĂ©e, ça c’est bon. Mais on ne vous dira pas de qui il s’agit, pour peu que vous soyez passĂ© Ă  cĂŽtĂ©, vous vous prĂ©cipiteriez.

On a perdu Alvin Lee, Donald Byrd et on va perdre Wilko Johnson. Son fils l’a forcĂ© Ă  consulter aprĂšs qu’il ait pissĂ© du sang. Les mĂ©decins lui ont dit qu’il avait un gros truc pas opĂ©rable. De plus, il refuse la chimio. Il s’est trouvĂ© Ă©trangement calme en apprenant la nouvelle alors que son fils s’est effondrĂ©. Wilko, qui est dĂ©pressif depuis l’ñge de dix ans, vit ses derniers moments en trouvant enfin la vie merveilleuse. On ne sait jamais Ă  l’avance comment on va rĂ©agir devant certains Ă©vĂ©nements.

Jackie Berroyer
Vibrations avril 2013

- Livres - Musiques

Écrits new wave. Les MĂ©moires anecdotiques du bassiste de Joy Division et les meilleures chroniques d’un critique rock Ă  la fibre d’écrivain.

Par une coĂŻncidence plus que par la volontĂ© de leur Ă©diteur commun, In a Lonely Place, recueil d’écrits rock de Michka Assayas, voisine chez les libraires avec Unknown Pleasures, second volume de MĂ©moires signĂ© Peter Hook. Celui-ci fut le bassiste de New Order et avant cela de Joy Division, dont il continue aujourd’hui d’entretenir la lĂ©gende — ou de l’exploiter sans vergogne, selon les sources. À qui cherche un revers plus trivial au mythe parfois encombrant, Hook fournit son content d’anecdotes.

Le livre d’Assayas porte un titre empruntĂ© lui aussi Ă  Joy Division. Son entrĂ©e en rock critique a suivi la fin de ce groupe, aprĂšs le suicide du chanteur, Ian Curtis. C’était en 1980, annĂ©e new wave. À Belfast dĂ©butait U2, sous le regard d’un jeune journaliste alors loin d’imaginer qu’il serait plus tard le biographe de Bono. L’attachement Ă  ces deux totems, ici lyrique, lĂ  romantique, rĂ©sume assez bien la dualitĂ© du critique : enthousiasme et regret, ombre et clartĂ©. Mais aussi l’écriture de Michka Assayas est marquĂ©e dĂšs l’origine par un doute essentiel : parler du rock lui est vital, et pourtant cela ne va pas de soi. Au creux de ce balancement, qui certains jours se mue en sentiment d’imposture, peu naĂźtre un Ă©crivain. Dans ses essais ou ses romans s’est dĂ©veloppĂ©e une fibre proprement littĂ©raire. Mais l’exhumation de chroniques passĂ©es ne nous jettera pas forcĂ©ment sur les disques Ă©coquĂ©s pour vĂ©rifier que l’avis du moment “tient encore la route”, on a ici la preuve qu’en rapportant le plus fidĂšlement possible ses obsessions musicales, le critique (rock ou non) peut lui-mĂȘme faire vibrer son lecteur. En cela, il en remontre Ă  plus d’un auteur de fiction.

François Gorin
Télérama 24 avril 2013

- Unknown pleasures - Joy Division vu de l'intérieur

À la fin des annĂ©es soixante dix, Peter Hook (Hooky) est l’un des membres fondateurs de Joy Division avec Bernard Summer, Ian Curtis et Stephen Morris. AprĂšs son prĂ©cĂ©dent ouvrage, dĂ©jĂ  publiĂ© aux Ă©ditions Le Mot et Le Reste, l’Hacienda, la meilleure façon de couler un club, il raconte, dans le mĂȘme style simple, direct, alerte (impeccablement traduit par Suzy Borello),l’histoire trop courte du groupe qui allait rĂ©volutionner le visage de la musique, en revitalisant le rock Ă  l’ùre du post punk, Ă©laborant un son nouveau, sombre, hallucinĂ©, hypnotique et si intensĂ©ment juste qu’il dĂ©terminera l’engagement de groupes comme The Cure, Echo & the Bunnymen, Wire et Radiohead.
Rappelons que le mot punk était déjà employé dÚs le milieu des années soixante pour des groupes amateurs jouant un rock primaire aux Usa. Le mot réapparaßt et se démocratise avec les SEXPISTOLS
le sexe comme éloge de la transgression rock
Un groupe adulé par les gothiques dont les deux albums sortis entre juillet 79 et juin 80, Unknow pleasures et Closer forment un testament aussi monochrome que leur pochette.
Quatre garçons pas vraiment dans le vent, des prolĂ©taires qui avaient une certaine vision artistique, sans en avoir toujours les moyens techniques. Fantasque, jovial, le bassiste de Joy Division, Peter Hook raconte ses souvenirs sans trop enjoliver, avouant ses turpitudes avec une bonhomie confondante et beaucoup d’humour. On s’amuse Ă©normĂ©ment dans les premiers chapitres qui racontent l’enfance. Et puis il y a ce noir et blanc des souvenirs de ce groupe composĂ© de sales gosses, de ces lads du nord de l’Angleterre, des Mancs toujours prĂȘts Ă  en dĂ©coudre avec les cockneys ou ceux de Chelsea. Ils passent leur temps Ă  se faire de sales blagues, Ă  boire, Ă  dĂ©conner
 «Du vin, des femmes et des chansons». Ils vivent encore chez leurs parents, Ă  l’exception du chanteur Ian Curtis, mariĂ© et bientĂŽt pĂšre de deux enfants. Ils mĂšnent une vie trĂšs dure, travaillent le jour et faisant leur gig le soir, conduisant, rangeant et dĂ©plaçant leur matos, ne touchant que des sommes dĂ©risoires, les conditions des concert Ă©tant trĂšs diffĂ©rents de celles d’aujourd’hui. Aucun confort et souvent le froid glacial. Des instruments rassemblĂ©s Ă  la-va-vite, bricolĂ©s et un van pourri que conduit Hook en ronchonnant, car il doit en plus, payer l’entretien et les rĂ©parations. Aucune solidaritĂ© dans la bande!
le groupe se laissa manoeuvrer et manager par le producteur fou Martin Hannett, remodelant Ă  sa guise les enregistrement de ces gamins qui ne comprenaient rien Ă  ce qui se passait. Leur seul plaisir Ă©tait de jouer, d’en dĂ©coudre sur scĂšne, de se laisser aller Ă  l’alchimie de cette formation, relĂ©guant par exemple, dans Unknow Pleasures, les guitares au fond du mix pour mieux capter les Ă©chos hantĂ©s, la voix sĂ©pulcrale d’Ian Curtis. La vie du groupe et de son chanteur devient une Ă©trange balade, avec comme dĂ©cor, une ville qui se dĂ©lite sous les coups du thatchĂ©risme, tout en donnant naissance Ă  son rĂ©solument nouveau, imprĂ©gnĂ© d’une sourde rĂ©volte, une rĂ©signation hurlĂ©e.
Le suicide d’Ian Curtis marque la fin du groupe. Curtis ne fait mĂȘme pas partie du club des 27, puisque mort Ă  24 ans! MinĂ© par son divorce, ses crises d’épilepsie de plus en plus sĂ©rieuses — elles augmentent avec le succĂšs e le rythme infernal des concert — il convulse sur scĂšne. Il finira par se pendre au matin dans la cuisine de son petit appartement de Macclesfield, prĂšs de Manchester, juste avant le dĂ©part pour une tournĂ©e aux USA.
Peter Hook le rĂ©pĂšte souvent et on ne peut que tenter d’imaginer comme lui, ce qui aurait pu ĂȘtre. On sent bien toute la peine du bassiste et son remords actuel de n’avoir rien compris Ă  la dĂ©tresse morale, physique du chanteur et d’avoir laissĂ© faire. Un soir par exemple, il retrouve le chanteur inconscient, dans les toilettes, blessĂ©. Une fois ses esprits retrouvĂ©s, Curtis fera quand mĂȘme sont concert. À sa mort, ses camarades, s’ils ont continuĂ© et créé NEWORDER dans le prolongement de JOYDIVISION, n’ont pas voulu ni pu remplacer le lead singer. Et c’est tout Ă  leur honneur

Le trĂšs beau film Control d’Anton Corbijn rĂ©alisĂ© en 2007 avec Sam Riley (lui mĂȘme rocker) dans le rĂŽle d’Ian Curtis traduit cette vie en circuit fermĂ©, qui trĂšs vite, saisi d’une accĂ©lĂ©ration folle, conduit Ă  une impasse. Fatale. Peter Hook y fait souvent rĂ©fĂ©rence, soulignant juste quelques diffĂ©rences. Il corrige ainsi quelque peu l’image d’Ian Curtis, protĂ©iforme et camĂ©lĂ©on, Ă©pris absolu, trĂšs «arty» mais aussi semblable aux autres membres du groupe, dans certaines frasques ou dĂ©lires trĂšs imbibĂ©s. « Il y avait le projet et nous on Ă©tait ses outils pour le mettre en Ɠuvre ». Pas vraiment de tiraillement entre sensibilitĂ©s musicales distinctes. Du moins sur scĂšne. « La plupart des batteurs se contentent de taper comme des sourds. Steve, lui jouait de la batterie. Cela se voyait qu’il avait Ă©tĂ© dans un trio jazz, parce qu’on aurait dit qu’il avait fusionnĂ© le ressenti et la subtilitĂ© du jazz avec la puissance et l’énergie du rock et du punk». Car curieusement, en dehors des concerts, chacun retrouve ses petites mesquineries, son Ă©goĂŻsme.
Les Ă©ditions marseillaises Le mot et le reste ont fait un excellent travail, avec une mise en page astucieuse, des chronologies intercalĂ©es, les titres de chapitres qui reprennent quelques formules choc. Un graphisme intriguant de lignes diffractĂ©es. Une lecture plus que plaisante, puisqu’on prend le livre et on ne le lĂąche plus. On retient l’excellente suggestion que nous propose Peter Hook d’écouter chaque album piste par piste, en suivant son dĂ©cryptage. D’intelligentes «liner notes » aprĂšs coup. Des titres qui sautent Ă  la gorge dont la liste montre l’ambiance dĂ©lĂ©tĂšre de ce groupe qui pĂątit au dĂ©but, de leur nom tirĂ© de l’histoire nazie. Et pourtant, il n’y eut jamais aucun engagement ou fascination envers les nazis.
EnlevĂ©, percutant et instructif, voilĂ  un tĂ©moignage sur une Ă©poque pas si lointaine et pourtant dĂ©jĂ  rĂ©volue, un portrait Ă  l’acide d’une certaine Angleterre que l’on retrouve dans les films de Mike Leigh ou Ken Loach, une balade nocturne et froide. Ce groupe mĂ©tĂ©orite a marquĂ© une page de l’histoire du rock. C’est aussi un peu de notre histoire personnelle et la nostalgie fait le reste.

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Sophie Chambon
Les derniĂšres nouvelles du jazz Samedi 20 avril 2013

- Le livre de la semaine

Dans le mĂȘme style brut et enlevĂ© que son prĂ©cĂ©dent ouvrage, L’Haçienda, Peter Hook tĂ©moigne de l’histoire intĂ©rieure de Joy Division. Un groupe nĂ© Ă  la fin des annĂ©es soixante-dix lorsque Peter Hook et son vieil ami d’école Bernard Sumner, se sont joints Ă  Ian Curtis, chanteur-compsiteur et Stephen Morris Ă  la batterie. Avec quelques instruments et un vieux van, les quatre jeunes gars de Manchester et de Salford sont partis Ă©cumer les pubs et les clubs d’Angleterre avant de sortir en 1980 deux albums — dont l’inusable hit “Love Will Tear Us Apart“— qui vont entrer dans l’histoire du rock. Parrains de la scĂšne alternative actuelle, les membres du groupe ont revitlisĂ©â€ le rock Ă  l’ùre du post-punk, Ă©laborant un son nouveau, sombre, hypnotique et intense, qui influencera The Cure, Radiohead et de nombreux autres artiste. Un livre indispensable pour les aficionados de ce groupe mĂ©tĂ©orite.

Patrick Beaumont
La Gazette Nord-Pas de Calais 12 avril 2013

- Le livre sur Joy Division par l'ex-New Order Peter Hook arrive en France

Unknown Pleasures, le livre que l’ancien bassiste de New Order, Peter Hook, a consacrĂ© Ă  l’histoire de Joy Division vu de l’intĂ©rieur — comme l’indique son sous-titre — dĂ©barque enfin en France traduit par les dĂ©cidĂ©ment trĂšs actives Ă©ditions Le Mot et le Reste.

En aoĂ»t dernier, l’ex-New Order Peter Hook voyait son livre L’Haçienda, la meilleure façon de couler un club enfin traduit dans nos contrĂ©es. Ce pavĂ© de presque 400 pages racontait la saga autodestructrice et hĂ©doniste d’un des plus grands clubs d’Europe (et du label qui permit son Ă©vĂ©nement, Factory Records), de sa crĂ©ation en tant que FAC51, Ă  son apogĂ©e sous le nom de Haçienda, et enfin sa chute.
DĂ©crivant avec cynisme et luciditĂ© (ainsi qu’une bonne dose de colĂšre et d’humour noir) les erreurs de gestion catastrophiques, les petites magouilles et sombres malversations d’un lieu culte du monde de la nuit des eighties et nineties, l’ombrageux Peter Hook faisait ainsi son entrĂ©e dans le petit milieu enviĂ© des biographes et des historiens de l’histoire de la musique populaire.

Une position qui ne semble pas exagĂ©rĂ©e, ni usurpĂ©e. En effet, dĂšs 2010, le britannique Ă  grande gueule se lance dans une tournĂ©e hommage controversĂ©e dans laquelle il reprend intĂ©gralement Unknown Pleasures. Fort de son succĂšs, celui qui fut dĂšs l’origine derriĂšre la basse de ce groupe phare des annĂ©es quatre-vingt et qui continua sa carriĂšre au mĂȘme poste avec New Order, sort Unknown Pleasures : Inside Joy Division initialement paru en Angleterre chez Simon & Schuster en septembre 2012.

On le sait, cela fait longtemps que les relations du musicien avec les autres membres fondateur de ce groupe qui, pour beaucoup, changea radicalement la face de la musique, ne sont plus au beau fixe. Aujourd’hui propriĂ©taire d’un club, le FAC 251 — The Factory —, Hook est Ă©galement label manager, DJ et producteur. Ce personnage fort en gueule mais attachant se bat pour faire revivre, depuis prĂšs de cinq ans, les grandes annĂ©es de la musique anglaise : l’époque new wave et des annĂ©es quatre-vingt.

Avec son style sans concession, Peter Hook Ă©voque une Ă©poque et une ambiance particuliĂšre. Un moment de l’histoire de la musique plein de fractures et de pertes, mais aussi de dĂ©couvertes et d’audace. Une exception Ă  vrai dire, qui ne reviendra plus, et que l’intĂ©ressĂ© dĂ©crit trĂšs bien dans Unknown Pleasures, Joy Division vu de l’intĂ©rieur. Le livre s’avĂšre ĂȘtre un tĂ©moignage de ses annĂ©es noires, mĂ©tĂ©oriques et fulgurantes — pas plus de deux ans — durant lesquelles quatre Anglais injectĂšrent dans la musique de leur temps une intensitĂ© encore inĂ©galĂ©e, tout en rĂ©inventant une nouvelle fois le rock, en crĂ©ant le post-punk et en donnant un sens Ă  la vie de toute une gĂ©nĂ©ration.

Maxence Grugier
Fluctuat 17 janvier 2013

- Unknown Pleasures

Avec un ton lĂ©ger et une certaine gouaille, Peter Hook, bassiste de Joy Division, revient sur l’histoire du groupe qui, en deux albums, a lancĂ© la cold wave et s’est constituĂ© une lĂ©gende. On dĂ©couvre avec plaisir leur dĂ©couverte du raz-de-marĂ©e des Sex Pistols : “ On Ă©tait lĂ , clouĂ©s sur place, complĂštement sidĂ©rĂ©s. La premiĂšre pensĂ©e que j’ai eue, c’est Moi aussi je peux faire ça. Je veux vraiment faire ça bordel ! “ Hook y revient Ă©videmment sur la polĂ©mique concernant les penchants nazis du quatuor et sur tous les moments clĂ©s de la vie du groupe, avec un ton inhabituel dans ce genre de bio (trĂšs revanchard, sur le mode “ je suis le bassiste, mais je suis important “ faisant largement comprendre qu’il a Ă©tĂ© un peu laissĂ© de cĂŽtĂ© par ses collĂšgues), mais plein d’autodĂ©rision. On peut lire notamment quelques mauvaises critiques parues sur le groupe Ă  l’époque, assez salĂ©es. Enfin, l’ouvrage se clĂŽt sur une profonde Ă©motion, et le suicide de Ian Curtis. Hook s’y ouvre comme jamais, dans un tĂ©moignage particuliĂšrement touchant. Un excellent complĂ©ment aux (bonnes) fictions que sont les films 24 Hours Party People et Control.

Thomas Baltes
Guitar Part Mars 2013

- Interview - Basse, biĂšre & rock'n'roll

Il a Ă©crit les plus belles lignes de basse du rock indĂ© anglais et jouĂ© dans deux groupes fondamentaux de la fin du XXe siĂšcle. À 57 ans, Peter Hook, aujourd’hui fĂąchĂ© avec New Order, n’a de cesse de revisiter son passĂ©. Pour mieux liquider l’hĂ©ritage? Il s’explique.

Peter Hook, ou l’homme que les fans de New Order aiment dĂ©tester. Grande gueule, spĂ©cialiste des dĂ©clarations Ă  l’emporte-piĂšce et des pieds dans le plat, il ne dĂ©colĂšre pas contre ses anciens complices, qu’il a assignĂ©s en justice et ne peut s’empĂȘcher de passer mĂ©thodiquement Ă  la sulfateuse Ă  la premiĂšre occasion.. Quand eux se reforment sans le convier, lui replonge dans son passĂ© et s’érige en ambassadeur du Manchester des annĂ©es quatre-vingt; multipliant les projets. AccusĂ© pas certains de profaner la mĂ©moire de Ian Curtis et d’exploiter sans vergogne le catalogue du groupe le plus influent de la ville, il se dĂ©fend de vivre dans le passĂ©, prĂ©fĂ©rant parler d’hommage. AprĂšs deux ans employĂ©s Ă  jouer les albums de Joy Division en concert, il publie Unknown Pleasures, sa version de la vie du quator, rĂ©cit intime du quotidien finalement banal de quatre gamins qui allaient entrer dans l’histoire : basse, biĂšre et rock’n‘roll dans l’Angleterre grise de la fin des annĂ©es soixante-dix secouĂ©e par les derniers soubresauts du punk.

Tsugi : Comment t’est venue l’idĂ©e d’écrire sur ton passĂ©?
Peter Hook : Au moment de la compilation des 30 ans de L’Haçienda, un ami qui rĂ©digeait les notes de pochettes m’a suggĂ©rĂ© de rĂ©diger mes souvenirs, vu que je connaissais l’histoire chaotique du club dans ses moindres dĂ©tails. L’idĂ©e a fait son chemin et je suis parti en quĂȘte d’un Ă©diteur, ce qui fut ardu. Chacun voulait un livre couvrant toute ma carriĂšre : Factory, Joy Division, New Order, L’Haçienda
 alors que de mon cĂŽtĂ© j’estimais avoir assez de matiĂšre pour quatre livres. Simon & Schuster m’a donnĂ© ma chance, une petite avance et, contre toute attente, L’Haçienda s’est bien vendu. Ce qui m’a donnĂ© les munitions pour rĂ©diger l’histoire de Joy Division. J’avais lu trop de livres,encore et toujours la mĂȘme histoire traitĂ©e de façon rĂ©vĂ©rencielle, j’ai pensĂ© qu’il Ă©tait temps de raconter ma vision de l’histoire du groupe. Unknown Pleasures a Ă©tĂ© encore plus facile Ă  Ă©crire, car j’avais vĂ©cu tout ça de l’intĂ©rieur.

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Unknown Pleasures n’occulte rien de l’histoire interne du groupe, allant jusqu’à prĂ©senter un Ian Curtis souriant. Tu n’avais pas peur d’écorner la lĂ©gende?
Absolument pas. À la diffĂ©rence de tout le monde, je l’ai cĂŽtoyĂ© tous les jours. Je l’ai connu dĂ©tendu, riant comme tout un chacun. Ce n’est pas l’aspect le plus connu de sa personnalitĂ©, mais quand tu Ă©cris l’histoire de ton point de vue, tu sors forcĂ©ment des clichĂ©s vĂ©hiculĂ©s sur le groupe. On s’est beaucoup amusĂ©s, on a adorĂ© tout ce qu’on a fait au sein de Joy Division. En dehors du groupe, nous Ă©tions normaux, et je voulais faire connaĂźtre cette facette, qui est toujours occultĂ©e dans les biographies. Je voulais portraiturer les histoires extraordinaires de notre vie quotidienne, une vie qui est vĂ©cue par tous les groupes du monde je pense.

INTERVIEWCOMPLÈTEDANS LE NUMÉRO DU MOIS DE MARS.

BenoĂźt Carretier
Tsugi mars 2013

- Carnet de souvenirs

Peter Hook sait Ă©crire, il nous l’a dĂ©jĂ  prouvĂ© avec son livre consacrĂ© Ă  l’Haçienda. Il revient ici sur l’histoire de son premier groupe, mais avec une vision trĂšs personnelle (la “vĂ©ritĂ© telle qu’il s’en souvient”, selon ses propres termes), bien loin du mythe et de l’aura tragique liĂ©e Ă  la musique, l’esthĂ©tique des pochettes et au suicide de Ian Curtis. Comme un vrai raconteur d’histoires, il enchaĂźne des anecdotes qui pourront souvent sembler triviales (baston, filles, scatologie
), mais qui contribuent Ă  donner un portrait trĂšs humain de ces quatre jeunes qui avaient dĂ©cidĂ© de se lancer dans l’aventure rock’n‘roll aprĂšs avoir vu un concert des Sex Pistols. Nous suivons donc chronologiquement le parcours fulgurant de ces bons vivants plutĂŽt rustres, qui avaient la rĂ©putation d’attirer les embrouilles , sans parler de leur imagerie jugĂ©e “nazie”. On dĂ©couvre par exemple que Joy Division a failli s’appeler Boys In Bondage ou The Slaves Of Venus, que Bernard Sumner (qui dĂ©teste qu’on l’appelle “Barney”) mangeait rĂ©guliĂšrement dans sa baignoire alors que Curtis avait des problĂšmes d’hĂ©morroĂŻdes. On en apprend aussi sur les sales blagues qu’ils faisaient aux Buzzcocks et sur leurs relations avec d’autres groupes comme Throbbing Gristles que Ian adorait, mais aussi Section 25, A Certain Ratio, Echo & The Bunnymen, The Cure, Killing Joke, U2 ou OMD (qui l’ont initiĂ© Ă  la cocaĂŻne !). Tout cela peut sembler futile par rapport Ă  l’importance de la musique, mais le style de Hook, drĂŽle ou Ă©mouvant, toujours percutant, fait tout passer. Il se rĂ©vĂšle bien plus fin que le dĂ©linquant qu’il devait ĂȘtre Ă  l’époque, condamnĂ© aux tĂąches d’homme de main, comme ranger le matĂ©riel et conduire le van. La genĂšse des albums Unknown Pleasures et Closer est, cela dit, passĂ©e au peigne fin et c’est un vrai rĂ©gal de lire comment le groupe travaillait avec le producteur Martin Hannett et de se rendre compte que Curtis Ă©tait le ciment qui a permis de forger leur son, souder leurs personnalitĂ©s et les amener trĂšs vite lĂ  oĂč ils sont arrivĂ©s. Le personnage-camĂ©lĂ©on qu’a Ă©tĂ© Curtis n’en reste que plus fascinant. La culpabilitĂ© d’aprĂšs-coup de Hook n’est pas feinte car les autres membres avaient toujours refusĂ© de voir ses problĂšmes de santĂ© ou de vouloir comprendre les messages laissĂ©s dans ses textes. Toutes ces petites histoire sont comme des impressions que laisserait un aĂźnĂ© qui a vĂ©cu des choses formidables. Il va plutĂŽt s’arrĂȘter sur le sac de couchage du guitariste, son incapacitĂ© Ă  accorder sa basse, les dĂ©boires liĂ©s au pressage de leur premier disque ou les boĂźtes de conserve emplis d’urine de leur local de rĂ©pĂ©tition, mais il n’en pas moins le sentiment que quelque chose d’important se passait, que les survivants mettraient des annĂ©es Ă  comprendre.

MĂ€x Lachaud
ObskĂŒre Avril 2013

- Ice Age

Au long des 380 pages d’Unknown Pleasures, Peter Hook, bassiste de Joy Division, raconte le cĂ©lĂšbre groupe de Manchester “de l’intĂ©rieur”. Toute la vĂ©ritĂ© (enfin
 d’aprĂšs ses souvenirs) sur une bande qu’il n’hĂ©site pas Ă  dĂ©mystifier.

La lĂ©gende se construit peu Ă  peu, de concert en enregistrement, d’erreur en erreur. Fin des annĂ©es 1970, aprĂšs s’ĂȘtre appelĂ© Warsaw, le groupe opta pour Joy Division, Ă©cartant Boys of Bondage et The Slaves of Venus. Dans des clubs miteux, Ian Curtis, fan de Kraftwerk et d’Iggy Pop (il Ă©coutera The Idiot en boucle avant de se donner la mort), et les autres se produisent devant une petite poignĂ©e de spectateurs, les videurs n’hĂ©sitant pas Ă  jeter les musiciens dehors en cas d’embrouille. Leur premier live se termina en bagarre gĂ©nĂ©rale : les crĂąnes s’entrechoquĂšrent sur fond d’Exercice one jouĂ© Ă  l’aide d’une basse dĂ©fectueuse. Cahot et cacophonie dans une Angleterre du Nord glaciale en noir et blanc, oĂč « les hommes se biturent et cognent leurs bonnes femmes ».

Ne balancez pas ce bouquin Ă  la poubelle, prĂ©vient Hooky. Il nous dĂ©crit sans maniĂšres une bande de « petits voleurs issus de la classe ouvriĂšre », brisant volontiers l’image arty de Joy Division. Un ramassis de branleurs Ă  la provoc’ douteuse, de farceurs hardcore (les blagues faites aux Buzzcocks), de petites frappes qui tournent Ă  l’alcool et l’adrĂ©naline, de « moches » se contentant d’afficher un air mĂ©prisant afin de ne passer pour des crĂ©tins
 Peter Hook tire le portrait d’un groupe qui pouvait « se payer le luxe d’ĂȘtre imbuvable », car produisant « de la super musique ».

Si le bassiste prĂ©tend que Joy Division doit son succĂšs Ă  des successions de hasards, il sait aussi que son groupe a Ă©crit des morceaux fondamentaux, immortels, et fait des lives « gĂ©niaux ». Tout ça valait le coup, malgrĂ© les problĂšmes de fric, les insultes, les crachats
 ou les frĂ©quentes crises Ă©pileptiques de Curtis, pris de terribles convulsions au milieu d’éclats de verre. Si c’était Ă  refaire, Hook ne changerait rien
 « Enfin, j’empĂȘcherais Ian de se pendre. »

Article + VIDÉOS en cliquant sur ce lien.

Emmanuel Dosda
Poly.fr 22 mars 2013

- Rire Jaune avec Joy Division - Coup de coeur

Un chanteur Ă©pileptique suicidĂ© Ă  23 ans, Ă  l’aube du succĂšs, Ian Curtis. Une musique au romantisme noir, qui rĂ©sonne aussi fort aujourd’hui qu’en 1980. Joy Division est le plus culte des groupes cultes.

Avec une franchise acide et une bonne dose d’autodĂ©rision, Peter Hook, bassiste de Joy Division puis de New Order, dĂ©mystifie en partie l’image intellectuelle et torturĂ©e de la bande. Son livre s’intitule Unknown Pleasures, du nom de l’album sorti en 1979.

Oui, Ian Curtis, le chanteur et compositeur du groupe, n’était pas le dernier Ă  faire des blagues potaches. Non, le groupe n’écoutait pas vraiment ses paroles. Oui, tous ont sous-estimĂ© son profond mal-ĂȘtre. Oui, Peter Hook en met plein la tĂȘte Ă  Bernard Sumner, guitariste de Joy Division et futur chanteur de New Order, son frĂšre ennemi depuis toujours.

Avec le mĂȘme humour typique de Manchester, Peter Hook avait dĂ©jĂ  racontĂ© l’histoire de L’Haçienda, la mythique discothĂšque qui a longtemps pompĂ© tout l’argent gagnĂ© par New Order, pourtant devenu star de la scĂšne internationale. On attend avec une gourmandise coupable le prochain bouquin, justement consacrĂ© au groupe qu’il a quittĂ© en 2006.

Philippe Richard
Ouest France 25 février 2013

- Livres - Spécial Manchester

Cela reste un mystĂšre non Ă©clairci depuis au moins 40 ans : pourquoi, en plus de s’honorer de deux clubs de foot lĂ©gendaires, la ville de Manchester donne naissance aux groupes pop les plus influents et novateurs de toute l’Angleterre (et donc du monde en terme de vision pop)?

[
] En revanche, que les fans, les sympathisants ou simples dĂ©couvreurs, se ruent sur Unknown Pleasures, enfin une biographie de Joy Division signĂ©e par l’un des membres survivants du groupe. Peter Hook, excellent raconteur, nous embarque dans un Manchester glacĂ© des annĂ©es 70-80 oĂč le mythe “gothique” de Joy Division est revu est corrigĂ©. C’est plutĂŽt un Ă©tonnant rĂ©cit, drĂŽle mais aussi tragique et cru, d’une Angleterre du Nord version Thatcher qui fait tout pour oublier l’austĂ©ritĂ©, une pĂ©riode qui possĂšde son hĂ©ros Ă©nigmatique : Ian Curtis, sans doute l’un des plus grands auteurs et performeurs de son Ă©poque, chanteur suicidĂ© Ă  23 ans aprĂšs deux albums (Unknown Pleasures et Closer) toujours aussi inĂ©puisables et envoĂ»tants qu’au moment de leur parution
 en 1979 et 1980.

Hervé Crespi
Start Up Février 2013

- Livres et DVD

Quand je pense Ă  ce qu’est devenu Joy Division pour 90 % des gens, Ă  savoir un groupe presque gothique,ultra torturĂ© et glorifiĂ© dans un film absolument pompeux en noir et blanc, je me dis que ce bouquin est un don du ciel. Comment ne pas comprendre que ce groupe est juste constituĂ© de quatre types moyens du nord de l’Angleterre qui jouent une musique souvent gĂ©niale ? HonnĂȘtement, quand je repense Ă  ce navet qu’est Control, ça me rĂ©jouit de savoir que Peter Hook adore le poulet-frites et de connaĂźtre plein d’autres anecdotes aussi inutiles que marrantes. Un peu comme si votre oncle ou un autre membre de votre famille avait jouĂ© dans deux groupes considĂ©rĂ©s comme hyper importants par Ă  peu prĂšs tout le monde et vous racontait son histoire en se gaussant de dĂ©tails absolument sans intĂ©rĂȘt mais qui selon lui sont l’essence mĂȘme du truc ; et qui le sont vraiment, en derniĂšre analyse. De toute façon, il n’y a rien de pire que ces bouquins qui tentent d’intellectualiser la pop, de relier plein de trucs qui n’ont strictement rien Ă  voir ensemble, et de fait, ce tĂ©moignage de Peter Hook ressemble davantage, et c’est tant mieux, Ă  une discussion entre deux pintes qu’à un essai sur l’influence de la littĂ©rature russe sur le postpunk anglais. Le contraire m’aurait carrĂ©ment dĂ©primĂ©, alors que lĂ , je me suis bien marrĂ©, signe incontestable qu’il s’agit d’un chouette livre.

Lire la chronique sur Vice

Ali Tération
Vice février 2013

- Interview de Peter Hook

Le bassiste de Joy Division et New Order publie en deux volumes ses souvenirs : l’histoire de son mythique premier groupe et la truculent aventure de la Haçienda.

Cet hiver, les jeunes gens torturĂ©s qui cherchent quel livre emporter sur la plage (de Knokke-le-Zoute) savent dĂ©jĂ  ce qu’il faut acheter : les mĂ©moires de Peter Hook. Le bassiste mancunien a actuellement deux livres sur les Ă©tals. Le premier, Unknown Pleasures, Joy Division vu de l’intĂ©rieur narre la courte mais trĂšs intense trajectoire du groupe que l’homme a fondĂ© en 1976 en compagnie de Bernard Sumner, Stephen Morris et Ian Curtis. Hooky trouve le ton parfait (bien retranscrit par la traduction) pour parler d’un groupe systĂ©matiquement Ă©voquĂ© depuis 33 ans. par le prisme du suicide de son chanteur en mai 1980. L’évĂ©nement est Ă©lĂ©gamment racontĂ©, tout comme la progression incroyable du groupe en deux petites annĂ©es, des dĂ©buts sous influence Buzzcoks aux sombres morceaux synthĂ©tiques de Closer. Mais Hooky n’oublie pas d’évoquer Ă©galement que Joy Division, aussi, fut une histoire punk candide, riche en blagues potaches (pintes,galĂšres,hĂ©morroĂŻdes). Avec son franc-parler prolo typiquement mancunien, Hook rend l’histoire de Joy Division plus vivante que jamais.

L’autre tome, L’Haçienda, la meilleure façon de couler un club narre l’épopĂ©e chaotique d’un club fondĂ© en 1982 par l’écurie Factory : Tony Wilson, le Andy Warhol local et Rob Gretton, le manager de Joy Division puis New Order. Gouffre financier gĂ©rĂ© n’importe comment, la Haçienda (avec une cĂ©dille, oui mais ces gens prenaient beaucoup de drogues) a pourtant Ă©tĂ© un carrefour culturel dĂ©mentiel. Tous les groupes de l’époque, de Manchester et d’ailleurs, y vĂ©curent un pan de leur histoire. [
]
Bien entendu un troisiĂšme tome reste Ă  Ă©crire, celui des annĂ©es New Order. Il a quittĂ© le groupe voici 7 ans, aprĂšs 25 annĂ©es de succĂšs gigantesque. Il joue aujourd’hui sous son nom, du Joy Division et du New Order, et est en lourde bisbille avec Bernard Sumner, qu’il n’appelle plus Barney. Le hasard et la neige font qu’on rencontre ce hĂ©ros du post-punk un 21 janvier, soit, selon on ne sait quelle Ă©tude scientifique, la journĂ©e la plus dĂ©primante de l’annĂ©e. Les Anglais appellent cela le blue monday. Oui, comme le mĂ©ga-tube de New Order en 1983. En gabardine et cheveux grisonnants, Peter Hook a des allures de Philippe Noiret lad. Un gentilhomme qui rigole toutes les deux phrases et narre ici un peu de son incroyable vie.

R&F Votre livre est trĂšs surprenant, vous balancez sans ĂȘtre aigre pour autant, vous ĂȘtes trĂšs prĂ©cis

Peter Hook : Tout est parti en Ă©crivant des notes de pochette de la compilation Haçienda. Mon ami qui les retranscrivait m’a fait rĂ©aliser que j’avais suffisamment d’histoires en stock pour en faire un livre
 Le truc intĂ©ressant quand j’ai voulu m’y mettre c’est que l’éditeur m’a proposĂ© Ă©normĂ©ment de sous
 pour un seul livre. J’ai trouvĂ© qu’il serait ridicule de tout compactĂ©, Joy Division, New Order et la Haçienda, en un seul volume. Ça ne tiendrait pas. J’ai donc commencĂ© par l’histoire de la Haçienda parce que cet endroit a Ă©tĂ© le carrefour de temps de choses. C’est un livre Ă  propos d’une boĂźte de nuit. Il n’y en a pas tant que ça. Joy Division c’est l’histoire d’un groupe qui dure que six mois mais dont l’influence se fait encore sentir trente ans aprĂšs. Je voulais aussi rectifier quelques trucs, j’ai lu tellement de conneries sur Joy Division. [
]

R&F : Vous ne parlez pas tellement de votre enfance en Jamaïque

Peter Hook : Je ne me souvenais de trĂšs peu de choses sur mes annĂ©es d’enfance. J’en savais plus sur mes groupes. Le truc magnifique, c’est que Joy Division n’a pas eu le temps de tomber dans les travers habituels du groupe qui s’engueule. Tous les groupes y arrivent et du coup notre histoire est restĂ©e trĂšs pure. Ce que Ian a fait a mis un nuage par-dessus tout ça. Le fait que nous n’avions pas d’argent Ă  l’époque a Ă©galement fait que l’histoire est trĂšs simple. Nous n’étions pas payĂ©s et nous aimions ça, voilĂ  pourquoi c’est restĂ© pur. En revanche, je peux vous dire que le livre sur New Order sera rempli de saloperies.

R&F : Vous vous y ĂȘtes mis?
Peter Hook : Je ne voulais pas au dĂ©part. Le groupe a une histoire assez normale, et la partie intĂ©ressante de New Order s’est beaucoup passĂ©e Ă  la Haçienda et chez Factory. Autrement, dans son comportement, New Order Ă©tait un groupe de rock’n‘roll normal, comme Mötley CrĂŒe! Je crois que ça choquerait certains fans de lire ça mais, sous nos airs intelligents et arty, nous Ă©tions de vrais bĂątards. Pour le livre, quand je m’y suis mis, j’ai racontĂ© ma version, je dis ce dont je me souviens, il pourra y avoir des versions diffĂ©rentes. Je n’ai demandĂ© Ă  personne son tĂ©moignage. Sur Joy Division, Bernard, Steve et moi pourront vous raconter une histoire trĂšs diffĂ©rente
 Mais ils n’auront qu’à Ă©crire leur bouquin s’ils veulent corriger. [
]

R&F : Comment le Peter Hook qui passe ses Ă©tĂ©s Ă  gober des ecstas Ă  Ibiza s’est-il transformĂ© en Ă©crivain capable d’écrire des livres de 400 pages?
Peter Hook : Il y a eu deux Ă©tapes. Les enfants, d’abord. On ne peut pas faire le con quand on a des enfants. DeuxiĂšme chose : je suis alcoolique. Je ne peux plus boire, et je n’ai pas bu depuis huit ans et demi. Je suis Ă©galement un cocaĂŻnomane repenti. Avant d’aller en dĂ©sintox, je pensais que tout tournait autour de la drogue et de la bibine, j’ai vu ça comme la fin de ma vie. En fait, c’était le dĂ©but de la vraie vie. Plus de gueule de bois, plus de galĂšres Ă  chercher les dealers. On n’est plus une Ă©pave. On peut prendre des dĂ©cisions claires et rĂ©flĂ©chies pour sa vie et les assumer. J’ai regrettĂ© un peu la folie de la nuit, mais jamais les matins. Ça, c’était la partie horrible.

R&F : Deux biopics parlent de votre vie, lequel avez-vous préféré? 24 Hour Party People ou Control?
Peter Hook : Les deux sont si diffĂ©rents
 Avec 24 Hour
, Michael Winterbottom, a retranscrit l’aspect remuant, bordĂ©lique. Il a vu les choses du cĂŽtĂ© marrant. Et il faut bien avouer que ça m’a un peu vexĂ© sur le moment. Mais c’était son point de vue et il est trĂšs rĂ©ussi. Anton Corbijn a fait l’inverse. Il parle d’un truc trĂšs sĂ©rieux et trĂšs important pour lui. Il aime Joy Division au plus profond. Nous avons eu quelques dĂ©saccords, tant ce film Ă©tait important Ă  ses yeux. Mais tout de mĂȘme, il a hypothĂ©quĂ© sa maison pour le financer. Ce sont deux super films, qui sont complĂ©mentaires. Il faut Ă©galement voir le documentaire de Grant Gee (Joy Division). Et mes livres comblent les trous de l’histoire!

Basile Farkas
Rock&Folk Mars 2013

- Moche Division

Trente-deux ans aprÚs le suicide du chanteur Ian Curtis, le bassiste de Joy Division puis de New Order exploite allÚgrement le passé.

[
] De passage à Paris pour parler de Unkwnown Pleasures, son récit de la courte histoire du groupe le plus influent de Manchester, le bassiste grande gueule enchaßne les interviews comme un guide touristique rodé.
[
] Depuis 1980, New Order a conquis le monde en laissant sagement Joy Division dans un tiroir de l’histoire. Puis le groupe s’est sĂ©parĂ©, reformĂ©, dĂ©chiré  Peter Hook et Bernard Sumner, le guitariste des deux groupes, se sont “inexorablement Ă©loignĂ©s”.

[
] “J’avais dĂ©jĂ  vu Led Zeppelin quelques semaines plus tĂŽt et c’était gĂ©nial. Mais lĂ , les Sex Pistols Ă©taient teeeeeellement mauvais qu’on s’est dit qu’on pouvait le faire nous aussi! J’étais jeune, mes hormones bouillonnaient
 À cet Ăąge-lĂ , on cherche une façon de se satisfaire. Pour certains, c’est le sexe, moi c’était la musique.” Joy Division ne durera que deux ans, interrompu dans son envol par le suicide de son chanteur, plombĂ© par une Ă©pilepsie mal soignĂ©e et une vie sentimentale compliquĂ©e. Aujourd’hui, dans son livre comme en interview, Peter Hook dit se sentir “_coupable certains jours. Mais on Ă©tait si jeunes, si affamĂ©s
 MĂȘme Ian [Curtis]. Surtout Ian! Jamais il ne nous a dit “on arrĂȘte les gars, j’en peux plus. Laissez-moi souffler.” Alors on a continuĂ© en fermant les yeux.” Jusqu’à sa sortie de route.

“Je me sens bien aujourd’hui, dit Hook avec un regard appuyĂ©. Je vote et je rends Ă  Manchester ce qu’elle m’a donnĂ© en faisant bosser une vingtaine de personnes sur mes tournĂ©es et dans mon club”, la Factory 251. “J’ai arrĂȘtĂ© l’alcool et la drogue il y a huit ans et demi, pendant l’enregistrement du dernier album de New Order. J’avais touchĂ© le fond Ă  l’époque, j’ai vraiment failli mourir. Jamais je n’aurais pensĂ© jouer encore ma musique Ă  mon Ăąge, donc je profite.” Et d’ajouter : “J’ai mĂȘme perdu 20 kilos de graisse inutile
 Et vous savez quoi? C’est ce salopard de Bernard qui les a rĂ©cupĂ©rĂ©s!”

Lien vers le portrait sur next.liberation.fr : http://next.liberation.fr/musique/2013/02/14/peter-hook-moche-division_881873

Sophian Fanen
Libération 15 février 2013

- Peter Hook: "Avec Joy Division, on se marrait beaucoup"

L’ancien bassiste de Joy Division et New Order sort Unknown Pleasures, Joy Division vu de l’intĂ©rieur, un ouvrage oĂč il prend le pouls d’une Ă©poque et raconte son Joy Division. Il confie Ă  L’Express sa vision du groupe, de l’image qu’il renvoie et du rock d’aujourd’hui
 Interview fleuve. Voire Mississippi.

LIRE L’INTÉGRALITÉ DE L’INTERVIEW

Igor Hansen-Lov
L'Express 2 février 2013

- Peter Hook : de Joy Division à l’Hacienda, interview premiùre fois

À l’occasion de la sortie de son second livre, Unknown Pleasures: Inside Joy Division, Peter Hook raconte, avec la gouaille qu’on lui connaüt, ses souvenirs et anecdotes sur Manchester, Joy Division, Ian Curtis, l’Hacienda, Tony Wilson et 24 Hour Party People dans une interview “Premiùre fois”.

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Ondine Benetier
Les Inrockuptibles 1er février 2013

- 3 questions Ă  Peter Hook

Sa basse a sculptĂ© le son de Joy Division, groupe mythique des annĂ©es 1970 auquel il a appartenu. Quarante ans plus tard, l’Anglais reprend avec succĂšs ce rĂ©pertoire rock.

Qu’est-ce qui vous a poussĂ© Ă  rejouer l’intĂ©grale des albums de Joy Division ?
AprĂšs la mort du chanteur Ian Curtis, en 1980, nous avons choisi de ne plus jouer les morceaux de Joy Division, et de former un nouveau groupe, New Order. Au moment de cĂ©lĂ©brer le 30e anniversaire de la mort de Ian, j’ai dĂ©cidĂ© de lui rendre hommage en interprĂ©tant l’intĂ©grale de Unknown Pleasures, notre premier album. Ce devait ĂȘtre un concert unique, mais je tourne depuis deux ans avec ce concept, Ă©largi Ă  tout le rĂ©pertoire de Joy Division.

Pourquoi son influence reste-t-elle si forte aujourd’hui ?
GrĂące Ă  la puissance de l’univers poĂ©tique de Ian Curtis, Ă  la production de Martin Hannett qui a donnĂ© aux disques une dimension intemporelle. GrĂące aussi au mythe qui s’est dĂ©veloppĂ©, Ă  l’aura que possĂ©daient notre label, Factory, et notre club, l’Haçienda. Et tout simplement parce que ces chansons sont fantastiques.

Vous ĂȘtes-vous fĂąchĂ© avec vos anciens complices de New Order ?
AprĂšs mon dĂ©part du groupe, en 2006, ils ont continuĂ© sans moi et m’ont critiquĂ© violemment pour avoir entrepris ce projet. Depuis, nous sommes en guerre, mais cela ne m’empĂȘchera pas de reprendre bientĂŽt, un Ă  un, les albums de New Order.

Stéphane Davet
M le magazine du Monde 15 décembre 2012