THE DURUTTI COLUMN
Partant de lâhistoire de lâalbum The Return of the Durutti Column, un ouvrage sur lâesthĂ©tique du vinyle et ses particularitĂ©s.
Fin 1979, Ian Curtis, le chanteur de Joy Division, passe des heures Ă coller un millier de pochettes du premier disque de The Durutti Column. Les deux groupes viennent de signer sur le label anglais Factory. PrĂ©cision : cette fameuse pochette est en papier de verre. Faite, dit-on, pour dĂ©truire les disques voisins, dâaprĂšs une idĂ©e du situationniste Guy Debord. Lâalbum en question, The Return Of The Durutti Column, est devenu mythique pour ces deux raisons au moins : sa musique et sa pochette. Sâappuyant sur des sources prĂ©cises, ce livre se concentre dâabord sur ce groupe et son leader Vini Reilly. Il sâintĂ©resse ensuite Ă la question de lâesthĂ©tique gĂ©nĂ©rale du disque vinyle. Quâest-ce qui fait de lui un objet Ă part, dans la mesure oĂč il nâest pas juste un format sonore mais donne aussi une « forme » Ă la musique ? Ă lâĂšre de la dĂ©matĂ©rialisation, est-ce un hasard sâil fait son grand retour ?
Revue de presse
PIERRE SAUVANET â The Durutti Column â (Le mot et le reste) Guillaume Ley Balances Mag 4 septembre 2025
De Beck à Gojira : les artistes dont on parle (trop) peu souvent Frédéric Vandecasserie RTBF // Classic 21 6 septembre 2025
PODCAST "THE DURUTTI COLUMN" par Pierre Sauvanet British Connection, l'émission rock 20 juin 2025
Quatre livres pour lâĂ©tĂ© imbibĂ©s de sons divers et de musiques variĂ©es Olivier Monssens RTBF // Radio Caroline 28 juin 2025
âPierre Sauvanet vous prĂ©sente son ouvrage âThe Durutti Columnâ aux Ă©ditions Mot et le reste.
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Lâauteur analyse le 33 tours comme un format singulier. Le retour du vinyle Ă lâĂšre de la dĂ©matĂ©rialisation nâest pas quâune question de qualitĂ© sonore, mais lâexpression dâun besoin dâincarnation physique de la musique. Le vinyle est un cas unique de rĂ©gression technique perçue comme un progrĂšs par ses amateurs.
Le livre est structurĂ© en 33 chapitres : les 11 premiers racontent la naissance du groupe, les 11 suivants analysent le premier disque (âThe Return of the Durutti Columnâ), et les 11 derniers sâouvrent sur lâesthĂ©tique du vinyle et son histoire, incluant un lien avec le situationnisme de Guy
Debord (qui avait aussi utilisĂ© le papier de verre).â
âSi lâouvrage porte le nom dâun groupe devenu culte, il est avant tout une dĂ©claration dâamour au support vinyle et Ă toute lâesthĂ©tique qui lâentoure. EnregistrĂ© en 1979 et dĂ©couvert en 1980, lâalbum âThe Return Of The Durutti Columnâ, dont la particularitĂ© est de possĂ©der un pochette rĂ©alisĂ©e en papier de verre, sort chez Factory Records. Une particularitĂ© que certains verront comme une maniĂšre dĂ©tournĂ©e dâabĂźmer les disques voisins collĂ©s Ă ce dernier dans les bacs des disquaires. La lĂ©gende est en marche. En partant de ce postulat, Pierre Sauvanet revient bien entendu sur la trajectoire suivie par le groupe anglais, avant de recentrer son propos sur la beautĂ© du vinyle et les incroyables rĂ©alisations graphiques qui lâont accompagnĂ©.
âPhysical Graffitiâ de Led Zeppelin et ses fenĂȘtres, âWish You Were Hereâ de Pink Floyd et sa pochette recouverte dâun Ă©tui qui a contribuĂ© Ă faire sa rĂ©putation, et tant dâautres y passent, au mĂȘme titre que le cĂ©rĂ©monial entourant lâĂ©coute dâun vinyle, un temps condamnĂ© par presque tous aprĂšs lâexplosion du CD. Pierre Sauvanet revient en dĂ©tail sur le 33 tours et son Ă©coute sur sillon se faisant de lâextĂ©rieur vers lâintĂ©rieur du disque (Ă lâinverse du CD), nâhĂ©site jamais Ă replacer le groupe Ă lâorigine du titre de son ouvrage entre deux anecdotes sur dâautres albums et leurs visuels ou leur pressage, et dĂ©livre un bouquin qui nâa jamais Ă©tĂ© aussi tendance que ces derniĂšres annĂ©es. Preuve que lâobjet en soi, quand il accompagne un excellent contenu, possĂšde un intĂ©rĂȘt hors normes que ne rĂ©ussiront jamais Ă offrir les produits dĂ©matĂ©rialisĂ©s.â
âPar exemple, The Durutti Column et leur maniĂšre manier lâĂ©lĂ©gance mĂ©lancolique du post-punk. Nom mythique de lâĂ©curie Factory Records, The Durutti Column est bien plus quâun simple groupe : câest le projet artistique du guitariste Vini Reilly, un musicien hors-normes dont lâĆuvre a tracĂ© un sillon unique dans le paysage du post-punk et de la musique alternative. NĂ© des cendres dâun Ă©phĂ©mĂšre groupe punk, le projet a pris une tournure inattendue pour devenir une entitĂ© Ă part, guidĂ©e par une approche esthĂ©tique singuliĂšre. Ce livre retrace trĂšs bien tout ça ! Le nom du groupe fait rĂ©fĂ©rence Ă une colonne anarchiste de la guerre civile espagnole, menĂ©e par le militant Buenaventura Durruti. Ce choix de nom, Ă la fois historique et politique, contraste fortement avec la musique que Vini Reilly allait dĂ©velopper. Loin de la rage et de lâĂ©nergie brute du punk, sa musique est empreinte dâune dĂ©licatesse et dâune mĂ©lancolie profonde. DĂšs le premier album, The Return of The Durutti Column (1980), le ton est donnĂ©. Coproduit par Martin Hannett, ce disque est une collection dâinstrumentaux de guitare, oĂč le jeu de Reilly, Ă la fois subtil et aĂ©rien, se dĂ©ploie dans une atmosphĂšre Ă©thĂ©rĂ©e. La pochette, conçue par le designer Peter Saville et recouverte de papier de verre, est un autre Ă©lĂ©ment emblĂ©matique de lâidentitĂ© du groupe, conçue pour âdĂ©truireâ les disques de rock voisins. Puis, au fil des dĂ©cennies, The Durutti Column a continuĂ© dâexplorer de nouveaux territoires musicaux, tout en restant fidĂšle Ă une signature sonore reconnaissable. Vini Reilly a su intĂ©grer des Ă©lĂ©ments de musique classique, de jazz, de folk et mĂȘme de musique Ă©lectronique Ă son univers, sans jamais perdre de vue la force expressive de sa guitare. Des albums comme LC (1981), Without Mercy (1984) ou The Guitar and Other Machines (1987) illustrent cette diversitĂ© et cette ambition crĂ©ative.â
âThe Durutti Column signĂ© Pierre Sauvanet ou lâhistoire dâun musicien de Manchester en rupture de punkitude et qui sâĂ©prendra lui aussi, Ă la mĂȘme Ă©poque, de labels bruxellois.â