The Doors - Nouvelle édition
Les portes claquent, l'héritage tumultueux de Jim Morrison
LâĂ©ternel conflit entre idĂ©alisme et cynisme.
Serge Kaganski â Les Inrockuptibles
Traduit de lâamĂ©ricain par Suzy Borello
Tout commence en 1968, lorsque Jim Morrison apprend que ses frĂšres dâarmes ont vendu, sans son consentement, les droits de âLight My Fireâ pour une pub Buick : âCome on Buick, light my fireâŠâ Le contrat sera annulĂ© mais la confiance est brisĂ©e. Ce groupe qui sâĂ©tait construit sur un base Ă©galitaire â comme on en trouve peu dans lâhistoire des formations rock qui privilĂ©gient gĂ©nĂ©ralement le systĂšme du front-man â va voir son unitĂ© se fissurer en moins de trois ans. En 1971, Jim Morrison disparaĂźt Ă Paris et laisse les Doors avec une vide quâils ne parviendront pas Ă combler. LâhĂ©ritage est lourd, lâabsence de Jim prĂ©cipitant la fin du groupe, mais il faut le prĂ©server, garder cette force si particuliĂšre que âThe Lizard Kingâ avait su lui donner. Câest du moins ce que pense John Densmore, batteur de la formation californienne, qui tente de sauvegarder son intĂ©gritĂ© et la mĂ©moire des Doors. Il sâoppose ainsi Ă Ray Manzarek et Robby Krueger et raconte au lecteur lâĂ©popĂ©e juridique quâil a vĂ©cue. Lâauteur alterne rĂ©cits de procĂšs et souvenirs du bon vieux temps, maintenant le lecteur dans un rythme soutenu. Il nous livre sa vision des Doors et son combat pour prĂ©server lâhĂ©ritage de Jim Morrison, questionnant ainsi la place de lâargent dans le fonctionnement des groupes et lâintĂ©gritĂ© dans lâunivers du rock.
Revue de presse
- The Doors Jean Girodineau Le Bazar Musikal 19 mai 2014
- Interview - The Doors, John Densmore, L'heure de vérité Romain Decoret Batteur Magazine Juillet/Août 2014
- Rencontre - John Densmore : DerriĂšre la porte Thomas Boujut France 2 // Alcaline, le Mag 29 mai 2014
- Le portes claquent : le combat de John Densmore, batteur des Doors Maxence Grugier Fluctuat.premiere.fr 10 juin 2014
- Livre de la semaine Olivier Valerio Radio P.FM // Easy Rider 01 juin 2014
- Densmore envers et contre tous Ăric Buggea La Corse Votre Hebdo 20 juin 2014
- Coup de sonnette Be Avril 2014
- The Doors Dominique Boulay Blues Magazine Juillet-août-septembre 2014
- Ăpisode 38 : The Doors ou les portes de la perception amĂ©ricaine Collin et Mauduit France Inter // Si l'AmĂ©rique m'Ă©tait contĂ©e 24 mai 2014
- John Densmore garde les clés des Doors Olivier Nuc Le Figaro 23 avril 2014
- L'invité Patrick Simonin TV5MONDE 18 avril 2014
- John Densmore L'ange gardien des Doors Sophie Rosemont Rolling Stones avril 2014
- Invité, John Densmore Patrick Boyer France Inter // Partout ailleurs 25 avril 2014
- Soirée du Disquaire Day Valli France Inter // Live Me Do 19 avril 2014
- The Doors racontés par John Densmore dans les Nocturnes George Lang RTL // Les Nocturnes 7 mai 2014
- Le procĂšs des Doors, le livre explosif (ou comment refuser 15 millions de dollars) ! Katy Katy's Eat
- Les disquaires font la fĂȘte samedi avec un ex-Doors en invitĂ© de luxe La DĂ©pĂȘche 19 avril 2014
- John Densmore, le batteur de The Doors, invité exceptionnel du Disquaire Day français 2014 Grand HÎtel Français 15 avril 2014
- Parution de The Doors, Les portes claquent Le Blog de Shige
- Le Disquaire Day 2014 invite John Densmore des Doors Caroline J. Sortir à Paris 26 février 2014
- John Densmore : «âAujourdâhui, on soignerait Jim Morrisonâ» Thierry Meissirel Bien public 19 avril 2014
-Interview : John Densmore, batteur des Doors, raconte Paola Genone L'Express 19 avril 2014
- Revolving Doors Serge Kaganski Les Inrockuptibles / Tiré à part Disquaire Day 19 avril 2014
John Densmore, le batteur du lĂ©gendaire groupe The Doors, publiait en 2012 un livre dans lequel il relatait le douloureux combat judiciaire qui lâopposait Ă ses ex-comparses du groupe mythique. Le livre sort maintenant en traduction française. Jim Morrison se retourne-t-il dans sa tombe ? Tel est la question centrale du dĂ©bat, rapportĂ© dans ce livre, qui oppose les hĂ©ritiers des Doors jusque devant la cour de justice du comtĂ© de Los Angeles. Les acteurs ? John Densmore, batteur, Ray Manzarek, claviers (rĂ©cemment disparu), et Bobby Krieger, guitare. Le conflit ? Lâesprit et lâessence du groupe. Dâun cĂŽtĂ© Ray et Bobby qui comptent bien exploiter lâhĂ©ritage du groupe, avec des contrats publicitaires juteux, des tournĂ©es de reformation (avec Ian Astbury de The Cult en remplacement de Jim Morrison), et de lâautre John Densmore qui entend dĂ©fendre bec et ongles lâesprit originel du groupe, et donc aussi lâesprit de Jim Morrison, vis Ă vis duquel, selon lui, Ray et Bobby sont coupables de haute trahison.
Câest lâun des intĂ©rĂȘts de ce livre : on entre dans lâesprit du groupe mythique Ă la grande Ă©poque, celle oĂč « Light my fire » Ă©tait numĂ©ro 1 des ventes aux Etats-Unis en 1967. Ă lâĂ©poque câest le Vietnam, câest le mouvement hippie, et le « flower power ». Câest dans ce contexte que les Doors se forment, en se concevant comme porteurs dâune vision alternative au capitalisme guerrier des conservateurs amĂ©ricains. Les Doors se pensent eux-mĂȘmes comme une entitĂ© qui dĂ©livre un message. Ils partagent tout, fonctionnent de maniĂšre radicalement dĂ©mocrate (droit de veto de chaque musicien sur toutes les dĂ©cisions du groupe), et opposent une intĂ©gritĂ© spirituelle Ă tout esprit de profit. DĂšs cette Ă©poque, le groupe refuse de gros contrats publicitaires par respect de sa propre identitĂ©. CâĂ©tait lâessence des Doors, et cela doit le rester, affirme John Densmore, qui fait du respect de cet hĂ©ritage lâobjet dâun long combat contre ses anciens comparses.
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Un livre de plus sur Jim Morrisson, Ă©crit par lâancien batteur des Doors ? Un livre dâanecdotes sulfureuses au titre a priori racoleur, ou bien un livre pour rĂ©tablir la vĂ©ritĂ© sur le leader dâun des groupes les plus controversĂ©s des annĂ©es 60-70 ? On sait dâailleurs que Densmore sâĂ©tait fendu Ă la fin des annĂ©es 80 dâun best-seller (Riders On The Storm) dans lequel il retraçait sa vie aux cĂŽtĂ©s du Roi lĂ©zard, ce sombre monarque autoproclamĂ© du rock⊠Alors, Ă quoi bon en remettre une couche ?! Pourquoi remuer la lĂ©gende, puisque le mythe est toujours plus vendeur que la vĂ©ritĂ©, si lâon en croit ce que voulait dire John Ford dans LâHomme qui tua Liberty Valance ?
Heureusement, il sâagit de tout autre chose. Si lâouvrage commence par une anecdote du vivant de Morrison, câest pour rappeler la teneur du pacte signĂ© par les quatre membres du groupe en 1968 : les royalties devaient ĂȘtre partagĂ©es de maniĂšre strictement Ă©quitable entre les quatre Doors, quel que soit lâauteur-compositeur des musiques quâils jouaient ensemble. Une posture assez inĂ©dite pour lâĂ©poque, et dissimulant une face B remarquable : toutes les dĂ©cisions devaient ĂȘtre prises en commun, chaque musicien possĂ©dant un droit de veto en cas de dĂ©saccord avec les autres. Densmore sâen souviendra trĂšs bien, aprĂšs la vente de « Light my Fire » Ă la firme Buick, ce que Morrison, absent ou trop dĂ©foncĂ© pour ĂȘtre consultĂ© au moment de la transaction, reprochera Ă ses acolytes jusquâĂ sa triste mort Ă Paris en 1971. Quand on forme lâun des groupes les plus emblĂ©matiques de la contre-culture amĂ©ricaine, on ne vend pas son Ăąme Ă une simple marque de bagnoles.
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Ă lâoccasion de sa venue sur Paris pour le Disquaire Day, John Densmore a accordĂ© une interview Ă Batteur Magazine et fait la couverture du numĂ©ro Ă©tĂ©. Deux pages dâinterview et quatre bonnes feuilles tirĂ©es de lâouvrage Ă dĂ©couvrir.
DĂ©couvrez lâintĂ©gralitĂ© de lâinterview et des bonnes feuilles :
Alcaline a eu la chance de recevoir John Densmore, batteur du lĂ©gendaire groupe The Doors, Ă lâoccasion de la sortie de son livre. Lâoccasion de revoir des images inĂ©dites du groupe et dâen apprendre un peu plus sur ce monument du rock.
John Densmore, lâancien batteur des Doors, voit son livre The Doors, Les portes claquent, lâhĂ©ritage tumultueux de Jim Morrison (Le mot et le reste), enfin traduit en France. FidĂšle Ă lâidĂ©al de son mythique leader et compagnon de route, Densmore revient sur son combat juridique et morale pour garder indĂ©pendante la musique des Doors. Il y livre aussi le tĂ©moignage vivant de ses aventures au sein dâun des groupes les plus influents de son temps.
Du Roi lĂ©zard (Jim Morrison), lâhistoire a surtout gardĂ© le charisme, les poĂšmes, la fiĂšvre, le romantisme noir, le dĂ©lire hippie punk, lâexhibition de quĂ©quette Ă Miami. Les Doors Ă©taient avant tout le groupe de Morrison, ce chanteur possĂ©dĂ©. La rĂ©alitĂ©, comme toujours, est malheureusement beaucoup plus prosaĂŻque. Comme le disait avec beaucoup dâhumour et moult ironie Hunter S. Thompson, le journaliste Gonzo de Las Vegas Parano Ćuvrant pour Rolling Stones dans les 60âs : âLe music business est une fosse Ă fric cruelle et superficielle, un long couloir synthĂ©tique oĂč les voleurs et les macs se la coulent douce, et oĂč des hommes bien meurent comme des chiens. Mais il y a aussi un cĂŽtĂ© nĂ©gatifâ. Câest ce cĂŽtĂ©-lĂ que prĂ©sente Les portes claquent, lâhĂ©ritage tumultueux de Jim Morrison, le livre de John Densmore publiĂ© ces jours-ci par Le mot et le reste.
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Easy Rider vous présente The Doors, les portes claquent, livre de la semaine.
âLa tension est palpable, la cause noble et le rĂ©cit passionnant.â
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DĂšs 1968, le groupe va battre de lâaile jusquâĂ sâĂ©craser avec la mort de Jim Morrison. Le batteur du groupe raconte les annĂ©es dĂ©clin, et nous donne Ă voir les Doors⊠par le trou de la serrure.
375 pages qui se dévorent comme un polar, car John Densmore a du style et du talent, et cela nous rappelle plein de choses, et nous connaissons bon nombre des protagonistes des événements décrits.
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Philippe Collin et Xavier revisitent lâhistoire du groupe The Doors en compagnie du batteur John Densmore et de lâĂ©crivain / critique rock Michka Assayas.
John Densmore vient de publier The Doors, les portes claquent, paru aux Ă©ditions Le mot et le reste. Paru lâan dernier aux USA, cet ouvrage de 396 pages sera distribuĂ© chez tous les disquaires et libraires indĂ©pendants.
John Densmore nous livre sa vision des Doors et son combat pour prĂ©server lâhĂ©ritage de Jim Morrison, questionnant ainsi la place de lâargent dans le fonctionnement des groupes et lâintĂ©gritĂ© dans lâunivers du rock.
Une nouvelle édition Le Nouveau Dictionnaire du rock coordonnée par Michka Assayas est parue chez Robert Laffont.
Membre fondateur des Doors en 1965, John Densmore a assurĂ© les parties de batterie pour le groupe jusquâĂ la mort de Jim Morrison en 1971. Sâil a participĂ© Ă deux albums des Doors sans leur chanteur, il a bien vite constatĂ© lâhĂ©rĂ©sie que cela constituait. Alors que les survivants de la formation originale partaient sur la route sans lui, en utilisant le nom des Doors, Densmore les attaqua afin de dĂ©fendre le principe dâĂ©galitĂ© dĂ©fendu par Morrison. Il raconte ce combat dans le livre The Doors: les portes claquent, qui vient de paraĂźtre (Ăd. Le Mot et le reste).
Les abonnĂ©s peuvent consulter lâarticle dans son intĂ©gralitĂ© ICI
Interview en direct de John Densmore pour la sortie de son ouvrage et sa venue lors du Disquaire Day 2014.
Ă revoir ICI
AprĂšs avoir gagnĂ© un procĂšs contre ses anciens partenaires musicaux, le batteur des Doors raconte Ă Rolling Stone les risques quâil a pris pour prĂ©server lâhĂ©ritage Ă©thique du groupe menĂ© par Jim Morrison.
Lors de sa venue pour le Disquaire Day 2014, Patrick Boyer est venu interviewer John Densmore, rĂ©colter son tĂ©moignage sur lâhistoire quâil raconte dans The Doors, Les portes claquent.
Réécouter lâinterview ICI
Live Me Do était en direct de la Gaßté Lyrique de 21h à 23h, avec au programme des mini concerts et une interview exclusive de John Densmore, batteur des Doors, pour rythmer cette soirée du Disquaire Day!
Réécouter lâĂ©mission ICI
Pour réécouter lâĂ©mission
âThe Doors, Les Portes claquentâ, tel est le titre du livre qui vient de paraĂźtre aux Ăditions Les mots et le reste il y a quelques jours. Lâauteur est lâun des membres du groupe amĂ©ricain The Doors rĂ©duit de moitiĂ© depuis la mort en mai 2013 de leur pianiste Ray Manzarek. En recevant John Densmore dans le studio des Nocturnes, Georges Lang a ouvert la porte aux mille et un secrets du groupe. Depuis leurs dĂ©buts sur la plage de Venice Ă Los Angeles jusquâĂ ce mois de mai 2013, le musicien californien revient au cours des trois heures de lâĂ©mission sur lâhistoire musicale et tumultueuse de ces quatre garçons qui avaient dĂ©cidĂ© de changer la musique des annĂ©es 60 en apportant un brin de poĂ©sie Ă leurs chansons. John Densmore Ă©voque bien sĂ»r la mort de Jim Morrison Ă Paris, alors quâil nâavait que 27 ans, la survie du groupe sans leur chanteur charismatique, les diffĂ©rends qui ont opposĂ© les membres des Doors au sujet de lâexploitation de leur catalogue par de grandes marques amĂ©ricaines, il revient Ă©galement sur lâappartenance du nom du groupe et le procĂšs qui a opposĂ© pendant de nombreuses annĂ©es le batteur du groupe aux deux autres, Ray Manzarek et Robbie Krieger.
Dans cette Ă©mission de trois heures au cours de laquelle John Densmore sâest livrĂ© sans concession Ă Georges Lang, on apprendra comment âLight my fireâ est nĂ© sur le sable de Venice Beach, de quelle maniĂšre âRiders on the stormâ, inspirĂ© dâune chanson populaire a vu le jour et a Ă©tĂ© raccourci pour les besoins des radios amĂ©ricaines, qui Ă©tait vraiment Pamela Courson, la petite amie de Jim Morrison. Les portes du studio des Nocturnes Ă RTL sont restĂ©es fermĂ©es pendant 2 heures lors de la venue de John Densmore. Les quelques personnes autorisĂ©es Ă y rester Ă©coutant quasi religieusement les paroles de lâun des deux survivants de ce groupe mythique The Doors.
Comme je lâai dit plusieurs fois ici, je prĂ©fĂšre en gĂ©nĂ©ral les autobiographies aux biographies, car elles sont plus vivantes, Ă©crites de façon plus spontanĂ©e que la prose journalistique trop rĂȘche Ă mon goĂ»t ;) Bref, jâaime dâabord la fraĂźcheur et la singularitĂ© qui sâen dĂ©gagent presque systĂ©matiquement. Et avec le tĂ©moignage du batteur des Doors, John Densmore, en conflit avec les deux autres membres survivants dans les annĂ©es 2000 (jusquâĂ la mort de Ray Manzarek, le claviĂ©riste), on est gĂątĂ© : les groupes de rock se dĂ©chirent toujours pour des problĂšmes dâargent ou dâego, mais ici, câest pour un problĂšme dâĂ©thique avant tout : le but de Densmore est de sauver contre vents commerciaux et marĂ©es marchandes â devant les tribunaux â lâĂąme de Jim Morrison et, plus globalement, lâhĂ©ritage altruiste des insouciantes annĂ©es 60 ! Un tĂ©moignage Ă dĂ©vorer tambour battant, Ă©videmment :)
Tous les passionnĂ©s de rock et plus particuliĂšrement ceux dont la vie a Ă©tĂ© chamboulĂ©e par la musique des Doors (jâai moi-mĂȘme tous leurs albums et un grand portrait de Morrison placardĂ© dans le rĂ©duit qui me sert de studio dâenregistrement) attendent fĂ©brilement ce genre de tĂ©moignage Ă©crit, reçu comme une nouvelle clĂ© destinĂ©e Ă percer un peu plus le mystĂšre qui filtre derriĂšre ces lĂ©gendaires portes de la perception.
Je me souvenais bien que les Doors sâĂ©taient âreformĂ©sâ au dĂ©but des annĂ©es 2000, mais sans le batteur historique (et avec un autre chanteur). Jâavais mĂȘme vu le DVD du concert : THEDOORS of the 21st Century. Comme beaucoup de monde probablement, je nâen savais pas plus, ignorant tout de la guerre totale que se livraient en coulisses et Ă distance les membres survivants : John Densmore a attaquĂ© ses âfrĂšres musicauxâ pour utilisation fallacieuse du nom et du logo du groupe (THEDOORS Ă©tait Ă©crit dix fois plus gros sur les affiches que la mention âof the 21st Centuryâ). Quand on sait que mĂȘme Oliver Stone nâa pas eu lâautorisation dâutiliser le logo des Doors pour son film consacrĂ© au groupe (et rĂ©alisĂ© avec lâaval des membres), on comprend mieux Ă quel point le sujet est sensible.
Et ce nâest pas tout : John Densmore a commis le âcrimeâ de refuser 15 millions de dollars proposĂ©s au groupe par Cadillac pour lâutilisation dâune chanson des Doors dans un spot TV. DĂ©cision qui a de quoi donner le vertige et rendre fous de rage ses anciens partenaires des Doors (si un membre du groupe oppose son droit de veto, les autres doivent se ranger Ă sa dĂ©cision, comme Ă lâĂ©poque de Jim Morrison).
âMais pourquoi est-il si mĂ©chant ?!â se diront certains.
Je vous laisse dĂ©couvrir les raisons et les motivations â louables et courageuses â qui ont conduit Densmore Ă se comporter et Ă agir de la sorte, et franchement, câest trĂšs difficile de se mettre Ă la place des deux camps, tant les enjeux paraissent lĂ©gitimes de chaque cĂŽtĂ© : la lutte pour sauver la mĂ©moire de Jim et lâĆuvre du groupe dâun cĂŽtĂ©, lâenvie de remplir les grandes salles Ă travers le monde pour faire rayonner la musique des Doors â leur musique -, de lâautre.
Le batteur des Doors relate donc sur prĂšs de 400 pages passionnantes son chemin de croix judiciaire contre ses deux frĂšres ennemis.
Aussi surprenant que cela puisse paraĂźtre, il faut savoir quâil a eu du mal Ă trouver un Ă©diteur avec ce projet, comme il le confiait Ă Rock&Folk en 2012 : « Si jâai eu tant de mal Ă placer ce livre, câest justement parce que je ne raconte pas des histoires de cul, comment je me suis pris plein de drogue et comment jâai sautĂ© plein de femmes. Câest comme au procĂšs, quand ils ont essayĂ© de me faire passer pour anti-amĂ©ricain. Parce que je refusais de gagner de lâargent. Un jour, jâĂ©tais Ă la barre, et lâavocat de Ray et Robby me prend Ă parti : âQui ĂȘtes-vous, Mister Densmore, pour vous appointer le seul et unique exĂ©cuteur de ce que Jim Morrison a laissĂ© derriĂšre lui ?â Et lĂ je lui dis : âBah, il se trouve que je ne suis pas le seul protecteur. Il y a dans cette salle un homme de 90 ans, un amiral qui commandait une flotte dans le Golfe du Tonkin lors dâune guerre contre laquelle nous avons Ă©crit et jouĂ© des chansons. Et il est pourtant ici, lui aussi, pour faire respecter les volontĂ©s de son filsâ ».
HĂ© oui, Densmore a reçu le soutien du pĂšre de Jim Morrison et de la famille du chanteur pendant toute la durĂ©e de cette longue procĂ©dure judiciaire ! âLe split des sixties rĂ©conciliĂ©â comme il dit.
Vous lâavez compris, ce livre permet de suivre le procĂšs comme si vous y Ă©tiez, y compris la premiĂšre phase, celle de la dĂ©couverte de lâappareil judiciaire : âQuand jây pense, câest devenu la rĂšgle dâor de bien des avocats ces jours-ci : oublions la vĂ©ritĂ© ! On sâen fout de ce qui est vrai ou non ! Contentons-nous de faire pleuvoir sur notre adversaire une averse infinie de paperasse et dâaccusations venant contredire les siennes, peut-ĂȘtre quâon rĂ©ussira Ă embrouiller notre monde⊠y compris le jugeâ. Jâai fait un peu de droit il y a quelques annĂ©es (jâen suis vaccinĂ©e aujourdâhui), raison supplĂ©mentaire pour laquelle ce tĂ©moignage mâa intĂ©ressĂ©e : câest un document unique sur la sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine trĂšs judiciarisĂ©e. Rassurez-vous, il nâest heureusement pas nĂ©cessaire dâĂȘtre calĂ© en droit pour dĂ©vorer ce document, la passion de la musique et des mĂ©andres de lâĂąme suffiront :). Les plus belles pages restent celles oĂč le batteur pose un regard philosophique sur la vie et les dĂ©gĂąts de la cupiditĂ© sur la nature humaine.
Voici un petit passage dans lequel il en parle trĂšs bien :
âLe Ly Hayslip, Vietnamienne auteure du livre Entre le ciel et la terre, adaptĂ© au cinĂ©ma par Oliver Stone, explique quâau Vietnam, les gens naissent avec le sentiment du bonheur et nâĂ©prouvent pas le besoin de lâacquĂ©rir. Satisfaite de travailler dans les riziĂšres, elle est convaincue que ce nâest quâen arrivant aux Etats-Unis, pendant la guerre, que le matĂ©rialisme sâest immiscĂ© dans son esprit. [âŠ] La plupart dâentre nous possĂšdent dĂ©jĂ beaucoup, mais nous en voulons toujours plusâ.
Câest lĂ la pierre angulaire de la rĂ©flexion du batteur : sâil refuse les 15 millions de dollars de Cadillac, câest parce quâil estime que les membres des Doors vivent dĂ©jĂ dans lâopulence et nâont pas besoin de cet argent. Il dit bien que le dilemme ne se poserait pas sâil Ă©tait sans le sou, quâil accepterait Ă©videmment une telle somme sâil faisait partie dâun jeune groupe dâaujourdâhui, tant le marchĂ© actuel du disque est incertain.
De fait, il nâhĂ©site pas Ă Ă©gratigner au passage certaines gloires des annĂ©es 60 (Bob Dylan, les Who, les Beach Boys, les hĂ©ritiers de Jimi Hendrix, etc.) qui, selon lui, ont vendu leur Ăąme aux diables publicitaires.
Dâailleurs, jâai dĂ©couvert en faisant des petites recherches rapides sur internet que Bob Dylan a fait une pub en 2007 pour⊠la Cadillac Escalade, celle que Densmore avait refusĂ© quelques annĂ©es plus tĂŽt. On imagine donc la somme que Dylan a dĂ» empocher pour cette prestation.
Alors bien sûr, on peut de prime abord ne pas se sentir concerné par un conflit de riches un peu surréaliste, trÚs éloigné des préoccupations des gens lambda (surtout par les temps qui courent). Mais à bien y regarder, John Densmore aborde des sujets trÚs proches du quotidien de chacun, des valeurs et idéaux qui nous animent, des dysfonctionnements de la société, des problÚmes existentiels, politiques, sociaux, etc., et tout le monde peut se retrouver dans ses réflexions sur la valeur essentielle des choses.
La traduction française de ce livre sort dans un contexte apaisé : maintenant que Ray Manzarek est décédé, the war is over, comme le chantait Jim Morrison.
Le plus : les photos rares de Jim Morrison et celles de sa famille au grand complet pour le procĂšs !
[âŠ] Clou de la 4e Ă©dition, le batteur des Doors, John Densmore, viendra spĂ©cialement Ă Paris pour y prĂ©senter son livre âThe Doors, les portes claquent: LâhĂ©ritage tumultueux de Jim Morrisonâ.
Lâouvrage, qui nâa Ă©tĂ© publiĂ© quâaux Etats-Unis et a Ă©tĂ© traduit en français pour le âDisquaire Dayâ, sera uniquement distribuĂ© chez les disquaires et libraires indĂ©pendants.
- âUn besoin de retrouver du lienâ -
âSon livre sâinscrit totalement dans lâesprit de ce que nous dĂ©fendons. Câest quelquâun qui a refusĂ© 15 millions de dollars pour ne pas trahir lâesprit des Doors et qui dit que la culture nâest pas que de la marchandisationâ, estime M. Godevais.
Lâarticle ICI
Cette année, le Disquaire Day à Paris aura un parrain de choix : John Densmore, batteur des Doors, sera présent en France dÚs le 16 avril et participera à de nombreux évÚnements avant et pendant le Disquaire Day le 19 avril 2014.
Câest Ă lâoccasion de la sortie en France le 17 avril 2014 de son livre « Les portes claquent, lâhĂ©ritage tumultueux de Jim Morrison » que nous auront le plaisir de voir distribuer cet ouvrage chez tous les disquaires et libraires indĂ©pendants Ă lâoccasion du Disquaire Day.
« John Densmore nous livre sa vision des Doors et son combat pour prĂ©server lâhĂ©ritage de Jim Morrison, questionnant ainsi la place de lâargent dans le fonctionnement des groupes et lâintĂ©gritĂ© dans lâunivers du rock.
La couverture du livre a été réalisée par Franck Shepard Fairey, street-artist américain contemporain, designer et illustrateur. Son travail est mondialement connu depuis la création du poster Barack Obama « Hope ».
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John Densmore invité exceptionnel du Disquaire Day français 2014
Toute lâĂ©quipe du Disquaire Day est fiĂšre dâannoncer que John Densmore, batteur des Doors sera lâinvitĂ© exceptionnel du Disquaire Day français 2014 Ă lâoccasion de la sortie le 17 avril 2014 en France de The Doors: Unhinged, Jim Morrissonâs legacy goes on trial. Paru lâan dernier aux USA cet ouvrage de 396 pages sera distribuĂ© chez tous les disquaires et libraires indĂ©pendants Ă lâoccasion du Disquaire Day.
John Densmore nous livre sa vision des Doors et son combat pour prĂ©server lâhĂ©ritage de Jim Morrison, questionnant ainsi la place de lâargent dans le fonctionnement des groupes et lâintĂ©gritĂ© dans lâunivers du rock. La couverture du livre a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e par Franck Shepard Fairey, street-artist amĂ©ricain contemporain, designer et illustrateur. Son travail est mondialement connu depuis la crĂ©ation du poster Barack Obama Hope.
Présent en France dÚs le 16 avril, John Densmore participera à de nombreux évÚnements avant et pendant le Disquaire Day le 19.
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Attention Ă©vĂšnement ! Si vous ĂȘtes fans des Doors alors ne manquez pas lâĂ©dition 2014 du Disquaire Day, qui se tiendra le samedi 19 avril! Et pour cause, John Densmore, le batteur des Doors, a Ă©tĂ© dĂ©signĂ© invitĂ© dâhonneur et sera ainsi prĂ©sent en France dĂšs le 16 avril!
Le CALIF (club action des labels indĂ©pendants français) vient dâapporter une trĂšs bonne nouvelle aux nombreux fans des Doors⊠Ainsi, John Densmore, batteur du mythique groupe, sera lâinvitĂ© exceptionnel du Disquaire Day français 2014 Ă lâoccasion de la sortie française du livre « THEDOORS, les portes claquent, lâhĂ©ritage tumultueux de Jim Morrison ».
Si cet ouvrage est paru lâan dernier aux Etats-Unis, il est en revanche inĂ©dit en France mais cela va changer⊠Et pour cause, « THEDOORS, les portes claquent, lâhĂ©ritage tumultueux de Jim Morrison » dĂ©barquera chez nos disquaire et libraires indĂ©pendants, le 17 avril prochain, Ă lâoccasion du Disquaire Day, qui se tiendra, rappelons-le, le samedi 19 avril 2014.
A lâintĂ©rieur de cet ouvrage de 396 pages, John Densmore y alterne rĂ©cits de procĂšs et souvenirs du bon vieux temps. Il nous livre sa vision des Doors et son combat pour prĂ©server lâhĂ©ritage de Jim Morrison, questionnant ainsi la place de lâargent dans le fonctionnement des groupes et lâintĂ©gritĂ© dans lâunivers du rock.
Quant à la magnifique couverture, elle est signée Franck Shepard Fairey, célÚbre artiste américain contemporain, designer, illustrateur et street-artist.
Présent en France dÚs le 16 avril, John Densmore participera à de nombreux évÚnements avant et pendant le Disquaire Day. Restez connectés pour en savoir plus.
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Le lĂ©gendaire batteur des Doors vient en France, Ă lâoccasion du Disquaire Day, prĂ©senter son livre, qui raconte le procĂšs qui lâa opposĂ© aux autres musiciens du groupe, plus de trente ans aprĂšs la mort de Jim Morrison.
Vous Ă©tiez le seul groupe majeur des annĂ©es 60 Ă avoir protĂ©gĂ© votre Ćuvre. Qui en avait eu lâidĂ©e ?
« Câest Jim Morrison. Il a suggĂ©rĂ© que lâon signe les chansons ensemble, et que lâon partage les droits Ă©quitablement tous les quatre. On nâavait aucune expĂ©rience du âmusic businessâ, mais câĂ©tait une idĂ©e brillante, quand on voit que les Stones et les Beatles nâont aucun droit de regard sur une partie de leur ĆuvreâŠ
Vous aviez mĂȘme chacun un droit de veto sur lâutilisation de vos chansons. Ce qui a entraĂźnĂ© ce procĂšsâŠ
« Oui, je nâai pas voulu revenir sur ce principe, et notamment le refus dâutiliser des chansons des Doors pour des publicitĂ©s. CâĂ©tait important pour Jim. HĂ©las, les autres prĂ©fĂ©raient lâargent et la gloire Ă la mĂ©moire de leur amiâŠ
La loi et la musique, ça va bien ensemble ?
« Si jâai appris un truc avec ce procĂšs, câest que tout musicien, Ă la minute mĂȘme oĂč il sent approcher le succĂšs, doit appeler un avocat et protĂ©ger son travail. »
Hormis les paroles, quel Ă©tait lâapport musical de Jim ?
« On a Ă©crit toutes nos chansons tous les quatre. Jim venait avec ses paroles, il en avait toujours beaucoup. Et il trouvait les mĂ©lodies quâil chantait, sur les structures musicales quâon lui proposait. Mais pour dire vrai, il nâĂ©tait pas du tout musicien, il nâaurait pas pu Ă©crire une chanson tout seul. Mais câĂ©tait un mĂ©lodiste fabuleux. Ca me manque encore de ne plus jouer avec lui. »
Comment a-t-on pu laisser Jim Morrison sombrer autant dans lâalcool ?
« CâĂ©tait lâĂ©poque. Il nây avait pas de clinique de dĂ©sintoxication dans les annĂ©es 60. On ne considĂ©rait mĂȘme pas lâalcoolisme comme une maladie. Câest sĂ»r quâaujourdâhui, il serait soignĂ©, il aurait fini par ĂȘtre clean. »
Quâest-ce quâil reste des annĂ©es 60 ?
« Les graines des droits civils, du fĂ©minisme, du droit des minoritĂ©s, tout ça a Ă©tĂ© plantĂ© dans les annĂ©es soixante. On avait les idĂ©es, mais ça a pris des annĂ©es pour entrer en application. Et je crois quâil faut continuer Ă arroser ces belles plantes⊠»
Comment expliquez-vous que si longtemps aprĂšs leur fin, les Doors continuent Ă ĂȘtre aussi populaires ?
« Euh⊠Je crois que leur batteur Ă©tait trĂšs bon. Câest drĂŽle, non ? »
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Lâancien batteur des Doors, John Densmore, livre le rĂ©cit de son aventure au sein du groupe. Dans son livre, The Doors, les portes claquent (Le Mot et Le Reste), il revient sur la bataille lĂ©gale quâil a menĂ©e pour empĂȘcher que la musique du groupe de Jim Morrison soit utilisĂ©e dans des publicitĂ©s. Le musicien est le parrain de la quatriĂšme Ă©dition du Disquaire Day, un Ă©vĂ©nement mondial qui a lieu aujourdâhui.
Ă lâheure oĂč les Virgin Megastore ont fermĂ© leurs portes, les disquaires indĂ©pendants sont en plein boom. Et avec eux le vinyle. A cette occasion, on pourra dĂ©nicher des piĂšces rares, des inĂ©dits, et assister Ă plus de cent concerts dans 245 boutiques, de Lille Ă Paris. Pour soutenir les disquaires indĂ©pendants, chez lesquels son livre est distribuĂ©, John Densmore sâest rendu en France et nous raconte son Ă©popĂ©e.
Dans Les portes claquent, lâhĂ©ritage tumultueux de Jim Morrison, vous dĂ©crivez les coulisses du procĂšs que vous avez intentĂ© contre les deux anciens membres des Doors: Robby Krieger (guitare) et Ray Manzarek (orgue Ă©lectrique et piano). Six ans dâune bataille lĂ©gale que vous avez fini par gagner. Au nom de qui, de quoi?
De Jim Morrison et de sa mĂ©moire. Du respect et de lâaffection que jâai pour les Doors. Jâai fait ce procĂšs parce quâen 2003, trente-deux ans aprĂšs la mort de Jim, la marque de voitures Cadillac nous a offert un contrat de 15 millions de dollars pour rĂ©aliser une pub en utilisant le nom et les musiques des Doors. CâĂ©tait tentant, mais inacceptable. Jim se serait retournĂ© dans sa tombe⊠Mon livre commence par une phrase trĂšs Ă©loquente quâil prononça en 1968: âAllez vous faire foutre!â Il Ă©tait furieux car il venait de dĂ©couvrir que Robby, Ray et moi avions acceptĂ© 75 000 dollars pour faire un spot publicitaire pour Buick. Le deal consistait Ă leur permettre de rĂ©aliser un clip avec notre chanson Light my Fire comme BO et de changer le texte.
A la place de Come on baby light my fire, nous devions chanter Come on Buick light my fire. Jim Ă©tait Ă©coeurĂ©. Il nous a hurlĂ© dessus, en disant quâil ne pourrait plus jamais nous faire confiance, que nous Ă©tions des marionnettes pathĂ©tiques, que nous avions fait un pacte avec le diable et quâil dĂ©truirait une Buick avec une massue si nous osions chanter ces paroles ridicules. En y repensant, lâimage de Jim avec la massue me fait rigoler, câĂ©tait tout lui. Mais, il avait totalement raison. Je nâallais donc pas rĂ©pĂ©ter la mĂȘme erreur! Comme mâa dit Tom Waits: âQuelle drĂŽle dâidĂ©e de transformer ses paroles en un jingle!â
Pourquoi aviez-vous acceptĂ© Ă lâĂ©poque?
Nous Ă©tions jeunes et idiots. Et nous avions besoin dâargent. Mais en voyant la rĂ©action de Jim, jâai compris.
Vous avez aussi empĂȘchĂ© les deux autres membres de jouer sous le nom de The Doors. Pourquoi?
En ce qui me concerne, les Doors sont morts avec Jim, dans une baignoire, en 1971. MalgrĂ© mon dĂ©saccord, Ray et Robby ont commencĂ© Ă tourner sous le nom de âThe Doors of the 21st Centuryâ. Sur les affiches, on ne voyait que ces lettres gĂ©antes dorĂ©es composant un nom: âThe Doorsâ. Jâai immĂ©diatement Ă©crit une lettre Ă la veuve de Jim pour lui apprendre que son mari avait ressuscitĂ© et quâil se produisait sur scĂšne. Et quâapparemment jâĂ©tais lĂ aussi, ce qui nâĂ©tait pas le cas puisque jâavais refusĂ©. Jâai aussi demandĂ© Ă Ray dâarrĂȘter ce cirque et il mâa promis de le faire. Sauf quâil a continuĂ©. Je nâavais rien contre le fait que Ray et Robby jouent nos chansons, ni quâelles soient reprises par dâautres groupes, mais je nâaime pas arnaquer les gens. Vous voulez Ă©couter les Doors? Les enregistrements et les vidĂ©os sont disponibles. Mais on ne rĂ©invente pas un groupe comme celui-lĂ sans son leader! Câest nâimporte quoi. Jâai donc initiĂ© ce procĂšs avec le Morrison Estate, qui a Ă©tĂ© fondĂ© par les parents et la veuve de Jim Morrison, pour interdire Ă Krieger et Manzarek dâutiliser le nom du groupe et dâaccepter le contrat publicitaire avec Cadillac. Ils ont contre-attaquĂ©, en disant quâon les empĂȘchait de vivre de leur musique.
Cela vous a coĂ»tĂ© cher. On vous a accusĂ© dâĂȘtre anti-amĂ©ricain, de âtuerâ dĂ©finitivement lâun des plus grands groupes de lâhistoire du rock, dâĂȘtre un âsale communisteâ?
Absolument (rires). Ils ont tentĂ© de convaincre le jury que jâĂ©tais anti-amĂ©ricain parce que je ne soutenais pas une grande usine nationale comme Cadillac. Ils ont tĂ©moignĂ© contre moi en disant que jĂ©tais Ă©galement un âĂ©co terroristeâ parce que je militais avec la chanteuse country Bonnie Raitt dans des organisations pour la sauvegarde de la planĂšte. Jâai mĂȘme Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© avec elle pour avoir protestĂ© dans la rue contre lâabattage dâarbres sĂ©culaires. Tout cela me fait bien rigoler, mais Ă vrai dire, je me suis senti trahi et trĂšs seul. Heureusement, pendant ces six annĂ©es de procĂšs, jâai eu le soutien public de musiciens comme Neil Young, Tom Petty, Tom Waits ou Randy Newman. Dans mon livre, le chanteur de Pearl Jam, Eddie Vedder a Ă©crit: âUn jour, je serai âa Dead Rock Starâ (une Ă©toile du rock disparue). JâespĂšre vraiment quâil y aura alors quelquâun qui possĂšde lâintĂ©gritĂ© et lâobstination de John Densmore pour sâoccuper de la bonne utilisation de lâhĂ©ritage de notre musique.â Ses mots mâont profondĂ©ment touchĂ©.
Tom Petty a déclaré que votre livre était un manuel incontournable pour tout passionné de musique.
Câest adorable (rires), mais ce qui compte au-delĂ de ce livre est de constater que beaucoup de musiciens croient encore en quelque chose. Câest le cas, par exemple, de Stewart Copeland (le batteur de Police), qui a jouĂ© avec Krieger et Manzarek dans ce groupe appelĂ© âThe Doors of the 21st Centuryâ⊠Et qui, un soir, a lui-mĂȘme jetĂ© lâĂ©ponge et dĂ©clarĂ© au micro, en plein concert, quâil Ă©tait contre le fait dâutiliser le nom des Doors. Il Ă©tait conscient du fait que sans ce nom, le ânouveau groupeâ nâaurait plus accĂšs aux grands stades et aux limousines.
David Bowie, Keith Richards, Lou Reed et derniĂšrement Bob Dylan ont fait des campagnes de publicitĂ©. Quâest ce que cela vous fait?
Ăa nâefface pas leur talent, les merveilles quâis nous ont lĂ©guĂ©es. Quand Bob a fait cette pub pour la marque Chrysler, on mâa demandĂ© ce que jâen pensais. Jâai tout simplement rĂ©pondu: âMais, vous ne le savez pas ? Bob nâa plus un rond!â (rires) Et jâai ajoutĂ©: â Cela nâaura pas dâimpact sur son gĂ©nie, mais ça me rend tout de mĂȘme un peu triste.â
Vous ne trouvez pas quâil y a une certaine utopie dans le mythe du rockeur pur et dur?
Il nây a pas une seule rĂ©ponse Ă cette question. Dans mon livre, je reprends ce que Pete Townshend des Who mâa racontĂ© un jour: âSi on tombe amoureux de lâune de mes chansons, je suis content. Je me fiche quâon la reprenne, quâon la dĂ©tourne, quâon la massacre.â Mais avec Jim Morrison câĂ©tait diffĂ©rent: il ne connaissait pas la musique, nâavait pas les instruments pour Ă©crire une chanson, mais les mĂ©lodies et les paroles jaillissaient de lui sans arrĂȘt. Il ne se sentait pas sĂ»r de lui sans nous Ă ses cĂŽtĂ©s: il nous Ă©tait redevable et disait que, sans nos connaissances et notre maĂźtrise de la musique et des instruments, ces chansons nâauraient jamais vu le jour. Il a voulu partager les droits de chacune des compositions avec nous. Oui Jim Ă©tait un pur. Un rockeur? Pas sĂ»r.
Jim Morrison nâĂ©tait pas un rockeur?
Non. Comme moi et les autres membres des Doors, Jim Ă©tait un passionnĂ© de jazz, de country, de flamenco. Jâallais Ă©couter John Coltrane quand jâĂ©tais petit et je nâoublierai jamais ses conversations avec son saxophone. Jim adorait Coltrane et Ornette Coleman, que je lui ai fait connaĂźtre. Il voulait les allier Ă la poĂ©sie de Rimbaud et Ă la sienne. Il lançait un phrasĂ© comme âWhat have I done to the earthâ et attendait mon improvisation sur ses mots, comme un âcall responseâ dans le blues ou le gospel, mais trĂšs free jazz. Avec des ruptures, du slam presque et ce que Coltrane appelait des âsheets of soundâ, des nappes de son.
Avez-vous des regrets?
Non. Jâai Ă©crit ce livre pour expliquer aux fans des Doors la raison de mes actes. Je voulais prĂ©server ce groupe que jâai tant aimĂ© et ses membres: Jim, Ray, Robby et John. Comment imaginer Police sans Sting, les Beatles sans John ou les Rolling Stones sans Mick? Câest impossible. Et mĂȘme les Stones, sans Keith Richards et le batteur: impossible!
Pourriez-vous imaginer les Doors avec Jim Morrison, mais sans les autres membres du groupe?
Jâaime cette question odieuse. Je dirais que le batteur est le coeur battant du groupe, donc non! Stewart Copeland mâa dit quâil nâarrivait pas Ă reproduire ce que je faisais sur les chansons des Doors! (rires) Je ne sais pas. Est-ce que Robby Ă la guitare Ă©tait fondamental? Oui. Et Ray! Nous nâavions pas de basse dans ce groupe et Ray, de sa main gauche, jouait les lignes et les tempos comme le ferait un bassiste. Il apportait le groove et les bases sur lesquelles bĂątir le morceau. Il avait appris le boogie-woogie Ă Chicago: lâostinato du dĂ©but de Light My Fire vient de lui.
Et sa main droite sâĂ©chappait dans les improvisations, les solos. Je devais tenir le beat et avoir une conversation trĂšs ouverte avec Jim. Il faut dire que nous Ă©tions tous essentiels, parce que Jim ne pouvait jouer que quelques accords. Quâest-ce qui a fait lâunicitĂ© des Doors ? La cohĂ©sion. Ce nâĂ©tait pas un groupe comme les Beatles, oĂč chaque membre Ă©tait un vĂ©ritable compositeur Ă part entiĂšre. Etre un groupe signifie vivre en polygamie, sans le sexe. On doit ĂȘtre dâaccord, avoir une rĂ©elle interaction basĂ©e sur des rĂšgles. Les chansons des Doors sont nĂ©es dâune empathie, elles ont Ă©tĂ© composĂ©es par tous les membres ensemble. Jâaurais jouĂ© au nom des Doors pour des concerts de charitĂ©, mais pas pour lâargent.
Quelles ont été ensuite vos relations avec les deux autres membres des Doors?
Jâai appelĂ© Ray peu avant sa mort. Jâai voulu quâil lise mon livre. Il a aimĂ©.
Vos projets?
Je suis en train dâĂ©crire un livre dont chaque chapitre est consacrĂ© Ă un musicien remarquable que jâai connu. Son titre est Meeting with Remarquable Musicians: Bob Marley, Ravi Shankar, Bob Dylan.
Vous ĂȘtes le parrain du Disquaire Day. FrĂ©quentez-vous les disquaires indĂ©pendants?
Absolument. On y trouve des raretĂ©s, des inĂ©dits. De plus en plus de musiciens, mĂȘme les plus connus, veulent que leurs disques soient vendus dans ces endroits qui ont une Ăąme et oĂč lâon trouve des passionnĂ©s de musique qui savent vous conseiller. Comme le chantent les Clash dans Lost in a Supermarket, je me sens perdu dans ces grandes surfaces oĂč les albums sont classĂ©s sans aucun sens et oĂč rien nâa de sens dâaiilleurs. Jâaime aussi les vinyles, leur son, leurs pochettes, ce cĂŽtĂ© artisanal qui ne doit pas se perdre. La musique nâa aucun avenir si on oublie le passĂ©, elle nâest que stupide rĂ©pĂ©tition. Ces disquaires indĂ©pendants appartiennent Ă une communautĂ©, ils sont tous liĂ©s Ă travers le monde. Ils vendent aussi des livres, des revues. Et câest Ă dimension humaine. Jâai voulu que mon livre ne soit vendu que dans ces endroits, parce que câest lĂ , sur scĂšne et sur le web que tout se passe aujourdâhui.
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Le batteur John Densmore, prĂ©sent Ă Lyon Ă lâoccasion du D-DAY, voit son rĂ©cit de la vie des Doors aprĂšs Morrison publiĂ© en France. Ou lâĂ©ternel conflit entre idĂ©alisme et cynisme.