The Band
Bouard, dĂ©roule sobrement un rĂ©cit parfaitement documentĂ© et Ă©quilibrĂ©, sans parti pris ou aveuglement de fan et qui rĂ©ussira sans aucun doute lâĂ©dification des foules honteusement ignorantes de ce monument dâAmericana. The Book Ă lire.
AgnĂšs LĂ©glise â Rock&Folk
Ă la fin des annĂ©es soixante, The Band publie deux albums qui inflĂ©chissent le cours du rock. En pleine Ăšre psychĂ©dĂ©lique, le groupe puise dans les musiques amĂ©ricaines traditionnelles, noires et blanches, et les rĂ©invente, fort de trois des « plus grands chanteurs blancs de lâhistoire » (dixit Bruce Springsteen), Richard Manuel, Levon Helm et Rick Danko, dâun compositeur prĂ©cis, le guitariste Robbie Robertson, et dâun multi-instrumentiste virtuose, Garth Hudson. Cette pĂ©riode de grĂące passĂ©e, le groupe sâabĂźme dans des crises internes, minĂ© par la rancĆur inextinguible de Levon Helm envers Robbie Robertson, jusquâĂ son chant du cygne en 1976, immortalisĂ© par Martin Scorsese dans The Last Waltz. Cet ouvrage a pour ambition de retracer lâhistoire trĂšs singuliĂšre du Band, des dĂ©buts avec Ronnie Hawkins et Bob Dylan jusquâĂ son influence, immense, sur plusieurs gĂ©nĂ©rations de musiciens.
Revue de presse
- The Band Nicolas Aguirre Télé Star Jeux octobre 2020
- The band, un groupe à (re)découvrir Sylvain Bonnet Boojum 1er juillet 2020
- The Band Noé Gaillard Daily Passions 21 juin 2020
- The Band AgnÚs Léglise Rock&Folk avril 2020
- Bertrand Bouard, The Band Matthieu Grunfeld section26 1 avril 2020
Bertrand Bouard Ă©tait lâinvitĂ© de Guillaume Tilly dans Jordanne FM, ils ont discutĂ© de The Band et ont Ă©voquĂ© Lynyrd Skynyrd !
Soit vous ĂȘtes un fan de rock des sixties et des seventies et The Band Ă©voque les grandes. heures de ces annĂ©es-lĂ . Alors cette biographie est pour vous. Soit vous nâavez jamais entendu parler de ce groupe mais lâidĂ©e de passer un bon moment dans des Ătats-Unis en plein bouillonnement culturel vous
titille, et là encore ce bouquin peut vous plaire. Ceux qui sifflotent déjà The Weight, un classique absolument magique du combo, peuvent filer acheter le livre.
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Bertrand Bouard trouve le bon rythme et le ton approprié pour faire revivre les années 1960 et 1970. Un vrai régal.
Rock critique, un métier pas si facile
DrĂŽle de mĂ©tier que celui de critique musical, surtout dans le rock. Le mĂ©tier a eu ses stars, comme Philippe ManĆuvre, Patrick Eudeline, Nicolas Ungemuth ou Eric Dahan, mais est dĂ©pendant dâune industrie musicale dĂ©primĂ©e par lâeffondrement des ventes de disques. On tĂ©lĂ©charge des chansons, des albums, on nâachĂšte plus de disques : bienvenue dans le nouveau monde. Et puis le rock, mis Ă part des pachydermes comme U2, ne vend plus⊠Bertrand Bouard est issu peut-ĂȘtre de la derniĂšre gĂ©nĂ©ration qui a aimĂ© le rock, celle des quadras. Il a travaillĂ© pour Rock and Folk, Lâexpress et on lui doit un livre sur un groupe caricaturĂ©, Lynyrd Skynyrd (Ă©coutez Free bird les jeunes). Il se penche ici sur lâhistoire dâun groupe atypique, The Band.
Le groupe atypique
The Band, ce sont des musiciens qui ont roulĂ© leurs bosses dans les clubs dâAmĂ©rique, aux Ătats-Unis ou au Canada. Ils ont ĆuvrĂ© derriĂšre Ronnie Hawkins, un obscur chanteur de rock, et ont enregistrĂ© de ci de lĂ avant dâĂȘtre repĂ©rĂ©s par Bob Dylan, comme le raconte trĂšs bien Bertrand Bouard. DĂšs lors tout sâenchaĂźne avec les tournĂ©es (mais sans le batteur Levon Helm qui ne supporte pas tout ce cirque), les voyages en Europe, les enregistrements (mais seulement pour le guitariste Robbie Robertson).
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Une dĂ©sintĂ©gration progressive et quelques chefs-dâĆuvres
Du premier disque Ă la sĂ©paration (oublions les reformations) il sâĂ©coule huit ans. Le groupe ne sera pas un gros vendeur mais aura une Ă©norme influence. En pleine Ă©poque psychĂ©dĂ©lique, The Band impose un son plus authentique, autant country rock que soul. Ils bĂ©nĂ©ficient du soutien de Dylan et leurs deux premiers disques (Music from the big pink et The Band) sont des chefs dâĆuvres. Sans ĂȘtre des voix, il y a trois bons chanteurs qui sont aussi de remarquables musiciens. Leurs tournĂ©es sont des succĂšs mais voilĂ , comme pour dâautres groupes des 70âs, la drogue ronge la crĂ©ativitĂ© et lâambiance. Devant les excĂšs de ses collĂšgues, Robbie Robertson prend le leadership crĂ©atif mais se coupe dâeux. En 1976, Scorsese (ce type est un pur fan de rock) filme leur dernier concert (trĂšs bon documentaire et trĂšs bon disque) : une maniĂšre de dire au revoir Ă la jeunesse du rock, au moment oĂč le punk sâĂ©panouit Ă Londres⊠Restent de trĂšs bonnes chansons (The Weight, I shall be released).
Ce livre est une bonne occasion de découvrir ce groupe largement méconnu des Millenials.
Lisez la chronique intégrale sur Boojum
Bon, je nâai pas re-regardĂ©-Ă©coutĂ© The Last Waltz pour faire cette chronique, je me suis contentĂ© dâaller chercher The Basement Tapes, de constater que jâai perdu mon Dylan et The Band et de me souvenir avoir chantĂ© Ă tue-tĂȘte The night they drove old Dixie down. Pour ceux qui ne connaissent pas les quatre albums prĂ©sentĂ©s en couverture, il est temps et nĂ©cessaire de vous informer sur les membres du Band. Ne vous attendez pas Ă des effets de style⊠ce nâest que le rĂ©cit circonstanciĂ© dâune aventure. Mais câest une aventure dont les « hĂ©ros » ont marquĂ© les musiciens de leur temps. Plus sans doute que les amateurs de musique qui nâont jamais fait monter bien haut dans les fameux « charts » leurs LP (Long Playing, 30 cm). Le Band câest dâabord lâamitiĂ© de deux hommes, Levon Helm et Robbie Robertson, qui, au fur et Ă mesure de leurs tribulations avec Ronnie Hawkins, vont sâadjoindre trois compĂšres : Richard Manuel, Rick Danko et Garth Hudson. Tous ont une Ă©norme qualitĂ© : ils sont multi instrumentistes. Et trois dâentre eux sont de bons chanteurs⊠(Helm, Manuel et Danko). AprĂšs leur sĂ©paration dâavec Hawkins, ils sâinstallent prĂšs de Woodstock dans une maison Ă la façade peinte en rose dont ils amĂ©nageront la cave pour en faire un studio dâenregistrement dont Garth sera lâingĂ©nieur. La pochette de leur premier disque est illustrĂ©e par un ami et voisin quâils ont dĂ©jĂ accompagnĂ© sur scĂšne : Bob Dylan. Ils signeront avec lui The Basement TapesâŠ
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Le livre raconte tout cela et met en Ă©vidence lâopposition Helm-Robertson, mais rend parfaitement compte, lorsque sont commentĂ©s certains morceaux et leurs interprĂštes, de la qualitĂ© de ce groupe marquant et influantâŠ
Pensez Ă les Ă©couter en lisant, jâai lâimpression que ça aide, non Ă comprendre, mais Ă apprĂ©cier.
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âPersonne nâa jamais rĂ©ussi Ă obtenir un son pareil, mĂ©langeant autant de facettes de la musique amĂ©ricaine â le Sud, le Canada, le Sud-Ouest â combinĂ©es Ă des influences du mon entier.â On peut imaginer que quand un artiste Ă lâoreille sophistiquĂ©e comme Scorcese parle de votre groupe en ces termes choisis, on est au top of the world, cĂ©lĂšbre et inoubliable. Et pourtant, qui, parmi les plus jeunes connaĂźt encore le groupe le plus mythique des annĂ©es 70? The Band, puisque câest bien sĂ»r de lui quâil sâagit, groupe sacrĂ© par Bob Dylan, premier titre de gloire Ă©ternelle, qui fut aussi le sujet du, peut-ĂȘtre, plus beau film rock de lâhistoire The Last Waltz dudit Scorcese, tiens donc.
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Bouard, dĂ©roule sobrement un rĂ©cit parfaitement documentĂ© et Ă©quilibrĂ©, sans parti pris ou aveuglement de fan et qui rĂ©ussira sans aucun doute lâĂ©dification des foules honteusement ignorantes de ce monument dâAmericana. The Book Ă lire.
On peut sâen amuser ou sâen plaindre. Comme toutes les Ă©tiquettes commodĂ©ment apposĂ©es sur des Ćuvres qui Ă©chappent, par essence, Ă toute rĂ©duction mercantile, celle-ci a fini par dĂ©signer Ă peu prĂšs nâimporte quel produit susceptible dâattiser lâattention du chaland en quĂȘte dâauthenticitĂ© factice ou dâimagerie estampillĂ©e « cowboy friendly ». La preuve ? Les moteurs de recherche interrogĂ©s Ă lâheure de rĂ©diger cette chronique sur les usages du terme renvoient aussi bien Ă des restaurants fourguant sans vergogne leurs burgers de pacotille quâĂ des paires de chaussure conçues en Germanie, voire â on prĂ©fĂšrerait ne pas en apprendre autant tous les jours â aux intitulĂ©s de disques signĂ©s par The Offspring ou Roch Voisine. LâAmericana se vend donc partout et le vocable, inventĂ© par la presse anglo-saxonne dans les annĂ©es 1990 pour dĂ©signer les hĂ©ritiers autoproclamĂ©s de The Band, nâest donc dâaucune utilitĂ©. Raison de plus pour en revenir aux seules sources historiques et sâoffrir, Ă lâoccasion de la publication dâune premiĂšre biographie francophone, une revisite de ces monuments discographiques, parmi les plus frĂ©quentĂ©s de la fin du XX° siĂšcle et sans lesquels un bon tiers â soyons prudent dans lâestimation chiffrĂ©e â de ce que nous Ă©coutons aujourdâhui nâaurait jamais existĂ©.
Le siĂšge de ce big-bang musical dont le retentissement est encore Ă la source de lâexpansion de notre univers quotidien est presque aussi connu que les responsables : cette maison dans les faubourgs de Woodstock dont la façade badigeonnĂ©e de rose donne son titre Ă Music From The Big Pink (1968). Câest dans le sous-sol rĂ©amĂ©nagĂ© en studio de fortune que sâesquissent pendant plus dâun an les contours de la rĂ©volution Ă venir. DĂ©jouant toutes les prĂ©visions des contemporains, elle se dĂ©roule donc Ă plusieurs milliers de kilomĂštres de lâĂ©picentre du summer of love et nâest pas le fait de jeunes aspirants biberonnĂ©s Ă lâacide. Dans une Ă©poque qui ne jure plus que par les stridences Ă©lectriques du psychĂ©dĂ©lisme bourgeonnant, lâidĂ©al communautaire naĂŻvement portĂ© par lâensemble du mouvement hippie va sâincarner dans une perfection paradoxale portĂ©e par quatre vĂ©tĂ©rans canadiens des circuits rock â et leur batteur venu de lâArkansas â par une bande de seconds couteaux sur le retour, habillĂ©s comme des papis ploucs, dont certains approchent dĂ©jĂ de cette trentaine canonique qui marque alors la frontiĂšre infranchissable avec le monde des adultes. En compagnie de Ronnie Hawkins dâabord, entre 1958 et 1963, puis de Bob Dylan Ă partir de 1965, ils ont consciencieusement rempli leur fonction de backing band, dĂ©veloppant au passage des compĂ©tences dâinterprĂštes trĂšs largement supĂ©rieures Ă celles de tous leurs concurrents moins expĂ©rimentĂ©s. MĂȘme si elle ne constitue, Ă lâaune des bouleversements en germe, quâune sĂ©quence prĂ©paratoire, cette premiĂšre partie de la lĂ©gende est ici restituĂ©e avec une profusion de dĂ©tails et dâanecdotes qui la rend tout aussi passionnante.
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The Last Waltz (1978) est en rĂ©alitĂ© un point dâachĂšvement mais aussi le dĂ©but dâun Ă©pilogue plus sordide encore. Manuel et Danko y laisseront prĂ©cocement leur peau avant la fin du siĂšcle, ravagĂ©s par les excĂšs financĂ©s par des albums et des tournĂ©es mĂ©diocres. Avant de succomber au cancer en 2012, Helm rĂšglera une partie de ses comptes avec Robertson par presse et livres interposĂ©s, rĂ©ussissant mĂȘme Ă apparaĂźtre dans certains rĂ©cits comme la vĂ©ritable Ăąme de The Band. Robertson sâen tient mordicus Ă une lecture antithĂ©tique du mythe. Au travers du rĂ©cit de la bataille ici reconstituĂ©e, on ne peut sâempĂȘcher de croire quâaucune des deux versions nâest rĂ©ellement convaincante tant les Ćuvres solos composĂ©es par les uns et les autres aprĂšs la sĂ©paration demeurent considĂ©rablement en-deçà de lâexcellence collective disparue. Quelques deux cents pages instructives plus tard, le mystĂšre reste entier et toujours fascinant autour de ce miracle du holisme musical qui ne cesse dâinfuser dans tout ce que lâAmĂ©rique et le monde compte de rĂ©actionnaires novateurs, de Wilco aux Jayhawks en passant par Will Oldham : jamais un Tout nâest apparu aussi Ă©tonnamment supĂ©rieur Ă la somme de ses parties constitutives. Ainsi repose LE groupe.
La chronique intégrale est disponible sur section26